Et voila enfin le 10ème chapitre ! Voila on a atteint 1/3 de la fic ! XD
Aller bonne lecture et oubliez pas la tite review ! Ca fait toujours plaisir
MERCI A ZAI QUI SUPPORTE MES FAUTES SANS BRONCHER !!!!! (ca te va comme remerciement lol)
Chapitre 10
Deux mois se sont écoulés. Nous sommes début mai et je plie les dernières affaires de ma vie française…
Alors que je dépose un rideau dans un carton posé sur le lit dépouillé de ses draps, je soupire. Tout autour de moi il n'y a que du vide. Ma chambre autrefois si encombrée est désormais vide de tous ses meubles, pour la simple et bonne raison que je déménage. Oui, je quitte la France, ma famille, et même ma langue. Je pars m'installer à Hamburg, en Allemagne, dans un petit appartement en ville, non loin de l'appartement de Bill et Tom Kaulitz, mais à plus de mille kilomètres de chez moi.
Si, il y a moins de six mois, on m'avait dit que ma vie allait prendre un tournant si brusque, jamais je n'aurais cru l'allumé qui m'aurait dit cela. Cependant, maintenant, plus question de faire demi-tour. La majorité des meubles que je voulais emporter, à savoir une armoire et mon clic-clac, mon ordinateur et diverses autres choses, sont dans l'avion, certainement déjà en route pour l'Allemagne. Mon avion à moi part dans cinq heures et je dois terminer de boucler mes valises et ce que je peux emporter avec moi dans l'avion. Le reste, je le laisse ici et mes parents me l'apporteront quand ils me rejoindront, d'ici une à deux semaines, le temps que je m'installe et que je m'habitue à ma nouvelle vie.
Ça va être dur de me réveiller seule dans un appartement mais, en même temps, il faut bien que je quitte la maison familiale un jour ou l'autre. Et puis, là où je vais, je ne suis pas seule, il y aura Bill, Tom et les autres. Il y aura aussi Anna, mais je crois que je vais éviter de la voir pendant un petit moment encore. Elle n'a pas du tout digéré le fait que Bill, au nom de ses amis, la descende ainsi de son piédestal pour me mettre à sa place. J'ai eu du mal, moi aussi, et voir Anna dans une telle détresse psychologique m'a fait beaucoup de tort, mais à présent, je me suis fait à l'idée. Et puis, comme Anna l'a dit elle-même, elle reste quand même leur attachée de presse et leur amie. Elle est simplement descendue d'une marche pour mieux me laisse la place dans l'estime des garçons.
Je soupire à nouveau et m'assoit sur mon lit, un pull entre les mains. Je renifle puis on gratte à la porte et je lève les yeux sur ma mère. Elle me sourit et entre dans la chambre avec un paquet dans les mains :
-Tiens, Marie, c'est pour toi, pour ton appartement… dit-elle en tendant la boîte noire en bois laqué.
Je me lève et lui prends la boîte des mains. Je la regarde un instant et n'ai aucun besoin de l'ouvrir pour savoir ce que c'est. Les larmes me viennent aux yeux et je me mets à rire :
-Il ne fallait pas maman… je dis, au milieu des larmes.
-Tu en auras besoin, me dit-elle en passant une main sur ma joue.
Je jette ensuite la boîte dans la valise ouverte sur le lit et me rue dans ses bras. L'étreinte est brève mais intense et, quand elle quitte la chambre sans se retourner, je sais d'avance qu'elle ne m'accompagnera pas à l'avion. J'en ressens un pincement au cœur puis regarde la boîte noire. Je saisis le pull et l'enroule dedans pour la protéger. Je la case ensuite dans une valise que je ferme puis je termine de bourrer tout ce que je peux dans les deux autres valises.
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L'appel de mon avion résonne dans mes oreilles comme le tintement d'une cloche. Je lève les yeux vers le haut-parleur qui crache des paroles en allemand, puis je me tourne vers mon père et une de mes sœurs. Rapidement, je les enlace puis empoigne mon bagage à main et rejoint la file de passagers, en grande partie allemande, qui vont pour prendre l'avion pour rentrer chez eux.
