Par avance : JKR c'est pas très loin de JRRT, non ? Bon trève de galégeades... Mesdames, mesdemoiselles et messieurs voici un chapitre vachement long parce que je ne voulais pas le découper. Il s'agit du deuxième de la trilogie Halloween (il n'y aura pas de meurtres en série je vous rassure). Il s'agit également de la première vraie incidence de mon bouquin sur l'intrigue du T3 de HP. Alors si incohérence il y a, prévenez-moi que je corrige ça de suite. Ca m'a fait bizarre de faire parler HP, mais il est tellement simple comme gusse que c'était pas trop difficile. Des infos sur Ginger et Morgan particulièrement. Enjoy (et merci à mes fans féminines :) )
HALLOWEEN CONSTRUCTIF - MORGAN
J'aidai Joanna à avancer dans ce devoir que j'avais pour ma part fini depuis longtemps, jusqu'à ce que l'heure du déjeuner arrive. Je descendis à la Grande Salle en compagnie d'une Joanna soulagée et d'un Martin tout guilleret – je n'aurai su dire si c'était à cause du potentiel séjour chez moi. Ginger était déjà à table, isolée, essayant visiblement de faire le moins de bruit possible en se servant. Je cherchai un moment Melany, mais elle semblait introuvable. Je m'assis donc à côté de Joanna et face à Martin qui s'assit à côté de Ginger. A ma grande surprise, le célèbre Harry Potter vint se mettre seul à la table, non loin de nous. Je m'étonnai qu'il ne soit pas à Pré-au-Lard avant de réaliser qu'il aurait eu du mal à trouver une autorisation sans parents encore vivants.
Je plaignais un peu ce garçon dont tout le monde connaissait la tragédie familiale. Je n'aurai pas aimé que la mienne se sache… Non, ça m'aurait tuée pour de bon. Quelque part, je me sentais proche de lui.
Alors que Joanna était trop occupée à avaler goulûment du pâté tartiné sur du pain et alors que Ginger et Martin regardaient Potter avec un respect admiratif, je me tournai vers lui et l'observai. Il avait l'air morne.
Je ne sais pas si je fus poussée par un relent de compassion ou par ma curiosité, mais je finis par lui adresser la parole. Moi qui ne pensait pas adresser la parole à qui que ce soit, je commençais maintenant à m'ouvrir. Les efforts que j'avais promis à Martin venaient en fait tous seuls…
« Bonjour, fis-je de ma voix la plus amicale. Tu es bien Harry Potter ?
Il soupira et fit :
– Oui, c'est bien moi. Oui, je suis celui qui a terrassé malgré lui Voldemort.
On aurait dit que ça le gonflait. Je répondis :
– J'ai cru entendre ça, oui. Mais tu sais, moi, je ne connais pas grand chose à ce sujet et je m'en moque un peu.
Alors que Joanna ricanait – elle connaissait mon désintéressement pour ce qui avait bouleversé le monde des sorciers –, Martin me regarda avec des yeux ronds tandis que Ginger semblait vouloir rapetisser. Harry, lui, me regarda avec un air intéressé :
– Alors tu ne veux pas un autographe ?
Je ris légèrement.
– Non, ça ne m'avancerait à rien. Et je suppose que tu souhaiterais vivre ta scolarité sans cette étiquette sur le dos, non ?
Il me regarda avec intensité et dit doucement :
– C'est à peu près ça, oui.
– Alors, je te considérerais comme un aîné de la même maison que moi. Je pense que ça sera mieux pour toi, et pour moi.
Il fronça les sourcils.
– Pourquoi pour toi ?
– Parce que ce qui t'est arrivé ne me fait aucun effet. C'est comme si la nuit où Voldemort avait disparu grâce à toi était gravée dans un livre d'histoire et qu'elle ne devait pas en sortir. Je ne me sens pas concernée, je suis arrivée lors d'une nouvelle ère, inutile de ressasser le passé.
