Bonjour

Je suis vraiment désolée du retard. Mais cette fois-ci, je n'ai pas été la plus forte.

Sinon, merci de ne pas avoir frappé Jacob, même si je crains que cette fois-ci, vous ne vouliez le massacrer un peu.

Merci pour vos reviews : merci à Mariefandetwilight, Morphine Angel-feather, czarnyciemno, EstL, Alvian26, coukinette76, Triskelle Sparrow, Timica et aelita48. Vous avez toutes trouvé qui est le rôdeur.

popo : merci pour ta review. Mais non, ce n'est pas Alice.

Merci à Morphine Angel-feather et à Evelyne-raconte pour leur aide.

Les personnages ne m'appartiennent pas.

Bonne lecture.


Chapitre 10

Pov Bella

Je n'avais pas pu refuser la demande de Jacob, ayant déjà trop de remords à lui cacher le secret. Il avait fait des efforts, ne revenant pas sur le sujet de mon enlèvement, et il n'avait rien dit au sujet du rôdeur. Ou plutôt du vampire. Parce que j'avais l'intime conviction qu'il s'agissait d'un Volturi.

La veille, sur la plage, il s'était passé une chose bizarre. Nous marchions et parlions tranquillement, et le sujet du rôdeur avait été abordé. Et là, il s'était approché. Je l'avais laissé faire, envoûtée par son charisme. Je suis certaine qu'il m'aurait embrassée si je n'avais pas reculé, parce qu'à ce moment-là, mon esprit, encore embrumé par la frayeur due à la présence du vampire chez Charlie, m'avait crié que ce n'était pas ce que j'attendais. Et en reculant, j'avais pris conscience que oui, je voulais être embrassée un jour, mais pas par Jacob. Par quelqu'un de très différent.

Je me préparai pour aller au lycée, en me promettant de faire un saut chez les Cullen après les cours pour prendre plus d'affaires de rechange. Celles que j'avais prévues pour chez mon père ne me suffiraient pas si je passais plusieurs jours ici. Les Cullen ne rentreraient pas avant plusieurs jours, et ils savaient comment me joindre en cas de problème.

Je trouvai Billy à la cuisine tandis que son fils ronflait dans le salon. Je pris un petit-déjeuner assez rapide.

-Jacob ne va pas au lycée ? Demandai-je en buvant mon lait.

-Il a eu une mauvaise nuit, m'expliqua son père. Il a besoin de se reposer. Tu sais comment te rendre au lycée ?

-Oui, mais il faut que je passe chercher ma voiture chez Charlie.

-Oh ! Tu n'as pas à le faire. Emilie, la fiancée de Sam, l'a fait hier soir. Jacob leur a demandé, puisqu'ils allaient au cinéma. Ils n'ont pas eu de détour à faire.

-Tu pourras les remercier pour moi ?

Billy acquiesça de la tête et je partis pour les cours. La voiture d'Edward était bien là, m'attendant, mais malheureusement son odeur n'était plus présente.

La matinée fut calme. Bien sûr, Jessica revint à l'attaque à propos du bal, mais je donnai la même réponse : je n'irai pas.

A la pause-déjeuner, je retrouvai Angela qui m'attendait. Lorsqu'elle vit ma tête mais surtout mes poursuivants, à savoir Mike et Jessica, un mince sourire moqueur se glissa sur ses lèvres.

-Alors, tu tiens le coup face à leurs tentatives ?

-Angela, tu sais que je t'aime bien ? Alors, si tu tiens à la vie, arrête de te moquer de moi, et aide-moi plutôt à calmer Jessica et Mike !

Angela rit doucement, mais je ne le pris pas mal. Je savais qu'elle me soutenait, et qu'elle pensait comme moi que Jessica était pénible, tout comme son fidèle Mike.

Nous mangeâmes toutes les deux, les autres discutant d'un projet de camping.

Je mangeai une pomme lorsqu'un homme en uniforme de police et le directeur du lycée entrèrent dans la cafétéria. Le policier chercha quelqu'un du regard. Quand il tomba sur moi, il se rapprocha.

-Mademoiselle Swan ?

