Ravenely: Et voilà déjà la suite ! (Pour une fois) n'hésitez pas à mettre des reviews, ça fait toujours plaisir ! :D et je remercie milles fois ceux qui en ont mis pour le précédent chapitre !
Disclaimer: Les personnages appartiennent à S. Meyer et l'histoire à BlueSea14 !
"... If it looks like I'm laughing I'm really just asking to leave
This alone, you're in time for the show...
... I've really been on a bender, and it shows..."
"The Sharpest Lives" - My Chemical Romance
Chapitre 11 – Un jour
Forks, Washington – Isabella Marie Swan
La cloche sonna – assez fort – pour le déjeuner. Je pouvais l'entendre grâce à l'esprit d'Edward. Cependant, je restais tendue sur mon siège, attendant que le dernier humain quitte le gymnase pour pouvoir respirer à nouveau. Ils avaient été tout autour de moi pour l'éducation physique.
Edward et moi avions pris nos places au premier rang cette fois, au lieu de l'arrière, contrairement aux trois derniers cours: c'était plus agréable pour moi d'être de retour ici plutôt qu'à l'arrière ou au milieu de la salle.
Les gradins avaient été remplis d'étudiants pendant toute l'heure et le professeur avait lu ses notes aussi rapidement qu'il le pouvait avant que la cloche sonne. Subtilement, touchant brièvement la main d'Edward – à une vitesse trop rapide pour l'œil humain – j'avais appris que nous allions rester assis dans la salle de gym pour le reste de la semaine.
Ça ne sera pas si mal que ça. Ils font toujours ça pour les premiers jours de cours, m'informa Edward lorsqu'il me prit la main. Je reculais depuis les gradins, ce qui lui permit de me conduire au professeur qui se tenait à la porte du vestiaire des garçons, attendant de nous parler. Et aujourd'hui on ne fait rien puisque c'est le premier jour d'école. Nous avons plus que le déjeuner et deux heures à franchir.
Je sais. Mais c'était si difficile. Je pouvais entendre tous ces cœurs battre, je voulais juste y goûter. Juste un peu. Je me dégoûtais d'avoir envie de boire ce sang alléchant. Je devais me contrôler, contrôler mes instincts. Penser à ça n'allait pas beaucoup m'aider.
Tu te débrouilles très bien jusqu'à maintenant. C'est d'autant plus remarquable que tu aies autant de contrôle, étant donné que tu évites le sang humain seulement depuis cet été, tu as déjà conscience que tu dois éviter de boire ce sang. Tu peux être fière de tes efforts. Il libéra ma main et se déplaça légèrement face à moi pour parler à l'enseignant.
Le professeur d'éducation physique parla à Edward un moment, et je restais à côté à l'observer. Après leur conversation, au cours de laquelle Edward hocha plusieurs fois la tête et semblait rassurer le professeur, l'homme fit finalement un pas de côté et m'orienta dans la direction du vestiaire des filles.
Je leur adressais un sourire à tous les deux avant de me diriger vers la porte, sachant que j'allais retrouver Edward à l'extérieur du gymnase. Dès que j'eue le dos tourné, cependant, mon sourire disparut et je me préparais à entrer dans la petite salle à côté du gymnase principal.
Edward et moi avions dû nous séparer pour entrer dans la salle de gym, parce que le professeur nous avait fait entrer directement par les portes des vestiaires au lieu de la grande principale. J'étais déjà passée dans cette pièce, et je ne l'aimais pas beaucoup. En ouvrant la porte, je me glissais à l'intérieur. Elle était vide : j'étais soulagée et mon sourire commença à réapparaitre.
Quand j'étais entrée dans la classe, les humaines avaient déjà été placées à l'intérieur de la salle. L'air était plein de vibration qui sortaient de leur lèvres. Elles riaient et bavardaient comme des poules. Seulement, elles étaient bien pires que les filles qui parlaient dans leur coin. Ces jeunes filles, de simples enfants – même si, de l'époque où je venais, elles auraient été considéré comme des adultes - agissaient comme des enfants.
Ce n'était pas trop surprenant qu'elles se considèrent comme des adultes, avec leurs robes obscènes et leur cruauté enfantine envers les autres. Je n'avais pas besoin d'entendre pour savoir comment étaient certaines filles : la façon dont elles se regroupaient, les « jolies » filles, en chuchotant derrière leurs mains… C'était irritant, pour le moins qu'on puisse dire.
