CHAPITRE XI

Trois semaines plus tôt : quartier de Riverside

- Rien ! Rien ! Toujours rien !

A chaque rien, le poing de Don s'abattait de plus en plus violemment sur le volant.

- Calme-toi ! Si tu te casses la main, ça n'arrangera pas nos affaires d'accord ? lui dit sèchement Liz.

Elle aurait préféré le prendre dans ses bras et le bercer pour le consoler, le distraire de sa peine et de sa peur. Mais, outre que pendant qu'il conduisait ce n'était pas vraiment indiqué dans le manuel du parfait petit agent du F.B.I., elle imaginait bien comment il prendrait cette familiarité, lui qui fuyait au maximum toutes les démonstrations d'affection, quelles qu'elles soient.

- Je sais, je sais mais nous tournons en rond et je deviens dingue !

- On va le trouver Don.

- Je sais qu'il est là, je peux le sentir ! Mais où, où se cache cette ordure ?

Un coup d'œil à sa montre et il eut un gémissement de désespoir.

- Mon Dieu, ça fait plus de huit heures maintenant !

- Don… Ca ne veut pas dire qu'il est trop tard d'accord ? On ne sait pas, à quelques heures près à quel moment il…

- Mais il lui a déjà fait du mal, forcément, et tu le sais ! Bon Dieu je le tuerai ! Je jure que je tuerai ce fumier !

Liz était de plus en plus inquiète au sujet de Don. Il passait sans arrêt ainsi de l'exaltation vengeresse à l'abattement le plus profond et elle n'était pas sûre que, quand bien même ils arriveraient à temps pour empêcher l'effroyable de se produire, il réussisse jamais à retrouver son équilibre nerveux. D'un seul coup elle prenait vraiment conscience de la place que Charlie tenait dans la vie de Don. Il était son point de repère, le fléau de sa balance. Sans lui, il partirait à la dérive d'une manière telle qu'elle n'était pas sûre que qui que ce soit puisse le retenir, ni Robin, ni même Alan, et encore moins elle ou un de ses coéquipiers. Elle se remit à prier avec ferveur pour qu'ils arrivent à temps.

- Don, Don on a quelque chose ! la voix surexcitée de Colby résonna comme un clairon dans l'habitacle de la voiture qui parcourait en tout sens le quartier résidentiel.

- On arrive ! clama Don sans demander plus d'explication.

La voix de son collègue lui avait fait comprendre plus que les mots combien la piste était sérieuse.

« J'arrive petit frère. J'arrive Charlie, tiens bon, juste encore un peu… Je suis tout près de toi. Tiens bon frérot ! »