Titre : Des racines au pays de la terre
Correction : -
Base : Naruto
Genre : Aventure/Romance/Mysthère
Disclaimer : Les personnages et l'univers du manga "Naruto" ne m'appartiennent pas à l'exception des individus du pays de la terre


Chapitre 11 : Dernière veille

Les flocons de neige tombaient si serrés qu'il en devenait presque impossible de voir ou les chevaux mettaient les sabots. La petite troupe évoluait en file indienne et de manière très rapprochée pour ne pas se perdre de vue. Les voyageurs, une fois le col passé, étaient arrivés sur une petite route commerciale ondulant au gré des contours qui façonnaient la montagne qu'elle longeait. Le temps s'avéra particulièrement changeant de ce coté-ci de la chaîne montagneuse. Des nuages sombres couvrirent rapidement le soleil pour plonger la courageuse équipée dans une tempête comme seules les cotes de la mer du Nord les connaissaient. Même Yamato ne pu s'empêcher d'être soucieux quand il se rendit compte que suivre la route devenait difficile.

Kurenaï pris la tête de l'expédition en s'orientant d'après les jalons de bois marquant les bords de la route. Cette technique de balisage des grandes routes s'avérait être la seul manière d'éviter aux chariots et aux voyageurs de se perdre dans cette partie du pays de la terre, toute fois il n'était pas rare de rencontrer un char renversé dans un bas-côté. Parfois, c'était même des corps de chevaux ou d'humain qui gisaient au près des lourds véhicules de bois. La jeune mère savait, d'après la carte, que cette route secondaire en rejoignait une autre plus important quelque part sur les hauts de la citée portuaire de Miso. Par ce temps, il vaudrait mieux pour tout le monde que le groupe passe par le citée pour en ressortir en direction de l'île Noire au lieu de contourner l'agglomération. Comme prévus et pour la plus grande joie de la kunochi aux yeux écarlates, ils arriveraient probablement aux portes de la ville en fin d'après-midi comme prévu initialement. Les malaises de Saï n'ayant pas donné signe de regains de vitalité particuliers depuis qu'ils avaient mangé aux alentours de midi, au sommet du col.

La troupe marcha encore une bonne heure avant que des lueurs, signalant la présence des premières maisons de la cité portuaire, ne scintillent à travers le manteau neigeux tombant sans discontinuité depuis plus de quatre heures. Les ninjas de Konoha pénétrèrent sans problème dans l'enceinte de la ville. Les gardes préféraient largement rester derrière leur cheminée plutôt que de contrôler des simples marchands ou des paysans rentrant du bois. Kiba nota l'état pitoyable dans lequel se trouvaient les défenses de la ville. Cela avait du être une puissante citadelle en des temps reculer, mais visiblement les murs n'étaient plus entretenu depuis longtemps et les gens qui vivaient derrière ces parois de roches façonnées par leurs ancêtre semblaient surtout les apprécier pour l'abri du vent qu'elles offraient au rues de la bourgade. Ils avaient presque traversé la moitié de la citée quand ils arrivèrent aux abords du port. Une vaste place recouverte de gravas et aux cotés de laquelle trônait une immense statue en souvenir du clan qui avait été décimé sous les pierres de son propre palais se dessina sur leur droite. La demeure devait faire face à la mer du temps ou elle était encore debout. Kiba senti des relents de poisson lui vriller les narines. Le port de pèche et ce qui devait être celui de guerre, une dizaine d'années au part avant, se situaient juste derrière le champ de cailloux.

La neige cessa de tomber. Au loin, dominant la ville dans la direction de l'ile Noire, des falaises sombres et immenses formait un cape que la mer déchaînée venait lécher de ses vagues sauvages et froides. Le jeune maître chien se souvient tout à coup le surnom du dernier seigneur Azerti qu'il avait entendu entre les lèvres de Kurenai. Le démon des falaises, ces parois de pierre haute de plusieurs dizaines de mètres se tenaient maintenant devant eux. Celles qui avaient fait la légende d'un homme aussi fou que cruel, celles qui avaient vu grandir des génération d'un des clans les plus puissants qu'il soit dans tout le pays de la terre, voir même au-delà. Que la citée des Azerti avait décliné avec le temps et l'usure, sa précieuse compagne.

- Cette ville devait être particulièrement belle en son temps. Murmura le grand brun.

- Elle l'était encore il y a une quinzaine d'année… Lâcha songeusement la femme au regard de braise qui chevauchait à ses cotés depuis que la neige et le vent avait cessé.

- Vous êtes déjà venue ici Kurenai sensei ? Demanda, presque choqué le jeune Inouzouka.

- Oui, j'y suis déjà venue… J'y suis née aussi. Finit-elle dans murmure.

L'homme la fixa intensément de ces yeux bruns, luisant d'incompréhension. Visiblement, il était bien loin de connaître sa sensei aussi bien qu'il le croyait. Pourtant, et cela même si il ne lui avait jamais dit, il avait su très tôt ce qui se passait entre elle et le professeur de la team 10, Asuma. Kurenai se retourna gentiment et lui adressa un sourire teinté de tristesse. Miso ne lui laissait pas ou si peut de bon souvenir. Elle y gardait quelques images de tristesse, la violence de son père, la sagesse de l'aîné de ces trois frères, la folie de son frère jumeau et pour finir la bonté de son cadet. C'était bien la seule personne dont elle avait eu l'ennui lors ce qu'elle s'était retrouvée à Konoha avec sa mère. Son petit frère, le seul être qui, à l'exception de l'aîné, lui avait montré de l'affection dans cette famille de brute. Où était-il en ce moment ? Probablement toujours dans ces geôles infâmes de la citadelle, sur l'île ? Au fond de son cœur, un puissant pincement vint la tirailler. Encore un être cher qu'elle risquait de perdre, si ce n'était déjà le cas. Pourquoi toutes les personnes qu'elle aimait devaient indubitablement disparaître pour la laisser seule. Tout d'abords son frère aîné, puis son mari, probablement son cadet et peut-être aussi la personne qui avait sauvé sa propre vie. Celle qu'elle aurait aimé revoir vivante pour passer plus de temps à ses cotés, pour mettre à l'épreuve ses sentiments naissants qu'elle ne souhaitait pas avouer. Etaient-ils seulement fondés ? Elle préférait amplement les rejeter, il n'en était ni le moment ni le temps.

