Snape sentit une goutte de sueur couler le long de sa tempe, mais se retint de l'essuyer. La séance avant été plus pénible que prévu. On pouvait compter sur Rémus Lupin pour lui rendre la vie difficile… en dépit de ses talents en légilimancie, Severus avait du batailler de toutes ses forces pour guider l'esprit brouillon et hésitant du loup-garou dans sa mémoire et lui permettre de voir tout ce qui pouvait l'intéresser.

Mais la séance, si elle avait été fatigante, avait également été satisfaisante. Depuis son serment d'allégeance à son nouveau maître, Snape devait reconnaître qu'il avait passé plus de temps qu'il n'était souhaitable à broyer du noir et à se complaire dans un auto-apitoiement qu'il ne se connaissait pas. Tyranniser des élèves, insulter les gens, réduire des égos à néant… tout cela lui avait manqué plus qu'il ne l'aurait imaginé.

Mais voilà que Lupin était de retour, et qu'il semblait parfaitement disposé à jouer le rôle de la victime. De toute évidence la culpabilité le taraudait, et Snape comptait bien mettre cette faiblesse a profit… et après tout, si les images qu'il avait fait parvenir à l'ancien professeur étaient parfois sorties du cadre strict de ce qui lui était demandé, était-ce vraiment de sa faute ? Il n'avait fait que s'appuyer sur les souhaits inavoués du sorcier. Comme son désir d'en savoir plus sur ce jour où il avait failli tuer son camarade, des années plus tôt… ou encore toutes ces fois où Lucius l'avait corrigé pour s'être défendu quand les Maraudeurs, des sorciers libres, s'en étaient pris à lui.

Vraiment, pouvait-on lui en vouloir ? Potter serait sûrement de cet avis, mais il doutait que Lupin en souffle mot. A en voir son visage livide, il était plus proche de l'évanouissement que du scandale.

« Tout va bien ? » demanda l'adolescent en lui jetant un regard soupçonneux.

« Parfaitement, » croassa Lupin d'un ton très peu crédible. « J'ignore si ces informations pourront être utiles, mais j'en ferai part dès ce soir aux autres membres de l'Ordre. »

« Bon, » fit Harry, « On peut peut-être manger, dans ce cas ? »

« Bien entendu. J'ai une faim de loup, » fit Rémus avec un pâle sourire.

A ses côtés, Snape grimaça et fit un pas en arrière.

« Si vous n'avez plus besoin de moi, je vais retourner au sous-sol. »

« Reste-donc manger avec nous, » fit aussitôt Rémus.

L'esclave jeta un regard à son maître qui soupira.

« Très bien, allez mettre la table. »

« Autant s'y mettre tous, ça ira plus vite, » décida Ron dont l'estomac ne souffrait aucun retard.

Les trois adolescents se dirigèrent vers la cuisine en riant sous le regard de leurs aînés. Quand Snape fit un pas pour les suivre, toutefois, Rémus le retint par le bras.

« Est-ce que tout va bien ? »

Severus se contenta de hausser les épaules avant de se diriger vers la cuisine, laissant le loup-garou frustré.

La table fut rapidement installée et le repas servi, et la conversation reprit, toute légèreté envolée.

« Harry, nous devons reparler de ta cicatrice. Quand as-tu senti pour la dernière fois une connexion avec Tu-Sais-Qui ? »

« Avant mon anniversaire, je crois. La journée d'avant, en fait, je me souviens d'avoir eu mal à la tête et d'avoir vu quelques images, mais rien de plus. Depuis, plus rien, ou presque. Elle fait juste un peu mal, c'est tout. »

« Ton anniversaire, hum ? » fit Rémus, songeur. « Severus ? As-tu senti une différence ? »

« Concernant la Marque, oui, évidemment, » répondit celui-ci. « Le Seigneur des Ténèbres n'a plus autant de pouvoirs sur elle, mais je peux toujours sentir ses effets. »

« De manière constante ? »

« Non, c'est en fonction des humeurs du Seigneur des… de Voldemort. »

« Hum, » fit Rémus, songeur. « Réagissait-elle de la même façon avant ? Je veux dire, quand tu étais chez James ? »

« C'est difficile à dire, » répondit Snape. « Voldemort n'était probablement pas aussi puissant à l'époque. Je ne me souviens pas qu'elle ait eu autant de… sautes d'humeur il y a quinze ans, mais ma mémoire peut me trahir. »

« Tente-t-il de t'appeler ? »

« Oui. »

Les trois adolescents sursautèrent.

« Pourquoi ne courez-vous pas le rejoindre, dans ce cas ? » fit sèchement Harry.

Snape ne répondit pas, mais Rémus lui jeta un regard assassin.

« Nous nous passerons de ce genre de commentaire, Harry. »

Le jeune homme eut la grâce de rougir.

« Professeur, » intervint Hermione, avez-vous un moyen d'en atténuer les effets ? »

« Oui, miss Granger, une potion suffit à l'anesthésier de manière suffisante. »

« Et peut-être cela cessera-t-il bientôt. Il est probable que Voldemort teste les limites du sort d'esclavage sur celui de la Marque, » fit remarquer Rémus.