Je hochai la tête, un mauvais pressentiment s'emparant de moi. Le directeur n'avait pas son air sévère habituel.

-Pourriez-vous me suivre à l'extérieur, s'il vous plaît ?

Je le suivis, inquiète. Qu'avait-il pu se passer pour qu'un fonctionnaire de police vienne me voir au lycée ? Cela ne pouvait-il pas attendre le soir ? Il m'amena jusqu'à sa voiture de fonction, et il se tourna vers moi. Au moment où il allait me parler, le téléphone que m'avaient offert les Cullen sonna.

-Allez-y ! M'invita le policier.

Je décrochai.

-Bella ! Hurla presque Alice. Tu vas bien ?

-Oui Alice, je vais bien. Ou plutôt, j'irai mieux une fois que j'aurais retrouvé l'usage de mon oreille droite. Mais je vais te laisser, parce que quelqu'un voudrait me parler.

-Est-ce un policier ?

-Euh… Oui !

-Passe-le moi !

Son ton catastrophé me fit peur, et c'est en tremblant que je tendis l'appareil à l'agent. Celui-ci écouta, concentré, avant de dire « d'accord » puis il salua Alice et me repassa le téléphone.

-Bella ? Tu vas rester avec l'agent de police. Nous revenons dès que nous pouvons.

-Mais qu'est-ce qu'il se passe ?

-Le policier va t'expliquer, dit-elle d'un air triste. Je te rappelle plus tard.

Elle raccrocha, me laissant médusée. Je reportai mon attention sur l'homme en face de moi qui m'observait d'un air grave.

-Je ne sais pas comment m'y prendre… Avez-vous remarqué des gens qui vous paraissaient étranges ?

-Non, mentis-je, personne. Pourquoi ?

-Eh bien… Votre père… N'est pas venu au poste ce matin. Nous avons essayé de le contacter mais personne ne répondait. Alors nous nous sommes rendus chez vous.

Le sang reflua de mes joues et mon estomac se serra. Je sus d'instinct ce qui allait suivre, mais j'avais besoin de l'entendre.

-Nous avons trouvé… son corps.

Le monde tourna autour de moi. Mes jambes me lâchèrent tandis qu'un voile noir tombait sur mes yeux. J'entendais le policier, je sentais ses mains qui me secouaient doucement, mais je n'arrivais pas à émerger. Je ne pouvais pas. On me souleva et on me posa sur quelque chose de moins dur que le sol sur lequel je m'étais effondrée, sans pour autant que ce soit très moelleux.

Quelque chose n'allait pas. J'avais trop chaud, et la voix qui me parlait n'était pas celle de l'agent de police.

-Bella ? Allez, réveille-toi ! Je vais l'emmener chez moi monsieur, le temps qu'elle réalise. Il ne faut pas qu'elle reste seule, et nos pères étaient très liés.

-Vous devez avoir raison. Je vous la confie. S'il y a un problème, appelez le docteur Cullen ! Il doit revenir dans la journée.

C'était la voix du policier. Des pas s'éloignèrent, une portière claqua et une voiture démarra. Avec difficulté, je réussis à entrouvrir les yeux. J'étais dans la voiture de Billy et Jake conduisait.

-Mais quel abruti je suis ! Il a dû revenir au petit matin. Il n'y avait que Leah, et il lui aura été facile de… Bon sang !

Rageur, il donna un coup de poing sur le volant. Je ne comprenais rien, et mon esprit tournait au ralenti. De quoi parlait Jake ? Que s'était-il passé ? Je voulus bouger mais mon corps ne voulait pas m'obéir, à part mes cordes vocales, laissant échapper un gémissement. Jacob me regarda, détournant un instant son regard de la route.

-Bella ? Tu vas bien ?

Il se gara sur le côté. Nous étions en route pour la réserve Quileute. Pourquoi ? Mon ami se détacha, sortit et vint ouvrir la portière de mon côté. Il prit mon visage entre ses mains brûlantes et me fixa.

-Bella, réponds ! Est-ce que tu vas bien ?

Devant son air plus qu'inquiet, je réussis à hocher la tête, mes yeux s'ouvrant de plus en plus.

