Salut à tous! Désolée pour mon absence prolongée, j'ai eu beaucoup à faire ces dernières semaines. Pour me faire pardonner, je ne vais pas vous poster un chapitre aujourd'hui. Mais deux! Et comme d'habitude, j'espère que cela vous plaira :) Bonne lecture! -Summer
CHAPITRE 11 :
Leyna :
Emy était assise à mes côtés, bouillant d'excitation à tel point qu'elle sautillait frénétiquement sur le siège passager de la voiture. Je savais qu'elle avait hâte qu'il y ait « de la bagarre », parce que ça faisait plusieurs jours qu'elle ruminait son envie de taper sur Ultron. Pour ma part, j'avais d'autres priorités : d'abord, récupérer le caisson et empêcher Ultron de faire ce qu'il avait à faire. Ensuite… éventuellement lui taper dessus. Juste pour la forme. Entre autres parce qu'il avait fait du mal à Jarvis, et qu'il allait sincèrement le regretter. Tôt ou tard.
Je lançai un bref regard par la fenêtre de la voiture, et je vis que Steve roulait désormais à nos côtés sur sa moto, ce qui devait signifier que Clint venait de repérer Ultron.
Je me tournai vers ma sœur, et sentis malgré moi un frisson d'excitation me parcourir l'échine.
J'enclenchai le pilote automatique de la voiture, avant de baisser ma vitre et de m'asseoir sur le rebord, jambes à l'intérieur de la voiture et buste dehors, alors qu'Emy se laissait glisser sur le siège conducteur et reprenait le contrôle du véhicule.
« Steve, à toi ! », lançai-je, et l'instant d'après je sentis Steve me saisir la main pour m'aider à me stabiliser.
Non sans crainte, je m'appuyai sur le montant de la portière pour me mettre debout, et je sautai pour atterrir sur la moto, derrière lui. Comme je venais quand même de faire un des trucs les plus dingues de toute ma vie et que j'avais une légère chute de tension, je m'accrochai fermement à lui, alors que, après avoir vérifié que j'étais stablement installée, il accélérait et se mettait à slalomer entre les voitures, laissant Emy derrière nous.
Nous arrivâmes sur un pont, et je remarquai que Steve se rapprochait de plus en plus d'un énorme camion.
« Le caisson est là-dedans ? lui criai-je pour couvrir le sifflement du vent.
-C'est ce que Clint a dit…
-Et c'est ce qu'on va vérifier, compris-je. J'espère quand même que c'est pas un camion qui transporte de la crème glacée. Quoique pourquoi pas, après tout ! ».
Ce disant, alors que Steve stabilisait sa position à côté du camion, je m'appuyai sur lui pour me redresser, et, repérant une prise au niveau de la remorque, je sautai sans hésitation. Peut-être aurais-je dû hésiter un peu plus, étant donné que mon pied dérapa et que je manquai de m'écraser sur l'asphalte. Mais je repris rapidement mon équilibre, et je me tournai à demi vers Steve pour lui signifier qu'il pouvait faire ce qu'il avait à faire.
Le Captain ralentit l'allure pour prendre un embranchement qui lui permettrait de se rendre sur un pont qui passait au-dessus de celui-ci.
En attendant, je me laissai glisser le long de la remorque, et ce jusqu'à l'avant du camion, tout en veillant à rester hors de vue des gardes robotiques d'Ultron. Alors que j'approchais de la cabine du conducteur, je sentis mes yeux virer peu à peu au jaune, et lorsque je jetai un coup d'œil à mes mains je constatai avec satisfaction que mes ongles étaient en train de s'allonger en griffes.
Quelques instants plus tard, j'entendis un choc sourd m'indiquant que Steve venait de sauter sur le toit du camion. Saisissant l'occasion, car Ultron ne devait désormais plus se préoccuper que de lui, je posai un mini-explosif sur la vitre du conducteur, et je m'en écartai rapidement, attendant la déflagration qui ne tarda pas à retentir, envoyant des éclats de verre voler autour de moi, alors que je revenais à la charge.
Sans laisser aux gardes le temps de réagir ou de comprendre ce qui se passait, je passai mon bras par la vitre explosée et saisis le conducteur à la gorge, l'agrippant fermement avec mes griffes, avant de le tirer de toutes mes forces vers moi en faisant appel à la panthère pour cet ultime effort.
