Merci tout plein pour vos reviews ! Miss Sheppard, Teyla est morte tuée par un virus (j'ai du mettre ça quelque part dans le chapitre 4 il me semble) : et oui, tout n'est pas inversé dans cet AU, ce ne serait pas super rigolo à écrire si c'était le cas, non ?
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11 – Atlantis, Système de désalinisation, AU
Ils l'avaient traîné dans les couloirs d'Atlantis. Déserts. C'était si différent de sa version, où il y avait toujours quelqu'un, mais c'était sans aucun doute du au fait qu'il y avait un couvre feu. Un couvre feu, pour une mission scientifique ! Stupide. De toute manière, tout était sens dessus dessous dans cette version cauchemardesque d'Atlantis.
Ils avaient déambulé comme ça une bonne vingtaine de minutes, lui pieds nus et en tenue légère, les trois hommes habillés des pieds à la tête comme s'ils allaient embarquer pour une mission.
« Ah, nous y voilà ! »
Sheppard frappa la porte devant laquelle ils se trouvaient de la paume de sa main et elle s'ouvrit en coulissant. Rodney était toujours étonné de la facilité avec laquelle la technologie Ancienne répondait au Major, il avait hâte de voir si la thérapie génique de Carson allait fonctionner et si lui aussi, il disposerait de cette faculté (24). Enfin, c'était avant d'arriver ici.
Ils descendirent un petit escalier en colimaçon, fait de cet acier Ancien bleuté si spécifique. Rodney frissonna. Il faisait plus froid par ici, il pouvait sentir un courant d'air glacial et puis, une odeur, une odeur qui lui était familière. Il comprit de quoi il s'agissait lorsqu'il entendit le clapotis des vagues contre les parois.
De l'iode.
Ils passèrent une petite passerelle donnant sur l'extérieur. Les lumières de la Cité illuminaient l'océan en dessous d'eux. Un léger embrun fouetta le visage de Rodney. Il frissonna.
La passerelle donnait sur une autre tour, nettement moins haute que celle qu'ils venaient de quitter et surtout beaucoup plus petite. Sheppard utilisa une fois encore son gène pour ouvrir la porte qui donnait sur la tour et ils entrèrent. La pièce dans laquelle ils se trouvaient était minuscule et circulaire. Rodney jeta un regard effrayé autour de lui. Que lui voulaient-ils ? Que faisaient ils ici ?
Ford se dirigea vers une sorte de coffre encastré dans le mur. Il l'ouvrit et en sortit quelque chose qu'il tendit à Rodney.
« Bien, et maintenant, vous allez passer ça, Doc' ! »
C'était une sorte de harnais de sécurité en cuir, du type de ceux qu'utiliserait un laveur de carreaux. Rodney regardait le harnais mais ne fit aucun geste pour le saisir. Ce n'était pas tant le harnais qui le paralysait que ce qui était attaché à celui-ci : un petit mousqueton sur le dos du matériel était en effet attaché à une chaîne en acier.
Une longue chaîne.
« Oh, bon sang ! Mettez le lui, nous n'avons pas toute la nuit ! »
Sheppard semblait avoir perdu sa bonne humeur. C'était quelque chose de frappant chez ce type, ces changements d'humeur brusques, un moment il était violent, agressif, l'autre, moqueur et excité.
Avant qu'il ait le temps de faire quoique que ce soit, Ford et Decker ceinturèrent Rodney et lui passèrent le harnais. Une fois que ce fut fait, ils le poussèrent vers le Major qui le regardait, son petit sourire sadique sur les lèvres, les bras croisés. Sheppard fit un signe à ses deux hommes et Decker se dirigea vers une des parois.
« Et voilà ! Maintenant, vous êtes prêt, hein Doc. »
Ford se trouvait juste derrière lui. Le jeune homme lui souriait. Un sourire de malade. Qu'avait il pu leur arriver pour qu'ils deviennent tous des psychopathes en puissance ! Rodney ouvrit la bouche pour contester mais une fois plus, il eu juste le temps de pousser un petit cri, avant que Ford ne le poussevers la paroi ou se trouvait son accolyte.
Ils se trouvaient tous les trois devant la paroi. Il y avait une porte juste devant Rodney. Pas une de celles équipées avec des cristaux de contrôle, mais une porte en acier avec un énorme levier rond, du type de ceux que l'on trouverait à bord d'un sous marin. Decker tourna le levier et ouvrit la porte et Ford poussa une fois encore Rodney. Ce dernier se trouvait juste devant la porte ouverte, juste devant l'océan.
La porte donnait dans le vide, sur l'extérieur de la Cité.
