J'ai une solution pour vous -oui, toi- qui me suit sans laisser de commentaires. Ecrivez-moi pour me dire pourquoi vous ne reviewez pas. Est-ce que :
- les chapitres sont trop longs ?
- l'histoire ne vous plaît pas ?
- les personnages sont mauvais ?
- le style est trop trash ?
- trop guimauve ?
- pas assez guimauve ?
- ...
Merci et bonne lecture !
Dans le ciel de la Grande Salle flottaient des centaines de citrouilles évidées à l'intérieur desquelles brûlaient des chandelles. Des chauves-souris vivantes traversaient la pièce en nuages noirs, dans un vacarme de cris et des serpentins orange ondulaient paresseusement sous le ciel magique.
Les tables étaient garnies d'assiettes à dessert, de plats creux, de saucières et de cruches remplies de différents jus. Une soupe à la citrouille était proposée en entrée. Des saucisses enrobées dans une pâte feuilletée étaient servies en plat principal, accompagnées de légumes et d'une sauce au jus d'oignon. Une autre casserole comportait une purée de pomme de terre avec des lamelles de chou blanc, d'oignons et de panais. Un énorme gratin de potimarron trônait fièrement au centre de la table.
Plusieurs pommes d'amour avaient été plantées tout en haut d'un support à dessert qui comprenait des souris en chocolat, des cakes au thé noir et aux épices, une tarte à la citrouille surmontée de crème, des cookies au potiron et aux pépites de chocolat ainsi que des muffins au chocolat, décorés par de sucre glace en forme de toile d'araignée.
William goûta à presque tous les plats sauf au gratin, qui ne lui disait trop rien. Il apprécia particulièrement le jus de pomme chaud à la cannelle et s'en resservit tout le long du repas. Il régnait dans la salle une ambiance bon enfant. Par-dessus le brouhaha des discussions, on entendait des plaisanteries fuser et même quelques rires à la table des professeurs.
— T'as l'intench'ion de te ch'oûler comme un Moldu, ch'e ch'oir ? lui demanda Dirk, la bouche pleine de purée.
— Pour l'instant je mange. Après je boirais. Chaque chose en son temps, répondit-il.
— Il me semble que c'est à peu près ce tu avais dit l'année dernière, lança Everitt qui leur avait fait l'honneur de manger à leurs côtés.
— Eh bien justement, intervint James.
Il se débattait pour couper sa viande d'une seule main. Le tissu autour de son cou maintenait son bras qui ressemblait déjà plus à un membre humain qu'à une aile, bien qu'il lui manque encore une articulation au poignet ainsi que quelques doigts.
— C'est hors de question que la soirée d'Halloween finisse comme celle de l'année dernière !
— Tu veux parler du fait que William a vomi dans une armure et qu'en réponse elle l'a frappé avec son épée ? ricana Dirk.
— Je pensais plutôt au moment où vous vous êtes battus avec une bande de Serdaigles et que j'ai dû vous défendre à trois contre huit ! Vous étiez tellement saouls que vous n'auriez jamais retrouvé votre chemin jusqu'aux dortoirs.
— Ouais, grogna Dominique. En plus Dirk n'arrêtait pas de draguer tous les tableaux qu'il croisait.
William se renfrogna. Il porta son verre de jus de pomme chaud à la cannelle aux lèvres afin de se redonner contenance.
— Ça ne m'est arrivé qu'une seule fois, se défendit-il.
— Je te prie croire que si t'es dans le même état ce soir, tu rentres tout seul et tant pis si tu croises Hawksight !
— Calmes-toi, James, c'est Halloween ! glissa joyeusement Dirk. De toute façon, on n'a pas roulé les tonneaux de Bièraubeurre jusqu'au château pour les regarder se vider !
Les conversations reprirent plus joyeusement. Au moment du dessert, Everitt s'étouffa avec son Barm cake. Il toussa plusieurs fois avant de recracher un anneau, provoquant une vague d'applaudissements.
— Bravo !
— Tu connais la tradition, Eve ! clama James. Celui qui trouve l'anneau, se mariera dans l'année !
— Te marier, je ne sais pas, mais l'amour, tu le trouvera peut-être dès ce soir, renchérit Dirk en haussant un sourcil.
