ET S'ILS L'AVAIENT FAIT

Posté le : 15 Avril 2013. Le printemps serait-il enfin arrivé ?

Rating : M, MA peut-être même. De toute façon, si la question est « Il y aura des relations sexuelles explicitement décrites ? », la réponse est oui. Vous voilà prévenu.

Genre : Romance/Friendship & accrochez-vous bien, ce n'est PAS un UA. Sinon, Slash HP/DM, etc…

Disclaimer : Est-il la peine de préciser que les personnages appartiennent à J.K. Rowling ? (A part Ethan, lui c'est mon mien !)

De plus, tous les passages entre guillemets et en italique ne sont pas de moi, ils sont directement tirés des livres, ici « Harry Potter et l'Ordre du Phénix »

Résumé : Imaginons une seconde, que ce jour-là, dans le train, Harry et Draco se soient serré la main. Qu'Harry Potter ait été envoyé à Serpentard. Qu'ils soient devenus les meilleurs amis du monde… Et s'ils l'avaient fait ?

Note d'auteur : En cette période pré-partiels, j'ai bien peu de temps pour moi. Ce qui explique la non réponses aux reviews (Désolé puissance l'infini – C'était ça ou posté ce chapitre, j'ai opté pour le chapitre, ce qui ne veux pas dire que je ne vous remercie pas du fin fond de mon petit cœur de pierre), et également le fait que je ne vais pas m'attarder pour cette note d'auteur.

J'espère que vous apprécierez ce chapitre. La cinquième année, donc. Les choses commencent à se gâter. Je vous souhaite une bonne lecture et je vous promets des réponses de fifous la prochaine fois si vous voulez bien me laisser des review. Je vous embrasse.

Oh et au fait, je viens de commencer la publication d'un Zabnott (Blaise/Théodore pour les non-initiés), qui s'intitule Black Jesus. J'ai eu le plaisir d'en retrouver certains d'entre vous. Pour les autres, si vous ne savez pas quoi faire… )

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En Vrac & vite fait :

DAVID BOWIE - Heroes

FLEETWOOD MAC - Landslide

THE XX - Crystalised

DAMIAN MARLEY - Welcome to Jamrock

JERHO - Everything

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Chapitre XI : SECRET

Adjectif Masculin Singulier

« Le terme secret s'utilise pour désigner qui est ou doit être caché, un mystère qui ne doit pas être connu du plus grand nombre. »

Ou

Leur Cinquième Année (Part I)

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Les talons de Mme Zabini claquèrent sur les marches du perron du Manoir Malefoy, derrière elle Blaise paraissait tiré à quatre épingles.

- Regarde-moi, lui ordonna sa mère.

Le jeune homme s'exécuta et laissa sa mère le scruter durant de longues minutes.

- Tu es parfait, comme d'habitude mon ange. Maintenant va sonner à la porte je te prie.

Pour la seconde fois, Blaise s'exécuta. Il avait en horreur les sorties avec sa mère. Elle avait le don de transformer la moindre visite en quelque chose d'affreusement officiel et ennuyeux. Comme c'était le cas à présent avec cette visite chez les Malefoy. Draco lui avait envoyé une lettre pour l'inviter à passer quelques jours au manoir – Blaise était certain que cela avec un lien avec le procès imminent de Potter mais pour le moment il n'avait pas encore de preuve – et sa mère avait tenu à l'accompagner et à ce qu'il porte un pantalon en lin et une chemise. Il avait eu envie de lui dire que Draco avait plus l'habitude de le voir en caleçon qu'en costard, mais il s'était retenu. Personne, pas même son fils, ne voulait se mettre Mme Zabini – le veuve noire comme on l'appelait dans les journaux – à dos.

- Madame et monsieur Zabini, ma maitresse vous attend dans le petit salon, si vous voulez bien me suivre Madame et monsieur Zabini, croassa un petit elfe de maison après avoir ouvert la porte imposante qui gardait l'entrée du manoir.

Blaise souffla pourquoi n'avaient-ils pas pu venir simplement par cheminette ? Que de cérémonies !

- Mon amie, déclara Narcissa Malefoy en se levant de l'imposant fauteuil sur lequel elle était assise, feuilletant un livre dont Blaise était trop éloigné pour apercevoir le nom.

Le jeune homme sourit à l'entente de ces mots. Quand ils étaient plus jeunes Draco et lui s'étaient toujours amusés du fait que Narcissa Malefoy appelle son amie par son nom de famille ou par les mots « chère amie » ils en étaient venu à la conclusion que, comme la majorité du monde sorcier, elle ignorait le nom de la mère de Blaise.

- Bonjour Blaise, comment vas-tu mon garçon ?

- Bien madame, répondit Blaise. Merci pour votre invitation.

- Oh mais c'est tout à fait normal voyons, je sais que Draco et toi êtes de très bons amis et pour tout t'avouer je crois avoir deviner qu'il commençait à s'ennuyer un peu, répondit la mère de Draco en riant. Tu peux le rejoindre à l'étage si tu le souhaites, il doit être dans sa chambre à finir de vous concocter un programme pour la semaine à venir. Fais comme chez toi.

- Merci Madame Malefoy, répondit Blaise avant de filer, laissant derrière lui des bribes de conversations incluant les compliments de madame Malefoy sur sa politesse.

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- Alors on est sur son 31 Zabini ? Lança Draco du bout du couloir le long duquel Blaise avançait.

- Oh la ferme, tu sais comment est ma mère, une vraie sorcière, c'est le cas de le dire ! Comment ça va vieux ? Demanda Blaise en donnant l'accolade à son camarade de classe.

- Pas trop mal et toi ?

- Pas trop mal, enfin à part cette affreuse chemise, répondit l'invité en défaisant deux boutons de la dite chemise.

- Qu'est-ce que tu dirais d'une Bierraubeurre, j'ai quelques réserves dans ma chambre…

- Tu lis dans mes pensées !

Une fois dans la chambre de son camarade, Blaise se laissa guider jusqu'aux canapés qui entouraient la table basse. La chambre de Draco était immense et en bien des points elle était impersonnelle. Après tout, Draco n'y passait plus que deux mois dans l'année, et Blaise savait qu'il trouvait ça bien suffisant. Surtout en ce moment. Quelques livres étaient ouverts sur son bureau, signe que le blond devait s'ennuyer, comme l'avait dit sa mère. Près des livres reposaient également plusieurs exemplaires de la Gazette du Sorcier.

- Tu te tiens informé à ce que je vois, constata Blaise.

- Je… Tu as entendu parler de…

- Du procès de Potter ? Comment aurais-je pu passer à côté d'une telle info. Ma mère dit que réunir tout le Magenmagot pour une affaire d'utilisation de la magie en dehors de l'école c'est un peu se donner en spectacle, et elle sait de quoi elle parle…

- C'est bien plus que ça, Fudge veut se débarrasser de Potter à cause de l'année dernière. Il est terrorisé à l'idée que le Seigneur des Ténèbres soit de retour.

- Mais Dumbledore ne laissera jamais un truc pareil arriver !

- Mon père dit que le temps de Dumbledore touche à sa fin, et je suppose qu'il sait de quoi il parle. Fudge craint pour son poste et il va tout faire pour que Dumbledore n'ai plus aucune influence.

- Et Harry dans tout ça, tu as des nouvelles ?

- J'ai reçu une lettre il y a quelques jours, il me dit qu'il est en sécurité, que tout va bien et qu'il m'en dira plus dès qu'il pourra.

- Merde, répondit Blaise plus comme une constatation qu'autre chose.

- Merde, répéta Draco.

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- Une fringale nocturne ?

Harry sursauta et manqua de faire tomber l'assiette qu'il tenait dans les mains.

- Excuse-moi Harry, je ne voulais pas te faire peur, s'empressa de déclarer Sirius. C'est juste… Je ne m'attendais pas à te trouver là. Je pensais qu'avec la quantité de nourriture que vous fait avaler Molly, tu avais de quoi tenir la nuit entière.

- Oh c'est le cas, c'est juste… Insomnie, balbutia Harry.

- Hum, je comprends ça. J'ai un mal fou à dormir dans cette maison. Trop de mauvais souvenirs je suppose.

- Grandir dans cette maison a dû être…

- A peu près aussi dur que de grandir chez les Dursley.

Harry détourna le regard et ses yeux allèrent se poser sur le mur derrière Sirius, mur sur lequel se trouvait une immense tapisserie. « La tapisserie paraissait très ancienne. Elle était décolorée et on aurait dit que des Doxys l'avaient grignotée par endroits. Mais le fil d'or avec lequel elle avait été brodée continuait de briller suffisamment pour qu'on puisse voir un arbre généalogique aux multiples ramifications qui remontait (autant qu'Harry pouvait en juger) au Moyen Âge. Tout en haut de la tapisserie était écrit en grosses lettres :

La Noble et Très Ancienne Maison des Black

« Toujours pur »

- Tu n'y es pas ! remarqua Harry après avoir examiné le bas de l'arbre.

- J'y étais, répondit Sirius en montrant un petit trou rond aux bords noircis qui ressemblait à une brûlure de cigarette. Mais ma chère vieille mère m'a effacé d'un coup de baguette lorsque je suis parti de la maison. Kreattur aime beaucoup raconter l'histoire quand il parle tout seul.