Je m'engouffre dans l'appareil sans me retourner et l'hôtesse ferme la porte de l'avion derrière moi. Je vais alors m'asseoir à ma place, côté hublot, comme la première fois que j'ai prit l'avion pour me rendre à Hamburg, quatre mois plus tôt et, comme la première fois, je regarde la piste défiler sous l'aile, je regarde ensuite le sol français s'éloigner et écrase une larme. A ma droite, une femme d'un certain âge pose une main amicale sur mon bras et je lui souris :
-Allons, mon petit, fait-elle en souriant. Vous ne partez pas pour toujours…
Je ferme les yeux puis elle serre ses longs doigts noueux sur mon bras et je lui fais un sourire. Elle me tend ensuite un kleenex et je la remercie d'un signe de tête avant de porter mon regard sur le dehors.
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La nuit est noire quand l'avion se pose dans deux secousses. Je détache ma ceinture quand l'hôtesse l'autorise puis me lève, récupère mon bagage à main dans les coffres au-dessus des sièges puis m'extrait de l'avion avec un peu de mal, chacun étant pressé d'aller se dégourdir les jambes. Je me fais bousculer par un homme en costar-cravate qui porte une mallette à la main et je le fusille du regard mais il s'éloigne tandis que son téléphone sonne.
Fatiguée, je me traîne jusqu'au tourniquet pour récupérer mes valises que j'entasse sur un chariot. Je me dirige ensuite vers la sortie, m'apprêtant à héler un taxi, quand une main se pose sur mon bras. Je me retourne pour voir un homme style armoire à glace, en complet noir, portant une oreillette et des lunettes de soleil accrochées à sa poche de veste :
-Suivez-moi, nous vous attendons en bas, dit-il.
Je fronce les sourcils mais je n'ai pas le temps de répliquer qu'il s'est déjà saisi de mon chariot qu'il pousse devant lui vers les ascenseurs. Je le suis malgré-moi et nous nous engouffrons dans un ascenseur avec deux autres chariots et leurs propriétaires.
Deux minutes plus tard, et après avoir parcourut en long, en large et en travers un parking souterrain glacial et sombre, nous arrivons dans un endroit peu fréquenté et je vois aussitôt un camion noir aux vitres teintées garé sur une place à l'écart des autres voitures.
Le costaud fourre mes bagages à l'arrière du camion et me fait ensuite monter dedans, tout juste pas à coups de pieds, avant de fermer la porte d'un geste brusque.
-Salut…
Je me tourne vers le fond du camion et vois la silhouette familière de Bill. Un sourire étire alors mon visage et me laisse tomber près de lui. Il m'enserre aussitôt dans ses bras et je me blottis contre lui en disant :
-Deux mois… ça fait deux mois que je ne t'ai pas vu…
Son étreinte se resserre puis je recule et il m'embrasse doucement. Un vrai baiser, pour la première fois depuis que nous sommes ensembles Je lui rends son baiser, et le camion démarre. Je me serre alors à nouveau contre lui et ne le lâche plus jusqu'à ce que le camion s'arrête à nouveau, dans un autre parking souterrain, celui d'un hôtel cette fois-ci.
-Venez, dit le costaud qui m'a harponnée à l'aéroport en ouvrant la porte. Faisons vite.
Bill saute du camion et je le suis. Alors que je me dirige vers l'arrière du camion pour récupérer mes valises, le costaud me dit :
-Allez, mademoiselle, on s'en occupe. Dépêchez-vous de monter, monsieur Bill, dit-il ensuite. Il y a du monde ici…
Un couple de vieillards passe alors dans le couloir qui donne sur l'hôtel et Bill me saisit la main. Il chausse des lunettes noires et enfonce un galure sur son crâne pour cacher sa coupe trop reconnaissable. Il m'entraîne ensuite dans le couloir à vive allure et je le suis en essayant de paraître décontractée mais il fait de plus grandes enjambées que moi et je dois presque courir, résultat, les gens nous regardent.
-Attend, s'il te plait, ralentis… je dis au bout d'un moment, essoufflée.