- Quelle direction devons-nous prendre ? Demanda la voix tintinnabulante de Sakura.

Cette question eue pour effet de tirer la belle au regard vermeille de ses tristes pensées. Lui rappelant aussi qu'il était temps de faire ce pourquoi ils avaient fait tant de route.

- Prenons cette rue ! Elle nous mènera sur la route des falaises et à l'île Noire. Ordonna la jeune mère.

- Bien, sensei ! Rétorquèrent les chûnin, alors que Yamato se contenta d'un hochement de tête affirmatif.

Le soleil perça un instant l'épaisse couche de nuage qui surplombait le littoral de la mer du Nord. Il devait être quatre heures de l'après-midi. Kurenai suivi du regard les méandres de la route d'accès aux falaises, puis elle rabattit la capuche de sa cape un peu plus profondément sur son visage. Les pupilles rouges étaient bien plus dangereuses ici qu'à Konoha. Par souci, elle invoqua un léger genjutsu transformant ses yeux en de simples iris bruns. Yamato remarqua son petit manège et poussa sa monture de manière à être à la hauteur de la jeune mère.

- Est-ce que le clan Yuhi était connu dans cette région ? Demanda-t-il calmement.

- Il ne l'était pas avant que mon père n'en épouse l'une des héritières. De toute manière c'était un petit clan basé essentiellement à Iwa et sur ses terres, du coté de la grande plaine que nous avons traversé en venant. Toujours est-il que le peuple à pris ma mère très à cœur quand il a vu ou du moins deviné ce qui se tramait au palais. Je pense que maman avait une réputation bien meilleure que mon père et en y repensant, je spécule que c'est pour cette raison que nous avons pu nous échapper si facilement la nuit ou nous avons quitté la ville. Exposa à mi-voix la fille du démon des falaises.

- Tu regrettes d'avoir quitté ta patrie ? L'interpela-t-il.

- Je ne me plains pas d'avoir quitté cette ville, mais je ne me pardonnerai jamais de ne pas avoir réussi à ramener mon petit frère des prisons de la citadelle de l'île Noire. Lâcha-t-elle tristement.

- Tu savais qu'il était encore en vie quand tu es revenue ici ?

- Non, je l'ai découvert en infiltrant la forteresse. Répondit-elle.

- Comment ce fait-il que Sandaïme[1] t'ait laissé revenir ? Il savait que c'était une région dangereuse et instable. L'interrogea à nouveau l'ANBU.

- Il comprit très vite que s'il ne me laissait pas revenir ici, je serais partie quand même. Après l'adolescence, j'ai beaucoup souffert de la perte de mon petit frère et il y avait aussi ces légendes circulant selon lesquelles, des membres du clan avaient survécu. Je voulais m'en rendre compte par moi-même. J'avais besoin de faire cela pour être en paix avec moi. Il m'a donc laissé partir, mais à contre cœur, je veux bien le reconnaître. Justifia-t-elle, le regard perdu dans le vague.

Le silence s'installa entre les deux adultes, juste rompu par les claquements des sabots sur certains pavés découvert de neige. Ils atteignirent l'extrémité de la rue pour finir devant une autre porte qui permettait l'accès à la ville. Peu, voir même pas de trafic du tout dans cette partie de la ville, remarqua Saï en jetant un coup d'œil autour de lui. Une fois les lourdes portes de la cité dépassée, la route se mit rapidement à gravir la côte permettant d'accéder au sommet des falaises. Le chemin était juste assez large pour permettre à un chariot de le suivre, mais plusieurs détails démontraient que la route n'était plus très fréquentée, ni guère entretenue. Saï scruta les nuages ternes qui recommençaient à couvrir le soleil. L'éclaircie aurait été de courte durée, pensa-t-il.

Sakura chevauchait tranquillement à coté du peintre taciturne, regardant elle aussi le ciel s'assombrir. Probablement qu'une tempête n'allait pas tarder à balayer les falaises déchiquetées surplombant la mer du Nord. Elle resserra l'attache de son manteau et replaça son écharpe de laine autour de son cou. Un sourire étira ses jolies lèvres, puis un petit rire sorti de sa gorge. Intrigué, le noiraud tourna la tête pour voir ce qui rendait sa co-équipière si heureuse. Elle le fixait de ses deux splendides billes vertes émeraude.

- Quoi ? Demanda-t-il, légèrement frustré que sa compagne se moque de lui.

- Rien ! C'est juste qu'au moment ou je me suis dis que le temps allait se rafraîchir, tu as toi aussi serrer ton manteau et remis en place ton écharpe. Expliqua-t-elle en souriant.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Rétorqua le jeune homme en fronçant les sourcils.

- Saï ! C'est la coïncidence qui m'a fait rire, pas toi. Je ne me moquais pas. Le rassura-t-elle.

Le peintre resta songeur un moment, laissant son regard suivre les nouveaux flocons tombant devant eux. Il soupira bruyamment.

- Excuse-moi si je t'ai blessé en rigolant. Déclara la belle kunochi dont le visage avait perdu un peu de son rayonnement

- Non, ce n'est pas ça… J'ai juste l'impression que parfois tu vois et tu captes des choses que je ne parviens pas à saisir. Marmonna le ninja en fixant la jeune femme qui chevauchait à ses cotés.

- Je sais que tu souffres de toutes ces carences émotionnelles et sentimentales que l'on t'a infligé depuis ton enfance, mais je trouve que tu t'améliores chaque jours un peu plus. Sa me fait plaisir que tu sois resté dans l'équipe 7 après notre première mission ensemble. Tenta de l'encourager la rose de sa voix douce.

Le peintre détourna légèrement la tête afin de cacher le rougissement qui gagnait subitement ses pommettes d'habitude si pâles. Ce genre de situation était aussi quelque chose de nouveau pour lui, tout comme les compliments et les émotions qui accompagnaient ce type de déclaration. Saï s'émerveillait chaque jour un peu plus des nouvelles capacités sociales qu'il se découvrait ou rencontrait par le bief de ses amis. Rougir faisait partie des dernières nouveautés. Il avait très vite compris que ce genre d'émotion était aussi visible pour lui que pour les autres et donc il savait que se détourner de Sakura était le meilleur moyen d'éviter de nouveaux rires de la part de la belle demoiselle. Cette dernière ne pu s'empêcher de laisser ses lèvres fines s'étirer sur toute la largeur de son visage. Le ténébreux était tellement prévisible parfois, si naïf en un certain sens.


