Hello tout le monde !

Voilà le chapitre 11. Comme vous avez pu le constater, je ne poste pas régulièrement. C'est suivant l'avancée que je prends dans l'écriture..mais j'essaierai de m'en tenir à un chapitre toutes les deux semaines !
J'ai maintenant un bêta (merci NVJM !).

Un merci tout spécial pour LouOak ! Ton commentaire m'a fait énormément plaisir !
Contente d'avoir réveillée la fangirl :P J'aime bien faire intervenir les autres nains aussi, car PJ a réussi à en faire des personnalités distinctes et ils sont tous attachants.
Tout le monde me demande pour l'accident, pour Bofur, où est le vrai Thorin…réponse à la fin de cette fic ! ) (D'ailleurs j'ai plusieurs idées et je ne sais pas laquelle je vais choisir, mais ce ne sera de toute façon pas pour tout de suite vu qu'il faudra que j'attende le 3
ème film…que c'est looooong !)
Tout simplement magnifique, ça résume bien le second film !
J'espère que la suite te plaira toujours autant

Chapitre 11

Finalement, ce n'est pas le milieu de la nuit, mais presque l'aube. Pas question de se rendormir donc, et nous suivons notre hôte qui commence à poser sur la table des rayons de miel et du pain, ainsi que d'énormes chopes. En gros, il nous prépare un petit-déjeuner, donc même s'il n'aime pas les nains, il n'a en tout cas pas l'air disposé à nous tuer tout de suite.

Je vois Bilbon bailler à s'en décrocher la mâchoire, et je ne tarde pas à faire de même. Quelques secondes après, c'est Kili qui bâille, et je me mets très vite à l'imiter. A peine une minute plus tard, je vois que c'est au tour d'Ori, et un autre bâillement me prend…quand on dit que c'est contagieux !

Les nains se répartissent autour de la table, et commencent à grimper sur les bancs, car oui, c'est presque de l'escalade pour arriver à se percher sur les immenses sièges de bois.

Pas encore bien réveillée, je jauge la hauteur du banc, me disant que si je me rate, je risque de me faire bien mal. J'aperçois alors Thorïn, debout près de la fenêtre, les bras croisés, n'ayant pas l'air d'avoir l'intention de s'asseoir, ainsi que Balïn, qui fait les cents pas derrière lui, semblant très agité.

Je me glisse derrière les deux nains et m'assied à même le sol, sous la fenêtre.

Je suis trop fatiguée pour manger. D'ailleurs je fermerais bien les yeux, ce que je fais, et je glisse presque dans le sommeil, quand la conversation démarre, me ramenant au présent.

« Que faites-vous dans les Terres Sauvages ? » demande notre hôte.

« Nous venons d'échapper de peu à des orcs. La compagnie que voici se rend à Erebor, pour tenter de reprendre leur royaume. Nous devons traverser la forêt », répond Gandalf, sans se soucier des regards interrogateurs de nains, surpris de le voir révéler ainsi l'objet de leur quête à un étranger.

« Les choses bougent. Les orcs se rassemblent à Dol-Guldur, sous le commandement d'Azog », dit lentement Beorn.

« Vous connaissez Azog ? » demande Thorïn.

« Avant, les changeurs de peau peuplaient cette région, mais Azog, le profanateur, semble trouver du plaisir à les torturer, et les tuer. Il a presque anéanti ma famille », expliqua le grand homme.

« Combien en reste-t-il ? » questionne Bilbon.

« Maintenant, il n'en reste qu'un », dit notre hôte, faisant référence à lui-même.

Il fait le tour de la table, remplissant les énormes chopes de lait. M'avisant assise derrière Thorïn, Bilbon se laisse glisser du banc et m'apporte une chope, ainsi qu'un pain beurré.

Quel contraste quand même, entre ce si gentil hobbit et la bande de brutes que sont les nains. Je les adore, ne vous détrompez pas, mais on ne peut pas dire qu'ils soient très prévenants…

« Vous n'arriverez jamais à la forêt », reprend Beorn.

Le bout de pain que je viens d'avaler se coince dans ma gorge… ça y est, on est fichu ! Beorn ne nous laissera pas partir vivants !

« Comment cela ? » demande Gandalf.

« D'ici à la Forêt, les terres grouilles d'orques. Vous serez vite rattrapés, à pied », explique le changeur de peau.

Je relâche ma respiration en un grand soupir. Que je suis bête… Un silence se fait dans la pièce. Que pouvons-nous faire ? Continuer, c'est se jeter droit dans les ennuis. Rebrousser chemin, c'est pareil, car nous tomberons nez à nez avec les wargs. Rester ici ? Mais Beorn ne va pas nous accueillir et nous nourrir indéfiniment. En fait, il n'y a qu'une seule solution… Et pour moi, cette solution, elle veut dire : courir, ne pas dormir, et tenter d'échapper à toute une troupe d'orques, ce qui veut dire une mort presque certaine…

« Je n'aime pas les nains », continue Beorn.

