Hello Adenoide ! Oui, l'hippo-ball est un sport dangereux ! Il faut déjà arriver à s'entendre avec sa monture car comme tout le monde le sait, les hippogriffes ont vraiment mauvais caractère XD Ginny est un peu intimidée au première abord et c'est normal : elle voit Mary comme un héros et elle a l'impression de s'être ridiculisée dès le départ. Mais à la fin de la semaine les deux filles s'entendaient très bien et Mary est descendue de son piédestal dans l'esprit de Ginny!

Pour le concept de pauvreté, c'est vraiment quelque chose que j'ai beaucoup de mal à concevoir chez les sorciers... Hormis les 5 exceptions à la loi de Gamp sur la métamorphose élémentaire (merci Hermione) ils peuvent tout faire apparaître... Après, peut être que les Weasley aiment simplement recevoir et faire plaisir à leurs enfants sans s'intéresser aux dépenses que ça engendre !

Salut Loupiote54 ! Au début les jumeaux se sont surtout intéressés à Mary à cause de son cousin Jonathan : ils savaient que ça l'énerverait. Mais finalement elle a du potentiel selon eux : après tout elle a peinturluré McGonagall en jaune durant sa première année XD Alors oui, ça promet parce qu'il n'y a personne pour l'empêcher de leur emboîter le pas pour faire des bêtises !

Mary va montrer la boule avec le match d'Hippo-ball à William et Emeli dans ce chapitre, sebferga ! Mais elle ne l'emmènera pas à Poudlard : c'est fragile quand même.

Tu m'as bien faire rire en me parlant d'hippopotame Guibe ! J'ai imaginé la scène X) Et je me dis qu'il y a bien des sorciers qui seraient capables de faire ça avec des hippopotames ! J'ai bien inventé des courses sur crocodile dans mon autre fic alors pourquoi pas ça XD

En fait, l'hippo-ball est inspiré du horse-ball Maxine3482 ! J'ai pas été chercher loin pour le nom comme tu peux le voir ! Le polo, c'est pas tout à fait la même chose.

Ouais, faudrait un jour présenter Charlie et Dante Antig0ne ! Dante sauterait sur l'occasion pour aller dessiner de vrais dragons et il pourrait en apprendre un rayon sur le dessin à Charlie.

J'avais hâte de placer Aileen dans cette fic AppleCherrypie ! Je l'aime bien cette petite. Et j'aime aussi beaucoup Charlie alors je l'ai repris beaucoup plus tôt dans la fic. Ce sera aussi le cas pour Bill.

Y'a pas de mal Mathilde ^^ De rien:)


Il y a un chapitre sur la Vengeance cette semaine !

Avec ce chapitre on début la deuxième année de Mary ^^ Bonne lecture =D


Comment bien commencer son année scolaire

Le jour des achats scolaires fut long à arriver. Entre l'emploi du temps de sa mère, et son père qui refusait de l'accompagner pour une raison mystérieuse, Mary crut un moment qu'elle allait mourir d'impatience. Mais c'était sans doute plus parce qu'il était prévu que William et Emeli viennent passer les derniers jours avant la rentrée scolaire au Phare que parce qu'elle voulait acheter ses nouveaux livres.

La rousse passa des jours à errer au Phare en essayant d'échapper à son frère et n'en sortie qu'à l'occasion de son anniversaire. Elle avait demandé à sa mère d'aller sur la tombe de ses parents biologiques et l'adulte n'avait même pas essayé d'argumenter. D'ordinaire la Potter s'y rendait à Halloween, mais ça n'avait pas été possible l'an passé aussi avait –elle décidé que son anniversaire était une bonne occasion d'aller leur rendre visite. Elle leur raconta son année à Poudlard à mi-voix pour que sa mère d'adoption ne l'entende pas parler du chien tricéphale et du dragon pour lesquels elle n'était pas au courant. Et la rousse espérait très fortement qu'elle ne le serait jamais.

Ensuite, elles se rendirent chez Bathilda Tourdesac, ou Tata Bathy pour Mary qui la connaissait depuis toute petite. La vieille sorcière avait été sa nourrice quand elle n'avait pas encore un an et avant elle c'était son père, James Potter, dont elle s'était occupée. L'historienne l'écouta parler de Poudlard avant de prendre la parole pour lui donner le nom de quelques lieux cachés de l'école comme la Pièce Va-et-Vient. Mais quand elle parla de quelque chose appelé la "chambre des secrets", la mère de Mary, qui s'était contentée d'être spectatrice de la discussion jusque là, réagit assez violemment.

La visite tourna court et la rousse eut beau la questionner, elle n'obtient absolument aucune réponse si ce n'était qu'elle ne devait pas chercher à trouver cette pièce. Ce qui bien entendu, la motiva pour savoir de quoi il s'agissait. Elle se promit de commencer ses recherches dès la rentrée des classes, quand sa mère ne pourrait plus surveiller de près ses lectures. En attendant, elle décida de ne plus aborder le sujet pour lui faire croire qu'elle laissait tomber.

Finalement, la dernière semaine d'août arriva et les deux sorcières du Phare partirent pour le Chemin de Traverse. Cameron piqua une grosse crise quand il se leva et constata qu'elles étaient parties sans lui. Il se doutait bien qu'elles l'avaient fait exprès !

Il était prévu que les familles Entwhistle, Saddler et Armstrong-Jones se retrouvent devant Gringotts. Le grand bâtiment blanc et un peu bancal était le plus repérable de la célèbre allée et la petite place devant leur permettait de patienter sans être constamment bousculés par tous les sorciers venus en dernière minute pour leurs achats.

- Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain, d'un trésor convoité qui jamais ne fut tien, Voleur tu trouveras, en guise de richesse, le juste châtiment de ta folle hardiesse, lut Mary pendant qu'elles patientaient. Tu crois que les Gobelins peuvent vraiment nous faire du mal ?

