Flightless Bird – Chapitre 10 – Amis pour la vie
P.O.V Normal
Assis à l'une des tables à pique-nique situées sur le campus de l'Université de Montréal (ouais c'est la première fois que dans l'une de mes fics, des scènes se déroulent dans ma ville natale;), un jeune homme aux longs cheveux noirs attachés en une queue basse semblait étudier. En ce vendredi 7 septembre, les étudiants étaient nombreux à dîner dehors vu les rayons du soleil qui brillaient de mille feux, et il avait choisit cet endroit parce qu'il se sentait bien entouré. Il n'était pas de ceux qui n'arrivent pas à étudier quand il y a trop de bruit. Au contraire, il avait besoin de sentir la vie aux alentours, les rires, les bruits de camion, les pleurs des bébés, les aboiements des chiens. Et Montréal était une grande ville toujours bondée, il y avait toujours beaucoup de bruit.
Itachi mangeait son dîner tout en gribouillant dans ses notes de cours.
- Je peux m'asseoir là ? S'enquit une voix et il leva les yeux.
Le jeune homme devant lui était plutôt très grand, avait des cheveux noirs tombant devant son visage. Il avait une peau pâle comme lui-même et des iris étranges : partant d'un gris foncé au milieu, autour des pupilles, et qui devenait plus pâle. Une sorte de dégradé qui donnait l'impression que ses yeux étaient en spirales. Il avait les yeux bridés – il devait être japonais lui aussi. Malgré son allure marginale et rock'n roll, il semblait être sérieux et plutôt timide. Sur son épaule il tenait son sac qui allait presque traîner au sol tant la bretelle était longue et Itachi réagit enfin après quelques secondes. Il pointa la place en face de lui avec son stylo tout en replongeant dans ses notes.
- Je m'appelle Nagato.
Itachi leva simplement le nez – sur lequel reposait une paire de lunette fine. Il esquissa un sourire sympathique en attrapant la main qui lui faisait face.
- Moi c'est Itachi.
- Tu viens d'arriver ici ? Je ne t'ai jamais vu dans le coin.
- Oui.
Nagato plissa le menton, et pencha la tête vers son « nouvel ami ».
- Est-ce que tu ne te chercherais pas un colocataire, par hasard ? demanda-t-il au bout d'un moment.
Itachi, qui était à fond dans son travail, releva la tête, fronça les sourcils. Le garçon bafouilla :
- C'est que… je viens d'arriver, et je n'ai ni famille, ni ami, ni appartement, ni emploi. Et j'ai des études à faire, tu comprends.
- Oui, tout à fait, répondit Itachi.
Il laissa une minute s'écouler, réfléchissant. Il repensa à lui-même quand il était arrivé à Montréal l'été dernier. Il avait dû se trouver un mini emploi pour se payer une chambre sur le campus de l'Université. Il n'avait ni ami, ni famille ici non plus. Alors il se prit de compassion pour ce nouveau et continua :
- Écoute, je ne cherche pas vraiment de … de colocataire. Mais je peux partager ma chambre avec toi. Il y a deux lits.
- Vraiment ?
Itachi sourit devant l'illumination soudaine de son visage. Il approuva de la tête, et le garçon vint s'asseoir face à lui, tout content.
Ils commencèrent à discuter, et ils devinrent vite amis, venant tout les deux de la même ville – d'ailleurs, c'était étrange qu'ils ne se soient jamais croisés là-bas – ils avaient beaucoup de choses à se dire.
Le portable d'Itachi se mit alors à sonner, interrompant le fil de leur conversation. Le jeune Uchiha soupira – ça avait aussi interrompu ses études – et répondit tout de même :
- Itachi à l'appareil, dit-il.
- Itachi, c'est moi, Minato.
- Ah bonjour Minato, comment vas-tu ?
- Plutôt bonsoir, fit remarquer Minato sur un ton amusé. Je vais bien merci.
- Pourquoi ce coup de fil si c'est l'heure du coucher chez toi ?
Minato mit un moment à répondre. Nagato regardait Itachi alors que celui-ci attendait que son interlocuteur continue de parler. En attendant, il écrivait à une main des petits gribouillis sur une page blanche. Finalement, Minato continua.
- En fait, je t'appelle parce qu'il y a quelques ennuis…
- Ah ?
- …Avec Sasuke.
Aussitôt que le nom fut prononcé, Itachi se redressa sur le banc sur lequel il était assis. Il parut soudainement plus intéressé et plus concerné aussi. Nagato fronça les sourcils devant l'air grave de son nouveau colocataire.
