Titre : Dog Days of Dixon
Auteur : Silver Dog Demon
Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY
Note de l'auteur : Ce chapitre se passe 5 ans plus tard, Daryl a environ 24 ans.
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Daryl soupira en passant la porte d'entrée, et rentrer dans un salon plongé dans le noir. Merle était à nouveau de sortie. Il déposa ses clefs sur la table près de la porte, et il alluma avant d'aller dans la cuisine. Il ouvrit le frigo où il prit un plat préparé à réchauffer. Ils avaient encore de la viande de cerfs congelés de la dernière chasse, mais il n'avait vraiment pas envie de se faire à manger, il était trop fatigué d'avoir travaillé. Alors que le plat préparé chauffait dans le micro onde, il prit une bière dans le frigo et la décapsula, pour en prendre une bonne gorgée. Daryl n'avait jamais réussi à passer une nuit sans au moins deux bières. C'était une habitude qu'il avait prise, après l'agression de son père, pour éviter de cauchemarder. A vrai dire, il ne savait même pas si il avait encore des cauchemars sans boire, mais il était prêt à tout pour oublier. Boire était juste une habitude pour lui.
Il avait travaillé toute la journée sur un chantier, et il revenait dans une maison vide, c'était un évènement courant depuis quelques jours. Merle ne parvenait pas à faire sortir Daryl de la maison il détestait être entouré par trop de monde. Aller au bar impliquait forcément qu'il y aurait des gens bourrés et tactiles, ou ça impliquait des bagarres que Merle avait déclenchées. Daryl se disait qu'il avait eu suffisamment d'œil noir et de poings ensanglantés pour le restant de sa vie, alors il se faisait un point d'honneur à les éviter, au grand désespoir de son frère.
Merle pensait que son frère lui était revenu, la nuit où ils s'étaient battus il pensait que la colère de Daryl l'avait ramené à la vie, l'aidant à redevenir 'normal'. Mais cette colère avait construit un mur épais que même Merle ne pouvait pas franchir. Daryl n'avait pas l'air brisé, fragile, comme un petit garçon, cependant il ne vivait pas non plus. Il ne se faisait pas d'amis, il n'était pas intéressé par les femmes, il tolérait à peine les gens. Et Merle pouvait voir cette solitude pesé sur les épaules de son frère, même si Daryl ne le voyait pas lui-même. Et peu importe à quel point il essayait, Merle ne parvenait pas à briser ce mur il pouvait à peine faire en sorte que Daryl sorte de la maison, sa solitude pour compagnie. Et bonne chance à celui qui parviendrait à faire que Daryl s'approche d'une femme il n'avait pas fallu longtemps à Merle pour réaliser que la question du sexe ne se posait même pas chez son frère. Alors il avait laissé tombé ce point, il s'agissait d'un terrain délicat et inconfortable pour tout les deux, aucun d'eux ne voulant faire remonter des souvenirs douloureux.
Les bois étaient vraiment le seul endroit où Daryl allait volontiers même si il devait tolérer que Merle fasse venir des amis. Ils avaient planifiés un voyage pour ce week-end – le camion était déjà chargés, prêt à partir. Daryl n'était pas enthousiasmé par le voyage il n'était excité par rien à vrai dire, mais il se réjouissait d'aller dans le seul endroit au monde qui lui apportait la paix. Même si il devait partager ça avec Merle et ses amis. Habituellement, il s'installait avec eux et il restait avec eux le plus longtemps possible, jusqu'à disparaître seul dans les bois pendant qu'ils se saoulait et qu'ils se défonçaient.
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La fin de la semaine arriva et les frères étaient en partance vers le nord, suivi par un autre camion où il y avait trois amis de Merle – Andy, un grand mec, aux cheveux auburn, proche de la trentaine Crystal, une serveuse brune qui avait à peu près le même âge que Daryl et Brian, un gamin plus jeune que Daryl. Ils arrivèrent au camp et ils déchargèrent les camions – tentes, glacières, et des chaises pliantes. Les chaises étaient placées autour du feu de camp et les tentes un peu plus loin. Une fois de camp dressé, Daryl prit son arbalète sur le dos, qui était encore à l'arrière du camion, et il se dirigea dans les bois.
« Où tu penses aller petit frère ? » Merle était agacé que son frère parte aussi vite.
« Je vais chasser… » Daryl avait hâte d'être dans les bois pour se retrouver seul.
