Il ne s'agit que de ça

Disclaimer : Les personnages de l'univers de Marvel et des Avengers ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter.

Couple : Natasha Romanoff - Steven Rogers

Note : Cette histoire commence après Civil War et tout les autres films en rapport avec l'univers Avengers.


Merci à "Inconnue" encore une fois pour sa review. Toujours un plaisir de lire ses retours.


Souvenirs

Cela fait des jours qu'elle dort. Et chaque jour Steve vient là s'asseoir sur cette chaise, dos à la fenêtre. Il l'écoute dormir, la regarde dormir et s'endort même avec elle quelques rares fois. Le son de sa respiration amplifiée par la mise sous oxygène résonne doucement à ses oreilles, son à la fois rassurant et attristant. Et le bip bip du moniteur cardiaque rajoute une touche sonore dans la pièce.

Il passe le plus clair de ses journées assit dans ce fauteuil à regarder par la fenêtre, à lire ou à la détailler elle, l'espionne. Les infirmières et les médecins en ont prit l'habitude et ils ne lui demandent même plus de sortir. Ils font leur travail en s'acclimatant de sa présence comme si il n'était qu'un simple meuble dans cette pièce trop blanche, trop "hôpital", définitivement triste.

Natasha se rétablit petit à petit. Ses poignets se sont déjà bien refermés et chaque jours les médecins vérifient que les tissus se replacent correctement. Ses lèvres ont retrouvées un peu de leur rose pâle habituel et de leurs rondeurs. Elles ne sont plus sèches ni craquelées non plus. Son teint, lui aussi, a reprit un peu de couleur.

La perfusion de sang a disparut sur le pied en métal. Il ne reste plus que celle de nutrition. A mesure que les jours sont passés, sa respiration s'est faite moins laborieuse elle aussi et ils ont remplacer l'aider respiratoire pour quelque chose de plus petit, de moins encombrant, de moins affolant.

Pour le Capitaine, un des héros de la nation américaine, chaque nouvelle journée est une nouvelle dose de soulagement quand il la voit se rétablir lentement mais sûrement sous l'œil vigilent des médecins.

Alors dans cette nouvelle journée, où il est une fois de plus assit dans ce fauteuil, il attend.

Le pied gauche posé sur le genou droit en guise de support pour son livre qu'il tient ouvert d'une main. Il soutient sa tête de l'autre dont le coude est posé sur le bois clair. Ses yeux parcourent les lignes qui noircissent les pages, ou tout du moins il essaye pendant de longues minutes. Mais il finit par soupirer en se laissant glisser dans le fond de son siège. Le derrière de sa tête se cale sur le haut du dossier. Et tandis qu'il referme le livre d'une seule main dans un "flap" venteux, ses orbes bleus se pose sur la jeune femme endormie devant lui à quelques mètres.

Une fois de plus il l'observe. D'un œil attentif et aiguisé il contemple les courbes et reliefs qui déforme la couverture blanche. Cette dernière est coincée sous le matelas et bordée avec propreté pour éviter qu'elle glisse même si Natasha ne bouge pratiquement jamais. Steve commence par la légère bosse que forment ses pieds. Puis son regard remonte avec lenteur tel une caresse sur ses chevilles qu'il sait fines grâce au drap.

La tête de l'icône américaine roule lentement sur le dossier pour pratiquement venir se poser sur l'épaule musclée. Malgré ça les yeux bleus ne se détachent pas du corps caché et longent le mollet pour parvenir aux genoux qui forment une nouvelle petite bosse délicate. Puis il remonte encore sur les cuisses qu'il sait souples, agiles et puissantes sous le drap pour parvenir au ventre plat qui élève à peine plus la couverture.

Un sourire ironique étire les lèvres de l'ancien petit gars de Brooklyn quand il se fait la réflexion qu'il n'a jamais prit le temps d'observer ainsi la jeune femme, avec autant d'attention. Il ne se l'ai jamais permi. Mais aujourd'hui dans cette chambre, et après avoir manquer de ne plus jamais la retrouver, il se montre impoli et égoïste. Il procède à un examen aussi silencieux que minutieux.

Dans un geste semi-conscient il se mordille la lèvre en se disant que de toute façon, personne ne le saura jamais. Et que Natasha est bien trop endormie pour se rendre compte de quoi que ce soit.

