Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Bonjour à LittleGhost, mon fantôme préféré que j'espère voir encore et à qui j'aime beaucoup parler (oui, j'aime parler aux fantômes, mais d'ordinaire ils ne répondent pas donc j'en profite). Un grand merci pour sa dernière review qui m'a fait très plaisir. Par contre, et j'espère que cela ne va pas la décevoir, si j'ai une ligne directive pour mon histoire, un thème de base, je laisse ensuite le texte faire ce qu'il veut donc, il me faut bien l'avouer, si je connais la destination finale j'emprunte pas mal de chemins de traverse avant de l'atteindre. Ce qui fait que parfois, je ne sais plus trop où tout cela m'entraîne. La preuve avec cette histoire, je devais parler d'un tournage de film et je me retrouve à leur faire passer le brevet... mais bon, on va bien finir par atteindre le moment du tournage, promis.
Petit mot à l'intention de la personne ayant reviewé en anonyme : je dirai que les parents de Marinette voient les choses de leur point de vue, qui est forcément extérieur puisqu'ils n'ont assisté à rien. Quand à la réaction d'Adrien, je ne crois pas qu'il lui en veuille vraiment, c'est plus qu'il en a un peu trop enduré.
Silence on tourne !
11)Revirement de situation
Le lendemain lorsque Marinette et Adrien arrivèrent au collège ils eurent la surprise d'entendre madame Bustier leur demander de rester après les cours.
Ils acceptèrent en se demandant ce qu'elle pouvait bien leur vouloir.
Ils n'étaient pas les seuls, tous les élèves de leur classe se posaient les mêmes questions.
Chloé la première.
Même si elle restait à bonne distance d'Adrien et de ceux avec qui il préférait visiblement être elle continuait à les observer.
Sa colère première avait laissé place à une certaine tristesse.
Elle avait eu l'occasion d'être avec Adrien et l'avait laissée passer. Comment avait elle pu se montrer si stupide ?
Si elle n'avait pas cédé à la rage elle aurait pu avoir plusieurs jours avec lui, même si elle ne lui avait pas été d'une grande utilité.
Elle regardait Adrien qui écoutait leur enseignante et peu à peu son assurance un instant ébranlée lui revenait en force.
Après tout Adrien lui même avait dit qu'il était tout à fait disposé à tenir parole, ce qui voulait dire qu'elle pouvait encore lui demander de le faire.
Il n'oserait probablement pas refuser, il était bien trop gentil pour cela.
Chloé balaya soigneusement les derniers restes de remords qu'elle avait ressenti.
Elle pouvait aller lui demander, il n'était pas en mesure de dire non.
Prenant son courage à deux mains elle profita de la première pause de la journée pour se rapprocher de lui.
Il était en train de mettre de l'ordre dans ses notes et ne se rendit pas compte immédiatement de sa présence.
Alya, Nino et Marinette la virent venir eux, avec un peu de surprise, après ce qu'il s'était passé dans le bureau du directeur Marinette n'aurait jamais imaginé que la blonde puisse avoir le cran de revenir vers Adrien de la sorte, Alya et Nino pensaient qu'elle aurait renoncé puisque Adrien n'avait pas vraiment eu besoin de son aide.
Marinette avait préféré ne pas leur retracer les mots de Chloé, cela aurait été tout aussi indélicat que les propos tenus. Elle n'avait aucune envie de devenir comme sa rivale.
La voir approcher, alors qu'elle même n'avait pas encore eu l'occasion de présenter ses excuses à Adrien la contraria. Qu'est-ce que la blonde allait bien pouvoir leur sortir cette fois ?
Il y avait peu de chances pour que l'adolescente blonde vienne pour exprimer des regrets concernant son attitude dans le bureau du directeur, ce n'était vraiment pas dans son caractère, ou alors c'était qu'on l'avait changée. Le visage tendu de la fille du maire ne laissait que peu d'espoir à ce sujet. Elle n'avait vraiment pas l'air de quelqu'un qui a des remords.
Adrien se raidit en découvrant Chloé près de lui lorsqu'il leva les yeux de ses notes. Il n'avait pas oublié les mots cruels qu'elle avait eu à son encontre et, au vu de son expression, il était en droit d'en redouter d'autres.
Chloé semblait décidée, ce qui était parfois mauvais signe. Quand elle avait ce genre d'expression elle était capable de tout.
- Chloé... murmura t'il.
- Je suis disposée à tout oublier, mais seulement si tu fais ce que tu avais dit que tu ferais. Déclara Chloé d'un ton détaché.
Elle donnait l'impression d'être en train de lui faire une immense faveur.
Adrien la regarda d'un air égaré.
Après ce qu'elle avait dit dans le bureau du directeur il s'était attendu à tout sauf à cela.
