Bonsoir à tous !

Voici le nouveau chapitre, sorti en avance.

Merci à tous pour les reviews !

Disclaimer : Harry Potter est à J.K. Rowling


Chapitre 11 : Langue de vipère

La mort de Gemma Farlay avait été un sujet présent sur toutes les bouches pendant près d'une semaine.

Ensuite, avec la lassitude causée par la répétition de l'information et le classement de l'affaire par les autorités, ce sujet ne faisait plus beaucoup parler. Désormais, l'on jasait davantage sur le couple mystérieux qui avait fait grincer le placard du quatrième étage.

Pour faire simple, les choses avaient continué normalement à Poudlard.

Les cours de Défense contre les forces du mal, ceux qui étaient pourtant attendus avec le plus d'enthousiasme, virèrent bien vite à la farce.

Enfin, Harmonie aurait préféré qu'on lui enseigne les forces du mal, c'était un domaine de la magie qui lui semblait attrayant et intéressant. Même si elle savait que la facilité n'était pas toujours la meilleure solution, cette voie était attrayante.

Par contre, elle ne comptait pas se limiter à cette seule magie. Elle voulait aller plus loin que ceux qui se complaisaient dans cette branche de la magie, elle voulait en maîtriser bien plus. Elle avait lu Grandeur et décadence de la magie noire au XXème siècle. Elle aimait le savoir et découvrir des choses, pour les mettre en application. Elle voulait qu'à coté de sa puissance, ces sorciers célèbres passent pour des amateurs. Surtout, elle aimait sa discrétion. Elle voulait être puissante, mais agir dans l'ombre, selon ses désirs. Il était bien plus facile de faire ce qu'on désirait lorsqu'on était loin des regards. Malheureusement, sa célébrité serait sûrement problématique dans le futur.

Quoi qu'il en soit, elle avait encore du chemin à faire, si elle voulait atteindre ses ambitions. Pour l'heure, elle s'ennuyait comme un Veracrasse mort.

Quirinus Quirrell était un homme dont le bégaiement rendait son discours absolument horripilant, totalement frustrant et abominablement stressant. En fait, la brune ne savait pas s'il y avait un terme assez fort pour décrire à quel point c'était insupportable. Son sujet, qui aurait pu être passionnant, était certes maîtrisé, mais il n'arrivait pas à le restituer de façon à être intéressant.

L'entendre déblatérer avec la prononciation d'une mitrailleuse était passablement agaçant et s'il y a bien une chose que la brune détestait, c'était qu'on se moque d'elle ou qu'on lui fasse perdre son précieux temps.

Malheureusement pour Quirrell, il avait tout faux sur les deux tableaux.

Non seulement elle pouvait en apprendre plus à la bibliothèque ou en demandant de l'aide à Drago, mais elle ne supportait plus ce bégaiement irrégulier. Il n'accentuait jamais les mêmes syllabes, c'était agaçant et suspect au possible. Pourquoi Dumbledore avait-il engagé ce gars-là ?

Harmonie soupira, avant de se reposer sur son banc. Elle avait encore une demi-heure à tuer et elle ne supportait plus ce type.

- Pénible, soupira t-elle à mi-voix, en ne s'adressant à personne en particulier.

- Vrai, chuchota Malefoy, occupé à noter le cours et à envoyer des petits oiseaux en papier sur la tête d'un des Poufsouffle situé quelques rangées plus bas dans l'amphi. Son cours est trop haché.

- Haché ? demanda Harmonie avec un sourire mauvais. J'aurais dis à chier, mais bon. T'en penses quoi, Zabini ?

- Les deux, répondit celui-ci sans se détourner de son manuel ou il griffonnait des annotations dans la marge du texte, générant de légers sourires parmi les élèves du fond qui avaient suivi l'échange d'une oreille distraite.

La brune se recoucha sur les deux livres qui lui servaient d'oreiller, continuant de lire un article de sa revue historique posée sur la table étroite, sur laquelle elle avait pourtant réussi à étaler ses affaires.

En fait, la seule chose qu'elle attendait, c'était de savoir ce que le prof au ridicule turban donnerait comme devoirs, avant de se débiner au plus vite.

Il avait toujours porté ce disgracieux couvre chef pourpre. Il prétendait que c'était un cadeau offert par un prince oriental après l'avoir débarrassé d'un zombi. Peut être qu'avant sa rencontre avec les vampires d'Albanie, Quirell était quelqu'un de courageux, mais il semblait que cette expérience l'ait transformé.

En même temps, devenir paranoïaque est une réaction légitime, lorsqu'on a vécu quelque chose de traumatisant.

