Auteur : Verityburns

Titre original : The Heart In The Whole

Statut de la fic originale : 21 chapitres, terminée

Traduction : Shima-chan

Note de l'auteur : Cette histoire se situe juste après l'épisode The Great Game, mais elle n'est en aucun cas la suite de ma précédente histoire, The Road Less Traveled.

Note de la traductrice : Merci à Dupond et Dupont, Rei Li-chan, Shmi, Clina9, Petite Amande, Lawy, loow, Lily-la-belette, Falyla, arthemisdu44 et SFgirl Yumi-chan, loveFMA, Gael, Ondatra zibethicus, lumibd, Sissi83 et Leyla KTK pour leurs commentaires, ainsi qu'aux lecteurs qui ajoutent cette histoire à leurs alertes ou favoris. N'hésitez pas à laisser un petit mot, je ne mords pas et réponds systématiquement !

Désolée pour le léger retard, petit week-end sur une île (presque) déserte, je rentre seulement chez moi :D

Bonne lecture !


THE HEART IN THE WHOLE

Chapitre 11 – Closer

Sherlock pouvait entendre la respiration de John se faire plus difficile comme sa tête tombait en arrière, il pouvait imaginer la tension qui montait en lui alors que son corps s'appuyait de tout son poids le long du corps de Sherlock.

Ses doigts étaient plus sûrs comme il terminait de déboucler la ceinture de John, mais il ne défit que le premier bouton avant de glisser sa main le long de la cuisse, sentant la tension du muscle alors qu'il laissait sa paume descendre sur le dessus, aussi loin qu'il le pouvait, puis faisant remonter ses doigts sur l'intérieur, suivant doucement la ligne de la couture alors qu'il remontait plus haut, un peu plus haut, puis qu'il descendait à nouveau, en petits cercles, se rapprochant un peu plus à chaque fois.

Il fit courir son nez le long de la joue de John, murmurant son nom. Il adorait l'odeur de John, décida-t-il. Il y distinguait du savon, de l'après-rasage, et en dessous de tout ça il y avait une odeur chaude, légèrement terreuse, qui voulait juste dire « maison » pour Sherlock.

Il se demanda quel goût il pouvait avoir. L'interdiction de s'embrasser avait une portée assez limitée, alors il semblait qu'il n'y avait rien pour l'empêcher de découvrir ça. Délicatement, il pressa sa bouche sur le côté du cou de John, écartant ses lèvres pour que sa langue puisse goûter la peau juste là où le pouls battait.

Le corps de John convulsa dans ses bras, mais il ramena presque immédiatement ses lèvres à la place précédente, utilisant le bout de sa langue pour remonter le long du cou. John tremblait, réalisa-t-il. Peut-être avait-il réussi à faire quelque chose de bien, insconciemment.

Sherlock n'avait jamais été aussi frustré par sa cécité. S'il avait été capable d'observer John durant les précédentes semaines, il était certain qu'il aurait déjà deviné tous ses fantasmes, et pas seulement les devinettes heureuses comme le baiser dans le hall, dont il ne s'était même pas rendu compte que l'idée était partagée jusqu'à ce que John y réagisse aussi fortement.

Après la façon dont il s'était occupé de Mycroft, Sherlock voulait vraiment donner quelque chose à John en retour. Était-ce seulement de la gratitude ? se demanda-t-il. Après tout, John avait parlé pour lui, d'une façon à laquelle il ne s'était pas attendu, et Mycroft pouvait être extrêmement intimidant quand il le voulait, alors ça n'avait pas été une mince affaire, ça avait demandé du courage.

Non, décida-t-il. Ce n'était pas ça, ou du moins pas seulement ça. La propre relation de Sherlock avec son frère avait toujours été tendue. Il savait que Mycroft l'aimait, mais il ne l'avait jamais vraiment pris au sérieux, ce qui l'exaspérait et conduisait généralement à une salve de tirs rangés et de sarcasmes. Aujourd'hui, John avait parlé et Mycroft avait écouté.

Ça laissait à Sherlock un sentiment vraiment étrange. Il ne savait même pas où le ranger, ni quoi faire avec, mais il voulait définitivement donner quelque chose à John et qu'est-ce que John désirait le plus ? Et bien, puisque tout le monde semblait être au courant depuis longtemps, ce que John désirait le plus était Sherlock. Pour la première fois de sa vie, il souhaita avoir accepté quelques unes des avances qui lui avait été faites pendant des années, ainsi il aurait une bien meilleure idée de quoi faire dans cette situation.