- Tu t'es enfui de la maison ?

- Quand j'ai eu seize ans. J'en avais assez.

- Où es-tu allé ? demanda Harry en le regardant avec de grands yeux.

- Chez ton père, dit Sirius. Tes grands-parents ont été très gentils avec moi. D'une certaine manière, ils m'ont considéré comme leur deuxième fils. »

Harry sourit tristement. Sirius n'avait pas eu une vie facile et aurait pu facilement mal tourner, et pourtant il était devenu un homme dont il pouvait être fier. Et Harry admirait ça.

- Stressé ? Demanda Sirius qui avait remarqué que son filleul était pensif.

« Harry leva les yeux et s'aperçut que Sirius l'observait.

- Je suis sûr qu'ils t'innocenteront. Il y a bel et bien dans le Code international du secret magique un article qui autorise l'usage des sortilèges si ta vie est menacée.

- Mais s'ils me renvoient quand même, dit Harry à voix basse, est-ce que je pourrai revenir ici et vivre avec toi ?

Sirius eut un sourire triste.

- On verra.

- J'aurais beaucoup moins peur de cette audience si j'étais sûr de ne pas être obligé de retourner chez les Dursley, insista Harry. »

- Je peux comprendre ça, répondit Sirius, mais tu n'auras pas à vivre ici, je te le promets Harry. Le seul endroit où tu dois te trouver en ce moment, c'est Poudlard, et rien ne t'en empêchera, et certainement pas cet abruti de Fudge. C'est compris ?

Harry hocha la tête.

- Maintenant tu ferais bien d'essayer de dormir. L'audience est tôt demain et il va falloir te rendre présentable et tenter de discipliner cette chevelure, se moqua Sirius.

- Est-ce que tu crois qu'une fois l'audience passée, je pourrais écrire à Draco et lui raconter un peu comment c'est ici ?

- Du moment que tu n'en dis pas trop, je ne vois pas où est le souci, mais euh… Gardons ça entre nous d'accord ? Allez, au lit !

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Cher Draco,

Je t'imagine déjà râler parce que je ne t'ai pas écris plus tôt mais tu peux sans doute comprendre que j'avais quelques obligations à régler avant (Non, il ne s'agit pas d'une blague de mauvais goût. Enfin, presque pas).

J'ai été acquitté, je ne sais si on s'attardera dessus dans la Gazette alors je prends soin de te le dire. Tout le monde me dit que c'était une évidence mais aucun d'eux n'était dans la salle d'audience, et n'a vu à quel point Fudge avait l'air déterminé à me faire expulser de l'école. Je ne comprends pas quel est son problème avec moi. Patmol dit que c'est parce qu'il est persuadé que je mens et que Dumbledore et moi complotons pour lui voler son poste de ministre. As-tu déjà entendu quelque chose d'aussi stupide ? Il y avait aussi cette femme à la tête de crapaud, Dolores quelque chose. Elle avait l'air de m'en vouloir au moins autant que Fudge mais je ne sais absolument pas pourquoi. Peut-être suis-je juste légèrement paranoïaque, qui sait ?

Une chose est sure, maintenant que plus aucun poids ne pèse sur moi (Mis à part V…, mais c'est un détail négligeable, non ? Oui, je sais, deuxième blague de mauvais goût), je compte profiter des quelques jours de vacances qu'il nous reste avant la rentrée, même si j'ai hâte de tous vous retrouver. Je ne suis plus chez les Dursley, tu l'a bien compris, mais je ne peux pas te dire où je suis exactement, sache juste que je suis en sécurité, Patmol, Lunard et (crois le ou non) cette vieille chauve-souris qui me déteste, veillent sur moi, ainsi que Molly et Arthur Weasley. Je passe mes journées en compagnie des jumeaux, de Ron et d'Hermione Granger. Je sais à quel point tu les déteste mais ça me fait du bien de côtoyer d'autres personnes que mes stupides moldus et, comme je te l'ai répété des centaines de fois, ils sont plutôt gentils quand on les connait.

J'ai hâte de te retrouver – Plus que deux petites semaines, j'attends de tes nouvelles.

Avec toute mon amitié,

H.

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- On ne sort plus sans sa garde rapprochée Potter ? Se moqua Draco en passant à côté de son camarade. Oh, mais quel poil soyeux Patmol, murmura-t-il à l'attention du chien qui marchait calmement près d'Harry, je suis impressionné.

Harry sourit alors que Sirius, sous sa forme animagus, grognait. Draco Malefoy était un putain d'enfoiré. Et il lui avait manqué. Il avait envie de le lui dire, mais il garda son calme. Il n'était pas seul. La totalité, ou presque, des Weasley, l'entouraient, ainsi qu'Hermione Granger, Tonks, Mondingus et même Fol-Œil. Draco n'avait pas vraiment tort, il avait une vraie garde rapprochée.

- Vous feriez mieux de commencer à monter dans le train, déclara Molly Weasley, personne n'a envie de vous voir rester sur le quai.

Elle commença à embrasser chacun de ses enfants, puis ce fut le tour d'Hermione et enfin celui d'Harry.

- Prends soin de toi mon garçon. J'espère te revoir très vite.

- M… Moi aussi madame Weasley. Merci pour tout. Merci à vous aussi Monsieur Weasley.

- Y'a pas de quoi mon grand, répondit Arthur, un peu rougissant, en tapotant l'épaule d'Harry.

- A très bientôt Sirius, murmura Harry en câlinant le chien qui l'accompagnait. Tu vas me manquer. Je te promets de t'écrire souvent, ajouta le brun tellement bas qu'il ne fut même pas sûr que Sirius ait pu l'entendre.

Une fois dans le train, Harry n'avait qu'une envie, celle de rejoindre Draco, mais il ne pouvait pas simplement s'éclipser sans rien dire après avoir passé un mois entier avec Ron, Hermione et les jumeaux.

- Nous… Nous devons aller dans le compartiment des préfets. Une sorte de… De réunion je crois, enfin…, balbutia Ron.

- Oh je comprends, répondit Harry dissimulant mal sa joie, ça ne fait rien. Je vais partir à la recherche de mes camarades de maison.

- Ouais, c'est… Et bien…

- Alors la prochaine fois qu'on se verra, vous me retirerez des points parce que je ne respecte pas le règlement, c'est ça ? Ricana Harry, dont le sentiment de gêne refusait de disparaitre.

- J'espère bien qu'on aura l'occasion de se voir avant, répondit Hermione. Je… Prends soin de toi Harry, ajouta-t-elle avant de serrer rapidement le brun dans ses bras.

Harry promis puis disparut à son tour à la recherche de ses camarades. Il ne fallut pas longtemps pour trouver Blaise et Théodore en pleine discussion animée.

- Hey Patronus-Potter ! L'appela Blaise en l'apercevant, comment ça va ?

- Ca va et toi Blaise ? Répondit Harry qui ne pouvait s'empêcher de sourire.

- Ça ira mieux lorsque tu auras confirmé ma pensée !

- Qui est ?

- Théodore ici présent a, comme qui dirait, passé l'étape des préliminaires, avec un garçon, est-ce que tu penses que…

- Blaise ! Le coupa Théodore.

- Quoi ?

- Peut-être qu'en te disant ça j'espérais que ça reste entre nous.

- Mais mec c'est Potter, il est asexué, que veux-tu qu'il dise ?

- Hé ! S'offusqua Harry à l'entente de ce qu'il considéra comme une insulte.

- Potter, vois-tu la moindre objection à ce que Théodore mette des bites dans sa bouche ou dans d'autres endroits de son anatomie lorsque l'occasion se présentera ?

- Blaise !

- Désolé de te décevoir mais ça arrivera Théodore. Forcément. Harry ?

- Je… Je ne pense pas… Enfin je n'y ai jamais pensé avant mais… C'est ok. J'veux dire ça me regarde pas vraiment après tout et… Cool. Enfin…Est-ce que… Où sont Pansy et Draco ? Demanda Harry, changeant rapidement de sujet.

- Réunion des préfets, répondit Théodore.

- Est-ce qu'on va vraiment devoir attendre leur retour pour entendre cette histoire de Patronus ? Marmonna Blaise d'une voix enfantine.

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- Allez Pansy arrêtes un peu de faire cette tête. Et puis dit toi que nous sommes le couple de préfet le plus beau de toute l'école.

- Petit un, nous ne sommes pas un couple Draco chéri, petit deux je n'ai pas attendu cela pour être la plus belle fille de l'école et petit trois je ne suis toujours pas heureuse d'être préfète. C'est une fonction ringarde.

- Tu exagères !

- Et toi tu es bien trop fier pour voir les choses en face, répliqua Pansy en ouvrant la porte du compartiment. Harry, s'exclama-t-elle en apercevant son camarade.

Ce dernier se leva et serra Pansy dans ses bras. Elle lui avait manqué. Vraiment beaucoup. Pas autant que Draco, évidemment, mais sacrément quand même. Ses cheveux avaient poussés pendant les vacances et elle avait également pris quelques centimètres, elle sentait bon et Harry la trouva belle.

- Ravie de voir que nous t'avons manqué, déclara Blaise, moqueur.

- Jaloux Zabini ? Demanda Pansy avant d'aller embrasser Daphné.

- Oh oui, sentir ton corps chaud contre moi, c'est tout ce dont je rêve bébé.