Joanna ricana de nouveau, mais plus doucement, ce qui me surpris. En fait elle avait déjà bien cerné qui j'étais sans que moi je puisse deviner qui elle était au fond. Il faut dire que ce genre de phrase, sortie de la bouche d'une gamine de onze ans, était des plus déstabilisante. Harry finit par se tourner vers son assiette et dit d'un air sombre :
– Tu as sûrement raison, mais… Le passé vient parfois nous rattraper, qu'on le veuille ou non. Certains souvenirs que l'on voudrait oublier…
Le souvenir que m'arrachaient les Détraqueurs me revint en mémoire malgré moi et je dis tristement :
– Oui, que l'on aimerait ne jamais avoir eu mais que… Quelque part… On ne souhaite pas voir effacés de sa mémoire, de peur… D'oublier un visage, ou une voix…
Harry se tourna vivement vers moi tandis que je relevais des yeux humides. Puis comme d'un commun accord nous détournâmes nos yeux avec un petit rire gêné. Alors que je séchais vite fait mes yeux, il dit simplement :
– Tu es spéciale pour une première année.
– Oui on me l'a déjà dit. » répondis-je d'un ton désinvolte.
Il ne répondit rien et personne n'ajouta quoique ce soit. Je mangeai tranquillement ce qu'il y avait dans mon assiette avec l'impression d'être grandie par cette conversation. Je trouvais que l'étiquette de « spéciale » qu'on me collait me donnait une aura de mystère des plus agréables. Ca me mettait hors du lot et comme je l'ai déjà dit, c'est ce qu'ici je recherchais.
Lors du repas je vis passer Morgan au loin qui m'adressa un clin d'œil. Puis elle me fixa en semblant attendre quelque chose. Après un instant d'appréhension, je lui fit également un clin d'œil avec un sourire incertain. Elle eut l'air ravie par cette réponse.
Harry Potter partit de la table en adressant à notre groupe un « A plus tard ». Martin partit peu après, ayant rendez-vous avec son ami fan de Quidditch. Joanna s'en alla à la poursuite d'une autre élève de première année qui semblait-il lui devait de l'argent. Je me retrouvai alors face à une Ginger qui depuis le début de ma conversation avec Potter ne regardait que son plat.
« Eh, Ginger, ça va ?
– Euh, oui, pas de problème, répondit-elle de sa petite voix.
Je décidai de tenter quelque chose que je voulais tenter depuis un temps. J'appréciais de plus en plus Ginger. Alors que je ne la voyais que comme une copine de chambrée au départ, elle avait attiré mon attention et finalement je l'avait prise en affection. La proximité sans doute, mais aussi j'en étais persuadé son côté introverti qui m'intriguait.
– Pourquoi est-ce que tu te caches tout le temps, Ginger ?
– Je ne me cache pas…
Elle avait la conviction d'une moule.
– Allons, moi-même qui devrait être plus mal à l'aise ici je m'ouvre plus facilement aux autres. Toi tu es toujours dans ta coquille…
– Parce que je n'ai rien à dire d'intelligent…
– C'est une excuse ça. Ose ! On ne va pas te manger, moi la première !
– Je sais mais… Excuse-moi.
– Mais ne va pas t'excuser en plus ! Et puis, je suis sûre que tu as plus de choses intelligentes à dire que tu ne veux bien l'avouer.
– Je ne sais pas.
Je me levai.
– Ne mâche pas tes mots avec moi en tout cas. Ca m'énerverait plus que tout.
Nous étions seuls dans un rayon de dix mètres. Elle se leva d'un coup et me regarda avec un air faiblement déterminé.
– Alors dans ce cas, Maggy, je sais que tu es plus à même de vivre ici que tu ne veux bien l'avouer. Tu fais la frigide avec ce monde, mais tu l'acceptes sans broncher. Cesse de te donner ce genre de Moldue tombée au mauvais endroit et comporte-toi en sorcière !
Je la fixai avec un air interdit, ne m'accordant aucun mouvement. J'attendis une suite qui ne vint pas. Ginger parut tout à coup paniquée par son accès de franchise et me dit d'une toute petite voix en fixant ses mains qu'elle massait :
– Désolée, Maggy…
Je mis un temps à me détendre et à sourire.