- Les Gobelins sont des Créatures particulièrement vicieuses et puissantes malgré leur apparence, lui apprit sa mère. Mieux vaut toujours entretenir avec eux une relation cordiale et ne pas les mépriser. Tu as dû le voir en cours : à chaque fois qu'une guerre contre un peuple a eu lieux, c'était contre eux. Et ils nous ont toujours donné du fils à retordre.

- Malgré la magie ?

- Les Gobelins ont leur propre magie. Mais ne m'en demande pas plus : je ne sais pas comment elle fonctionne.

- Je pourrais peut –être leur demander à eux.

- Si tu arrives un jour à te faire des amis parmi eux, pourquoi pas. Mais ne le fait autrement : ils gardent jalousement leurs secrets et penseraient que tu veux les leur voler.

C'est à ce moment qu'une masse non identifiée s'abattit sur la fillette la faisant basculer brutalement en avant. Elle serait tombée si sa mère, qui avait vu ce qu'il se passait dans son dos, n'avait pas tendu une main pour la retenir.

- Salut Mary ! s'exclama William qui avait sauté sur son dos et s'y maintenait à la force des bras et des jambes.

- Salut, souffla la concernée à deux doigts de s'effondrer sous le poids.

- Ça va ?

- Ça irait mieux si tu descendais de mon dos ! aboya la rousse.

Le concerné s'exécuta avec un rire ravi qui fut brutalement interrompu quand quelqu'un lui dit :

- William ! Tiens toi correctement ! Est-ce comme ça que nous t'avons élevé ?

Le concerné adressa une grimace à Mary qui en déduisit qu'il devait souvent se faire reprendre de la sorte. L'homme qui avait parlé était grand et sec et son visage laissait voir une expression mécontente. Il envoya une œillade d'avertissement à son fils avant de se tourner vers la deuxième adulte présente :

- Veuillez excuser mon fils. Malgré tout nos efforts, il semblerait qu'il n'arrive pas à comprendre comment il faut se tenir en société.

- Ne vous inquiétez pas Monsieur Armstrong-Jones, répondit tranquillement la concernée. Je comprends tout à fait les difficultés que vous rencontrez.

Mary dut retenir un rire. C'est vrai que William faisait pâle figure à côté de Cameron. Oh Merlin ! Le Phare allait –il résister la présence de William ET Cameron ?

- Enchanté Monsieur, intervînt Mary avec une petite révérence. Je suis Mary Potter.

- William nous a parlé de toi, lui répondit le père du concerné.

- Mary Potter ? LA Mary Potter ? demanda une voix chevrotante.

Ils se tournèrent tous vers les deux nouvelles arrivantes. Emeli fendait la foule en tenant par le bras sa vieille tante qui avait son autre main occupée par une canne semblant insuffisante à la soutenir. La blonde jeta un coup d'œil suppliant à sa meilleure amie qui répondit donc :

- Oui, Madame.

- Tu n'avais donc pas menti Emeli Acante Yildun Saddler.

- Pas mon nom complet ma tante ! s'épouvanta la jeune sorcière.

- Ta mère t'a donné de si jolis noms, ne va pas en avoir honte ! Ton arrière-arrière-arrière grand – mère Yildun a été…

- … La dernière Gardienne de l'île d'Avalon. Je sais Tante Hélianthe. Tu me le dis au moins une fois par jour.

- Alors cesse de te plaindre ! C'est tout un monde quand même cette jeunesse !

Emeli sembla retenir un profond soupir au moment ou elles s'arrêtèrent enfin près du petit groupe. Et elle jeta un regard noir à ses deux amis qui se retenaient tellement de rire qu'ils en étaient tout rouges. William finit quand même pas lâcher un petit gloussement moqueur et se fit aussitôt reprendre par son père réprobateur.

La vieille dame fit face à Mary qui se redressa imperceptiblement sous le regard acéré de la sexagénaire. Elle avait pourtant l'air plus vieille avec son dos courbé, les rides qui semblaient strier tout son visage et les mains noueuses agrippant sa canne. Mais ses yeux, contrairement au reste de son corps, ne semblaient pas avoir pris un sérieux coup de vieux.

- Je suis Hélianthe Saddler descendante de Lénaig Saddler, qui a posé les premières pierres de notre constitution.

Elle semblait éprouver énormément de fierté à son ascendance. Mary vit Emeli lever les yeux au ciel. Se disant que la vieille femme avait l'air très cérémonieuse, elle répondit :

- Je suis Mary Potter, dernière héritière des Potter. Ravie que nous nous rencontrions.

- Bonjour Lady Saddler, la salua ensuite la Maître des Potions.

- Lady Entwhistle, je ne m'attendais pas à vous croiser.

- La surprise est partagée.

Mary regarda les deux sorcières se dévisager, se demandant pourquoi il y avait cette tension entre elles et si ça allait dégénérer. Mais finalement, elles se détournèrent.

- Je vous laisse donc William, reprit le père de ce dernier. Il m'a dit que vous vous chargeriez de l'amener jusqu'au train ?

- Oui, ne vous inquiétez pas.

Maintenant qu'ils le disaient, Mary voyait la malle de William déjà prête qui attendait un peu plus loin. Et… Un balai ! Son père avait visiblement cédé et acheté l'objet volant. Quelques minutes plus tard, les parents et tuteurs de ses deux amis s'en allaient, les laissant à la charge de la Maître des Potions.

- Je vous propose de commencer par le tailleur, annonça celle-ci. Ne traînez pas s'il vous plaît et je vous interdis de sortir de mon champ de vision, est ce clair ?