La peur me reprend. Qu'est-ce qu'on fait là ! Dans une petite maison, en compagnie d'un immense homme qui peut se transformer en ours d'un instant à l'autre ! En fait, on a deux solutions : se faire attraper par les orcs, ou se faire dévorer par notre hôte…

« Mais j'aime encore moins les orcs », reprend le grand homme, ce qui me vaut un deuxième soupir de soulagement. Je crois que j'ai vraiment besoin de dormir… « Que vous faut-il ? » demande-t-il alors en s'adressant à Thorïn.

Il va nous aider ! Miracle ! Peut-être avons-nous une chance d'échapper aux orcs finalement, mais pour cela, il faudrait pouvoir aller plus vite qu'à pied…

« Il nous faudrait des vivres, mais surtout, un moyen d'avancer plus vite », dit Thorïn, partageant les mêmes pensées que moi.

« Je peux vous prêter des poneys, ainsi qu'un cheval pour le magicien, mais il faudra les libérer à votre entrée dans la forêt. Les vivres, ce n'est pas un problème », dit Beorn.

Moi qui pensais aller me recoucher dans la paille, nous voilà en pleins préparatifs pour un nouveau départ. Les nains empilent des vivres que Beorn leur tend, faisant l'inventaire de ce dont nous avons besoin. Fili, soupesant un rouleau de corde, le passe par-dessus sa tête pour l'emporter. Thorïn décroche un arc pas un comme celui de Kili, mais un avec lequel on tire plus bas, sans utiliser de viseur.

Beorn émet alors un long sifflement, et quelques instants après, un troupeau de jolis poneys noirs et blancs arrive en galopent.

« Ont-ils déjà été montés ? » m'enquis-je envers notre hôte, car je le vois mal grimper sur un poney qui lui arrive à hauteur de taille, et si ces poneys n'ont jamais eu de cavalier, il risque d'y avoir quelques vols planés.

« Non. Mais ils vous porteront si je le demande », me répond simplement le changeur de peau.

Ah oui, il parle aux animaux… Nous attrapons les poneys, et commençons à les seller et à arrimer nos provisions. Il n'y a pas assez de poneys pour le nombre que nous sommes, certains devront donc monter deux par deux.

« Tu montes avec moi ? » me demande Thorïn, ajustant la sangle d'un poney.

J'acquiesce, étouffant un autre bâillement.

« Est-ce qu'on va réussir à échapper aux orcs ? » lui demande-je alors, soucieuse.

Il me jette un regard mais ne me répond pas, car Bofur vient d'arriver à nos côtés pour ajouter un sac au chargement.

« Tu le sais, n'est-ce pas ? » insistais-je en chuchotant, me rapprochant de lui, et faisant semblant de contrôler la sangle.

« On y échappera…jusqu'à la forêt », me dit-il.

Jusqu'à la forêt… ça veut dire… qu'ils vont nous rattraper après ?
J'aimerais lui en demander plus, mais les nains sont tout autour de nous, et c'est l'heure du départ.

Se hissant sur la selle, Thorïn me tend la main pour m'aider à me hisser derrière lui. Je suis bien obligée de glisser mes bras autour de sa taille pour me tenir, et j'aurais sûrement ri -ou plutôt rougi- de la situation si mes pensées n'étaient pas aussi préoccupées par les orcs.

« Allez grand train, et ne vous arrêtez pas avant la forêt. Faites attention en y pénétrant, un mal mystérieux la ronge. Ne buvez surtout pas aux rivières qui la traversent, n'y touchez même pas », nous avertit Beorn.

Nous voilà donc partis au grand galop, sur le sillage de Gandalf qui nous guide, monté sur un immense cheval pie.

Nous surveillons les environs, s'attendant à tout moment à être attaqués, mais il n'y a aucun signe de nos poursuivants.

La vitesse à laquelle nous chevauchons ne permet pas d'échanger des paroles, et je n'ai donc pas l'opportunité de questionner plus Thorïn. Gandalf nous fait parfois ralentir l'allure, quand les poneys doivent s'engager dans des passages étroits, ou des descentes dangereuses. Il faut aussi parfois les laisser souffler, mais nous ne nous arrêtons pas, nous continuons à chevaucher toute la journée et toute la nuit.

Je n'ai qu'une envie, c'est de dormir ! Nous avons à peine eu deux petites nuits de sommeil depuis plusieurs jours, c'est dire ! Mais je lutte contre le sommeil, car je n'ai pas envie de faire une chute en plein galop.
Thorïn me rattrape pourtant deux fois par le bras alors que je commence à glisser, le sommeil ayant eu raison de moi.