« C'est possible, en effet, » acquiesça Snape. « Il semblait assez confiant il y a quelques jours. »

« Et vous, vous en pensiez quoi ? » demanda Harry.

« Je savais que la Marque n'aurait aucun pouvoir concret. Le sort d'esclavage surpasse tout, puisqu'il est entièrement lié à mon être et ma magie. »

« Et à la mienne, » ajouta le garçon. Rémus et Hermione le regardèrent de travers et il s'empressa de poursuivre : « N'est-il pas possible que les trois soient liés, d'une façon ou d'une autre ? La Marque, ma cicatrice, Voldemort… »

« Et Severus au milieu, » murmura Rémus. « J'avoue ne pas avoir réfléchi à cela. »

« Qu'en pensez-vous, professeur ? » demanda Hermione.

« Je crains de ne pas avoir les moyens de vérifier cette théorie, » fit Snape qui semblait troublé malgré tout.

« Mais si c'était vrai, peut-être que Snape fait des interférences, comme pour une radio, » continua Harry. « Est-ce que vous avez eu des visions, quelque chose, récemment ? »

« Rien en dehors de maux de têtes, » répondit le professeur.

« Je ne parierais pas forcément sur Voldemort pour ceux-là, » ricana Ron.

« Je n'ai pas vu de différence quand vous étiez parti, mais ça ne veut pas dire grand-chose, » réfléchit Harry.

« Si c'est exact, c'est plutôt une bonne nouvelle, » fit Hermione.

« Non, vraiment pas ! » s'exclama le jeune homme. « Vous n'êtes vraiment qu'une pure nuisance quoique vous fassiez ! Même quand vous ne faites rien, vous êtes un… »

Avant qu'il ait pu finir sa phrase, Rémus l'avait empoigné par la chemise et plaqué contre le mur avec une force surprenante.

« Tais-toi immédiatement, Harry. Plus un mot. »

Puis, sans le lâcher, il l'entraina dans la couloir, fermant la porte après eux.

« Comment peux-tu ! » fit-il dans un souffle, son regard à la fois surpris et déçu fouillant celui du garçon.

« Arrête avec l'hypocrisie, veux-tu ? » fit Harry en tentant de se dégager d'un mouvement d'épaule, visiblement mal à l'aise. « Qu'est-ce que tu as, tout à coup, une crise de conscience ? C'est Snape, bon sang ! »

« Comment peux-tu, » répéta Rémus d'une voix blanche. « Qu'est-ce que Lily penserait si elle te voyait te conduire ainsi envers l'homme qu'elle a tout fait pour sauver ? »

« C'est à cause de lui qu'elle est morte, alors je ne pense vraiment pas qu'elle y verrait d'inconvénient ! »

« C'est Voldemort qui a tué tes parents, Harry ! Voldemort, et personne d'autre ! Tu peux en vouloir à Peter si tu le souhaites, à Sirius et à moi de ne pas avoir pris les bonnes décisions, mais tu ne peux pas en vouloir à un malheureux esclave qui ne fait que ce qu'on lui ordonne ! »

« Est-ce que tout va bien, maître ? » demanda une voix derrière eux.

Rémus sursauta mais relâcha légèrement son emprise sur Harry qui se trémoussa inconfortablement.

« Ca va. Ca ne vous regarde pas, » grogna-t-il.

« Je vous demanderai cependant d'ôter vos mains de mon maître, » fit Snape d'une voix polie mais sèche. « Je ne peux accepter qu'il soit malmené en ma présence. »

« Je vois, » fit Rémus en faisant un pas en arrière. « Ce n'est pas ce que tu crois… »

« Et mêlez-vous un peu de vos affaires, » lança Harry en direction de Snape. « Je ne vous ai rien demandé ! »

« Harry ! » rugit le loup-garou. « Cette attitude est indigne de toi et de ta famille ! James mourait de honte s'il pouvait te voir ! »

« Vous seriez surpris, » ricana Snape derrière lui.

« Fichez le camp, » siffla Harry. « Retournez à vos potions. Je n'ai pas besoin de vous. »

Inclinant légèrement le buste, l'esclave tourna les talons et laissa les deux hommes en tête à tête.

« Je crois que vous devriez rentrer aussi, » fit Harry. « Ce n'était pas une si bonne idée que ça, après tout. »

« Harry, tout cela n'est pas naturel, ce n'est pas toi, » dit Rémus en secouant la tête, l'air visiblement inquiet. « Il faut que tu me laisses te tester… »

« Non, » répondit le garçon. « Tu ne veux pas comprendre, c'est tout le problème. Il est foncièrement mauvais, et il profite de toutes les excuses pour vous apitoyer, et vous, vous marchez dans son jeu comme si vous n'aviez pas la moindre idée de qui il est ! »

« C'est ridicule, tu ne réalises pas ce que tu dis, » fit Rémus. « Ce n'est pas normal. Quelque chose ne va pas. »

« Je croyais que toi au moins, tu aurais compris, » fit Harry, déçu. « Mieux vaut que tu partes, Rémus. Ta place n'est pas ici, je n'aurais pas du te demander de venir. »