Le robot passa par la fenêtre, et je l'envoyai s'écraser un peu plus loin sur l'asphalte dans une pluie d'étincelles et de crissement des pneus des voitures qui tentèrent de l'éviter tant bien que mal.
Plutôt satisfaite de mon coup, je me laissai distraire un quart de seconde de trop, et l'un des collègues du garde robotique rappliqua, et ne trouva rien de mieux à faire que d'ouvrir la portière sur laquelle j'avais pris appui.
« Ah ! », m'écriai-je, peinant à retrouver mon équilibre, alors que le robot essayait en plus de ça de me faire lâcher par tous les moyens, et que (comble du malheur) mes pieds perdaient tout appui et se mettaient à se balancer au-dessus du bitume.
Je levai la tête, et remarquai avec un haut le cœur que la portière désormais ouverte empiétait sur la voie d'en face, et que les voitures se trouvant sur cette voie et arrivant de face faisaient de grandes embardées pour m'éviter. Mais il ne faudrait pas longtemps pour que quelqu'un ne réagisse pas assez vite, et ne me heurte de plein fouet.
« Steve ! criai-je dans mon micro. Steve, j'ai comme qui dirait besoin d'un petit coup de main URGENT, là !
-Désolé, Leyna, mais pour l'instant je suis comme qui dirait UN PEU dans l'incapacité de te venir en aide ! ».
Par réflexe, je fis volte-face, et je constatai avec horreur que la porte arrière de la remorque avait explosé sans que je m'en rende compte, et que Steve, désespérément accroché à elle, se trouvait traîné sur la route alors que la porte menaçait à tout instant de se détacher du reste du camion.
C'est alors que je faisais ce constat alarmant que j'entendis un grand bruit de klaxon, et je crus sincèrement que ma dernière heure était venue lorsque je compris qu'Emy était revenue au niveau du camion, et venait de se déporter sur la voie d'en face en prenant tous les risques du monde pour essayer de me récupérer.
Ni une, ni deux, je me laissai tomber sur le capot de la voiture, et roulai jusque sur le toit de celle-ci, avant de m'y accrocher et de me laisser glisser à l'intérieur par la fenêtre de la portière passager.
« Ah ! répétai-je, encore choquée d'être passée si près de la mort.
-Alors tu me convaincs de te laisser trois petites minutes, et je te retrouve à faire des galipettes sur la portière ouverte d'un camion sur une voie à double sens ?! me réprimanda ma sœur. Maintenant je te quitte plus d'une semelle, même pas la peine d'essayer de me semer, Leyna Stevens tu m'entends ?!
-Ca tombe bien parce que pour l'instant il semblerait que Steve ait besoin de notre aide ! fis-je remarquer à Emy.
-Y'a pas de pour l'instant qui tienne, je te lâche plus un point c'est tout ! appuya Emy, avant de ralentir pour se glisser derrière le camion.
Et c'est à cet instant que je me rendis compte avec effroi que Steve ne se trouvait plus à l'arrière du camion. Ni la porte à laquelle il s'était raccroché quelques instants auparavant.
« Non mais c'est pas vrai il est passé où ce con ? bredouillai-je, soudain paniquée.
-Surveille ton langage, rétorqua Emy en imitant passablement la voix de Steve. Je te jure que je l'aurais senti si je l'avais écrasé, ton Captain.
-Emy ! m'exclamai-je, outrée qu'elle puisse évoquer une telle atrocité avec autant de flegme.
-Regarde ! », s'exclama soudain ma sœur en pointant le doigt vers le haut, avant d'accélérer à nouveau, prête à se déporter à tout moment.
Je levai les yeux et constatai que Steve et Ultron étaient désormais en train de se battre sur le toit du camion. L'un ou l'autre pouvaient tomber à tout moment.
« Je te préviens que si Ultron nous tombe dessus je fais aller les essuie-glace et je l'écrase comme un moucheron, lança Emy.
-Non mais c'est pas vrai mais comment tu fais pour plaisanter dans un moment pareil ?!
-Ça vaut mieux que de faire une crise de panique en conduisant, non ? », me rétorqua ma sœur, et ceci eut le don de clore la conversation car je constatai que effectivement elle avait les mains crispées autour du volant.
