Merci pour les reviews, elles font chauds au coeur.
Et un grand merci à Lory222 pour sa review, le bac s'est assez bien passé, je pense. On verra.
Allongée dans son lit, Eléanor se posait une multitude de questions. Elle avait toujours nourrit une aversion profonde pour son père et cela depuis qu'elle était en âge de comprendre qu'il était à l'origine de la tristesse de sa mère et de son incapacité à refaire sa vie avec un autre homme. Pour elle, elle n'avait qu'un seul père qui remplissait magnifiquement son rôle. Ce qui lui évitait de penser à son géniteur.
Son esprit retournait inlassablement la même question : comment pouvait-on préférer une autre femme à Samantha Carter ? L'idée même lui paraissait invraisemblable. D'autant plus qu'il semblait accro à Samantha et bien sûr elle avait entendu parler du fameux test Zatar'c qui était connu de tous les Tok'ras et que sa tante Freya s'était fait un plaisir de lui raconter. Pouvait-on changer si rapidement de sentiments ? Avouer son amour à une personne un jour et se marier avec une autre le lendemain ?
« Pendant une éclipse, même si la Lune se superpose au soleil, le soleil est toujours là. Il est seulement caché. »
Charly.
« C'est la métaphore la plus stupide que j'ai jamais entendu. » se moqua t-elle.
Mais elle comprenait globalement ce qu'il avait voulu dire. En bref, il lui demandait de ravaler sa fierté et son caractère insupportable pour s'expliquer avec son père. Ce qui équivalait de sa part à un effort quasi-surhumain.
« J'essaierai de m'améliorer. » promit-il.
Elle sourit amèrement. La vie était devenue si compliquée deux depuis deux jours !
D'un côté, elle n'avait aucunement envie d'écouter les explications de son père et préférait l'ignorer jusqu'à que mort s'en suive -littéralement. De l'autre, elle connaissait sa mère. Elle savait que cette dernière lui pardonnerait inévitablement. Eléanor éprouvait l'envie agaçante de savoir ce que cela aurait pu, ce qui aurait dû et ce que cela serait de connaître son vrai père. Le "Et si..." dans toute sa splendeur.
La jeune fille gémit. Passer par dessus sa fierté avait toujours été absolument impossible. C'était dans son sang, d'après son grand-père. Et puis, elle était rancunière comme pas deux et pardonner son père d'avoir blessé sa mère lui paraissait aberrant. Les excuses et le pardon n'étaient pas inscrits dans ses gènes et encore moins dans ses principes.
De toute façon, en valait-il la peine ?
22H30. Sam était assise au mess, jouant distraitement avec son bol de jell-o à peine entamé. Elle se demandait à quel moment elle avait perdu le contrôle de la situation. Chose qu'elle détestait plus que tout.
C'était peut-être au moment où elle l'avait vu sur le pas de la porte quelques jours plus tôt ou dans cette salle de briefing, il y a quelques années.
Oui, le contrôle de la situation lui avait échappé depuis bien longtemps.
Il y a dix ans, elle l'avait vu arriver mais aujourd'hui, elle n'était pas préparée. Pas préparée à ses yeux bruns qui lui donnait l'impression qu'elle pouvait défier le monde, à ce sourire qui lui donnait l'impression qu'il connaissait tous ses secrets. A ce flot de sentiments qu'il arrivait toujours à lui évoquer en elle malgré leur longue séparation.
Au moment même où elle l'avait revu, elle avait su qu'elle était perdue et si sa tête en était révoltée, son cœur ne désirait que ça.
Alors quand elle le vit entrer dans le mess et se dirigeait vers elle d'un pas assuré et le regard déterminé, elle sut exactement comment se terminerait la conversation. Et la soirée.
Il s'assit et entama la conversation sur un ton décontracté qui contrastait fortement avec son regard intense.
« Vous n'avez pas l'air dans votre assiette... ou vous êtes aveugle. » dit-il en pointant son bol de jell-o jaune.
Elle sourit, en essayant de faire abstraction à la chaleur qui s'était répandue dans tout son corps, seulement parce qu'il se rappelait d'un détail aussi insignifiant.
« Vous n'avez pas oublié. » constata t-elle seulement.
« Comment oublier ? »
Cette phrase innocente qu'il avait voulu sortir comme une plaisanterie prit un sens beaucoup plus profond et affectueux. Il plongea son regard dans le sien. Elle le soutint. Ni l'un, ni l'autre ne voulait, ni ne pouvait détourner le regard. Le silence enpreint de tension fut doucement briser par la scientifique.
« N'est-ce pas un peu lâche ? »
« Lâche ? » répéta t-il, bêtement.
« Je sais pourquoi vous êtes là. Ce que vous voulez me dire. Ce que je veux savoir c'est si vous me l'auriez dit si nous n'étions pas dans ces circonstances. Si nous étions dans des circonstances normales. Un colonel. Un major. Un réglement. »
« Sûrement pas sans être certain de vos sentiments, je l'avoue. » confessa Jack.
« Que se passerait-il si je vous disais que je vous aime ? » demanda t-elle.
« Je vous dirai que je vous aime aussi, que mon mariage avec Emma a été la plus belle erreur de ma vie, que ce que je ressentais pour elle n'atteignait pas le centième de ce que je ressentais pour vous et que quand je me suis rendu compte que j'étais fou de vous, mon souhait le plus cher devint de me marier avec vous et d'être le père de vos enfants... Mais tout ceci n'est qu'hypothétique. »
Sam sourit à travers ses larmes. La soirée ne pouvait qu'agréablement se terminer.
N'en pouvant plus, Eléanor était sortie et avait fait la seule chose qui pouvait lui en apprendre plus sur le caractère de son père biologique en l'absence de son père adoptif. Elle n'était pas allée voir sa mère car son jugement était bien trop perverti par ses sentiments. Non, elle avait passé toute la nuit à lire les rapports de SG1, avec l'accord du général Hammond.
A l'ouverture du premier rapport, elle avait été plongée dans un univers qu'elle avait vaguement imaginée grâce aux histoires avant de dormir ou près du feu que lui racontaient ses parents quand elle était petite.
Là, elle fut captivée par toutes les aventures extraordinaires vécues par ses (trois) parents, oubliant presque la raison pour laquelle elle faisait ceci. A travers ces rapports, elle arrivait mieux à cerner le caractère de Jack O'neill et sa caractéristique principale, celle qui ne pouvait que la rendre fière de lui : son indéfectible loyauté.
Au lever du jour, elle envisagea l'idée de parler avec son père.
Elle se dirigea vers les quartiers de sa mère pour lui faire part de sa résolution qui l'enchanterait sans aucun doute. Elle ne prit pas la peine de taper, ce qu'elle regretterait plus tard, et entra dans la chambre de sa mère.
Elle se figea.
Sous les draps, étroitement serrés l'un contre l'autre se trouvaient Samantha Carter et Jack O'neill.
Ses parents.
?