William jeta un coup d'œil en direction de la table des Serpentard. Il voulait savoir si Eraleen Ward avait eu un anneau. Puis il songea brusquement que c'était stupide. Il baissa les yeux vers son assiette et joua un moment avec ses légumes pour s'empêcher de la regarder. Il se sentit coupable d'avoir eu une pensée aussi niaise. Il n'arrivait pas à passer à autre chose. Il s'en rendait compte maintenant. James et Dirk avaient peut-être raison. Il devait se trouver une nouvelle copine afin de tourner la page.
Il coula un regard vers la table des Poufsouffles. Femie Hoghen était assise dos à lui, de sorte qu'il ne put reluquer que ses cheveux bruns qui tombaient mollement dans son dos. Il fut bientôt remarqué par Delfeena Reddoch, qui était quant à elle, assise face à lui. Elle le salua poliment de la main, ce à quoi il répondit en un coup de tête.
— On dirait que Will aussi cherche l'amour, lâcha Dirk.
— Je n'irais sûrement pas le chercher auprès de Reddoch. Vous êtes déjà tous passés dessus.
— Ça te fais une raison de plus pour te taper Pandlebee. Au moins avec elle, t'es sûr de passer après personne.
Il fusilla Dirk du regard. William fut cependant forcé de reconnaître que la préfète-en-chef lui collait beaucoup trop au balai pour que cela paraisse innocent. Cette dernière pensée lui coupa définitivement l'appétit.
A la fin du repas, ils remontèrent dans leur dortoir pour enfiler une chemise propre. James passa son temps à se regarder dans le miroir. Ils furent bientôt rejoints par Dominique qui entra sans prévenir alors qu'Everitt était en train de se changer.
Gayle proposa de fumer avant de descendre et Everitt quitta le dortoir en se bouchant le nez. Le temps passa alors plus vite que prévu. Ils devaient se dépêcher de descendre avant qu'Hawksight ne commence ses rondes. Ils coururent dans les escaliers jusqu'au troisième étage où Dirk et Gayle avaient caché deux tonneaux de Bièraubeurre, derrière le passage de la Sorcière Borgne. James gardait un œil sur sa carte pour surveiller le concierge.
— Il est où maintenant ? demanda Dirk en tirant un tonneau vers lui.
— Toujours dans son bureau avec Lankrovitch, c'est maintenant ou jamais ! pressa-t-il.
Ils firent léviter les tonneaux jusqu'au sous-sol où se trouvait la salle commune des Poufsouffles. Dominique leur conseilla d'emprunter un chemin un peu plus long mais moins fréquenté afin de ne pas se faire repérer.
Au bout du couloir des cuisines, ils aperçurent un groupe de Poufsouffles qui discutaient près d'une vasque en pierre. D'après leur taille, William estima qu'ils devaient être en quatrième année. Il les laissa toquer un nombre de coups précis contre la paroi d'un grand tonneau. James, Dominique et William gardaient un mauvais souvenir du tonneau de vinaigre qu'ils avaient reçu à la figure, en troisième année, pour avoir essayé d'entrer en douce à une fête à laquelle ils n'avaient pas été invités.
William baissa la tête pour passer à travers l'ouverture. Ils suivirent un passage qui montait en pente douce, avant de déboucher sur une salle au plafond bas, semblable au terrier d'un blaireau. Des portes rondes comme des couvercles de barils ouvraient sur des tunnels vers les dortoirs des filles et des garçons. Elle était meublée de gros fauteuils, déjà occupés par un groupe de Serdaigles qui semblaient déjà se disputer. Il reconnut au loin Lajja Kaveri, la petite indienne qui sortait avec Kemp Findlay, discuter près d'une étagère avec ses camarades de Poufsouffle. Rose, Albus et Scorpius jouaient à un jeu d'alcool contre d'autres cinquièmes années, assis autour de tables rondes, dont le bois de couleur miel lui rappela les cheveux brillants de Delfeena.
Divers cactus ornaient les étagères de bois arrondis et des plantes dansaient déjà au rythme du vieux tube This Is The Night des Bizarr' Sisters, joué par un phonographe en cuivre. Le mur du fond était percé de petites fenêtres rondes, placées au ras-du-sol. A leur gauche, se trouvait une cheminée en bois, gravée de blaireaux dansants et par-dessus, un grand tableau d'Helga Poufsouffle les salua en levant bien haut une petite coupe en or.