Lorsque le cours fut enfin fini, la brune décida de filer à la bibliothèque, profitant du flot d'élèves pour rencontrer discrètement Susan.

La brune voulait conforter sa relation avec la nièce d'une personnalité politique d'importance. Evidemment, elle avait bien conscience que Bones pourrait éventuellement l'utiliser, elle et sa célébrité, mais elle ne craignait pas grand chose. Ce serait à qui utiliserait l'autre et elle verrait bien ultérieurement qui prendrait l'ascendant. Elle avait le sentiment que Susan était encore jeune et malléable, même si elle était déjà une légaliste comme sa tante.

Seuls les idiots se bridaient en respectant la loi ! Il fallait l'utiliser, profiter de la moindre faille et manipuler en truandant sans le moindre état d'âme. Peut être qu'elle pourrait ...

Harmonie s'interrompit dans ses pensées et soupira.

Non, elle et Susan ne seraient jamais amies, elles étaient trop différentes et ne pourraient jamais se comprendre.

Enfin, la Poufsouffle se révèlerait peut être utile, plus tard.

Zabini la regarda silencieusement, taisant cette rencontre, avant d'aller voir deux personnes avec lesquelles il avait un marché. Il devait renflouer certains stocks et les deux dealers avec lesquels il faisait affaire étaient prêts à lui vendre divers produits, s'il y mettait le prix.

Que Potter fréquentasse une Poufsouffle, fut elle nièce d'une personnalité gouvernementale, ne le gênait pas du tout. Lui même frayait avec les rouge et or, surtout lorsqu'il était en affaires. L'argent n'avait pas d'odeur et ses relations commerciales, que l'on pouvait qualifier de contrebande, étaient au-delà de l'hostilité entre les maisons.

Potter lui plaisait, surtout qu'en plus d'être intelligente et intéressante, elle se montrait d'ailleurs pleine de verve et de malveillance. Il put pleinement profiter de ces talents durant l'après-midi, à l'occasion de leurs cours de vol.

C'était une matière qu'elle n'appréhendait pas particulièrement, mais dont elle n'attendait pas grand chose. Elle n'était pas une fan des sports extrêmes et l'idée de quitter le sol ne lui plaisait pas tellement. On avait déjà beaucoup de difficultés sur la terre ferme, inutile de s'en rajouter en conquérant les cieux.

Mais bon, étant donné que les sorciers utilisaient fréquemment de nombreux moyens de transport volants, elle savait que tôt ou tard, elle devrait s'y mettre.

La seule chose d'amusante, c'est le fait que le cours serait en commun avec les Gryffondor. Entre leur fierté idiote et la fourberie des serpents, cela serait distrayant.

Le cours se déroulait dans le parc, à proximité du mur nord, là ou la tour des lions était rattachée à la grande cour carrée. L'écrasante muraille de pierre ceignait la courtine, s'avançant sur le pré avec ses mâchicoulis toujours fonctionnels.

L'enseignante était une femme aux cheveux gris coupés courts et dont les yeux dorés étincelaient comme ceux d'un faucon. Elle avait également le rôle d'arbitre de Quidditch, comme en témoignait l'écusson en forme de balais croisés brodé sur sa cape.

Madame Bibine les regarda comme un vautour fixe un cadavre, avant de leur demander sèchement de se placer devant les vieux balais de l'école. Certains étaient tordus, d'autres rapiécés, tandis que quelques uns avaient perdus des brindilles. Le matériel scolaire semblait en plutôt mauvais état.

- Ces balais sont de vraies pièces de musée, grogna Weasley.

- Peut être que tu devrais en voler un, Weasley, répliqua discrètement Malefoy. En le vendant, tu pourrais te payer une nouvelle robe, dit-il en pointant la cape effilochée du rouquin qui commençait à serrer les poings.

- Tu sais Malefoy, ajouta Harmonie avec un ton condescendant, avec la somme récoltée, tu peux pas faire grand chose. Je crois bien que l'on pourrait tout juste racheter sa maison.

Quelques rires cruels circulèrent parmi les serpents, tandis que les oreilles de Weasley devenaient aussi rouge que ses cheveux.

Madame Bibine leur adressa un regard désapprobateur; avant d'utiliser sa baguette pour distribuer les balais, avant de donner ses instructions.

- Placez-vous devant, tendez la main et dites "Debout" !

C'était sec, songea la brune qui leva le bras avec raideur, avant de laisser l'ordre claquer. Le balai lui arriva directement dans la main, ce qui était loin d'être le cas pour la majorité des autres.