« Pourquoi tu ne resterais pas pour boire un peu ? Nous allons bientôt souper. »
Daryl observa son frère un moment il n'avait vraiment pas envie de rester. Mais il avait l'impression que la seule chose qu'il avait dit à son frère ces derniers temps était « non ». Et même si son frère ne le montrait jamais, Daryl savait que cette distance qu'il avait instauré ennuyait Merle, alors il se disait qu'il se devait de faire un effort durant une soirée pour lui faire plaisir. Il soupira et acquiesça, retournant vers le camion pour déposer son arbalète. Merle souriait en retournant vers le feu de camp, alors que les autres sortaient déjà les bières et la nourriture de la glacière.
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La nuit tombait et le groupe était assis autour du feu, le ventre plein et de bonne humeur. Daryl avait fini ses trois bières et il était pompette mais il ne participait à la conversation. Il s'ennuyait et il espérait pouvoir chasser, mais il opta pour une autre bière qu'il prit dans la glacière, se disant qu'il pourrait tout aussi bien se déchirer la gueule si il n'allait nulle part.
« T'es si calme, Daryl. Et songeur. Ca t'arrive de sourire parfois ? » Crystal essayait d'entrer dans une conversation. Il haussa simplement les épaules et il prit une autre bière sans même la regarder. « Oh, allez ! Ne sois pas comme ça, » elle flirtait avec lui. Pourtant, Daryl l'ignorait jusqu'à ce qu'elle se lève pour se dandiner vers lui avec un sourire sur le visage. Merde, comment allait-il pouvoir gérer ça sans faire un scandale ? Son cœur commença à s'affoler et ses paumes devinrent moites, alors que ses yeux cherchaient une brèche pour fuir.
Crystal ne fit pas attention. Merle attrapa son poignet avec rapidité, pour la tirer sur ses genoux, il souriait malicieusement, ses mains se nichant sur ses fesses.
« Où tu penses aller ma belle ? » Il mordilla le lobe de son oreille et elle pouffa de rire, plaçant ses mains autour de son cou. Daryl se retint de lever les yeux aux ciels, et il retint un haut-le cœur, mais il était reconnaissant de l'intervention de son frère.
« Tu vas vraiment le laisser piquer ton coup comme ça ? » Demanda Andy.
« C'est pas la peine de me battre avec lui. Je perdrais. » Daryl haussa les épaules, il venait de mentir. Merle rigolait, sa bouche glissait sur le cou de Crystal alors que ses mains erraient sous son débardeur.
« T'as bien raison, petit frère. Personne ne peut se mettre entre moi et un beau cul ! » Il retourna son attention sur Crystal, alors que Daryl et Andy secouaient leur tête, un sourire moqueur.
« Prenez vous une chambre ! » Brian leur lança une bouteille de bière, les faisant tous sursauter. Crystal sourit puis elle se leva, en prenant la main de Merle pour le conduire dans les bois et avoir un peu plus d'intimité.
« Dieu merci, c'est fini. J'avais peur qu'ils fassent ça ici ! » Brian avait une expression franchement dégoûté. Andy rigolait. Daryl se concentrait sur sa bière.
« Personne ne veut voir ça. Mais qui a dis qu'ils prendraient leur pied ? » Andy sourit et il prit un sac en plastique près de lui, par terre. « J'ai trouvé ça quand je cherchais du bois pour le feu, » il ouvrit le sac. Il était rempli de champignons.
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Daryl était totalement défoncé. Tout autour de lui était vif, les couleurs scintillaient et les bruits de la forêt faisaient écho il était dans son monde. Ses yeux étaient rivés sur le feu, les vrilles des flammes dansaient comme les rayons du soleil et les flammes changeaient de couleurs. C'était définitivement sa meilleure expérience avec les champignons depuis son premier trip quand il avait 5 ans. Enfin, ça l'était, jusqu'à ce qu'il l'entende. Des grognements. De faibles grognements, à peine audible, mais ses oreilles de chasseurs percevaient le bruit. Il détourna les yeux des flammes ensorcelantes et il était là, le dévisageant à travers le feu, debout à l'orée du bois.
Un énorme squelette, ressemblant à un chien, à la peau tannée ses lombaires apparentes dans le dos, formant une ligne. La chose avait de longues griffes, et de longs crocs, ses yeux rouges luminescents. Chupacabra. Daryl savait ce que c'était il avait entendu parler de la légende des chiens suceurs de sang. Les grognements se firent plus bruyant et la chose s'avança vers lui. Daryl était figé à sa place Il savait qu'il n'aurait pas le temps d'aller au camion pour prendre son arbalète. Son cœur battait fort alors que la bête commençait à courir, chargeant sur lui avec un regard vicieux, et sauter par-dessus le feu, les griffes sorties…
A la dernière minute, Daryl roula sur le côté de sa chaise, s'accroupissant en couvrant son visage de se mains, dans l'attente de l'impact qui n'arrivait pas. Il ouvrit les yeux, Il se retourna, son regard cherchait mais il n'y avait rien. Les couleurs vives et le bruit d'écho avaient disparu il ne restait plus que des braises au feu. Andy et Brian n'étaient plus sur leurs chaises. Au moins, ils ne l'avaient pas vu avoir une hallucination. Il ne semblait pas que Merle et Crystal étaient de retour.