Il ralentit mais ne s'arrête pas pour autant et nous grimpons un escalier quatre à quatre. Il pousse ensuite une lourde porte en fer et nous débouchons dans un long couloir tapissé de moquette rouge et noire : le couloir de service de l'hôtel où sont descendus les garçons.
-Un moment ! fait soudain une voix derrière nous. Vous n'avez pas le droit d'être ici ! Fichez-le camp tout de suite ou j'appelle la sécurité.
Ni une ni deux, nous filons ventre à terre dans les escaliers de secours qui montent à l'étage. Je m'arrête au premier pallier, épuisée, et j'halète :
-Bill, je n'en peux plus, faisons une pause, tu marches plus vite que moi…
-Encore un étage, dit Bill. Tu pourras souffler tout ce que tu voudras quand on sera dans ma chambre. Je suis trop exposé ici… Sans garde du corps, je risque de me faire agresser si une nana passe par-là et me reconnaît. Aller, viens…
Je souffle alors puis me redresse et le suis. J'ai pas trop l'impression d'être avec un chanteur de rock mais plutôt avec le Président de la République en personne…
La cadence s'est calmée mais Bill fait toujours de grandes enjambées et me distance rapidement. Il finit par ouvrir une porte en haut d'un nouvel escalier et nous émergeons dans un long couloir richement décoré. Il regarde des deux côtés puis soupire et se plante au milieu du couloir en retirant ses lunettes noires.
-Viens, c'est par-là.
Je le suis le long du couloir et il ouvre une porte en bois blanc à l'aide d'une carte magnétique. J'entre en premier et me retrouve dans une chambre comportant deux doubles lits, dont l'un est en désordre et l'autre couvert de valises éventrées.
-Tom et les autres sont en bas, ils assistent avec Anna à une conférence de presse… dit alors Bill en jetant son chapeau sur le lit supportant les valises.
-Et tu n'y vas pas ?
-Je suis censé être en Angleterre pour la promo d'un film, dit Bill avec un sourire malicieux. Mais seuls mes proches savent que c'est faux et que je suis allé te chercher à l'aéroport, ajoute-t-il en posant son manteau.
J'en fais autant puis m'assois sur le lit en désordre et soupire :
-Je suis claquée !
-Tu va rester ici cette nuit, dit alors Bill. Demain, nous irons prendre possession de ton appartement et tu pourras t'installer. Anna est allée ouvrir pour réceptionner tes meubles.
-Anna ?
-Oui, dit Bill. Même si elle t'en veut un peu, elle reste notre amie et elle a bien voulu aller ouvrir ton appartement à ta place. Bon, c'est aussi parce que je le lui ai demandé mais bon…
-Bill…
-Quoi ? Anna est toujours notre meilleure amie, tu ne lui as pas pris sa place.
-Non, bien évidemment, je dis en haussant les épaules. Seulement, avec ce qu'il s'est passé au chalet, je pensais qu'elle ne voudrait plus me connaître…
-Elle va faire comme Tom, dit Bill avec un sourire. Il suffira que tu lui parles pour qu'elle te pardonne.
-Ça m'étonnerait.
Je m'allonge soudain sur le lit, les bras en croix, et Bill s'assoit près de moi. Je me redresse et il m'entoure les épaules de son bras, dépose un baiser sur ma tempe puis souffle :
-Je suis content… Tu es enfin près de moi. Je vais pouvoir me remettre à travailler normalement. Je crois que David avait des envies de meurtre ces derniers temps…
Je souris puis des paroles dans le couloir et le « bip » caractéristique de la serrure magnétique nous font lever la tête. La porte s'ouvre alors et je vois Tom apparaître, discutant vivement avec quelqu'un derrière lui. Je me lève et attends qu'il me voie :
-Mais puisque je te dis que c'est ça… dit-il en regardant Georg derrière lui.
-Mais ? fait soudain Georg. Hé, Tom, regarde qui est là…
Tom se retourne et son regard accroche le mien. Je souris largement puis ouvre les bras et nous nous enlaçons durement :
-Marie ! T'es enfin là !
-Oui, enfin ! je dis en dansant d'un pied sur l'autre, le serrant dans mes bras. Enfin ! Et pour un bon moment !