- Espèce d'imbécile, répondit la jeune fille en tendant le bras pour le frapper. Je pourrais te faire punir Blaise, je suis préfète désormais.

- Salut, dit doucement Harry en regardant Draco alors que Pansy et Blaise continuaient de se chamailler.

- Salut, répondit le blond en souriant. Ravi de voir que tu nous es revenu en un seul morceau. Je commençais à avoir des doutes.

- Disons que j'ai su rendre l'été un peu plus distrayant que d'habitude.

- Des trucs intéressants à raconter ?

- En privé.

- D'accord. Dit c'est quoi cette histoire de fellation entre homme Nott ?

- Qu'est-ce que… Que…

- Le dire à Zabini est la pire idée que tu aies eut. Il est incapable de tenir sa langue. Mais ça n'a pas l'air de te gêner plus que ça, les garçons qui ne savent pas tenir leur langue, si ?

Blaise et Pansy ricanèrent alors que Daphné rougissait Harry, lui aussi, semblait mal à l'aise par rapport à cette situation. Sans doute parce qu'il n'avait encore jamais ne serait-ce qu'embrassé qui que ce soit.

- Vous êtes des crétins.

- Oh allez Nott, rien de bien grave tant que ton père ne le sait pas je suppose.

- Tu vas juste avoir plus de mal à mener à bien le pari cette année.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Daphné.

- Les bisous ça va un temps. Les choses sérieuses commencent !

- C'est-à-dire ? Demanda Draco en haussant un sourcil.

- On passe sous la ceinture, sans forcément coucher si ça vous impressionne trop.

- Ca va Zabini, on va finir par le savoir que ta queue a déjà rencontré des vagins, arrête de le rabâcher à longueur de temps, lui envoya Pansy.

- Tu as peur de perdre ?

- Tu aimerais bien !

- De toute façon tout le monde que Potter va y laisser une deuxième journée d'esclavage. Il est asex…

- Ta gueule Zabini, je ne suis pas asexué.

- C'est ce que nous verrons !

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- Draco, tu dors ? Murmura Harry en ouvrant doucement le rideau qui entourait son lit.

- C'est une question idiote, si je dormais vraiment je ne t'aurais pas répondu. Bah alors, tu viens ? Demanda Draco après un silence.

Harry hocha la tête, se glissa dans le lit de son ami et referma le rideau.

- Lumos, murmura Draco en sortant sa baguette. Tu en fais une tête, cette retenue était si terrible que ça ?

- Si on veut, marmonna Harry, assis en tailleur.

- Qu'est-ce que tu as du faire ?

- Des lignes.

- J'en connais un qui doit râler. Il n'a pas pu te coller pour récurer des chaudrons et à la place tu n'as eu que des lignes à faire. Si Snape savait ça…, déclara Draco en souriant. Quoi ? Interrogea-t-il en voyant qu'Harry ne semblait pas amusé.

Harry eut l'air d'hésiter pendant un instant. Il ne voulait pas vraiment le dire à Draco, il ne voulait pas avoir l'air de se plaindre ou quoi que ce soit, mais…

- Harry, insista le blond.

Alors, Harry tendis sa main et Draco pu lire les mots gravés dans sa peau. « Je ne dois pas dire de mensonges ».

- Mais... Je croyais que tu copiais des lignes, murmura Draco en état de choc.

- Quand je suis arrivé dans son bureau, elle m'a donné un parchemin et une plume, mais pas d'encre. Je me suis étonné, mais elle m'a dit d'écrire alors c'est ce que j'ai fait et… Elle m'a fait écrire cette phrase plusieurs fois avec mon… Avec mon sang.

« - Elle est complètement malade ! Va voir [Snape], dis-lui quelque chose !

- Non, répondit aussitôt Harry. Je ne veux pas lui donner la satisfaction d'avoir réussi à m'atteindre.

- À t'atteindre ? Tu ne peux pas la laisser s'en tirer comme ça !

- D'ailleurs, je ne sais pas quel pouvoir [Snape] a sur elle, dit Harry.

- Dumbledore, alors, parles-en à Dumbledore !

- Non, répondit Harry d'un ton catégorique.

- Et pourquoi pas ?

- Il a d'autres choses en tête. »

- Harry, s'exclama Draco, tu ne pas laisser cette vieille harpie te torturer de cette façon !

- Chut, murmura Harry. Les autres…

- Quoi les autres ? J'ai jeté un Assurdiato voyons !

- Un quoi ?

- Bah tu sais, un sort de silence pour être tranquille si jamais je reçois quelqu'un, que personne n'entende rien ou alors si je… Enfin bon, un sort de silence. Je t'apprendrais.

- Tu prévoyais de recevoir quelqu'un ?

- Non, bien sûr que non. Mais j'aime bien être tranquille. C'est tout. Et puis ne détourne pas la conversation. Tu dois montrer ta main à quelqu'un !

- Tu crois vraiment que Snape ou Dumbeldore pourraient être intéressé par ça ? Je te signale qu'ils ont beaucoup à faire avec l'Ordre.

- Ah oui, ils ont beaucoup à faire avec l'ordre du Phénix mais comment un sale fils de mangemort tel que moi pourrait s'en rendre compte ! Répondit Draco, renfrogné.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit et tu le sais très bien. Et ce n'est pas non plus ce que je pense, sinon je ne t'aurais jamais parlé de l'ordre. Tu sais très bien que si quelqu'un l'apprend je pourrais avoir d'énormes problèmes !

Draco baissa la tête, il savait qu'Harry avait raison. Le soir de leur arrivée à Poudlard, ils avaient passé une bonne partie de la nuit à discuter tous les deux assis près de la cheminée de la salle commune. Harry avait longuement parlé à son meilleur ami de l'ordre du Phénix qu'il avait découvert l'été précédent, de ce qu'ils faisaient, de ce pourquoi ils se battaient et de leur soupçons à propos de la fameuse nouvelle « arme » de Voldemort. Cette nuit-là, Draco avait compris à quel point Harry lui faisait confiance et à quel point leurs vies étaient amenées à être terriblement différentes. Ils n'avaient que quinze ans, mais Harry était presque engagé dans une organisation luttant contre le Seigneur des Ténèbres alors que son propre père avait été, et redeviendrait sans doute très vite, un des serviteurs les plus loyaux de Voldemort. En lui racontant ce qu'il savait Harry avait conscience de mettre en péril le bon fonctionnement de l'ordre, mais il avait fait son choix.

- Je… Excuses-moi ok ? C'est pas c'que je voulais dire.

- Draco, ce n'est pas vraiment de ça que je voulais te parler.

- Ah oui, de quoi d'autre ?

- Tout à l'heure, Ombrage m'a touché le bras dans son bureau et… J'ai eu vraiment mal à… A ma cicatrice.

- Comme avec Quirrell ?

- Non pas vraiment, mais… Tu ne trouves pas ça bizarre, cette douleur quand elle m'a touché, tu ne penses pas que…

- Ecoute Harry, Ombrage est une vieille harpie, vraiment mauvaise. Une vraie salope si tu veux mon avis. Complètement obsédée par le ministère et prête à suivre Fudge dans ses délires. Je pense aussi qu'elle déteste les élèves de cette école et qu'elle n'aime pas beaucoup plus l'idée d'être notre professeur, mais je ne pense pas que Vol… Tu sais-qui habite en elle.

- Ouais, mais…

- Ce n'est que mon avis, bien sûr et peut-être que Sirius pense tout à fait autre chose, qu'en penses-tu ?

- Tu crois que je devrais lui écrire ?

Draco hocha la tête et tendis du parchemin, une plume et de l'encre à Harry.

- Mais il va falloir être très prudent.

Harry prit le parchemin et commença à écrire sous l'œil de son ami. Quelques minutes plus tard, il lui tendait le parchemin pour qu'il le lise et lui donne son avis.

« Cher Sniffle,

J'espère que tu vas bien. Ici, la première semaine a été épouvantable, je suis content que le week-end soit enfin arrivé.

Nous avons un nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, le professeur Ombrage. Elle est presque aussi sympathique que ta mère. La raison pour laquelle je t'écris aujourd'hui c'est que, hier soir, alors que j'étais en retenue avec Ombrage, il m'est arrivé cette même chose dont je t'avais déjà parlé dans une lettre l'été dernier.

Nous avons tous hâte de revoir notre très grand ami et nous espérons qu'il reviendra bientôt.

Réponds-moi vite, s'il te plaît.

Avec toute mon affection,

Harry »

- On dirait que tu deviens spécialiste dans l'art de dissimuler des choses, déclara Draco en souriant.

Harry sourit à son tour avant de bailler bruyamment.

- On devrait sans doute dormir.

- Oui, je vais y aller. Je… Merci Draco. Pour la lettre et pour tout le reste. Merci.

- Bonne nuit Harry.

- Bonne nuit, répondit le brun avant de partir rejoindre son propre lit.

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Ce matin-là, lorsqu'ils arrivèrent dans la grande salle, Draco et Harry se chamaillaient en riant. Quelques jours avaient passés et Harry n'avait ressenti aucune nouvelle douleur au niveau de sa cicatrice. Et il n'avait pas non plus, pour l'instant, eu de nouvelles retenues avec Ombrage. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin, façon de parler.

