Auteur : Peroxidepest17

Personnages/couples : Léger Dean/Cas, Sam (apparitions de Bobby, Crowley, Balthazar et Raphael)

Rating : PG-13

Spoilers : Jusqu'à la saison 6 épisode 20 réalité alternative après ça.

Disclaimer : Aucun mal et aucune atteinte à la loi voulue.

Titre traduit : La Loi de Conservation de l'Énergie

Traductrice : Marple-Juice.

Bêta-lectrices : Mama-Marple & Misaki-chan-842

Vous pouvez retrouver le lien vers la fanfiction originale dans mon Livejournal (lien dans mon profil)

Merci infiniment pour vos reviews n'hésitez pas à en laisser ^_- Avoir des visites est en soi une belle récompense pour le temps passé à traduire, mais les commentaires que vous faites sont vraiment les plus beaux cadeaux que vous pouvez me faire. Les reviews anonymes sont acceptées et tous les messages que vous laisserez seront traduits et envoyés à l'auteur original de cette fanfiction.


Notes du chapitre 10 :

- Midol est une marque spécialisée dans des médicaments soulageant les symptômes accompagnant les cycles menstruels. Il est détenu par Bayer.

- Le patch chaud est une sorte de pochette qui se colle sur les sous-vêtements et que l'on peut mettre aussi bien à l'avant qu'à l'arrière. La chaleur se créée par réaction avec l'air et entraîne un apaisement des douleurs.

- Le scandale Enron. Enron Corporation était une compagnie spécialisée dans l'énergétique. Le corps exécutif avait réussi à cacher des milliards de dollars de pertes. Le directeur financier avait induit en erreur la direction sur les opérations financières à haut risque qu'ils pratiquait en plus de faire pression sur l'entreprise qui les auditait. Les actions d'Enron passèrent en l'espace de quelques mois de 90$ à 1$. Kenneth Lay, le PDG de l'époque, est décédé en 2006 peu après le procès devant lequel il comparaissait pour fraude. Dans la saison 6 de Supernatural, le paradis personnel de Kenneth Lay est utilisé par Raphael pour ses réunions. Alors que Castiel fait part à Raphael de sa surprise quant à la présence de cet homme au paradis, Raphael lui réplique que 'c'est un homme très pieux', ce qui apporte un certain malaise quant à ceux que les anges estiment mériter le paradis. Son paradis est composé d'un salon comme dans les clubs avec un drapeau américain et un portrait de Georges W. Bush.

- Abraham est un personnage Biblique qui avait pour fils Isaac. Lorsque Dieu lui a ordonné de sacrifier Isaac, Abraham n'hésite pas un instant. Sur le lieu du sacrifice, un ange intervient au nom de Dieu et lui dit de ne pas sacrifier son fils, car il sait à présent qu'il est craint d'Abraham.

- La Liste de Schindler est un film de Steven Spielberg qui narre l'histoire vraie d'Oskar Schindler, qui a fait de son mieux pour protéger les juifs qu'il employait sous le régime nazi. Les toilettes dans ce film sont celles d'un des camps de concentration avec une grande planche percée à plusieurs endroits et avec un réservoir en-dessous. Dans cette scène, il y a des enfants qui se glissent dedans pour échapper aux officiers qui essayent de les séparer de leurs parents.

- Slumdog Millionaire est un film d'origine indienne dans lequel un jeune homme qui a vécu son enfance dans les bidonvilles répond à toutes les questions de Qui veut gagner des Millions. Les toilettes en question sont des sortes de cabanes sur pilotis percées juste au-dessus du fleuve. Le héros se fait enfermer dans l'une d'elles et n'a qu'une seule voie pour s'enfuir.

- Monsieur Spock est un personnage de Star Trek. Il est d'origine mi-humaine, mi-vulcaine.


DIX

« Alors, » commença Sam, une fois que Dean fut immergé dans le moment où il regardait-la-télé-en-expliquant-les-choses-à-mini-Cas de la journée et que Cas eut disparu pour étirer ses ailes ou tester ce qu'il avait à tester à chaque fois qu'ils avaient une nouvelle pièce de lui correctement mise dans le puzzle.

Dean leva les yeux en entendant le son de la voix de son frère alors qu'il interrompait une scène particulièrement dramatique où le Docteur Sexy se battait contre son propre clone démoniaque (ou son frère jumeau personne ne savait vraiment encore). Sam ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait une grâce en forme de galaxie qui tournait joyeusement dans sa paume alors qu'il était allongé sur le lit le plus proche de la salle de bains et tenait mini-Cas en hauteur comme si cela allait vraiment aider la grâce si elle pouvait voir l'écran de la télévision. « Qu'est-ce qu'il y a, Sam ? » Demanda distraitement Dean, gardant un œil discret sur ce qu'il se passait sur l'écran.

Sam s'éclaircit la gorge et essaya d'avoir l'air aussi normal que possible. Ce qui n'était pas très difficile, vu les circonstances, mais il essayait tout de même. « Hum… Alors toi et Cas êtes hum… Dévoués l'un à l'autre, c'est ça ? » Réussit-il à dire, tout en faisant semblant de continuer à taper sur son ordinateur. Ce qui était très facile.

Dean le regarda comme s'il sentait une bombe que Sam aurait lâchée après avoir mangé du burrito, mais au moins, il ne regardait plus la télé du coin de l'œil, ce qui voulait sans doute dire qu'il lui portait son attention la plus totale. « Mec, » fut tout ce qu'il dit.

Sam recula rapidement parce qu'il connaissait ce ton. « C'est juste que, » dit-il de sa meilleure intonation apaisante. « C'est quelque chose de... D'énorme. C'est problématique, » réussit-il à dire. Clairement, les années passées avec Dean sur la route l'avaient obligé à revenir sur la croissance émotionnelle qu'il avait réussi à développer à la fac, loin de la Façon de Penser du Winchester. Pause. « Je veux dire ce que la partie 'toi' est un problème. La partie 'Cas' ne l'est pas tellement, » ajouta-t-il, parce que oui, tout ce point de vue de l'histoire avait toujours été évident.

Dean lui fit un air menaçant. « Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? » Demanda-t-il. « Bien sûr que Cas compte pour moi, Sam. Doux Jésus, » ajouta-t-il lorsque Sam eut l'air perplexe. Et wow, ce n'était pas la réaction à laquelle Sam s'attendait du tout. Dean eût l'air d'être complètement déçu aussi, comme si Sam devait savoir qu'il n'était pas un salaud fini.

Sam revint encore plus sur ses pas. « Mec, j'essayais juste de te demander si tu voulais parler de ça, c'est tout. Je n'essaye pas de te suggérer quoique ce soit. Ou de dire que je doutais qu'il était important pour toi. »

« Tu veux parler de quoi, au juste ? » Persista Dean, qui manquait d'être totalement furieux.

« À propos de… Ça. À propos de ce que tu ressens maintenant et que nous savons tous que tu heu… Ressens pour Cas. »

Les yeux de Dean se rétrécirent et devinrent intransigeants. « Ressentir quoi ? »

Wow, ça se passait à merveille. Sam fit courir une main dans ses cheveux. « Tu sais, dévoué. Comme dévoué au point d'aller en Enfer. »

Dean l'observa pendant une seconde. « Tu n'es pas jaloux, au moins ? » Demanda son frère après un instant, exposant ce qu'était la conclusion la plus évidente qu'avait faite Dean Winchester suite à toute la ligne de raisonnement de Sam (qui était, il fallait le dire, totalement fausse).

« Quoi ? Non ! Je ne suis pas jaloux, je crois, » supposa Sam, prudemment. « Tu sais, lorsque c'est arrivé. » Il était normal de se poser des questions, après tout. Ce n'était pas comme si Dean laissait n'importe qui entrer bon gré mal gré dans leur cercle familial. Le seul club encore plus fermé que Sam connaissait était le club je-laisse-le-diable-se-servir-de-mon-corps-comme-un-costume, duquel il n'y avait plus qu'un seul membre encore en vie.

Les sourcils de Dean se froncèrent alors qu'il semblait réfléchir à cela pour la toute première fois, et Sam pouvait dire d'après le niveau de réflexion que son frère y accordait qu'il ne réussissait pas à localiser avec précision le moment où Cas lui était devenu aussi important. Enfin, Dean laissa tomber et dit simplement, « Hier, tu étais là, mec. »

« Hu hum, » répondit Sam, essayant de retirer le côté empli de scepticisme flagrant de se voix. « D'accord. »

Dean sembla saisir le scepticisme pas-si-flagrant qu'il n'avait pas réussi à dissimuler de toute façon. « Où est-ce que tu veux en venir, Sammy ? » Demanda-t-il, totalement sur la défensive à présent.

« Nulle part, » dit Sam. Il marqua une pause. Soupira. « C'est que… Il n'y a pas d'autres importantes prises de conscience que tu as faites et pour lesquelles je devrais me préparer, peut-être ? » Il regarda son frère sur le côté au travers de sa frange, se demandant si Dean avait capté qu'il ne leur restait que deux fragments et qu'il se trouvait que c'était ceux de l'obéissance et de l'amour. Sam avait toujours été capable de voir facilement les schémas parce qu'il avait une cervelle – ou du moins, c'était ce que disait Dean – et ce qu'il entrevoyait maintenant le conduisait directement à la conclusion de cette histoire qui voulait que son frère entrerait en collision directe avec un bazar qui impliquait des sentiments, de l'alcool et sans doute de dangereuses réactions dignes des Winchester qui entraîneraient par inadvertance la fin du monde.