Dirk installa les deux tonneaux de Bièraubeurre lorsque Delfeena Reddoch vint les accueillir. Elle avait laissé ses cheveux miel détachés et déposé une couche de paillettes sur ses paupières, ce qui les faisait scintiller à chaque fois qu'elle battait des cils. William comprit subitement pourquoi tant de garçons avaient succombé à son charme.
— Vous avez vu ? fit-elle en leur adressant son plus beau sourire. On a poussé tous les meubles contre les murs. Ça fait beaucoup plus grand comme ça. On a peut-être la salle commune la plus grande du château !
— Vous avez invité autant de gens que ça ?
— On a refusé les premières, deuxièmes et troisièmes années. Mais ça fait quand même du monde. Tiens Femie, tu peux aller nous chercher des verres, qu'on se serve un Whisky-Pur-Feu ? intima Delfeena.
William n'avait même pas remarqué qu'elle se tenait aux côtés de son amie. Femie était complètement éclipsée par la beauté de Delfeena. Elle portait une robe blanche qui lui donnait un teint encore plus pâle.
Entre temps, Everitt Mc Tighe arriva accompagné de Melice Brewster dans une élégante robe noire, suivit par Obellia Biguily qui s'était teint les cheveux en bleu pour l'occasion, Dreeda Fox étriquée dans un bustier qui faisait ressortir ses hanches aussi larges qu'un gros évier et Jodie Wigge, dans une robe à carreaux démodée qui avait probablement dû appartenir à sa mère.
— Ça alors Wigge ! s'exclama Dirk avant tout le monde. C'est dans cette robe que ta mère a perdu sa virginité ?
— Pour avoir fait naître un pareil crétin, je me demande bien avec quoi ta mère a perdu la sienne, cingla-t-elle.
Delfeena et Femie s'attablèrent pour commencer une grande partie de bataille explosive. William et Dirk trichèrent pour faire boire Obellia le plus possible. Puis Jodie mit fin à la partie pour accompagner son amie aux toilettes.
William jeta ses dernières cartes au centre de la table pour se resservir un troisième verre. C'est alors que Melice cala sa tête contre son épaule, le chatouillant avec ses cheveux. Elle eut un sourire éméché.
— Tu lis quoi dans mes pensées ? Là tout de suite ?
— Hum… laisse-moi voir… tu es saoule ?
— Comme un moldu, plaisanta-t-elle avant de se reprendre. Je veux dire… désolé. Ça ne te plairais pas d'être Oubliator ?
William haussa des épaules. Il savait que Melice aimait jouer le jeu de l'amitié ambiguë, surtout lorsqu'elle buvait. Il passa un bras autour de ses épaules puis attrapa son verre de son autre main.
— Pas plus que ça.
— Qu'est-ce que tu aimerais faire ?
— Je ne sais pas trop. Et toi tu veux toujours devenir fabricante de baguettes magiques ?
Melice hocha vigoureusement de la tête. On aurait dit un enfant. Elle lui rappelait la fillette de treize ans dont il était tombé amoureux.
— Tu verras, tes enfants iront acheter leurs baguettes magiques dans ma boutique, assura Melice.
William eut un sourire railleur.
— Ouais… sans doute.
Calixte Pandlebee et Philemone Fuss vinrent les saluer et il s'éloigna aussitôt de Melice. Se sentant rapidement de trop alors que la conversation dévia vers la couleur des robes des autres sorcières, William se leva pour rejoindre Dominique et Gayle qui fumaient nonchalamment près d'une fenêtre ouverte.
— C'est vraiment trop gentil d'abandonner ton fan club pour nous, railla Dominique.
William roula des yeux sans même chercher à répondre. Elle portait encore ce pull rouge criard, qu'elle considérait sûrement comme son habit le plus élégant.
— Je rêve ou t'es en train de me reluquer ?
— Pourquoi tu portes toujours ce truc ? questionna-t-il. Même Jodie a mis une robe ce soir.
— Qu'est-ce que t'en à faire que je mette une robe ?
— J'en ai rien à foutre, reconnu-t-il.