- Mon frère ? s'étonna Itachi essayant de paraitre moins affolé – peut-être que ça n'était pas quelque chose de grave même s'il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Il a fait quoi encore ?
Minato lui répondit quelques secondes plus tard.
- Il n'a rien fait. Et c'est justement ce qui … comment dire … m'inquiète.
Itachi ne put contenir son impatience plus longtemps.
- Que ce passe-t-il, Minato ? Parle.
- Ce ne sont pas des choses qui se disent au téléphone, vois-tu, Itachi. C'est… très grave.
- Tu ne penses quand même pas à me faire revenir à Tokyo ? J'ai des études à poursuivre ici, moi.
Itachi entendit Minato soupirer à l'autre bout du fil.
- Si je te dis que ton petit frère est peut-être en grand danger ?
Il cessa brusquement ses petits dessins et ouvrit de grands yeux d'effroi. Son petit frère ? En danger ? Comment était-ce possible ? Qu'est-ce que Minato ne lui disait pas ? Que ce passait-il à la fin ? Il voulait savoir. En même temps, c'était sa première semaine à l'Université de Montréal. Il ne pouvait pas s'en aller comme ça… Mais son petit frère… était tout ce qu'il avait de plus précieux. Déjà que ça lui avait brisé le cœur d'avoir eu à le laisser là-bas. Si ça ne tenait qu'à lui, Itachi l'aurait emmené avec lui ici.
- Itachi, fit Minato le coupant de ses pensées. Tu as toujours ton passe port. Il n'est pas encore expiré. Et ça ne fait que quelques jours que tu as commencé tes études. Tu peux annuler tes études.
Itachi demeura silencieux, sachant que Minato avait raison. Celui-ci continua.
- Je te paierais une nouvelle session après Noël, ajouta le père de Naruto en paraissant sincèrement désolé.
- Dis-moi ce qui se passe. Dans quel sens Sasuke est en danger ?
Minato laissa quelques secondes s'écouler. Puis il lui avoua les doutes que Naruto avaient sur Neji et sur le fait que, peut-être, il maltraitait Sasuke.
Ce même jour, Itachi annula sa session auprès de la secrétaire de son école. Il donna les clés de sa chambre à Nagato en s'excusant de partir aussi vite, et monta dans le premier vol à destination de Tokyo, la rage et l'impatience lui collant à la peau.
P.O.V Normal
- Naruto… je peux dormir par terre, ça m'est égal.
Le blond ricana doucement. Il était en train de se fabriquer une sorte de lit par terre, mettant le plus de couvertures possibles pour que ça soit bien confortable.
- Ben voyons, Sasuke. Je ne t'ai pas invité pour te faire dormir par terre.
- Tu vas avoir froid…
- Mais non, le rassura Naruto en se laissant finalement tomber dans ses couvertures une fois finie.
Il tapota son polochon d'une main, s'installant confortablement.
- Tu vois ? Comme c'est confortable.
- Alors si c'est confortable laisse-moi dormir là.
Naruto esquissa un sourire en s'approchant pour s'accouder au bord de son lit, sur lequel Sasuke était agenouillé, mal à l'aise de se mettre dans une autre position.
- N'essaie même pas. Tu dors dans mon lit point final.
Il lui accorda un sourire innocent et convainquant et Sasuke finit par arrêter de se plaindre. Il s'allongea dans le lit qui sentait à plein nez l'odeur du blond et étrangement, il aimait cette odeur… Il soupira en rouvrant les yeux – qu'il avait fermés un moment.
- Bon d'accord, souffla enfin Sasuke.
Naruto regarda son ami et remarqua qu'il portait encore son col roulé et un long pantalon. Il fronça les sourcils.
- Tu n'as pas un peu chaud avec ces vêtements ? La nuit s'annonce fraîche.
Sasuke ne dit rien et Naruto poursuivit, un coude au sol pour mieux regarder son ami.
- À mon avis tu serais mieux en tee-shirt et short. Tu veux que je te passe des vêtements ? demanda le blond en se levant debout.
Sasuke secoua la tête.
- Non ça va, j'ai un peu froid.
- Froid ? T'es malade, on crève.
Naruto posa sa main sur le front de son ami sans retenue, un peu maladroitement.
- Tu fais pas de fièvre alors arrête de mentir et enlève-moi ces vêtements d'hiver, continua Naruto tout en marchant vers sa commode de laquelle il en ressortit un tee-shirt blanc à sa taille mais qui ferait quand même à son ami.