- Bonjour, lancèrent-ils d'une même voix en s'asseyant à la table des Serpentards.

- Salut ! Répondit Théodore qui se servait du jus de citrouille. Je suppose qu'aujourd'hui est un jour particulier, tu es parvenu à arriver au petit-déjeuner avant qu'il ne soit terminé Harry, il va falloir fêter ça. Je te sers ? Proposa-t-il.

Harry hocha la tête, tandis que Pansy et Daphné pouffaient. Harry avait un mal fou à quitter son lit le matin, ce n'était un secret pour personne. D'ailleurs, Draco glissait souvent une pomme dans sa poche et la donnait à son ami juste avant le premier cours de la journée.

- Blaise ! Cria soudainement Draco et les rires se stoppèrent sur le champ.

- Hein ? Quoi ? Demanda ce dernier en levant la tête de la feuille sur laquelle il était en train de gribouiller.

- Je t'ai demandé de me passer les toasts. Trois fois.

- Excuses-moi je ne t'ai pas entendu, répondit le jeune homme en lui tendant le pot de confiture.

- Blaise, déclara Draco très lentement d'une voix glaciale, je t'ai demandé de me passer les toasts, pas la confiture.

- Oui, oui, les toasts. Pas la peine de s'énerver, déclara Blaise en lui tendant l'assiette.

- Qu'est-ce que tu écris sur cette fichue feuille ? Demanda Draco d'un air suspect.

- C'est ma liste.

- Ta liste de quoi ? Demanda Pansy qui ne pouvait dissimuler sa curiosité.

- La liste des filles avec qui je compte coucher cette année, répondit le jeune Zabini le plus naturellement du monde.

- Et moi qui pensais que c'était un truc important, ou tout du moins un truc intéressant…

- Tu es jalouse de ne pas y être Pans' ? Si ce n'est que ça, on peut toujours y remédier, lança Blaise, un sourire charmeur collé aux lèvres.

- Tu rêves éveillé mon pauvre, je préfère embrasser Hagrid.

- C'est ce que tu essayes de te dire, mais je sais très bien qu'au fond de toi tu…

- Le courrier, le coupa Théodore en désignant les hiboux qui pénétraient dans la grande salle.

Un hibou livreur de journaux laissa tomber un exemplaire de la gazette devant Draco et celui-ci s'empressa de l'ouvrir. Pansy, qui se trouvait à sa gauche laissa échapper un juron.

- Et bah quoi ? Demanda Daphné.

Draco prit le journal et l'étala au centre de la table.

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« LE MINISTÈRE VEUT RÉFORMER L'ÉDUCATION DOLORES OMBRAGE NOMMÉE GRANDE INQUISITRICE

- Ombrage… Grande Inquisitrice ? murmura Harry d'un air sombre, sa tartine à moitié mangée lui glissant des doigts. Qu'est-ce que ça veut dire ? […]

- Je n'arrive pas à y croire. C'est absolument scandaleux ! [S'exclama Pansy à la fin de sa lecture]

- Je sais bien, dit Harry.

Il regarda sa main crispée sur la table et distingua les contours blanchâtres des mots qu'Ombrage l'avait forcé à graver dans sa chair.

Un sourire était cependant apparu sur le visage de [Théodore].

- Qu'est-ce qu'il y a ? S'étonnèrent Harry et [Pansy] en se tournant vers lui.

- J'ai hâte de voir [Snape] inspecté, dit-il d'un ton joyeux. Ombrage ne verra pas le coup venir ! »

Draco semblait réellement perplexe, tandis que Blaise avait enfin levé les yeux de sa fameuse liste.

- Fudge est un grand malade, marmonna Draco. Et mon père…, ajouta-t-il sans trouver la force de finir sa phrase.

- Ton père va dans le sens de Fudge et c'est tout à son honneur. On se méfie toujours bien peu des gens qui nous soutiennent. Ton père, tout comme le mien, l'a parfaitement compris.

- Oui mais de là à… Est-ce qu'il sait ce que cette femme nous fait subir ? Déclara Draco en jetant un regard en biais à la main d'Harry.

- Draco, c'est ton père. Pas toi, trancha Potter. Tu n'y peux rien.

- Est-ce que… Est-ce que vous pensez qu'elle serait capable de donner des résultats d'inspection si mauvais que certains professeurs devront partir ? Demanda Daphné.

- Si vous voulez mon avis, elle n'hésitera pas, répondit Blaise. Le ministère est complètement flippé à l'idée qu'on puisse faire quelque chose contre lui, et quel meilleur lieu qu'une école pour recruter des sorciers dans la force de l'âge ? Avec cette Ombrage, Fudge a réussi à mettre un pied dans l'école et il ne reculera pas. Il a deux problèmes majeurs, Harry et Dumbledore, les deux se trouvent ici, alors comment en venir à bout autrement ?

Un silence pesant suivit les mots de Blaise.

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Les paroles de Théodore au sujet des futures inspections de Dolores Ombrage trouvèrent bien vite un écho. Les semaines passaient et une sorte de menace semblait peser sur les professeurs de Poudlard, certaines classes ayant parfois la surprise de trouver la Grande Inquisitrice assise au fond de la classe, son bloc note à la main.

La première inspection eut lieu moins de trois semaines après la parution de l'article et elle fut pour le professeur Trelawney.

- Regarde Harry, lui glissa Pansy en lui donnant un léger coup de coude pour lui désigner leur professeur de défense contre les forces du mal assise au fond de la classe.

Ombrage se contentait d'assister au cours en silence avant de faire le tour parmi les élèves pour leur poser quelques questions et d'interroger le professeur lui-même.

- Snape, ne tolèrera JAMAIS ça, murmura Théodore en fixant Ombrage.

- Cette vieille folle va se faire remettre à sa place et ça risque d'être plutôt amusant, déclara Blaise. C'est bien dommage que Draco ne soit pas là.

- Tu rigoles ? Il a bien de la chance ! Répondit Pansy en regardant d'un air maussade son oracle des rêves.

- Tu préfèrerais étudier les runes ? Lui lança Théodore.

- As-tu la moindre idée du temps qu'il nous faut à Harry et à moi pour inventer des rêves que nous aurions pu faire ? Lui répondit la jeune fille.

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Mais, comme l'avait prédit Théodore, les choses devinrent vraiment intéressantes lorsqu'Ombrage décida d'inspecter la classe de Severus Snape. D'après les rumeurs qui circulaient à Poudlard, son inspection auprès de MacGonagall lors d'un cours commun entre les Gryffondors et les Serdaigles s'était déjà très mal déroulée, pour le plus grand bonheur des élèves de cinquième année présents.

- Bien, dépêchez-vous de vous installer, il s'agit d'un cours et non d'une quelconque promenade de santé, déclara la voix froide de Rogue après que les Serpentards et les Gryffondors soient entrés dans la salle.

- Et bien qu'est-ce qu'il lui arrive, marmonna Harry. Il a l'air encore de meilleure humeur que d'habitude !

- Regarde qui est là, lui répondit Draco en désignant Ombrage, assise au fond de la salle, son bloc note à la main.

- Un problème monsieur Malefoy ?

Harry faillit tomber de son tabouret lorsqu'il entendit Snape reprendre Draco, son filleul chéri et meilleur élève attitré, au coude à coude avec Granger.

- Aucun Monsieur, excusez-moi d'avoir dérangé la classe, répondit le blond.

Il échangea ensuite un regard amusé avec son ami. Lui seul savait faire ça, être à la fois si poli et si mesquin en une seule phrase. Snape sembla énervé, mais il ne dit rien.

- Vous avez sans doute remarqué la présence de la Grande Inquisitrice parmi nous, et bien je vous demanderez de faire preuve d'intelligence et d'agir comme si elle n'était pas là. « Aujourd'hui, nous allons poursuivre la préparation de notre solution de Force. Vous trouverez vos mélanges là où vous les avez laissés à la dernière leçon. S'ils ont été préparés correctement, ils devraient avoir bien évolué au cours du week-end. Les instructions – il agita sa baguette – figurent au tableau. Allez-y. […]

- Ah, dit Harry à voix basse [de longues minutes plus tard]

Il vit [Ombrage] s'avancer entre deux rangées de tables en direction de Snape qui était penché sur le chaudron de Dean Thomas.

- Cette classe me semble très avancée par rapport au niveau habituel, dit-elle brusquement, dans le dos de Snape. Je me demande toutefois s'il est très raisonnable de leur apprendre une potion comme la solution de Force. Je pense que le ministère préférerait la voir disparaître du programme.

Snape se redressa lentement et se tourna pour la regarder.

- Maintenant, dites-moi… Depuis combien de temps enseignez-vous à Poudlard ? demanda Ombrage, la plume suspendue au-dessus de son bloc-notes.

- Quatorze ans, répliqua Snape

L'expression de son visage paraissait insondable. Sans quitter Snape des yeux, Harry ajouta quelques gouttes à sa potion qui se mit à siffler d'un air menaçant en passant du turquoise à l'orange.

- Je crois que vous avez d'abord posé votre candidature au poste de professeur de défense contre les forces du Mal ? demanda Ombrage.

- Oui, répondit Snape à mi-voix.

- Mais sans succès ? […]

- De toute évidence.

Le professeur Ombrage griffonna sur son bloc-notes.