Alors que le soleil se lève dans le ciel, nous arrivons enfin à l'entrée de la forêt. Les orcs ne nous ont pas rattrapés, c'est une chance !
Nous nous empressons de dételer nos paquetages et de renvoyer les poneys.

Alors que Nori s'occupe du cheval de Gandalf, celui-ci l'interpelle.

« Non, pas mon cheval ! J'en ai besoin », dit le magicien.

« Vous nous quittez ? » dit Bilbon, répétant la pensée de tous.

Thorïn et moi échangeons un regard terrifié. Qu'allons-nous devenir sans le magicien ?!

Celui-ci échange des paroles avec Bilbon, un peu à l'écart. Les autres nains sont prêts à entrer dans la Forêt. Gandalf se dirige alors vers nous deux.

« N'ayez crainte, vous vous en sortirez très bien sans mon aide », nous dit-il, semblant lire dans nos pensées.

Ah oui, il croit ça ?

« Mais vous êtes notre guide ! C'est vous qui nous avez guidé depuis le début, comment allons-nous faire maintenant ? Je ne peux… » débite Thorïn.

« C'est à vous de guider cette compagnie maintenant, Thorïn Ecu-de-Chêne. Vous avez cette force en vous, je le sais », lui répond Gandalf.
Sur ces bonnes paroles, il grimpe sur son cheval, et s'apprête à nous quitter.

« Faites attention, la forêt va tenter de vous fourvoyer ! » nous avertit encore Gandalf.

Nous fourvoyer ? Il exagère là. Elle est sombre, étrange, mystérieuse, mais à part se sentir oppressé, manquer d'air et de lumière et avoir l'impression de ne jamais voir le bout, c'est tout ce qu'elle nous fera.

« Ne vous écartez surtout pas du chemin. Si vous le perdez, vous mourrez », ajoute-t-il.

Encourageant. Vraiment !

Nous tournons le dos au magicien, pénétrant sous la voute des arbres.
Profitant d'être à côté de Thorïn, alors que les autres marchent quelques mètres derrière nous, je m'apprête à nouveau à lui demander des réponses. Mais il voit venir mes questions, et me coupe la parole.

« Ne t'inquiète pas, tout ira bien », me dit-il, dans une pitoyable tentative pour me remonter le moral.

« On va croiser des araignées, je parie… », dis-je.

Thorïn acquiesce en penchant la tête.

« Elles sont vraiment énormes ? » demandais-je.

« Hé bien, je ne les ai jamais vraiment vues, vu que je n'ai pas vu le deuxième film, mais j'ai vu des schémas », me répond Thorïn.

« Quelle taille ? » questionnais-je malgré moi.
« La taille…d'une petite voiture ? » me dit-il.

Un gémissement s'échappe de mes lèvres. Pourquoi est-ce que j'ai atterri en Terre du Milieu ? N'aurais-je pas pu atterrir…je sais pas moi…au pays des Bisounours ? Bon, ok. Là, c'est moi qui suis pitoyable…

A la queue-leu-leu, nous suivons le chemin de pierre qui serpente à travers les arbres. Notre avancée se fait doucement, car le chemin est à moitié envahi par la végétation, et nous manquons plusieurs fois de le perdre.

Je m'attends à tout moment à rencontrer des araignées, mais tout est calme… Le calme plat. Le calme avant la tempête, me dit une petite voix au fond de ma tête que je m'empresse de faire taire.

Des spores s'élèvent alors dans les airs, tout autour de nous. Certains s'enfilent dans mes narines, me faisant éternuer. Une irrépressible envie de rire me prend alors. Rire qui s'arrête bien vite quand j'ai l'impression que l'arbre devant moi me fixe avec des yeux…deux grosses branches pourraient mimer les bras… Il y a des Ents dans la Forêt Noire ?

Ne regardant pas où je mets les pieds, je marche alors sur des champignons. Ils sont de toutes les couleurs des rouges, des verts, des bleus, avec des formes variées. On croirait presque à des chips.
J'ai envie d'y gouter. Je ne serais pas surprise si les rouges ont un goût de fraise, et les verts un gout de pomme. J'en arrache un, avec peine. Je suis obligée de tirer de toutes mes forces, ce qui manque de m'envoyer fesses contre terre, mais j'y arrive finalement, et le dirige vers ma bouche.

J'aperçois alors Bilbon qui agite les bras un peu plus loin, avant de se diriger vers moi. C'est qu'il me volerait mon champignon, ce petit hobbit poilu ! S'il croit que je ne sais pas que ceux de sa race sont extrêmement friands de champignon… il n'a cas aller s'en cueillir lui-même, j'ai eu assez de mal à l'arracher !