Daryl secoua la tête et il décida qu'il était temps d'aller se coucher. Encore saoul, il trébucha en faisant son chemin vers la tente qu'il partageait avec son frère, il jeta ses bottes et s'effondra dans son sac de couchage. Plus jamais. Plus jamais il ne reprendrait des champignons cette hallucination lui avait foutu les boules. Clairement.
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Daryl s'éveilla en sursaut quand il réalisa que quelque chose de chaud était pressée contre sa poitrine. Ses paupières s'ouvrirent en un éclair et il le regretta aussi vite quand la lumière du matin l'aveugla, lui donnant un mal de tête. Crystal dormait à côté de lui, et l'un de ses bras reposait sur la taille de Daryl, le genou coincé entre ses jambes. Et pour couronner le tout, elle était sans débardeur. Merde. Le cœur de Daryl s'affolait dans sa poitrine, augmentant son mal de tête, alors qu'il essayait de se dégager d'elle sans la réveiller. Il ne s'en serait pas inquiété si elle n'avait pas bu comme un trou la nuit dernière. Il avait pourtant réussi à prendre ses distances avec elle. Il fut soulagé quand il réalisa qu'il était toujours entièrement vêtu, habillé de son jeans et du reste. Malgré tout, il se sentait nauséeux.
Qu'est ce qu'il avait foutu avec ces gens et comment l'avaient-ils touchés ? Il ne se laissait jamais faire habituellement, chaque fois que quelqu'un le touchait, il en avait la chair de poule – une tape sur l'épaule, une main sur le bras, une bousculade il ne pouvait pas le supporter. Personne ne pouvait franchir son espace, alors retrouver une fille à moitié nue, avachie à ses côté, ça ressemblait à un cauchemar et non pas à un fantasme. Il détestait quiconque pouvant se rapprocher de ses cicatrices puisque ça menaçait de faire remonter à la surface ses sombres secrets, et ce n'était pas en option.
Daryl rampa hors de la tente, il avait toujours des frissons, tachycarde, et haletant. Son regard croisa celui de Merle qui lui souriait en préparant des œufs sur le feu.
« B'jour, petit frère, » il lui fit un énorme sourire.
« Bordel, Merle ! Qu'est ce que cette salope fait dans notre tente ? » S'emporta Daryl, en murmurant, ne voulant pas réveiller les autres. Merle se contenta de sourire et de hausser les épaules.
« Elle s'est invitée sans notre accord. Je n'allais pas l'arrêter. J'pensais que tu apprécierais de te réveiller avec une fille à tes côté, » Merle lui fit un clin d'œil, son sourire s'élargissait.
« Je ne veux pas de tes restes, Merle. »
« Attends, j'ai vérifié pour toi si elle en valait le coup, » Sa bonne humeur avait disparu et il ne pouvait s'empêcher de lui répondre. Pourquoi son petit frère en faisait-il tout un plat ?
« Va te faire foutre ! » Cracha Daryl. Il lui tourna les talons et il se dirigea vers le camion pour prendre son arbalète et un sac de vivre qu'il avait préparé la veille, et il partit comme il aurait dû le faire la nuit dernière. Il en avait assez des conneries. Il voulait la paix, dans le seul endroit où il était possible de la trouver.
Merle soupira. Il ressentait que le fossé entre lui et son frère s'agrandissait de jour en jour. Ils s'éloignaient, et il avait l'impression de regarder sans rien pouvoir y faire. Il avait poussé Daryl à construire des barrières infranchissables et à présent, il ne pouvait plus être proche de lui. Merle n'avait pas la moindre idée de comment faire baisser ces barrières, ni même si c'était possible. Et il savait qu'il ne serait pas celui qui aiderait son frère, car à chaque fois qu'il avait essayé, ça avait empiré les choses. Son frère partait à la dérive, seul et en colère, parceque Merle avait été trop égoïste pour le laisser guérir à son rythme, le forçant à se cacher derrière un mur de rage qui était à présent infranchissable.
Il soupira de nouveau et il secoua la tête. Il était trop tôt pour ruminer. Merle retira la poêle avec les œufs du feu, pour les déposer à côté de lui, afin de prendre deux pilules dans sa poche puis de se diriger vers la tente. Il en colla une sur sa langue, l'autre était pour Crystal. S'amuser avec elle serait certainement plus distrayant que de laisser son esprit vagabonder dans de sombres pensées.
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