- Et, depuis que vous êtes entré dans cette école, vous avez régulièrement renouvelé votre candidature à ce poste, je crois ?

- Oui, répondit Snape en remuant à peine les lèvres.

Il avait l'air furieux.

- Avez-vous une idée de la raison pour laquelle Dumbledore vous a systématiquement refusé cette matière ? interrogea Ombrage.

- Je vous suggère de lui poser la question vous-même, répliqua Snape d'une voix hachée.

- Je n'y manquerai pas, assura le professeur Ombrage avec un aimable sourire. »

- Etonnant qu'il ne lui ai pas encore lancé un Avada Kedavra, déclara Théodore en riant derrière Harry et Draco.

- Il va craquer, murmura Blaise.

- Essayeriez-vous de remettre quelque chose en cause ? Demanda Snape d'une voix un peu trop forte.

Harry se mordit la lèvre, il avait bêtement perdu un morceau de la conversation entre les deux professeurs.

- Qu'est-ce que je disais ? Renchérit Blaise.

Soudain, trop pris dans sa tentative de suivre la conversation de ses deux professeurs, Harry mit le mauvais ingrédient dans son chaudron qui se mit à bouillonner avant de produire une petite explosion.

- Potter, grogna Snape, qu'est-ce que vous fichez ?

- Je… Euh… Je pense que j'ai raté ma potion…

- Brillante déduction répondit le professeur de potion, cynique.

- Je vois que vous êtes un élève aussi attentif en cours de Potions qu'en Défense contre les forces du mal Monsieur Potter, remarqua Ombrage.

- Je ne vous permets pas Madame la Grande Inquisitrice, d'émettre de jugements de valeur sur mes étudiants, il n'y a que les crétins qui ne font jamais d'erreurs. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai un cours à surveiller afin d'éviter d'autres incidents de ce genre. Je me tiens à votre disposition pour un autre entretient si cela vous tiens à cœur.

Le cœur d'Harry manqua un battement. Non seulement Snape venait ouvertement de le défendre, mais en plus il venait de virer Ombrage de son cours.

- J'avais, de toute façon, fini cet entretien. Je vous ferai parvenir les résultats très bientôt.

Une fois que la femme à tête de crapaud eut quitté la salle, Snape s'approcha de la table où travaillaient Draco et Harry et murmura :

- Pour m'avoir forcé à mentir Potter, vous serez collé tous les soirs de cette semaine, est-ce que c'est bien clair ?

- Oui, monsieur.

- Bien. Nettoyez-moi cette catastrophe maintenant. Quant à vous Mr Malefoy, surveillez donc votre binôme. Personne n'a envie de voir les cachots exploser grâce aux exploits de Mr Potter. Nous avons déjà Mr Finigan pour cela.

Contre toute attente, Harry ne pouvait arrêter de sourire. Une retenue avec Snape lui semblait presque être une manière agréable de passer la soirée.

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- De toute évidence, nous allons ridiculiser toutes les autres maisons cette année encore, déclara Draco alors qu'il revenait de son entrainement de Quidditch avec Harry.

- C'est vrai qu'on a une bonne équipe. Tu t'es beaucoup entrainé cet été ?

- Pas vraiment, répondit Draco en haussant les épaules. Mon père n'aime pas tellement les gens qui pratiquent le Quidditch.

- Ton père n'aime pas grand-chose…

- Il aime la magie noire.

- C'est un passe-temps comme un autre, constata Harry avant de regarder sa montre.

- Un rendez-vous ?

- Non pas vraiment, enfin… J'ai promis à Théodore de l'aider à faire son devoir de Défense contre les Forces du mal.

- Encore ?

- Ouais. Jaloux que ce soit à moi qu'on demande de l'aide monsieur le génie ?

- Absolument pas. Je penserais à toi en train de travailler lorsque je me prélasserais dans la salle de bain des préfets. Ensuite, j'irais faire ma ronde.

- Alors à tout à l'heure.

- Travaille bien princesse.

- Je t'emmerde.

Draco s'éloigna en ricanant alors qu'Harry se dirigeait vers la bibliothèque. Il eut la surprise, une fois sur place, de trouver son camarade assis aux côtés d'Hermione Granger.

- Théo, le salua Harry. Hermione…

- Bonsoir Harry, répondit cette dernière.

- Tu, enfin…

- Et bah tu vois Harry, il n'y a pas que Pansy qui pactise avec l'ennemi, se moqua Théodore. Décrispe toi, Hermione est là depuis un bon moment et elle a du mal à faire son devoir elle aussi, n'en parle pas à Draco il pourrait avoir un orgasme juste à entendre ça, alors je lui ai proposé de rester un petit peu pour assister à ton cours.

- Je ne… Enfin je ne crois pas que… Bredouilla Harry. Tu es bien meilleure que moi dans toutes les matières Hermione, je ne suis pas certain de pouvoir t'aider…

- Théodore dit que tu es un très bon professeur et que c'est grâce à toi s'il arrive à obtenir des notes correctes en Défense contre les Forces du mal. Je me ferais toute petite, je te le promets.

- Ouais, je… c'est ok.

Peu à peu, une sorte de routine commença à s'installer. D'abord entre ces trois-là, puis un jour Hermione vint en compagnie de Ron. Puis des jumeaux. Et un garçon du nom de Neville Longdubat. Et un jour, une petite blonde – presque autant que Draco – avec des boucles d'oreille en forme de radis.

- Bonjour, je suis Luna. Luna Lovegood. Et on m'a dit que tu pourrais m'aider à obtenir la moyenne et à ne plus être collée par Ombrage.

Une main posée sur la table, semblable à la sienne. Je dois apprendre mes leçons. Je ne dois pas dire de mensonge.

- Assied-toi.

- Merci.

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- Alors quoi tu es une sorte de saint sauveur sorcier des élèves de cette école ?

- Je ne vois pas pourquoi tu t'énerves.

- Est-ce qu'on peut savoir pourquoi tu vas donner des cours à des… A ces…

- Ce sont mes amis Draco ! S'offusqua Harry.

- Tes amis ? On aura tout entendu. Et qu'est-ce qu'ils disent de toi ? Hein ? Etonnant que ce cher pote Potter ne nous apprenne pas que des impardonnables, lui qui est à Serpentard ? Je pense qu'il ment à propos de Vous-Savez-Qui mais j'ai envie d'avoir une bonne note à mes BUSES ? Et est-ce qu'ils te demandent aussi comment est mort Cédric ?

Le visage d'Harry se crispa. Il ne l'avouerait jamais, mais oui, on le lui avait demandé lors de ses petits cours clandestins qui avaient pris de plus en plus d'ampleur au fur et à mesure que les semaines avançaient.

- Pourquoi est-ce que tu ne peux pas juste reconnaître que je suis un bon prof ?

- Ca n'a rien à voir.

- Bien sûr que si, ça t'emmerde que je sois meilleur que toi quelque part.

- Quel est le rapport ? Demanda Draco qui commençait à s'énerver lui aussi.

- Tu m'emmerdes ! Répondit Harry avant de commencer à se diriger vers les dortoirs.

- Oh non, c'est trop facile !

- Draco je… Je n'ai pas envie de me battre avec toi maintenant alors juste…

- Combien êtes-vous ? demanda Draco ignorant totalement les paroles de son ami.

- Une vingtaine je dirais.

- Hum, déclara le blond en hochant la tête. Et quand est-ce que vous avez quitté la théorie pour passer à la pratique ?

- Comment est-ce que …

- Théodore Nott est incapable de tenir sa langue. As-tu la moindre idée de ce que tu risques, de ce que vous risquez tous, si Ombrage vous découvre ?

- Il faut bien qu'on apprenne à se défendre Draco. J'ai été confronté à lui deux fois depuis que j'ai intégré Poudlard et crois-moi aucun des cours que nous donne cette vieille folle ne nous sera utile une fois dehors. Aucun d'eux ne nous aidera à survivre !

- Je le sais ça ! Déclara Draco qui semblait vexé qu'Harry pense qu'il minimise les choses.

- Ce n'est pas la question. Je veux dire, je ne me fais aucun souci pour toi dehors. Ou pour Blaise ou Pansy. Mais qui aidera Luna Lovegood ou Neville Longdubat ? Je ne veux pas me dire dans quelques années que j'aurais pu faire quelque chose pour les aider à se défendre et que je n'ai rien fait !

- Tu recommences avec ton fichu complexe du sauveur ! Personne ne t'a demandé de les aider.

- Si je le fais, c'est que j'en ai envie. Et, tu sais… j'aimerais beaucoup que tu assistes à une de ces séances. Vraiment.

- Je… J'y réfléchirais. Je dois aller faire ma ronde.

- A plus tard alors.

- Oui, à plus tard.

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Draco poussa un profond soupir avant de passer sa main sous son oreiller afin d'y attraper sa baguette magique. D'un mouvement de poignet, il fit apparaître l'heure. Deux heures et dix minutes. Mais où pouvait bien être passé Harry ? Plus tôt dans la nuit, alors qu'il rentrait de sa ronde de préfet avec Pansy, ils avaient été étonnés de trouver la salle commune vide, Harry ayant pris l'habitude de les y attendre. La surprise de Draco n'avait fait que grandir lorsque, arrivé au dortoir, il avait constaté qu'Harry n'était pas non plus dans son lit.