Kakashi ouvrit péniblement les yeux, une douleur lancinante couvant le long de ses flans violacés. Tout lui semblait horriblement confus. Il ne se souvenait pas exactement de l'endroit ou il avait été conscient pour la dernière fois, mais une chose dont il avait l'assurance, c'est que ce n'était pas dans cette geôle. Le contact froid et désagréable des dalles de pierre contre sa pommette droite meurtrie l'avait tiré de son sommeil. Allongé sur le coté, il tenta de ramasser un peu plus ses membres ankylosés par le froid contre son torse. Les prémisses du mouvement lui rappelèrent très rapidement sa condition physique rendue si pitoyable. Son visage se crispa sous une vague de souffrance qu'il venait maladroitement de réveiller. Un hoquet douloureux raisonna contre les murs de la cellule, alors que sa respiration s'accélérait péniblement.

Etrangement, ce nouvel accès de torture que lui infligeait son propre corps ne lui fit pas perdre connaissance comme les dernières fois. Il eu même pour effet de le rendre un peu plus maître de ses pensées. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pu s'arrêter sur ses sentiments, ses émotions ou autre chose que les parties de son corps qui l'élançaient. Si tout lui semblait sombre dans cette prison, il ne pu que constater que ce qui se passait dans son cœur était bien plus noir encore. Une tristesse accablante lui oppressait les entrailles, le tiraillant aussi à chaque respiration. Il avait autant mal à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les bourreaux ne s'étaient pas contentés de le détruire physiquement, mais aussi psychologiquement. Au font de lui, il ne savait pas vraiment qu'est-ce qui le maintenait encore en vie. Il aurait tellement voulu quitter ce monde de souffrance et de douleur. Ce n'était pas la première mission ou il devait payer de sa personne pour la sauvegarde de Konoha, toute fois le fils du Croc-blanc ne ressentait plus cette détermination qui par le passé lui avait permis de survivre aux blessures les plus graves et à la violence des coups les plus durs. Peut-être que quelque chose s'était brisé dans sa tête en même temps que l'on avait brisé son corps, peut-être qu'il avait lâchement baissé les bras pour se laisser abattre par l'ennemi ou alors peut-être tout cela voulait-il simplement signifier que son heure allait sonner et que bientôt ce genre de questions n'auraient plus la moindre importance.

Une larme scintillante comme le diamant coula doucement le long de sa joue, puis sur le masque pour s'écraser sur le pavage glacé. Toute sa vie se résumait à cette simple représentation des émotions humaines. Une enfance triste, marquée par le saut de la mort et de la solitude, puis une vie de shinobi consacré aux combats, à la violence et à une autre forme de solitude que peu de personne avait eu le droit de franchir. Aujourd'hui, la vie semblait répéter pour la énième fois son petit schéma sadique. Recroquevillé dans cette geôle glacée et humide, tremblant de froid, de fièvre, souffrant en silence, il se retrouvait seul une fois de plus. Pourtant, il n'arrivait pas à dire qu'est-ce qui le faisait pleurer exactement. Etait-se le fait de savoir qu'il s'en irait probablement rejoindre son propre père d'ici quelques jours, voir même quelques heures ? Ou bien, était-se l'impression qu'il allait mourir sans avoir réalisé tous ses rêves, même les plus secrets ?

Il aurait tellement voulu retourner à Konoha pour finir de former son équipe, s'acheter une petite maison un peu à l'écart du centre du village en lieu et place de son appartement trop exigu et chose nouvelle qu'il avait découvert depuis peu, retrouver une jeune maman aux pupilles rouges dormant tranquillement, son fils respirant doucement dans un berceau non-loin du lit de cette dernière. Soudainement, il se trouva trop jeune pour mourir. La vie était encore devant lui après tout, mais son corps ne semblait plus de cet avis. Il le lui fit savoir en l'élançant violement quand il essaya d'ajuster le manteau sur son épaule gauche. La douleur, plus sourde que d'habitude lui arracha un cri rauque, bientôt saccadé par des hoquets douloureux. Une nouvelle larme dévala le contour saillant du visage du jeune shinobi. Cette fois-ci, elle n'était plus la cause que d'un maelström de douleur, de souffrance et de supplice.

Affaibli, frissonnant de part en part, l'argenté tenta de redresser la tête de manière à trouver de ses yeux fiévreux quelque chose à boire. Sa gorge le brulait et le gout de sang qui y stagnait lui donnait la nausée. L'effort pour soulever sa tête lui paru tellement violent que des petits pointillés noirs se mirent à danser devant ses pupilles bicolores. Après quelques secondes à tenter de stabiliser sa vision, il remarqua un récipient ébréché posé à quelques mètres de lui, contre le mur de pierre. A son grand désarroi, il comprit très vite qu'atteindre le pot serait impossible sans un déplacement complet de son corps. Rien que d'y penser, la douleur semblait revenir toute seule. Rassemblant ses dernières forces, il commença d'étendre son bras gauche. Puis doucement, mais néanmoins avec un rictus de douleur lui barrant le front, il tenta de faire pivoter son corps pour se retrouver sur le ventre. La rotation créa une pression insupportable sur ses cotes brisées, lui arrachant un râle de douleur se terminant en un profond sanglot. Si sa vue était déjà vacillante au part avant, elle était maintenant carrément brouillée, obscurcie par l'inconscience qui tentait de le gagner. Ses bras tendu devant lui, il exerça sur eux une traction pour se tirer dans la direction de l'objet tant convoité. L'effort lui arracha un cri en même temps qu'il senti ses forces l'abandonner définitivement ainsi que certaines plaies se rouvrir sous la pression. Sa tête heurta durement le sol de la cellule, mais il ne senti rien. Il s'était évanoui.


Une harde de biches et un cerf majestueux, broutait doucement à l'abri des branches amples d'un gracieux conifère. La neige n'avait pas recouverte les fines tiges de la maigre pitance dont se repaissaient les bêtes. Le vent froid, habituel compagnon en ces plaines du pays de la terre, balayait les abords de la futaie de son souffle glacé. Les gracieuses bêtes ne semblaient pas s'en formuler plus que cela. Un léger craquement fit sursauter le cerf, puis toute la harde détala.