Chloé ne broncha pas et n'ajouta rien, elle attendait qu'il lui réponde et il était visible qu'elle n'allait pas se contenter d'un peut être. Il était également clair qu'elle n'accepterait aucun refus.
Un frisson désagréable secoua Adrien. Il ne pouvait pas dire non, pas après lui avoir assuré qu'il le ferait, et devant témoins qui plus est.
Marinette avait tout d'abord été ébahie puis elle avait senti la colère l'envahir.
Comment Chloé osait elle exiger d'Adrien qu'il tienne parole après s'être montrée si odieuse avec lui dans le bureau du directeur ?
Elle avait beau avoir un aplomb infernal, Marinette n'aurait jamais cru qu'elle puisse aller aussi loin.
Adrien était conscient des regards braqués sur lui, et cela lui pesait de plus en plus.
C'était comme dans un de ces cauchemars sans fin où, chaque fois que l'on a le sentiment d'avoir enfin réussi à s'en extraire on réalise qu'en vérité il ne fait que commencer.
Il pressa ses deux mains l'une contre l'autre, fixant son bureau, pour éviter de voir les autres le regarder. Ce qui ne l'empêchait malheureusement pas de sentir encore leurs regards.
Chloé restait égale à elle même en venant lui demander cela.
Ce n'était pas trop un problème pour lui de le faire, du moins après les examens, tous les examens, elle était son amie d'enfance après tout. Et pourtant...
Si, cela pouvait devenir très sérieusement un problème.
Parce qu'il y avait Marinette...
Marinette dont il avait vu le caractère fluctuer dangereusement ces derniers jours, un coup distante, un coup proche de lui et l'instant d'après à nouveau presque hostile.
Il en était presque à regretter le temps où elle ne parvenait pas à aligner trois mots en s'adressant à lui. C'était alors drôle, charmant aussi.
Il se secoua avec effort, Chloé attendait sa réponse et elle n'était pas patiente, donc mieux valait ne pas trop tarder à lui dire quelque chose.
Un regard autour de lui lui apprit qu'en vérité toute la classe semblait attendre sa réponse et il se sentit rougir d'embarras.
Pourquoi est-ce que Chloé n'avait pas eu la brillante idée d'attendre qu'ils soient seuls ?
Ah... question stupide... il connaissait déjà la réponse.
Parce que c'était Chloé et qu'elle adorait avoir un public.
Qu'elle se moquait éperdument que ce ne soit pas son cas.
Tout comme elle se moquait totalement de ses sentiments.
Peu lui importait qu'il l'aime ou non, elle avait décidé que oui et n'entendrait pas la vérité.
Cela rendait les choses plus faciles quelque part.
Adrien pouvait répondre sans pour autant s'engager véritablement. Chloé n'y attacherait aucune importance, la seule chose qui comptait pour elle c'était de sauver les apparences.
Cela tombait bien, Adrien était passé maître dans ce domaine depuis longtemps.
Il ne poussa pas l'hypocrisie jusqu'à lui sourire mais il lui donna exactement la réponse qu'elle attendait. Une réponse qui n'était ni un mensonge, il était vraiment prêt à le faire, ni une vérité, il n'avait aucune envie de le faire.
Il faisait ce qu'elle attendait de lui, comme il le faisait avec son père, sans sentiment.
Il le faisait en se sentant vide. Si désespérément vide.
- Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit Chloé, mais tu vas devoir me laisser un peu de temps. Dit il après son temps de réflexion. Je dois tout d'abord me consacrer aux révisions. Lorsque le brevet sera passé nous pourrons faire ce que tu voudras.
Ses mots furent salués par un profond silence.
Même Chloé semblait surprise qu'il donne son accord si facilement.
Elle s'était attendu à ce qu'il lui oppose quelques résistances.
- Très bien, à dans quelques jours alors. Dit elle d'un ton satisfait.
Elle retourna à sa place sans attendre d'autre réaction, et en levant haut le menton pour mettre qui que ce soit de faire le moindre commentaire contre elle.
Personne ne s'y risqua, malgré l'indignation qu'elle même ressentait Alya avait posé la main sur le bras de Marinette afin de l'exhorter à la patience et à la modération.
- Laisse moi parler d'accord ? Dit elle à Marinette.
Marinette approuva en silence.
En vérité elle n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit à Adrien.
Strictement rien.
Elle ne voyait pas du tout ce qu'elle aurait bien pu trouver à lui dire cette fois.
Il avait fait son choix, librement, sans que rien ni personne ne le force.
Il aurait pu dire non.
Il aurait du dire non.
Parce que c'était Chloé et qu'elle s'était montrée infecte avec lui.
Mais il avait dit oui... une fois encore, une fois de plus.
Marinette ne le comprenait pas du tout.