Instinctivement Rodney regarda en bas.
Ils n'étaient pas très hauts, peut-être à cinq ou six mètres au-dessus du sol. Celui-ci était luisant, signe qu'il devait être mouillé. On aurait dit une sorte de cuvette de forme hexagonale, pas très grande. Il y en avait d'autres sur la gauche, Rodney en dénombra six. Six hexagones. Les Atlantes étaient décidément des gens d'une cohérence sans nom ! Les cuvettes les plus proches de l'océan étaient pratiquement remplies d'eau. Visiblement, la marée montant, les cuvettes se remplissaient les unes après les autres. Rodney cligna des yeux, et son cerveau, toujours en ébullition, se demanda un moment quelle pouvait bien être leur fonction.
« Magnifique, non ? »
Rodney se tourna vers Sheppard qui se trouvait juste derrière lui. Le Major fixait l'horizon, puis il le regarda, lui sourit et posa sa main sur son épaule. Lorsque le sourire de Sheppard se figea, Rodney su immédiatement qu'il allait se passer quelque chose, quelque chose qu'il n'allait pas aimer. Il tenta de reculer mais le Major fut plus rapide.
Sa main se resserra sur l'épaule de Rodney et il le poussa dans le vide.
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Atlantis, Infirmerie, dans notre réalité
John retourna dans l'infirmerie, après s'être éclipsé pendant qu'Elisabeth continuait à discuter avec Beckett.
Maltraité !
Nondenondenondenondenondedieudemerde.
Okay, il fallait qu'il reste calme, parce que s'il était sincèrement désolé pour ce McKay il était à deux doigts de péter un câble en ce qui concernait son McKay. Son McKay ? D'où ça venait ça encore ! Depuis quand, est-ce que McKay était à lui, hein ? Toute cette histoire commençait vraiment à le rendre marteau. Il fallait que ça cesse, et le plus tôt serait le mieux.
McKay se trouvait toujours assis sur un des lits de l'infirmerie. Les mains à plat sur le lit, il balançait ses jambes dans la vide et fixait le sol. Ford, qui avait remplacé le sergent Delkline, se trouvait en faction non loin du lit. John s'approcha de Rodney.
« McKay, il faut qu'on parle ! »
La réaction de l'intéressé fut immédiate. Rodney poussa un cri, grimpa sur le lit pour en redescendre quasi immédiatement mais du côté opposé à celui où se tenait John, emportant avec lui sa perfusion. Rodney se tenait pratiquement dos au mur, les yeux écarquillés, rivés sur le Major.
Et emplis de terreur.
John resta quelques secondes sans bouger, la bouche ouverte, les bras le long du corps. Quelques secondes. C'est le temps qu'il lui fallu pour comprendre ce qu'il voyait, pour comprendre pourquoi le double de l'un de ses amis le regardait comme s'il allait le ... le frapper !
Et là, John se mit à voir rouge. Vraiment. Jamais un dicton ne lui avait paru aussi conforme à la réalité, parce qu'il était en train de voir rouge. Un rouge passion, un rouge sang, le rouge de la colère.
Son double ! Ca expliquait la constante nervosité de McKay en sa présence, la raison pour laquelle il l'évitait, ou plutôt pour laquelle il le fuyait. Son double dans cet univers parallèle était la misérable petite ordure qui … qui … Calmecalmecalme. Il fallait qu'il se contrôle parce que sinon, il ne donnait pas cher de l'équipement ancien qui se trouvait juste à sa droite, à quelques centimètres de sa main.
John ferma les yeux et prit une large inspiration puis il les rouvrit.
Rodney était toujours plaqué contre le mur, coincé entre un moniteur et le lit. John tendit la main sans s'approcher.
« Okay, c'est bon, tout va bien, Ro- » il se força à prononcer le prénom, « Rodney, je … je ne suis pas lui, je ne veux pas vous faire de mal, Okay ? Je veux juste vous parler, et je crois que … »
Les yeux de Rodney allaient de Ford, qui s'était lui aussi approché, à Sheppard.
« NON ! Restez … restez où vous êtes ! »
John nota le ton hystérique de l'homme qui se tenait devant lui. Il ne voyait pas très bien comment faire pour le rassurer et doutait d'ailleurs de pouvoir y parvenir, surtout si ce qu'il pensait était vrai.
« Rodney, je crois que vous devriez vous rasseoir, hein, parce que là vous êtes en train de mettre du sang un peu partout et vous savez combien Beckett aime que sa petite infirmerie soit toute proprette. »
Rodney fronça les sourcils, puis regarda son bras. La perfusion avait été arrachée lors de sa petite cascade sur le lit et le sang coulait le long de son bras. John le vit pâlir. Il s'élança et récupéra Rodney juste au moment où les jambes de ce dernier se dérobaient sous lui.