-Je t'emmène chez moi. Tu n'es plus en sécurité.

Il allait refermer ma portière mais je le retins par le bras.

-Pourquoi ?

-Je t'expliquerai chez moi.

Il prit ma main qui le retenait, la posa sur mes jambes et revint côté conducteur avant de démarrer. Le trajet ne fut pas très long, et une fois arrivés, il me porta jusque sur son canapé. Billy n'était pas là, ce qui m'arrangeait bien.

Un verre de jus de fruits exotiques à la main, une compresse froide sur le front, je reprenais mes esprits, les souvenirs me revenant. Jacob me regardait fixement, jusqu'à ce que je prenne la parole.

-Alors, tu m'expliques ?

-Tu dois rester ici Bella. Te souviens-tu de ce que le policier a dit ?

-Oui, je m'en rappelle, soufflai-je, la gorge nouée. Mais ils ne savent pas qui c'est.

-Pourtant toi tu le sais, accusa mon ami.

Je ne répondis rien, mais me levai.

-Que fais-tu ?

-Je veux le voir une dernière fois.

Il me retint par le poignet, serrant assez fort pour je ne puisse lui échapper.

-Tu ne sortiras pas d'ici !

-Pourquoi ?

-Je… Celui qui a tué ton père peut revenir à tout moment !

-Jacob, ne me prends pas pour une imbécile ! Tu as dit l'autre jour que je ne disais pas la vérité, mais toi, tu n'es pas mieux ! Pourquoi en vouloir aux Cullen ?

-Je ne peux rien dire sauf qu'ils sont dangereux !

-Pour qui ? Pour toi ? Pas pour moi en tout cas ! Ils m'ont sauvé deux fois la vie, et je compte rester avec eux, s'ils veulent de moi ! Tu n'as pas à me commander !

Il retenait toujours mon poignet, me faisant mal désormais, et tout en parlant je cherchai à me dégager. Finalement, je craquai : mes jambes ne me tenaient plus beaucoup. Les larmes apparurent. Toute la tension que j'avais accumulée, toute la peine que je ressentais se déversa à travers mes larmes. Jacob me retint avant que je ne tombe et il me plaqua contre son torse. Tandis que je pleurais, il caressait mes cheveux et me murmurait des mots apaisants, mais cela ne m'aidait pas. Et c'est avec surprise que je constatai que je ne voulais qu'une personne pour m'aider, me soutenir : Edward.

-Il va revenir, pleurai-je.

Aro avait donc dit la vérité : je tenais la vie de mes parents entre les mains, et j'avais déjà rompu le fil de la vie de mon père. J'étais horrible, j'avais amené la mort avec moi, trop égoïste dans mon désir de le revoir. Qu'en sera-t-il pour Renée ? Renée ! Elle était en danger !

Je cherchai à me dégager, mais Jake ne me le permit pas.

-Jacob, il va s'en prendre à ma mère ! Je dois aller l'aider !

-Non Bella ! Ce n'est pas un simple rôdeur ce type ! C'est…

Il sembla s'étrangler, mais continua.

-Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Calme-toi, nous nous occupons de tout !

-Nous ? Mais Jake, il va te tuer toi aussi !

Il rit, augmentant ma colère qui empiétait sur ma tristesse. Il ne comprenait pas !

-S'il faut que j'utilise les grands moyens pour te retenir ici Bella, je le ferai. Mais ne m'y oblige pas s'il te plaît.

-Je dois voir les Cullen, décidai-je, toujours en essayant de me dégager.

Jacob me poussa sur le canapé. Cette fois-ci, c'est la rage qui prenait le pas sur mes émotions. La douleur d'avoir perdu mon père me poussait à protéger ceux qui étaient encore en vie, peu importe qu'ils le veuillent ou non.

-Il en est hors de question. Tout ça est de leur faute, alors ne compte pas sur moi pour te laisser avec eux !

Pov Jacob

Ne comprenait-elle pas le danger auquel elle s'exposait ?

Elle se releva et se mit à courir vers la porte mais je la retins par le bras.

-Lâche-moi ! Tu ne sais pas contre qui tu te bats !