Après mes deux premières heures de cours, c'était évident que ces humains savaient que j'étais différente – et pas seulement parce que je suis un vampire. Mon utilisation de la langue des signes n'avait pas été discrète quand j'avais dit à Edward que je le retrouverai à l'intérieur du gymnase, à l'extérieur des vestiaires. J'avais « signé » devant lui et devant la classe : mon handicap n'avait pas à être secret, donc je pouvais très bien le faire.
Mon histoire inventée - qui avait été dite au personnel de l'école - allait probablement se propager sur toute la ville de Forks, si les descriptions qu'Alice et Rosalie m'avaient faites de ces êtres humains étaient vrai.
Dans tous les cas, l'école pensait que j'étais une nouvelle fille adoptée dans la famille Cullen. Je venais d'une petite ville sur la côte opposée – vers le Nord, bien sûr, pour expliquer ma peau pâle. Et j'étais sourde de naissance.
C'était aussi la théorie de Carlisle : la raison pour laquelle j'étais sourde. J'étais sûrement née comme ça. Depuis ma transformation en vampire, il théorisait sur le fait que je devais être née avec une partie de l'oreille interne manquante. Après tout, le venin d'une transformation de vampire ne pouvait pas améliorer ce qui n'était même pas là.
J'étais reconnaissante qu'aucune des humaines n'aie ressentie le besoin de m'attendre après que la cloche ait sonné. Aussi bonnes que soient mes premières heures, je n'avais pas envie d'avoir à repousser la curiosité humaine et l'odeur du sang en même temps. J'avais déjà entendu assez de questions de la population étudiante au travers de l'esprit d'Edward.
En poussant la porte du vestiaire, je trouvais Edward appuyé contre le mur, m'attendant. Je lui souris et lui pris la main. Nous devons aller déjeuner, maintenant ?
Oui, répondit-il. La cafétéria est de ce côté.
Le chemin vers la cafétéria était vide de toute population étudiante de Forks. Quand nous atteignîmes les portes, Edward et moi libérâmes nos mains et il tira la porte pour moi, me faisant passer devant lui. J'évitais soigneusement les yeux de tout le monde pendant que la main d'Edward se posait sur mon épaule pour me guider dans la bonne direction.
Nous arrivâmes devant le buffet et je me déplaçais le long du comptoir : Edward me poussa devant lui. Je ne pris pas grand-chose, sachant que je ne mangerais pas beaucoup. L'heure du déjeuner était plus tôt que l'heure habituelle pour un humain. Par conséquent, peu chose d'entre eux avaient faim. Nous pouvions nous contenter d'une petite quantité de nourriture aujourd'hui.
Quand je me retournais, mon plateau bougeant légèrement sur mes mains, je me retrouvais au centre de l'attention de bien des yeux. Je regardais les tables, à la recherche de la fratrie Cullen. Ils étaient tous assis à la même table, dans le coin. Il y avait deux sièges vides sur chaque côté de la table, l'un entre Rosalie et Alice et l'autre entre Emmett et Jasper.
Edward suivait derrière moi, en silence, offrant le soutient inconditionnel dont j'avais besoin pour traverser la pièce. Les vibrations dans l'air devinrent plus douces lorsque nous nous approchâmes, mais je me sentais de plus en plus forte.
Alice me sourit joyeusement alors que nous nous approchions et elle leva les mains pour signer. Assied-toi entre Jasper et Emmett, Bella. Ils étaient assis sur le côté le plus proche du mur, face au reste de la cafétéria. Je compris immédiatement pourquoi Alice me demandait ça : ça serait plus simple de me contrôler s'il y avait plus de distance entre moi et mes « proies ».
J'hochais la tête pour lui montrer que j'avais compris et je fis le tour de la table. Edward se dirigea vers le siège entre Rosalie et Alice. En plaçant mon plateau sur la table, je glissais sur mon siège à peu près en même temps que lui.
La présence réconfortante d'Emmett et de Jasper m'aidait à me sentir plus en contrôle. Ils pouvaient m'arrêter si quelque chose faisait que ma volonté éclate. En plus de la sécurité supplémentaire, leur seule présence était apaisante. Ça m'aidait de savoir qu'ils étaient tous autour de moi, ces gens qui représentaient ma famille maintenant. Je me sentais comme si je leur avais toujours appartenu.
Rosalie me souris gentiment et leva les mains. Comment était ta première heure de cours ?