Elle lui tendit la pipe de Gayle et il l'attrapa sans un mot. William passa les dix minutes suivantes à observer la foule s'alcooliser. La salle commune de Poufsouffle était désormais noire de monde. Le brouhaha était tel qu'il lui faisait siffler les oreilles. Il expira la fumée qui forma des moutons qui cabriolèrent dans les airs avant de disparaître, aspirés par le vent qui soufflait dehors.
La piste de danse se remplit immédiatement lorsque retentit le dernier titre en vogue. La chanson fortement rythmée parlait d'un sorcier en mal d'amour, qui « buvait des philtres chaque année pour se souvenir de ce que c'était l'aimer ». Il songea vaguement à l'idiotie des paroles puis il eut à nouveau soif.
William se fraya un chemin jusqu'à une table pour se resservir en Whisky Pur Feu. Il déboucha sur l'une d'entre elle où une sorcière buvait seule. Lorsqu'il comprit qu'il s'agissait d'Era, il était déjà trop tard pour faire marche arrière.
Elle tourna la tête vers lui, révélant des joues rosies par l'alcool. William croisa son regard et il sentit son cœur se soulever avant de baisser les yeux sur son verre. Il le regretta aussitôt. Il aurait aimé être capable de tout oublier en un claquement de doigts. Si seulement il avait le courage de lui faire face, de soutenir son regard pour lui prouver qu'elle avait perdu son emprise sur lui, que plus rien de ce qu'elle disait ne pouvait l'atteindre. Mais il sentit son estomac se serrer rien qu'à l'idée qu'elle était en train de l'observer. Il se servit donc une dose plus corsée que nécessaire de Whisky-Pur-Feu.
— Dirk Crossby m'a demandé si je couchais encore avec toi, fit-elle sans préambule. Est-ce que c'est toi qui lui as raconté ça ?
William prit le temps de la dévisager. Elle ne paraissait pas en colère. Elle avait plutôt l'air las, profondément ennuyée par l'agitation générale qui régnait dans la salle commune des Poufsouffles. Il but une grande gorgée pour se donner du courage.
— Je n'aurais jamais raconté un truc pareil. Dirk n'a pas beaucoup d'imagination mais quand il s'agit de raconter des conneries, c'est un vrai artiste.
Era eut un sourire éméché. William sentit le sang lui monter aux joues. Il l'observa plaquer sa main contre son front, comme si elle ne voulait pas qu'on la voit dans cet état. Et à cet instant, il eut tellement envie de l'embrasser que cela lui rongea les entrailles.
— Tu…, hésita-t-il en s'installant à côté d'elle.
— Quoi ? bougonna Era.
— Ça te gêne qu'il raconte ça ?
Elle mit un moment pour réfléchir. William avala une nouvelle gorgée.
— Ça me gêne parce que c'est faux.
— Et si… c'était vrai ?
Il fit de son mieux pour adopter un sourire charmeur mais déchanta bien vite en voyant Era plisser des yeux.
— C'est une très mauvaise idée.
— Ah ok.
Il se vexa tellement qu'il finit sa boisson d'une traite afin de se calmer. Puis il fit claquer son verre contre la table, pour bien montrer sa colère avant d'abandonner Era à sa solitude. Il retrouva le chemin de la piste de danse où James dansait torse-nu au rythme mythique de Do The Hippogriff des Bizarr'Sister. Il avait même retiré son bandage autour du cou et bougeait ses bras en rythme sans s'inquiéter de quoi que ça soit. William en fit de même. Il s'agita dans tous les sens, sans se préoccuper de sa façon de danser.
A la chanson suivante, plus lente et sulfureuse, Delfeena poussa Femie dans ses bras et William la rattrapa maladroitement. Elle ne se révéla pas meilleure danseuse que lui, ce qui le rassura. Une vague de chaleur le traversa au moment où la main de celle-ci vint percuter son avant-bras. Il se stoppa net.
— Tu veux plus danser ? s'enquit Femie par-dessus la musique.
William fit un pas vers elle et elle recula. Il lui empoigna alors violemment le menton pour l'embrasser à pleine bouche. Il sentit le corps de Femie se raidir et il quitta ses lèvres, se demandant s'il venait de lui donner son premier baiser. Il l'attira ensuite contre lui et elle le serra dans ses bras.
James lui adressa un sourire victorieux alors que Delfeena se déhanchait toujours autour de lui. Il la repoussa d'un geste négligeant avant de s'avancer vers lui et lui glisser à l'oreille :
— Tu veux dormir ici cette nuit ?