Il reprend son observation et se concentre de nouveau quand son regard se promène sur la courbe féminine de la poitrine galbée qui s'élève et s'abaisse sous la respiration de l'espionne. C'est à mi-chemin, en remontant encore un peu, qu'il trouve le bord de la couverture. Elle est coincée sous les bras de l'endormie, plaquant la tenue médicale blanche à poids bleus et verts.

Ses bras nus, alors que la robe médicale ne s'arrête que très légèrement en dessous des épaules, sont déposés sur la couverture de manière tendu. Et si dans l'un la perfusion continue de faire son œuvre pour rétablir la santé de la jeune femme, l'autre est décoré d'un bracelet en plastique où figure son nom. Au bout de sa main, accroché à son index, Steve retrouve le capteur cardiaque.

Il se pince les lèvres en se disant qu'il a hâte de la voir sans tout ça. Qu'il a hâte qu'elle aille définitivement mieux.

Mais Steve se refuse d'y penser une nouvelle fois, il refuse de laisser l'impatience lui torturer les méninges. Alors il remonte son regard sur le visage de l'endormie.

Une nouvelle fois ses yeux glissent sur la jeune femme pour la détailler en silence, de ses cheveux roux ondulés éparpillés sur l'oreiller aux sourcils droits et volontaires qui ornent son visage. Il ne peut pas voir ses pupilles vertes cachées sous des paupières lisses décorées de cils roux longs et fins.

Son regard glisse ensuite le long de son nez où il retrouve l'aide respiratoire avant de glisser sur les lèvres dont il se souvient.

Une nouvelle fois, le Capitaine au bouclier étoilé bouge sur le fauteuil en créant un bruit de tissu. Le livre glisse au sol mais il s'en moque. Là, où habituellement il se serait empressé de le ramasser pour le ranger, cette fois il ne bouge pas. Ou plutôt il se contente de repose sa tête sur son poing alors qu'il se trouve projeté dans un souvenir aussi étrange que normal. Aussi désagréable que sympathique.

Bien qu'il ne quitte pas Natasha des yeux, il la revoit marcher devant lui avec un ou deux pas d'avance. Le souvenir s'éveille dans sa mémoire alors qu'ils se glissent dans la masse de personnes du centre commerciale dans le but d'échapper à leurs poursuivantes. Il la revoit sur l'escalator une marche devant lui, tout à coup bien plus petite.

Il la revoit si nettement se tourner vers lui pour lui demander de l'embrasser. Plus qu'une demande, c'est une consigne qu'elle lui donne. Il se souvient que sur le coup il se dit avoir mal compris le temps d'une seconde quand un "quoi" septique franchit ses lèvres. Il l'entend à nouveau lui expliquer que ça met les gens mal à l'aise de faire ça en publique. Et sur le coup c'est sa demande et son explication qui le mettent mal à l'aise plus qu'autre chose.

D'aussi loin qu'il se souvienne, Steve n'est pas du genre à faire ça. Il se souvient bien de la gêne qu'il ressentait quand Bucky embrassait ou draguait simplement une jeune femme devant lui.

Un sourire étire les lèvres du capitaine quand il repense à son "oui et alors". Il n'avait pas vu la personne qui les traquait sur le coup et avec tout ça il ne voyait pas où elle voulait en venir et ne comptait pas du tout accéder à sa demande.

Alors Natasha s'était faite impérieuse. Il se souvient du contact de sa main sur sa nuque alors qu'elle se mettait sur la pointe des pieds pour s'élever. Il se rappelle la manière dont elle s'était accrochée à lui par ce simple geste. Tout comme il se souvient du contact de ses lèvres sur les siennes qu'il n'aurait jamais imaginé connaître.

Mais quand il y repense il a réagit si naturellement lors de ce baiser. A avoir fermé les yeux sans le réaliser derrière ses fausses lunettes et a avoir posé sa main sur sa taille dans un geste inconscient. Ou encore à avoir aspiré ses lèvres légèrement. Un baiser à l'origine de façade - pour se cacher - rendu réel par ce simple petit détail.

Pourquoi avoir posé sa main d'ailleurs ? Là par contre, ça il ne le sait plus. Il avait probablement l'intention de la repousser au début. Par contre il se souvient très bien que son petit doigts s'est accroché dans sa veste en la remontant légèrement.

Tout comme il se souvient très bien de la sensation de sa casquette appuyée sur le front de la jeune femme. Ou encore de son souffle contre sa joue pendant les quelques secondes que ça a duré.

Il se souvient aussi - si bien - de cette manière lente et douce qu'elle a eu de se détacher de lui, les yeux rivés sur ses lèvres après ce qu'elle venait de faire le temps d'un dixième de seconde. Il la revoit se reprendre très vite et jeter un regard à la personne qu'ils fuient pour s'assurer qu'ils ne risquent plus rien.