Alors que j'allais lui proposer de reprendre le volant (ce qui aurait été inutile étant donné que le meilleur remède à ses crises d'angoisse, depuis qu'elle avait son permis, était justement de conduire), je l'entendis pousser un juron, et en levant de nouveau les yeux vers le toit du camion j'eus tout juste le temps de remarquer qu'Ultron venait de foncer sur Steve, et qu'ils étaient tous deux partis valser dans le décor. Non, pardon : dans un tramway.
« Bon sang mais va y'avoir des morts si ça continue ! s'exclama Emy. Faut qu'on fasse quelque-chose !
-T'as raison, confirmai-je. Rapproche-toi autant que possible de la ligne de tramway, et appuie sur le champignon !
-Je sens venir un plan qui va pas me plaire du tout », commenta Emy, avant de faire néanmoins ce que je lui demandais.
Une fois qu'elle fut si proche du tramway qu'elle le frôlait presque, et lancée à vive allure, je repassai sur le toit de la voiture, et repérai la brèche qu'avaient ouverte Ultron et Steve dans la paroi du tram. Ni une, ni deux, je fermai les yeux, et laissai mes ailes se déployer dans mon dos.
Une fois qu'Emy fut à hauteur de la brèche, je donnai une grande impulsion avec mes ailes afin de me propulser en avant, puis je les rabattis le long de mon corps alors que je passais par le trou béant pour atterrir sur mes pieds et mes mains à l'intérieur du tramway. L'instant d'après, mes ailes avaient laissé place à des griffes, des crocs, et en l'espace de quelques secondes je devins la panthère.
Steve et Ultron ne semblaient pas faire attention à moi, trop occupés qu'ils étaient à se taper l'un sur l'autre. Tant mieux. Ca allait me faciliter les choses.
Alors que Ultron donnait un coup si puissant à Steve que celui-ci glissa sur trois rangées de sièges, je m'appuyai sur mes pattes arrière, avant de prendre mon élan et de bondir sur Ultron, toutes griffes dehors.
Pris de cours, il n'eut pas le temps de m'éviter, et je lui retombai lourdement dessus, lacérant son enveloppe métallique de mes griffes dans une pluie d'étincelle.
Il poussa un cri, mais pas un cri de douleur, non : un cri de rage. L'instant d'après, je me sentis propulsée dans les airs, et je retombai sur mes pattes quelques rangées plus loin, mais ces quelques secondes suffirent à Ultron pour s'enfuir. Soit il savait qu'il ne pourrait pas nous battre à deux… soit il avait autre chose à faire, de trop important pour perdre son temps avec nous. J'optai plutôt pour la deuxième solution, et je m'apprêtais à me changer en oiseau pour le poursuivre lorsqu'une grande secousse me fit perdre l'équilibre, et je tombai face contre terre.
Alors que je me redressais, je constatai que j'étais redevenue moi-même, la panthère était partie. Je notai aussi la présence de Pietro, qui avait aidé les passagers du tramway à se mettre à l'abri des coups et des débris volants.
Je compris également pourquoi le tramway avait été aussi violemment secoué : nous venions de dérailler en pleine rue.
Effrayée, je croisai le regard de Pietro, qui le soutint, puis disparut un quart de seconde plus tard. Au moins, il allait essayer de faire en sorte que personne ne soit blessé. Mais nous… si le tramway ne s'arrêtait pas, nous étions tous condamnés.
« Tu crois que tu peux faire quelque-chose ? », demanda Steve à Wanda.
Cette dernière lui lança un regard incertain. Non mais y'avait pas de regard incertain qui tenait ! Non mais ! Elle avait fait la bourde du siècle en faisant confiance à ce robot démoniaque, maintenant il valait mieux pour elle qu'elle répare les dégâts qu'il était en train de causer… enfin il valait mieux pour nous. Techniquement. Si elle pouvait faire un truc ç'aurait été quand même vachement chouette.
Je perdis de nouveau l'équilibre, alors que le tramway ralentissait brusquement dans un grand crissement de pneus. Quelques instants plus tard, il s'immobilisa parfaitement, et Wanda, épuisée par l'effort qu'elle venait de produire, se laissa tomber à genoux, non loin de moi.
Et même si j'avais encore toutes les raisons du monde de lui en vouloir ainsi qu'à son frère, je ne pus m'empêcher de lui lancer, à bout de souffle :
« Plutôt cool, ton pouvoir ».