Les trois futurs deuxième année hochèrent la tête, pris en faute. Surtout William en fait. Il avait déjà envisagé de tracer sa route en emmenant ses deux amies avec lui. Mais la sévérité dans le regard vert de la sorcière lui indiqua qu'il valait mieux ne pas plaisanter avec elle. Il désobéissait à son père sans aucuns scrupules, mais la magie offrait à la mère de Mary des possibilités autrement plus dérangeantes de punition. En clair, il avait peur de finir changé en grenouille jusqu'à la fin de sa vie.

Ils se dirigèrent donc d'abord chez Madame Guipure et poursuivirent jusqu'au magasin proposant les ingrédients de potion où l'adulte du groupe râla comme à son habitude. Ils terminèrent par Fleury et Bott :

- On doit acheter toute la collection des livres de Gilderoy Lockart cette année, dit William en jetant un coup d'œil à la liste des fournitures scolaires.

- Il est absolument fantastique, affirma Mary. Il a fait tellement de choses !

Emeli hocha la tête, fermement convaincue elle aussi, avant de pousser un cri qui fit sursauter toutes les personnes l'accompagnant.

- C'est aujourd'hui ! s'exclama t –elle hystérique.

- Aujourd'hui ?

- Gilderoy Lockart est là pour des dédicaces !

- Nous reviendrons une autre… commença la Maître des Potions.

Mais ni Mary ni son amie ne l'écoutaient plus : elles se précipitèrent vers la boutique. Se servant de leurs petites tailles, elles purent se faufiler au milieu de la file de femmes empressées qui attendaient leurs dédicaces. Elle arrivèrent devant tout le monde alors même que le mage entrait en scène.

Gilderoy Lockart portait une longue robe de sorcier myosotis assortie à ses yeux et son chapeau pointu était posé un peu de travers sur ses cheveux ondulés. Il avait un grand sourire plaqué sur son visage séduisant quand il salua les sorcières agglutinées en bas de la petite estrade où il allait signer ses autographes.

- Il est beau, gloussa Emeli.

Elles furent cependant vite repoussées sur le côté par un petit homme mécontent qui aboya :

- Dégagez, c'est pour la Gazette !

- On était là avant ! protesta Mary en le repoussant dans l'autre sens pour conserver sa place.

L'altercation n'échappa pas à Gilderoy Lockart. Il tourna le regard vers eux… et ses yeux s'agrandirent quand il vit les deux Serdaigles :

- Ma parole ! Ce n'est quand même pas Mary Potter ?

La concernée se figea, épaule contre épaule avec le photographe qui n'avait pas lâché l'affaire non plus. Elle vit le sorcier qu'elle admirait se précipiter sur elle, l'attraper par le bras et l'entraîner avec lui vers l'estrade sous les applaudissements et les chuchotements. Elle avait les joues en feu et se laissa faire sans réagir. Gilderoy Lockart la touchait ! Et savait qui elle était !

- Fais un beau sourire, lui ordonna le célèbre auteur en se tournant vers le photographe avec qui elle se battait une minute plus tôt. Toi et moi allons faire la une demain !

Ledit photographe, qui semblait soudainement de bonne humeur, d'ailleurs une lueur calculatrice venait de s'allumer dans son regard, ajusta son objectif. Pris la photo… et n'obtient qu'un encadré noir. Quelqu'un avait interposé sa cape entre lui et les deux célébrités.

- Qu'est ce que… grogna t –il.

- Essayez encore une fois de prendre en photo ma fille et j'enfonce votre appareil dans l'orifice de votre choix, grogna la mère de Mary.

Il eut un sursaut quand l'aura meurtrière de la sorcière l'atteignit et recula précipitamment. La Maître des Potions laissa retomber sa cape et monta à son tour sur l'estrade.

- Bonjour Gilderoy, tu te rappelles de moi ?

Mary regarda sa mère avec des yeux ronds. Elle rêvait ou elle venait de dire qu'ils se connaissaient ? A travers son regard d'enfant, elle vit deux adultes se fixer avec défi.

- Ne t'avise plus de poser la main sur elle et de te servir de sa renommée pour gonfler la tienne, souffla finalement la sorcière. Imposteur.

Le concerné pâlit, l'air affreusement insulté. Mais la Maître des Potions ne lui laissa pas le temps de répliquer. Elle attrapa d'un côté Mary, de l'autre Emeli et fit signe à William de la suivre dehors. Ce ne fut qu'une fois dans la rue que la rousse réagit :

- Mais pourquoi tu as fait ça ! C'était Gilderoy Lockart ! Gilderoy Lockart ! cria t –elle pour être sûre que sa mère avait bien compris tout en essayant, sans succès, d'échapper à sa poigne.

- Ça oui, j'ai vu. Et j'ai aussi vu que tu es partie comme une furie au milieu de ces gens au lieu de m'attendre. Toi aussi Emeli ! Tu es sous ma responsabilité alors je ne peux pas tolérer ça. On rentre !

- Mais…

- Mais rien du tout.

Autant dire que les quatre protagonistes étaient de mauvaise humeur quand ils revinrent au Phare. Mary tira derrière elle Emeli et William jusque dans sa chambre où elle attrapa immédiatement Ladon pour le caresser. Ça l'aidait toujours à se calmer.

- Je déteste ma mère, grommela t –elle. J'étais en train de parler avec Gilderoy Lockart nom d'une gargouille !

- Fondamentalement, tu ne lui as pas adressé le moindre mot et il allait se servir de toi pour augmenter ses ventes, analysa William.

- Tu dis n'importe quoi ! s'exclama Emeli. Il n'a pas besoin de ça pour que ses ventes explosent. Cet homme est un héros ! Tu as déjà lu un de ses livres au moins ?

- Étant donné qu'il n'a pas l'air de les publier chez les moldus, non, admit le garçon.

- Alors tu ne peux pas avoir une opinion objective.