Elle me griffa le bras pour me faire lâcher prise, et je voyais son visage transformé par une peur panique. Elle ne réfléchissait plus : elle agissait instinctivement, tel un animal pris au piège. De quoi avait-elle si peur ? Se pouvait-il que finalement, elle connaisse les vampires ?

Je commençai à m'énerver, et mes tremblements m'inquiétaient. Ne voulant pas blesser Bella, je la pris dans mes bras malgré ses cris et ses gesticulations et la portai jusqu'à ma chambre avant de la laisser tomber sans ménagement sur le lit. Elle se tut, les yeux brillants de colère.

-Jacob, qu'es-tu en train de faire exactement ? Demanda-t-elle en détachant chaque syllabe, froidement.

-Je te sauve la vie.

Je sifflai, ayant entendu Quil et Embry dans le salon. Ils arrivèrent rapidement, inquiets, et dévisagèrent Bella.

-Paul va être furieux, commença Embry.

-Au moins autant qu'elle, visiblement, répondit Quil, amusé à première vue.

-Arrêtez vos âneries ! Intimai-je. Quil, tu la surveilles, je ne veux pas qu'elle sorte !

-Quoi ! S'insurgea Bella. Tu veux m'empêcher de partir ? Mais c'est un enlèvement !

-Pense ce que tu veux ! Dis-je en haussant les épaules. Tu as compris Quil ? Si elle fait un pas en dehors de cette chambre, c'est sur toi que je me défoulerai.

Les menaces ne servaient à rien, mon ami m'obéirait, même sans cela, mais je voulais faire comprendre à Bella qu'elle n'avait pas le choix. Le portable qu'elle avait utilisé au lycée était en miettes, puisque j'avais bien fait attention à ce que les sangsues ne puissent plus la contacter.

-Je suis désolé Bella, mais c'est pour ton bien.

-Mais bien sûr… grommela-t-elle en me lançant un regard noir.

Je l'ignorai et sortis, suivi d'Embry.

-On va où ?

-Il faut réunir la meute. Sam doit être au courant, Charlie a été tué.

Embry ne dit rien, trop choqué. Il m'accompagna, puis nous nous transformâmes.

Pov Edward

Bella était en danger. De cela, nous étions certains. Quand Alice avait vu la mort du chef Swan, tué par Félix Volturi, puis qu'elle avait eu une vision de la réaction de Bella lorsqu'un policier lui annonçait, elle avait décidé de l'appeler.

L'avoir eu au téléphone nous avait rassurés, et nous pensions que si Alice n'avait plus de vision de Bella, cela voulait dire qu'elle était en sécurité avec le policier. Sauf que ce n'était pas le cas, puisque nous avions trouvé ma voiture au lycée.

Dire que j'étais inquiet était un euphémisme, et Jasper essayait de me calmer. Nous avions fait le tour de la ville, cherchant l'odeur de Bella, mais aucun d'entre nous ne réussit à la trouver. Nous étions au salon, Alice, Jasper, Esmée, Carlisle et moi. Nous attendions Rose et Emmett qui cherchaient du côté de Port Angeles.

J'étais focalisé sur les pensées d'Alice lorsque Carlisle prit la parole.

-Je ne crois pas qu'Emmett et Rosalie trouvent quelque chose.

-Pourquoi ? S'étonna Esmée. Tu crois que…

-Je pense qu'elle est au seul endroit où nous n'avons pas cherché, à savoir le territoire Quileute.

Il y eut un silence, où chacun s'interrogeait.

-Mais pourquoi ? Demanda Alice.

Elle ne voyait pas où voulait en venir notre père, et moi je tentais de percer son esprit pour comprendre.

-Jacob est son ami, et il a sans nul doute été averti de la mort de Charlie Swan. Bella doit être chez lui.

Il prit son cellulaire et composa le numéro des Black, qu'il connaissait comme chaque numéro de la ville, l'ayant appris au cas où, Carlisle étant très prévoyant. Il y eut plusieurs tonalités avant qu'un homme ne réponde.

-Allo ?

-Bonjour, je suis Carlisle Cullen.

Il y eut un blanc.

