Pardon pour le retard. J'ai eu un empêchement le week-end dernier et n'ai pas eu le temps de corriger.
Chapitre plutôt calme contrairement aux précédents, mais nécessaire contrairement à ce qu'on pourrait penser. ^^ Enfin, vous verrez bien. :)
11. Apprendre
Lorsqu'il sortit du château ce jour-là, Vanitas eut la surprise de trouver sur la grande place Kairi, Naminé et Riku devant un vaisseau Gummi.
La Princesse de Cœur, le voyant arriver, fronça les sourcils.
« Vanitas ! le gronda-t-elle. Aerith t'as dit de te reposer !
-C'est ce que j'ai fait. »
La rousse afficha une moue contrariée mais ne protesta pas. Il gagnerait toujours à ce petit jeu, de toute façon… Même si, selon la guérisseuse, il aurait dû rester au lit quatre jours durant, suite à la légère commotion cérébrale qu'il s'était fait dans le monde des ténèbres. Rien de grave en somme, mais tout de même. Enfin… Il avait obéi pendant le quart de sa durée de convalescence, dira-t-on. Et puis, il s'ennuyait.
« Riku, veille sur lui quand on sera parties, tu veux ? » sortit soudain la rousse.
Les deux concernés la fixèrent comme si elle avait perdu l'esprit.
« Euh… Quoi ?
-Il ne sera pas raisonnable, sinon, sourit la jeune fille. Je commence à le connaître, à force ! »
L'argenté coula un regard peu enchanté en direction du brun. Sur le coup, il pensa qu'il allait refuser, ce qui l'aurait arrangé.
« Ça marche, soupira-t-il. Mais tu me devras une glace, Kairi.
-Marché conclu ! » s'exclama-t-elle.
Vanitas, à qui on n'avait pas demandé son avis, haussa un sourcil perplexe.
« Je peux me surveiller tout seul, merci bien, lâcha-t-il sèchement.
-Alors qu'est-ce que tu fais ici au lieu de te reposer ? »
Il ne trouva rien à répondre et préféra changer de sujet.
« Où est-ce que vous allez ?
-Kairi et moi allons voir Yen Sid, expliqua Naminé. Pour savoir ce qu'on fait à propos de ce… cette barrière dans le monde des ténèbres.
-Ah, l'entrechemin. »
Cette fois-ci, ce fut la rousse qui le rectifia.
« Franchement, à moins que sa nature ait changé, ça m'étonnerait qu'il s'agisse d'un entrechemin plongé dans l'ombre. Non, on y est retournées ce matin et je n'arrive pas à l'altérer d'une manière ou d'une autre. J'ai même tenté de le traverser, rien n'y fait. Si ce n'est pas ça, on doit découvrir ce dont il s'agit. Et puis, il y a… »
Elle sortit l'Eclaireuse d' Aqua, qui émettait toujours une vague lueur bleutée, un peu atténuée dans l'éclat du jour.
« Elle n'a pas cessé de briller depuis qu'on l'a trouvée, expliqua Kairi. Je pense qu'on peut retrouver sa propriétaire grâce à elle. »
Vanitas hocha la tête.
« Hm, je suppose que je dois vous souhaiter bonne chance ?
-C'est ce qu'on fait dans ces cas-là, acquiesça Naminé.
-D'accord. »
Il n'ajouta rien de plus. Derrière eux, une voix se fit entendre, un peu soucieuse.
« Tu t'en vas ? »
C'était Néo, qui fixait Naminé avec une moue interrogative. Il avait été décidé qu'il pouvait rester au Jardin Radieux, au même titre que Vanitas, s'il ne posait pas de problèmes. L'ancienne Simili hocha la tête.
« On a une affaire à régler chez Yen Sid.
-Oh… »
Il sembla déçu. Derrière eux, Kairi observait l'échange d'un air neutre.
« C'est dommage, dit-il. On vient à peine de se retrouver. »
Depuis son arrivée au Jardin Radieux, le clone –qui ne supportait pas d'être appelé ainsi- avait manifesté un fort attachement à Naminé. Vanitas n'avait pas toute l'histoire, mais d'après les bribes d'information qu'il connaissait, la jeune fille aurait joué avec ses souvenirs pour le manipuler. Alors pourquoi l'autre lui était-il si attaché ? Franchement, parfois, il songeait qu'il ne parviendrait jamais à comprendre le fonctionnement des émotions…
« Je reviens vite », promis Naminé.
Les deux jeunes filles embarquèrent alors dans le vaisseau.
« Prenez des nouvelles de Sora ! leur demanda Riku avant que le cockpit ne se referme.