Shizune observa pensivement le petit troupeau disparaître au-delà d'une colline. Eperonnant son cheval, elle rattrapa Genma qui trottait devant. Les chevaux ne faisaient partie de leur équipée que depuis quelques heures. En effet, ils avaient couvert la majeure partie du trajet reliant Konoha à Iwa en volant d'une banche à l'autre, habituel moyen de déplacement des ninjas. Ils avaient acheté les destriers dans une petite ville marchande à un jour et demie de voyage de la capitale du pays de la terre. On s'attendait à voir arriver un couple d'amoureux transi plutôt que deux ninjas expérimentés. Rien que d'y penser, la belle assistante en faisait des cauchemars. Un couple d'amoureux transis ? Alors que depuis le début du voyage ils évitaient soigneusement d'aborder ce sujet, voir même parfois de se regarder dans les yeux. Elle ne s'en était pas rendue compte tout de suite, mais il était maintenant plus qu'évident que le jeune commandant devenait de plus en plus distant et renfermé alors que leur destination d'arrivée se faisait plus proche que jamais. En d'autres circonstances, elle n'aurait pas fait trop d'histoire, cependant la mission était d'une importance cruciale et son co-équipier devait être à la hauteur des attentes qui reposaient sur eux deux. Ce soir, ils passeraient leur dernière nuit dans une auberge avant d'arriver à la capitale. Si l'homme ne changeait pas de comportement, elle serait obligée de mettre les choses au clair et cela bien qu'elle déteste profondément ce genre de discussion.

Un peu plus loin, l'intéressé mâchonnait nerveusement une brindille, les gens normaux ne se promenant pas avec un senbon coincé entre les dents. Il soupira discrètement. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter cette fichu mission ? Pas d'arme, se promener en civil avec une équipière et comble de tout, ils devaient jouer les jeunes mariés en voyage de noce. Il se savait piètre acteur, c'est pour cette raison qu'en général il ne faisait que des opérations musclées. Jiraya avait peut-être eu une idée géniale en montant cette équipée, il n'arrivait pas à se convaincre qu'il ne s'était pas fait abuser dans l'histoire. En fait, ce qui le gênait le plus dans tout cela c'était le fait que sa co-équipière ne soit autre que la seule femme qui retenait un tant soit peu son attention. Il s'en mordrait les doigts, il le pressentait.

Le pas lourd du cheval de la jeune assistante le sorti de ses pensées. Elle se mit à sa hauteur tout en lui décrochant l'un de ses sourires qui généralement ne le laissait pas indifférent. Il ne pu s'empêcher d'y répondre en laissant doucement ses lèvres s'étirer. Elle le rendrait fou avant la fin de cette mission, il en était de plus en plus sur. Il ne pouvait tolérer que quoique ce soit le déconcentre de son objectif, alors une personne encore plus que tout le reste. Comment pourrait-il être efficace si à chaque un de ses sourires il sentait son cœur frissonner ? Il s'en mordrait les doigts !

Se renfrognant, il talonna son destrier afin de remettre un peu de distance entre lui et le sujet de tous ses problèmes actuels. La demoiselle, le voyant se défiler une nouvelle fois, fulmina de rage. Elle éperonna sèchement son alezan et lui fit piquer un triple galop qui l'emporta loin devant son collègue. Ce dernier ne pu retenir un juron, la voyant s'en aller de la sorte. Que lui passait-il encore par la tête ? Décidément, Shizune était vraiment une personne compliquée… Il la rattrapa en arrivant au sommet d'une colline tranchant étrangement avec le manque d'altitude de cette plaine. En contrebas s'étalait un gros village comme on pouvait en voir tout au long de la route marchande qui reliait Iwa au pays de l'herbe. Il poussa son étalon blanc de manière à couper la route de la kunochi. Cette dernière stoppa net sa jument et le fixa, une lueur mauvaise dans ses pupilles d'onyx. Ce fut lui qui rompit ce silence orageux.

- Tu peux me dire ce qui se passe ? Qu'est-ce qui t'as pris de partir comma ça ? La questionna durement le jeune commandant ANBU.

- Te dire se qui se passe ? Attends, mais tu te fiches de mois là ? Cria-t-elle rageusement.

- Absolument pas ! J'aimerais bien comprendre pourquoi tu te mets dans un état pareil, c'est tout. Rétorqua-t-il sur le même ton.

Shizune secoua la tête de dépit. Il ne savait pas de quoi venait son état ? Mais il voulait vraiment la provoquer cet idiot.

- Ah, elle est bonne celle là ! Depuis que nous sommes partis, tu n'as pas cessé de te retirer ou parfois simplement de m'éviter. Quand nous abordons le sujet du déroulement de la mission, tu fais tout pour que la discussion tourne court et je ne te parle même pas de la fois ou je t'ai demandé comment nous allions faire pour que notre petite comédie de jeunes mariés fonctionne. Si il y a bien quelqu'un ici qui souhaiterait comprendre se qui se passe, c'est moi. Tu peux m'expliquer se que j'ai fait pour que tu me rejettes ainsi ? Peut-être souhaitais-tu une autre kunochi pour accomplir cette mission avec toi que ta co-équipière ? Demanda-t-elle, sa voix se brisant sous une trop forte tension.

Genma resta stoïque, du moins en apparence. Intérieurement, les paroles de la combattante venaient de le heurter en plain cœur. Non, il n'aurait voulu d'aucune autre ninja pour cette mission. Seule sa logique entrait en conflit avec son cœur et ses sentiments. Ne réussissant pas à les démêler correctement, il préférait s'éloigner un peu d'elle pour pouvoir prendre le temps d'y réfléchir tranquillement. Il ne pensait pas qu'elle le ressentirait de cette façon.

- Je… Non, se n'est pas ça du tout. Je suis très content que tu sois de cette mission avec moi. Répondit-il maladroitement en regardant ses pieds.

- Alors pourquoi es-tu devenu si froid et si distant ?

Il releva doucement la tête pour la fixer de ses deux yeux bruns. Shizune y lu quelques chose de très rare chez le jeune homme. Du doute, de la crainte et une part de tristesse enveloppait ses pupilles d'habitude si sur d'elles.

- Pardonne-moi si je me suis montré trop hautain et si je t'ai fait du mal. Je… je ne voulais pas. Murmura-t-il en laissant à nouveau ses yeux errer sur le sol.

- Tu es de plus en plus étrange Genma. Es-tu sur que tout va bien ? S'informa l'assistante de l'Hokage.