C'était le genre de choses qu'ils faisaient.

Souvent à cause d'une combinaison de devoir et d'amour. Ce qui, d'après les statistiques, était ce qu'il leur restait à trouver.

Pendant ce temps, Dean hocha simplement la tête vers Sam comme s'il n'avait absolument aucune idée de ce dont Sam voulait parler. « Pas d'autres grandes prises de conscience concernant Cas, » dit-il prudemment. « Mais j'en ai eu une pour toi, mon vieux. Comme ce doit être ce moment du mois où tu te sens ballonnée et dans tous tes états. Si tu veux, Samantha, je vais monter dans la voiture et aller te chercher du Midol et quelques-uns de ces patchs chauds que tu adores, pour apaiser les contractions. »

Cette fois, ce fut au tour de Sam d'avoir la même tête que s'il avait senti quelque chose de putride. « Mec, » protesta-t-il, « ne fais pas le salaud. » Il s'interrompit pour fermer son ordinateur avant de regarder intensément son frère. Je me pose des questions sur toi, des fois, était exactement ce qu'il voulait dire, mais Dean se tortillait sur le lit et mini-Cas commençait à tourbillonner de façon erratique, comme s'il sentait l'irritation bouillonnante de Dean et s'apprêtait à en donner le reflet. À cet instant, Sam leva mentalement les mains en l'air et décida de laisser tomber. « Bien. Je m'en fiche. Fais comme si je n'avais pas amené le sujet. » Connaissant Dean, c'était mieux s'il le laissait s'en rendre compte tout seul. Sam se préparerait pour le moment où l'obéissance et l'amour jailliraient dans l'explosion de ce qu'il pouvait bien y avoir entre Dean et Cas et espérait que cela soit assez héroïque pour sauver le monde d'un archange qui voulait apporter la fin du monde ? Encore.

En attendant, il essayerait juste de deviner ce qu'il pourrait bien arriver après de leur côté, avec de livres, l'internet de CNN pour des indices pendant que Cas faisait jouer ses pouvoirs dehors, espérant attraper la prochaine bouffée de fragrance de grâce d'archange pour essayer de carburer à la suivante.

Dean donna à Sam un dernier air renfrogné avant de revenir aux explications de la dernière saison en date du Docteur Sexy MD à mini-Cas pendant que la messagerie de Sam s'ouvrit avec un nouveau message de Bobby qui venait en fait de Balthazar et qui disait juste grouillez-vous, ça se corse, bisous Balthy-chou.

Ce qui n'aidait pas Sam du tout parce que rien ne lui était présentement utile, et il était prêt à crier à son frère de l'aider à chercher de l'obéissance d'archange, sauf que Dean était en plein milieu de sa joyeuse-séance-de-bichonnage avec mini-Cas et que la dernière fois où Sam avait demandé ça, son frère y avait coupé court. Dean l'avait regardé comme s'il trucidait des chiots pour s'amuser en fin de semaine.

Ce qui laissa à Sam le simple « Je le sens à l'est de là » très vague de Cas pour le fragment et il n'avait aucune aide de ce côté-là, sauf de son fidèle ami Google, et Youtube, le fidèle ami de Google.

Jusque-là, tous les deux lui présentaient un culte très bizarre dans les Appalaches de Virginie.

Ce qui était, visiblement, ce dont ils avaient besoin pour terminer leur voyage à travers le pays.


Castiel se retrouva dans la chaleur de l'été marécageux du New Jersey lorsqu'il fut obligé de s'arrêter pour reprendre son souffle ses ailes étaient froissées et agitées lorsqu'il atterrit dans une ancienne fabrique d'emballages près du quai. Elle sentait le sang, le poisson et l'huile des créatures marines qui y avaient été traitées, conservées, emballées et envoyées aux quatre coins du monde pour nourrir les humains.

L'ange était encore perplexe de savoir cela juste en regardant, mais il était encore fatigué de son vol avec les fragments de grâce qu'ils avaient collectés jusque-là, il savait qu'il était bien plus grand, bien plus complet qu'il ne l'avait été auparavant, même avec sa grâce d'origine à sa pleine puissance. Et pourtant, il y avait encore des limites à ses capacités qu'il n'avait pas eues dans son incarnation précédente. Des limites qui existaient simplement parce qu'il n'était pas encore complet. Il se demanda dans son esprit s'il était comme l'une de ces machines qu'il voyait sur le sol de la fabrique, grandes, vieilles et inquiétantes mais de très peu d'utilité pour le moment, jusqu'à ce que les diverses parties soient modernisées, jusqu'à ce que chaque engrenage et roue puisse marcher de concert comme un seul homme.

Lorsqu'il s'était dépensé comme il l'avait fait, il voyait véritablement les espaces ouverts, les vides qu'il devait combler avant de songer à se battre contre Raphael.

C'était une chose bien étrange de se sentir si immense et en même temps tellement vide.

« Eh bien. Tu ne trouves pas que tu as l'air grand et important comme ça ? »

Castiel n'avait pas à se retourner pour savoir que c'était Balthazar, l'air fatigué et les traits détendus, mais heureusement toujours en vie, toujours à lui parler.

« Balthazar, » le salua-t-il, et lorsqu'il regarda à gauche, il vit son frère à ses côtés, qui avait exactement l'air qu'il pensait.

« Comment se passe la chasse au trésor, Cassy ? » Plaisanta Balthazar, prudemment à distance de lui alors qu'il se tenait près de Castiel, comme si c'était un espace qu'il devait respecter, parce qu'une partie de son frère irrévérencieux vénérait toujours ce que cela signifiait d'être un archange ou parce qu'il était dégoûté par al créature décousue qui se tenait devant lui, comme une sorte d'affront aux intentions de Dieu.

Castiel n'était pas certain de vouloir clarifier cela avec lui, donc il dit, « As-tu des nouvelles pour moi ? » à la place.

Balthazar hocha la tête, ses yeux ne s'égarant pas sur la forme de Castiel. Son expression fut indéchiffrable. « Juste un peu. Nous avons réuni quelques informations, » commença-t-il, et s'interrompit comme si la phrase lui laissait un mauvais goût en bouche. Castiel savait que par réunir des informations, Balthazar voulait en fait dire torturer l'un de nos frères que nous avons capturé, et la nuance lui envoya un frisson de répulsion dans tout le corps également, bien qu'il ait fait cela un nombre incalculable de fois pendant l'année précédente, bien qu'il eût déjà tué ses propres frères pour moins que cela. « D'après ce qu'on sait, Raph est d'humeur massacrante à cause du peu de progrès que font ses limiers démoniaques. On dirait qu'il envoie ses propres équipes maintenant. »

Castiel soupira. « Donc les démons et les anges sont unis contre nous. Comme tu l'avais prédit. »

Balthazar grogna, sans aucun humour. « C'est l'idée générale, oui, Cassy. J'ai peut-être un plan pour… Semer un peu la discorde dans l'alliance des démons et des anges, mais tu sais que l'organisation n'a jamais été mon fort. »

Castiel le regarda. « Mais la survie, si. »

Balthazar eut un sourire en coin. « Touché, » reconnut-il, avant de s'arrêter l'espace d'une seconde, et donna à son frère un regard prudent. « Mais parlons de toi. Comment tu te sens ? »

« Incomplet, » répondit Castiel, parce que c'était le premier mot qui lui allait à l'esprit en guise de réponse. « Nous sommes près, Balthazar. »

Les sourcils de Balthazar se levèrent. « Tu l'es ? »

« Plus que deux pièces et je serai complet. »

Balthazar n'en sembla pas totalement convaincu, mais il s'abstint d'en parler maintenant, l'hésitation lui faisant froncer les sourcils.

« Quelque chose ne va pas ? » Demanda Castiel.

Balthazar renonça avec un sourire d'autodénigrement. « Rien. J'allais dire quelque chose d'inutilement mielleux l'espace d'un instant. Oublie que j'en aie même nourri l'idée. »

Castiel était curieux, mais pas suffisamment pour pousser son frère à partager quelque chose qu'il ne voulait pas. Il avait forcé bien trop de gens qui comptaient pour lui à se faire entraîner dans des situations qu'ils ne voulaient pas.

Ils se tinrent en silence pendant un moment, regardant simplement la machinerie humaine compliquée qui se tenait comme dans un cimetière, couverte de sang et de saleté sans être d'aucune utilité.

Enfin, Castiel entendit les prières de Dean – qui semblait faible et grêle malgré l'immensité de ses sens – l'appeler. « Je dois y aller, » dit-il inutilement à Balthazar.

Balthazar hocha la tête, avec un ton d'humour, même si Castiel ne savait pas précisément si c'était juste de l'amusement ou de la facétie. « Bien. Parfait. Je vais retourner à mon propre… Amusement, alors. » Balthazar recula d'un pas, avant de s'éclaircir la gorge et d'ajouter, sérieusement, « Prends soin de toi, Cassy. »

« Toi aussi. »

Les deux anges disparurent sans un mot de plus.


Ce fut autour du dîner et de la bière tiède que Sam présenta son cas à Dean et Castiel, Dean mangeant de la pizza au pepperoni et à la saucisse tout en écoutant son frère raconter pourquoi il pensait que l'Enceinte de l'Ordre Naturel et son fondateur, David Green, étaient tous désignés pour utiliser le fragment obéissance d'archange comme amplificateur de drogue parce que rien d'autre ne pourrait expliquer pourquoi il rencontrait un succès pareil. Ce que Dean réussit à comprendre c'était comme Twilight encore et encore. Ce genre de connerie était impossible sauf si quelqu'un avait un pacte avec un démon ou la chance du paradis pour que ça marche.