Le concerné se retînt de faire remarquer que c'était justement parce qu'il ne l'idolâtrait pas qu'il avait vu clair dans son jeu. Il se vit obligé de promettre de lire au moins un de ses bouquins avant la rentrée pour qu'ils puissent en rediscuter.

Mary était encore en train de bouder quand l'heure de se coucher arriva. Mais elle fut rapidement distraite par autre chose : alors qu'elle allait éteindre la lumière un crack! sonore retentit, la faisant se redresser. Elle avait déjà côtoyé suffisamment d'elfes de maison pour reconnaître le bruit caractéristique de leur transplanage. Elle s'attendait à voir Jin, Tera, Vri ou Yoki, qui étaient les quatre elfes de la famille Entwhistle et apparaissaient souvent quand elle s'y attendait le moins. Mais ce n'était aucun d'entre eux.

Il s'agissait d'un mâle avec de grandes oreilles et des yeux verts globuleux de la taille d'une balle de tennis. Un elfe de maison classique en somme. Elle l'observa avec curiosité avant de dire :

- Bonsoir. Qui es – tu et que fais – tu ici ? Tu ferais bien de te dépêcher avant que ma mère ne se rende compte qu'il y a un intrus au Phare et dans ma chambre qui plus est. Elle pourrait te tuer pour ça.

- La Maîtresse Entwhistle est une grande sorcière, dit la petite créature en hochant vivement la tête. C'est un honneur Mary Potter, Miss ! Dobby rêvait de vous rencontrer depuis si longtemps !

- Merci… Mais que fais – tu ici ? Tu appartiens à quelqu'un que je connais ?

- Dobby ne peut pas le dire, Miss. Dobby n'a pas le droit de se trouver ici. Mais Dobby devait venir !

- Je t'écoute alors.

- Mary Potter ne doit pas retourner à Poudlard ! Si Mary Potter y retourne elle courra un danger mortel !

- J'ai déjà fait face à Voldemort l'an dernier, ça ne peut pas être pire, lui fit –elle remarquer.

- Ah ! Miss ! Ne prononcez pas ce nom ! Mary Potter…

Il se figea soudainement avant de transplaner. Un autre elfe de maison apparut alors qu'il disparaissait.

- Tera, salua Mary en regardant la femelle Elfe de Maison.

Elle compta mentalement jusqu'à 3 et la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée sur sa mère, baguette à la main. L'adulte scruta la chambre et Tera s'inclina devant elle :

- Tera a manqué l'Elfe intrus. Tera est désolée Maîtresse.

- Mary, tu n'as rien ?

- Non, il voulait juste discuter, répondit –elle consciente que nier ne servirait à rien. Et puis, c'est un elfe : il ne m'aurait pas fait de mal.

- Ne t'y fie pas. Si son maître lui avait ordonné de t'en faire, il l'aurait fait.

- Il m'a dit que son Maître ne savait pas qu'il été là.

- Que voulait –il ?

La plus jeune allait lui répondre mais se ravisa au dernier moment. Que se passerait –il si elle disait à sa mère ce qu'il venait de se passer ? Qu'elle courrait un danger mortel si jamais elle retournait à Poudlard ? Sa mère serait bien capable de la consigner à la maison juste à cause des divagations d'un elfe ! Et de la faire changer d'école. Après les événements de l'année passée et le fait que sa mère n'avait jamais voulu qu'elle aille à Poudlard, il était certain que la Serdaigle ne reverrait plus jamais une seule pierre de l'antique école ! Mary se demandait déjà pourquoi l'adulte n'avait pas tenté de l'empêcher de faire sa deuxième année dans la plus célèbre école de sorcier. Pas question de lui donner une raison de l'envoyer ailleurs !

- Il n'a pas eu le temps de me le dire. Il allait le faire quand vous êtes arrivées.

- Je n'aime pas ça. Tera, tu vas essayer de le retrouver. Tu as son nom, Mary ?

- Non.

- Bon, tant pis. Tera, je compte sur toi.

L'elfe s'inclina avant de repartir rapidement. L'adulte balaya une dernière fois la pièce du regard avant de ranger sa baguette et de venir s'asseoir sur le lit. Mary la regarda en silence pas encore décidé à lui pardonner ce qu'il c'était passé à la librairie.

- Écoute, lui dit sa mère. Je sais que tu es fâchée après ce qu'il s'est passé cet après-midi. Mais je ne pouvais pas laisser une photo de toi apparaître dans la Gazette. Et si tu veux vraiment rencontrer Gilderoy, il y aura d'autres occasions. Il se montre dès qu'il le peut.

- Tu l'as traité d'imposteur, marmonna Mary.

- Tout le monde ne prend pas pour argent comptant ce qu'il raconte dans ses livres, ma chérie. Je ne suis pas la seule.

- Et tu lui as parlé comme si tu le connaissais, enchaîna la rousse.

- Hé bien oui : nous étions ensemble à l'école. Il était aussi à Poufsouffle.

- C'est vrai ? s'émerveilla soudainement la Potter, des étoiles plein les yeux. Comment était –il ?

- Tu n'aimerais pas ce que je pourrais te raconter sur lui, sourit sa mère. Il faut dormir maintenant.

Le week-end les séparant de la rentrée passa à la vitesse de l'éclair. Le père de Mary fut mandaté pour chercher les livres manquant aux enfants suite à l'incident avec Gilderoy Lockart et il croulait sous leurs poids en revenant le samedi midi. William et Mary volèrent sur leurs balais respectifs sous le regard d'Emeli sagement restée au sol avec Cameron. La rousse leur parla de l'hippo-ball avec un enthousiasme débordant et utilisa l'enregistrement du match que son père lui avait acheté pour illustrer son propos. Ses deux amis furent aussi admiratifs quelle devant ce sport.

Finalement, après une semaine bien remplie, le jour de la rentrée arriva.