Il en sortit aussi un short noir. Il se tourna vers Sasuke avec une moue adorable.
- C'est un peu grand, avoua-t-il avec une petite couleur rouge sur ses joues. Mais si tu tires le cordon ça devrait s'ajuster à ta taille.
Sasuke se vit dans l'obligation de protester encore. Et puis il trouvait Naruto mignon de tout faire pour qu'il soit à l'aise. C'était comme ça à chaque fois qu'il était chez lui. Naruto le traitait comme un roi. Ça le touchait et il en oublia les bleus sur ses bras mais surtout la marque dans son coup, faite par les deux imbéciles qui avaient essayé de le violer.
Il capitula donc et enfila les vêtements – effectivement trop grands – de son ami. Il fit comme Naruto lui avait conseillé cependant et serra le cordon autour de sa taille pour ajuster.
- Merci, souffla-t-il. C'est vrai qu'on est mieux à l'air frais.
- Tu vois, lui répondit Naruto avec un sourire tendre et chaleureux. J'ai toujours raison, c'est pour ça.
Le blond s'esclaffa après ses paroles et Sasuke le suivit, quoique son rire fût moins fort que celui de son ami.
Étrangement, Naruto ne lui posa pas de question sur la marque dans son cou. Peut-être qu'il pensait que c'était autre chose, une piqûre de moustique, entre autre…
À ce moment-là, le regard du ténébreux fut attiré par quelque chose qui dépassait du placard ouvert de Naruto. Une boîte qu'il reconnut…
- Dis, Naruto…
- Hm ? fit le blond en suivant le regard de son ami.
- On joue à Monopoly ? (Niark =P)
- À minuit ?
Sasuke haussa les épaules, une expression amusée et tellement adorable que Naruto ne put résister.
- On jouait toujours quand on était petit.
- Ouais, je m'en souviens, ricana le blond. Même si on ne connaissait pas les règlements du jeu et qu'Itachi me tapait toujours la tête quand je trichais !
Les deux garçons s'esclaffèrent doucement à leurs souvenirs, et Sasuke ne put s'empêcher d'afficher un air triste – son frère lui manquait. Naruto se leva debout et captura la boîte du jeu avant que l'atmosphère ne devienne triste à cause de l'absence d'Itachi. Avant, lorsqu'ils étaient plus jeunes, tout les trois formaient un trio inséparable et ils s'amusaient toujours ensembles… Naruto devait avouer que ça lui manquait aussi, les jeunes années.
Il s'agenouilla par terre et défit le jeu, l'étalant sur le plancher.
- Aller, tu viens ? Lança-t-il à Sasuke, toujours assis sur le lit.
Celui-ci vit un énorme sourire s'étendre sur son visage, et ne l'ayant pas vu comme ça depuis longtemps, Naruto l'imita.
Neji entra dans la grande maison et ferma la porte derrière lui. Il avait dit à Sasuke qu'il ne rentrerait pas du week-end mais finalement, il avait changé d'avis. Il retira ses chaussures et se dirigea à l'étage.
- Sasuke, je suis rentré, lança-t-il en entrant dans sa chambre.
Mais comme elle était vide et que sa voix se perdit quelque part, il fronça les sourcils et tourna les talons pour se diriger vers la salle de bain. La porte de celle-ci était fermée et il entra sans hésiter.
- Sasuke, répond.
Son visage s'assombrit dangereusement quand, encore une fois, il se retrouvait dans une pièce vide. Il jura mentalement en se disant qu'il valait mieux pour lui qu'il soit à la cuisine où quelque part dans la maison. En contenant du mieux qu'il pu sa colère, il descendit les escaliers en continuant d'appeler Sasuke qui continuait de ne pas répondre.
En arrivant à la cuisine, il abattit son poing sur la table en constatant que la maison était bel et bien vide.
Il vit alors, sur le comptoir près de l'évier et de la fenêtre, une photo sur laquelle Naruto et Sasuke se tenaient côte à côte et riaient devant l'objectif. L'endroit où ce dernier pouvait être à l'instant lui sauta au visage. Il n'y avait aucun doute qu'il était chez le blond.
Il s'approcha donc, prit la photo, serra les poings et la balança sur le mur en hurlant de rage tout en se précipitant dehors, puis vers sa voiture. Il monta et partit dans un rugissement de moteur.
La prochaine destination : la demeure de Naruto.
À Suivre…