Il se souvint de la sensation des dents de John contre sa gorge dans le taxi, et ouvrit sa bouche un peu plus grand, mordant gentiment, juste quand sa main atteignait le haut de la jambe de John et avançait sur son aine.

John haleta et sa main droite couvrit prestement celle de Sherlock, comme pour protester contre son geste, mais ensuite il grogna et au lieu de presser leurs mains jointes plus bas avec fermeté, il bougea ses hanches comme Sherlock enroulait ses doigts autant que possible à travers l'épaisse toile de son jean.

« Que… » La voix de John était à peine reconnaissable. « Qu'est-ce que tu fais ? »

Sherlock pensa que c'était une question étrange, vu les circonstances, mais il savait aussi que l'intellect n'était pas au sommet de la liste des choses qu'il estimait chez John.

« Tout ce que tu veux, » répondit-il, glissant sa main de haut en bas sous celle de John qui le guidait inconsciemment.

« Mais… mais, Anthea… » bégaya John, semblant avoir des difficultés à parler. « Anthea va bientôt venir… »

Sherlock sourit contre son cou. Il avait conscience que beaucoup de sous-entendus lui passaient souvent au-dessus, mais même lui ne pouvait pas rater celui-là. Il remonta sa bouche jusqu'à l'oreille de John. « Pas avant toi, » répondit-il.

Comme si elle se résignait, la main de John revint se placer sur l'accoudoir du fauteuil, laissant Sherlock libre de bouger et il saisit la languette de la fermeture éclair et la descendit, glissant la main à l'intérieur, où il put enrouler sa paume autour de John bien plus facilement avec seulement la fine matière de son caleçon entre eux.

John était dur sous sa main et Sherlock se sentit un peu effrayé de savoir que cet homme, qui était si courageux, et si loyal, qui défierait ami, ennemi et famille pour lui, le voulait si fort. Qu'un soldat tel que John, qui résisterait à n'importe qui, lâcherait tout pour Sherlock, se soumettrait aux vœux de Sherlock, s'en remettrait entièrement aux mains de Sherlock, était un sentiment entêtant.

Il décida bientôt que toute barrière était encore de trop et il remonta sa main afin de repousser l'élastique pour, au-dessous, saisir fermement John. La chaleur était ahurissante, la chair dure et palpitante dans sa main comme Sherlock fléchissait ses doigts, évaluant, mesurant, enregistrant chaque détail de cette partie de John qui lui avait été cachée jusque là.

Sherlock avait occasionnellement recours à ce genre d'actions lui-même, les rares fois où le problème surgissait et refusait de se résoudre de lui-même, alors il n'était pas complètement étranger avec ce qu'il devait faire, bien qu'il ait toujours trouvé ça ennuyeux au possible et ne savait pas quoi en penser. Il lui vint à l'esprit qu'il pourrait y réfléchir à l'avenir, au fait de tenir John, chaud et lourd dans sa main, au poids du corps de John, à la poitrine de John, se levant et s'abaissant rapidement sous son bras, au goût de la peau de John sur sa langue.

Sherlock réalisa que sa propre respiration accélérait comme il bougeait sa main sur John au début, caressant juste doucement, descendant davantage pour explorer avec ses longs doigts, avant de remonter, sa main commençant à bouger avec plus de constance, portant plus d'attentions aux réactions de John pour déduire la bonne vitesse et la bonne pression.

Le poids sur son épaule gauche partit brusquement comme John levait la tête et inspirait bruyamment. Sherlock craignit qu'il ne demande une pause, mais s'arrêter semblait être la dernière chose qu'il ait en tête alors qu'il portait un peu de son poids sur ses bras, soulevant le haut de son corps. Il regardait, comprit Sherlock. John regardait alors que la main de Sherlock bougeait sur lui et, à en juger par les battements de son cœur, il aimait ce qu'il voyait.

Savoir que John regardait envoya un frisson le long du corps de Sherlock, lui faisant reprendre son souffle et il laissa tomber sa main gauche sur la taille de John et commença a défaire les boutons de sa chemise, ses doigts adroits travaillant rapidement. Il écarta les pans de la chemise ouverte et glissa sa main sur la peau nue de la poitrine de John, voulant sentir de plus près son cœur battre à tout rompre, sans rien entre eux.

