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Chapitre 10 : Une rencontre bien heureuse

Mokuba regardait rêveur le paysage qui défilait derrière la vitre du car. Seto lui fixa son frère pendant quelques instants, puis il reporta son attention sur les autres enfants. Mokuba s'était immédiatement fait des tas d'amis, au contraire de Seto. Ce dernier n'y attachait que peu d'importance : Davis lui avait confirmé qu'il pourrait devenir quelqu'un d'important tout comme Cécilia. Seto pensait que des amis pourraient être un obstacle à sa réussite. Lorsqu'il franchit les portes du collège se fut avec la même pensée. Cela encore plus quand les élèves le fixèrent, curieux de voir un nouveau débarquer.

Seto était dans le couloir principal quand une affreuse sensation le saisit. Tout à coup, c'était comme si le temps s'était figé l'espace d'un instant. Quand il fut revenu « à la normale », les choses, le lieu, les personnages paraissaient faux. Seto, y compris, ne se sentait plus vraiment lui-même.

Non loin en face de Seto, un garçon avait ressenti l'exact similaire émotion. Tous deux surpris et occupés à s'interroger, ils ne se virent pas : la colision fut fatale.

Seto émit un juron avant d'avoir heurter le sol. L'autre garçon se confondit en excuses et il le fit davantage quand il vit que Seto saignait du nez.

« C'est pas vrai ! Combien de fois j'ai pissé le sang dans ma vie, moi ? » Songea celui-ci, exaspéré.

« Oh, désolé, je suis désolé. Attends ! Je dois avoir un mouchoir, je dois ... »

Tandis que le garçon continuait à s'inquiéter, Seto tentait de le calmer.

« Oh ! Arrêtes-toi ! Ordonna Seto.

- Quoi, pourquoi ? »

Seto fit un geste circulaire et éloquent avec ses yeux et l'autre compris : des élèves se moquaient d'eux un peu partout dans le couloir.

« Hem, OK, OK. Viens ! » Dit le garçon en tirant soudain son interlocuteur vers les toilettes.

La sonnerie retenti et les gens présents dans les sanitaires se précipitèrent dehors.

« On va manquer les cours, s'exclama Seto.

- Oui, excellent ! » Répondit l'autre, sans rien avoir compris.

Puis il sortit un mouchoir, le passa sous l'eau et le tendit à Seto. Celui-ci se l'appliqua sous le nez et se rendit alors compte de l'étrange personnage qui gesticulait devant lui.

« Tu sais que ta coupe, elle est bizarre. »

Le garçon leva les yeux comme pour regarder ses cheveux et dit en riant qu'il le savait parfaitement.

« Au fait, je m'appelle Yu-gi ... Yu-gi Môto.

- Eh ! C'est pas parce que tu m'as rentré dedans qu'on va devenir pote.

- Pas de problème. » Bredouilla Yu-gi, effrayé par le ton de Seto.

Les couloirs étaient vides quand les deux enfants sortirent des toilettes. Yu-gi fit une grimace et Seto leva les yeux au ciel.

« Bon, on fait quoi ? - Interrogea le plus petit. - On sèche ? Ajouta-t-il comme s'il s'agissait d'une évidence.

Seto fronça les sourcils et se tourna vers l'autre garçon. Puis il haussa les épaules et lança d'un ton morne :

« Pourquoi pas ? »

Les deux garçons filèrent dans la rue et, tout sourire, Yu-gi se mit à raconter sa vie. Soudain il se colla à Seto.

« Tu as vu, je suis plus grand que toi. Dis-le que je suis plus grand que toi !

- Tu triches avec tes cheveux, dit Seto en lui tapant sur la tête et le repoussant.

- Humm, jaloux. »

Exaspéré,Seto soupira, mais ne put s'empêcher de pouffer discrètement. Yu-gi l'entraîna jusque dans un magazin ...

« De cartes. Un magasin qui vend des cartes ?