– Hé, Ginger. Je crois que… Que j'avais besoin d'entendre ça. Merci.
Elle releva subitement la tête, l'air soulagé.
– Tu ne m'en veux pas ?
Je lui adressai un regard des plus tendre.
– C'est ce que je te disais. Il en faut plus pour vexer… Une amie. »
Et sur cette phrase dont j'étais fière, je me retirai pour aller digérer dans le parc. Et appeler mes parents par la même occasion. Je jetai quand même un bref regard en coin vers ma camarade qui semblait aux anges, bien que comme à son habitude repliée sur elle-même.
L'après-midi fut bien tranquille, et je dois avouer que je ne fis rien du tout sinon rester dans le parc, pensant aux mots de Martin et Ginger, à l'attitude étrange de Morgan envers moi et à ma sœur qui, je l'avais appris au téléphone, était atteinte d'une angine. Puis arriva le banquet d'Halloween, un vrai plaisir pour Joanna et moi. Nous nous rencontrions sur ce point : l'appétit et l'absence de prise de poids. Nous mangions comme des trous tout ce qui passait à portée de bras et depuis presque deux mois à ce régime nous n'avions pas pris un gramme, ou du moins pas un bourrelet puisqu'il n'y avait pas de pèse-personne dans les locaux.
Alors, lorsque nous vîmes en plus d'une décoration des plus sympathiques même si conforme à certains clichés Moldus, un festin sans égal, nous fondîmes sur les plats tels des vautours affamés, ne laissant rien nous échapper. Ce dîner fut vraiment agréable pour moi. Dans l'euphorie du repas, je me mis à rire à n'importe quelle blague de mes voisins, même de personnes que je ne connaissais pas. Je me mis également à parler musique avec Joanna et découvrit qu'elle avait tout bonnement les mêmes goûts musicaux que moi. Elle était en particulier fan de Muse, comme moi. Nous nous mîmes même à chanter « Time is running out », ce qui ne fut pas du goût de tout le monde autour – cette chanson demande une tenue de voix que nous n'avions pas à notre âge ainsi qu'une coordination que Joanna et ma personne étions incapables d'acquérir dans notre euphorie. Je pus voir Fran rire aux éclats en nous regardant.
Je lui demandai ensuite comment elle avait pu écouter Muse dans son monde sans lecteur CD ou ordinateur pour lire le MP3. Elle me répondit avec un clin d'œil :
« Aha, j'ai mes petits secrets. Je te montrerai sans doute un jour.
– J'ai hâte. »
C'est à ce moment que les fantômes décidèrent de nous offrir un ballet aérien. Devinez ma réaction… Désintérêt total. Malheureusement c'était le genre de représentation qui me laissait froide. Je voulais bien m'intégrer mais je devais quand même garder mes goûts pour moi. Joanna elle paraissait plus amusée que réellement intéressée. Les autres autour de moi à part Ginger qui regardait encore son assiette, observaient le défilé avec gaieté. Je décidai de sortir un peu.
Plus le bruit de la fête se faisait rumeur, plus je me sentais sereine. C'est une chose que j'adore, m'en aller pour un temps d'une fête qui bat son plein. Tout en ayant partagé l'euphorie collective, j'ai cette impression que j'adore de sortir du lot. Je regarde la foule animée de l'extérieur et profite du contraste avec le calme extérieur. Et le château est tout ce qu'il y a de plus calme lorsque tout le monde se trouve dans la Grande Salle. Je décidai donc d'aller faire un tour dehors. Mais alors que j'arrivai près de la Grande Porte, la voix de Morgan me fit sursauter.
« La fête n'est pas à ton goût, Finey ?
Elle venait encore de faire une de ses apparitions surprises. Le fait qu'elle m'ait suivi m'inquiétait un peu, cela voulait dire qu'elle m'avait surveillée. Je me mis donc sur la défensive, repensant à l'avertissement de Joanna.
– Je te retourne la question, Morgan.
Elle croisa les bras, l'air agréablement surprise.
– Tu gagnes en assurance face à moi, enfin. Et pour te répondre, disons que les fêtes, ce n'est pas vraiment mon truc. Mais j'y assiste, histoire de ne rien louper qui vaille le coup. Maintenant, à ton tour.