Comme sa main remontait, John haleta et sa tête retomba en arrière alors qu'il gémissait dans un souffle. « Sherlock », haleta-t-il. « Sherlock, refais ça. »

Sherlock s'obligea, gardant le rythme de sa main droite alors que la gauche répétait son mouvement, notant cette fois-ci que la brusque inspiration de John était associée aux doigts de Sherlock caressant son mamelon. Il y revint pour le frotter plus fermement, fasciné par la façon dont il durcissait et par la réaction de John – il gémissait fortement maintenant, son corps se faisant de plus en plus tendu.

Allant à l'autre mamelon, Sherlock fit des cercles autour avec son doigt, se rapprochant progressivement comme John s'allongeait de plus en plus sur lui, ses muscles se relâchant. Sherlock pouvait sentir la tension dans ses bras et imaginer ses mains aggrippées aux côtés du fauteuil, ses articulations blanches sous la pression.

Il passa directement son doigt sur ce mamelon, puis revint au premier et le pinça. Le dos de John s'arqua, et il lança son bras droit en arrière, s'accrochant au cou de Sherlock en gémissant fortement.

De toute évidence, il faisait quelque chose de bien, nota Sherlock avec contentement, bien que la prise de John sur son cou soit extrêmement distrayante. Sherlock pouvait sentir son propre corps réagir et ça devenait plus difficile de se concentrer quand des doigts brossaient les cheveux sur sa nuque, les ongles courts griffant légèrement la peau, un léger désespoir dans la tenue laissant supposer que John était proche de l'apogée.

Ses mains ne s'arrêtant jamais, Sherlock accéda à la pression insistante à l'arrière de sa tête et abaissa sa bouche sur le cou de John une fois de plus. Il semblerait que le temps de la gentillesse soit terminé, et Sherlock ne se sentait plus très gentil, de toutes façons. Il se sentait possessif.

Il fit courir sa bouche ouverte juste sous l'oreille de John jusqu'à la base de son cou, puis mordit. Pas assez fort pour ouvrir la peau, mais assez fort pour que John puisse le sentir, assez fort pour laisser une marque comme il suçait la peau que ses lèvres entouraient, léchant du plat de sa langue et grognant de plaisir, tant à la sensation qu'au sentiment de possessivité que ça lui donnait.

Les mains de John se resserrèrent presque douloureusement et il cria, son corps frissonnant violemment entre les bras de Sherlock, tendu et tremblant comme son orgasme le ravageait, haletant et pulsant contre les doigts de Sherlock.

Cela sembla prendre un certain temps pour que son corps se calme et, après un moment, Sherlock laissa retomber sa main droite sur la jambe de John et remonta la gauche pour repousser les cheveux de son front, embrassant doucement sa tempe.

Il se sentait assez choqué, n'ayant jamais été témoin de l'orgasme d'une autre personne auparavant. La violence, la reddition l'avaient étonné. La façon dont John s'était donné, s'était complètement abandonné à ça. C'était avant tout une question de confiance, se rendit-il compte.

Sherlock savait comment il était perçu. Il savait que les gens le craignaient, d'autres le respectaient, peut-être même qu'ils l'admiraient, mais ils ne lui faisaient pas confiance. Même les policiers, qu'il avait aidés sur tant d'affaires, le regardaient toujours nerveusement, comme s'ils attendaient le jour où il deviendrait soudainement l'ennemi.

John lui faisait confiance. Il l'avait prouvé à de nombreuses reprises, mais jamais aussi ouvertement. Sherlock sentit une boule dans sa gorge alors que le poids du lien qu'il partageait avec l'homme dans ses bras commençait à peser sur lui. Il voulait assez urgemment tourner la tête de John et l'embrasser sur la bouche, mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas parce que John lui faisait confiance, et qu'il avait promis.

John semblait désarticulé maintenant, son bras toujours levé mais juste enroulé lâchement autour du cou de Sherlock, le corps détendu et se sentant de plus en plus lourd.

Doucement, Sherlock glissa en avant et les amena tous les deux sur le plancher, s'appuyant en arrière sur le fauteuil et enroulant ses bras autour des épaules de John, le tournant pour qu'ils soient à angle droit, et posa un baiser au sommet de sa tête.

Il attrapa la boîte de mouchoirs qu'il savait être à portée de mains, mais il ne pouvait pas nettoyer John de lui-même : sans sa vue, il ne ferait qu'empirer les choses. Les lèvres pincées par la frustration, il tendit la boîte à John qui rit faiblement sous cape en réponse.