Je pars ensuite enlacer Georg et Gustav et, quand je tombe face à Anna qui me toise de son mètre quatre-vingt, j'hésite une seconde. Je tends ensuite la main droite en disant :
-Oublié ?
Elle considère ma main puis soupire et la serre vivement :
-Oublié ! fait-elle en m'agrippant et me serrant dans ses bras à m'en briser le dos.
Des hourras explosent alors derrière-moi et je me sépare d'Anna en riant. Je regarde tout le monde tour à tour, retourne près de Bill qui passe un bras sur mes épaules, et soupire. Je regarde autour de moi, un sourire béat sur le visage.
Voilà, je suis chez moi. Je suis chez moi, avec mes meilleurs amis, mon petit-ami, et les milliers de filles qui les adulent à travers le monde.
A cette pensée, je ne peux pas m'empêcher de sourire et Bill m'embrasse brusquement sur la joue, me faisant sortir de ma rêverie :
-Bienvenue chez toi, Marie… fait-il en balançant devant mon nez une clef dorée suspendue à un poisson en bois.
Je prends la clef et regarde les quatre garçons et Anna. Je fais un sourire à la rousse et elle me le renvoie. Elle se détourne ensuite pour répondre à son portable qui se met à sonner, et Bill en profite pour décrocher le téléphone de l'hôtel et faire monter de quoi manger et faire la fête.
Je regarde autour de moi. Le désordre des garçons m'a manqué ces deux derniers mois. Je souris. Oui, je crois que je vais m'y plaire dans cette nouvelle vie. Ça va être dur au début, mais je ne suis pas toute seule et la France n'est jamais qu'à quelques heures de route d'ici.
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Vers vingt-deux heures, et après plusieurs verres de champagne pas très fort et une bonne quantité de chips, Anna, Georg et Gustav retournent dans leurs chambres, et je reste avec les jumeaux qui sont écroulés dans le canapé sous la fenêtre. Ils ne sont pas soûls, ils tiennent plutôt bien l'alcool, très bien même, je dois dire. Non, ils sont simplement épuisés.
-Vous m'aidez à ranger un peu ? je demande gentiment en posant une main sur la tête de Bill qui me regarde.
Il baisse ensuite les yeux sur Tom et celui-ci soupire :
-Je ne t'oblige à rien, je dis en m'éloignant.
J'entends alors le canapé remuer et les bras nus de Tom apparaissent dans mon champ de vision alors que je suis en train de rassembler les vêtements que vomit une grande valise noire, littéralement éventrée sur le lit que je suis censé occuper cette nuit.
Je souris au guitariste et il m'aide à ranger les vêtements qui traînent, les siens et ceux de son frère. Il m'aide ensuite à tendre les draps et Bill annonce qu'il va prendre une douche. Il disparaît dans la salle de bains et, quand l'eau de la douche se fait entendre, Tom me demande :
-Dis Marie…
-Mhm ?
-Tu veux dormir avec Bill cette nuit ?
-Quoi ? Non, non, je dis en piquant un fard. Nous en sommes pas encore là, Tom, rassures-toi.
Je lui fais ensuite un sourire et il baisse la tête. Je baisse alors les épaules d'un geste las et ajoute :
-Tom, je ne vais pas te le voler, ton frère… Tu as si peur que ça qu'il s'éloigne de toi ?
-Plus que tout, Marie, me répond-t-il en pliant un de ses immenses pulls. Mon frère est tout ce que j'ai dans la vie, tu sais…
Il pose le pull dans une grande valise rouge puis ajoute :
-Depuis que nous sommes célèbres, il est la seule personne qui me comprenne, à qui je puisse me raccrocher quand ça va mal. Si tu me le prends, je n'aurais plus personne.
-Oh, Tom…
Je l'enlace brusquement, le tenant dos à moi, et il agrippe ses mains sur mes poignets.
Mon menton sur son épaule, ma joue contre la sienne, je souffle :
-Jamais Tom, jamais je ne ferais une chose aussi immorale que séparer des jumeaux. Je sais à quel point l'amour qu'un jumeau porte à son double est intense et je trouve méprisable de séparer deux êtres qui s'aiment aussi fort.