- On ira par Cheminette, leur apprit la maîtresse de maison. Je n'ai pas envie d'être prise dans les moldus à la gare. Et ça sera bien plus rapide. Vous maîtrisez tous les sorts de réduction et d'agrandissement ?

- On ne les a pas encore appris, lui dit Mary.

- Tant pis, je vais quand même miniaturiser vos valises : vous les prendrez dans vos poches et ce sera plus facile pour la cheminette. Je leur rendrais leur taille réelle une fois dans le train.

- Euh… intervînt William. C'est quoi la cheminette ?

- C'est vrai, tu ne sais pas ! s'exclama Emeli.

- Tu voudrais bien passer devant pour lui montrer ? s'enquit l'adulte tandis qu'elle ensorcelait les bagages.

- Bien sûr.

La blonde s'empara d'une pincée de la poudre verte trônant près de la cheminée du Phare et entra dans l'âtre avant de leur faire face.

- Voie 9 ¾ ! s'exclama t –elle en jetant la poudre par terre.

Une violente flamme verte apparut et la happa. William poussa un cri de surprise et il fallut lui assurer que ça ne brûlait pas avant qu'il n'entre prudemment dans la cheminée.

- Surtout, pense à bien articuler quand tu parles, lui rappela le père de Mary qui tenait fermement son fils.

Cameron était tout à fait capable de suivre ses aînés dès que sa mère aurait le dos tourné. D'autant plus que Dante, de part son statut de cracmol, ne pouvait pas verrouiller la cheminée pour éviter les incidents.

Mary regarda son ami disparaître et elle entra à son tour dans la cheminée. Elle avait déjà pris ce moyen de transport des dizaines de fois. Elle énonça sa destination, jeta la poudre, sentit la douce chaleur et l'odeur de cendre l'entourer. Comme d'habitude.

Alors pourquoi, par Merlin, se retrouva t –elle au Ministère et non pas sur le quai de la gare !? Elle était pourtant certaine d'avoir énoncé la bonne destination !

Figée dans l'une des cheminées du grand hall d'entrée, elle se fit bousculer lorsqu'un autre sorcier arriva. Elle sortit de l'âtre et regarda craintivement autours d'elle sans comprendre. Il était impossible qu'elle ait atterri ici en ayant dit "Quai 9 ¾". Elle attendit encore quelques secondes à côté de la cheminée par laquelle elle était arrivée avant de se décider à faire quelque chose. Pas question qu'elle essaye de reprendre la Cheminette !

Ce n'était toutefois pas la première fois qu'elle venait ici et elle se souvenait parfaitement du chemin jusqu'au Département des Transports Magiques. Aussi se dépêcha t –elle de le rejoindre. Le sorcier d'accueil ouvrit de grands yeux quand il vit la fillette de 12 ans derrière son comptoir.

- Que fais – tu ici toute seule ? s'enquit –il.

- J'ai eu un problème de Cheminette ! répondit –elle. Je devais arriver quai 9 ¾ et je suis arrivée ici ! Vous pouvez prévenir ma maman ?

La concernée arriva après quelques minutes, une lueur d'inquiétude dans le regard. Mary se retrouva étouffée dans l'étreinte maternelle et dut vraiment prendre sur elle pour ne pas se débattre.

- J'étais morte d'inquiétude, soupira sa mère. Que s'est – il passé ? Pourquoi n'es – tu pas arrivée à la gare ? Tu as pourtant prononcé les bonnes paroles.

- Je ne sais pas !

- Je pourrais peut –être vous réponde, Madame, intervînt l'homme qui l'avait prévenue.

- Bonne idée : pourquoi vos services de transports ont –ils eu un problème ?

- Votre fille n'a pas été la seule à être impliquée. A 11h54 exactement, toutes les personnes voyageant par cheminette se sont retrouvées dans un endroit différent de celui qu'ils avaient mentionné. Il y a dû un avoir un vaste problème de connexion. Nous allons enquêter.

- J'espère bien. Viens, je vais t'emmener par transplanage jusqu'à Prés-au-Lard. J'ai déjà prévenu le directeur. Quelqu'un devrait t'attendre pour te ramener au château en attendant la soirée et l'arrivée des autres.

Mary fut étonnée que sa mère la laisse repartir pour l'école. Et encore plus qu'elle l'y envoie immédiatement au lieu de la ramener au Phare pour l'après-midi. Mais elle n'en fut pas fâchée. Elle allait avoir Poudlard pour elle seule !

Du moins, elle le crut jusqu'à voir qui était le professeur venu la récupérer au portail de l'école. Severus Rogues était là, droit comme un i, dans ses éternelles robes noires. Mary se raidit et elle sentit la main de sa mère se resserrer sur la sienne. Cela lui rappela justement que les deux Maîtres des Potions ne s'appréciaient guère.

- Rogue, grinça la sorcière. Tu ne vas pas me faire croire que tu t'es gentiment porté volontaire.

- Entwhistle. Il semblerait que le directeur me délègue toutes les tâches déplaisantes. J'ai beau y être accoutumé je me serais bien passé de celle – ci, cela dit.

- Je pourrais te montrer quelque chose de plus déplaisant encore.

- J'en doute.

Mary regarda les deux adultes s'incendier du regard. Si leurs yeux avaient pu tuer, ils seraient tous les deux morts sur le coup. Elle se demandait d'où pouvait venir un antagonisme pareil. Ils n'étaient même pas en concurrence par rapport à leur clientèle ! Leur problème semblait toutefois beaucoup plus sérieux qu'une histoire de marché des potions.

Sa mère fut la première à se détourner en prenant une grande inspiration. Elle se pencha sur elle et essaya de la recoiffer un peu.

- Sois prudente, lui ordonna t –elle avant de l'embrasser. Et sage. On se revoit à Noël.

- Au revoir maman.