– Je…
Devais-je lui dire ? Un instinct en moi me disait de me confier à elle, qu'elle comprendrait et qu'elle ferait une remarque pertinente, que je n'avais rien à y perdre. Mais un autre instinct me disait de me méfier. Je tergiversais et ne répondais pas, cette simple réponse à une question banale devenait pour moi une affaire cruciale. C'était trop stupide. Il fallait mettre les choses au clair avec Morgan, car elle faisait trop flancher mon esprit.
– Morgan, est-ce que je peux te faire vraiment confiance ? Tu es une Serpentard, ne vas-tu pas me poignarder dans le dos le moment opportun ? Je l'ai senti, tu es une fille vraiment intelligente et mature, tu pourrais être en train de me mentir sur toute la ligne et de me tendre un piège.
Morgan s'assombrit sur le champ. Sa tenue noire et sa chevelure de jais n'arrangeaient rien au regard froid qu'elle me lança. J'avais tout à coup l'impression d'être face à un démon. Elle s'avança vers moi d'une démarche calme, ses poings serrés, me paralysant de ce regard dur et sombre.
– N'as-tu pas retenu ce que je t'ai dis, Finey ? Ton crâne de piaf de Gryffondor ne retient-il pas ce que peut te dire une Serpentard ?
– Je… Je ne…
J'étais incapable de formuler une phrase sans me dire que ça pourrait l'énerver davantage.
– Alors parce que je suis sympathique avec toi, forcément c'est pour te faire plus mal par la suite. Tu veux savoir, Finey ? C'est à cause de ce que tu viens de dire que je pourrais me retourner contre toi et te faire vraiment mal.
Je n'osais même pas reculer. Je restai sur place. Et elle fut tout à coup devant moi, me dépassant d'une tête, avec des yeux qui ne faisait passer aucune émotion. Sans le vouloir, je revis cette scène que les Détraqueurs m'avait fait revivre. Morgan se trouvai exactement dans la même position que lui. Je tombai soudain à la renverse, regardant Morgan avec des yeux qui ne devaient exprimer qu'une peur sans borne. Ma respiration était haletante et je tremblotait. Morgan en parut davantage courroucée.
– Alors c'est vrai. Je ne t'inspire que de la méfiance, voire de la peur… Dire que j'ai cru que tu passerais outre les apparences et les clichés. Tu me dégoûtes, Finey, parce que j'ai cru un instant qu'un Gryffondor pouvait être différente des autres comme moi je suis différente des autres Serpentards. Mais quand je t'ai dit que tu ne devais pas me craindre car c'est cela qui t'apporterait la sécurité et quand je t'ai dit que tu ne devais pas ramener ma maison à mon comportement, en fait tu n'as même pas essayé de le croire. Que je t'ai sauvé la vie ne change rien non plus, visiblement.
Elle me le rappelais de plus en plus. J'étais morte de terreur. Elle sortit soudain sa baguette.
– Alors peut-être que je devrais me conformer à ce que tu penses, non ? Juste un petit Doloris pour une Sang de Bourbe… Hein, Margaret Finey ?
Elle prit le même rictus que sur l'esplanade. Il se fit alors une rupture totale dans mon esprit avec l'image que j'avais de mon souvenir. Je la revis dans un flash me serrer contre elle, j'entendis son chant et je revis son visage serein au clair de lune. Qui j'avais en face de moi n'était pas la vraie Morgan. Pour me donner plus de courage, je fermai de toute mes forces les yeux et criai :
– Arrête, Morgan !
Je n'entendis rien. Pas un bruit. Je continuai donc :
– Si je me suis méfiée de toi, c'est parce que… Tu es mystérieuse au point que je pourrais me faire n'importe quelle opinion sur toi ! Pourtant… Pourtant toujours en moi une voix me disait que tu étais une personne sûre et protectrice. Mais j'ai été obligée d'écouter la raison. Je ne sais rien de toi, tu es puissante, tu… Tu as des regards effrayants comme celui que tu viens de me faire ! Si… Si je suis tombée par terre, complètement terrifiée, c'est parce qu'en t'avançant vers moi avec cet air froid… Tu me rappelais un souvenir affreux !