Et lui il se souvient n'avoir pu détacher son regard d'elle jusqu'à ce qu'elle se retourne et n'avance. Il se souvient de la sensation de ses lèvres se détachant des siennes, comme si elles lui échappaient.

Steve bascule une nouvelle fois sa tête en arrière pour la faire tomber sur le dossier alors qu'un profond soupire franchit ses lèvres.

Oui il se souvient bien de tout ça. Si bien. Trop bien peut être pour que ça en soit innocent.

"Alors, mal à l'aise ?" C'est la question qu'elle lui avait posée en s'éloignant tandis qu'elle descendait les dernières marches de l'escalator pour fuir le centre commerciale.

Sur le coup il s'était caché derrière une phrase d'apparence cynique. Mais au fond elle n'était que simple vérité quand il avait dit que ce n'était pas les mots qu'il emploierait. Car après tout ce baiser lui avait laissé un goût d'étrange, d'interdit car Natasha n'était même pas encore une amie. Juste une connaissance, tout au plus une camarade de mission.

Et si pendant des mois il s'était empêché d'y penser. Aujourd'hui il ne se cache plus la satisfaction qu'il en a tiré, ni même cette sensation agréable. Il se rappelle combien il en a été chamboulé. Jusqu'à la salle de musique, il s'était toujours refuser d'y repenser. Mais aujourd'hui, les choses sont différentes.

Aujourd'hui...

Steve se redresse dans le fauteuil avant de se lever. Encore une fois il ne ramasse pas son livre. Il l'a même totalement oublié. A la place il s'approche doucement, à pas de loup, du lit sur lequel il se penche. Ses orbes bleus se fixent une nouvelle fois sur les lèvres de la Veuve Noire et il étire un sourire.

Oui. Définitivement oui, il a apprécié ce baiser. Cet unique baiser.

Dans sa tête, la voix de la jeune femme résonne de nouveau alors qu'un nouveau souvenir s'ouvre doucement pour réapparaître. Dedans elle lui demande avec une curiosité non feinte si depuis 1945 s'était son premier baiser. Et sur le coup il pense avoir habilement caché le petit pique qu'il a ressenti avec une phrase de dérision.

Une question sans pour autant en être tout à fait une. Et elle s'était défendue en niant avoir dit ça. Ce qui était vrai. Mais il n'avait pu s'empêcher de la taquiner là dessus en lui affirmant qu'elle l'avait dit autrement parce qu'au fond de lui il n'était pas serein. Pas du tout même. Bien qu'il ait déjà embrassé une fille, elles n'étaient pas assez nombreuses pour qu'il ai besoin de ses deux mains pour les compter. Alors oui forcément il s'était dit qu'il embrassait mal. Et ça lui semblait évidant qu'elle avait pensé la même chose.

La "pratique" comme elle l'avait dit pour se justifier, pour justifier sa question, pour justifier sa réaction.

A-t-il une tête à avoir beaucoup de pratique ? Encore une fois c'était Bucky le tombeur quand il était jeune, tout comme Stark peut l'être. Mais lui, avec ce corps ou l'ancien, il ne l'a jamais été.

Il a toujours trouvé ça étrange qu'elle se préoccupe autant de sa vie amoureuse. Mais si au début il se disait qu'elle faisait ça pour passer le temps. Par la suite il s'est dit que c'était une manière qu'elle avait de veiller sur lui. Cependant aujourd'hui, quand il la voit là allongée dans ce lit d'hôpital. Il n'en est plus tout à fait sûr. Pas après les derniers épisodes. Pas après ces dernières semaines.

Et si à l'époque elle lui a posée la question simplement, sans arrières pensées. Aujourd'hui c'est lui même qui se la repose. "Que veut-il qu'elle soit pour lui ?" En fait à l'heure actuel il ne le sait même pas vraiment. Il dirait par égard et politesse, par respect et modestie, "une amie". Mais est-ce vraiment vrai ? Après tout dans cette salle de musique, si Sam ne l'avait pas appelé, qu'aurait-il fait ? La première chose qui lui vient à l'esprit est un contact - quel qu'il soit - avec elle plus poussé que sa simple petite main de femme posée sur son corps d'homme.