-Promis ! »
Le châtain était partit deux jours plus tôt passer son examen de maîtrise. Logiquement, ce n'était pas très difficile. Si tout se passait bien, il l'emporterait haut la main. Vanitas se souvenait du test de Terra et Aqua : un bête affrontement entre les deux concernés. Juste ça, et pourtant l'un des deux avait échoué…
Une fois le Gummi hors de vue, Néo s'en alla sans aucune attention envers les deux autres garçons qui s'entreregardèrent un moment sans rien dire, puis :
« Qu'est-ce que tu comptes faire ? questionna le brun. Ne t'en fais pas, je dirais à Kairi que tu ne m'as pas lâché d'une semelle !
-J'ai promis », répondit l'autre en secouant la tête.
Et zut, ça l'aurait bien arrangé que Riku lui lâche les basques, ce coup-ci. Maintenant qu'il en avait pris conscience, la Lumière du Jardin Radieux commençait à le brûler. Trop vive. Le Pays des Merveilles aurait fait un excellent refuge pour la journée. Suite au départ d'Alice, les Ténèbres avaient quittés ce monde, mais sa nature avait changée imperceptiblement, abritant un relent de trace sombre en son cœur.
Néanmoins, puisqu'il en avait été décidé ainsi, il pourrait toujours taquiner un peu l'argenté pour passer le temps. Ce serait déjà ça de gagné.
« Tsss, t'es trop honnête, Riku. Ça te perdra. Mais d'accord, je te suis. Où est-ce qu'on va ?
-Je crois que Léon voulait que je lui rende un service.
-Il est parti ce matin, non ? »
L'autre hocha la tête.
« Il doit être revenu, répondit-il. Il a fait un bref voyage à la Terre des Dragons. »
Vanitas haussa un sourcil.
« Pour quoi faire ? »
Son compagnon forcé haussa les épaules et prit la direction du quartier général, le brun sur ses talons. Ils y trouvèrent le guerrier à la Gunblade, ainsi que Cid occupé à pianoter sur l'ordinateur. Lorsqu'il les vit arriver ensemble, il parut légèrement surpris mais ne dit rien. Il tendit un sac de toile beige à Riku.
« Ce sont des composants pour les potions. Tu peux les livrer à l'atelier des Mogs ? »
Il hocha la tête et prit le sac. Lui et Vanitas se dirigèrent vers la sortie, puis empruntèrent le chemin menant aux boutiques.
« Les Mogs fabriques des potions, c'est ça ? » questionna ce dernier après un temps.
A dire vrai, il ne s'était jamais posé la question de savoir ce que faisaient ces petites bestioles avant aujourd'hui. Il les considérait surtout comme de drôles d'animaux parlants.
« Ils font de tout, répondit l'argenté sans le regarder. Des armes, des objets de soins, des équipements et aussi quelques objets du quotidien ou des bibelots.
-Je n'en savais rien.
-Hm. »
Toujours pas bavard, celui-là… Leur bataille contre les Sans-Cœurs deux jours plus tôt ne les avait pas rapprochés, malgré le fait qu'ils aient occis un Darkside de 12 mètres de haut ensemble. Enfin, Vanitas imaginait qu'il ne devait toujours pas le trouver fiable. Pas qu'il s'en plaigne, d'ailleurs. Voir l'autre tenter de l'éviter à longueur de journée lui procurait un certain divertissement. Oh, il s'en lasserait vite, sans doute, mais pour l'instant…
A l'entrée de la boutique, l'une des créatures blanches leur fit signe de monter à l'échelle pour accéder à l'atelier. Des dizaines de Mogs allaient et venaient dans la petite pièce, transportant des objets, des composants, tandis que d'autres se penchaient sur des assemblements visiblement complexes ou sur des sortes d'immenses fours. En tout cas, aucun ne paraissait avoir de temps à leur accorder. Vanitas ne s'entendait presque plus penser avec le crépitement des flammes, les « kupo » à répétition, bruits d'outils et autres.
Les deux garçons échangèrent un regard un peu perdu devant toute cette agitation. A qui fallait-il s'adresser pour remettre les ingrédients ?
Riku prit l'initiative d'interpeller l'une des peluches qui passait à sa portée en se penchant vers elle.
« Euh, excusez-moi…
-Les clients, c'est en bas, kupo ! répondit la chose sans s'arrêter.
-Oui, mais on n'est pas des… Euh, d'accord... »
Le Mog était déjà partit récupérer une poignée de gemmes dans l'un des nombreux tiroirs collés au mur. Lorsqu'il revint, l'argenté s'éclaircit la gorge.
« Nous ne sommes pas des clients !
-Alors hors de ma vue, kupo ! »
Vanitas soupira, saisit la peluche par la peau du cou et le porta à hauteur de ses yeux. Le Mog se débattit farouchement en pestant.
« Mais lâchez-moi ! protesta-t-il de sa voix aigüe en agitant ses petits bras. En voilà des manières, kupo !
-Non, c'est toi qui va nous écouter, ordonna Vanitas. On vient livrer des composants, alors tu vas nous dire où on peut les déposer sinon je t'empaille. »
La créature se calma, même si elle ne parut pas impressionnée par la menace.