J'attendis une réaction. Il n'y en avait toujours pas.
– Mais… J'ai écouté tout ce que tu as dis, et rassure-toi j'avais tout enregistré. Cependant je ne voulais pas endormir ma méfiance juste parce que… Parce que…
Devant mon hésitation il y eut une réponse.
– Parce que quoi, Finey ? Répond, je te prie.
Sa voix avait retrouvé son calme, ce qui m'encouragea à finir ma phrase.
– Parce que tu m'attirais ce respect et cette admiration inexplicable. Car je ne te connais pas, Morgan. Ce que je connais, c'est ton comportement versatile et tes airs mystérieux. Tu voudrais que je te fasse entièrement confiance avec ça ! Mets-toi à ma place !
Je restai immobile, attendant une réaction. Soudain je fus relevée d'un coup et Morgan épousseta mes vêtements. J'ouvris lentement les yeux et découvris une expression que je n'avais encore jamais vue sur son visage : la gêne. Ayant finit de m'épousseter, elle dit d'une voix douce mais sans ce ton enjoué qu'elle avait d'habitude, d'une voix aussi enchanteresse que son chant :
– Pardonne-moi, Margaret. J'ai mal réagi. J'aurai du m'attendre à ce que tu aies des doutes. J'aurai du les prendre avec le sourire et te convaincre que je suis sincère dans ce que je te dis. Tu… Tu veux bien qu'on aille en haut ? Histoire de parler… Je crois qu'on a besoin de plus de communication. »
J'aurai pu lui en vouloir gravement pour la façon dont elle m'avait menacée. Pourtant je ne lui en tenais pas grief. Je voulais juste laisser cet épisode de côté qui m'avait fait comprendre que j'avais tort de la craindre… Mais aussi que je ne devais pas m'opposer à elle.
En y repensant, si j'avais tout su d'elle ce soir d'Halloween, j'aurai gardé des raisons de la craindre, mais pas pour ce qu'elle aurait pu me faire à moi. Mais elle restait comme je le lui avais fait remarqué une quasi-énigme pour moi. J'acceptais donc son invitation et seules nous partîmes en direction de la terrasse.
Cependant nous rencontrâmes un obstacle et pas des moindres. Nous marchions silencieusement, je ne savais pas comment renouer le dialogue et visiblement Morgan non plus. Puis soudain il y eut un hurlement que je reconnus être celui de la grosse dame du tableau qui gardait la salle commune des Gryffondors. Nous n'en étions pas loin. A ma grande surprise, Morgan s'élança sans hésiter vers la source du cri. Je la suivis. Après quelques détours de couloirs, nous arrivâmes dans le couloir donnant directement sur la salle commune. J'eus le temps de voir un homme au loin, maigre, de longs cheveux noirs sales et une robe noire rapiécée. Je reconnus la silhouette vue sur une photo de la Gazette du Sorcier. Mais avant que j'ai pu réagir, Morgan me poussait violemment dans le couloir d'à côté, hors de vue de Sirius Black.
Elle sortit sa baguette et chuchota en pointant les torches proches :
« Nox ! »
Elles s'éteignirent. Puis elle me força à me plaquer contre le mur d'une main tandis que de l'autre elle me ferma la bouche. Je retins mon souffle. Il y eut des bruits de pas rapides, puis des bruits plus légers. Et à ma grande surprise je vis passer un gros chien noir qui tourna au coin vers le couloir d'où nous venions. Après un temps seulement Morgan enleva ses mains de mon corps. Puis elle murmura :
« Intéressant, ça…
J'étais pour ma part paniquée. Et un peu perdue…
– Morgan, tu as bien vu Sirius Black toi aussi !
Elle me dit de son ton décontracté :
– En effet, c'était bien lui. Je me demande bien ce qu'il peut faire ici. Contrairement à ce que j'avais dis, il a été assez stupide pour revenir là ou traînent les Détraqueurs… Cependant, il a réussi à leur échapper et ça c'est beaucoup moins stupide. Qu'est-ce que tu cherchais, Black ?