« Apparemment, ce type a convaincu des douzaines de personnes d'abandonner leurs vies, leurs familles et leurs possessions terrestres pour qu'elles rejoignent son culte et l'appellent maître, » expliqua Sam, alors que Dean regardait Cas s'étonner des merveilles des pâtes avec du fromage et mini-Cas s'était pelotonné dans un coin de la fiole comme s'il détestait le monde entier. Sam cliqua sur des liens au hasard sur une page où un type aux dents trop blanchies et sa calvitie naissante leur souriaient dans un coin. « La plupart des infos sur lesquelles je me base sont celles sur leur site officiel donc on ne peut pas être sûrs de leur véracité, mais s'ils mentaient, il est plus que probable qu'ils le cachent mieux que ça, » signala Sam, dont le visage arborait une expression qui pouvait vouloir dire qu'il avait lu des choses très perturbantes pendant ces dernières heures. « Jusque-là, ce type promet à tous de grandes récompenses dans la vie après la mort s'ils suivent ses règles, mais aucune d'entre elles ne semble se baser sur des pratiques religieuses déjà existantes auxquelles j'ai pu penser, sauf la flagellation. »

Dean rechigna. « La flagellation ? »

« Rituelle, » clarifia Sam. « Apparemment, c'est censé séparer ses adeptes de leur moi – leurs propres corps ne valent rien – et de tendre plutôt vers le bien de la communauté. »

« Qu'est-ce qui t'a fait penser que c'est l'effet d'un fragment ? » demanda sincèrement Castiel, sa tête s'inclinant et ses yeux fixant Sam comme s'il ne comprenait pas le sens de cet exercice.

« Question temps, ça concorde, » dit Sam. « Il y a trois ans, David Green était le PDG d'une multinationale qui marchait. Dans sa bio, ça dit qu'il a trompé ses investisseurs, dupé ses employés, du genre d'Enron, en fait. »

Les sourcils de Dean sautèrent alors qu'il fourrait la ô combien délicieuse pâte emplie de fromage de sa part de pizza dans sa bouche. « Et la grâce d'un archange a choisi de se nicher sans ce salopard ? Ça semble plutôt être le contraire de ce qu'on a vu jusque-là. »

Sam haussa les épaules. « Je ne sais pas, il m'avait l'air de ressembler un peu à Dieu lorsqu'on le regarde dans son ensemble. Il fait des choses qui n'ont pas de sens, il trompe des gens bien et il ne doit jamais s'expliquer ? »

Dean grogna. « D'accord, tu marques un point. »

Castiel semblait être tiraillé entre l'indignation devant cette diffamation et l'approbation réticente.

Sam continua. « En tout cas, quelque chose a dû arriver, parce qu'il est passé de l'état de multimillionnaire à celui d'un type qui vit au milieu de nulle part avec une poignée de fidèles et sans électricité ou eau courante. Et il essaye d'attirer autant de monde que possible dans son style de vie. »

« Visiblement, ça marche, » murmura Castiel, les yeux plissés alors qu'il regardait l'écran de l'ordinateur de Sam et lisait les informations qui y étaient affichées. « Le nombre des membres de cette organisation augmente rapidement. »

« Précisément, » dit Sam. « Et j'ai jeté un œil à la liste de leurs pratiques. Croyez-moi quand je vous dis que le seul moyen pour convaincre des gens de faire ça, c'est avec l'assistance divine d'un fragment d'obéissance. »

Dean prit une autre part de pizza et n'aima pas du tout où la conversation était en train d'aller. « Alors quoi, maintenant on va joindre un culte ? »

Il n'aima pas l'éclat dans les yeux de Sam qui lui répondit.


« Ne soyez pas offensés lorsque je vous demande cela, parce que c'est juste une question que je demande à tous ceux qui foulent le sol sacré de notre enceinte. Mais qu'est-ce que vous cherchez exactement, les garçons, en nous rejoignant ? » Demanda David Green à Sam, Dean et Castiel le matin suivant, lorsqu'ils se présentèrent tous les trois à l'office du tourisme de l'enceinte après un voyage rapide via le Vol de la Compagnie Aérienne Presque Archange Cas-Espèce-d'Enfoiré.

« Un… Changement, » répondit Sam, faisant le truc qui faisait style qu'il était honnête avec ses yeux une fois de plus alors que Dean essayait de faire de son mieux pour ne pas regarder comme deux ronds de flan les dents trop blanches et le sourire trop grand de Green. Castiel n'essayait pas du tout l'ange trouvait clairement que l'apparence et les manières de Green étaient perturbantes, comme si personne n'était réellement préparé à regarder la chose qu'il était sans avoir les globes oculaires qui brûlaient.

Voyant que ni Dean ni Castiel n'offraient d'aide pour expliquer, Sam serra les dents et continua. « Et par changement, je veux dire que nous cherchons une façon plus simple de vivre nos vies. Qui est plus gratifiante. Nous avons eu de bons échos de vous d'après les témoignages sur votre site. »

« Ah, oui. D'adorables petits mots que nos membres ont partagés avec vous. » Il tapa Castiel dans le dos en signe d'encouragement, ce qui fit que Castiel le regarda comme s'il essayait de voir à travers lui, et de vérifier si cet homme avait ou non le fragment de la grâce d'un archange ou si les gens d'ici étaient juste fous à ce point. Dans le dos de Green, Sam faisait des signes pour lui dire d'arrêter ça, en espérant que Cas arrêterait d'être flippant.

Mais Green regarda l'ange en retour, ce même sourire affreux plaqué sur le visage, même si le tout faisait que Sam et Dean se sentaient très mal à l'aide.

« Tu as un bon regard calme, gamin, » déclara Green après une minute, puis il sourit de son sourire blanc délavé à Cas une fois de plus. « Ça montre que tu es quelqu'un de profond. J'aime ça. » Son sourire s'attarda trop longtemps sous les yeux curieux de Cas avant qu'il ne se tourne et ne les guide au travers des portes de l'office du tourisme qui était étonnamment trop normal, avec ses réceptionnistes, ordinateurs et fauteuils dans la salle de démonstration.

Lorsqu'ils arrivèrent à l'extérieur, dans la chaleur étouffante de l'été précoce de Virginie, ce fut dans ce qui leur sembla être un retour dans le temps, cent ans en arrière.

Contrairement à l'impression de cabinet dentaire donnée par l'office du tourisme , c'était là une route de terre délimitée de chaque côté par des cabanes simples qui semblaient composées d'une seule pièce, à l'extérieur desquelles des hommes et des femmes d'âges différents s'attardaient sans but, semblant paisibles ou même vides, détendus ou sédentaires. Cependant, ils se levèrent tous joyeusement en cœur à la vue de Green et un « Bonjour, Seigneur ! » dit à l'unisson salua les Winchester alors que Green souriait simplement et hocha la tête en remerciement des salutations.

« C'est le quartier résidentiel, » expliqua Green aux trois nouveaux venus. « Chaque membre a sa propre chambre, un seul lit, une seule fenêtre. Chaque structure est identique aux autres. Les vêtements, comme vous pouvez le voir, sont standardisés. »

Dean fixa les sacs de toile qu'ils portaient tous et fit pour Sam un visage qui lui valut un regard empli de reproches de sa part parce qu'il ne faisait aucun effort pour s'intégrer ou avoir l'air intéressé. Dean n'y pouvait rien si ces sacs étaient laids sur tout le monde. Quelques-unes des filles étaient peut-être attirantes sans ça.

« Tout le monde est égal ici, » expliqua Green, « donc nous n'avons pas besoin de nous différencier. »

Dean regarda Green, dans son pantalon en soie à la con et sa chemise à col boutonné. « Sauf vous. »

« Oui, bien sûr, » dit-il, « Le Seigneur doit être différent de tous les autres, j'imagine. »

« Hum, » dit Dean, ce qui faillit lui valoir une claque en règle de la part de Sam. Heureusement, une distraction se présenta hors de ces singeries dans la forme d'une jeune femme qui s'approcha d'eux, les yeux au sol. Une fois qu'elle fut à un mètre de Green, elle s'agenouilla à ses pieds.

« Je suis désolée de vous interrompre, Seigneur, » commença-t-elle prudemment, « mais mon cycle va bientôt commencer et vous ne m'avez pas fait part de celui qui va se reproduire avec moi. »

Cela stoppa les Winchester dans leur activité, ils baissèrent les yeux vers la femme – qui n'avait pas plus de vingt ans – le regard empli d'horreur.

Green sembla perplexe face à la supplication. « Ce n'est pas un problème, Angela. Je pensais que Joseph ferait un bon père pour ton enfant vous êtes aussi agréables à regarder l'un que l'autre, ce qui devrait aussi être le cas de votre progéniture. »

Angela s'abaissa au point que son front touchât presque le sol. « Merci, Seigneur. » Elle se leva, la tête toujours inclinée, et s'en alla.

« Wow, vous prenez vraiment toutes les décisions ici, non ? » Dit Dean en serrant les dents un moment après, alors qu'il était sur le point de rejeter son petit-déjeuner. « Est-ce qu'elle aime Joseph, au moins ? »

« Tout le monde ici aime tout le monde également, » Green haussa les épaules. « La seule personne qu'ils sont autorisés à aimer davantage est moi. » Il le dit avec une telle assurance que dit dût se retenir de lui mettre un coup de poing. Cette connerie n'était que des faits pour cet homme, même s'il détruisait la vie de ces gens, même s'il les utilisait comme des esclaves et leur faisait faire ce qu'il leur disait de faire.