Il lui répondit simplement par un léger hochement de la tête affirmatif. Elle s'en contenta. Connaissant le personnage, elle savait qu'il ne dirait rien de plus. Parler était une facétie à laquelle il ne prenait par que quand il le fallait vraiment, alors s'exprimer sur ses propres problèmes était tout bonnement à exclure. Au moins, il était au courant du problème et elle savait qu'il ne lui en voulait pas à elle. La difficulté réglée, ils descendirent tranquillement en direction du bourg. Genma prit son courage à deux mains et rapprocha sa monture de celle de sa compagne. Délicatement et sans qu'elle s'y attende, il saisit sa main dans la sienne. Shizune réprima une exclamation tout en se retournant, posant son regard étonné sur leurs deux mains enlacées et sur l'homme qui l'accompagnait. Elle rougit légèrement, alors que lui se racla la gorge, peut à l'aise. C'est ainsi qu'ils pénétrèrent dans l'agglomération. Quelques personnes se retournèrent sur leur passage pour commenter le fort joli couple qu'ils formaient. La jeune femme n'eu pas besoin de se forcer pour imiter l'attitude de la jeune femme transie d'amour pour son mari. Ses joues rougissant légèrement auraient convainques n'importe qui. Le commandant eu quand à lui plus de peine à rentrer dans son rôle de jeune mari conquit par sa douce. Il en culpabilisait même. Il avait tellement rêvé de pouvoir faires se genre de chose avec sa co-équipière et maintenant qu'il pouvait le faire, s'était pour semblant dans le cadre d'une mission. Probablement qu'elle ne se doutait pas de ses sentiments réel et qu'elle réagirait mal en les apprenant. Il en arriva à la conclusion qu'il valait mieux pour lui et pour tout le monde qu'il taise ses émotions, du moins jusqu'à la fin de la mission et par la même éviter tous risques supplémentaires à une tâche déjà plus que périlleuse.

Malgré sa taille relativement important, la bourgade n'offrait qu'une seule auberge aux voyageurs de passage. Les soi-disant jeunes époux y pénétrèrent après avoir laissé leurs chevaux au garçon d'écurie de l'établissement. L'aubergiste, une petite femme grisonnante est bien portante, les accueillit avec un grand sourire.

- Vous désirez, chers voyageurs ? Leur demanda-t-elle d'une voix aigue sans pour autant être désagréable.

- Une chambre pour la nuit, s'il vous plait. Demanda la jeune noiraude en lançant un petit regard plain de sous entendus à son époux.

- Avec grand plaisir et vous êtes ? S'enquit-elle poliment.

- Monsieur et Madame Agako. Répondit l'assistante avec entrain, faignant avec beaucoup de talent le rôle de la jeune mariée fière de se présentée sous le nom de son mari.

La propriétaire des lieux leur tendit une clé après avoir régler le payement de l'hébergement. Ensuite, elle leur indiqua l'escalier leur permettant de se rendre au premier puis où se trouvait leur chambre. Genma empoigna les deux sacs de voyages qu'ils avaient emportés, puis ils s'y rendirent. Shizune fit tourner la clé dans la serrure et poussa la porte. La chambre était vraiment très attrayante. De couleur claire et bien illuminée par les deux fenêtres donnant sur les jardins, elle avait été décorée avec simplicité, bon goût et dans des coloris chaleureux tel que des jaunes, orange et bordeaux. La pièce était de taille moyenne, un grand lit double trônant au milieu, ainsi que des tables de nuits de chaque coté et une commode face à ces derniers. Une petite porte donnait sur une coquette salle de bain, elle aussi dans les tons chauds assortis au reste de la chambre.

Genma déposa les bagages tout en détaillant la pièce de son œil purement ninja, cherchant les issues ou toutes autres informations dignes d'importance. La kunochi s'approcha de lui en souriant.

- Chéri ! Voyons ! Laisse un peu tranquille ton travail, nous sommes en vacances là. Déclara-t-elle narquoisement d'une voix portante en lui passant un bras autour de la nuque pour se coller contre lui.

Le jeune commandant sorti de sa torpeur et ne pu s'empêcher de rougir légèrement en voyant sa co-équipière pendue à son coup. Aussi soudainement qu'elle l'avait enlacé, elle se recula de lui pour aller fermer la porte de la chambre restée ouverte. Toujours ahuris par l'attitude le la jeune femme, le châtain aux yeux bruns la fixa interrogativement.

- L'aubergiste était entrain de nous épier quand je suis revenue de la salle de bain. Justifia, tout sourire, la noiraude.

- Ah… bon… Marmonna-t-il.

- Oui, désolée, la prochaine fois je te préviendrai. Se moqua gentiment la demoiselle en pinçant la joue de son soi-disant mari tout en se dirigeant vers son coté du lit.

Ou du moins celui qu'il restait, étant donné que Genma avait déjà commencé de ranger ses affaires pour la nuit. Ce dernier marmonna quelque chose, cependant Shizune ne pu interpréter la suite de bruitage qu'il venait de faire. Pourtant elle avait sa petite idée sur se qui avait mis son collègue de coin. Visiblement, il n'était pas très à l'aise avec la promiscuité que leurs rôles demandaient. A dire vrai, elle non plus n'était pas des plus à l'aise avec ça, mais elle se consolait en se disant qu'elle avait déjà eu de la chance en tombant avec un aussi beau garçon et de surcroit quelqu'un qu'elle appréciait beaucoup et surtout qu'elle connaissait relativement bien.

Ils descendirent prendre un délicieux repas en tête à tête au restaurant de l'hôtel. Etant donné la saison, il n'y avait presque personne attablé dans la salle. L'ambiance était chaleureuse et la nourriture excellente. Ils parlèrent de choses et d'autres, de tout et de rien. Shizune fut très contente de pouvoir enfin avoir une vraie discussion avec son ami. Ils réussirent même à piquer un fou rire, preuve que Genma devait être particulièrement en confiance et se sentir à l'aise. Ils ne finirent pas tard, la route serait encore longue le lendemain pour atteindre Iwa.

Une fois de retour dans leur chambre, Genma laissa sa « femme » prendre possession de la salle de bain alors que lui se changerait près du lit. Shizune revint alors qu'il était encore tors-nu, elle, portant une simple chemise de nuit à fines bretelles. Ils rougirent sensiblement autant l'un que l'autre. La demoiselle s'allongea sous les draps. Le jeune homme passa à son tour dans la salle d'eau, puis il revint vers le lit pour prendre l'oreiller et l'une des deux couvertures.

