Voici une nouveau chapitre, de mon co-auteur NuTs x Fazy.
Bonne lecture à tous.
Un homme entra dans le Subway. De l'autre côté de la rue, adossé à un panneau de stationnement, un inconnu l'observait attentivement, cherchant le moindre signe qui trahirait de la confiance. Il examina les alentours, vérifiant qu'aucun autre policier ne trainait dans le coin, en renfort à la taupe.
Le psychopathe traversa la rue, et entra dans le fast-food. Il avait décidé de l'endroit parfait, à distance égale entre le 12ème District et sa planque. A partir de là, il avait donc délimité une zone de possibilités, et opté pour le Subway de la 60th Street, qui lui offrait différents échappatoires, dans le cas où son contact au Precinct ait appelé du renfort. La première était le métro, situé à une dizaine de mètres de là, et qui lui offrait deux entrées possibles, une sur la 60ème et une autre sur la 59ème. Si les circonstances ne lui permettaient pas de se diriger en sous-sol, il pourrait toujours aller vers Central Park, et se mêler dans la foule.
De son côté, la taupe était assise à une table, distante des autres, au fond du restaurant. Son contact lui avait donné rendez-vous ici, à midi pétante, lui ordonnant de venir seul, sous peine d'avoir la mort de sa famille sur la conscience. Il avait bien sur obéit. Comment pouvait-il faire autrement ? N'importe qui aurait réagi de la même façon, pour sauver les êtres que l'on aime. Alors que le détective commençait à s'impatienter, il vit entrer un homme, cheveux noirs, les yeux bleus, la barbe et la moustache bien taillés. Il portait une casquette et des lunettes de soleil. Le kidnappeur de ses enfants, s'arrêta quelques secondes, et un sourire sadique apparut.
Le père de famille qu'il était aurait voulu pouvoir lui faire manger ses dents, et lui enlever ce sourire confiant. En voyant la fureur qui apparut dans les yeux de son infiltré, le psychopathe sourit. Son plan fonctionnait parfaitement, depuis la première seconde jusqu'à maintenant, et sa confiance accroissait au fur et à mesure. Il combla les quelques mètres qui les séparaient, et s'assit, tendant sa main, pour narguer son interlocuteur.
Celui-ci avait des cheveux blonds coupés très courts, et des yeux d'un bleu-gris troublant. Ses mâchoires crispées à l'extrême, ses poing appuyant si fort sur la table qu'ils en devenaient blancs, il lui en faudrait peu pour craquer D'après les recherches qu'il avait faites, cet homme avait trente-quatre ans, et avait étudié dans des écoles prestigieuses, avant de décider de devenir policier. Le mystérieux homme l'avait d'ailleurs choisi pour sa famille, et son intelligence, qui lui dirait de résoudre ce problème seul.
Voyant que le policier ne tendait pas sa main, il hocha la tête, et entama la conversation.
- Tu as fait du bon travail ces derniers jours.
- Je sais. Son ton était froid, mais devint de suite beaucoup plus enthousiaste à la phrase suivante. Quand pourrais-je revoir ma femme et mon fils ?
- Bientôt. Continue d'agir aussi discrètement, et assures toi que l'équipe de Beckett reste en dehors de tout cela. Je ne veux pas les avoir dans mes pattes, donc brouilles les pistes, afin qu'elle ne me retrouve pas. Si tu ne m'obéis pas, tu connais le tarif, tu auras la mort de ta femme et de ton fils sur la conscience, et ce serait bête, si près de les revoir.
Bien évidemment, le psychopathe n'en pensait pas un seul mot. A la seconde ou tout ceci serait fini, et que Castle aurait écopé de la prison à perpétuité, ils les exécuteraient, juste pour narguer son infiltré. Décidemment, voir souffrir un homme qui avait ruiné ses plans était jouissif, et l'inconnu ne s'en lasserait jamais. L'apothéose viendrait lorsqu'on apprendrait à Castle que les trois femmes de sa vie avaient été assassinées par lui-même, celui qui l'avait envoyé en prison, et qui avait rendu sa vie et celle de sa famille si terne, et remplie de questions.
Alors qu'il s'apprêtait à partir, la voix de l'inspecteur le retint.
- Ce matin, on a appris que la victime était le père de Castle, et le lieutenant nous a dit que rien ne serait communiqué à la presse pour l'instant.