Au début, il avait fait mine que cela ne le préoccupait pas, mais en réalité il n'avait pas réussi à s'endormir, et tournait sans cesse dans son lit. Il n'y pouvait rien, il n'arrivait pas à ne pas s'inquiéter. Après tout, Harry était son meilleur ami et à la fin de l'année scolaire précédente il avait vu Voldemort revenir. Il avait pu lui arriver n'importe quoi.

Il réitéra l'opération consistant à faire apparaître l'heure d'un coup de baguette. Deux heures dix-neuf. Si Harry n'était pas là dans dix minutes, se dit Draco, il irait prévenir quelqu'un. Au pire, si c'était une fausse alerte, Harry se ferait réprimander pour s'être promené la nuit dans le château et cela lui servirait de leçon.

Cependant, il n'eut pas à attendre jusque-là. Du bruit se fit entendre dans le dortoir presque instantanément. Apparemment, Harry n'était pas tout seul. Le blond écarta légèrement la tenture du rideau qui entourait son lit et vit qu'en effet, Harry était accompagné de Théodore Nott. Etrange.

Nott glissa quelque chose à l'oreille du brun et celui-ci se mit à rire en tout bas. Puis, il se dirigea sans bruit vers la salle de bain alors que Théodore rejoignait son lit.

Draco attendit quelques minutes et, quand il jugea qu'il avait assez attendu il se dirigea vers la salle de bain, lui aussi.

Une fois à l'intérieur, il vit Harry, entièrement nu, observant son corps dans le miroir.

- Bordel Potter, qu'est-ce que tu fou ? S'exclama-t-il.

Le brun sursauta violemment et manqua de tomber.

- Draco ? Putain tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai posé la question en premier.

- Exact. Et bien je vais prendre une douche.

- A deux heures du matin ?

- Je… J'ai fait un cauchemar, je vais me rafraîchir les idées.

- Ne me prend pas pour un imbécile, je sais que tu n'étais pas dans ton lit. Où est-ce que tu étais ?

- Je faisais un tour, répondit Harry évasivement. Je… J'ai fait un cauchemar et je suis allez faire un tour pour me changer les idées. Et maintenant je vais prendre une douche, répondit Harry en cachant son corps nu derrière une serviette.

- Ah, et Théodore t'aide à te changer les idées ? Je sais que tu étais avec lui. Je vous ai entendu rentrer.

- Oh et bien… Bon, ok, j'ai eu une longue discussion avec Théodore et nous avons été marcher un peu. Rien de grave.

- Rien de grave ? Est-ce qu'il faut que je te rappelle que le Seigneur des Ténèbres est à ta recherche et que te promener dans le château au milieu de la nuit n'est certainement pas une idée de génie ? Je ne te parle même pas d'Ombrage qui se serait fait un plaisir de te coller jusqu'à la fin des temps, ruinant notre saison de Quidditch en même temps que ta main. Manquerait plus qu'elle découvre pour ton petit groupe de rebelles et toi et tu peux faire tes valises !

- Draco arrête ça, tu te prends pour qui au juste ? Ma mère ?

- Excuses-moi de m'inquiéter à ton sujet ! Commença à s'énerver Draco.

- Tu ne comprends pas, lui expliqua le brun. Ce n'était pas dans mon intention de rester dehors aussi tard, c'est juste qu'avec Théodore nous…

- Vous ?

- Et bien il… Enfin, on a eu une longue discussion à propos du pari et… Tu sais Blaise a ramené une fille au dortoir tout à l'heure et vous avez beau tous en rire, ça m'angoisse un peu, enfin je… Est-ce qu'on doit vraiment parler de ça tous les deux ?

- Continue, marmonna le blond.

- Bon, très bien, puisque tu ne sembles pas vouloir que j'ai la moindre intimité. J'ai dit à Théodore que j'avais peur que Blaise ait raison parce que… Parce qu'aucune fille à Poudlard ne me donne vraiment envie de l'embrasser alors je te laisse imaginer à quel point elles me donnent envie de faire plus.

- Et qu'est-ce que Théodore a à voir là-dedans ? Oh Merlin est-ce que lui et toi vous…

Le visage d'Harry rougit immédiatement.

- Il m'a demandé si… Il m'a demandé si les garçons me donnaient plus envie et je… Je lui ai dit que je ne savais pas. Et ensuite, il a glissé ses mains sous mon tee-shirt et… Draco est-ce que je dois vraiment te raconter ça ?

- Qu'est-ce que vous avez fait ensuite ? Demanda Draco d'une voix un peu trop haut perchée, qui dissimulait mal sa surprise.

- On a été dans une salle de classe vide et… Et il m'a fait une pipe, répondit Harry très vite.

- Il t'a fait une pipe ? répéta Draco bêtement, n'en croyant pas ses oreilles.

- Ouais, dit Harry avant de hausser les épaules. Il m'a fait une pipe. Enfin une fellation tu sais…

- Je sais ce qu'est une pipe Potter !

- Oui, évidemment, je… Pardon.

- Je vais le tuer, murmura Draco.

- Non, Draco, attend. Il ne m'a pas forcé ou quoi. Juste, c'était cool tu sais. Je crois… Je crois que j'ai apprécié ça.

Harry laissa échapper un petit rire nerveux.

- Tu as apprécié ça, répéta Draco, toujours incrédule.

- Enfin je veux dire, je crois que de toute façon j'aurais apprécié le fait que quelqu'un me fasse ça, peu importe la personne, mais c'est juste… Je me sentais à ma place, enfin… Je n'ai jamais trouvé aucun garçon beau avant, enfin je n'ai jamais fait attention. Je sais que Blaise est vraiment beau mais je n'ai jamais voulu faire des choses avec lui ou même avec toi ou je ne sais pas, c'est juste… Je ne suis même pas sûr que je trouve Théodore beau. Ou même que j'ai envie de recommencer.

- C'est ridicule, constata le blond.

- C'est juste que je suis paumé et…, tenta de se justifier Harry.

- Je ne parle pas de ça, enfin. C'est juste ridicule que Théodore s'en soit rendu compte avant moi alors que toi et moi nous passons tout notre temps ensemble…

- Ceci dit, tu n'aurais pas vraiment pu m'aider, enfin je veux dire, tu n'aurais pas pu m'aider comme lui…

Draco hocha la tête tout en lançant un regard noir à son ami.

- Sans aucun doute, mais j'aurais pu t'écouter.

- Tu es là maintenant et c'est tout ce qui compte. Je te l'aurais dit de toute façon, tu sais ? Tu es même la seule personne à qui j'avais envie de le dire parce que… Enfin, c'est pas vraiment comme si j'avais besoin d'une énième raison de me sentir différent et bizarre par rapport aux autres.

- Tu n'es pas différent ou bizarre espèce de crétin ! Faire des cochonneries avec Nott n'est certainement pas l'idée du siècle, mais au moins tu n'es pas allé voir un Poufsouffle ou je ne sais quoi. Et puis tu l'as dit toi-même, tu n'es même pas sûr de préférer les garçons…

- J'ai quand même vraiment beaucoup aimé ça, murmura Harry.

Cette fois, ce fut au tour de Draco de rougir.

- Tu devrais aller prendre ta douche, il est déjà tard.

- Ouais, je… Je vais y aller. Oh, et Draco hum… Merci.

- C'est ça…

- Tu crois que… Enfin, est-ce qu'on pourrait continuer cette conversation après ma douche ?

- Non. On a cours tôt demain matin.

- S'il te plait…

- On verra bien si quand tu as finis je dors ou pas.

Harry sourit. Il aurait voulu lui dire merci à nouveau, mais il savait que cela aurait énervé Draco. Il se contenta de se glisser sous la douche, serein. Il savait que quand il sortirait, Draco ne dormirait pas.

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- Pansy, attend moi ! Tu vas me dire ce qu'il y a ?!

La jeune fille lança un regard en direction d'Harry avant de tourner la tête vers l'autre bout du couloir, la tête bien haute, arborant un air hautain dont elle seule avait le secret.

- Dis-moi au moins ce que je t'ai fait ! Insista Harry.

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

- Tu m'évites depuis plusieurs jours, je ne suis pas stupide. Dis-moi ce que j'ai bien pu faire de mal !

- J'ai autre chose à faire que me concentrer sur tes affabulations stupides, tout comme j'ai d'autres choses à faire que d'agir comme un stupide elfe de maison parce que ta chouette est blessée.

Le regard d'Harry se posa sur Hedwige qu'il tenait fermement dans ses bras et qui semblait souffrir, pour le peu qu'il s'y connaissait en animaux.

- Pansy ! Commença à s'énerver Harry, dis-moi ce qu'il y a ou bien j'arrête d'avancer et tu auras la mort d'Hedwige sur la conscience.

Pansy laissa échapper un rire froid.

- Premièrement, ta chouette n'est pas mourante Harry, deuxièmement ma conscience a d'autres priorité et troisièmement, jamais personne n'a réussi à obtenir quelque chose de moi avec du chantage et tu ne seras certainement pas le premier !

- S'il te plait Pansy, j'ai besoin de savoir ce que j'ai bien pu faire pour…

La brune lâcha un profond soupir avant de le couper :

- Quand comptais-tu me dire pour Théodore et moi ?