« Harry, tout cela est très sérieux, si tu voulais seulement bien me laisser… »

« C'est inutile. C'est toi qui ne comprend pas. Je sais parfaitement ce qu'il se passe dans ma tête, et crois moi, ce n'est pas moi ici qui suis déraisonnable… »

« Ron et Hermione ne sont pas d'accord avec toi, » fit remarquer Rémus. « Trois personnes qui te connaissent et connaissent le professeur Snape désapprouvent ta façon de voir les choses. Ne veux tu pas nous écouter ? »

« Honnêtement ? non. »

« Peut-être Voldemort a-t-il bien accès à ton esprit, après tout… »

A ces mots, Harry vit rouge.

« Tu penses que je ne vaux pas mieux que lui, c'est ça ? »

« Non, mais je pense qu'il parvient peut-être à te manipuler, ce qui expliquerait… »

« Ca suffit. Va-t-en, Rémus. Ne reviens pas. Tu n'es pas le bienvenu ici. Va t'occuper de Tonks, de l'Ordre, du reste… je ne veux plus te voir ici, » fit le garçon d'une voix sèche.

« Harry ! »

« Partez. Maintenant. »

« Je vais dire aurevoir à Severus, » fit le professeur à contrecœur. « Mais je persiste à dire que tout cela n'est pas toi, Harry. »

Tournant le dos, le jeune homme se dirigea vers l'escalier.

« Je veux que vous soyez parti quand je redescendrai. »

Les épaules tombantes et la mine défaite, Rémus hocha la tête et pénétra à nouveau dans le salon.

Les deux adolescents avaient visiblement espionné la conversation et le regardèrent entrer d'un air atterré, aux côtés de Snape, les bras croisés, qui le fixait d'un air impassible. Ou peut-être légèrement victorieux, songea Rémus.

« Je dois partir, » fit-il avec un pauvre sourire.

« Professeur, je ne sais vraiment pas ce qu'il se passe, » dit Hermione d'une voix tremblante. « Pensez-vous vraiment ce que vous avez dit ? »

« Je… » en désespoir de cause, Rémus se tourna vers Snape. « Qu'en penses-tu ? »

« Je pense que vous avez mis longtemps à voir le vrai visage d'Harry Potter, mais je ne suis guère étonné. Je ne vois pas la main de Voldemort là-dedans. »

Lupin passa une main sur son visage, l'air plus fatigué que jamais.

« S'il te plait, Severus, tu dois le surveiller… au moindre détail suspect, il faut que l'Ordre soit averti ! Si Harry est vraiment, comme je le soupçonne, sous l'influence de Voldemort, alors nous devrons prendre des mesures drastiques. Tout sera différent. »

« Je refuse, » fit platement Snape.

« C'est dans son propre intérêt ! Et dans le tien, » fit remarquer Rémus.

« Quand bien même. Je ne suis pas en mesure de trahir mon maître, ni de l'espionner. »

« Je n'avais pas pensé à cela, » murmura le loup-garou.

« Nous ferons de notre mieux, professeur, » le rassura Hermione. « Je suis d'accord avec vous, son comportement n'est pas normal. Harry n'est pas comme cela, il est compatissant et… ce n'est tout simplement pas lui. »

Snape eut le plus grand mal à se retenir de ricaner. James Potter ou son fils, quelle différence ? Pourquoi était-il le seul à les voir pour ce qu'ils étaient ? Les sorciers étaient vraiment trop stupides. Avoir été élevé par les elfes de maison lui avait donné une perspective sur la nature humaine dont manquaient cruellement la plupart des gens, songea-t-il.

« Si vous voulez bien m'excusez, » lâcha-t-il enfin. Potter lui avait demandé de s'occuper des potions, après tout. Un ordre on ne pouvait plus bienvenu, et qui lui permettait de s'isoler enfin de l'exaspérant Lupin dont la pitié dégoulinante lui donnait la nausée. Choquer le loup-garou avait été amusant, mais même les meilleures choses devaient être appréciées avec modération, pensa-t-il en s'éloignant.

« Severus, je reviendrai, » fit Rémus derrière lui. Le ton vibrant d'émotion et de promesse lui fit lever les yeux au ciel.

« Voyez cela avec mon maître, je n'ai pas l'impression qu'il soit disposé à vous recevoir pour l'instant. »

Et sans attendre de réplique, il ferma la porte derrière lui, sentant les regards plein de commisération le poursuivre à travers le panneau de bois.

Mais il devait reconnaitre que son agacement n'était du qu'à moitié à Lupin. L'autre moitié était une inquiétude sourde qui lui hérissant les poils de la nuque et semblait gratter avec obstination à l'intérieur de sa poitrine, parfaitement irritante.

Et si Lupin avait raison ? Si Potter était manipulé par le Seigneur des Ténèbres ? Appartenir au fils insupportable de son ancien ennemi était déjà suffisamment pénible en soi, mais s'il devait en même temps supporter un mort-vivant psychopathe ? Et si le gamin commençait à lui donner des ordres contradictoires, lesquels devrait-il suivre ? Quoique puisse en penser le gamin, torturer et tuer n'était pas son activité favorite. Il savait trop bien par expérience ce que ces sorts provoquaient sur leurs victimes pour ne pas sentir un minimum d'empathie avec elles.