Le bras de John était comme de la gelée, il dut s'y reprendre à deux fois pour prendre un mouchoir de la boîte, et un temps ridiculement long pour se nettoyer et reboutonner son pantalon. Il laissa tomber l'idée de remettre sa chemise pour l'instant et la laissa ouverte, se détendant dans les bras de Sherlock qui se resserrèrent autour de lui.

« Je n'arrive pas à croire quoi que tu as fait ça, » dit-il en secouant la tête.

« Est-ce que… » La voix de Sherlock était inhabituellement hésitante. « Est-ce que… c'était bien ? »

John renifla, tournant sa tête pour presser un baiser contre le cou de Sherlock. « Non, ce n'était pas bien, » répondit-il. « Bien n'est pas la description qui convient le mieux pour ce que tu viens juste de faire… Putain, c'était incroyable. » Il sourit, toujours un peu choqué. « Je pensais que ce serait plutôt dans l'autre sens. »

Il se tourna, regardant le visage de Sherlock et leva une main sur sa poitrine, la laissant ensuite glisser de façon suggestive. « Veux-tu que je… » il s'interrompit alors que Sherlock secouait la tête. « Tu ne veux pas que je te touche ? » demanda John en retirant sa main, une peur glaciale frappant soudainement son cœur. « Tu as décidé, alors ? »

Sherlock eut l'air surpris. « Non ! Non, John, ce n'est pas du tout ce que je voulais dire, » dit-il rapidement. « Je veux que tu… fasses… ce que tu as dit dans le taxi. Je le veux vraiment. C'est juste – pas maintenant, quand l'information est en route et qu'on ne sait pas quand le petit soldat de Mycroft peut arriver. » Il chercha la main de John, la ramena sur sa poitrine et la garda là.

John se détendit, se reposant contre l'épaule de Sherlock une nouvelle fois. « Alors, c'était en quel honneur ? » demanda-t-il. « Non pas que je m'en plaigne, bien sûr. » Il y avait un sourire dans sa voix.

Sherlock baissa la tête, si bien que ses mots étaient étouffés par les cheveux de John. « Je pensais que tu te rangerais du côté de Mycroft, » dit-il. John resta silencieux et il continua. « Je sais ce que tu ressens, » fit-il remarquer. « Et tu as été si protecteur avec moi depuis… » il leva brièvement leurs mains jointes en direction de sa blessure.

« Je me sentais frustré, parce que je pensais que tu mettrais ma sécurité physique au-dessus de tout le reste et je savais que je pourrais m'opposer à Mycroft, mais je… » Il s'arrêta et John attendit, espérant très fort qu'il n'allait pas juste exprimer sa gratitude.

« Mais tu ne l'as pas fait, » dit Sherlock. « Tu as placé mes besoins devant tes désirs. » Son bras se resserra et il enlaça John davantage.

« Ce n'est pas seulement de la gratitude, si c'est ce que tu penses, » ajouta-t-il avec son acuité habituelle. « Tu as prouvé que je pouvais être avec toi mais rester moi. »

John réfléchit à ça. Il était surpris que Sherlock ait si bien compris ses sentiments, ait compris qu'il y avait une énorme part de John qui ne voulait rien d'autre que d'emmener Sherlock loin, très loin de Moriarty et de tous ceux qui lui ressemblaient. Mais ce n'était pas une bonne chose de penser ainsi, parce que ça ne ressemblait pas à Sherlock et, en vérité, ça ne ressemblait pas à John non plus.

« Tu m'as impressionné, John, » fit Sherlock en interrompant ses pensées. « J'ai voulu te rendre heureux, t'offrir quelque chose, mais je ne peux pas dire, sans te voir, ce que tu veux exactement. » Le ton de sa voix révélait sa frustration. « Si je pouvais te voir, observer tes réactions, regarder ton visage, je saurais à quoi tu penses quand tu me regardes. »

John rit, sentant que, dans ce cas, c'était probablement aussi bien. « Je ne m'inquièterai pas, Sherlock, » dit-il. « Durant cette seule dernière semaine, j'ai probablement fantasmé sur presque tous les scénarii qui pourraient te venir en tête, plus quelques autres qui te feraient faire ta tête "Les humains sont bizarres". » Il leva les yeux. « Oui, celle-la, » confirma-t-il. « En toute honnêteté, tu ne peux pas faire de faux pas avec moi étant donné que j'ai déjà fait la moitié du chemin par moi-même. »

Sherlock hocha lentement la tête. « C'est pour ça que tu as regardé ? » demanda-t-il.