Drago ricana lorsque le balai de Weasley lui arriva en plein nez et qu'il se retrouva à gémir, prostré en se tenant le nez, tandis que son sang de traître coulait.

Le temps que l'enseignante ne répare le nez du rouquin, les serpents avaient déjà choisi une autre victime.

Neville n'arrivait pas à obtenir du balai plus que des rotations sur lui même. Il semblait prêt à se décourager, lorsqu'il fixa Malefoy dans les yeux. Celui-ci se mit à ricaner, tandis que Neville se détourna, presque au bord des larmes.

- Pour un Gryffondor, tu es un lâche, ajouta Harmonie, fatiguée de le voir se montrer aussi faible. Tu comptes rester pignocher toute ta vie comme un gros bébé ? En fait, quand je te vois, j'ai l'impression que si tu avais une forme d'animagus, ce serait une madeleine.

Par Merlin, elle était en forme aujourd'hui ! pensa Drago en souriant narquoisement.

- Mais tu sais quoi, ajouta la brune caustique et mauvaise, qui avait feuilleté beaucoup de livres et de transcriptions de procès datant de la dernière guerre magique, je crois que c'est naturel chez toi. Après tout, pour tes parents c'est la même chose. Ce sont des légumes !

Les yeux de Londubat s'écarquillèrent, alors que les serpents étaient estomaqués. Elle allait loin et savait taper ou ça faisait mal. Ils étaient partagés entre les ricanements malsains et la stupeur jouissive.

Le gros garçon aurait voulu se jeter sur elle, mais Madame Bibine arriva juste à temps pour que sa simple présence ne le décourage d'agir.

Le cours commença, sans grands problèmes. Même le peureux et timide Londubat sembla montrer un courage inattendu.

Enfin, il n'y avait rien de dur à faire quelques allers-retours à basse altitude ou en survolant le lac.

Cependant, la chose qui l'avait étonnée, c'était l'acte de Neville en fin de cours.

Il avait suivi le groupe, appelant la brune alors qu'elle était entourée des membres de sa maison.

- Potter, nous devons parler, dit-il d'une voix assurée.

Elle haussa un sourcil, intriguée et amusée en même temps.

- Parle donc, je t'écoutes.

- J'exige des excuses, grogna t-il. Je veux que tu reconnaisses tes torts.

Un ricanement parcourut le groupe, mais la brune les fit taire d'un geste de la main.

- Je ne m'excuserais pas, déclara t-elle d'une voix assurée et froide. Je n'ai fait que dire une vérité, même si tu la trouves détestable. Alors, si tu m'attaques, comme je te sens sur le point de le faire, je ne penses pas le mériter. Si tu estimes que prendre ce risque vaut le coup, vas-y. Mais il y a ma baguette et une dizaine d'autres pointées sur toi. Utilises tes neurones à bon escient.

Neville tremblait, alors que son visage n'était qu'à quelques centimètres de celui de la brune. Ses yeux dilatés par la rage fixaient le regard inexpressif de l'odieuse adolescente, aussi brillant que l'Avada Kedavra.

Finalement, alors que les secondes s'écoulaient, il baissa sa baguette. Son regard se détourna un bref instant, suffisant pour que la brune renifle de mépris.

- T'as pas de couilles, siffla Harmonie en se détournant et en disparaissant au milieu du groupe.

" Harmonie était quelqu'un de détestable et, entre nous, elle n'a pas changé.

Cependant, malgré cette apparence qui suscitait la répulsion, elle avait quelque chose de spécial. Elle savait repérer les points faibles des gens. Si elle voulait vous blesser, elle attaquait selon un angle précis. Si elle voulait vous aider à progresser, elle tapait dedans sans la moindre pitié ou la moindre compassion, afin de vous forcer à vous bouger.

Avec moi, tout comme avec d'autres, elle s'est révélée être ignoble. Elle m'a donné toutes les raisons pour la détester, et elle en était parfaitement consciente, mais je n'ai pas pu. Sans elle, je serais sûrement resté un pleurnichard. Harmonie m'a aidée à la dure et pour cela, je l'en remercie.

Quant on y regarde, elle se donnait à la fois une façade pour satisfaire ses camarades de maison et en même temps, elle nous aidait à sa façon. Je sais que ça peut paraître étrange à imaginer ou à expliquer, mais vous ne pouvez pas comprendre tant que vous ne l'aurez pas vécu vous même."

Interview donnée par Neville Londubat dans son manoir du Lancashire, à l'historien Harfang Odgen, le 13 mai 2020.