D'un côté, heureusement que ni le Maître, ni aucun des Mangemorts n'avaient de notions d'art car cela faisait bien une semaine que Draco et moi nous nous enfermions toute la journée, et Monsieur le peintre n'avait pas tracé ne serait-ce qu'un filet de peinture. Nous avions du expérimenter tous les tapis, canapés, lit (mis à part celui de ma fille). La salle de bain avait aussi abritait nos ébats, enfin ce ne fut que du bonheur bien que je commençais à m'inquiéter. La vie ne devait pas se passer comme ça, cela fonctionnerait deux mois, trois grand maximum, et si Draco n'avait pas fini la tableau, le pot aux roses ne tarderait pas à être découvert, ce qui signerait notre fin à tous les deux, sans compter celle de ma fille.
J'étais assise sur le canapé, seulement habillée d'une peau de loup gris pour me protéger du froid qui se faisait de plus en plus insistant. Mon amant se baladait nu dans mes appartements, un sourire léger sur les lèvres, ne semblant pas partager mes tourments. Je lui enviais son insouciance, mais dans un couple, même hors-mariage, il fallait bien qu'un des deux posent des limites, sinon ils seraient découverts. Il me vit les sourcils froncés et s'inquiéta pour moi. Il s'agenouilla à mes pieds soucieux. Je passais une main dans ses cheveux, un sourire rassurant sur les lèvres.

- Draco, il faut commencer la tableau. Nous ne pourrons pas vivre éternellement comme ceci, et si nous voulons que notre relation dure, il faut faire cesser rapidement ce bonheur temporaire.
- Si je commence à peindre, murmura mon amoureux, c'est comme déclencher un compte à rebours. Le compte à rebours de cette sécurité que nous avions réussi à instaurer.
- Je ne veux pas que cela continue Draco, ce que je veux c'est vivre le plus longtemps avec toi à mes côtés, et ce n'est pas en nous prélassant et en faisant l'amour comme deux jeunes insouciants que la vie s'arrêtera et nous laissera vivre tranquillement notre idylle. Je suis prête à affronter tous les dangers pour ne vivre que par toi, mais il faut que j'ai le sentiment que ces dangers ne seront pas vains, qu'ils continueront même dans des conditions moins confortables. Je t'aime Draco, et je ne souhaite que notre bonheur, et donc à notre survie, à tous les deux.
- C'est la première fois que tu me le dis, que tu m'aimes, chuchota mon chéri en posant sa tête sur mes genoux.
- Cela n'en reste pas moins vrai, souris-je, en embrassant tendrement ses lèvres. De plus, on ne peut pas dire que tu me noies sous des avalanches de mots d'amour.
- Je t'aime.

Un nouveau sourire creusa mon visage, j'avais tellement sourit et rit que des rides commençaient à se faire deviner autour de mes yeux et au coin de mes lèvres. J(avais beau avoir 23 ans, je regardais ce signe comme une bénédiction, je n'étais pas comme ces filles qui s'enduisaient de sorts antirides ou autre... J'aimais regarder les marques de la nature, quoique je n'apprécierais pas trop si je commençais à devenir foncièrement laide, je reste une femme tout de même.
Draco enleva ma couverture et regarda attentivement mon ventre. Il posa une main dessus, essayant de deviner s'il y avait un changement entre ce jour et la semaine précédente. Je souriais devant des gestes d'une telle tendresse, il n'était pas jaloux, loin de là, alors que je boudais quand je savais que j'allais devenir grosse, et toute ronde, il n'attendait que ce moment, pour me réconforter dans mes moments de blues, il posait ses mains sur mes joues en m'assurant que je serais toujours aussi belle.
Finalement il se leva, s'habilla et se mit à chercher sous la montagne de vêtements qui traînaient par tout par terre. Il faut dire qu'aucun de nous deux n'étaient maniaque, donc les affaires s'empilaient au fur et à mesure que nos ébats se multipliaient. Il revint de la salle de bain, en tenant son carnet de dessin d'un air triomphant alors que j'éclatais de rire.

- Que faisait-il là-bas, m'exclamais-je. Mon Dieu, je vais faire un peu de rangement pendant que tu peins. Tu n'as pas réellement besoin de mon aide ?
- Tant que je ne commence pas à te peindre je peux me passer de toi, du moins pour le dessin, sinon chaque seconde où tu ne rentreras pas dans mon champ de vision, dit-il d'un air dramatique, sera une telle...
- Tais-toi, le coupai-je en riant et en posant ma main sur ses lèvres. Arrête de dire de telles bêtises. Je te promets de rester dans un rayon de vingt mètre. C'est raisonnable je trouve.