Bah oui, des cartes de jeux, quoi. Tu ne connais pas ? Mais tu sors d'où ? » Se moqua Yu-gi.

Tandis que le brun étudiait les choses autour de lui, l'autre achetait un paquet au vendeur. Puis il entraîna Seto dehors et l'emmena chez lui. Et Seto se laissait faire, mystérieusement intrigué par cette drôle de personne.

« Voilà, voilà, c'est ma maison. Ma mère travaille et mon grand-père doit être dans son magasin. En attendant, je vais t'apprendre à jouer. »

Aussitôt dît, aussitôt fait. Ils s'installèrent dans la chambre sur le sol et pendant de longues heures, Yu-gi se montra patient. Mais au bout d'un moment, il explosa :

« Non, non, je te l'ai déjà dit : tu dois croire dans les cartes. Ca fait 3 parties qu'on fait, ça fait 3 fois que tu perds. Bon sang, tu pourrais être doué, mais tu ne crois en rien. Et arrête de soupirer ! On reprend !

- On ne reprend rien du tout. J'en ai ras-le-bol.

- Bon, bon, Ok. On va essayé un autre truc. »

Yu-gi avait sortit un paquet à moitié déchiré de son sac, expliquant qu'il n'avait pas regardé l'ensemble des cartes. Il avait offert celui qu'il venait d'acheter à Seto. Le garçon brun avait renoncé à refuser quand Yu-gi lui avait mis de force dans la poche arrière de son pantalon ; et ce devant plusieurs passants.

Yu-gi prit les cartes du paquet de Seto et se mit à les battre, puis il les posa devant le garçon en face de lui.

« Concentre-toi ! Crois ... Non, s'il te plaît, fais un effort ! Donc, concentre-toi et crois dans le coeur des cartes ! Fais-le et ensuite tire la première carte du paquet.

- C'est ridicule ! La carte ne changera pas parce que j'y pense très fort.

- Essaye au moins ! »

Seto se dit que plus vite il le ferait, plus vite l'espèce d' hérisson le lâcherait. Il fit semblant de se concentrer et posa la main sur le tas de cartes. Il sentit alors une chaleur émanée de la carte. Il sut sans comprendre qu'il devait effectivement croire en ce fameux « bout de carton ».

Il le retourna. Yu-gi poussa un sifflement de surprise et d'admiration.

« Géant ! C'est incroyable. Tu sais quel est ce monstre ?

- Comment je le saurais ? »

Yu-gi prit un air solennel.

« C'est le magicien des ténèbres. Attaque : 2500 points ; défense : 2100. Une carte très rare et très puissante.

- Je te l'offre, déclara Seto, négligemment.

- Quoi ? Non, tu délires. T'es dingue. J'en veux pas, elle est à toi, elle était dans ton paquet.

- Elle ne représente rien pour moi. Aller, prends-là. On sera quitte et ça m'arrangera.

- Bon, d'accord. » Accepta Yu-gi en prenant délicatement la carte entre ses doigts.

Seto sourit et le garçon en face lui demanda ce qui le faisait rire.

« Toi. C'est toi qui me fait rire. Tu connais les mangas ? Et bien si on te mettait des étoiles dans les yeux, une petite robe rose et que tu sautillait sur un nuage, ça t'irait très bien en ce moment. C'est incroyable, tu ressembles à un vrai gamin avec cette carte. »

Yu-gi fut amusé de cette réflexion. Il repoussa les cartes qui les séparaient et se rapprocha de Seto.

« Comment est-ce que tu t'appelles ? »

Après quelques secondes de silence, Seto répondit enfin. Il ne donna que son prénom, mais cela suffisait à Yu-gi pour le moment.

« Alors ... on a sécher les cours ensemble, je t'ai invité chez moi et on s'est fait des cadeaux. Est-ce que ça veut dire que nous sommes amis ? »

Seto eut une grimace à cette question.

« J'en ai peur. » Dit-il mi-amusé, mi-résigné.

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