Un duel. Voià ce qui se préparait. Un énième duel entre le chasseur et la voleuse. Entre celui qui se battait pour le bien et celle qui se battait pour son porte monnaie. Mais avaient-ils vraiment le temps ? Ils étaient entourés d'esprits maléfiques et les deux le ressentait très bien. L'EMF faisait un bruit assourdissant depuis plusieurs secondes. Mais ils n'entendaient rien. L'unique chose qu'il entendait était le battement de leur propre cœur, lui-même exaspéré par une situation qui ne devenait que trop fréquente.

Dans ce cadre presque cauchemardesque, dans ce salon empreint d'une indescriptible présence qui se faisait de plus en plus pesante, Dean Winchester regardait Bela Talbot avec des yeux meurtriers. Depuis qu'il la connaissait, elle n'avait fait que le pousser à bout. Tirer sur son petit frère, appeler la fourrière pour qu'il vienne chercher sa chère Impala, lui mettre des bâtons dans les roues sur trois affaires…

Comment pouvait on devenir aussi agaçant en si peu de temps ? Sans oublier ses aires supérieurs de british soi-disant coincée… ce qui se voulait attachant et intrigant au début n'était plus qu'exaspération et contrariété. Dean n'en pouvait plus et une pensé à laquelle il n'était pas habitué lui traversa alors l'esprit : « Si un jour il devait tuer un autre humain, ce serait elle, sans hésité…» Car il y aurait bien un instant où leur morale s'opposerait jusqu'à l'utilisation fatale de leurs armes.

Près de la table, la jeune femme venait de se lever. Elle regardait le chasseur avec cette même rancœur. Jamais personne ne s'était aussi souvent et aussi habilement mis en travers de son chemin et de ses petites affaires. Que fallait-il donc faire pour que ce rustre et son frère la laisse enfin mener son bisness comme elle l'entendait ? Couper la carte des états unis en deux ? Elle à l'Est, eux à l'Ouest ? Même sur ce point, ils ne seraient pas d'accord…

Alors que la tension était de nouveau à son comble entre le chasseur et la voleuse, on entendit un cri provenant de l'étage. Dean se retourna subitement vers l'escalier et hurla :

-Sammy !!

A cet instant, un énorme coup de vent ouvrit toutes les fenêtres et des rires incessants cachèrent de nouveau le bruit de l'orage.

Dean accourut à l'étage pour rejoindre son frère tandis que Bela resta seule, au rez-de-chaussée. Quelque chose avait attiré son regard. Au coin de la pièce. Une masse blanchâtre qui allait et venait à travers les rideaux. La jeune femme fronça les sourcils. Une petite fille blonde s'avançait à présent vers elle.

Bela ne recula pas. Les yeux bleus, plein de larmes de l'enfant la pétrifiaient littéralement. Elle avançait toujours…lentement.

La voleuse dégaina donc machinalement son arme. C'était de toute façon ce quelle savait faire de mieux.

L'esprit ne s'arrêta évidemment pas. Une arme chargée de balle n'effrayait que les humains…

Etage.

Malgré les rires assourdissants, Dean tentait toujours d'appeler son frère.

« Sammy ! » hurlait-il.

Après quelques minutes de recherches angoissante à l'étage de cette immense demeure, le jeune homme fut soulager de voir son cadet accourir vers lui.

-Tu vas bien ? cria le jeune homme en tenant Sam par les épaules.

Ce dernier acquiesça d'un signe de tête et demanda :

-Tu as entendu ce cri ?

Dean fronça les sourcils.

-Quoi c'était pas toi ?!

-C'était un cri de femme Dean ! protesta Sam d'un ton vexé.

-Ca venait de quelle pièce ? s'informa l'aîné en regardant autour de lui.

Le plus jeune des Winchester montra la fenêtre qu se situait au bout du corridor et répondit en criant :

-Ca a traversé le couloir et ça s'est ensuite échappé vers l'extérieur !

Les deux jeunes hommes se dirigèrent donc vers la fenêtre ouverte et regardèrent le vieux jardin, presque inondé par l'orage.

-Il faut descendre ! fit Dean.

Ils s'exécutèrent d'un pas pressé. Lorsqu'il arrivèrent dans la salle de séjour ils furent surpris de constater que l'une des grande porte fenêtre qui donnait sur le jardin était déjà ouverte. Dean en conclu que Bela les avait devancé.

-La garce ! fit l'aîné, entre ses dents serrées.

Près du porche, la voleuse regardait à présent une vieille planche de bois mal cloué au mur.

L'enfant était toujours là, elle fixait la jeune femme, les yeux pleins de larmes.

« Ce n'est pas ma faute. » murmura l'esprit, comme si elle n'avait plus aucun souffle à force de se disculpait depuis plusieurs siècles…

Bela l'observait d'un air légèrement apeuré. Elle reposa ensuite ses yeux sur la planche et avança sa main, tout en se disant que décidément, rien ne se passait comme prévu.