Alors que j'ai presque enfourné le champignon dans ma bouche, je reçois un grand coup dans la face, qui me fait reculer de plusieurs pas, et fait voler le champignon dans les airs. Sonnée, je regarde qui a bien pu me frapper comme ça. Quelle n'est pas ma surprise quand mes yeux tombent sur Bilbon, les mains sur les hanches, l'air pas très content.

« Vous allez m'écouter oui ! Cela a été de justesse avant que vous n'avaliez ce maudit champignon ! » vocifère le hobbit.

« Aval…quoi ?! » m'exclamais-je.

J'ai voulu manger un champignon ? Il est tombé sur la tête ou quoi ? Ces espèces d'horribles champignons multicolores, sûrement vénéneux, qui ont l'air visqueux au possible…

Pourtant, je remarque un champignon rouge, arraché, par terre à côté de moi…

« C'est cette forêt qui nous rend dingues ! Vous avez failli vous empoisonner en avalant ce champignon ! J'espère que vous avez retrouvé vos esprits maintenant ! » continue de proférer Bilbon.

« Oui…oui…c'est bon », balbutiais-je.

Bilbon semble alors se calmer, et nous rattrapons les autres qui nous ont devancés, ne remarquant pas notre absence.

« C'est ces sortes de…de spores je crois, qui volaient dans les airs. J'ai cru pendant un moment que mes pieds marchaient à l'envers, alors que je continuais d'avancer », me dit Bilbon, avec un rire étrange.

« Moi aussi j'ai déliré…je vous dois une fière chandelle », m'en rendais-je compte.

Les voix des nains nous parviennent alors.

« Il y a des nains dans cette forêt ! Des nains des Montagnes Bleues qui plus est ! » lance Bofur.

Qu'est-ce qu'il raconte… des nains dans la forêt ? Autres que nous ?

« C'est exactement la même bourse que la mienne », continue Bofur.

« Parce que c'est la vôtre ! Vous ne voyez pas ? On tourne en rond ! » s'exclame Bilbon, tentant de ramener les nains à la raison.

C'est peine perdue… Bofur continue de regarder sa propre bourse comme s'il vient de trouver un vrai joyau. Bifur, les bras enlacés autour du tronc d'un arbre, semble en véritable transe. Fili et Kili se disputent un caillou trouvé par terre. Thorïn est dangereusement penché au-dessus d'un petit ruisseau, prêt à toucher l'eau. Bombur est comme moi, il s'escrime à arracher un champignon. Balïn tente de grimper dans un arbre. Bref, les nains sont en plein délire.

Echangeant un regard avec Bilbon, je me dirige alors vers Bombur, et fait sauter de ses mains le champignon qu'il est sur le point d'avaler avant de me diriger vers Thorïn et de le tirer en arrière, ce qui le fait tomber sur le dos. Bilbon, lui, distribue des paires de gifles aux autres nains, les ramenant ainsi à la raison.

Surpris, les nains ronchonnent de s'être ainsi fait giflés. Mais nous pouvons nous remettre en route, toujours plus loin dans cette sombre forêt…

Nous marchons ainsi pendant ce qui me semble des heures, ou des jours peut-être ? Nous n'avons aucune idée du temps qui passe, n'arrivant pas à voir le soleil. Dès que nous apercevons ces spores dans les aires, nous nous empressons de rabattre cols ou manches sur notre nez et notre bouche, pour éviter de nouveaux délires.

Nous nous arrêtons parfois pour manger quelque chose, économisant au possible nos provisions, et pour dormir un peu quand nos pieds commencent à trébucher de fatigue.

C'est serrés les uns contre les autres que nous dormons quelques heures, d'un sommeil agité.

Je me retrouve toujours à côté de Thorïn, allez savoir pourquoi. Et en général, c'est un de ses neveux qui se trouve de mon autre côté.
D'ailleurs une fois, je me réveille dans une position plutôt étrange. Couchée sur le dos, je vois que Kili, à ma droite, a passé un bras autour de mes épaules, et que Thorïn, à ma gauche, a passé un autre bras sur mon ventre. Ainsi maintenue, je ne peux faire aucun mouvement.

« Heu…les garçons ? » dis-je.

Ils se réveillent doucement, et Kili me fait alors un grand sourire.

« Qu'est-ce que ça signifie…ça ? » repris-je en désignant leurs bras d'un signe de tête, ne pouvant toujours pas me libérer.

« Tu n'arrêtes pas de bouger quand tu dors », me répond Kili.

« C'est la seule solution pour que tu arrêtes de gigoter, et pour que nous puissions enfin dormir », ajoute Thorïn.

Ok… J'ignorais que je bougeais autant pendant mon sommeil. Peut-être que mes rêves – enfin mes cauchemars – peuplés d'orcs et d'araignées y sont pour quelque chose…