Suzie ouvrit tranquillement les yeux et vit les murs blancs de sa chambre. Elle vit soudain qu'elle avaient des tubes dans ses bras. Elle paniqua. Elle se demanda où elle était. N'était-t-elle pas au paradis avec Jeff? Elle tourna la tête et aperçut les cartes de prompt rétablissement ainsi que les fleurs posés sur la table. Elle voulait déchirer les cartes, écraser avec ses pieds les fleurs. Tout pour pouvoir passer sa rage d'être encore en vie après ce qu'elle a fait.
Tout ça pour se retrouver à l'hôpital.
-J'aurais dû me rentrer un couteau dans le cœur.
Elle regarda ses bandages.
-Ça aurait été beaucoup plus rapide, se dit-elle.
Il y eut soudain quelqu'un qui frappa à la porte. Suzie regarda alors une jeune femme, grande et maigre, avec des lunettes entrer dans la chambre avec, en main, un clipboard. Elle la regarda intensément comme celle-ci prit une chaise près de son lit.
-Vous devez être Suzie Jones-James Hardy.
-C'est exact, dit-elle en s'accotant sur l'arrière de son oreiller.
-Enchantée de faire votre connaissance, je suis la doctoresse Patricia Roberts.
-Je voudrais bien vous serrer la main mais comme vous le voyez…
Elle montra ses bras à la femme.
-… je ne peux pas faire cela pour le moment.
-C'est correct, Madame Hardy.
-Appelez-moi Suzie.
Dr. Roberts hocha la tête.
-D'accord Suzie. Premièrement, comment vous sentez-vous?
-Si ce n'était pas pour ces tubes coincés dans mes bras, j'irais bien mieux, répondit-t-elle, sèche.
-Nous voulions juste être sûre que vous ayez assez de sang qui soit revenu dans votre corps. Vous en avez perdu beaucoup, vous savez, dit-elle en souriant.
-Apparemment non, car je suis encore ici en train de vous parler, répondit-t-elle avec un sourire à elle.
-Êtes-vous toujours aussi…
-Vache? Non, sauf quand quelqu'un m'empêche de me suicider pour que je puisse rejoindre mon mari qui est mort. Je suppose que vous avez des questions à me poser alors, qu'en pensez-vous si on commençait cela tout de suite?
Pourquoi suis-je toujours prise à m'occuper de jeunes femmes enceintes qui essaient de se suicider pour fuir leurs problèmes, pensa la doctoresse Roberts. Elle se racla la gorge et regarda son clipboard pour un moment.
-D'accord. Je vais aller directement au point qui nous concerne.
Elle regarda soudainement la jeune femme dans les yeux.
-Pourquoi avez-vous essayé de vous tuer?
Suzie regarda le plafond.
-Pourquoi les gens essaient de se suicider, Dr. Roberts? demanda-t-elle, rhétoriquement. Parce que leur vie est misérable, voilà la raison. Ils vont dans la vie malheureux, en colère contre le monde entier pour quelque raison que ce soit. Ça, c'est moi, en ce moment, ma vie est misérable et comme vous le voyez, je ne suis pas heureuse. Alors, quelle est la meilleure façon de régler tout cela? La mort, bien sûr.
Dr. Roberts se leva et marcha vers le pied de son lit, la regarda droit dans les yeux, essayant de l'intimider mais elle ne montra aucun signe de frayeur.
-Que connaissez-vous de la vie Suzie? Vous n'avez que 30 ans. Vous n'êtes pas assez vieille pour savoir combien la vie peut être misérable.
Suzie sourit pendant qu'elle fixa celle-ci. Oh, quelles n'ont pas été les fois où les gens lui dirent cela, qu'elle était trop jeune, qu'elle ne comprenait pas la vie et combien elle pouvait être chiante, parfois. Mais elle savait, elle avait passé par plus dur dans sa vie, elle savait combien la vie pouvait être misérable parce qu'elle avait passé par là.
Un peu plus tard…
Deux heures passèrent et Suzie s'ennuyait à mourir. Elle était en train de frapper un ballon qu'elle servait comme défouloir dessus quand quelqu'un frappa à sa porte.
-J'espère que ce n'est pas encore le docteur. Entrez, dit-elle en murmurant silencieusement.
La porte s'ouvrit pour laisser entrer un homme semi musclé, avec les cheveux bruns et courts, qui portait une camisole blanche et un pantalon kaki ainsi que des sandales bleues marine; des vêtements qu'elle connaissait trop bien qui les portait habituellement. Suzie sourit chaleureusement à celui-ci comme celui-ci la regardait.
-Hé sœurette! dit l'homme en la saluant d'un sourire comme celui-ci s'avançait vers un des côtés de son lit.
-Quoi de neuf, Suzie?