Par Merlin, il avait été élevé et dressé pour être Maître des Potions, ses maîtres ne pouvaient-ils pas comprendre cela ? Il grogna en allumant le feu sous un chaudron. Ses précieux chaudrons, ses précieuses potions… concentré sur son travail, absorbé par les opérations savantes et précises que requéraient les préparations, il pouvait oublier tout le reste. Il était né pour cela. Personne n'aurait jamais du avoir à lui demander autre chose que des potions, des potions, et quelques éventuels charmes pour varier les plaisirs. La guerre aurait dû lui être indifférente et l'espionnage totalement inconnu. La vie d'esclave avait ses défauts certains, mais elle aurait dû avoir cette qualité…

Aurait dû. Inutile de s'étendre sur la question, les choses étaient ce qu'elles étaient… le bruit de la porte qu'on ouvrait le fit tressaillir, et il se félicita de ne pas avoir commencé de potion. Potter. Encore.

« Il est parti, » l'informa le jeune homme visiblement mal à l'aise. Snape en déduisit qu'il s'agissait de Lupin et hocha la tête. « Inutile de vous dire que je ne veux pas que vous lui communiquiez des informations sans me le demander avant ? »

« Inutile, en effet, » confirma Snape. « Mais il serait peut être judicieux que vous précisiez qu'en cas d'extrême nécessité, je sois autorisé à le faire. »

« Oh. Oui, bien sûr. Je voulais dire, rien qui… enfin, par rapport à ce qu'il a dit. Voldemort. »

« Je vois. »

« Vous… vous pensez qu'il a raison ? » demanda Harry, un brin d'agressivité dans la voix.

« Non, » répondit simplement Severus.

Le garçon resta à le fixer pendant un instant, semblant chercher à décider s'il devait se sentir soulagé ou insulté.

« Peu importe, ce n'est pas comme si votre avis avec une importance. »

« En effet. Désirez-vous quelque chose ? » demanda le maître des potions, sentant l'impatience le gagner.

A nouveau, le gamin sembla hésiter, fouillant le laboratoire du regard.

« Oui. Ce que vous avez fait hier, pour me montrer des souvenirs… mes parents… je veux le refaire à nouveau. »

« Je vois, » fit Snape. « Quelque chose en particulier ? »

« Mes parents, pas vous, » répondit le garçon d'un air borné.

« M. Potter, » fit Snape d'un ton las, « vous réalisez que, du fait que ces souvenirs sont les miens, je serai forcément présent dedans ? »

A en voir son expression, le gamin n'y avait pas pensé. Il fit appel à toute sa volonté pour se retenir de se pincer l'arrête du nez.

« Vous avez dit que je pouvais contrôler vos pensées.. je veux dire, la légilimancie, tout ça, » fit le garçon. « Comment ? »

« Théoriquement, c'est assez simple si vous savez précisément ce que vous voulez voir. Mais dans la mesure où vous souhaitez simplement voir des souvenirs de vos parents, je présume que les images que vous verrez seront inspirées par votre état d'esprit. »

« Hum. Très bien. Faisons ça. Vous, heu… maintenant, si ça ne vous ennuie pas. »

Comme s'il avait le choix, songea Snape. Mais la demande était polie, et cela était surprenant en soi.

« Bien entendu, maître. Vous préférerez peut-être vous asseoir. »

De toute évidence, le gamin était nerveux, constata-t-il en s'asseyant face à lui. Ce qui était somme toute logique. Plonger dans les souvenirs de ses parents décédés avait de quoi bouleverser n'importe quel adolescent.

Harry fixa son regard hésitant au sien, et l'instant suivant, sa mémoire s'ouvrit comme un vieil album photo. Sans chercher à s'y opposer ni à les contrôler, Snape laissa les souvenirs défiler.

« Il fait trop beau pour travailler, » soupirait Lily en jetant un regard envieux par la fenêtre. « Si on finissait plus tard ? On pourrait aller se promener au bord du lac et s'occuper de tout ça ce soir, » fit elle en désignant des parchemins étalés sur la table.

Snape leva son nez de celui qu'il s'escrimait à remplir de son écriture serrée.

« Si on veut finir ce projet pour lundi, il n'y a pas une minute à perdre. »

« Mais il fait tellement beau, » geignit la jeune fille. « Sev, ne fais pas le rabat-joie ! Regarde un peu ce soleil ! On a passé tout l'hivers dans le brouillard, je veux en profiter ! »

Snape jeta un coup d'œil peu enthousiaste par la fenêtre.

« Je suppose qu'une courte pause ne nous ferait pas de mal, » fit il enfin.