– Mais, et ce chien, c'était…
– C'était Black. Du moins je ne vois pas d'autre explication rationnelle…
Je m'insurgeai contre cette remarque que ma raison n'appréciait pas.
– Parce qu'un homme qui devient un chien c'est rationnel pour toi !
Elle tourna vers moi un regard attendri.
– Eh, Finey, tu es dans le monde des sorciers. Réfléchis un peu… Tu as suivi les cours de la vieille McGonagall, non ? Métamorphose… Ca te dit quelque chose ?
J'étais vraiment stupide parfois. C'était sans doute la panique. Je suivais des cours de Métamorphose depuis deux mois et je n'avais pas fait le rapprochement. Seulement…
– Il ne faut pas une incantation pour la métamorphose ?
– McGonagall n'en fait pas, non ? fit Morgan avec un sourire en coin.
– Euh…
– C'est un Animagus, c'est pour ça. Elle peut se transformer comme elle veut. Et on dirait que notre cher Black le peut également.
– Il faut en parler à Dumbledore !
Elle se retourna vers moi vivement, me prit par les épaules et me fixa dans les yeux d'un air sérieux.
– Finey ! Tu ne parles de ça à personne !
– Morgan ! Je sais que pour l'histoire des Détraqueurs, ça t'aurait apporté des ennuis qu'on parle de ça. Mais là, tu ne risques rien, l'école si. C'est un tueur en liberté.
Elle eut un rire amer puis me fixa avec un regard amusé.
– On ne craint rien, Finey. Rien du tout. Il ne viendra pas tuer qui que ce soit. Il n'a pas l'âme du tueur.
Elle dit cette dernière phrase avec une pointe de gravité. Je ne comprenais pas ce qu'elle me racontait.
– Alors maintenant, Finey, c'est mon affaire, mon enquête…
Elle me jaugea ensuite avec un regard intense.
– Voire notre enquête. Mais on ne prévient personne d'autre. Tu m'entends, personne !
– Mais il a tué douze non-sorciers !
– J'ai dis personne !
Elle mit son visage à deux centimètres du mien, les yeux dans les yeux. Je pouvais sentir son souffle sur mes joues. Ses yeux noirs me flanquaient la chair du poule et la voix dure qu'elle venait de prendre me rendait impuissante. Je finis par dire d'une petite voix :
– D'accord. Personne… Je garderai le secret.
Elle se détendit aussitôt et se recula un peu son visage. Puis elle remonta ses mains depuis les épaules jusqu'au bas de mes joues et commença à les caresser légèrement, ce qui eut pour effet de me faire rougir.
– Je savais que je pouvais te faire confiance, Finey. Maintenant, on marche ensemble.
Puis elle se recula en entendant un brouhaha.
– Tes camarades arrivent. Va les rejoindre, Finey.
Elle fit demi-tour et commença à s'éloigner dans le couloir d'où nous venions. Je la regardai un moment, incapable de bouger, encore choquée par ses caresses, même si elles paraissaient plus amicales qu'autre chose. Alors que nous devions parler pour que je la comprenne mieux, elle venait de me plonger dans un désarroi encore plus grand. Elle s'arrêta soudain et leva le doigt.
– Au fait, Finey… Je ne suis pas folle, je ne laisserais pas le meurtrier de douze innocents et d'un sorcier moins innocent courir dans nos locaux comme ça. Du moins je ne suis pas assez folle. Black est innocent, Finey. Désespérément innocent. »
Tindin ! Mais, me direz-vous, comme diable Morgan sait-elle ça ? Héhéhé ! Tout a déjà été prévu, et la grande mécanique se met en marche mwahahahah... ahem, restons calme. Enfin bon, vous ne saurez la vérité sur Morgan qu'au fur et à mesure, je distile gentiment tout ça ! Prochain chapitre, je m'intéresserai à la nuit passée dans la Grande Salle qui je trouve manque de détails dans le T3. Du coup j'en invente et Pourdlard prend des allures de camp de vacances. Oulah, je cause, je cause...