- Hein ? Mais de quoi est-ce que…

- Ne fais pas l'innocent, s'exclama Pansy d'une voix où transparaissait la colère. Je sais pour vous deux, j'ai entendu Blaise en parler.

- Je…, commença Harry en rougissant soudainement. Ça c'est juste fait comme ça et je… Aucun de nous deux n'y a vraiment réfléchi.

- Et bien tous mes vœux de bonheur dans ce cas, répliqua-t-elle avant d'accélérer de nouveau le pas en direction de la salle des professeurs.

Harry ne put retenir un rire ce qui lui valut un regard noir de la part de sa camarade de maison.

- Tu crois vraiment que Théodore est quelque chose comme mon petit-ami ?

- Ce n'est pas ce qu'il est ? Répondit Pansy, glaciale.

- Bien sûr que non, c'est juste… Enfin… Je ne voulais même pas en parler, ça ne s'est passé qu'une fois et nous n'en avons plus reparlé depuis. C'est juste… Blaise a remis cette histoire d'asexué sur le tapis et je n'ai pas pu me taire une fois de plus.

- Blaise est un crétin. Alors il n'y a rien entre vous ? Aucun sentiment amoureux ou quoi…

- Non, c'était juste… Enfin c'était physique. C'est tout. Juste sexuel. Enfin c'est Théodore, je l'aime bien, mais je ne suis pas amoureux de lui. Et nous ne sommes pas un couple ou je ne sais quoi.

- Mais euh… Ça veut dire que tu es… Enfin ça fait de toi un… Tu aimes les garçons ? Bafouilla la jeune fille.

- Je ne sais pas, je sais juste que jusqu'à présent aucune fille ne m'a donné envie de… Enfin tu sais.

- Aucune fille ?

Pansy ne paraissait soudainement plus du tout en colère. Elle était plutôt troublée. Hésitante. Un brin de tristesse dans la voix. Harry se fit la réflexion qu'il ne l'avait jamais vu comme ça auparavant.

- Daphné et toi êtes les seules filles que je fréquente. Oh et Granger aussi, un peu. Et même si tu es la fille que j'aime le plus au monde, je ne m'imagine pas faire ce genre de truc avec toi.

- On s'est embrassé pourtant…

- Je…

- Et puis ce genre de choses comme tu dis, tu n'as aucun problème à les faire avec Théodore !

- Ca n'a absolument rien à voir ! Pansy, tu… Tu es une sorcière et une personne exceptionnelle et je t'apprécie vraiment beaucoup, mais je… Je n'y peux juste strictement rien si mon corps réagit devant les garçons…

- Frappe !

- Hein ?

- La porte Potter, frappe.

Harry regarda dans la direction que lui montrait Pansy et il vit que, sans qu'il ne s'en rende compte, elle l'avait conduit devant la salle des professeurs. Il leva la main, hésitant, et frappa.

- Monsieur Potter, que faites-vous là ? Demanda la professeur McGonagall en ouvrant la porte.

« - Je cherche le professeur Gobe-Planche, expliqua Harry. Ma chouette est blessée.

- Une chouette blessée, dites-vous ?

Le professeur Gobe-Planche apparut au côté du professeur McGonagall. Elle fumait une pipe et tenait à la main un numéro de La Gazette du sorcier.

- Oui, répondit Harry en soulevant avec précaution Hedwige de son épaule. Elle est arrivée après les autres hiboux et elle a une aile bizarre, regardez…

Le professeur Gobe-Planche cala solidement sa pipe entre ses dents et prit Hedwige des mains d'Harry sous le regard du professeur McGonagall.

- Mmmmm, dit-elle, sa pipe remuant légèrement, j'ai l'impression qu'elle s'est fait attaquer. Mais je ne sais pas qui aurait pu faire ça. Parfois, les Sombrals s'en prennent aux oiseaux, c'est vrai, mais Hagrid a dressé les Sombrals de Poudlard pour qu'ils ne touchent pas aux hiboux.

Harry ignorait ce qu'étaient des Sombrals et d'ailleurs, il s'en fichait. Tout ce qui l'intéressait, c'était qu'Hedwige guérisse. Le professeur McGonagall lui lança un regard perçant et demanda :

- Savez-vous d'où venait cette chouette, Potter ?

- Heu…, répondit Harry, de Londres, je crois.

Il croisa brièvement son regard et sut tout de suite, d'après la façon dont ses sourcils s'étaient rejoints au milieu de son front, que Londres signifiait pour elle le 12, square Grimmaud. »

- Wilhelmina, pensez-vous pouvoir faire quelque chose ?

- Oui, oui, bien sûr. Laissez-moi votre chouette quelques jours Potter, je vais la soigner.

- Je, euh… Très bien oui, d'accord. Merci.

- Harry, ta lettre, fit remarquer Pansy alors que le jeune homme allait partir.

- Oh oui.

Le professeur Gobe-Planche détacha délicatement la lettre et la donna à Harry. Il la remercia une nouvelle fois avant de reprendre le chemin de la salle de classe du professeur Binns.

- Elle dit quoi cette lettre ?

- C'est Sirius. Il veut me parler ce soir. Par cheminette je suppose.

- Tu crois que c'est sûr pour lui ?

Harry haussa les épaules.

- La lettre n'a pas été ouverte. Enfin elle n'a pas l'air. Je…

- On va faire un tour ok ? Demanda Pansy en lui tendant la main.

Le brun acquiesça en attrapant la main tendue.

- J'ai peur, avoua Harry de longues minutes plus tard alors qu'ils étaient tous les deux installés à l'entrée de la forêt interdite.

- Pour Sirius ?

- Pour lui. Pour moi. Pour nous tous. Pour Draco. Je… J'en ai assez de tout ça. J'aimerais parfois que… Que tout s'arrête. Juste… Comme ça tu sais. Disparaitre et ne plus avoir à se soucier de rien.

- On ne contrôle pas ce genre de chose, déclara Pansy.

- Tu sais, je… Des tas de questions m'occupent l'esprit à longueur de temps. Et juste quand je crois que ça ne pourra pas être pire, il se passe quelque chose de nouveau.

- Quel genre de question Harry ?

- Et bien, je me demande ou est passé Hagrid. Je me demande aussi jusqu'où Ombrage est prête à aller et qui a fait du mal à Hedwige, s'il est prêt à s'attaquer à quelqu'un d'autre. Ça n'a rien à voir, mais j'ai peur d'être vraiment gay, aussi, même si tout le monde a l'air de trouver que ce n'est pas si grave que ça. Je ne suis pas sûr de supporter que Sirius retourne à Azkaban si cela devait arriver mais en même temps espérer qu'il reste là à attendre serait stupide. Je n'ai pas envie de me battre contre Voldemort même si je sais que ce jour arrivera forcément. Et je m'inquiète pour Draco à cause de son père. J'aime donner des cours de Défenses Contre les Forces du Mal mais si quelqu'un nous découvrait, que se passerait-il ? Ombrage et ses foutus décrets… J'ai l'impression d'être plus spectateur qu'acteur…

- Je suis amoureuse de toi Harry, le coupa Pansy. Oh ne me regarde pas comme ça, je sais que ce n'est rien comparé aux problèmes que tu peux avoir et je n'attends rien de toi, aussi étrange que ça puisse paraître. Je voulais juste que tu le saches. Je… Excuses-moi de m'être énervée à cause de Théodore. C'était ridicule. C'est juste, je suis bêtement tombée amoureuse comme une gamine et ensuite j'ai été jalouse.

- Je rate absolument tout n'est-ce pas ?

- Ne dis pas n'importe quoi Harry. Tu es une personne extraordinaire et je suis fière d'être ton amie. Peut-être que je n'aurais jamais du te dire ça, mais je tiens vraiment à toi. Et tu m'as montré un nombre incroyable de fois qu'on peut être un vrai Serpentard et faire preuve d'honnêteté.

- Est-ce que je peux faire quelque chose ? Demanda Harry avant de trouver sa propre question stupide.

- Tu as le droit de me serrer dans tes bras et de me dire que rien ne changera jamais entre nous deux, peu importe ce qu'il pourra bien se passer. Ça serait un bon début.

& Harry s'exécuta.

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- Des nouvelles de Gobe-Planche ? Demanda Draco en revenant de sa ronde avec Pansy.

- Pas encore, répondit Harry en posant son livre de Botanique un peu plus loin. Elle m'a dit qu'elle ferait de son mieux, mais je suppose que je ne dois rien espérer avec au moins deux ou trois jours.

- Hum… Je ne m'imaginais pas dire ça un jour, mais si Hagrid avait été là…, commença Draco.

- Je crois que je vais mettre ce souvenir dans un flacon et qu'il va entrer dans mon top 10 des souvenirs les plus étranges que j'ai en ma possession, constata Blaise qui faisait une partie d'échec avec Théodore. Juste derrière celui où je découvre que finalement Potter a une vie sexuelle…

- Il semblerait que tu ne me racontes pas tout dans tes lettres Harry, déclara la voix de Sirius qui venait tout droit de la cheminée.

Harry fit rapidement volte-face et aperçu le visage de son parrain au beau milieu des flammes. Il se laissa tomber sur le tapis moelleux qui se trouvait devant la cheminée. Il eut bêtement envie de tendre le bras pour toucher son visage, mais s'abstint.

