Titre : Never Say Die stories : Moving
Source : Gundam Wing AC
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, basée sur l'histoire originale et sur ma fic Never Say Die
Disclamer: aucun des personnages ne m'appartient sauf le Dr Hills et autres médecins, kiné etc.
Rating : T
Personnages : Quatre Raberba Winner, Trowa Barton,

Note : Bonjour à tous. Merci de continuer à lire cette histoire, merci à celles qui prennent le temps de me laisser leurs impressions. A titre indicatif, j'ai une dizaine de textes d'écrits pour l'instant, à retravailler, bien sûr. J'ai aussi ma liste de vos demandes avec certaines traitées, d'autres en cours. Tout ça pour dire que je n'oublie personne.

Bonne lecture à vous !

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Moving

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Protectorat de Shamaland,
Appartement de Trowa et Quatre.
Décembre
AC 202

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- Je trouve ça un peu ridicule d'avoir passé cette soirée chacun de notre côté, remarque Quatre en rejoignant Trowa sous les draps. Nous aurions pu aller au restaurant tous ensemble…

- Tu avais prévu de voir Wufei.

- Ca s'est décidé dans l'après-midi… Je t'ai appelé pour te proposer de nous rejoindre, et Wufei a appelé Heero. D'ailleurs, tu aurais pu me rappeler, j'étais inquiet. Si Heero ne m'avait pas envoyé un message pour me dire que tu étais chez lui…

- Tu l'aurais appelé et tu aurais fini par le savoir.

Quatre se redresse, n'osant croire à ce qu'il vient d'entendre.

- Tu n'avais vraiment pas l'intention de me rappeler, alors ?

- Je ne voulais pas risquer de te déranger, répond-il en tournant une nouvelle page de sa liseuse.

- Quoi ? Mais enfin, Trowa, nous étions prêts à passer te chercher ! Non, tu ne voulais pas être avec nous, simplement, mais tu ne savais pas comment me le dire. J'ai fini par le comprendre.

- Vraiment ?

- Tu n'as pas à avoir peur de me vexer, tu sais. Nous avons beaucoup été ensemble, ces 18 derniers mois, c'est normal d'avoir envie de voir d'autres personnes, maintenant que ta rééducation est entièrement finie.

- Effectivement.

Quatre aurait préféré qu'il le détrompe, mais il n'en montre rien.

Tout comme Trowa aurait voulu ne pas entendre la confirmation que Quatre a besoin de distance, après l'avoir soutenu et veillé si longtemps.

Mais il comprend et prend sur lui pour ne rien laisser échapper que Quatre pourrait percevoir, grâce à son empathie.

Il s'entraîne beaucoup avec Heero pour apprendre à cacher ses émotions et ses sentiments sans que cela ne soit visible. L'empathie latente d'Heero, que Doc J. est parvenu à complètement étouffer au cours de son conditionnement, ressort peu à peu, depuis la fin de la guerre.

Duo l'aidait à travailler cela.

Et depuis qu'il a disparu et qu'Heero s'est lancé à sa recherche, avec toute la force du désespoir et de son amour pour lui, il la développe davantage, sachant que ce don peut représenter un véritable atout, dans certaines situations et avec certaines personnes.

Visiblement, Trowa est doué pour cacher ce qu'il ressent puisque Quatre ne se doute de rien.

Il est blessé, mais il choisit d'aborder un autre sujet.

- J'ai un vieil oncle qui va passer quelques jours ici, je vais devoir l'héberger. Je vais donc retourner dans mon ancien appartement quelque temps. Ma sœur Sethya s'y était installée, tu te souviens sûrement, mais elle est en Arabie en ce moment, ça tombe bien.

- Et tu vas demander à Dorothy de jouer les compagnes ? demande Trowa en continuant sa lecture.

Du moins, en apparence.

Car en vérité, il serait bien incapable de dire ce que raconte cette dernière page, puisqu'il la parcourt sans la voir depuis une bonne minute.

- Probablement. Ca évitera qu'il ne me parle de jeunes épouses potentielles de sa connaissance. Cela ne te dérange pas ?

- Quelle importance…

Quatre soupire.

- Ce n'est que l'affaire de quelques jours, mais si vraiment cela t'embête, je trouverais une excuse.

- Non, mon ange, je ne veux pas te causer plus de soucis. D'ailleurs, tu devrais rester dans ton appartement.

Un frisson d'angoisse parcourt le corps de Quatre, qui efface la douce appellation « mon ange » à laquelle il n'a plus droit que très rarement, depuis quelques temps.

- Comment ça ?

- Si jamais un oncle ou quelqu'un qui ne sait rien de nous passait par hasard, tu pourrais avoir des ennuis, explique-t-il d'un ton neutre. Ca n'a jamais été vraiment prudent de vivre ensemble.

- Ca n'a aucune espèce d'importance, pour moi, je pourrai toujours m'en sortir… Ce risque n'a jamais compté plus que le fait de vivre avec toi.

- Je sais. Mais c'est différent, aujourd'hui, parce que tu es attaqué de toutes parts. Depuis l'attentat contre les Preventers, tu dois redoubler de vigilance et diriger ton empire avec plus de fermeté. Tu dois être plus présent et disponible pour lui, Quatre, et pour les gens qui dépendent de son bon fonctionnement.

- Je sais tout ça !

Trowa se tourne vers lui, le visage grave.

- Tu n'as pas pu l'être en veillant sur moi, tout ce temps. Mais je vais mieux, à présent, tu l'as encore rappelé à l'instant. Alors redeviens l'héritier Raberba Winner, fais-le passer avant mon compagnon.