Il resserre ses mains sur mes poignets et je le repousse doucement. Il se retourne et me regarde dans les yeux. Je lui caresse les joues de mes mains puis retourne à mon rangement en silence, méditant sur les nouvelles craintes, fondées, du guitariste.
Un peu plus tard, je sors de la salle de bains, vêtue d'un pyjama bleu en satin, une serviette de bain sur la tête, et je m'assieds sur mon lit en regardant le poste de télévision allumé.
Il est plus de minuit mais je n'ai pas sommeil. Tom m'a succédée dans la salle d'eau et Bill est occupé à peigner ses longues mèches noires, assit en tailleur sur l'autre lit, les lourdes couvertures sur les jambes et une peluche assise dans le creux formé par ses genoux.
-Je suis contente d'être ici, je dis au bout d'un moment, brisant le silence trop pesant malgré les commentaires pressés du présentateur de la météo. Je vais avoir du mal à m'habituer à l'Allemagne, tu sais… C'est tellement différent de la France…
-Tu m'étonnes, fait Bill doucement en tirant sur une mèche blonde. Il y a tellement de choses que vous avez et que nous n'avons pas… C'est à cause du Führer ça… Nous sommes des années en retard sur les autres pays…
Je pince les lèvres :
-Je déteste la guerre, je dis, les sourcils froncés. Je hais Hitler et tous les Nazis… Je trouve complètement idiot de se battre pour un bout de terre. Il y a tant à faire ailleurs…
-Nous ne sommes pas fiers, nous autres allemands, de la guerre contre les français, dit alors Bill. Nous n'en parlons jamais, nous avons terriblement honte, tu sais… Et encore plus car nous avons perdu…
Je baisse les yeux sur mes genoux, les lèvres pincées, puis je fais glisser la serviette de ma tête et la retourne pour finir de sécher mes mèches rouges. Tom sort alors de la salle de bains et je lui fais un sourire alors qu'il passe entre les deux lits pour rejoindre son côté. Il s'y assoit et, d'un geste adroit, détache ses dreads. Les longs tortillons lui tombent alors sur dans les reins et je les regarde avec intérêt.
-Mhm ? fait-il.
-Non, rien, je regardais tes dreads… Tu les as depuis longtemps, si j'en crois les interviews…
-Hum, depuis que j'ai dix ans, je crois, c'est ça, Bill ?
-Ouais…
-Et tu peux les défaire sans les couper ? je demande alors.
-Nein… Enfin si, je peux mais je devrais passer des heures et des heures à démêler mèche à mèche, et à souffrir, surtout. Si je ne veux plus de dreads, je devrais me raser le crâne et, entre nous, je ne le souhaite absolument pas.
-Moi non plus, dit Bill. Mon frère sans ses dreads ça ferait trop bizarre.
Je rigole doucement puis me glisse sous mes couvertures et, une main soutenant ma tête, en appui sur un coude, je regarde les deux frangins allongés l'un près de l'autre. Tom s'est tourné vers la télévision tandis que Bill zappe. Finalement, il éteint le poste et s'allonge en soupirant :
-Je suis ruiné… J'ai mal partout.
-Et moi donc, dit Tom, un livre dans les mains. Tiens ? D'où vient ce chien ?
-Un chien ? je demande, étonnée.
-Lui, dit Bill en levant le bras pour que je voie la peluche blanche ébouriffée qu'il tient dans la main. C'est une fan qui me l'a donnée hier… Une gamine de treize ans, ajoute-t-il en me regardant par-dessus le livre de Tom.
« Bien rattrapé… » je songe en passant ma langue sur mes dents.
-Jalousie, jalousie… chantonne alors Tom à mi-voix.
-Mais non, je dis en me mettant sur le dos. Pas du tout. De toutes façons, ces gamines n'ont aucunes chances, je dis alors, un sourire malicieux sur le visage.
-Ha ouais ? fait-il en se vautrant en travers des jambes de Tom qui piaille de mécontentement.
-Ouais, je dis, ma langue coincée entre mes dents. Parce que je suis là…
Un silence étonné passe dans la chambre et je fais un clin d'œil aux deux garçons puis éteint ma lampe de chevet et me tourne de l'autre côté.