Bien. Je fis une pause et je souris avant d'ajouter; Si je pouvais entendre les commérages de ces élèves, je pense que je ne pourrais plus contrôler ma soif plus longtemps. Ce n'était pas trop sensible pour plaisanter sur ce sujet.
Ils rirent et je souris avec eux, incapable de faire entendre ma voix en riant. Je suppose que je pouvais être en mesure de le faire, vu que j'avais déjà gémis une fois – quand j'avais entendu l'explosion des pensées en touchant la main d'Edward pour la première fois – mais en dehors de ce moment-là, je ne pensais pas que j'étais capable de parler. Je ne savais pas comment faire : je pouvais faire les mouvements avec ma bouche, mais mes cordes vocales ne faisaient rien.
Mes doigts jouaient avec ma nourriture, décortiquant le pain du sandwich au poulet que je ne mangeais pas, même si j'avais pu le faire. Ça n'avait pas l'air très appétissant. Je laissais mes yeux suivre les mouvements de bouche des Cullen, cueillant des mots sur la conversation générale que je regardais sans participer.
Ils s'assuraient que je pouvais comprendre quand ils discutaient de quelque chose, mais pour la plupart du temps, le déjeuner était calme. Il n'y avait pas vraiment de quoi parler ici. Les conversations de vampire n'avaient aucun risque d'être entendu dans la cafétéria d'un lycée.
Mine de rien, je tendais la main à travers la table pour toucher celle d'Edward, attirant son attention. Combien de temps avant le prochain cours ?
Seulement quelques minutes – est-ce que ça va ? C'est trop difficile de te contrôler ? On peut quitter la cafétéria si tu veux. Ses yeux topaze étaient verrouillés sur mon regard et je retirais ma main.
Pouvons-nous quitter la cafétéria maintenant ? Ou devons-nous attendre jusqu'à ce que tout le monde ai fini de manger ? Ma soif s'intensifiait ici. C'était comme si ma gorge était en feu, et il n'y avait pas d'eau pour l'éteindre – à l'exception de tout le sang, réparti autour de la salle.
Nous pouvons partir. M'assura Edward. Comme par hasard, Alice sauta sur ses pieds, me souriant en prenant son plateau dans ses petites mains. Rosalie nous jeta un regard, puis tourna la tête vers Emmett. Ses lèvres remuaient, et je les lis avant de comprendre qu'elle demandait si il était prêt à partir.
Nous famille bougea ensemble pour sortir de la salle, attirant l'attention de nombreux yeux en partant. J'avais conscience de tous ces regards, et je remarquais à quel point les yeux des filles s'attardaient sur les hommes Cullen alors que ceux des garçons suivaient Alice et Rosalie. Il n'y avait aucun doute sur le fait que la majorité des filles regardaient Edward : elles savaient qu'il était « unique ».
Ce que je savais, c'est qu'Edward était tout simplement sans compagne. Et ceci était quelque chose qu'aucune fille humaine ne pourrait jamais comprendre.
Je n'aimais pas son aversion d'avoir une compagne. Je savais que je me sentais beaucoup mieux avec la famille Cullen autour de moi, et Dieu seul savait à quel point je sentais ce désir d'avoir quelqu'un de spécial dans ma vie. Mais Edward niait ces sentiments, il estimait qu'il était mieux seul qu'avec une compagne. Et que sa famille était tout ce qui lui fallait.
Ça me rendait triste. J'avais été seule au monde pendant un très long moment. Je comprenais qu'il pouvait se contenter de sa famille : je ressentais ça maintenant, l'envie de trouver le genre d'amour que je cherchais. Mais Edward niait cette compréhension de ce qu'il voulait depuis très longtemps aussi.
J'aurais aimé l'aider. J'étais déjà assez bien traitée par la famille Cullen, et je savais qu'en rejoignant leur rang, je m'inquièterais pour Edward. C'était impossible d'ignorer les pensées qui surgissaient parfois. Malgré qu'Edward ne soit pas le point central de la vie de sa famille, c'était vrai qu'ils pensaient quand même beaucoup à lui.
Il était un membre important de la famille. Ils l'aimaient. Ils voulaient qu'il soit heureux. Ainsi, à chaque fois qu'ils voyaient qu'il n'était pas heureux, ils le rendaient. Edward ne semblait pas remarquer que ce n'était pas sa famille qui tentait de lui faire penser à sa vie amoureuse : c'était sa famille qui se souciait de son bien-être.
Repoussant mes pensées, tout au fond de mon esprit, je me concentrais sur le prochain sujet en dirigeant ma main dans celle d'Edward. Quel est notre prochain cours ?