« Exactement ! » s'exclama Lily en bondissant de sa chaise et en le tirant par la main. « Allez, viens, dépêche toi, il faut courir avant que les nuages ne reviennent ! Vite, vite, vite ! »

Et elle partit en courant, son rire emplissant la pièce. Derrière elle, le garçon aux cheveux bruns secoua la tête, résigné, avant de partir à sa poursuite, un fin sourire aux lèvres.

Le lac était effectivement magnifique sous le soleil de printemps, et Lily ne cessait de rire tout en dansant et courant entre les arbres.

« Il fait beau ! C'est le printemps ! Les feuilles, les fleurs, les oiseaux, c'est le printemps ! »

Snape laissa échapper ce qui, avec beaucoup d'imagination, aurait pu ressembler à un début de rire.

« Sev, tu n'es pas drôle, tu devrais être excité, c'est le printemps ! »

« J'avais crû comprendre, » répondit-il, la voix chargée de sarcasme.

« Fais un effort, souris ! Tu ne souris jamais ! » protesta Lily.

« C'est faux, c'est juste que je ne passe pas mon temps à afficher un optimisme béat. »

« Tu parles d'un euphémisme, » fit Lily en levant les yeux au ciel. Bondissant vers Snape, elle lui pinça les joues et tenta de forcer ses lèvres à sourire. « Là, comme ça, cheeeese ! »

Severus se dégagea et lui jeta un regard faussement sévère.

« Un peu de dignité. »

« Tu en as assez pour deux ! Et tu ne ris jamais non plus ! »

« C'est juste que je n'ai pas appris, » fit Snape en haussant les épaules.

« Eh bien, je vais t'apprendre ! »

Et Lily repartit en cabrioles autour du lac, pour le plus grand plaisir évident de Severus.

La vision s'accéléra, et l'instant d'après, les deux adolescents étaient à nouveau dans leur pièce de travail, et la nuit était tombée.

« On n'y arrivera jamais, » gémit Lily en étouffant mal un bâillement. « On n'aura jamais le temps, Slughorn va être furieux ! »

« On a encore le reste de la nuit, » fit Snape sans lever les yeux de son parchemin. « Ca devrait aller. »

« Mais je suis trop fatiguée, j'ai les yeux qui se ferment tous seuls… »

Severus se décida enfin à quitter son devoir du regard pour observer sa partenaire qui se massait les tempes.

« Dors un peu, » suggéra-t-il. « Ca ira mieux après. »

« Non, on n'a pas le temps, » protesta Lily. « Il faut finir ce fichu projet. »

« Juste dix minutes, tu te sentiras mieux. »

« Tu crois ? » demanda la jeune fille, peu convaincue mais que le sommeil tentait visiblement.

D'un mouvement de baguette, Snape transforma un fauteuil en confortable banquette lit.

« Bien-sûr. Repose toi un peu, je te réveillerai. »

« Dans dix minutes, d'accord ? Il n'est pas question que tu finisses tout seul ! »

« Je n'en ai pas la moindre intention, » répliqua Snape. « Ne me prends pas pour un Gryffondor. »

Lily grogna et lui adressa un geste grossier, mais elle ne se fit pas prier plus longtemps et s'étendit sur le lit, s'endormant aussitôt avec un soupir de satisfaction.

Et elle avait eu tort, constata Harry, Snape savait sourire. Un peu. A peine, mais avec beaucoup de tendresse, en réalité, tandis qu'il regardait la jeune fille dormir.

L'adolescent secoua la tête et se replongea dans son devoir, prenant avec lui les notes de Lily. De toute évidence, il n'avait aucune intention de la réveiller, songea Harry.

Ils semblaient vraiment bien s'entendre… mais apparemment, Lily n'avait pas encore appris la véritable situation de Snape à l'époque. Qu'avait-il bien pu se passer quand…

Aussitôt, la vision se brouilla et une autre scène prit place.

Un grand sorcier blond trainait Snape par le col, s'arrêtant devant une porte qu'Harry reconnut aussitôt : la salle sur demande ! La porte s'ouvrit et Snape fût projeté au sol, sans qu'il fasse un geste pour se relever. Le sorcier blond chassa les cheveux de son visage, et Harry le reconnut aussitôt malgré les années en moins : Lucius Malfoy. Le visage tordu de colère froide, pointant une baguette menaçante sur son esclave.

« Il a fallut que tu te fasses remarquer, » siffla-t-il. « Une fois de plus. Au risque d'éventer ta couverture. »

« Je regrette, maître, je ne voulais pas… »

« Silence ! »

Harry n'avait jamais vu ce regard terrifié dans les yeux de Snape, et le fait que cette version du professeur ne soit pas plus âgée que lui ne faisait rien pour arranger les choses. Il réprima un frisson.

« Je ne supporterai plus ta désobéissance, » siffla Malfoy entre ses dents. « Je ne sais pas ce qui me retient de te supprimer immédiatement… »

Tête baissée, Snape ne répondit rien, mais Harry vit que ses épaules tremblaient légèrement.

« Tâche de me donner de bonnes raisons de ne pas te proposer comme cible d'entrainement à la prochaine réunion, » continua Lucius. « Crucio ! »

Harry tressaillit, ne connaissant que trop bien les effets de ce sort. Snape devait les connaître aussi, constata-t-il, car il accusa le choc en serrant les dents, ne laissant échapper qu'un sifflement douloureux.