John frissonna, se demandant combien de fois il s'était branlé en prétendant que c'était la main de Sherlock au lieu de la sienne, mais de le voir pour de bon – de baisser les yeux et de voir ces longs doigts pâles enroulés autour de sa queue… c'était encore autre chose. Il s'assit, secouant la tête pour s'éclaircir les idées.

« On ferait mieux de s'arranger avant qu'Anthea n'arrive, » dit-il, libérant sa main et se mettant debout.

Sherlock grogna mais le laissa partir, reprenant sa place dans son fauteuil pendant que John rangeait et nettoyait autour de lui.


Quand Anthea arriva, il sembla à John que son calme habituel était quelque peu mis à mal. Elle refusa ses invitations à s'asseoir ou à boire, déposant à la place la sacoche verrouillée qu'elle portait sur la table de la cuisine autour de laquelle ils se tenaient tous.

La déverrouillant, elle en sortit un mince dossier et le tendit, avec une certaine réluctance, à Sherlock qui le passa immédiatement à John. Anthea se figea mais parut se résigner.

« Je n'ai pas de version audio de ce dossier, puisque peu de personnes sont autorisées à l'avoir en main, » dit-elle à Sherlock. « Une autorisation temporaire a été octroyée au Dr Watson, conformément à votre propre autorité existante. »

Le sourcil de John s'arqua, se demandant pourquoi Sherlock n'avait jamais mentionné avoir une autorisation de haute sécurité, et s'il y avait eu une affaire pour laquelle il avait eu à s'en servir.

« Ce dossier est en cours et des mises à jour vous seront adressées régulièrement. Cela inclut les enquêtes sur les arrangements financiers des affaires connues comme étant associées avec Moriarty, » dit-elle. John découvrit une étiquette marquée Janus Cars alors qu'il feuilletait le dossier.

« Vous trouverez aussi l'avancée sur le pistage de la femme utilisée comme diversion sur le banc de Regent's Park la semaine dernière, » continua Anthea. « Ainsi que l'interrogatoire du tireur appréhendé à la piscine et les longs entretiens avec Mademoiselle Hooper. »

John leva les yeux. « Vous voulez dire Molly ? » demanda-t-il. « Molly de la morgue ? »

Anthea baissa les yeux sur son Blackberry, par habitude sans doute, puisqu'elle semblait bien au courant des moindres détails. « En effet, » répondit-elle. « Mademoiselle Hooper a eu le plus d'interaction avec Moriarty et elle désirait aider. » La bouche d'Anthea se plissa légèrement. « Bien que le fait qu'elle se sente extrêmement responsable de ce qui s'est passé l'ait rendue quelque peu… » elle s'arrêta, cherchant sans doute une expression neutre plus appropriée, « émotive, » finit-elle.

« On avait remarqué, » intervint Sherlock, sa voix profonde faisant sursauter John alors qu'elle résonnait juste à côté de son oreille. Il était si intéressé par le dossier qu'il n'avait pas senti Sherlock se rapprocher.

Le regard d'Anthea passa de l'un à l'autre depuis l'autre côté de la table, mais son visage resta prudemment inexpressif. Elle reprit la mallette et recula. « Évidemment, le dossier ne peux pas quitter l'appartement, ni être laissé sans surveillance. Avez-vous un coffre ? »

John hocha la tête.

« Alors utilisez-le, » ordonna-t-elle. « D'ailleurs, nous voudrions faire installer un système de surveillance, à la fois dans l'appartement et dans le hall d'entrée. »

Les deux hommes se figèrent, parlant d'une seule et même voix.

« Non, » dit John. »

« Certainement pas, » dit Sherlock.

Anthea leva un sourcil parfaitement épilé. « Comme vous voudrez, » répondit-elle, se tournant vers Sherlock. « J'informerai votre frère de la situation, » dit-elle. « Il doit être… inquiet. »

Sherlock l'ignora, clairement impatient de se plonger dans le dossier.

« Je vous raccompagne, » dit John, laissant Sherlock frustré derrière lui alors qu'il suivait Anthea dans les escaliers. Mme Hudson était apparue et attendait en bas, son nez se fronçant en sentant de potentiels ragots dans l'air.