« Ce doit être difficile, » interrompit Sam, avant que Dean puisse l'ouvrir et fâcher sans doute tout le monde ici. « Je veux dire, de les convaincre de laisser tout ce à quoi ils étaient attachés dans la vie et de se confier à vous. Est-ce que… Ça leur demande du temps ? »

« Pas du tout, » dit Green en faisant un geste de la main. « Vraiment, ils sont tous prêts une fois qu'on a fini le tour. »

« Vous les convainquez en si peu de temps ? » Demanda Castiel, ouvrant la bouche pour la première fois depuis longtemps alors qu'il arrêtait l'examen approfondi d'un arbre près d'eux.

« Ce n'est pas la question d'être convaincant. C'est parce qu'ils se rendent compte des bénéfices eux-mêmes, » dit Green, en faisant encore ce sourire flippant à Cas, et Dean pensa que peut-être que Green voulait que l'ange l'adore personnellement dans les prochaines heures, sans doute à ses genoux. Il se renfrogna et s'avança dans le champ visuel de Green.

« Quels bénéfices ? » Demanda-t-il, avant que Sam puisse le stopper. Parce que d'après ce qu'il pouvait voir, ils avaient tout abandonné pour aller au milieu de nulle part, pour qu'on leur retire leur sens individuel, pour que ce connard au regard déroutant leur dise comment respirer, dormir, manger et vivre. C'était un gros inconvénient d'après ce qu'il voyait.

Le sourire de Green ne s'effaça jamais devant les questions cela rappela Alistair au souvenir de Dean, avec une touche de Lucifer dans le corps de Sam. « C'est d'alléger le poids des responsabilités, » expliqua Green, avant de leur faire signe de continuer le long du chemin qui menait en haut de la montagne. « Vous voyez, la responsabilité est de poids incroyablement lourd que les gens portent sur leurs épaules jour après jour leurs actions et leurs décisions laissent des traces chez nous, même si le résultat est bon ou mauvais. Je suis là pour alléger ce poids. Je les leur prends. Je les libère de ça, du poids de la prise de décision, d'avoir à penser aux conséquences. Je fais cela en leur disant quoi faire. Ils n'ont pas à s'inquiéter de quoi que ce soit. Avoir confiance en ce que je leur dis est dans leur plus grand intérêt. »

« Et ça marche ? » Demanda Dean, l'air perplexe.

Green ne sembla pas offensé de cette incrédulité, agitant les bras autour de lui dans un geste grandiose. « Vous voyez à quel point c'est calme ici ? À quel point tout le monde est content ? C'est dû à la force avec laquelle ils ont confiance en quelqu'un au point que rien d'autre ne compte. » Il regarda Dean de cette manière grossièrement compréhensive, comme s'il comprenait tout ce que Dean avait traversé. « N'as-tu jamais voulu n'avoir aucune responsabilité, Dean ? »

Les minutes s'écoulèrent.

Puis Dean grimaça, ce qui fit rire Green. « Allez, » les encouragea-t-il, « laissez-moi vous conduire en haut de la montagne. La vue est belle… Immense. Le genre d'immensité qui permet à un homme de chercher au plus profond de son âme. »

Il reprit ses pas ensuite, marchant près de Cas sur le sentier alors que Sam fit à Dean un regard inquiet et empli de reproches en même temps. « Mec, » dit-il dans un murmure étouffé, « arrête d'être aussi hostile. »

« Ce connard trompe les gens pour qu'ils soient ses esclaves, mon vieux ! » Siffla Dean en retour.

Sam soupira et fit un geste vers le chemin, ou deux hommes partant le truc en toile blanche discutaient amicalement tout en ramassant du bois. Lorsque Green passa près d'eux, ils s'arrêtèrent pour saluer leur Seigneur, et Green les salua joyeusement avant qu'ils continuent leur chemin. « Il ne garde pas qui que ce soit contre leur volonté, dit Sam. « On ne peut rien faire pour les choix que font ces gens. Ils ont décidé de lui obéir, et c'est comme ça qu'ils se sont retrouvés ici. Nous devons nous

concentrer dans la recherche du fragment, parce que si on ne le fait pas, le monde sera détruit et cela n'aura plus d'importance. »

Dean soupira, parce que la logique de son frère avait l'habitude de balayer instantanément son indignation méritée. « D'accord. Mais le connard devrait arrêter de jouer au pervers avec Cas, » ajouta-t-il tout de même, lorsqu'il regarda plus loin sur le chemin et qu'il vit une main sur la cambrure des reins de l'ange, le guidant au-dessus d'un affleurement rocheux le long de la pente.

Contre toute attente, le coin des lèvres de Sam se mit à trembler. « Oui, d'accord, » fut tout ce qu'il dit avant d'agripper l'épaule de Dean de la même manière qu'on agripperait l'épaule d'un type qui vient tout juste de se faire tromper par sa copine en plein jour parce qu'il est un peu bonne poire.

Dean décida de l'ignorer.


Ils s'arrêtèrent pour faire une pause vingt minutes plus tard à une cabane qui semblait être au moins trois fois plus grande que toutes les autres dans le quartier résidentiel Green leur expliqua que c'était fondamentalement leur usine, où tous les meubles, les vêtements et les autres choses nécessaires étaient faits par des personnes assignées au rôle de menuisier, tisserands ou tous les corps de métiers dont ils auraient besoin. Ils firent un rapide tour de l'installation et les gens qui y travaillaient furent emplis de joie par la visite de leur Seigneur, chantant des louanges et lui montrant leurs accomplissements dans l'espoir d'un petit grain de remerciement de Green.

Dean saisit l'opportunité pour s'échapper un peu sur le côté, où une femme était installée, auréolée dans le quoi-que-ce-soit qu'était Green. « Hé, salut, » la salua-t-il, lorsqu'elle le regarda.

« Oh, bonjour, » dit-il, et la lumière dans son regard s'éteignit un peu, bien qu'elle regardât Dean assez aimablement. « Vous faites le tour. »

« Oui, » confirma Dean. « Monsieur Green nous montre ce qu'il y a. »

Elle s'émut. « Il fait très attention à ce que les nouveaux venus se sentent accueillis. »

Dean essaya de ne pas rouler les yeux, gardant son sourire en plastique collé sur le visage en serrant un peu les dents. « Hum, oui. Je me demandais si je pouvais vous poser quelques questions. Vous savez, vu que vous vivez ici… »

« Bien sûr. Notre Seigneur dit que nous devons nous entraider pour voir la lumière. »

« Oui, j'en suis sûr. »

Elle cligna des yeux comme si elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire par là.

Il toussa. « Alors, je me demandais, » se déroba-t-il, « vous faites tout ce qu'il vous demande, c'est ça ? »

Elle hocha la tête.

« Hum… Pourquoi ? »

Ses yeux s'agrandirent. « Parce que nous le devons. Parce que la sainteté de cet endroit ne tient que par l'obéissance. Si nous l'écoutons, si nous ne nous tracassons pas avec des questions et des soucis personnels, alors nos actions serviront toujours au bénéfice du plus grand bien de notre communauté, plutôt qu'à celui de l'individu seul. Nous obéissons parce que cela nous détache de l'égoïsme que les humains arborent de façon innée. »

Dean la fixa. « Et abandonner votre identité apporte quelque chose à tout le monde ? Comment ? »

« Nous sommes tous ignobles, des créatures méchantes dans le cœur, » dit-elle tristement. « S'écouter nous-mêmes, nos propres vœux et désires, revient à tomber du chemin. Être en mesure d'écouter notre Seigneur, de le mettre avant nous, revient à renier notre nature humaine sale et d'aspirer à quelque chose de plus grand. »

Dean s'empêcha de frapper son front avec sa main uniquement parce que Castiel apparut à ses côtés, hocha la tête une fois en direction de la fille, puis tira Dean par le bras. « Le fragment est là, » confirma-t-il une fois qu'ils furent hors de portée de voix.

« Ici ? Où ça ? » Dean regarda autour de lui dans l'usine en quête de choses brillantes.

Castiel secoua la tête. « En haut de cette montagne. »

Dean soupira. « Oh, ça limite un peu. » Il fit courir une main dans ses cheveux en un geste aussi perturbant que ce que faisait Sam. « Sérieusement, si je dois écouter encore plus de ces ordures, je pourrais bien craquer et frapper les gens. »

Castiel sembla confus en entendant ça. « Pourquoi ? »

« Parce que cet endroit est un ramassis de merde, » répondit clairement Dean. « Et ça craint un max qu'un type comme Green tire du bénéfice de la naïveté de ces gens. »

« L'obéissance est l'obéissance, Dean, puisse-t-elle être aussi corrompue dans cet exemple. Green est un homme qui a toujours eu l'habitude à ce qu'on lui obéisse c'est logique que le fragment d'obéissance soit venu à lui vu les circonstances. »

« Alors quoi, c'est juste une dévotion aveugle ? Pas de réflexion, pas de sentiments, pas de choix, pas de rien ? »

« C'est l'obéissance, » dit simplement Castiel à nouveau. « Telle que mon Père l'a voulue. »

Dean grimaça. « Alors, tu défends cette chose alors qu'elle prend la liberté de choix de ces gens ? »

Les yeux de Castiel s'assombrirent. « Je n'ai pas dit cela, » murmura-t-il, la voix basse, grondant dangereusement. « Je n'ai fait que dire les faits. C'est l'obéissance telle que mon Père l'a voulue. Aveugle, sans remise en cause, absolue. Cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec ça. Cela ne veut pas dire que j'encourage la mutation qu'il en a été fait. »

Dean se détendit un peu, mais il y avait toujours une ligne tendue entre ses sourcils alors qu'il les serrait, essayant d'en comprendre quelque chose. « Alors quelle en est ta définition ? »

« La confiance, » dit Castiel sans hésitation. « L'obéissance vient de la confiance, Dean. J'ai obéi à Dieu parce que je l'aimais et que j'avais confiance en Sa volonté et que c'était la meilleure façon que je connaissais pour manifester ma confiance en action. J'ai cessé d'obéir lorsque ce n'était plus le cas. J'ai arrêté lorsque… » Il s'arrêta tout à coup, secouant la tête. « J'ai arrêté. »

Le pour toi inexprimé était en suspens dans l'air entre eux, et même s'il était tacite, il illuminait comme une fichue bannière fluo, flottant devant les yeux de Dean, parce qu'il savait que Cas avait fait primer sa parole sur celle de Dieu en fin de compte, parce qu'il avait choisi de faire confiance à Dean Winchester avant de faire confiance à son propre Père et qu'il avait vécu avec les conséquences de cette décision chaque jour qui s'était écoulé depuis.