- Tu vas encore dormir par terre ? Demanda doucement la belle noiraude en s'assaillant dans le lit.

- Mmmh… Grogna le commandant en étalant le grand rectangle d'étoffe par terre.

- Je… Tu sais que nous ne pourrons plus faire ça une fois à Iwa. Imagine que quelqu'un nous surprenne moi dans lit et toi au sol ou sur le canapé. Cela ne sera pas du tout crédible, enfin… tu vois se que je veux dire… Bafouilla-t-elle.

Le shinobi s'arrêta un instant dans ces mouvements pour contempler la jeune femme, puis la place libre dans le lit. Jusqu'à présent, ils avaient toujours fait ainsi, mais il savait pertinemment qu'elle ne faisait nullement la réflexion dans le but qu'ils soient absolument ensemble. Elle proposait cela pour le bien de la mission et elle avait raison. Il se gratta légèrement derrière la tête, puis récupéra son oreiller pour s'installer aux coté de la belle au regard d'onyx. Elle s'allongea à nouveau, lui tournant le dos. Il fit pareil et éteignit la lampe de chevet. Rapidement la respiration calme et posée des deux ninjas bruissa doucement dans le silence de la chambre, pourtant aucun des deux ne dormaient, trop occupé à pensé à l'autre. Le sommeil fini quand même par les emporter dans les bras de Morphée.


Une ombre noir se dessina un instant sur le toit de l'un des hangars du port. La silhouette se réceptionna silencieusement en arrivant sur le sol un peu plus bas. Elle fut bientôt rejointe par trois autres personnes. Deux hommes et une femme aux cheveux roses se glissèrent jusqu'au mur contre lequel elle s'était appuyée. Un grand châtain sombre lui tendit un chapeau de paille traditionnel comme en porte la plus part des hommes dans le nord du pays de la terre. L'ombre attacha ses épais cheveux noir en chignon, laissant scintiller un instant ses pupilles rouges à la lueur de la Lune, puis elle revêtit le couvre chef. Kurenai ressemblait maintenant à s'y méprendre à un pécheur de la cote. Elle avait enfilé une tunique de toile grossière grises foncée, coincé ces pantalons noir dans ces bottes de cuir brun et au final, elle avait enfilé un manteau de cuir noir. Une écharpe de laine grossière enroulée autour du coup, elle avait tout fait pour cacher au maximum sa condition féminine.

La petite troupe se laissa couler entre deux anciens bâtiments de bois rongés par le iode pour se retrouvé dans une partie moins fréquentée du port de ce petit village de pécheurs. Là, ils n'eurent aucune peine à retrouver la barque qu'ils avaient remarqué quelques heures plutôt, lors de leur petite opération de repérage. Ils avaient atteint le port en fin d'après-midi. Ensuite, ils avaient fait chacun leur petite enquête pour en apprendre un peu plus sur les manies des habitants de l'île noire qui leur faisait face à plusieurs centaines de mètres au large. Par une chance inouïe, Kiba rencontra un homme qui ne pu s'empêcher de se venter du nouveau poste de gardien qu'il venait de décrocher dans la citadelle. Le maître chien, voyant le profit de cette information, captura le grand bavard et l'assomma avant de l'enfermer dans une remise un peu à l'extérieur du bourg. Après avoir retrouvé ses compères dans l'une des deux brasseries que comptait le port, il leur exposa l'idée qui avait germé dans sa tête. L'un d'eux prendrait la place du vantard et pénétrerait ainsi beaucoup plus facilement dans la citadelle du seigneur Azerti. Sa propositions accueillit l'aval de tout le monde, cependant il parut très rapidement que la seule personne capable de ramener Kakashi le plus rapidement hors de la citadelle serait Kurenai qui connaissait déjà le terrain. Yamato en fit la remarque et tous le monde du bien reconnaître qu'elle était la seule à pouvoir pénétrer dans la forteresse en ayant le plus de chance d'en ressortir vivante avec le shinobi retenu prisonnier. De toute évidence, il aurait été impossible de laisser plus de personnes passer les murs, ne serait-ce que par discrétion et par clairvoyance. Ils étaient cinq dans l'équipe. L'un d'eux devrait rester à terre pour préparer la fuite de l'équipée, un autre devrait surveiller la barque une fois sur l'île car il n'allait en aucun cas aborder au ponton de la citadelle, ensuite il faudrait une troisième personne pour très probablement soigné le fils du Croc-blanc de Konoha une fois dans l'embarcation et cette personne était déjà toute choisie en la personne de Sakura. Saï se proposa spontanément pour garder les chevaux et Kiba déclara que ramer sur près de deux kilomètres aller-retour ne lui faisait pas peur. Il ne restait plus que Yamato, mais Kurenai ne voyait pas comment réussir à l'emmener jusque dans la forteresse sans créer plus de problème qu'elle risquait déjà d'en avoir. Ils décidèrent que le remplaçant de Kakashi accompagnerait la jeune mère le plus loin possible et que son aide ne serait surement pas de trop selon l'état de l'argenté lors du retour jusqu'à la barque.

Discrètement, les quatre silhouettes sautèrent dans l'embarcation de l'homme assommé par Kiba. Ce dernier n'avait pas eu besoin de beaucoup se renseigner pour découvrir ou se trouvait le bateau du futur gardien. Tout le monde connaissait ce prétentieux au village. Yamato décrocha l'amarre et s'installa aux cotés du jeune Inouzouka pour l'aider à ramer. Les deux femmes s'étaient installées à la proue de la chaloupe et finissaient de préparer la belle au regard vermeille en lui étendant un peu de cirage noir sur les joues pour donner un plus de virilité à ses traits et aussi de la discrétion en cachant le brillant des arrêtes de son visage.