Biologie, avec Mr Banner. C'est par là, me dit-il, en pointant vers la gauche. Nous n'avons pas à aller en classe tout de suite : nous pouvons encore nous asseoir à de l'extérieur jusqu'à ce que la cloche sonne.
Une table de pique-nique se trouvait à droite de l'allée : Rosalie, Emmett, Alice et Jasper se trouvaient déjà là-bas. Je suivais Edward à un rythme plus lent. Sa main dériva de la mienne et s'enroula autour de ma taille, me plaçant face à lui, à côté d'Alice. Il s'assit sur la table derrière moi en croisant ses jambes. Jasper se joint à lui. Emmett se tenait face à Rosalie, racontant quelque chose qui la fit rire.
Alice se tourna vers moi, désireuse de pratiquer la langue des signes. De tous ses frères et sœurs, elle était celle qui l'appréciait le plus. Que penses-tu des sujets d'apprentissage, pour l'instant ? Demanda-t-elle.
En souriant, je lui répondis…
Quand la journée scolaire fut finie, j'avais résisté à l'odeur du sang humain. J'avais entendu une centaine de cœur qui battaient à leurs propres rythmes. J'avais entendu des centaines de pensées dans ma tête.
Et j'avais réussi. J'avais réussi.
Jubilante, je sautais hors dans la voiture d'Esmée lorsque nous étions arrivé à la maison et je dansais dans la cour, un large sourire sur mon visage. Je pouvais sentir les vibrations des rires d'Emmett glisser doucement dans l'air et je recommençais à virevolter dans une danse de salon à travers la pelouse.
Alice eu un petit rire et me demanda pourquoi j'étais si heureuse, et je « signais » que j'avais réussi. Elle savait ce que ça voulait dire, bien sûr : ils le savaient tous. J'étais heureuse de n'avoir tué personne. Entourée par la tentation, je gardais la tête haute et j'avais défié mes propres instincts. Bien sûr, j'étais folle de joie.
Plus tard dans la soirée, Edward me proposa de m'accompagner dans une chasse rapide. J'acceptais rapidement, le prenant comme une récompense pour ma réussite et je devais prendre des forces pour le lendemain, où je devrais reprendre à nouveau le contrôle. Et demain serait une longue journée…
Alors que nous courions à travers la forêt, je sombrais à nouveau dans la tristesse. Encore quatre jours, chacun plus long qu'aujourd'hui – comment allais-je être capable de me contrôler, alors ? Aujourd'hui avait été une lutte, et c'était une journée courte. Je ne pouvais pas imaginer ce qu'allait être l'avenir.
Deux cerfs plus tard, Edward me prit la main. Qu'est-ce qui te dérange, Bella ? Tu étais si heureuse après les cours.
Jusqu'à ce que je me rappelle que je devrais y retourner demain. Et le jour suivant, et ainsi de suite jusqu'à vendredi – et après deux jours de liberté, je devrais revenir encore en arrière. Je voulais soupirer de mécontentement, mais le son ne pourrait probablement pas s'échapper de mes poumons – sans parler de mes lèvres.
Tu pourras le faire. Il me rassurait doucement. Sa main se mit à faire des cercles apaisants sur la mienne. Tu as été exceptionnelle aujourd'hui, et tu seras absolument merveilleuse demain. Il suffit de croire en toi. Tu peux le faire.
Mais que faire si je ne peux pas ? Demandais-je désespérément. Je ne veux tuer personne, Edward. Je veux être quelqu'un de bien, je veux être comme ta famille.
Notre famille, me corrigea-t-il doucement. Nous marchions côte à côte à travers la forêt qui s'assombrissait. Le soleil était caché derrière d'épais nuages, se couchant sur l'horizon derrière nous.
La famille Cullen, si ça peut te faire sentir mieux, lui dis-je. Le regard qu'il m'adressa – soucieux, incrédule – me fit sentir un peu coupable de me séparer moi-même de son clan. Tu peux m'inclure dedans, si tu le veux.
Tu ne veux pas t'inclure ? Demanda-t-il, d'une voix soucieuse.
Seulement parce que je suis nouvelle dans votre mode de vie et dans votre clan, le rassurais-je.
En secouant la tête, il nous arrêta. Je clignais des yeux vers lui, confuse par son geste – jusqu'à ce qu'il parle, sa voix résonnant dans ma tête de la plus belle façon. Mais nous te considérons comme l'une des nôtres, Bella. Tu ne le vois pas ?