Castiel faisait confiance à Dean. Il obéissait à Dean parce qu'il l'avait choisi, comme un signe apparent de sa confiance pour lui.

Les épaules de Dean s'affaissèrent alors qu'il laissa échapper un soupir en leva une main en signe d'abandon. « D'accord, c'est bon. J'ai compris. Vraiment. Il n'empêche que ça craint quand même. »

Castiel haussa une épaule, dans un mouvement qu'il devait avoir sorti du répertoire de Sam. « Ils obéissent simplement à sa volonté parce qu'ils croient que son jugement leur profite, » dit l'ange, sans la moindre trace de jugement dans sa voix. « Il n'y a pas si longtemps de cela, toi et moi aurions incliné nos propres volontés devant celles de nos propres pères. »

Dean se renfrogna à ce rappel parce que c'était injustifié – et vrai – mais surtout injustifié.

Castiel continua. « Nous avons tous les deux appris depuis la valeur des propres choix que nous faisons. Eux pas. C'est toi qui m'as appris qu'on ne pouvait pas attendre la même chose de tous les humains. »

Dean se remit un peu à sa place, parce que tout comme la logique de Sam, le raisonnement de Castiel pouvait des fois – une fois de temps en temps – être quelque peu convaincant. « Oui, d'accord. Allons trouver ce fichu fragment et barrons-nous d'ici. Même si ça arrive, ça ne veut pas dire que je veux le voir. Surtout si les gens se reproduisent ici. »

Castiel émit un bruit qui voulait dire qu'il approuvait au moins cela, et au bout d'un moment, Green se sépara de ses fan boys et de ses fan girls et les amena tous les trois à l'extérieur.


La randonnée jusqu'au sommet de la montagne leur prit trente minutes exténuantes de montée raide, mais finalement ils arrivèrent à un escarpement dentelé sur lequel Green marcha jusqu'au bord, jetant les bras grands ouverts dans une chorégraphie tout droit sortie de Titanic. « C'est ma prise de courant, » dit-il merveilleusement, son regard au loin alors qu'il fixait la surface des montagnes au loin. « Un jour, j'ai marché jusqu'ici lors d'une randonnée. Je venais tout juste de conclure le rachat de ma boîte pour plusieurs millions de dollars, acheté une nouvelle maison à Atlanta, et j'allais me marier avec une fille qui dansait pour les Hawk. La plus belle pèche de Géorgie que vous pouvez imaginer. Et je suis arrivé en haut de cette montagne, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser que je n'étais toujours pas satisfait. Il y avait toujours des choses que je voulais, mais je ne savais pas quoi. »

Dean se retint de rouler les yeux, alors que Cas s'illumina avec une curiosité pensive alors qu'il s'approchait de Green près du rebord.

Green sembla être trop plongé dans les souvenirs qu'il revivait à la vue de l'endroit. « Alors, j'ai pris le risque et je suis allé aussi loin que je le pouvais le long du bord de cet escarpement et lorsque j'ai regardé en bas, j'ai eu ma prise de conscience. La raison pour laquelle je me sentais ainsi était parce que tout le monde se sentait ainsi. Ils cherchent tous quelque chose pour les rattraper au cas où ils tomberaient. S'ils ne pensent pas que c'est là, ils ne prendront pas le risque de marcher le long du bord comme ça pour avoir la plus belle vue du monde. C'est quelque chose d'avoir ce genre de courage. Ce n'est pas quelque chose qui arrive tous les jours, vous savez. » Green se permit un sourire contrit. « Donc au lieu de chercher cela, je me suis dit c'est ce que j'allais devenir moi-même, pour tous ceux qui m'accepteront comme leur filet de sécurité. Je n'ai jamais eu peur de tomber. »

« Donc, afin de devenir leur filet de sécurité, vous avez décidé que le meilleur moyen était de devenir leur Dieu ? » Demanda Sam, et même lui ne put retenir le scepticisme qui transparut dans sa voix lorsqu'il le lui demanda cette fois.

Green gloussa. « C'est comme cette histoire de la Bible avec Abraham et Isaac, tu ne crois pas ? Si quelqu'un accepte de se séparer de ce qui est important pour lui sur Terre et de se soumettre à ma volonté, alors j'utiliserai tout mon pouvoir pour l'aimer en retour. Je l'attraperai toujours. Il n'aura jamais à avoir peur de tomber à nouveau, aussi longtemps qu'il obéira. »

Cas était juste derrière lui, regardant au-dessus du rebord également, un air méditatif dans ses yeux qui fit bondir et se tortiller la grâce contre la poitrine de Dean dans une impression tout à fait reconnaissable. Lorsque Green se rendit enfin compte que l'ange était juste près de lui, il sursauta pratiquement, mais se reprit avec une rapidité admirable et sourit à nouveau, presque libidineusement, alors qu'il entourant les épaules de Castiel de son bras et le guida rapidement loin de l'escarpement. « Bien. Retournons auprès des autres, d'accord ? » Demanda-t-il brusquement, l'air vaguement irrité envers Cas parce qu'il s'était imposé dans son moment, ou dans sa prise de courant, ou dans quoi que ça puisse être.

Castiel acquiesça sans un mot et glissa de sous le bras de Green, descendant nonchalamment à nouveau près de Dean. Sam occupa prestement l'espace près de Green, feignant s'intéresser et demandant à l'homme s'il y avait eu des éclats de lumière le jour où il avait eu sa prise de conscience ou s'il y avait eu des signes divins qui montraient qu'il avait eu une sainte révélation.

« Alors ? » Demanda Dean lorsque Cas fut à nouveau hors de portée de voix du faux Seigneur. « Tu as senti ce que j'ai senti ? »

« Le fragment est ici, » signala Castiel. « Même si j'ai l'impression qu'il n'aime pas l'idée d'avoir des gens qui viennent sur sa prise de courant. »

« Eh bien, si c'est ça qui lui donne le courant pour continuer à tromper les gens, je crois que c'est plutôt logique. »

Tous deux partagèrent un regard silencieux; ils finirent par se mettre d'accord sans un mot pour repasser plus tard.


La visite continua avec Sam qui faisait fondamentalement semblant de s'intéresser à ce qu'ils voyaient et avec Dean qui réfléchissait à une tactique pour le retirer. La cabane pour les visiteurs ou quoi que ça puisse être était juste à côté de l'office du tourisme, ce qui voulait dire que Cas devrait sans doute les zapper au sommet sous la couverture de l'obscurité pour éviter d'être repérés (et d'avoir à se battre avec les membres de la communauté, qui avaient tous l'air d'accepter de se sacrifier pour Green dans un combat à mort s'il le leur demandait).

Donc Dean supporta le reste de la journée (et les repas qui n'incluaient pas de viande, ni de sel ou de sucre), supporta les regards libidineux dégueulasses que Green jetait aux femmes qui préparaient à manger, à Cas et quelques fois à lui-même, et après ce qui sembla un temps insurmontable, Green les conduisit finalement à la cabane des visiteurs, disant avec regret qu'il les inviterait bien pour le spectacle de reproduction nocturne – et il valait mieux que ce ne soit pas ce que Dean pensait que c'était – cependant, c'était un rituel sacré fait sous les rayons de la lune que les étrangers ne pouvaient pas voir ni y participer.

« Dommage, » murmura Green, avec un autre regard perçant en direction de Castiel et des Winchester, « vos gènes sont très attirants. » Pause. Regard libidineux. « Eh bien, il y aura d'autres occasions une fois que vous nous aurez rejoints. Et j'espère sincèrement que ce sera ce que vous choisirez. »

« Oui, hum, nous allons rester ici et y réfléchir, merci, » réussit à dire Sam, qui ferma la porte sur Green alors qu'il faisait des regards aguicheurs dégueulasses vers Cas sortis tout droit de pornos des années 80 à petit budget.

Dean réussit à attendre cinq secondes complètes avant de frissonner des pieds à la tête et de dire, « Eh bien, maintenant je me sens sale. »

Castiel ne sembla pas particulièrement ennuyé. « Vous avez des gènes attirants, » dit-il, voulant visiblement parler d'eux deux, mais il avait les yeux rivés sur Dean en parlant, ce qui fit rougir le visage de Dean alors qu'il plissait les yeux.