Adrien se leva et s'éloigna, son sac à l'épaule, évitant les regards de ses amis.
Il avait presque l'impression d'étouffer à présent.
Il était pris au piège, aussi bien par son père que par Chloé et il n'y avait aucun moyen pour lui de leur échapper.
Il entendit la voix d'Alya qui tentait de le retenir mais préféra ne pas en tenir compte. Il fallait qu'il sorte de là... Tout de suite !
Il avait l'impression que son cœur s'affolait dans sa poitrine, l'angoisse qu'il ressentait à présent était si forte.
Il avait dit oui à Chloé...
Il lui avait dit oui alors qu'il aurait du refuser, qu'il aurait pu le faire en se réfugiant derrière la blessure qu'elle lui avait causé.
Il se précipita dans un vestiaire désert et s'adossant au mur il se tint la tête à deux mains, se laissant lentement glisser le long de la paroi.
Plagg s'échappa de sa veste et vint se placer au ras de son visage.
- Mais qu'est-ce qui t'a pris d'accepter ? Questionna le kwami noir d'un ton incrédule.
- Je ne sais pas... je ne sais vraiment pas... souffla Adrien sans retirer ses mains.
Dans la salle de cours Marinette décida qu'elle ne pouvait pas rester sans rien faire.
Elle avait été surprise de la décision d'Adrien, mais quelque part, cette décision était tout à fait le genre du garçon. Adrien avait bon cœur, il était toujours prêt à pardonner, même à ceux qui s'étaient montrés injustes envers lui.
N'avait il pas fait le premier pas vers elle après l'incident du chewing-gum ?
Elle lui devait encore des excuses et c'était le moment idéal pour lui en présenter.
Elle se mit en quête de l'endroit où il avait bien pu se réfugier après avoir quitté la salle.
Il n'était certainement pas parti très loin.
- Adrien ? Appela t'elle en approchant des vestiaires, l'endroit le plus probable où le chercher.
Plagg et Adrien ne manquèrent pas de l'entendre et Adrien laissa retomber ses mains, lançant un regard affolé à son kwami.
- Vite ! Cache toi ! Il ne faut pas qu'elle te voit !
- Je sais, je sais. Maugréa Plagg en regagnant sa cachette.
Il s'y cacha quelques secondes avant que Marinette n'entre.
Adrien leva les yeux vers elle.
- J'imagine que tu es venue me dire que tu n'approuves pas ma décision. Soupira t'il.
Marinette fut frappée par son expression résignée.
Elle ne l'avait jamais vu ainsi, ou du moins elle n'en avait pas le souvenir.
Il n'avait certainement pas besoin qu'elle en rajoute. Chloé avait fait bien assez de mal comme cela.
Elle s'accroupit lentement pour se mettre à sa hauteur comme elle l'aurait fait pour un autre.
Comme elle l'avait fait déjà.
- Je suis venue te chercher, les cours ne vont pas tarder à reprendre, ce serait dommage que nous soyons en retard tu ne crois pas ? Surtout que madame Bustier veut nous parler ensuite.
Adrien lui adressa un faible sourire.
- Oui, ce serait effectivement un comble, après tout le mal que j'ai causé pour obtenir ces épreuves en plus.
Marinette se fit violence pour ne pas le prendre dans ses bras, il lui donnait tellement envie de le consoler à la regarder de la sorte.
- Tu n'as rien fait de mal Adrien, dit elle fermement, tu as juste lutté pour donner satisfaction à tout le monde. J'aimerai être comme toi parfois...
Adrien la regarda avec ébahissement.
Elle avait l'air si sérieuse, elle le regardait droit dans les yeux et elle s'exprimait clairement, c'était très loin de leurs échanges d'avant.
Puis les mots qu'elle venait de prononcer s'imposèrent à lui.
Marinette voulait être comme lui ?
Quelle drôle d'idée...
Enfin, elle avait dit parfois, ce qui voulait dire qu'elle ne le voulait pas tout le temps, ce qu'il comprenait mieux.
Lui même préférait souvent ne pas être lui.
- Et moi j'aimerai souvent ne pas être moi. Murmura t'il.
Ou plus exactement, il aurait voulu pouvoir rester celui qu'il devenait lorsqu'il demandait à son kwami de le transformer.
Chat Noir était tellement meilleur que lui. S'il y avait eu un moyen pour qu'il le devienne à jamais et soit libéré de son autre vie Adrien l'aurait saisi sans hésiter.
Lorsqu'il était Chat Noir il était libre, puissant, utile...
Tout ce qu'Adrien n'était pas et ne serait jamais.
Il n'y avait qu'un seul point commun entre ses deux moi.
Ils n'étaient pas aimés par ceux dont ils voulaient l'amour.
A suivre