— Pourquoi ? Tu dors ici ?
James hocha de la tête. Delfeena se glissa à ses côtés et il l'empoigna par les épaules dans un geste plus que possessif.
— Où sont passés Dirk et Gayle ? Et Dominique ?
— Je crois que j'ai vu Dirk avec . Et comme d'habitude, Dom et Gayle ont dû remonter sans nous prévenir…
— Donc je vais devoir rentrer tout seul…
— Non, je viens de te dire que tu peux rester ici si tu veux.
William repensa à Femie qui s'était crispée dès qu'il l'avait embrassée.
— Pas ce soir, je suis fatigué, répondit-il.
Il salua James, Delfeena et Femie d'un signe de main avant de se diriger vers la sortie. L'alcool lui monta d'un seul coup. Il se sentit alors brûlant, fiévreux et tout collant de sueur. William passa la tête à travers la porte pour vérifier que la voie était libre.
Les couloirs du sous-sol étaient plongés dans le noir. Aucun signe d'Hawksight. Il fit deux pas en dehors de la salle commune et entendit la porte se refermer derrière lui. Ce n'était pas le moment de jouer les peureux, se sermonna-t-il. Plus vite il remontait à la Tour de Gryffondor et moins de chance il aurait de croiser Hawksight.
Il avança d'un pas décidé le long d'un couloir qui menait vers les cuisines. Il se rendit rapidement compte qu'il était incapable de marcher sans se tenir aux murs. Il ne lui semblait pourtant pas avoir autant bu que cela. Il tituba encore dans l'escalier, le grimpant presque à quatre pattes. Arrivé dans le Hall d'entrée, il sentit son cœur se serrer en apercevant une forme humaine qui se révéla ensuite n'être que la statue de Merlin.
Des ronflements raisonnaient dans le Grand escalier, lui indiquant que les tableaux dormaient profondément. Il monta au deuxième étage lorsque l'escalier dévia brusquement vers la gauche, le faisant tomber à terre. William geignit. Il s'était cogné le genou contre les marches de pierres froides. Puis une lumière lui attira l'œil.
Il leva la tête pour voir une silhouette descendre du quatrième étage. Hawksight, songea-t-il aussitôt. Comment allait-il faire pour rejoindre le septième étage ? Le concierge lui barrait la route. Il se releva tant bien que mal, courant trouver une cachette dans les couloirs du deuxième étage. Hawksight était en train de descendre. Il ne resterait plus qu'à attendre qu'il soit au premier étage pour passer derrière son dos et rejoindre la Tour de Gryffondor.
William inspira un grand coup. Il se sentait tout collant de sueur et brûlant. Il passa une main sur son front pour se calmer.
- Homimum Revelio
Il eut un hoquet de surprise en entendant Hawksight aussi près de lui. Il le regretta la seconde d'après et posa sa main sur sa bouche afin de se taire. C'était déjà perdu d'avance, pensa-t-il en sentant son cœur s'emballer. Le sort allait mener le concierge jusqu'à lui. Peu importait qu'il soit caché ou non. Plusieurs scénarios se dessinèrent dans sa tête, beaucoup trop vite pour qu'il ait le temps de les comprendre.
Soudain, une lumière éclaira le couloir. William se mit à courir sans réfléchir. Un sortilège de croche-patte vint le mettre à terre. Hawksight s'avança sans se presser, le toisant de toute sa hauteur. Puis il l'éblouit en braquant un Lumos sur lui. William se figea, assis à même le sol.
— Mr. Allen, articula le concierge en faisant racler sa mâchoire.
— Vous allez me donner une retenue ? questionna-t-il aussitôt.
— Je suis en train d'y réfléchir.
— Et qu'est-ce qui vous ferait changer d'avis ?
Hawksight arqua un sourcil, ce que William interpréta comme de la surprise.
— Vous êtes quelqu'un d'intelligent, Mr. Allen. Je ne comprends pas pourquoi vous perdez votre temps avec Potter et Weasley.
— Ce sont mes amis.
— Ils vous tirent vers le bas alors que vous possédez des dons qui pourraient être bien mieux exploités.
William l'observa longuement. Il mit un moment avant de comprendre. Un souffle d'adrénaline le releva.