- Bien. Il n'y en a plus pour très longtemps alors. Rappelles-toi, continues de m'obéir, et ta famille restera en vie.
- Dites-vous bien que si vous touchez un seul de leurs cheveux, je ferais vengeance moi-même, et je vous tuerai dans les pires souffrances imaginables.
Un sourire carnassier s'afficha sur le visage du kidnappeur. Son piège avait marché, et il venait de tester la détermination de son « acolyte ». Il était d'ailleurs ravi de ce qu'il venait d'entendre, particulièrement cette dernière phrase. Son plan marchait à merveille, et il était maintenant certain qu'il le mènerait à bien, jusqu'à la destruction totale de la famille Castle. Après, et seulement après, son esprit serait apaisé, et son désir de vengeance assouvi.
Il rit tout seul en poussant la porte du fast-food pour en sortir. Le mystérieux homme venait de s'imaginer la réaction de ce cher écrivain lorsqu'il apprendrait que son père était mort, sans même avoir eu l'occasion de le voir. Il vérifia une dernière fois les alentours, et repartit dans sa planque, satisfait de lui-même.
Pendant ce temps, une jeune femme, serveuse dans ce fast-food depuis moins de six mois, afin de se payer ses études de droit, avait vu toute la scène, et avait une très mauvaise intuition, qui lui enserrait le ventre. La discussion qu'avaient eue ces deux hommes semblait tendue, et le sourire de psychopathe de l'homme aux cheveux noirs l'avait profondément effrayée. Elle hésita à appeler la police, mais se dit qu'elle devait se faire des idées, et que cela ne la regardait pas.
Le kidnappeur traversa la rue, repensant, aux preuves qui avaient été trouvées sur la scène de crime, dont le sweat à capuche.
La troupe de théâtre entra dans l'appartement, à la suite de Martha. Ils étaient une quinzaine, James se tenant juste derrière la rouquine. Cela faisait maintenant plus de sept mois qu'il suivait ces cours d'art dramatiques, sur la pièce Roméo et Juliette, qui composait la raison de leur venue. L'écrivain n'était pas là aujourd'hui, et sa fille de même, finissant les cours en fin d'après-midi. Le mystérieux homme demanda à la comédienne la direction des toilettes, prétextant un état nauséeux, qu'elle lui indiqua gentiment. Il monta les escaliers, fit semblant d'aller au petit-coin et pénétra dans la chambre de l'écrivain, avant de se diriger dans la salle de bain, cherchant le panier de linge sale, qu'il trouva à l'entrée de la pièce, sur la droite du lavabo.
A présent, il n'était plus très loin du début de l'anéantissement de Castle, c'est pourquoi il devait trouver un vêtement appartenant à Castle. Après quelques secondes de recherches, il dénicha un sweat, taché de sang, et qui, de par son odeur, semblait avoir servi pour faire du sport. Il le sortit du panier, ouvrit le plus silencieusement possible la fermeture de son sac, et l'y jeta. Décidemment, son plan allait comme sur des roulettes, et rien n'avait entravé sa progression pour le moment. Ce pull, déniché chez l'écrivain, permettrait d'accumuler une preuve supplémentaire contre lui. Il ressortit aussi discrètement de la chambre qu'il n'en était rentré, et revint au milieu du groupe, informant les autres élèves qu'il allait mieux.
Il tourna la clef dans la serrure, et pénétra dans son appartement, situé au nord de Manhattan. Après avoir mangé un en-cas, pour calmer son ventre, l'homme se dirigea en direction de sa salle de bains, fit face au miroir, et attrapa une photo de Castle, avec sa fille au parc. Il dressa le bras, et regarda tour à tour le miroir, puis la photo, afin de comparer les deux. Le résultat sembla lui satisfaire, puisqu'un sourire s'afficha.
Malgré leur différence de carrure, sa nouvelle chirurgie pouvait le faire passer pour le jumeau de son ennemi, assez ironique en soit. Bientôt, il pourrait passer à l'action, et tuer le père de l'écrivain. Pour cela, il lui faudrait choisir une rue dans laquelle une seule caméra pourrait les filmer, d'une médiocre qualité de préférence. Tout le monde, y compris le jury s'y perdrait, et attesterait reconnaître Castle sur cette bande. Il serait alors fait comme le rat qu'il est.