-Que voulez-vous ? Grogna l'Indien qui ne s'était pas présenté.

-Nous cherchons Bella Swan. Nous nous inquiétons pour elle.

-Elle va bien. Et si vous voulez son bien, ne cherchez pas à la revoir ! Vous l'avez mise en danger.

-Mais c'est faux ! S'exclama Alice. Je l'ai sauvée de ses tortionnaires !

Nouveau blanc, mais la respiration de l'interlocuteur de Carlisle s'était accélérée.

-Que savez-vous sur cette histoire ?

-Bella ne vous a rien dit ?

-Elle n'a rien dit à Jacob, ni à aucun d'entre nous, et refuse même de parler de… votre espèce.

Elle est très intelligente, pensa notre père. Elle ne sait pas que les Quileutes sont au courant…

-Nous pourrions en parler peut-être, en présence de Bella, tenta Carlisle. Je…

Soudain on entendit un cri et des pas précipités.

-Si ce sont les Cullen, je t'ordonne de me les passer ! Edward !

Il y eut du bruit, des froissements, des bruits sourds. Si mon cœur avait encore été en vie, il aurait cessé de battre, mais ce n'était pas le cas, et mes poings se serrèrent, ne pouvant rien faire. Si je m'écoutais, je foncerai à la réserve, mais c'était d'une part mettre Bella en danger, et d'une autre rompre un traité dont nous avions besoin.

-Allo ? Reprit la voix grave.

-Est-ce que Bella va bien ? Demandai-je, la voix tremblante.

-Oui. Ne rappelez plus ! Elle va bien, et ira mieux tant que vous n'êtes pas proches d'elle. Vous ne lui apporterez rien de bon.

Et l'indien raccrocha. Je me laissai tomber, en proie à une émotion trop intense pour que je réussisse à l'analyser. A moins qu'il n'y en ait plusieurs, chacune aussi intense que les autres. Jasper posa sa main sur mon épaule.

Mon cher frère, tu as trouvé celle qui te fait vivre. Je suis navré que tu le comprennes de cette manière.

Je le regardai, intrigué. Il ne rajouta rien, attendant que ces mots éclaircissent l'imbroglio de mon esprit et de mes sentiments.

Rosalie et Emmett arrivèrent à ce moment, et Carlisle leur fit signe de s'asseoir.

-Nous savons où se trouve Bella, commença-t-il.

-C'est une bonne nouvelle ça ! S'enthousiasma Emmett. Parce que de notre côté, nous avons fait chou blanc avec Rose. On va la chercher alors ?

-Je crains que ce soit impossible. Elle est chez les Quileutes.

-Quoi ! S'écria Rose. Ne me dis pas que tu acceptes !

-Je n'ai pas le choix Rosalie. Je suis persuadé qu'ils la traiteront bien.

-Et ils ont raison, continuai-je, la mort dans l'âme, déchiré de réaliser à quel point je le pensais. Nous n'apportons rien à Bella, rien de bien en tout cas.

La suite fut trop rapide, même pour moi : Alice bondit et me sauta dessus, me plaquant au sol. Je ne fis aucun mouvement, trop abasourdi.

-Je t'interdis de dire ça ! Clama-t-elle. Elle a besoin de nous ! Tu crois que ce sont eux qui vont la protéger des Volturi ? Jusqu'à preuve du contraire, Félix a tué Charlie alors que ces fameux Quileutes étaient plus proches que nous. Elle a besoin de toi, parce que au cas où tu ne t'en serais pas rendu compte, elle est plus proche de toi que de n'importe lequel d'entre nous. Et nous, nous avons besoin d'elle. En tout cas, toi et moi ! Alors tu vas te reprendre, chasser tes idées noires et tes mortifications qui ne riment à rien, et tu vas m'aider à la faire revenir ici ! Est-ce que c'est clair ?

Heureusement qu'elle n'avait pas besoin de respirer, sinon elle serait morte asphyxiée après ce discours. Cette réflexion me tira un demi-sourire, et Alice sembla bien le prendre puisqu'elle se releva.

Elle t'aime Edward, comme tu l'aimes. Et il est hors de question que je vous laisse dans cette situation ! Ton bonheur et celui de Bella seront désormais ma priorité !