- Comme c'est touchant, railla le professeur des potions.

- Et toi, ne profite pas de tes privilèges si injustement acquis pour t'en prendre à elle. Je t'ai à l'œil.

Après un dernier sourire pour elle, Mary regarda sa mère s'éloigner de quelques pas. Mais elle ne transplana pas. Elle les suivit du regard et la fillette comprit qu'elle attendait de les voir partir.

- Potter, dépêchez vous, claqua la voix du Maître des Potions.

Elle se détourna de sa mère pour aller le rejoindre dans la calèche qui les attendait, non sans tapoter amicalement le museau du sombral qui y était attelé. Elle s'installa face au professeur et un silence de mort s'abattit entre eux. Il fixait le chemin au travers de la petite lucarne dessinée à l'avant, mais elle était trop petite pour l'imiter. Alors elle le fixa lui.

Il avait vraiment la peau très blanche. Ou peut-être que c'était parce que ses cheveux étaient vraiment noirs. Il était plutôt rare de trouver des gens avec des cheveux aussi sombres naturellement. Le plus notable sur son visage restait néanmoins son nez. Il était grand, plutôt crochu et en plus de tout, il était de travers. Comme si quelqu'un le lui avait éclaté d'un coup de poing bien placé. Elle notait distraitement qu'il avait de longs cils quand il reporta son attention sur elle, sans doute dérangé d'être observé. Elle se demanda ce qui pouvait bien se passer dans sa tête tandis qu'il la fixait en retour.

- Que faîtes vous Potter ? demanda t –il abruptement.

- Je vous regarde, Professeur, répondit –elle en toute honnêteté.

- Regardez ailleurs.

- Il n'y a rien d'autre dans cette calèche. Et vous êtes juste en face de moi, Professeur.

- Dix points en moins pour Serdaigle à cause de votre insolence ! répliqua t –il.

- L'année n'est pas encore commencée, Professeur. Vous ne pouvez pas me retirer de points.

Une grimace tordit la bouche de l'homme et elle se dit qu'elle était peut –être allée trop loin. Mais il resta silencieux à la regarder. Elle finit par détourner les yeux mais ne put s'empêcher de le regarder à nouveau et il continuait à la fixer. De quoi mettre n'importe qui mal à l'aise. Et pourquoi diable avait –elle l'impression qu'il ne l'aimait pas ? Elle n'avait jamais rien fait pour ça ! Se disant que c'était le moment ou jamais elle appela :

- Professeur ?

- Ne pouvez vous pas rester silencieuse, Potter ?

- Pourquoi est ce que vous ne m'aimez pas ? C'est à cause de ma mère ? De Crystall, je veux dire.

Et si c'était à cause de Lily ? Après tout, sa mère biologique était d'origine moldue. Tout le monde n'appréciait pas les sorciers nés-moldus et il avait la tête de l'emploi.

- Je n'apprécie aucun des cornichons qui servent d'élève à cette école, Potter, finit –il par répondre. Alors cessez de vous prendre pour le centre du monde et de vous croire persécutée.

- Je ne me sens pas persécutée, Monsieur. Je constate juste qu'à travail équivalent je suis moins bien notée que mes camarades dans votre classe. S'il vous faut des preuves, je pourrais vous en fournir.

- Tenez vous vraiment à avoir une retenue alors que la rentrée n'est pas encore officielle ?

- Je demande juste à être notée en fonction de mon travail et non de ma tête ou de ce je ne sais trop quoi qui vous fait ne pas m'aimer ! Monsieur ! rajouta t –elle en se rendant compte qu'elle avait sans doute été trop vindicative.

- Vous venez de gagner une après-midi de retenue, Potter. Au lieu de passer la fin de la journée à batifoler, vous serez dans mon laboratoire pour évider la dernière livraison de veracrasse que j'ai reçu.

Le silence se réinstalla dans la calèche et Mary fixa furieusement le plafond de celle-ci. Qui avait eu l'idée de demander au professeur le plus détesté de cette école de venir récupérer l'élève qu'il aimait le moins, déjà ? Ah oui, Dumbledore !

Quand ils arrivèrent enfin à l'école, elle finit donc dans les cachots. Mais pas dans la salle de classe ou le bureau qu'elle avait déjà vu. Non. Rogue la conduisit dans son laboratoire personnel. Il ne voulait sans doute pas perdre une de ses après-midis et voulait pouvoir travailler tout en la gardant à l'œil.

Impressionnée, Mary resta figée sur le seuil. La pièce était grande et plusieurs plans de travail étaient repoussés contre les murs. Un autre, central, fut celui sur lequel le Maître des potions fondit en premier. Il jeta un coup d'œil critique au chaudron avant d'y saupoudrer une pincée de quelque chose et de remuer trois fois.

- Ici, Potter, ordonna t –il.

Docilement, elle entra et le suivit jusque dans un coin. Il mit trois sceaux face à elle. Un remplit de veracrasse et deux vides.

- Le but est d'évider les veracrasses. Leur mucus est un ingrédient de potion très recherché. Vous le mettrez dans un sceau et les vers dans l'autre. Et vite !

Le sombre professeur laissa ensuite la rouquine seule face avec des dizaines des vers les plus répugnants existant dans le monde sorcier. Pouvant mesurer jusqu'à près de 30 centimètres et d'une couleur marron ils avaient deux extrémités qu'ils ne valaient mieux pas confondre, comme elle en fit rapidement l'expérience. Si on les presse dans un sens, on extrait leur mucus jaunâtre et collant. Mais de l'autre côté, c'étaient leurs déjections et elles comptaient parmi les plus odorantes. Comment de si petites créatures pouvaient sentir aussi mauvais ? Ça ne suffisait pas qu'elles aient l'air répugnantes ?