« Une nouvelle amie, Dr Watson ? » s'enquit-elle vivement, mais avec une note de désapprobation dans sa voix. « Comment va ce cher Sherlock ? »

Anthea lui jeta un regard en arrière, moqueuse – elle semblait bien plus détendue une fois loin de Sherlock. John roula des yeux.

« Sherlock va bien, merci Mme Hudson, » répondit-il. « Voici Anthea, une collègue. »

« Bonjour, » dit Anthea tout sourire, mais elle ne s'arrêta pas. « Je dois y aller, on reste en contact, John. »

Et elle était partie et John se retourna, sachant que Sherlock devait trépigner d'impatience pour qu'il commence à lire le dossier.

Mme Hudson attrapa sa manche. « Oh, attendez, mon cher, » dit-elle. « Je vous rends le vôtre… » sa voix s'éteignit alors qu'elle s'éloignait, puis commençait à parler par dessus son épaule. « Il m'en a trop rendu, vous savez, » dit-elle, « mais je n'ai rien voulu dire, vu les circonstances. Il m'a coincée juste comme je rentrais la nuit dernière. »

Elle disparut derrière sa porte, émergeant un moment après avec quelque chose dans les bras. « Je voulais vous demander, pour être sûre que vous aviez fini avec ça, mais il a dit que ça pourrait prendre un moment, » ajouta-t-elle en lui tendant le tout.

Quelques minutes plus tard, John entrait dans leur salon pour trouver Sherlock attendant sur le canapé, ses doigts noués alors qu'il réfléchissait, le dossier posé sur le siège à côté de lui.

Il tourna la tête avec empressement alors que John traversait la pièce et lançait son coussin de l'Union Jack sur son fauteuil. « Tu as dit à Mme Hudson que je serai un long moment sous la douche ? » demanda-t-il.

Le visage de Sherlock s'éclaira. « Ça n'a pas d'importance, » dit-il. « Allez, John, » il prit le dossier et le secoua, tapotant le siège près de lui.

John ne bougea pas. « C'est ça que tu as fait avec les coussins la nuit dernière ? Tu les lui as juste rendus pendant que je prenais ma douche ? » Sherlock se contenta de hausser les épaules et John soupira. « Elle m'a demandé si j'étais vraiment très sale, » se plaignit-il.

Sherlock rit sous cape. « Ça semble être une question parfaitement justifiée étant donné le temps que tu as passé là-dedans cette semaine, » fit-il remarquer avant de secouer à nouveau le dossier. « Allez, John, » insista-t-il. « Le jeu ne se jouera pas tout seul, tu le sais. »

Ce fut avec une certaine réluctance que John s'avança jusqu'au canapé et Sherlock parut s'en rendre compte. « As-tu changé d'avis ? » demanda-t-il alors que John s'asseyait. « Tu penses que se lancer à la poursuite de Moriarty est trop dangereux ? » Il avait l'air circonspect.

John prit le dossier. « Il y aura toujours du danger, avec toi, » répondit-il. « Je ne veux pas transformer Moriarty en une espèce de croque-mitaine. Il n'est pas Voldemort. » Sherlock ne réagit pas et John soupira à nouveau. « Je n'ai pas peur de son nom, » expliqua-t-il. « Moriarty est certainement dangereux, peut-être même l'adversaire le plus dangereux que tu n'auras jamais, mais il est humain, et je n'ai pas autant de problème que toi pour gérer ça. »

Sherlock parut confus. « Tu veux dire, la cécité ? » demanda-t-il, mais il secoua la tête immédiatement. « Non. Non, ce n'est pas ce que tu veux dire ? » Il se figea. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Je veux dire que je ne suis pas un idiot, » dit John froidement, toujours contrarié par l'histoire de la douche. « Je me fiche du pourquoi, du comment, ou de quoi que ce soit. Je ne suis pas comme toi – je n'ai pas besoin de lui parler, ou d'être en compétition avec lui, ou même de jouer avec lui. »

Il regarda Sherlock, oubliant son irritation alors que ses yeux balayaient le visage qu'il connaissait si bien. « Je sais que ce ne sera pas facile, » ajouta-t-il, « mais tu le trouveras. Je sais que tu le feras. Tu le trouveras et il n'y aura pas de discussion, ça n'ira pas plus loin. » Le visage de John était sinistre. « Je serai heureux de le tuer. » Il ouvrit le dossier.

À suivre…

La traductrice accepte les commentaires avec plaisir !