Le calme qui régnait dans la forêt autour de nous – totalement dépourvue d'autres esprits – me permit un contact direct avec Edward. Juste lui : aucune autre distraction. J'ai juste juste un peu de mal à ressentir ça – parce que c'est tellement nouveau. C'est tellement différent de la façon dont j'ai vécue pendant si longtemps, je pense que je dois juste m'habituer à l'idée d'avoir une famille.
Tant que tu comprends que nous te considérons comme l'une des nôtres.
Je souris – avant que je puisse réaliser ce que je faisais, je tendis une de mes mains vers son visage. Plaçant la paume de ma main autour de sa mâchoire, je fis en sorte qu'il vit dans mes yeux ce que je disais dans mon propre langage silencieux bien sûr que je le sais. Je souhaite de pouvoir vraiment me considérer de la même façon. Je le veux.
Sa main libre couvrit la mienne comme une acceptation silencieuse. Tu le feras. Bientôt, promit-il.
Probablement. Notre conversation s'arrêta là, et je me trouvais incapable de penser à quoi que ce soit d'autre. Que pouvions-nous dire après cela ? C'était sans espoir : j'étais complètement incapable d'exploiter une conversation après toutes ces années passées seule.
L'esprit d'Edward vacillait dans l'amusement à mes pensées, et j'attrapais une autre de ses pensées. Ce n'est pas « sans espoir ». Elle continuera à m'intéresser peu importe ce qu'elle dira. Ce n'était pas quelque chose qu'il voulait me dire directement, mais je l'avais entendu quand même.
Embarrassée, j'enlevais ma main et je baissais les yeux. Je n'avais pas envie d'écouter ses pensées intimes. Aussi belles soient-elles, ça me rendait heureuse, cette façon dont il pensait à moi… Mais c'était comme si j'envahissais sa vie privée.
Je n'avais pas réalisé qu'il avait pris mes deux mains dans les siennes jusqu'à ce que j'entende sa voix murmurer dans ma tête. Bella, ça va parfaitement bien. Tu sais, pour une fois, c'est plutôt agréable d'être celui qui est épié plutôt que l'inverse. J'ai entendu tellement de choses que ça ne me dérange pas que tu entendes tout ce que je pense. C'est presque comme une sorte de vengeance. Quelle ironie.
Qu'est-ce que tu veux dire ? Demandais-je, curieuse.
Ses yeux topaze pétillaient et il rapprocha lentement son corps du mien. Tu es une personne que je viens de rencontrer et qui est la seule personne qui peut utiliser ma propre capacité contre moi et que je ne peux entendre qu'en touchant ta main – qui me permet également de t'entendre.
Mes lèvres s'étirèrent en un sourire : c'était très ironique, c'est vrai.
Mais je ne peux trouver aucune autre personne en qui j'aurais plus confiance pour partager mes pensées intimes.
Ces mots allumèrent un feu au fond de ma poitrine et je me retrouvais sans voix. Jamais des mots aussi doux ne m'avaient été adressés avant ! En fait, ils semblaient presque étranges – aussi loin que je m'en souvienne, même en cherchant dans ma mémoire la plus profonde… Non, ce sentiment – et ces mots – étaient tout à fait nouveaux.
Et je ressentis tout d'un coup l'envie de rompre le contact et la proximité – mais en même temps, je ne le voulais pas. Je voulais me rapprocher. J'y pensais un moment, interprétant ce sentiment.
Avant de trop y penser, comme si mon corps ne voulait pas réfléchir, je lâchais ses mains et j'enveloppais mes bras autour de lui dans une étreinte douce. Il avait été surprise, je le savais, car son corps s'était raidit pendant une seconde avant de se détendre contre le mien. Ses bras entourèrent mon dos.
J'étais heureuse que ses mains ne me touchent plus, car il aurait pu m'entendre m'interroger sur la sensation étrange dans le creux de mon estomac. Il aurait pu m'entendre me demander pourquoi j'aimais tellement cette étreinte, pourquoi j'étais si consciente de chaque centimètre de son corps contre le mien.
Ça ressemblait au désir d'avoir un compagnon que je pouvais ressentir jusque dans mes os. C'est le même désir qu'Edward avait refusé. Non ce n'était pas… Ça devait être quelque chose de différent, parce que ce n'était pas pareil. Pourtant, je ressentais quelque chose de nostalgique.