Il se souvient aussi de la sensation de sa main à travers le t-shirt qu'il portait ce jour là et de la sensation que ça a déclenché en lui. De l'impression de n'être plus qu'eux deux au monde. Tout comme il se souvient de l'envie qu'il a eu de venir caresser son bras avec la sienne, ou de passer la main dans son dos pour la rapprocher de lui, ou encore l'envie de passer ses doigts dans ses mèches cuivrées sans parvenir à se décider pour aucun des trois.

Perdu dans ses pensées, Captain América élève sa main qui pendait sagement le long de son corps. Ses doigts passent au dessus du corps de la jeune femme, retraçant les creux et les bosses sans qu'à aucun moment il ne touche la couverture, le vêtement ou Natasha en elle même. Il se contente simplement de la survoler en suivant des yeux sa propre main comme si elle était à quelqu'un d'autre.

Finalement ses doigts remontent vers les lèvres roses et hésitent un instant alors qu'il ressent l'envie de les caresser. Mais sa main s'écarte pour venir prendre une mèche rousse entre son index, son majeur et son pouce. A la place c'est cette partie d'elle qu'il caresse.

Il ne remarque pas qu'il s'abaisse doucement vers la jeune femme. Ce n'est que lorsqu'il sent son propre souffle se répercuter sur la peau lisse, que lorsqu'il est suffisamment près pour entendre le bruit de vent de les tubes de l'aide respiratoire, qu'il se rend compte de ce qu'il s'appétait à faire.

Et comme si il s'était brûlé, il se redresse immédiatement et s'écarte. Il prend sa veste dans la foulé alors qu'il contourne le lit et embarque son sac de sport. Il s'enfuit ni plus ni moins de la chambre.

Ce n'est que lorsque la porte se referme dans son dos qu'il se permet de penser à ses gestes.

Steve Rogers sert alors les dents en portant le poignet de la main qui tient sa veste à son front le temps de quelques secondes. Il n'arrive pas à croire ce qu'il s'apprêtait à faire. Il laisse sa tête basculer en arrière pour se poser contre la porte alors que son bras retombe le long de son corps. Un long soupire à fendre l'âme franchit ses lèvres et il ferme les yeux douloureusement.

"- Natasha..."

Le prénom de la jeune femme passe la barrière de ses lèvres dans un souffle à peine audible. Mais lui, il en est cruellement conscient. Ce souffle, ce n'est ni plus ni moins qu'une supplique.

L'instant d'après il se mord la langue pour se donner contenance avant de s'éloigner dans le couloir en direction de la sortie de la partie hôpital du quartier générale des Avengers. Il ne remarque pas les deux paires d'yeux - l'une marron à la limite du noir, l'autre totalement noire - dans son dos qui l'ont vu sortir et qui l'ont observé faire.

Non il ne le remarque pas, il se contente de rejoindre la salle d'entraînement aussi rapidement que possible. Il se change tout aussi vite. On pourrait croire qu'il a le diable à ses trousses. Mais non il se lance plutôt dans un entraînement qui ressemble d'avantage à une punition qu'autre chose.

Et malgré tout, malgré ça, l'espionne ne quitte pas ses pensées. Il revoit chacun de leurs moments ensemble, un par un, avec lenteur. Il imagine sans réussir à s'en empêcher tout les scénarios possibles.

Et au bout du compte le blond réalise que finalement elle n'est plus une simple amie pour lui. Elle est bien plus que ça. Natasha est même devenue une femme très importante pour lui. Une femme qu'il apprécie plus que de raison. Que la seule qui a apprécié comme ça c'était Peggy.

Quand un mot s'imprime comme une vérité dans ses pensées, son poing tape bien plus fort que voulu le sac de sable. Celui-ci s'arrache du crochet et se vide doucement sur le sol. Il soupire. Ce n'est pas la première fois, il faut qu'il nettoie. Mais il s'en moque.

Steve vient de comprendre. Amoureux. Voilà ce qu'il est. Il se passe la langue sur les lèvres en se répétant une nouvelle fois que c'est de l'amour. Et plus il se le répète et plus ça lui parait plausible, logique.

Lui Steve Rogers, connu sous le nom de Captain América, aime Natasha Romanoff, connue comme Black Widow. Parce qu'il ne s'agit que de ça au fond n'est-ce pas ? De l'amour.

Il se sent un instant soulagé d'avoir comprit ce qui le travaille depuis quelques jours mais au final ça ne change pas grand chose à la réalité. Alors il reprend un autre sac et se remet à frapper.


Voici le chapitre 11.

J'espère qu'il vous aura plus tout simplement.

Enjoy les loulous !