-Mais Alice, elle est humaine !

-Et alors ? Ce n'est pas un problème !

Elle se tourna vers le père* de famille.

-Carlisle, que pouvons-nous faire ?

Notre père nous observa tous, l'un après l'autre, en réfléchissant. Son esprit était logique, et son calme le rendait sensé.

-Je vais appeler leur chef, Sam Uley, dans la journée. Nous lui proposerons de travailler ensemble pour faire du bon travail.

-Nous allons devoir coopérer avec ces chiens ! S'outra la femme d'Emmett.

-Exactement Rosalie. Si tu ne le fais pas pour nous, fais-le pour Bella ! Nous arrangerons les détails plus tard. Et je vais voir s'il est possible de voir Bella de temps en temps. Pour le moment, je propose d'aller repérer la trace de Félix, voire même de le retrouver.

Nous partîmes, laissant Esmée seule à la villa, au cas où Bella appellerait.

Pov Bella

Honnêtement, je commençais à en avoir marre. Jacob m'avait laissée dans sa chambre avec un adolescent comme gardien. Certes, il était gentil, mais je ne voulais qu'une chose : rentrer chez les Cullen, me faire un thé, me mettre devant l'écran plat gigantesque et voir Edward.

Il me manquait atrocement, et je voulais ses paroles réconfortantes, ses gestes maladroits, ses sourires qui me rassureraient.

Lorsque le téléphone avait sonné, j'avais laissé Quil répondre, mais j'écoutai quand même, du haut des escaliers. Quand je fus certaine qu'il s'agissait des Cullen, je voulus prendre le combiné mais l'indien m'en empêcha et il alla même jusqu'à m'enfermer dans un cagibi, me laissant à moitié sonnée tant il m'avait poussé avec force.

J'étais assise sur le sol, dans le noir, les genoux remontés sur ma poitrine, tentant d'écouter la fin de la conversation téléphonique, mais Quil parlait trop bas.

Enfin, la porte s'ouvrit sur l'indien.

-Je suis désolé, commença-t-il en me tendant la main. Mais tu dois comprendre que les Cullen sont dangereux, et que nous sommes les seuls à pouvoir te protéger.

-Pourquoi ? Quel est votre secret ?

J'avais pris sa main, et à présent nous étions dans la cuisine, assis l'un en face de l'autre.

-Je ne peux pas te le dire. Nous savons qui a tué ton père, sa… nature. Et nous sommes assez forts pour lutter.

Je déglutis difficilement, cherchant à imaginer un Quileute se battre contre un vampire quasiment invincible. C'était de la pure folie.

-Combien de temps allez-vous me retenir ici ? Au cas où vous l'auriez oublié, mes affaires sont presque toutes chez les Cullen, et je dois aller au lycée.

-Nous verrons tout cela avec Sam et Jacob. Ils prendront les bonnes décisions, j'en suis sûr.

Je soupirai, sachant que j'étais vaincue d'avance.

-Je n'ai vraiment aucun espoir de contacter les Cullen ?

-Non. Nous voulons juste te protéger.

-C'est vraiment du n'importe quoi ! Grommelai-je en posant ma tête sur la table, découragée.

Quil se leva et alla au salon, allumer la télévision. Je devais au moins réussir à aller au lycée dans les prochains jours, en tout cas pour voir les Cullen, et surtout Edward. Et se posait la question de ma mère. Je rejoignis l'ami de Jacob.

-Est-ce que vous savez comment joindre ma mère ? Il faut la prévenir qu'elle est danger elle aussi.

-Pourquoi le serait-elle ? S'étonna le jeune homme.

-A cause de moi, soufflai-je, enrouée par l'émotion.

Puis je montai dans la chambre de Jacob, fermai la porte en la claquant et allai à la fenêtre. Nous étions au premier étage. C'était peut-être un peu haut, mais je savais qu'il y avait un treillage à portée de main, et je comptais bien l'utiliser pour descendre. Mais je ne pouvais pas le faire maintenant : j'attendrais donc le bon moment. S'ils m'empêchent d'aller en cours, je serais enfermée ici, avec sûrement l'un d'eux comme gardien, et celui-ci regarderait les commentaires sportifs, comme chaque garçon. J'en profiterai alors pour filer à l'anglaise.