« Wow, doucement, doucement, hey, vous voyez j'avais raison. »
Rodney était toujours conscient et se tenait complètement rigide dans les bras de John, comme s'il s'attendait à tout moment à ce que l'embrasse se transforme en étreinte cruelle. Il ne regardait pas le Major, ses yeux restaient fixés sur un point imaginaire devant lui.
« Ecoutez Rodney, que les choses soient claires : je-ne-vous-ferais-aucun-mal. Je ne suis pas lui, je ne suis pas comme lui. »
C'était un peu étrange de parler de cet autre Sheppard comme ça.
« McKay et moi, nous sommes, et bien, c'est un de mes équipiers et nous sommes … nous sommes amis. »
L'homme dans ses bras se mit à rire. Et c'était un rire terrible, désespéré, presque un sanglot.
« Ami ? Oui, c'est aussi ce qu'il a dit … au début. Qu'il voulait que nous soyons amis. Juste ça. Des amis. Et puis, ça a changé. »
Rodney se tu un moment. John fit un signe à Ford de la tête en direction du bureau de Beckett. Le Lieutenant opina du chef. John reporta son attention sur l'homme qui était dans ses bras. Il fallait qu'il sache s'il voulait avoir une idée exacte de la situation dans laquelle se trouvait Rodney … l'autre Rodney.
« Qu'est-ce qui a changé ? »
« Il a changé, tout le monde a changé, à cause de … » Rodney soupira. « Des wraith. Du virus. De l'isolement. Tout le monde a changé … »
John allait objecter que ce n'était pas une raison pour devenir violent et pour frapper ses coéquipiers, lorsqu'il en fut empêché par Rodney.
« Il a dit qu'il m'aimait. »
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Atlantis, Système de désalinisation, AU
Le cri de Rodney s'éteignit avec un bruit sourd et mat, au moment où son corps rebondit contre la paroi de la tour. Rodney resta un moment sans bouger, choqué par la chute et l'impact. Il finit par ouvrir les yeux. Il se trouvait suspendu par le harnais, à plus de deux mètres au-dessus du sol. L'eau commençait à envahir la cuvette.
« Bien, comme je vous le disais tout à l'heure Rodney, il est temps pour un petit bain de minuit et, oh, regardez vous avez de la chance, c'est pleine lune ce soir ! Juste cette petite touche de romantisme qui change tout, n'est-ce pas ? »
Rodney leva la tête vers Sheppard. Le Major se tenait dans l'embrasure de la porte métallique. Assis sur ses talons, il observait le spectacle offert par les reflets de la lune et des lumières de la Cité sur l'océan.
« Ecoutez, je … je suis désolé de … d'avoir tenté de vous fausser compagnie, vraiment, je veux dire, je … je ne recommencerais pas, je … »
« Ah, Rodney, Rodney, Rodney. Si seulement c'était vrai, hum, malheureusement nous savons tous les deux que c'est faux et, » Sheppard se leva et baissa la tête vers Rodney, « Elisabeth a besoin d'un scientifique qui se donne complètement à sa tâche, hum. D'ailleurs, elle m'a parlé de l'E2PZ trouvé sur M7G-677 (22, chapitre 10), il semblerait que vous n'y mettiez pas du votre pour le faire fonctionner, hein ? »
« M7- … ? » Malgré la fatigue et la peur, Rodney ne pu s'empêcher de s'emporter en repensant à ce fameux E2PZ. « Mais cet E2PZ est à plat ! On ne pourrait pas en tirer plus de puissance qu'une pile d'un volt cinq et je ne vois pas ce que je … Ahhhhhhhhh ! »
La chute fut brutale, et Rodney s'écrasa au sol avec un splash retentissant. L'eau qui se trouvait dans la cuvette avait à peine ralentit sa chute et il sentit une douleur violente dans son bras. Il battit un moment des mains et des pieds avant de retrouver son équilibre et de se mettre, avec difficulté, à genoux dans l'eau.
Un petit rire lui fit lever les yeux.
Sheppard lui souriait et Rodney était sûr que ce sourire était le signe que son cauchemar n'était pas fini.
TBC (bah, non, sinon, ce serait plus de la Rodneytorture, hein ? Ceci dit, notre gentil Shep va dans le chapitre suivant trouver un début de solution à ce terrible problème d'univers parallèle …)
(24) Je rappelle que cette fic' se situe avant l'épisode Hide and Seek/Invulnérable, et donc avant que Rodney joue les cobayes pour la thérapie génique.