Mary soupira bruyamment à plusieurs reprises pour marquer son ennui. Elle avait peut –être réussi l'exploit de se faire coller avant même la rentrée, mais elle comptait faire comprendre à son professeur qu'elle n'appréciait pas du tout la méthode. Elle lui jetait de fréquents coup d'œil pour jauger à quel stade d'exaspération elle l'amenait. Mais il était si concentré sur ce qu'il faisait qu'il ne semblait pas pouvoir être atteint par ses manifestations de mécontentement.

La rousse se dépêcha de terminer, même s'il lui fallut quand même deux heures pour arriver au bout du sceau de vers, avant d'aller se poster de l'autre côté de la table de travail, en face du Professeur. Elle le regarda brasser sa potion et elle retrouvait dans ses gestes la même dextérité que ceux de sa mère quand elle lui donnait des cours. A défaut d'être pédagogue, il était vraisembablement aussi bon dans son domaine que le laissait penser son titre.

- Fichez moi le camp Potter, dit –il brusquement.

Mary le fixa encore une seconde avant de s'exécuter. Elle quitta les cachots le plus rapidement possible pour prendre le chemin de la tour Serdaigle. Elle n'avait qu'une envie : se doucher. Après avoir passé deux heures avec les mains plongés dans un sceau de vers gluants et malodorants, c'était normal.

- On me cite souvent pour ma crasse et quand un crapaud passe, je trépasse. Qui suis – je ? lui demanda le heurtoir.

- Sérieusement ? s'étonna Mary. Ce n'est même pas la rentrée tu pourrais me dispenser d'énigme... Et tu te moques encore de moi ! C'est un veracrasse ! Comment tu fais pour savoir ce qu'il se passe dans le château d'ailleurs ?

L'aigle sembla sourire et la porte pivota pour la laisser passer. Mary poussa un profond soupir, mais entra tout de même dans la salle commune. Cette dernière n'avait pas changé. Mis à part qu'elle était vide et que personne n'était en train de faire des choses bizarres. Le tableau des questions était encore vide et une idée la prit.

Depuis qu'elle était toute petite, jamais elle n'avait entendu dire que le système de cheminette avait des problèmes. Et vu l'air surpris de sa mère, elle pouvait en déduire qu'elle non plus n'avait jamais connu de problèmes avec. C'était tout de même surprenant que cela arrive quelques jours après qu'un elfe vienne lui ordonner de ne plus retourner à Poudlard, non ? Pouvait –il avoir tenté de l'empêcher de rejoindre l'école ?

Saisissant une des craies disposée en dessous du tableau, elle demanda : "Quelle est la fiabilité du réseau de cheminette et quel genre d'interférence pourrait envoyer une personne dans le mauvais lieu sachant que le nom de sa destination a été énoncé correctement ?" Une fois la craie reposée, elle patienta quelques secondes, histoire de voir si la question n'avait pas déjà été posée. Mais rien n'apparut sur le tableau ce qui signifiait qu'elle allait devoir attendre les avis de ses camarades.

Désertant la salle commune, elle grimpa les escaliers jusqu'à son dortoir. Le numéro sur la porte avait changé et celle –ci était à présent marquée d'un 2 ouvragé tandis que l'ancien dortoir des 7ème année était, lui, marqué d'un 1. Elle retrouva sa valise échouée au pied de son lit et elle s'empara de son uniforme avant de s'accorder une longue douche chaude. Quand les autres filles allaient arriver, ça serait presque impossible de paresser sous la douche.

Une fois propre, habillée et de nouveau de bonne humeur, elle attrapa Ladon et se choisit un livre dans la bibliothèque de la tour avant de se jeter sur l'un des canapés de la salle commune. D'ordinaire les plus âgés les occupaient toujours alors autant en profiter.

Elle ne redescendit dans le hall que lorsque la nuit commença à tomber sur le château et que les torches éclairant la tour s'embrasèrent toutes seules, manquant de lui faire avoir une attaque. C'était bien plus bruyant que d'appuyer sur un interrupteur.

Mary attendait l'arrivée des premières calèches dans le hall quand Peeves qui passait par là l'interpella :

- Qu'est ce que tu fais là petite Potty ? demanda t –il en remettant son chapeau melon de travers.

- J'attends les autres élèves, répondit –elle méfiante et consciente qu'il valait mieux pas l'ignorer.

- Oh.

Et, sans aucun signe avant coureur, il plongea sur elle à toute vitesse depuis le plafond. Elle eut à peine le temps de penser que ça allait faire mal qu'il lui passait à travers donnant l'impression d'avoir un glaçon au milieu de la poitrine. Ça n'était pas très agréable, mais au moins n'avait –il pas été solide quand il s'était jeté sur elle. La principale différence entre les esprits frappeurs et les fantômes était que les premiers pouvaient se rendre solides et interagir avec leur environnement quand ils le souhaitaient.

- Tu m'as fait peur ! s'exclama t –elle en posant la main à l'endroit qu'il avait traversé.

Le concerné se contenta de filer en ricanant. Merlin seul savait ce qui pouvait bien lui passer par l'esprit ! Enfin, elle devrait sans doute être reconnaissante : ça aurait pu être pire venant de Peeves. Elle comprit cependant rapidement pourquoi il l'avait laissée en paix puisqu'il occupa les dernières minutes avant l'arrivée des élèves à savonner les marches menant jusqu'au hall.

La rentrée scolaire débuta donc en un concert de cris, de bleus et de bosses. Il fallut l'intervention du professeur Flitwick pour que les premiers élèves puissent enfin parvenir dans le hall et rejoindre la Grande Salle. Mary les regarda passer avec une certaine compassion avant de repérer Emeli et William, la première soutenant le second qui avait l'air de ne pas pouvoir poser son pied gauche par terre. La rouquine s'empressa de les rejoindre :

- Tu t'es fait mal ? demanda t –elle.