- Sirius, murmura-t-il.

- Salut, répondit ce dernier. Salut Blondinette.

- Salut sale cabot, répondit Draco, la mine renfrognée.

Blaise, Daphné, Pansy et Théodore regardait le feu de cheminée comme fascinés. Bien sûr ils savaient que Sirius était le parrain d'Harry et celui-ci leur avait longuement expliqué qu'il n'était pas dangereux et qu'il avait été à Azkaban à cause d'une erreur judiciaire, mais le voir de cette façon était une toute autre chose.

- Bonsoir Sirius Black, murmura Pansy avant de se laisser glisser aux côtés d'Harry.

- Oh tu dois être Pansy n'est-ce pas ? Et toi tu es Daphné, ajouta-t-il en regardant en direction de la jeune blonde. Nous avons également Théodore Nott et oh… Toi tu dois être Blaise. Harry m'a longuement parlé de vous. Vous semblez être des amis exemplaires.

Un large sourire se dessina sur le visage de Pansy et elle posa sa main sur l'épaule de son ami. Il lui avait souvent parlé de son parrain et elle savait à quel point il était important pour lui.

- Comment est-ce que ça va Harry ? Demanda Sirius après un léger silence.

- Je… Ça va. Mise à part Ombrage évidemment. Oh et les terribles notes que me met Snape. Mais dans l'ensemble je…

- Tu n'as pas l'air très sûr de toi. Et tu as l'air bien fatigué également. Est-ce que c'est de jouer au professeur qui t'épuises ?

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent.

- Certains de tes… Elèves, diront nous, sont un peu trop bavards pour leur propre bien. Tu devrais leur apprendre qu'avant de discuter il faut faire attention aux oreilles qui pourraient nous écouter.

- Mais quand est-ce que…

- A pré-au-lard. Mondingus en a entendu trois ou quatre discuter de ton armée de défense.

- Oh… Est-ce que tu penses que je devrais arrêter ?

- Moi ? Bien sûr que non ! Si on refuse de vous apprendre à vous défendre, vous devez vous apprendre les uns les autres. Dis leur juste d'être plus prudents.

- L'enfermement vous donne le goût du risque n'est-ce pas ? Vous vous imaginez vivre par procuration Mr Black ? Demanda Draco d'une voix glaciale. Avez-vous conscience de ce qu'il lui arrivera si Ombrage vient à savoir ?

- As-tu idée de ce qu'il arrivera à ton petit cul d'aristocrate le jour où tu te retrouveras sans défense face à un mangemort ? Répondit Sirius du tas au tac.

Rien, pensa Draco. Strictement rien. Mon père est l'un des leurs. Et bientôt ce sera mon tour. Sa gorge se serra.

- Madame Weasley te conseille d'arrêter ça immédiatement – à croire que Blondinet a le même raisonnement qu'une ménagère de cinquante ans – car elle trouve cela dangereux. Tu dois me promettre de faire attention à toi Harry. Et de ne pas prendre de risque inutile. Et euh… Est-ce que tes cauchemars ont cessés ?

- Si on veut… Tout dépend des soirs.

Harry croisa le regard de Draco et baissa les yeux. Le blond lui avait demandé de ne pas mettre de sort de silence autours de son lit pour l'entendre, si jamais il faisait un cauchemar. Souvent, Draco le rejoignait dans son lit. La plupart du temps, Harry pleurait, puis ils parlaient durant des heures. Le lendemain, Draco avait toujours le bon sens de faire comme si rien ne s'était passé.

- Je vais essayer d'en parler à Dumbledore, et…

« Il s'interrompit, le visage soudain tendu, anxieux. Sa tête pivota sur le côté, le regard apparemment fixé sur le mur en briques de l'âtre.

- Sirius ? S'inquiéta Harry.

Mais il avait disparu. Harry observa les flammes pendant un moment […].

- Pourquoi est-ce qu'il… ?

[Pansy] laissa alors échapper un gémissement de terreur et se leva d'un bond, les yeux fixés sur la cheminée. Une main était apparue parmi les flammes, cherchant à saisir quelque chose, une main aux doigts boudinés, surchargés d'horribles vieilles bagues démodées.

[Harry attrapa la main de Pansy, qui se trouvait près de lui et ils reculèrent tous vers un coin plus sombre de la salle commune]. La main d'Ombrage, léchée par les flammes, continuait à s'ouvrir et à se refermer telle une pince, à l'endroit précis où s'était trouvée la tête de Sirius un instant auparavant, comme si elle cherchait à la saisir par les cheveux. »

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- Je trouve que pour quelqu'un de préoccupé, tu n'as pas si mal joué, déclara Draco alors qu'Harry et lui prenaient leur douche après l'entrainement de Quidditch.

- Hum, si on veut…

- La coupe est à nous cette année, s'exclama Adrian Pucey en pénétrant sous les douches, lui aussi. Aucune équipe ne nous arrive à la cheville ! Pas vrai Montague ?

Ce dernier émit une sorte de grognement.

- Tu as des nouvelles de…, commença Draco.

- Non. Je suppose qu'il n'ose pas m'envoyer de hibou. Mon courrier est peut-être lu par on ne sait qui. Pour une fois, il agit de manière censée et j'en suis bien heureux.

- Ce n'est pas faux. Et je n'ai aucun doute sur le fait que s'il l'avait attrapé, le ministère se ferait une joie de nous le faire savoir !

- Hum…

- Qu'est-ce que vous chuchoter les pédés? Se moqua Montague.

- Ferme-là abruti, répondit Draco avant d'attraper sa serviette et de rejoindre les bancs. Tu passes ton temps à regarder qui a la plus grosse sous les douches. Un petit complexe peut-être ? Ou alors tu fais ton choix sur laquelle tu aimerais t'enfiler !

- Ta gueule Malefoy !

- Aurais-je touché un point sensible ?

L'ensemble des membres de l'équipe regardait l'échange entre Draco et Montague, mais aucun n'osait intervenir. Ce n'était un secret pour personne que leurs relations étaient tendues et les diverses disputes entre les deux jeunes hommes faisaient partie du quotidien. Certains, les plus anciens, aimaient raconter que Draco n'avait jamais pardonné à Montague, son bizutage.

Ce dernier s'empressa de s'habiller et quitta les vestiaires, non sans une dernière insulte pour le blond.

- Quel con, marmonna Harry.

- N'écoute pas ses conneries Harry, il est jaloux parce qu'il sait déjà que tu vas lui voler la vedette au prochain match, déclara Adrian en ébouriffant les cheveux du jeune homme.

Draco les fixa d'un œil mauvais.

- Adrian et toi, vous… ? Lui chuchota-t-il une fois que l'autre se fut éloigné.

- Hein ? Oh non, bien sûr que non, mais pourquoi pas après tout ? Lança Harry en jetant un coup d'œil à son coéquipier.

- Changeons de conversation ! S'exclama Draco.

« - AÏE ! s'exclama Harry.

Il pressa la serviette contre son visage, les yeux plissés de douleur. La cicatrice de son front était redevenue douloureuse. Il y avait des semaines qu'elle ne lui avait pas fait aussi mal.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demandèrent plusieurs voix.

Harry émergea de derrière sa serviette. Sans ses lunettes, les vestiaires lui paraissaient flous, mais il vit quand même tous les visages tournés vers lui.

- Rien, marmonna-t-il, je me suis mis la serviette dans l'œil, c'est tout. »

Plusieurs minutes plus tard, quand ils ne furent plus que tous les deux, Draco insista :

- Alors ?

- Ma cicatrice.

- Tu sais qu'il ne peut pas être à proximité, n'est-ce pas ?

- Je sais oui. Mais ce n'est pas ce que j'ai ressenti de toute façon. C'est plus comme s'il était… Je ne sais pas il semblait en colère…

- En colère ?

- C'est comme s'il voulait quelque chose mais que… Mais qu'il ne parvenait pas à l'obtenir.

- Comment est-ce que tu peux savoir ça ?

- J'sais pas, c'est juste… Je le ressens, c'est tout.

- Ah bah vous êtes là ! S'exclama la voix de Pansy, sortie de nulle part. Ça fait une éternité que je vous attends devant. J'ai fini par me dire qu'au pire des cas, si j'voyais un petit bout de quelque chose, cela n'aurait d'incidence sur mon innocence ! Bah pourquoi vous faites cette tête ?

- Qu'est-ce que tu fiches ici Pansy ? Demanda Draco, froidement.

- bah j'te l'ai dit, je vous cherchais, j'ai un truc important à vous dire.

- Ah oui, et quoi ?

- Venez !

Elle les entraina dehors à sa suite et s'arrêta au beau milieu du chemin, sans rien dire, les regardant en souriant.

- Vous ne remarquez rien ?

- Pansy, tu crois vraiment qu'on a le temps de jouer ? Harry et moi devons aller voir Snape.

Harry lança un regard noir à Draco, il n'aurait pas dû lui dire ce qu'il ressentait. Même si au fond cela l'inquiétait. Il aurait dû se douter que le blond mêlerait Snape ou Dumbledore à cette histoire.

- Vous êtes des crétins ! Bien que j'y porte bien peu d'intérêt, regardez la fumée qui s'élève. Hagrid est rentré. Harry, tu vas pouvoir lui poser toutes les questions que tu veux !

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A Suivre…