Chapitre 11 :When you close your eyes what do you see?

chanson: Man or a Monster- Zayde Wolf


Quand Jack se coucha dans son lit après un longue soirée de conversation diplomatique, ce ne fut pas pour dormir. Et ce malgré la fatigue. La proposition d'Adawe, la fameuse initiative Overwatch, le comportement de Gabriel et la mission du jour même : tout cela faisait beaucoup trop pour son cerveau. Alors il décida de profiter de cette absence de sommeil pour faire le point sur ce qu'il en pensait.

Il aurait eu besoin d'en parler avec quelqu'un d'autre, quelqu'un de neutre. Ses parents peut-être, mais ces dernières étaient loin de tout ses questionnement, reposant définitivement six pied sous terre. Jack voyait bien une personne qui pourrait au moins étouffer ses doutes existentiels.

Mais un coup d'oeil à son réveil lui rappela qu'on appelait pas les gens à 3 heures du matin - fussent-ils proches de lui.

Jack s'éveilla lentement quand son réveil sonna. Il avait passé une trop grande partie de sa nuit à réfléchir pour être en forme. Il écrasa sa saleté de réveil et se força à se lever. Il enfila son treillis et passa son t-shirt noir estampillé SPE et, dans une habitude mécanique et purement militaire, fit le lit et rangea la chambre. Ca ne servait à rien de prendre une douche avant de faire un entraînement. Il rejoignit le terrain, passant une main sur son visage pour essayer d'en chasser le sommeil. Il arriva comme d'habitude avec cinq minutes d'avance et remarqua que, contrairement à son habitude, Gabriel n'était pas présent sur les lieux.

Le capitaine arriva in extremis, courant légèrement, et les cheveux encore plus en bataille que la normale. Tous le taquinèrent sur son retard alors qu'ils commencaient à courir autour du terrain, mais Reyes semblait mettre un point d'honneur à courir loin devant eux et à les ignorer.

Jack ne se mêla pas aux commentaires même s'il avait ses propres intuitions : Gabriel avait le même air qu'un autre latino de sa connaissance en sortant du lit, le même sourire fier que quelqu'un qui a obtenue ce qu'il veut et les cheveux en bataille de ceux qui venaient de se réveiller et trop de cernes pour avoir bien dormi. Pourtant, Jack aurait mit sa main au feu que cela n'avait aucun rapport avec un cauchemard ou des remord de la veille. Jack se souvenait que trop bien que Gabriel s'était proposé de raccompagner Adawe pour qu'elle ne se perde pas dans les couloirs. Du, moins c'est ce qu'il avait dit. Pour faire court, Jack n'était pas certain que Gabriel ait dormi dans sa chambre et encore moins seul.

Si Jack était prêt à lui pardonner et était également prêt à s'excuser de sa propre réaction, il allait vraiment falloir qu'ils aient une conversation sur sa manie de mettre des personnes proches du Programme dans son lit.

Il accéléra pour se placer aux côtés de Gabriel qui ne pipa d'abord pas un mot, sans doute encore vexé de la veille. Jack se retourna un instant pour vérifier que leurs confrères étaient suffisamment loin pour ne pas avoir d'oreille indiscrète avant de demander :

« Chaude nuit ? »

Reyes le regarda, surpris, puis rit légèrement, sans doute content de la complicité proposée :

« Délicieuse pour tout t'avouer. Un peu trop courte. »

« Dire que je t'ai fait confiance pour la raccompagner. »

Gabriel sourit : « Pour ma défense, je l'ai effectivement raccompagnée. »

« Vous avez parlé au moins ? », s'enquit Jack.

Gabriel le regarda avec une surprise qui parut sincère à son second : « Parler de quoi ? »

« Overwatch », répondit Jack en s'invitant à la patience.

Gabriel secoua la tête en continuant à courire et mit cinq minutes à répondre.

« Si. Mais mon premier engagement est pour les États-Unis. Le projet est intéressant, je le reconnais. Mais j'ai signé pour le SPE, boyscout, et je suis pas du genre à rompre mon engagement », expliqua-t-il avec intransigeance.

Jack hocha la tête : « Et parce que nos collègues de la CIA ont pris soin durant la conversation de nous faire comprendre qu'il en était hors de question ? », demanda Jack, se souvenant de la veille

« Peut-être, en partie », concéda Gabriel en stoppant sa course pour commencer des étirements. Les hommes ralentirent mais croisant le regard de Jack continuèrent quelques mètres avant de s'arrêter.