« Sectumsempra. »

Ce sort aussi lui était familier, et le revoir en action donna la nausée à Harry. Mais alors que Lucius se préparait à lancer un nouveau sort, la porte s'ouvrit à la volée et une jeune sorcière pénétra dans la pièce en trombe.

« désolée, je suis en ret… »

Sous le choc de la scène qui s'étalait devant ses yeux, Lily s'interrompit, bouchée bée. Elle ne fût toutefois pas longue à reprendre ses esprits : dégainant sa baguette, elle lança un sort à mi-voix en direction de Malfoy qui le contra avec un froncement de sourcil.

« Il suffit, Miss Evans. Rangez votre baguette. »

« Comment osez-vous ! » s'insurgea la jeune fille. « Un ancien préfet ! Dumbledore va vous le faire payer cher ! Eloignez-vous de lui, immédiatement ! »

Lucius rit tout bas, affichant un petit sourire carnassier et supérieur.

« Le directeur est parfaitement au courant de ma visite. Je sors de son bureau, en réalité. Sortez immédiatement, Miss Evans, avant de vous enfoncer dans une affaire qui ne vous attirera que des ennuis. »

« Plutôt mourir ! Sev, par ici, vite ! » cria-t-elle.

Snape détourna le regard sans bouger d'un millimètre, à genoux face à son maître. Il ne semblait même pas se préoccuper du sang qui détrempait ses robes, constata Harry, la vue de Lily l'avait plongé dans une transe qui de toute évidence n'avait rien d'agréable. En réalité, on aurait pu croire que son monde venait de s'écrouler. Ce qui était plus ou moins le cas, après tout… Lily au courant, sa couverture d'élève normal tombait, et il craignait de la perdre, avec tout ce qui faisait sa vie à Poudlard.

Visiblement satisfait, Lucius observait la scène d'un regard avide.

« Eh bien, Miss Evans, auriez-vous un problème ? »

« Oui, vous, espèce de monstre ! » s'écria Lily. « Qu'est-ce que vous lui avez fait ? C'est Imperio, c'est ça ? Vous irez en prison, à vie, si vous n'avez pas le droit aux Détraqueurs ! C'est tout ce que vous méritez pour l'ensemble de votre œuvre, espèce de dégénéré !»

Une lueur d'agacement traversa le regard de Lucius qui leva à nouveau sa baguette.

« Lily, va-t-en, s'il te plait, » fit une voix à peine audible à leurs côtés.

La jeune fille lui lança un regard à la fois horrifié et surpris, mais la réponse de Lucius fut plus prompte.

« Personne ne t'a donné la parole, esclave ! »

L'instant d'après, un sort vola dans sa direction et Snape tomba à nouveau au sol, haletant.

« Sev ! Non ! Expe… »

« Expelliarmus ! »

L'expérience jouait en la faveur de Lucius, et la baguette de Lily vola à l'autre bout de la pièce. La jeune fille jeta un regard perdu à son camarade, qui n'avait pas fait un geste pour la défendre.

« Qu'est ce qui a échappé à votre compréhension, Miss Evans ? » fit Lucius d'une voix sèche. « Cet esclave m'appartient, et j'ai tous les droits de le traiter comme il me convient. A présent, je vous conseille de sortir d'ici avant que je ne sois obligé de porter plainte contre vous pour agression. »

« Agression ? » répéta Lily, stupéfaite. « Après ce que vous lui avez fait ? Et vous prétendez qu'il est votre esclave ? Dans quel monde vivez vous ! L'esclavage a été aboli depuis longtemps, vous n'êtes qu'un immonde pervers ! »

« Evidemment, qu'attendre d'autre d'une Sang de Bourbe, » fit Lucius d'un air écœuré. « L'esclavage est toujours légal chez les sorciers, stupide gamine, et celui-ci appartient à ma famille depuis sa naissance. Qu'il soit éduqué à Poudlard ne change rien à ce fait, même si nous avons souhaité gardé sa condition discrète. »

« Severus, dis quelque chose ! » s'écria Lily.

« Oui, Snape » fit Lucius d'une voix trainante « , rappelle-nous donc à qui tu appartiens… »

Prenant une inspiration douloureuse, le jeune homme répondit :

« A vous, maître. »

Lily laissa échapper un cri de surprise.

« Ce… c'est faux ! »

« Montre-lui, » continua Lucius d'un ton sec.

Lentement, Snape défit les boutons de son haut col pour révéler une bande de cuir qui encerclait son cou.

Lily du cette fois s'adosser au mur, ses jambes refusant de la supporter.