Cas garda les yeux sur Dean, maudites soient les conventions sociales. « Mais si vous deviez procréer, il est très probable que votre descendance sera utilisée plus tard pour détruire potentiellement le monde encore, donc je vous suggère qu'un seul de vous le fasse, et une seule fois, si c'est possible. »

« Je me sens mal à l'aise, maintenant, » marmonna Sam, alors que Dean aboya, « Mec, il y a des limites ! » À l'ange.

Castiel sembla juste se renfrogner mentalement avant d'allonger une main vers chacun des Winchester. « Prêts à retourner à l'escarpement ? »

« Oui, » dirent-ils tous les deux.


Ils retournèrent au pied de la prise de courant de Green dans une calme bouffée d'air, Dean se retenant à Cas pour garder l'équilibre et Sam et retenant à lui. Le soleil venait tout juste de disparaitre derrière les pics des différentes montagnes au loin et l'endroit sembla presque idyllique l'espace d'un instant, le genre de coin que l'on voyait dans des films lorsque deux amoureux font enfin leur premier baiser capital sous l'association de la lumière du soleil déclinante et des premières étoiles.

C'était précisément le genre d'atmosphère que vous vouliez lorsque vous êtres en train de déterrer des morceaux du frère de votre Meilleur Ami pour la Vie pendant que votre propre frère vous regardait, vous et votre ange, en clignant des yeux comme une chouette. « Alors, » se décida à dire Sam après un instant, « j'imagine que vous devriez faire tous les deux… Ce que vous devez faire. »

Dean le fixa. « Qu'est-ce que tu essayes de dire ? »

« Que le dernier fragment auquel j'ai participé s'est soldé par quelqu'un qui s'est pris un coup de couteau, » dit Sam d'une voix traînante, ce qui était visiblement une tentative pour retirer ce sourire satisfait agaçant qu'il faisait. « Vous vous débrouillez bien mieux sans mon intervention. »

Dean lui lança un regard noir, mais il ne pouvait pas vraiment en débattre. Triomphant, Sam prit congé pour aller pisser, parce que la salle de bains commune de la communauté donnait l'impression que celles de La liste de Schindler et de Slumdog Millionaire s'étaient reproduites et avaient fait des bébés sous la forme de toilettes extérieures qui puaient horriblement.

Castiel, prenant les mots de Sam au pied de la lettre, se tourna simplement vers Dean, et à partir de là, ils se tinrent en silence en haut de la montagne tout en essayant de trouver comment, au juste, il fallait tirer l'obéissance hors du sol et loin de cette communauté totalement dingue qui faisait présentement de son mieux pour féconder des filles avec la graine des spécimens mâles les plus génétiquement acceptables et disponibles comme leur Seigneur le leur avait ordonné.

Pour être honnête, Dean n'était pas certain de pouvoir être plus obéissant que ça, mais Cas avait l'air déterminé et il supposa c'était déjà un grand pas de fait.

Au bout d'un moment, il se tourna vers l'ange et éclaircit sa gorge. « Alors ? Quel est le plan, Columbo ? »

Cas cligna juste des yeux. « Le plan est d'obtenir le fragment, Dean. »

Dean soupira. Il se dit d'être patient. « D'accord. Comment ? »

Les sourcils de Castiel se froncèrent, mais il ne répondit pas de suite. Un silence bizarre s'ensuivit, jusqu'à ce que Cas incline un peu la tête et ne propose, « Peut-être que tu devrais me donner un ordre. Je ferai tout ce que tu voudras. »

L'esprit de Dean connecta automatiquement les points entre ses dernières réflexions sur l'obéissance et ce que Cas lui demandait de faire. Le sang se précipita inexplicablement sur son visage et il était certain de sentir mini-Cas entrouvrir un œil allégorique par pure curiosité d'en dessous de sa chemise. « Heu… »

Castiel resta là, à attendre. Comme Dean lui avait donné des ordres des milliers de fois avant, comme si c'était ringard et qu'il était prêt à le faire à la minute où Dean le lui dirait.

Tout à coup, Dean eut l'impression d'être un idiot.

Castiel remarqua sa réticence et il haussa un sourcil interrogateur en sa direction. « Je trouve cela difficile à croire que tu sois soudain à court d'ordres, Dean, » dit-il à la façon de Spock, et ça fit que Dean se sentit encore plus idiot, comme s'il avait battu un chiot et que maintenant, le chiot trouvait ça bizarre lorsqu'il ne lui foutait plus une branlée.

Enfin, Dean regarda ostensiblement autre part, même s'il ouvrit la bouche pour proposer qu'ils devraient essayer quelque chose de moins conventionnel que lorsqu'il demandait quelque chose à Cas.

Et bien sûr, ce fut à ce moment-là que Sam apparut devant eux à nouveau, flanqué de chaque côté par deux anges corpulents et sérieux qui étaient dans les mêmes costumes noirs, ce qui voulait dire qu'ils travaillaient pour Raphael.

Timing. Sam Winchester en avait visiblement à revendre.


Castiel tourna lorsqu'il sentit la présence familière de ses frères et désespéra lorsqu'il vit Sam entre eux deux, l'air à la fois penaud et agacé d'avoir été capturé. Il n'était pas blessé, ce qui était l'essentiel. Castiel espéra qu'il pouvait faire en sorte qu'il le reste.

« Sam ! » Cria Dean, qui dut être retenu physiquement par la main de Castiel sur son bras pour ne pas charger vers eux, les poings volants (en vain). Sam lança à Dean un regard qui lui signifiait d'arrêter et de cesser, même si la poigne de fer de Castiel autour de son avant-bras l'empêchait de devenir un second otage.

« Castiel, » mugit l'ange à la gauche de Sam sans aucun préambule, « rends-toi ou l'humain meurt. »

« Hayyel, » le salua Castiel en même temps, et fut heureux de voir que sa voix était toujours égale vu que deux hommes de main de Raphael retenaient Sam en otage. Alors qu'il parlait, il ramena Dean prudemment plus près de lui, ses yeux fixant les deux anges qui se tenaient près de Sam tout au bord de l'escarpement.

Hayyel sourit, une lueur sauvage dans les yeux alors qu'il se tenait avec Hael, plus petit, Sam entre eux. Ils ne le touchaient pas, parce qu'ils trouvaient tous les deux que le contact avec les humains était rabaissant ou qu'ils voulaient éviter l'opprobre de Lucifer qui salissait le sang de Sam. Castiel ne connaissait l'impression de la seconde option que trop bien se souvenant de la sensation accablante de révulsion qu'il avait ressentie auparavant, lorsqu'il avait vu Sam pour la première fois. Mais c'était il y avait longtemps rien n'avait Sali Sam à ses yeux depuis très longtemps. Selon toute probabilité, il était le seul parmi ses frères à penser ainsi.

Les anges avaient toujours évité le moindre contact avec le vaisseau de Lucifer aussi loin qu'il s'en souvenait. Castiel pensait qu'il devrait utiliser cela à son avantage. « Comment nous avez-vous trouvés ? » Demanda-t-il à Hayyel, feignant la surprise et laissant une pointe de peur ramper sans sa voix.

« Nous ne te cherchions pas, » dit Hayyel, qui ne prêtait aucune attention particulière aux humains alors qu'il se concentrait sur l'unique menace : Castiel. Pendant ce temps, les yeux de Dean dardaient désespérément un côté, puis l'autre et Castiel savait qu'il chercher une sorte d'ouverture qu'il pourrait exploiter, une distraction qui lui permettrait de mettre son frère en sécurité. Hayyel ne le remarqua pas, il sourit simplement d'un air satisfait et aboya, « Comment aurions-nous pu te trouver alors que tes humains sont cachés aux yeux du Ciel et que tu es devenu une telle abomination au point d'en autre méconnaissable pour les tiens ? C'est par pure coïncidence que nous sommes tombés sur toi dans notre recherche. »

Castiel plissa des yeux. « Alors, vous êtes ici pour le fragment. Je ne vous laisserai pas l'avoir. »

« Si tu ne le fais pas, nous tuerons l'humain. Nous lui déchirerons son âme et nous disperserons ses atomes dans l'univers pour que même toi, tu ne puisses pas le faire revenir. »

La déclaration sanguinaire de Hayyel fit grimacer Hael légèrement, même s'il ne faiblit pas pendant que Hayyel souriait à Castiel comme un animal sauvage.

« Hael, » dit Castiel, se tournant vers le plus faible des deux, « un ange de bonté déclarerait faire une chose pareille à un badaud innocent ? »

« Hael et Hayyel ? Sérieusement ? » Intervint Dean lorsqu'il entendit le nom du second ange. « Raphael envoie des équipes selon l'ordre alphabétique ou quoi ? » Sa voix était teintée d'une fausse bravade pour attirer leur attention leur lui plutôt sur Sam.

Mais il fut résolument ignoré par tous les anges présents, alors qu'Hael fit un air désapprobateur envers Castiel. « Tu ne nous laisses pas le choix et nous sommes obligés de recourir à la violence, Castiel. Tu blasphèmes alors que Raphael est devenu le véritable chef du Paradis. Tu as causé cette guerre en refusant de rester plus bas que ceux qui ont été créés pour être meilleurs que nous. Tu aspires à devenir plus que ce que tu es, et en tant que tel, tu es devenu la créature que nous voyons devant nous, une abomination, une horreur. Ce n'est pas nous qui allons tuer cet humain, mais ta main qui nous y force. »

« Tu suis celui qui va détruire le monde, Hael, » dit Castiel, ne séparant pas son regard de Hael alors qu'il faisait un pas en avant. « Quelle bonté peut-elle survivre si tu te bats impitoyablement pour détruire ce que notre père aimait le plus ? »

Hael s'impatienta. « Assez ! » Grogna-t-il. « Nous prendrons le fragment d'une manière ou d'une autre, Castiel, » dit-il clairement. « Tu es un bonus supplémentaire. Nous libérerons Sam Winchester si tu acceptes de devenir notre prisonnier à sa place. »

« Va brûler en enfer, » gronda Dean, ce qui lui valut un regard de réprimande de Castiel.