« Le Commandant avait l'air plus ouvert à cette proposition », reprit Jack.

« Et il n'a pas le droit de s'opposer au conseil restreint de l'ONU . Je suis pas certain qu'il approuve dans le fond. Et pour moi, la question est que je me suis engagé auprès de nos homme, et que je compte pas disparaître malgré des offres aussi tentantes et alléchantes. »

« Donc, ça t'intéresse », commenta Jack en finissant de s'étirer.

« Évidemment ! Jack, elle nous propose d'être les commandants d'une organisation internationale. N'importe qui serait tenté. Mais je laisserai pas les gars sur le côté sans personne pour les mener. » Le latino se stoppa une seconde et fixa son second : « Tu veux les rejoindre ? »

« Je penses qu'on serait en capacité d'y faire plus de choses », nuança Jack.

« Si tu le souhaite, vas-y, je te forcerais pas à rester, encore moins à rester sur le banc de touche d'une telle occasion. »

Jack prit le temps de réfléchir une demi seconde avant que la réponse ne s'impose à lui :« Non . »

« Non ? »

« Sans toi ça n'aurait aucun sens » Gabriel dévisagea son second et hocha la tête, flatté. Jack reprit : « Et désolé pour ma réaction d'hier, j'ai réagi comme un bleu. »

Gabriel lui saisit l'avant bras et l'attira dans une accolade virile avant de le faire chuter au sol en riant « C'est rien, Gringo », dit-il en tendant la main.
Voyant les autres s'approcher, Jack se redressa et le regarda. Il n'aurait sans doute pas d'autres occasions d'aller au fond des choses : « E para la Zorra ? » A force de fréquenter Gabriel , il avait appris une base d'espagnol assez simpliste mais qui leur permettait de parler sans être trop compris.

« Zorra ? Je peux savoir de qui tu parles comme ça, cabrone ? » s'indigna Reyes.

« Adawe ? C'est pas comme ca qu'on dit ? »

« Non, là, tu viens de l'insulter. Et moi aussi au passage. Et pour te répondre, ça n'ira nulle par. On a tous des obligations, et elles ne sont pas les mêmes. »

« Et comment j'aurais pu dire ? Poliment ? »

Gabriel réfléchit : « Novia. » Il y avait plus de sentiment dans un seul mot que dans tout le reste de leur conversation, et cette idée coupa toute réplique à son second.

L'entraînement se poursuivit dans la bonne humeur générale. L'été était revenu, les entrainement dehors, loin d'être une corvée était devenue un moyen pour l'équipe de resserrer ses liens, les taquinerie allaient bon train. La guerre poussait les soldats à profiter des moments simples quand ces derniers arrivaient.

« Commandant Reyes, je pourrais vous parlez ? » La docteur Savannah Kelmans se tenait au bout du terrain, un dossier sous le bras. Quand Gabriel s'approcha, elle précisa avec toute la formalité de rigueur : « En privé, si cela ne vous gêne pas. »

Reyes plissa les yeux et éleva la voix :

« Morisson, fais en sorte qu'ils se bougent, je les trouve mous, je reviens. »

Il regarda la scientifique « je vous suis, Doc' »

Savannah resta silencieuse et tourna les talon. Ses lèvres restèrent closes tout le chemin jusqu'à son bureau Une fois la porte fermée, elle inspira et expira.
« Je t'ai fait une promesse, mais je risque mon grade. Alors, joue pas à l'imbécile. Okey ? »

Gabriel resta debout, trop nerveux pour s'asseoir :

« Une promesse ? Ca a à voir avec la modification de la dernière fois ? »

La jeune femme s'assit et hocha la tête :

« Tes résultats dépassent l'entendement et toutes nos espérances pour la suite. »

Gabriel la regarda : « On dirais le teasing d'un film. Tu pourrais me dire ce qui ce passe ? »

La scientifique soupira : « C'est.. tellement fous. Je suis même pas sûre de pouvoir l'expliquer. »

Elle tourna son écran et lança une vidéo:

« Voilà ce qu'il ce passe quand on expose tes cellules à de forte dose de stress électrique. »

Il reconnue une tache de sang posée sur une lamelle de verre devant l'objectif de la caméra.

« Test numéro 78, échantillons du soldat 24, le capitaine Reyes. »

« Contact électrique 7 volts envoyé. »

Le contact avec l'électricité fit se transformer le sang, en une légère fumée violacée.

« Stop » La fumée bougea puis reprit son apparence de sang.