Quoi qu'il en soit, j'étais juste heureuse qu'Edward ne puisse pas entendre mes réflexions. Comme je m'éloignais, je retirais mes mains entre nous pour pouvoir « signer ». On fait la course jusqu'à la maison ?
Il hocha simplement la tête, un sourire espiègle ornant son visage. Puis je me tournais et je courus – confiante, sachant qu'il allait garder un œil sur notre environnement pour faire en sorte que notre course se fasse en toute sécurité. J'aurais pu appuyer mes mains au sol pour voir le chemin, mais je décidais de lui faire confiance.
Je lui montrais ce qu'il m'avait demandé de faire. Et il savait que je le faisais : je pouvais le voir dans ses yeux pendant que nous courions à travers les épaisses broussailles vertes. Alors que nous dépassions les arbres près de la pelouse au sud de la maison, je saisis ma chance et je sautais vers lui sur le côté, l'attrapant par surprise.
Ses yeux s'écarquillèrent de surprise quand je fonçais sur lui : une vibration épaisse sonna dans l'air, bousculant mon corps, et je me renversais sur le côté pour me retrouver à côté de son corps à terre. Tournant la tête vers moi, Edward me jeta un regard moqueur devant mon regard adoucit d'amusement.
Je souris, riant silencieusement : aucune vibration ne vint de mes lèvres. J'ai gagné ?
Non, répondit-il amusé. Bien sûr que non, et tu le sais.
Oh ? C'est vrai ? Je levais un sourcil et me roulais sur le côté, levant le haut de mon corps et me tenant sur un coude. Et comment je le saurais ?
Parce que tu m'as plaqué au sol. Tu savais que tu allais perdre. Un grognement silencieux s'échappa de mes lèvres et je jetais ma tête en arrière pour laisser sortir ce son qui ne venait pas.
Tirant sa main de la mienne, il se renversa contre l'herbe humide et il me regarda, le regard paresseux. Je baissais les yeux vers lui, considérant ce que je voulais dire. La douce lumière provenant de la maison inversait les ombres sur son visage. J'étais sûre que la lumière mettait en évidence toutes les caractéristiques de mon visage, vu que j'étais en face.
Edward leva les yeux, et une étincelle jaillie dans son regard avant qu'il ne se retourne vers moi. Il signa rapidement, Allonge-toi sur le dos.
Curieuse, j'obéie et je plaçais mon corps près du sien. Mes yeux ne voulaient pas quitter son visage et je compris finalement qu'il ne regardait pas vers moi. Au lieu de ça, son regard était dirigé vers le haut.
Continuant sur sa lancé, je vis ce qu'il voulait tant me montrer.
La couverture nuageuse avait lentement disparue au cours de l'après midi, et maintenant que le soleil était parti, le ciel pouvait être vu. C'était rare, comme Edward me l'avait dit avant, vu que les nuages étaient omniprésents. Ils s'étaient disloqués et nous permettaient à présent de voir le ciel étoilé.
J'avais déjà vu les étoiles avant, bien sûr, mais il y avait quelque chose de particulièrement beau ce soir. C'était peut-être parce que je les regardais depuis le monde réel.
Edward prit ma main. Tu vois l'étoile polaire ?
L'étoile du Nord. Je la cherchais pendant un moment, scrutant les profondeurs infinies des étoiles. Le ciel était tout à fait clair, c'était un phénomène merveilleux qui rendait l'observation des étoiles magnifique. Quelques-uns des livres que Jasper m'avait donnés parlaient de la mythologie et des sciences des astres, je les aimais beaucoup. Savoir comment nommer ces taches lumineuses dans le ciel… C'était intéressant. J'aimais ces livres.
Enfin, je la trouvais. Là. C'est ça, non ?
Oui, c'est ça. Et tu vois, dans cette direction…
Je sombrais dans l'attention d'Edward, qui me faisait une carte détaillée des étoiles, sa voix mélodieuse était apaisante. L'air était frais, les étoiles brillaient avec éclat. Sa main était douce, me permettant de la retirer à tout moment si je le souhaitais.
Je ne le voulais pas. Je voulais rester là avec lui jusqu'à ce que les étoiles disparaissent dans le ciel et que le soleil se lève.
Alors c'est ce que je fis.
Ravenely: Et voilà ! N'oubliez pas de laisser des reviews, en tout cas personnellement j'aime beaucoup ce chapitre, surtout la fin, on voit bien le commencement de l'attirance entre Bella et Edward... :D