Je passai la soirée à ruminer, jusqu'à ce que Quil me rejoigne et qu'il me raconte des anecdotes de sa jeunesse avec Jacob, ce qui occupa ma soirée et mon esprit.

A la tombée de la nuit, Billy revint. Il avait appris pour mon père, et sans un mot, il alla s'enfermer dans sa chambre.

-Il va lui falloir plusieurs jours pour s'en remettre, je pense, commenta Quil alors que je l'interrogeai du regard. Ton père et lui étaient très proches. Tiens, les autres reviennent.

En effet, Jacob et un autre indien, encore plus grand que Jacob, entrèrent à leur tour. Ils prirent chacun une bière et s'assirent à la table de la cuisine, nous ordonnant à Quil et moi de faire de même. Durant plusieurs minutes, il n'y eut pas un mot, mais je sentais leurs regards sur moi, telle un enfant pris en faute.

-Je me présente, commença finalement le plus grand et sûrement le plus âgé. Je suis Sam. D'abord, toutes mes condoléances pour ton père. Si tu as besoin de quoi que ce soit…

Je sautai sur l'occasion.

-Retourner chez les Cullen me suffira.

-Hors de question ! Sais-tu pourquoi c'est arrivé ?

Je ne répondis pas. Je savais qu'ils connaissaient l'existence des vampires, surtout depuis que Quil me l'avait confirmé, mais dire la raison du meurtre de mon père revenait à l'assumer, et je n'étais pas prête.

-Comment veux-tu que l'on te protège si tu ne nous dis rien ? Accusa Jacob.

-Je ne vous ai rien demandé ! Rétorquai-je, les joues en feu et les larmes aux yeux à cause de la colère.

-Tais-toi ! Grogna Sam. Je crois que tu ne comprends pas le problème.

-Je propose qu'elle reste ici, intervint Jake. Si l'assassin de Charlie est encore ici, il peut la trouver n'importe où.

-Qui vous dit que je suis en danger ? Intervins-je tout à coup. Peut-être… est-ce un meurtre isolé…

J'avais crains d'en avoir trop dit, sans savoir pourquoi je cherchais encore à cacher le statut des vampires. Sam reprit la parole.

-Depuis que tu es revenue, il y a plusieurs… étrangers qui rôdent par ici, et je ne crois pas aux coïncidences. Je suis aussi d'accord pour que Bella ne sorte pas de la réserve. Nous nous relayerons.

-Donc, je suis prisonnière.

Sam hocha la tête. Sans ajouter un mot je me levai et allai dans la chambre de Jacob. Mais avant de monter les marches, je tenais à dire quelque chose.

-Vous pensez me protéger, mais vous attirez seulement le danger ici. Vous ne savez rien de la motivation des Volturi, et il en viendra toujours plus pour finir le travail.

Une fois en haut, je me lavai et allai me coucher, espérant mettre mon plan à exécution le lendemain.

Pov Jacob

Nous allions la retenir ici, le temps que nous attrapions les sangsues dangereuses. Sam voulait avoir un rendez-vous avec le docteur Cullen, afin de rappeler le traité et de les convaincre de partir pour éloigner le danger.

Demain, c'était Paul qui surveillerait Bella. Et j'espérais qu'elle ne nous en voudrait pas longtemps.

En tournant sur le canapé que j'avais pris, vu que mon amie dormait dans mon lit, je repensais à ses dernières paroles. Que savait-elle ? Et pourquoi ne rien nous dire ? Qui protégeait-elle ?


* Petit clin d'oeil de la part de Morphine, pour une fiction précédente où j'avais abusé du mot "père".

J'espère que vous avez aimé.

Je suis désolée pour le retard. Je vais réfléchir pour mettre deux chapitres mercredi prochain, pour vous dédommager.

Alors, on ne tue pas Jacob, ou alors il faut le ressusciter après. J'en ai encore besoin.

A mercredi, et dites-moi si vous voulez deux chapitres ou non.

Bisous