- Je n'ai pas… commence-t-il avant de s'interrompre, le temps de contenir le flot d'émotions qui le submerge. Nous n'avons pas à faire ça. Tu as peut-être retrouvé toutes tes capacités physiques, mais tu n'es pas complètement remis, Trowa ! Tu te réveilles encore amnésique, au moins une fois par mois, depuis un an et demi !

- Je peux gérer. Je laisserai une note avec des instructions pour t'appeler, quand ça arrivera. Ce n'est que de l'organisation et nous sommes forts pour cela.

Pensant que Trowa a besoin de retrouver une certaine indépendance et leur prouver, à l'un comme à l'autre, qu'il peut se débrouiller seul, que l'accident ne l'a en rien diminué, Quatre se résigne et n'insiste pas.

- Bien, dans ce cas… accepte-t-il avec un sourire crispé, pour le rassurer et ne pas l'inquiéter ou le faire se sentir coupable d'éprouver ce besoin.

Mais Trowa y voit plutôt une forme de soulagement à être libéré du fardeau qu'il se sent être pour lui, depuis quelques temps, alors il ne lui rend pas son sourire et se détourne plutôt, reportant son attention sur l'écran en veille de sa liseuse.

Son cœur est retourné par l'idée que Quatre puisse être si heureux de ne pas avoir à le supporter au quotidien, et il espère pouvoir le cacher suffisamment pour ne pas lui gâcher ça.

Quatre ne perçoit rien non grâce à son habilité, mais parce qu'il a mis en veilleuse son empathie, pour ne pas se prendre de plein fouet le soulagement de Trowa à se retrouver à vivre sans lui.

- Beaucoup de couples vivent chacun dans leur propre appartement, après tout, ajoute-t-il pour se donner une contenance. Ca ne changera pas grand-chose pour nous, on se verra toujours autant, on fera des aller-retours.

Trowa hoche la tête, puis repose sa liseuse et éteint la veilleuse de son côté.

- Je me lève très tôt, demain, j'essaierai de ne pas te réveiller.

- C'est gentil, merci, chéri, mais ne t'en fais pas pour moi. Tu es redevenu l'homme le plus discret qui soit.

- C'est plus facile, sans prothèse qui grince, remarque-t-il, pince-sans-rire.

- En effet… Quoi qu'il en soit, ne t'inquiète pas pour moi. Je vais sûrement me lever peu de temps après toi. J'ai une journée chargée.

- D'accord.

- Je serai absent toute la journée, je vais faire le tour de mes bureaux à Aden, explique-t-il en promenant un doigt léger sur l'épaule nue de Trowa, qui dépasse des draps. Je prendrai le jet, c'est plus rapide que la navette.

- Tu penses rentrer ici, le soir ?

- J'avais prévu de ne partir que vendredi, puisque mon oncle arrive samedi après-midi. J'ai pris ma journée pour tout organiser dans l'appartement. Mais si tu veux que je parte plus tôt…

- Fais comme bon te semblera, Quatre. Bonne nuit, conclut-il en venant déposer un baiser sur ses lèvres, avant de se retourner.

Un baiser un peu trop rapide pour Quatre, qui se retient de grimacer ou de le retenir, alors qu'il lui présente son dos, fermant la porte à toute discussion et à tout autre geste affectueux.

Cela doit bien faire une semaine qu'ils ne se sont pas endormis dans les bras l'un de l'autre… même s'ils se sont finalement réveillés enlacés, comme chaque fois.

Cela fait cinq nuits qu'ils n'ont pas fait l'amour, Trowa se braquant par peur d'un rejet face à un Quatre persuadé, au moins autant que lui, qu'il n'en a plus envie.

- Bonne nuit, Trowa.

Quatre, Trowa…

Cela fait un moment qu'ils ne se donnent plus que très rarement leurs surnoms affectueux, alors que leurs prénoms entiers franchissaient qu'exceptionnellement la barrière de leurs lèvres, avant.

Et jamais chez eux, sauf en cas de dispute, ce qui restait extrêmement rare.

Quatre retrouve cette sensation qu'il a connu plusieurs fois, durant ces mois de coma et de convalescence de Trowa, cette impression dérangeante qui le saisit chaque fois que Trowa perd la mémoire et le regarde avec des yeux vides : ce sentiment qu'il déteste par-dessus tout, celui qu'il est en train de le perdre…

Un ressenti que Trowa éprouve pour la première fois, mais qu'il connaît et reconnait de plus en plus facilement, durant ces moments avec Quatre.

Et qui le fait souffrir tout autant, sans qu'il n'imagine une seule seconde que Quatre vit la même chose.

Tout comme Quatre est à des lieues d'imaginer qu'il puisse éprouver cela, lui aussi…

Il se tourne de l'autre côté, lui aussi, collant tout de même son dos au sien, car il refuse de laisser les murs qui enferment progressivement leurs cœurs se dresser, invisibles mais non moins imposants, entre leurs corps, dans leur lit.

Un lit que, dans quelques jours, ils ne partageront plus qu'occasionnellement, pensant chacun que c'est ce que veut l'autre et étant assuré de faire au mieux…

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Merci d'avoir lu ce texte !

Pour info, le titre, "moving", fait référence à un déménagement, mais pas forcément d'un endroit à un autre. C'est plutôt quand on change le mobilier, tout ça. Ca me fait un peu penser à ça, comme si l'un et l'autre n'étaient que des meubles. Ils pensent chacun que l'autre le voit comme ça, en fait.

Bonne continuation et à dès que possible pour la suite.

Lysanea

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