— Je le savais ! clama-t-il. Je vous ai entendu lire dans mes pensées !
— Non, Mr. Allen, vous avez lu dans les miennes.
William essaya de se remémorer la scène qui remontait déjà à plus d'un mois. Après qu'il eut repoussé l'Oubliator, Hawksight lui avait adressé un de ses sourires carnassiers. C'était à ce moment-là qu'il l'avait entendu. « Intéressant. Vraiment très intéressant. ». Il entendait encore la voix du concierge aussi clairement que s'il lui avait murmuré derrière l'oreille. Peut-être qu'Hawksight avait raison. Peut-être qu'il avait lu cela dans la tête du concierge.
— Vous… vous n'êtes pas Légilimens ?
Hawksight hocha négativement de la tête.
— Alors pourquoi vous m'avez mentit ? J'ai cru que je devenais fou !
— Parce que je serais vous, Mr. Allen, j'éviterais que cela s'ébruite. Il n'y a aucun intérêt à savoir lire dans les pensées des autres s'ils en sont au courant.
William se dit qu'Hawksight marquait un point. Ses dons en Legilimancie avaient peut-être impressionné quelques sorcières, mais derrière l'admiration, il avait surtout ressenti que l'on se méfiait un peu plus de lui désormais.
— Vous êtes ambitieux, relança le concierge. C'est une qualité très appréciée au département des mystères…
Il laissa volontairement sa phrase en suspens, comme pour le faire mordre à l'hameçon.
— Je sais que vous êtes un ancien Langue-de-plomb.
— Ancien ? reprit-il amusé. On ne cesse jamais d'être Langue-de-plomb, Mr. Allen.
— Alors c'est pour ça que vous êtes venu à Poudlard ? Vous cherchez de nouvelles recrues ?
Un sourire se fendit sur le visage du concierge, révélant ses dents pointues. William réprima un frisson.
— Peut-être bien. Si c'était le cas, cela vous intéresserait-il de travailler pour les Langue-de-plomb ?
William haussa des épaules.
— En quoi ça consisterait ?
— Je peux vous proposer des leçons du soir afin de mieux employer vos talents plutôt que d'essayer de devenir Animagus au péril de votre vie.
Il avait vu juste. Hawksight avait deviné qu'ils essayaient de se transformer le soir même où James s'était désartibulé. C'était tellement évident, songea-t-il. William fixa le concierge dans les yeux sans rien ajouter. Il jaugea son interlocuteur du regard, incapable de savoir s'il était en train de le menacer ou s'il s'agissait seulement d'une provocation.
— Vous allez nous dénoncer ?
Le concierge sembla hésiter pendant un moment.
— Non, lâcha-t-il finalement. Je suis pour l'autodidactisme. C'est la meilleure façon d'apprendre.
Il avait toujours prit Hawksight pour quelqu'un de mauvais, qui n'était là que pour leur chercher des ennuis. Aujourd'hui, il avait de quoi les enfermer, tous les trois, à Azkaban mais c'était selon lui, la meilleure façon d'apprendre. William en resta muet. Il ne savait pas s'il valait mieux le remercier ou ne rien dire.
— Réfléchissez à la proposition que je vous ai faite, Mr. Allen.
Puis sans prévenir, il fit volte-face. Il repartit surveiller les couloirs un peu plus loin, comme s'il ne s'était rien passé. William remonta presque inconsciemment vers son dortoir. Il ressassa les paroles d'Hawksight dans tous les sens, encore abasourdi par les révélations du concierge. Il se mit en tête d'en parler demain avec James avant de se demander si c'était vraiment prudent.
En grimpant les dernières marches vers la Tour de Gryffondor, William remarqua alors qu'il avait presque entièrement dessaoulé. Ses yeux fatigués lui piquaient encore mais il ne se sentait plus aussi fiévreux que tout à l'heure et surtout, il arrivait désormais à marcher droit.
Une fois dans son lit, il lui fut difficile de trouver le sommeil. Les ronflements de Gayle l'empêchèrent de s'endormir et il passa les deux heures suivantes à étudier la proposition du concierge. Excepté sa mâchoire de prédateur effrayante, il ne trouva rien à lui opposer.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
Merci de vos retours sur les questions posées en début de chapitre et disons… à bientôt ;)