Il embrassa mes doigts, et me tourna le dos tel un acteur dont la fiancée factice venait de le renvoyer. Il s'installa devant la fenêtre pour profiter des rayons bienfaiteur du soleil. J'enfilais une robe blanche en vérifiant que mon suçon avait bien disparu. Et je commençais à m'activer dans la chambre, ramassant les divers objet qui avait chuté de leur meuble, repliant les vêtements, appelant un elfe pour qu'il les prenne, refaisant le lit, remettant les tapis à leur place, replaçant correctement le lit, les canapés, les fauteuils. Mon amant ne pensait plus à moi, obnubilé par son dessin, que je n'avais toujours pas vu soit dit en passant, il le gardait comme les quarante voleurs cachaient leurs trésors. Je finis par m'allonger de tout mon long sur le canapé, estimant le travail fini et je regardai attentivement Draco. Il n'y avait aucune chance que je puisse me passer de sa vision un jour. Ses cheveux blonds étaient devenus longs ce qui affinait un peu plus son visage, ses yeux gris avaient revêtus une apparence douce et devenaient plus bleu, ses lèvres rouges ne laissaient plus passer des insultes ce qui semblait les rendre plus tendre, plus douces, son nez avec sa consonance grecque donnait tout de même une note dure à la mélodie de son visage, rappelant qu'il savait être mauvais quand il le devait. Je penchais la tête, me demandant comment lui me voyait. Me trouvait-il plus belle que les autres ? Y avait-il quelque chose qu'il préférait en moi ? Si je devais en choisir sur lui, je pense que je prendrais... Tout. Je ne pourrais pas choisir entre ses lèvres, ses cheveux ou encore ses yeux. Ou ses fesses. Un sourire mutin surmonta mes lèvres à cette pensée. Par Merlin, je me damnerais pour ses fesses.

- A quoi penses-tu, me demanda-t-il en prenant une pause dans son travail. Tu as l'air tellement rêveur que j'avais envie de te sauter dessus, rit-il.
- A tes fesses, répondis-je pensivement. Attends, je n'ai pas dit ça tout haut ?
- Si !
- Par Merlin...

Il continua de rire alors que je n'avais qu'un sourire légèrement gêné. Il posa ses instruments sur le rebord de la fenêtre, et s'avança vers moi. Comme un prédateur, il me domina de sa taille, avant de poser ses lèvres sur les miennes. Mes jambes s'accrochèrent à ses hanches, si bien qu'il me porta jusqu'à ce que mon dos aille frapper un mur, mes mains se précipitaient déjà sur son pantalon, alors qu'il s'attaquait à mon soutien-gorge sans enlever encore ma robe, se contentant de me la remonter jusqu'aux hanches.

- Maman... Oh non ! Encore, soupira Elicia.
- Mon coeur, dis-je en reprenant un position acceptable tandis que Draco grommelait. Tu rentres bien tôt, ma chérie. Narcissa n'a déjà plus rien à t'apprendre ?
- Il est 4 heure et demi, Maman. C'est l'heure à laquelle je rentre normalement.

Je regardai le soleil qui m'avait trahi, j'avais estimé l'heure à 3 heure à peine. Effectivement, j'avais mal calculé sa trajectoire. Je remettais tant bien que mal mon soutien-gorge, en demandant à Draco de préparer le goûter. Il se réajusta aussi, avant d'appeler un elfe d'une voix sèche il commanda le repas. Je comprenais sa colère, j'étais aussi irritée que lui, mais je ne pouvais pas en vouloir à ma fille pour notre tendance à oublier le monde autour. J'entendis ma fille s'exclamer en voyant le tableau de mon amant, Draco bougonna quelque chose qui ressemblait à... Je ne sais pas quoi, en fait. Je revenais dans le salon, ma fille commençait déjà à engloutir tout ce qui lui passait sous le main, alors que Draco avait un verre de Whisky-Pur-Feu à la main, qu'il buvait en remuant ses idées noires. J'attrapais son verre et l'embrassais avant de le lui rendre en me souvenant que j'étais enceinte. Je m'asseyais en compagnie de ma fille, mangeant pour quatre. Ma gamine parlait de sa journée, et Draco se décrispait peu à peu, éclatait de rire quand ma fille prenait un air indigné, souriant quand elle disait quelque chose de tendre. Il se comportait un peu comme, un frère, un père. Il la couvait du regard, veillant à ses moindres gestes. D'une voix presque indifférente, Elicia me demanda si j'allais bientôt lui acheter une baguette. Je répondis oui, en disant que je le ferais dans six ans. Elle soupira désespéré alors que mon chéri la décoiffa d'une main, elle se débattit mais Draco la jeta doucement sur le canapé et elle resta quelque temps immobile en se rendant compte de la trajectoire qu'elle venait de faire. J'éclatais de rire devant son air éberlué, Draco enlaça ma taille en embrassant ma nuque.
Je me retournais pour qu'il m'embrasse correctement, ses deux bras m'enlacèrent, mais il ne m'embrassa pas. Il fit bien plus. Il posa sa tête sur mon épaule, resserrant la prise qu'il avait sur mes hanches, j'enroulais mes bras sur ses épaules. C'était une étreinte amoureuse, nos esprits se mêlaient par l'intermédiaire de nos corps, je me sentais comme irrésistiblement attiré par lui, je ne pouvais me décoller de lui, je ne le voulais pas. Ses mais remontèrent sur ma taille, il serra encore plus, ce qui devint douloureux, ma poitrine était compressé par son torse dure, je sentais son bracelet rentrait dans ma chair, mes dents rentrèrent dans son épaule.

~~ Point de vue Externe ~~

Cette étreinte de deux corps qui ne pouvaient désormais plus se quitter était comme un appel au secours, comme si ses deux amants se rendaient compte de ce qu'ils étaient en train de faire, cela avait le goût des adieux, pourtant ils savaient qu'ils ne se sépareraient pas, que seule la mort ferait obstacle à cet amour plus destructeur que tendre. Ils s'étaient trouvés, cherchés, aimés, mais ils ne pouvaient plus se quitter. Comme une dépendance, l'autre devait faire ressentir sa douleur par l'intermédiaire du contact blessant et physique à celui pour lequel il n'avait d'yeux.
Au contraire de ce que l'on pensait, l'amour, le vrai, le pur, détruisait, jamais il ne rassurait.