Elle se tourna vers moi, me lançant un regard, et je crus discerner l'ombre d'un sourire sur son visage pâle, avant qu'elle ne fronce de nouveau les sourcils d'un air soucieux, et ne bondisse sur ses pieds pour sortir du tramway et rejoindre son frère.
J'en fis de même, un peu plus prudemment parce que j'avais mal un peu partout, mais je tenais encore le choc.
Alors que Pietro et Wanda allaient s'asseoir sur un muret pour se reposer un peu, cette dernière leva les yeux vers Steve, et je lus dans son regard toute la méfiance dont un être humain pouvait être capable.
« Vous avez le caisson ? demanda-t-elle finalement.
-Stark va s'en occuper, lui répondit Steve d'un ton confiant.
-Non, certainement pas », rétorqua Wanda en secouant frénétiquement la tête.
Je fronçai les sourcils. Je ne m'étais jamais posé la question jusqu'à présent, mais… pourquoi est-ce que les jumeaux détestaient-ils autant mon père adoptif ? Car je le lisais désormais dans leurs yeux : il ne s'agissait pas simplement de méfiance. Ils le haïssaient. Purement et simplement.
« Mais il vous a fait quoi, mon père ? leur demandai-je, un peu sur la défensive.
-Crois-moi, t'as pas vraiment envie de le savoir, ricana Pietro d'un ton véhément.
-Ultron prétend vouloir sauver l'humanité, mais il veut le faire sans prêter attention aux conséquences ou au prix à payer, renchérit Wanda. A votre avis, de qui tient-il ça ? ».
Elle se tourna ensuite vers moi, et je sentis un vrai malaise s'emparer de moi. Je savais qu'elle n'y était pour rien. Elle n'était pas en train d'essayer de me sonder ou de m'influencer. Je me souvenais simplement d'un événement particulier de ma vie. Un événement qui s'était déroulé un peu plus de deux ans auparavant.
« Qu'est-ce qui vous a pris ?
-Un état d'âme, sans doute.
-Un état d'âme, tu disais ?
-Tu aurais voulu qu'on les laisse tous mourir, c'est ça ? ».
Oh oui. Même si je prétendais ne plus prêter attention à la façon dont Tony avait réagi ce jour-là, après qu'Emy et moi ayons sauvé les passagers d'une roue de fête foraine qui était en train de tomber… qui aurait pu oublier ? Pas moi, en tout cas.
Je n'avais pas oublié la réponse que Tony m'avait faite : « Ce n'est pas ce que j'ai dit ». Oh non. Mais j'avais lu dans son regard qu'il l'avait pensé. S'il avait eu à choisir entre ces dizaines de gens et nous, ses filles… il aurait fait son choix. Il les aurait tous laissé mourir sans une once d'hésitation. Parce que… parce qu'il était capable de sacrifier tout un tas de choses, tout un tas de personnes, pour sauver ce qui lui semblait être le plus important.
Le cœur tambourinant dans ma poitrine, je levai les yeux vers Steve, qui croisa mon regard, et sembla douter à son tour en y voyant le tourbillon d'émotions que je ressentais à cet instant précis.
« Emy, appelai-je soudain dans mon micro, tournant le dos aux trois autres. Emy, tu m'entends ?
-Ouais chef, tout roule tout baigne ! me répondit ma sœur dans mon oreillette.
-T'as toujours la voiture ? lui demandai-je.
-Ben oui, j'allais quand même pas abandonner titine, la pauvre.
-Je t'envoie notre position, lançai-je. Viens nous chercher aussi vite que possible.
-C'est quoi le plan ? », me demanda ma sœur.
J'hésitai un instant à lui répondre, parce que je n'avais pas envie de répondre à toutes les questions qu'elle risquait de me poser. Mais après tout… je savais qu'au fond d'elle… elle comprendrait pourquoi je doutais. Et qu'elle douterait elle aussi.
« On va aller faire un petit coucou surprise à papa », lui répondis-je.
Lourd silence. Long. Assez gênant.
« Je serai là dans cinq minutes maxi », répondit finalement ma sœur.
Je poussai un soupir de soulagement. Mais je savais que le soulagement ne serait que de courte durée. Parce que quoi que préparait Tony… ça n'augurait certainement rien de bon. D'autant plus que Steve, pendant que je parlais à Emy, avait essayé de l'appeler plusieurs fois.
Et que personne n'avait décroché.