« Dean, » dit-il, la voix emplie de réprobation.

Dean le regarda, les yeux furieux d'indignation. « Quoi, Cas ? » cria-t-il, sur le point de perdre toute patience. « Quoi ?! »

Castiel maintint son regard pendant un moment, aussi sévère et exigeant qu'il savait l'être, et qu'il avait appris à être après avoir dirigé une armée, après avoir combattu des archanges pour le destin de l'humanité. « Dean, » dit-il une fois de plus, plus bas, sa voix à peine perceptible.

Hayyel, impatient, fit un pas en avant, laissant Hael près de Sam alors qu'il levait son épée vers Castiel et Dean, menaçant. « Ta réponse, Castiel ? » Mugit violemment Hayyel, alors que Castiel convoquait sa propre épée et la fit glisser dans sa paume au travers de la manche de son manteau. « Ou acceptes-tu la mort de Sam Winchester simplement parce que ce n'est pas lui, ton animal de compagnie préféré ? »

Castiel l'ignora. À la place, il allongea sa main libre et attrapa l'épaule de Dean, tirant l'humain avec force contre sa poitrine dans une douce étreinte.

Sur le rebord, les sourcils de Sam pointèrent vers le haut, alors que Hayyel grimaçait de dégoût et que Hael regardait, surpris.

« Tu fais tes adieux, alors ? » Grogna Hayyel, le ton moqueur à la vue de l'ange qui se rabaissait avec un contact humain. « Dépêche-toi, Castiel. Notre offre n'est pas éternelle ! »

Enfin, Castiel se sépara de Dean, qui le regardait curieusement dans les yeux.

« Es-tu prêt, Dean ? » Demanda Castiel.

Puis le regard de Dean se durcit de détermination. Il hocha la tête une fois, définitivement. « Oui. »

Castiel fit un pas en arrière et toucha le front de Dean avec deux doigts.


L'impression d'avoir le fond de son être qui s'arrêtait ne dura qu'une demi-seconde avant qu'ils ne se retrouvent derrière Sam et sa cohorte d'anges Dean fit exactement ce que Cas lui avait dit de faire en levant l'épée que l'ange lui avait donnée lors de leur étreinte improvisée et la planta dans la nuque d'Hael avant que le petit homme timide ne puisse bouger. Il eût quelques regrets, parce que c'était quelque chose de tuer l'ange de la bonté, mais en même temps, ce crétin avait quand même menacé d'éparpiller Sam partout dans l'univers, alors les regrets ne restèrent pas longtemps.

Il y eut un éclat de lumière qui voulait dire que l'ange mourait et Sam ferma les yeux alors que Dean se tourna vers Cas juste à temps pour lui envoyer son épée de nouveau Cas réussit à l'attraper, mais la distraction fut suffisante pour qu'Hayyel fasse une petite entaille lumineuse sur la poitrine de Castiel avec une attaque de sa propre épée. Cas eût le souffle coupé de douleur, tituba en arrière, ce qui le laissa sans aucune défense pendant un instant, durant lequel le vaisseau massif d'Hayyel agrippa le bras de Cas de sa main livre et le fit tourner. Hayyel jeta Cas en bas de la pente avec un sourire satisfait. Il le suivit alors que Cas atterrit sur le sol dans un choc qui sembla secouer tout le sommet de la montagne, et qui craquela visiblement la couche de rochers sous le dos de Cas. Hayyel rugit et apparut en un clignement d'yeux devant Cas, juste à temps pour marcher sur le bras qui tenait l'épée de l'ange reversé avant qu'il n'ait le temps de lever son arme pour se défendre.

La situation actuelle était la suivante : il y avait un ange qui avait l'air très en pétard entre Cas et les Winchester. Tandis que les Winchester étaient entre ledit ange qui avait l'air très en pétard et le bord d'un fichu escarpement.

Et quelle fut la réaction de Dean ? La réaction qu'il eut en voyant Hayyel avec son épée au-dessus de sa tête et qui regardait Cas avec un mépris triomphant ?

Il attrapa la première belle roche qui lui vint et la jeta le plus fort qu'il le put derrière la tête d'Hayyel. Elle frappa le messager de Raphael dans un bon et solide paf.

L'ange se retourna avec un visage hargneux, donnant à Cas le temps de respirer, car la lumière qui s'échappait de cette blessure au travers de son torse rendait Dean nerveux. « Toi, » grogna Hayyel à son attention, le regard sauvage, un peu comme un loup-garou à la pleine lune, « tu oses frapper des anges ?! Je vais te tuer et te ressusciter pour pouvoir te tuer encore, mille fois pour chacun de mes frères que tu as détruits ! » Jura-t-il lugubrement. « Tu as tué le seul ange qui restait au Ciel qui aurait pu t'accorder une mort miséricordieuse. »

Hayyel sourit. « Je ne suis pas comme lui. »

« Hum, Dean… » Commença Sam, qui semblait effrayé par les hurlements des loups qui perçaient soudain l'air autour d'eux.

« Ferme-la, » marmonna Dean, puis il y eut des bruits de pas et des grognements, des yeux qui brillèrent dans leur direction en provenance des ténèbres et des buissons. Un ours passa la ligne des arbres et se tint sur ses deux pattes arrière, se cabrant pour former trois mètres de rage.

« Hum, j'imagine qu'Hayyel veut nous dire qu'il est l'ange des heu… animaux, peut-être ? » Marmonna Sam, ses yeux passant d'un raton laveur en colère à sa gauche à une meute de loups qui était apparue à sa droite. Un aigle glatit au-dessus d'eux.

« Ils vont arracher votre chair morceau par morceau et je vais obliger Castiel à en regarder chaque instant, » promit Hayyel, écrasant à nouveau le bras de Castiel de son pied. Cas eut le mérite de ne pas faire le moindre bruit ou de réagir face au craquement évident de ses os qui fit grimacer Dean instinctivement. « Et je t'apporterai à Raphael, et tu répondras de tes crimes, Castiel. »

« Cas ?! » Demanda Dean, qui fit prudemment un pas un arrière lorsque l'un des loups s'approcha et lui grogna, traînent un peu trop près de lui. Il espéra que l'ange avait encore quelques plans géniaux dans sa manche, parce qu'il n'avait pas survécu à l'apocalypse pour se faire trucider par Balto.

« Dean, » dit Castiel, la voix ferme en tous points. « J'ai besoin que tu sautes. » Dit-il en fait, sans aucun soupçon de regret ou d'hésitation.

C'était dingue et sans doute le plan le plus nul que Dean ait jamais entendu, mais n'était-ce pas ce que Dean avait choisi tout à l'heure, avant que Hayyel et compagnie ne plantent cette partie ? Il sentit mini-Cas vibrer dans un doux encouragement contre sa poitrine et cela lui suffit.

C'était comme Cas lui avait dit plus tôt (et oui, Dean pouvait écouter, et écoutait toujours lorsque c'était important aimait-il penser) : l'obéissance était composée de la confiance. Et la confiance pour Dean Winchester, ça avait toujours été de connaître une personne, de savoir ce qui les motivait, sur leur façon de penser et ce qui leur était cher.

Et lorsque tout en revenait à cela, Dean faisait confiance à Cas. Il n'avait pas de raison pour ne pas le faire. Pas après tout cela.

Il n'hésita donc pas lorsqu'il agrippa le bras de Sam d'une main, serrait mini-Cas avec force dans l'autre, et les fit courir vers le bord de l'escarpement sans un seul regard en arrière.


Castiel regarda les têtes de Dean et de Sam disparaître derrière le rebord avant de se tourner vers Hayyel, qui semblait perplexe, mais surtout en colère parce que ses créatures n'auront pas eu l'occasion de démembrer les Winchester devant les yeux de Castiel.

Il n'eut pas le temps de ressentir autre chose, car la terre sous eux commença à trembler une fois de plus et il y eut une lueur dans l'air que Castiel commençait à associer à la réussite. Il ferma les yeux et remercia silencieusement Dean pour lui avoir obéi, parce que Dean pouvait – malgré tout – encore lui faire confiance.

Et c'était suffisant. Ce devait l'être, parce que ce fut l'instant où le fragment d'obéissance frappa sa poitrine dans une explosion de lumière et dans un grondement de tonnerre, envoyant Hayyel trébucher plus loin à cause de la chaleur du lien qui se créait, la grâce de l'archange brûlant les bords de la sienne, alors qu'elle se déversait, trop près pour être complètement en sécurité.

« Non, » souffla Hayyel, alors que ses animaux jappaient, crachaient, hurlaient et couraient se mettre à l'abri, loin du feu de la grâce de l'archange. « Ce n'est pas possible ! Toi, qui as été déchu, qui t'es rebellé, qui as défié la volonté de notre Père ! »

Castiel avait entendu ces mots bien des fois auparavant. Au lieu de perdre du temps à y répondre, il se leva lentement, étirant ses ailes – aussi bien les anciennes que les nouvelles – et serra son épée dans ses mains. Il marcha vers Hayyel, dont les ailes avaient brûlé au contact du fragment de la grâce de Gabriel, et enfonça gravement la pointe aiguisée de l'épée dans la nuque d'Hayyel sans aucune hésitation, sans aucun mot de chagrin, de regret ou d'adieu pour celui qui avait été son frère depuis l'enfance.