Gabriel resta silencieux

« Et que dois-je en retenir ? »

La jeune médecin le regarda : « Tu n'as pas compris le potentiel. Tes cellules... peuvent se modifier, s'unir et se recréer en une infinité de possibilités. Et plus le temps va croissant, plus ta capacité de régénération accélère, tes cellules se multiplient à l'infini." Elle hésita encore avant d'ajouter un ton plus bas : "ça pourrait te rendre immortel. Tu te rends compte du potentiel que tu es ?! Tu as relevé toutes nos espérances d'un cran. Et, plus encore, ça signifie que tu pourrais le faire consciemment ! »

Reyes la regarda, incrédule : « Donc, je suis, genre... mutant. »

« Non, mutants, vous l'êtes tous. Toi, je suis pas sûre que tu sois encore humain. Ton organisme... est un miracle. Nous comprenons à peine les capacités de ces échantillons, alors … Pour toi... J'en sais rien. Il nous faudra des mois, peut-être des années pour comprendre tout ce que cela implique. »

Gabriel la regarda « Excuse-moi de ne pas partager ton excitation scientifique, Savannah, mais concrètement... »

« Concrètement ?! J'en sait rien, Reyes... J'ai pas la moindre idée du fonctionnement et encore moins des risques.. »

« Tu me l'aurais pas dit en personne si tu ne voulais rien de moi. Dis moi où est le 'mais ' », dit Gabriel abandonnant toute forme de diplomatie pour donner des ordres. Légèrement intimidée, la jeune médecin s'humecta les lèvres avant de répondre :

« J'aimerais te sortir du terrain, on a besoin de plus que des échantillons. Si on arriver à provoquer ces changements de manière contrôlée... les Omniaques ne seraient plus jamais un problème. Pour personne. Ce serait une arme tellement... » Elle le regarda puis acheva sa phrase : « invincible. »

Non, fut la première réponse de Reyes, quitter le terrain le faisait se rebiffer, comme un animal sauvage qu'on aurait voulu faire docilement entré dans une cage. Mais comprendre ce qu'il était avait aussi son intérêt.

« Si je dit non ? », demanda finalement Gabriel broyant le dossier de la chaise sur lequel il s'appuyait.

La scientifique le regarda et secoua la tête :

« Je veux pas aller contre ta volonté, Gabriel. Mais rends-toi compte de la chance que tu offrirais au monde. Rends-toi compte de la possibilité que tu offrirais à la guerre. Tu ne serais même pas un soldat. »

Gabriel soupira, serrant un peu plus ses doigts sur la chaise, le métal gémit sous la pression exercée. « Non, je deviendrais juste un rat de laboratoire ! », s'énerva -t-il élevant la voix pour la première fois, perdant clairement son calme

« Tu deviendrais une arme ! » répliqua la scientifique « Et c'est déjà ce que tu es. »

La réplique eut au moins le mérite de faire taire Gabriel bien que ses muscles restaient tendus à l'extrême.

Le silence s'éternisa sans qu'aucun des deux n'envisage de reprendre, chacun réfléchissant à tout ce qui était en train de se passer.

« Ok... J'aurais pas dû te dire ça comme ça... Et je devrais te laisser y réfléchir. »

Gabriel passa une mains dans ses cheveux essayant d'accepter cette forme de trêve :

« Ouais. Et je crois que je vais avoir besoin de temps. » Il la regarda « Je peux te faire confiance pour que ça reste entre nous en attendant ? »

« Tu te rends compte des risques que ça me ferait prendre ? »

« Oui, Et je me rends compte que je risque de devenir un rat de laboratoire si tu parles. Et si ça doit être le cas, j'aimerais l'avoir choisi. »

La jeune scientifique baissa les yeux « Je comprends. Et je serai de ton côté. Mais, quoi qu'il se passe, ne laisse pas ce potentiel inexploité, par pitié. »

Gabriel resta silencieux un instant puis hocha la tête :

« Tu as ma parole, Kelsmans. »


Pas taper! Bon, j'ai finit un de mes développement pour Gabriel... Pourtant.. On sait tous que Jack était pas au courant. alors qu'est ce qui pourrait bien ce passer dans le chapitre suivant? Vous penser que Gabriel va refuser ? Ou qu'autre chose va l'en empécher?
L'espace commentaire est la pour ça
J'ai enfin réussit à avancer dans mes chapitres, du coup je suis de très bonne humeur!
à la semaine prochaine!