La mer était agitée, chose normale aux vues de la saison, cependant ils avaient entendu dire qu'une tempête risquait de s'abattre au petit matin sur tout le littoral du pays de la terre. C'était un peu juste pour récupérer Kakashi, mais ils n'avaient pas le choix car personne ne peut prédire quand ce terminera une tempête dans cette partie ci du pays. Il devait être minuit. En principe, et si tout se passait bien, ils seraient de retour au port avant le lever du soleil. Kiba ramait avec acharnement à un rythme soutenu, mais largement supportable pour ses larges épaules et son corps d'athlète. Sakura, une fois le maquillage de sa supérieure terminé, resserra son manteau sur ses épaules en fixant le sac de voyage qu'elle avait emporté. A l'intérieur se trouvait une grande partie de son matériel de médic-nin et un manteau pour couvrir son sensei. Elle frissonna tout en espérant qu'ils n'arriveraient pas trop tard. Son maître avait une condition physique hors-norme et des réserves de chakra particulièrement phénoménales. Mais de ce qu'elle avait pu arracher comme renseignements à Kurenai, cela risquait de ne pas suffire. La rose sourit un instant. Elle avait vraiment du batailler dur pour en apprendre un peu plus de la bouche de la jeune maman sur cette partie de son histoire. La belle au pupille pourpre n'avait vraiment aucune facilité à s'exprimer sur ce sujet. La fleur de cerisier le comprenait, mais elle avait besoin de savoir à quoi s'attendre en retrouvant son sensei. Les quelques bribes d'informations obtenues ne l'avaient absolument pas mise en confiance. Visiblement, le clan Azerti avait un moyen de vous vider de vos réserves de chakra de manière à ce qu'il vous en reste juste assez pour soutenir les interrogatoires et pour rester en vie. Elle grimaça de dégout en imaginant les dégâts que cela pouvait causer au corps d'un ninja. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard…

Kurenai observait les trois personnes qui l'accompagnaient. Kiba concentré sur l'effort que lui demandait la barque, Yamato à peut près dans le même état et Sakura qui regardait pensivement au large. Ils étaient tous soucieux à leur façon. La jeune femme sentit quelques chose se tendre dans son ventre quand ses yeux rouges ce posèrent sur l'îlot noir qui se dressait devant eux à encore deux ou trois cents mètre. Le contour acéré que dessinaient les tours au sommet du rocher lui fit émerger des souvenirs qu'elle croyait avoir oublié depuis bien longtemps. Cette même île, une embarcation semblable, une nuit aussi sombre et le regard mauvais de son frère jumeaux, ainsi que de ses hommes. Tout lui revenait violement en mémoire. Les nuits à trembler dans les geôles, à pleurer et puis cette occasion inespérée qui lui avait permis de s'échapper. Sa course folle pour atteindre ne serait-ce que la muraille extérieure. Elle avait cru que jamais son corps endoloris ne supporterait d'aller si loin. Ensuite, bien des heures plus tard, il y avait eu le navire marchand qui venait ravitailler la forteresse. Par chance, le capitaine du bateau était soul et n'avait pas remarqué la silhouette maigre et sanguinolente se faufiler sous les cordages. La traversée était mauvaise et à plusieurs reprises des vagues d'une eau salée et glacée s'était abattues sur elle, la faisant gémir sous la brûlure du sel sur ses plaies encore ouvertes. La suite tenait du rêve. Elle était ressortie du bateau à la nuit tombée, puis elle avait volé un cheval pour s'en aller dans les montagnes. Elle voulait se rendre dans une caverne qu'elle avait découverte en se baladant dans ces contrées pour parfaire sa connaissance de la région quelques temps plutôt. En chemin, elle avait pénétrer dans une petite ferme dans l'espoir d'y chaparder quelque chose à manger ou au moins à boire. Une vieille femme l'avait surprise. Epuisée, la belle aux yeux rouges s'était effondrée en suppliant la fermière de lui donné à boire un tout petit peu d'eau. La suite, encore maintenant elle avait de la peine à s'en souvenir. Elle n'était pas restée longtemps chez la femme aux cheveux grisonnant, pourtant elle n'arrivait pas à dire combien de temps elle avait passé chez elle. La vieille l'avait soignée de manière basique et par la suite, elle lui avait donné des petites réserves ainsi que quelques vêtements. Kurenai s'était alors rendue dans les montagnes pour reprendre des forces dans la caverne.

Malheureusement, son frère la recherchait activement et elle n'eu que pour seule solution que de franchir l'un des hauts cols malgré son état encore critique. La traversée fut longue et périlleuse. La belle au regard de sang ne pu que remercier Dieu de lui avoir donné pour cheval une bête au pied sur. A bon nombre de reprises, elle perdit connaissance, mais la bête continua son chemin. Elle se souvient un jour s'être réveillée aux abords d'une forêt, puis se fut une voix familière qui la tira de son inconscience. Des bras forts et puissants la soulevant avec facilité, des mots de réconfort prononcés sur un ton grave et soucieux, ses mains caressant ses cheveux collés par le sang sur son beau visage au teint blême, un peu de chaleur lors ce qu'il la serrait contre sa poitrine et se parfum reconnaissable entre tous. C'était lui. Asuma.

La jeune mère cligna des yeux, sortant de ses souvenirs pour fixer la paroi de pierre qui se rapprochait doucement. Elle ne savait pas vraiment si c'était suite à ce sauvetage qu'elle avait commencé à ressentir quelque chose pour le futur père de son fils, toute fois elle se souvenait s'être promise de trouver un homme aussi attentionné que lui, lors ce qu'elle était malade. Elle sourit tristement et ajusta le chapeau sur sa tête. Tous ses sens se mirent en éveil, à la recherche d'un indices ou de quoique ce soit de suspect. L'île n'était plus qu'à une petite dizaine de mètres maintenant. La tension montait et maintenant elle était palpable en chacun d'eux. Sakura soupira pour se redonner confiance, Kiba se racla la gorge en laissant ses yeux observer la falaise et Yamato frissonna un instant avant de reprendre son assurance de guerrier expérimenté. Kurenai se leva, prête à sauter par-dessus bord, l'ANBU aux yeux noirs sur ses talons. Le bateau produisit un raclement désagréable et bruyant en s'échouant sur les galets de la petite plage. Les deux aînés mirent pied à terre, pour ensuite se diriger vers une sorte de pseudo sentier qui courrait le long de la falaise. La jeune mère ouvrait la marche, tous ses nerfs tendus tels des cordes d'arcs. Un rocher glissa sous ses pieds et la fit sursauter violement. Yamato pausa doucement sa main sur l'épaule de la femme déguisée tout en lui murmurant de se détendre. Après plusieurs mettre d'ascension entre les rochers, ils atteignirent les abords du mur d'enceinte de la citadelle. La belle au regard de braise se tourna vers son collègue pour lui signifier qu'il ne devait pas aller plus loin. Ce dernier l'attira doucement dans ces bras en lui murmurant un « bonne chance » imperceptible.