Une explosion de lumière se propagea dans l'air autour d'eux alors qu'Hayyel criait son ultime rage et s'effondra, la silhouette de ses ailes lacérées se gravant par le feu dans le sol près de son corps mort, sa grâce s'éparpillant en morceaux qui se dispersèrent dans le vent.

Puis Castiel tomba à genoux, exténué à cause du lien, du poids de ses nouvelles ailes qui prouvaient son statut d'archange et de celui de la mort de deux frères de plus de sa main.

Le silence régna pendant un moment, en au du sommet. Castiel prit le temps de respirer, de replier ses lourdes ailes contre son dos.

Et la voix de Dean, qui semblait furieux d'inquiétude, brisa soudain le calme de la nuit qui les entourait.

« Cas ? C'est quoi ce bordel, mon vieux ?! »

Castiel s'autorisa de sourire pendant un instant. Il ne savait trop pourquoi.


« Jésus, Dean, tu aurais pu me prévenir ! » Râla Sam plus tard, alors que les deux frères regagnaient péniblement le sommet de la montagne par le côté de l'escarpement. L'affleurement rocheux sur lequel ils avaient atterri environ trois mètres en contrebas de la Prise de Courant de Green, était dur et n'avait pas eu de pitié pour leurs genoux, surtout parce qu'ils ne s'attendaient pas à ce rebord, ou parce qu'ils n'avaient pas pensé qu'ils survivraient du tout à la chute.

« Hé, je ne savais pas que c'était là non plus ! » Pesta Dean en retour, acceptant la main que lui tendait Castiel alors que l'ange les tirait sans aucune peine vers le sommet, où les corps empruntés par Hael et Hayyel reposaient, étendus et se vidant de leur sang sur le sol.

Cette information sembla rendre Sam encore plus perplexe. « Tu as sauté et tu ne savais pas qu'on allait mourir ?! » S'exclama-t-il, les yeux grands ouverts. « Quoi ? Pourquoi ? »

Dean haussa les épaules, se sentant soudain honteux alors qu'il avait été si sûr de lui un instant auparavant. « Je ne sais pas, je pensais que, tu vois, on allait s'écraser tout en bas. Mais au moins, Cas pourrait nous ramener plus tard. »

« Oh mon dieu, » murmura clairement Sam, son grand front escarpé se creusant de partout alors qu'il essayait d'arriver à un accord avec le raisonnement défectueux de Dean. « Oh mon dieu. »

Dean se tourna ensuite vers Cas, espérant avoir une sorte d'aide de sa part, mais Cas le regarda énigmatiquement, comme si Dean était un puzzle qu'il ne résoudrait jamais ou ne comprendrait jamais même s'il avait un million ou un milliard d'années pour essayer.

« Tu as obéi, » dit l'ange au bout d'un moment, inutilement, et Dean voulut lui grogner de la fermer, de lui dire qu'il l'avait seulement fait parce que mini-Cas avait trouvé que c'était peut-être une bonne idée. Mais il se rendit compte que c'était dingue, et que mini-Cas ne lui parlait absolument pas – ou quoiqu'il lui fasse – présentement parce qu'il était trop occupé à se recroqueviller dans une bille compacte de la taille de l'ongle du petit doigt de Dean, comme si toutes les heures qu'il avait passé ces derniers jours à lui parler, à lui jouer de la musique n'avaient servi à rien.

« Et donc quoi, Dean a obéi et tu as eu le fragment ? Rien que comme ça ? » Demanda Sam, remplissant le silence entre Dean et Cas avec son indignation et sa perplexité. « Comment est-ce que ça montre plus d'obéissance que les gens que Green a entraîné dans son programme eugénique bizarre ? »

La tête de Castiel se pencha sur le côté. « Tu, » dit-il à Sam d'une voix monocorde, « devrais savoir maintenant à quel point c'est une tâche monumentale de faire que Dean écoute quelqu'un d'autre. »

« Hé ! » Protesta Dean, par pur principe.

Sam y médita pendant un moment. « D'accord, c'est juste, » finit-il par acquiescer, et jeta ses mains à son visage comme s'il les lavait de tout ce qu'il se passait. Il souriait alors qu'il faisait cela, donc Dean ne ressentit aucune objection à la pousser de son chemin pour qu'il puisse regarder Cas de plus près.

« Alors ? » demanda-t-il d'un ton bourru. « Tu te sens bien ? Tu ne te sens pas explosif ou un truc du genre, hein ? »

Castiel hocha la tête. « Je vais bien, Dean. »

Sam les regarda prudemment. « Bon, il n'en reste plus qu'un, n'est-ce pas ? » les interrompit-il, alors que Dean regardait Castiel de la tête aux pieds. Apparemment, cela convenait à Dean d'obéir à l'ange lorsqu'il lui demandait de sauter du haut d'une montagne, mais lorsqu'il s'agissait de vérifier que Cas était blessé ou non, Dean n'écoutait pas le moindre de ses mots. Cette entaille ouverte au niveau de sa poitrine semblait être partie maintenant et la seule preuve qu'elle avait existé était que la chemise de Cas était tailladée, ce qui rendait visible un éclat de peau, régulière et sans aucune marque.

« Oui, » répondit Cas à Sam en même temps, alors qu'il subissait à contrecœur les histoires de Dean. « Une fois que ma grâce sera complète, je devrais avoir assez de force pour défaire Raphael et prendre la tête du Paradis sans provoquer d'autres effusions de sang parmi mes frères. »

Dean n'était normalement pas du genre à pinailler – c'était à Sam de le faire – mais une partie de lui s'arrêta net en voyant le changement entre 'défaire Raphael pour sauver le monde' et 'prendre la tête du Paradis.' Mini-Cas ne semblait pas aimer l'idée non plus, si l'on se fiait à l'imitation passable qu'elle réussissait à peine à faire d'une luciole.

Dean pensa qu'il devrait peut-être dire quelque chose, mais avant de pouvoir le faire, les yeux de Cas s'illuminèrent alors qu'il tendait les bras pour tapoter les eux frères sur le front.

Le sol s'éloigna d'eux malgré les éclats de voix que faisait Dean en signe de protestation.


Ils se retrouvèrent dans la cabane des visiteurs juste avant que Green ne passe la tête à l'intérieur, l'air inquiet et quelque peu suspicieux envers les inconnus alors qu'il leur indiquait qu'il y avait eu des explosions de lumière en haut de la montagne à l'instant et qu'ils réunissaient un détachement pour aller voir. « On dirait que ce sont des coups de tonnerre, mais il vaut mieux être prudents et vérifier que des feux ne se sont pas allumés, » dit-il calmement alors qu'il voyait la peau de Castiel luire étrangement et qu'il constatait que Sam et Dean étaient encore complètement habillés. Les frères feignirent l'innocence plutôt bien Sam rassembla même son expression de compassion inquiète, celle qui fait penser aux gens qu'il participe au concours de Miss Amérique et que tout ce qu'il voulait, c'était la paix dans le monde, d'arrêter la famine, la maladie et que tout le monde pouvait adopter un chaton abandonné.

Green sembla tomber dans le panneau, leur souhaitant une bonne nuit, et referma la porte derrière lui en la fermant de l'extérieur pour la sécurité des visiteurs au cas où il y aurait quelque chose qui n'allait pas.

Dean se hérissa encore une fois, parce que s'il y avait des feux de forêt à cause des éclairs, enfermer les gens dans leurs chambres était la pire idée qui soit, mais qu'importe. Ce n'était pas comme si une serrure était impossible pour lui ou Sam pendant que les autres dormaient, et si jamais c'était urgent, Cas avait de toute façon les clefs de l'univers. C'était quand même un truc horriblement idiot à faire.

Sam sembla le penser aussi, mais il haussa simplement des épaules et se laissa tomber dans l'un des lits de camp. « Bon, et maintenant ? » Demanda Dean après un moment passé dans le silence où Castiel s'était installé dans un coin et ne regardait vaguement rien en particulier. Il était toujours un peu rouge à cause du choc avec le fragment de grâce, rose sur les joues et la gorge et tout le long des articulations de ses doigts d'après ce que Dean pouvait en voir. Il semblait lumineux, faute d'un mot plus adapté, de façon grisante et fiévreuse. La coupure dans sa chemise avait été magiquement réparée.

« Je vais avoir besoin de me reposer, Dean, » lui répondit Castiel après être resté impassible un moment. « Cela ne devrait pas me demander beaucoup de temps pour incorporer totalement la grâce supplémentaire. »

« Chouette, » répondit Dean qui alla s'allonger dans un des autres lits de camp. Il regarda Cas une fois de plus (l'ange faisait toujours de son mieux pour rejouer le moment où il s'était transformé en une figurine, visiblement) avant de se rouler sur le dos, de tirer sur la cordelette autour de son cou et de regarder mini-Cas d'un air interrogateur. « Hé, » murmura-t-il à la petite bille regroupée tout en bas de la fiole, « allez, on se débrouillait super bien hier. »

La grâce lui offrit un étrange bégaiement, quelque peu faible et distant, mais elle était toujours là. Dean en fut soulagé et passa les heures suivantes à lui parler avant que Sam ne lui jette un oreiller plat fourré avec de l'herbe à la tête et ne lui dise de se taire.

Dean garda l'oreiller plat fourré avec de l'herbe comme ça Sam n'en aurait plus, l'empila au-dessus du sien pour faire un oreiller moins plat fourré avec de l'herbe et s'endormit.