- Non, je fais juste semblant ! s'exclama t -il, mécontent avant de préciser : je crois que je me suis cassé quelque chose.

- Emmenons le à l'infirmerie, décréta Mary.

Elle se plaça de l'autre côté de son ami et les deux filles l'escortèrent jusque dans l'antre du dragon. Qui était déjà bien occupée : William n'était pas le seul à avoir fait les frais des blagues dangereuses de l'esprit frappeur.

- On te gardera du gâteau, lui promit Emeli juste avant qu'elles ne soient chassées de l'infirmerie.

- Je veux de la tarte à la mélasse ! s'exclama le concerné.

Les deux Serdaigles s'empressèrent de rejoindre la Grande Salle. La Répartition était déjà bien entamée. Mary se glissa entre Michael et Anthony et Emeli fit de même entre Lisa et Mandy en face tandis qu'Isobelle Malone était envoyée à Serpentard.

- Où étiez vous passées ? murmura Padma. Et Mary, on ne t'a pas vue dans le train !

- On a accompagné Will à l'infirmerie. Et j'ai loupé le train. Ma mère m'a ramenée directement ici. Au fait, qui a emmené les élèves de première année ici maintenant que Hagrid est parti ?

- Les deux Préfets-en-Chef, lui apprit Emeli.

- Génial ! Tu as eu Poudlard pour toi toute seule pendant toute la journée ? s'exclama en même temps Terry Boot avant de rentrer la tête dans les épaules en constatant qu'il venait de perturber la Répartition.

- Non : j'étais en retenue avec Rogue.

- Sérieusement ? Tu as réussi à être en retenue avant même la rentrée ? s'étonna Emeli.

- J'ai du talent, que veux – tu ?

- Mary, appela alors son amie qui venait de jeter un regard à la table des Professeurs. Dis moi que je ne rêve pas ?

- Quoi ?

- C'est Gilderoy Lockart qui est assis à côté de Rogue, non ?

Sitôt qu'elle avait entendu le nom du célèbre aventurier, Mary se dévissa le cou pour l'apercevoir et un sourire étira ses lèvres. C'était vrai ! Gilderoy Lockart en personne était assis là à la place anciennement occupée par Quirrell. Le nouveau Professeur de Défense Contre les Forces du Mal était en train de parler avec enthousiasme avec Rogue qui semblait se concentrer plus que jamais sur son assiette.

Ce fut donc tout naturellement que la plupart des filles de Serdaigles se jetèrent sur leurs emplois-du-temps pour savoir quand serait leur premier cours de DCFM. Sous le regard consterné de leurs camarades masculins.

- Mardi ? s'étrangla Mary. On a DCFM que mardi ?

- Quelle déception, soupira Lisa Turpin.

- On a des cours en commun avec les Gryffondors cette année, fit remarquer William.

Mais aucune des filles ne lui accorda d'attention et il finit par se replier auprès des garçons qui partageaient son dortoir. La salle commune semblait littéralement coupée en deux. D'un côté les filles qui parlaient avec enthousiasme de leur nouveau Professeur et de l'autre les garçons qui devaient se demander si on avait pas remplacé la moitié de la population de Serdaigle par un groupe de pintades gloussantes. L'arrivée des première année passa inaperçue.

Avant de monter se coucher, Mary jeta quand même un regard au tableau accroché dans la salle commune, mais personne n'avait encore répondu à sa question. Tant pis. Pour le moment, elle avait d'autres préoccupations.

- Je vais écrire à ma tante pour lui dire que Gilderoy Lockart est notre Professeur, lui dit Emeli.

- Et pour lui dire que tu es arrivée en un seul morceau, lui lança Mary.

- Aussi, admit la blonde. Tu vas faire pareil avec ta mère ?

- Ma mère m'a personnellement déposée à Poudlard cette année, lui rappela la rouquine qui espérait que ça n'allait pas devenir une habitude. Et tu as pu constater qu'elle n'aime pas Lockart.

- C'est vrai… Elle t'a dit pourquoi ?

- Non, elle n'a pas voulu. Et je suppose que ça ne va pas s'améliorer vu que Dumbledore l'a embauché et qu'elle ne l'aime pas non plus. Même si elle ne peut plus douter de ses compétences puisqu'il va travailler à Poudlard !

- Elle n'aime pas non plus Dumbledore ? s'étonna la blonde. Elle a un problème avec les héros c'est ça ? Tu vas aussi me dire qu'elle adore Rogue ?

- Non, elle le déteste aussi.

- Sympa… Et autrement, elle apprécie quelqu'un ?

Mary réfléchit très sérieusement à la question. Bien sûr que sa mère aimait des gens et elle en admirait sûrement d'autre. Mais à bien y regarder, elle avait un entourage plutôt limité. La rousse n'y avait jamais vraiment fait attention à vrai dire.

- Je ne sais pas…

- Elle doit juste être jalouse, en déduisit Emeli.

- Jalouse ? releva Lisa qui écoutait leur conversation comme tout le reste de leur dortoir. De quoi au juste Lady Entwhistle devrait être jalouse ? Elle n'a pas la notoriété de ces deux hommes, mais elle est extrêmement connue dans son milieu.

- Les potions ? demanda stupidement Mary.

- Bien entendu, les potions !

- Elle n'en parle jamais, tenta de se justifier la Potter.

- La modestie est la marque des plus grands : regarder notre Directeur, on ne le penserait pas aussi puissant quand on le voit et pourtant on peut difficilement l'égaler.

Mary songea avec émotion à la fois où Dumbledore lui avait dit qu'il voulait des chaussettes pour Noël, d'ailleurs elle allait lui en offrir cette année, avant de sourire en pensant que sa mère aurait piqué une sacré crise de colère en s'entendant placée au même niveau que Dumbledore !


A suivre...