-Pas pire. Je suis contente que tu aies pu venir, dit Suzie. AJ resta debout devant sa sœur, qui lui demandait un câlin.
-Désolé si je n'ai pas pu me libérer un peu plus tôt de mon travail. Il fallait que je finisse une storyline importante avec Kurt. Et en plus, il a fallu que j'explique tout à Jim Cornette pour qu'il puisse me laisser prendre quelques jours de congé pour être avec toi. J'ai pris quelque chose avec moi dès que je suis sorti de mon avion.
Il lui montra un petit sac en papier.
-Je t'ai pris un sandwich au poulet PFK avec une boisson gazeuse et quelques beignes Krispy Kreme au chocolat. Tes préférés.
Il lui donna le sac et Suzie l'ouvrit.
-Merci, je suis affamée.
-C'est correct que tu manges cela? demanda-t-il en prenant la chaise qui était devant elle. Parce que je ne veux pas avoir des problèmes.
-Honnêtement, je m'en fous complètement, dit-elle en prenant une bouchée de son sandwich. Ces infirmières m'ont nourri avec cette nourriture infecte et cet infect jell-o que j'ai eu à manger avec un maudit bâton de popsicle.
AJ éclata de rire.
-Ne ris pas. Apparemment, les suicidaires sont interdits d'avoir des cuillères, ou même des fourchettes. Ils croient que nous allons encore essayer de nous suicider., expliqua-t-elle à celui-ci en imitant la voix de l'infirmière dont elle avait demandé l'information 20 minutes avant. Au fait, où est John?
-Il est parti se chercher quelque chose à manger., dit-il en souriant. Il m'a appelé sur mon cellulaire pendant que j'attendais pour mon tag team match avec Eric Young contre le Latin American Xchange (LAX). Il m'a demandé de me dépêcher de finir mon match, de prendre le prochain avion pour Cameron car il m'a dit que tu avais essayé de te suicider. Au début, c'est sûr, je n'y ait pas cru, car je me suis dit que c'était impossible que tu aies fait cela car tu aimes beaucoup trop la vie pour faire une chose pareille, puis quand il m'a dit que c'était vrai et qu'il ne rigolait pas, je lui ai dit que j'allais venir. Alors, me voici. En passant, tu sais que John va te botter sérieusement le derrière quand il va revenir.
-Oui, je sais, dit-elle en mangeant un beigne au chocolat.
-Dès que la TNA, la WWE et l'Internet ont su ton accident, tout le monde m'a demandé de te donner ces cartes de prompt rétablissement. La WWE et la TNA ont également dit qu'ils allaient venir te voir dans les prochains jours.
-Ah non! Je ne veux pas les voir en ce moment. Pas après ce qui vient de se passer.
-Mais Suzie, ces gens t'aiment bien. Ils veulent te revoir heureuse. Ils veulent que tu passes à autre chose. Jeff est mort, oui, ça, je le comprends. C'était ton grand amour, tu l'aimais jusqu'à mourir pour lui. Je te connais mieux que personne. Je sais mieux que quiconque ici dans cette chambre, que tu voulais te suicider pour aller vivre avec lui au paradis. Mais ça n'a pas marché. Sais-tu pourquoi? C'est parce qu'il y a encore des gens qui t'aiment. Comme John. Croyais-tu que tu allais fuir ton problème en faisant cela? et ton bébé? Lui aurais-tu laisser mourir avec toi? Juste pour être avec Jeff?
-Oui, je croyais que j'allais fuir mon problème en faisant cela, AJ. Oui, je l'aurais laissé crever pour qu'il soit avec son père. Cet enfant ne peut pas vivre sur cette terre sans son père. AJ, que vais-je lui dire plus tard quand il me demandera où est son père? Je ne veux pas lui mentir. Je ne saurais lui mentir. Je ne peux pas vivre séparé de Jeff., dit-elle en versant des larmes.
Soudain, la porte s'ouvrit encore et laissa passer John, qui revenait avec deux sandwiches au jambon ainsi qu'un sac de chips et une boisson gazeuse. Quand il vit Suzie, debout, réveillée, son regard passa de la joie qu'il avait quelques secondes avant à celui de la colère. On aurait dit le regard meurtrier d'un tueur avant qu'il ne passe à l'acte.
-Suzie Jones James Hardy! cria-t-il de toutes ses forces.
Suzie regarda AJ d'un regard apeuré puis John et dit : oh merde!
HA!HA!HA!HA!HA!HA! Que croyez-vous qu'il va arriver à notre chère Suzie? Je sens que ce n'est pas terminé pour elle. Après la mort de son mari et son tentative de suicide ratée, il faut qu'elle fasse face à son plus grand ennemi qu'elle a jamais eu à affronter : la colère de John. Laissez des commentaires, c'est toujours utile.