Après s'être dégagée, elle reprit discrètement sa progression le long des murs de défenses quai infranchissable. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne se retrouve près de la porte d'accès à la forteresse. Avant de continuer son chemin, elle observa scrupuleusement le moindre signe de vie et les moindres espaces qui pourraient lui rendre service une fois de retour avec Kakashi. Son inventaire lui appris qu'elle pourrait se cacher sous un arbre un peu à sa droite, ensuite un rocher la dissimulerait à ses poursuivants durant quelques secondes. Peut-être juste assez de temps pour pouvoir gagner le rebord de la falaise où l'attendait Yamato. Elle inspira un bon coup et commença de contourner le champ herbeux qui s'étendait devant elle afin d'arriver devant l'édifice par le chemin d'accès montant depuis le ponton.

D'une démarche qu'elle voulait la plus masculine possible, elle s'avança sur le chemin de pierres concassées. Au détour du dernier lacet que formait l'allée, elle pu apercevoir la gigantesque porte rouillée par le temps, mais ouverte, et deux gardes qui se tenaient devant elle. A l'insu de leurs regards, elle invoqua un léger genjutsu pour faire disparaître la couleur aisément identifiable de ses pupilles. D'un pas sur et volontaire, elle se retrouva devant les deux hommes de faction. Le premier fronça les sourcils en voyant un étranger se présenter aux portes de cet endroit redouté à des dizaines de kilomètres à la ronde. Le second abaissa sa lance et interpella le nouveau venu.

- Qui es-tu ? Et que viens-tu faire ici ? Demanda-t-il d'une voix sonore, portant loin.

- Je viens pour le poste de gardien que ton supérieur m'a promis. Répondit prétentieusement la belle en utilisant un léger jutsu pour rendre sa voix aussi grave qu'un homme.

- Laisse-le passer, Fuyuhira m'en a parlé. Rétorqua le premier homme en faisant signe à son acolyte de laisser la place à l'homme coiffé du large chapeau des pécheurs de la région.

- Soit le bienvenu en enfer, petit. Ricana narquoisement le second gardien, un sourire mauvais visser aux lèvres.

Kurenaï les salua d'un geste de la tête, puis passa entre eux deux. Elle garda un sang-froid exemplaire alors qu'ils tentaient de la dévisager. Elle avait parcouru quelques mètres et se trouvait à présent sous le porche gigantesque percé dans l'épaisse muraille, quand elle se retourna subitement.

- Où puis-je trouver ce Fuyuhira ? Demanda-t-elle sur un ton plain de confiance et de maîtrise de soi.

- Travers la court jusqu'au donjon, puis gravis les escaliers qui mènent à la grande porte. Il doit probablement se trouver au chaud avec la tempête qui arrive et non aux prisons comme à son habitude. Lui répondit en grimaçant le gardien qui l'avait autorisé à entrer.

La jeune mère se retourna en joignant ses mains pour commencer les signes composant l'un de ses plus puissant genjutsu. Dans la pénombre, l'air sembla frétiller un instant avant que les deux gardiens ne reprennent toute leur attention en suivant du regard leur futur collègue de garde qui se dirigeait vers le donjon. Cachée derrière la muraille, au coin de la porte, la kunochi observa un instant leurs regard suivre son clone. Parfait, ils mordaient à l'hameçon. Maintenant, il fallait faire très vite tout en maintenant le jutsus d'illusion jusqu'à ce qu'elle ressorte. Elle savait que cela lui brûlerait une grosse quantité de chakra, mais si tout se déroulait comme prévu, elle n'aurait probablement pas besoin de plus d'énergie. Dans un léger bruissement, elle se dirigea vers la partie de la citadelle qui donnait au dessus de la falaise sous laquelle ils avaient débarqué avec son équipe de sauvetage. Tous les sens en alerte, elle s'engouffra dans l'ouverture noire et immense qui donnait sur la salle voutée au plafond haut de près de dix mètre. Elle ne pu s'empêcher de se demander à quoi pouvais bien servir un pareil bâtiment qui cachait dans ses sous-sol des geôles infâmes. Elle n'en voyait aucune utilité sur cette île de malheur.

Doucement elle atteignit le haut des escaliers menant aux souterrains. Elle stoppa net, écoutant le moindre bruit qui pourrait trahir une présence quel qu'elle soit. Après de longues secondes, elle commença de descendre les marches de pierre avec les plus grandes précautions. Arrivée au bas de ces dernières, elle s'arrêta un instant pour contempler cet endroit maudit ou elle avait séjournée. Elle se souvient très rapidement que la cellule du gardien se trouvait être la première porte à gauche au bas des escaliers. Elle colla son oreille à la porte de bois, mais ne perçu que la respiration lente d'un dormeur. Doucement, elle reprit son avance dans le couloir froid et humide. Ses perceptions de ninja lui indiquèrent que les premières cellules ne renfermaient pas la personne qu'elle recherchait. Aucun chakra qui s'y trouvait ne correspondait à celui du shinobi de Konoha. Elle avait parcourue la moitié du boyau de pierres sombres quand elle senti une légère présence familière. Ce n'était pas plus grand qu'une toute petite étincelle de vie, mais suffisante pour attirer son attention de kunochi expérimentée. Elle s'agenouilla devant la lourde porte de chêne qui la séparait du but de sa mission et sorti un fine tige de métal qu'elle inséra dans le vieux mécanisme qui servait de serrure. En moins de temps qu'il ne fallu pour le dire, le loquet avait céder. Priant pour que la porte fasse le moins de bruit possible, elle s'appuya contre jusqu'à ce qu'elle bascule sur ses gons rouillés. Sentant que si elle donnait plus de pression au panneau de bois, les parties de métal lui permettant de pivoter hurleraient d'usure et de mauvais entretien, elle se glissa précautionneusement dans le petit espace qu'elle avait pu dégager.

Ces yeux mirent quelques secondes à s'habituer au noir qui régnait dans la petite pièce. Elle aperçu rapidement une forme roulé en boule sur le sol, mais se qui lui permit de reconnaître cette chose comme étant un être vivant était plus l'odeur de sang, de transpiration et de maladie qui s'émanait d'elle. Elle mit un genou en terre et repoussa délicatement le morceau de toile qui recouvrait la pauvre créature blotti en position fœtale à ses pieds. Elle retint un juron de rage.