« Oh, pardon, kupo. D'habitude, Léon nous les apporte lui-même. Suivez-moi, kupo ! »
Le garçon le déposa à terre et le Mog les conduisit jusqu'aux tiroirs fichés à l'extrémité de la pièce.
« Bien joué, lança discrètement Riku à Vanitas en passant devant lui.
-Mais de rien », répondit celui-ci, plus que satisfait.
Le Mog fit signe à l'argenté de déposer son sac par terre et se pencha pour regarder dedans.
« Hm, je kupo-vois… » fit-il d'un ton songeur.
Puis il se tourna vers les garçons et voleta jusqu'à mi-hauteur des rangements.
« Les éclats hyalins vont ici, les éclats ardents là. Ne vous trompez pas, kupo. »
Vanitas haussa un sourcil.
« On doit les ranger nous-même ? Sérieusement ?
-Bien sûr, kupo ! Nous, on a pas que ça à faire ! »
Et il s'éloigna sans leur laisser le temps de protester. Riku le regarda un instant, comme blasé, puis se pencha sur le sac et entama d'en sortir les composants.
-Tu vas vraiment faire ce qu'il te dit ?
-On n'a pas le choix, si c'est comme ça qu'ils font d'habitude… »
Le brun soupira.
« Léon est un fourbe. Je suis sûr qu'il nous a envoyé faire le sale boulot pour ne pas avoir à s'en charger lui-même. »
Il saisit l'une des gemmes entre ses doigts et l'observa, intrigué. On pouvait réellement créer de puissantes armes grâce à ces petites choses ? Franchement, il demandait à voir…
… C'est ce qu'il fit, d'ailleurs.
« Eh, je peux savoir où tu vas ? l'appela Riku en le voyant s'éloigner vers les tables de travail des Mogs.
-Je reviens. »
Il se pencha par-dessus l'épaule de l'une des créatures pour observer, mais ne comprit pas bien. Les choses semblaient se fondre les unes dans les autres, se métamorphoser au rythme des petites pattes blanches. Sauf qu'il ne parvenait pas à saisir l'essence de ces métamorphoses, vu la vitesse à laquelle changeaient les composants.
Il tapota sur l'épaule du Mog qui, contre toute attente, se retourna immédiatement.
« Oui, kupo ? dit-il d'un ton plus aimable que le premier auquel il avait eu affaire.
-Tu m'expliques ? Ça m'intrigue…
-Euh… hésita la peluche. C'est à dire que… Aucun humain ne nous a jamais demandé à… »
Là, de la bouche du brun sortirent trois mots qu'il ne s'attendait pas à prononcer un jour dans une même phrase.
« S'il te plaît ? »
La politesse parvint aux oreilles de Riku, mais il ne vit pas son air abasourdi.
« Je… commença le Mog. Bon, très bien, kupo. Une minute. »
Il se pencha sur son œuvre et la termina. La chose paraissait assez informe, une fois terminée. Il le passa à un de ses collègues qui se dirigea vers un four.
« Ca n'en a pas l'air, mais ce sera un élixir, une fois fondu, kupo assura la créature à Vanitas avant de se pencher vers un bac sous la table de travail et d'en sortir d'autres composants. Je sais que c'est difficile de percevoir tout l'art des Mogs la première fois qu'on le voit, kupo. Il nous faut nous-même des années de pratique. La plupart des objets, nous les fabriquons à l'aide de notre magie. Seulement, kupo, c'est inutile pour certains accessoires. Les potions, par exemple, kupo. Ça, c'est juste de la technique, kupo.
-Ca veut dire qu'un humain pourrait le faire ? »
Le Mog réfléchit à cette question.
« Ce n'est jamais arrivé, mais avec de la pratique, j'imagine… Seulement pour certains objets, kupo ! Les plus simples à réaliser, ou pour des améliorations mineures…
-Je vois… »
Intéressant.
« Et donc, ces trucs-là, par exemple, questionna-t-il en désignant les ingrédients, à quoi vont-ils servir ?
-A améliorer la Gunblade de Monsieur Léon, kupo. Comme ce n'est qu'une augmentation de légèreté, kupo, le travail est uniquement manuel.
-Montre-moi. »
La créature s'exécuta. Vanitas le stoppait de temps à autres, lui demander d'expliquer ce qu'il faisait car le Mog allait trop vite pour ses yeux. Même ainsi, il ne saisit pas tout, mais l'autre assurait que ce genre de choses venait avec la pratique.
Lorsqu'enfin il eut terminé l'objet, Riku venait de finir de ranger les gemmes et se dirigeait vers le brun.
« Ça t'intéresse, ce genre de trucs ? » questionna-t-il, perplexe.
Vanitas ne répondit pas, pensif. Oui, ça l'intriguait, en effet. Il ne saurait pas expliquer pourquoi.