« Vous êtes bien entendu libre de demander confirmation au directeur qui se fera un plaisir de vous instruire sur la civilisation sorcière et ses usages, » fit Lucius d'un ton méprisant. « Je présume qu'il est inutile de vous demander de garder ces informations pour vous… »

« Certainement pas ! » fit Lily d'une voix qui se voulait ferme, incapable de détacher son regard de Snape. « Tout le monde doit savoir, c'est inacceptable, il faut empêcher cela ! »

« Et peu importe que cela nuise à votre précieux ami. »

« Lui nuire ? au contraire, il… »

« Sera sévèrement puni pour avoir été découvert, » interrompit Lucius. « La petite correction d'aujourd'hui lui fera l'effet d'une douce caresse en comparaison, croyez-moi. Sans compter le fait que tous les Sang Purs de l'école ne se priveront pas pour l'utiliser à leur façon. »

« Vous… vous êtes un monstre, » souffla Lily, blanche, et qui semblait sur le point de défaillir. Elle jeta un regard hésitant à Snape dont le sang continuait de se répandre sur le plancher avant d'ajouter : « vous avez gagné, je ne dirai rien. Mais laissez-le… s'il vous plait. »

« Voilà qui est mieux, » fit Lucius avec un sourire. « Maintenant que ce petit malentendu est réglé, je pense que vous trouverez plus agréable de travailler dans la bibliothèque. Mon esclave vous y rejoindra plus tard, soyez-en assurée. »

La lèvre tremblante, Lily regarda alternativement Lucius et Severus pendant une minute avant de finalement faire un pas en arrière. Puis, sans ajouter un mot, elle s'enfuit en courant, laissant un Lucius hilare et un Snape visiblement effondré.

La vision s'accéléra à nouveau, pour montrer une Lily assise sous un saule, au bord du lac, essuyant des larmes sur sa joue et tentant de se trouver une contenance tandis que Severus se dirigeait vers elle, boitant légèrement.

Elle se leva, hésitant visiblement sur les mots à choisir alors que Snape se tenait face à elle, le regard plus hésitant que jamais. Puis, abandonnant les mots, elle se jeta dans ses bras en réprimant un sanglot.

« Je suis désolé, » murmura le jeune homme.

« Comment peux-tu ! » s'écria Lily. Snape baissa le regard, honteux. « Non, non, ce n'est pas… Sev ! C'est moi qui suis désolée, je… je ne sais pas quoi dire, c'est tellement incroyable… est-ce que c'est vrai, alors ? »

Snape hésita un instant avant de finalement hocher la tête. Lily sembla s'effondrer sur elle-même et dût s'asseoir dans l'herbe, l'entrainant à sa suite.

« Raconte-moi, » murmura-t-elle.

Mais Harry ne voulait pas savoir ce que Snape avait raconté à sa mère. Snape… on pouvait compter sur lui pour se donner le beau rôle et tout dramatiser… même si Lucius était un maître horrible, ses parents avaient sûrement été différents par la suite, et même avant, il avait sûrement eu ses bons moments lui aussi.

A nouveau, une vision se forma sous ses yeux.

Snape était un peu plus âgé, constata-t-il, et mieux habillé, également. Avec un rapide coup d'œil derrière son épaule, il tourna dans une ruelle et se retrouva dans ce qui semblait être un bout de jardin à l'abandon.

« Pas trop tôt, » fit un voix dans l'ombre.

« Potter ne voulait pas me quitter des yeux, j'ai eu un mal fou à le convaincre qu'il n'avait pas besoin de moi pour aller voir le magasin de Quidditch. J'ai un quart d'heure tout au plus, » grogna Snape.

Puis, sans plus de formalité, il se laissa tomber le long du mur, côte à côte avec son interlocuteur qui lui tendit une canette.

« Mes dernières réserves de Fogg, rien que pour toi, petit veinard. »

« Dernières ? Je sais que ton maître passe son temps fourré chez Kouroff, » ricana Snape. « Je suis sûr que Sergei t'en donne des caisses. »

« Sergei est un fichu égoïste qui me fait payer cher le privilège de sa fichue mixture, » grogna l'autre esclave. « Si ce n'était pas la seule boisson un peu amusante que ce maudit sort d'esclavage nous autorise à boire, il pourrait bien aller au diable. Mais comme il a promis d'en apporter de quoi régaler toute notre petite société au Solstice d'été, je supporte sa compagnie. Bien qu'en dehors de ses talents de cuisinier, j'ai rarement vu un esclave aussi mal éduqué. »

Puis, levant sa canette, il l'entrechoqua avec celle de Snape.

« Fogg Off, » lancèrent-ils en même temps. Et avec une satisfaction évidente, Snape prit une rasade de la composition douteuse.

« Le Solstice, » gémit Snape, « quand je pense que je vais rater ça… la seule chose un peu intéressante de l'année. »

« Hum, » fit son voisin. « Je suppose qu'il ne faut pas compter sur ton nouveau maître pour t'y emmener. »

« Potter ? Ca se pourrait bien, oui… pour liquider toute l'assemblée. Quant à faire la fête avec les autres mangemorts et me laisser paisiblement m'amuser avec leurs esclaves, je crois qu'il préfèrerait encore m'abattre. »

« Quelle manque de fantaisie, » fit l'autre esclave. « Mais tant pis, je suppose que je vais devoir m'occuper de la petite Ladie à ta place… elle sera certainement inconsolable de ton absence. »

« Ladie, » grogna Snape, « la seule personne un tant soit peu éduquée en potions dans cette assemblée de paysans… et je suppose que je peux dire adieu à la Fogg pour un moment aussi. La vie est vraiment particulièrement injuste, mmm ? »

« Oui, surtout quand on appartient à un anti-esclavagiste, » fit l'autre en riant. « La vie doit être particulièrement difficile ! »

Snape eut un petit sourire en coin.

« Terriblement. Je suis obligé de porter les courses, de faire le ménage et de m'occuper du bébé en plus des potions. Je ne sais pas comment je fais pour survivre. »

« Et trois repas par jours et un lit douillet, hein ? »

« Hum. Et bien sûr, repos le dimanche, » poursuivit Snape d'un air assez satisfait.

« Et je suis sûr qu'il te torture à chaque occasion… »

Toujours souriant, Snape haussa les épaules.

« Je crois que je survivrai. »

« Espèce d'enfoiré, » fit son voisin en éclatant de rire. « Je n'arrive pas à croire que ce soit à toi que ça arrive. J'ai toujours pensé que tu étais le type le plus malchanceux au monde d'être tombé sur Malfoy, mais au final… ah, mais tu vas rater le rassemblement du Solstice. Pauvre de toi. »

Snape grogna en finissant sa canette.

« Eh bien, je suppose qu'il me reste un mois pour convaincre Potter de rejoindre les mangemorts. »

Son compagnon éclata de rire, et Snape lui-même eut un petit rire muet qui était plus qu'Harry ne l'avait jamais vu émettre.

Snape, détendu et amical, discutant avec un ami autour d'une canette et… plaisantant. Riant. La vision avait quelque chose de totalement surréaliste. Mais après tout, celle du professeur le berçant l'avait été tout autant… mais ce n'était pas cela qui l'intéressait. Il voulait voir son père. Qu'est-ce que son père avait pu penser de tout cela ? Et à nouveau, les images défilèrent.

« Parce que tu t'imagines que je vais te laisser la moindre petite chance de retourner vers ton maître ? » sifflait un James Potter furieux au visage de Snape.

« Il n'est pas mon maître ! Vous l'êtes ! »

« Et tu ferai bien de t'en rappeler, minable. Ne crois pas que je ne sais pas ce que tu complotes avec tes petits camarades. A partir de maintenant je ne te laisserai plus un instant de répit. »

« Vous m'avez suivi ! » s'écria Snape, une lueur de crainte et de colère dans le regard.

« Et alors ? Ose me dire que je n'en avais pas le droit. J'ai tous les droits, Servilius, en ce qui te concerne. Tu as l'air de l'oublier un peu vite… »

« Non, je… ce n'est simplement pas ce que vous croyez. Nous discutions juste d'une fête qui a lieu deux foi s par an et où les esclaves sont autorisés à rester entre eux et… »

« Et à faire la fête comme de bons petits serviteurs de mangemorts, hein ? Ne t'inquiète pas, j'ai parfaitement entendu ce que tu as dit. Me convaincre de rejoindre les Mangemorts… mais maintenant que je sais ce que tu as dans le ventre, fais-moi confiance pour ne plus relâcher ta laisse d'un centimètre. »

« Ce n'est pas du tout cela, » protesta Snape, « C'était une simple plaisanterie… »

« Tu n'es qu'un sale traître et je l'ai toujours su, » cracha James. « S'il n'y avait pas Lily… »

Au loin, des cris de bébé se firent entendre et le jeune homme se tu. Snape lança un regard angoissé en direction des pleurs.

« Vas-y, » fit James entre ses dents. « Va t'occuper d'Harry. Avant que je ne décide de m'occuper de toi. »

Puis il tourna les talons, le poings crispé sur sa baguette. Sans attendre, Snape s'enfuit en direction de la chambre du bébé qui tendit ses bras vers lui à travers ses pleurs. L'esclave le prit aussitôt dans ses bras et le bébé se pelotonna contre lui, reniflant contre ses robes.

Et tandis que la version âgée de seize ans de plus d'Harry regardait le bébé qu'il avait été se laisser consoler par Snape, il constata que le professeur, lui aussi, semblait terriblement plus jeune dans cette vision. Jeune et vulnérable, alors qu'il serrait le bébé contre lui avec une force contrôlée et des mains légèrement tremblantes pour lui murmurer :

« Ne deviens jamais comme lui, Harry. S'il te plait, ne deviens jamais comme ça… »

Refusant d'en voir plus, Harry referma se propulsa hors de la mémoire de Snape.


Merci à tous les reviewers, je regrette de ne pas avoir pu répondr eà vos reviews pour le dernier chapitre, j'ai eu un petit pb avec le site! Mais elles ont été fort appréciées!

J'en profite pour faire une petite remarque qui est valables dans toutes mes histoires: je pars à l'avance avec un scénario, mais j'aime bien vous surprendre et mettre autant de suspense que possible dans mes fic; autrement dit, les apparences sont souvent trompeuses, que ce soit ici ou dans Shadow.

J'espère en tout cas que ce chapitre vous aura plu! le prochain sera surement Shadow!

a bientot!