Bêta : Zimon & Rin Yumii

Ma bêta habituelle n'étant pas disponible, j'espère qu'il n'y aura pas trop de fautes, même si j'ai fait revoir ce chapitre par deux personnes différentes

#enjoy


Chapitre 11


C'est finalement sous les traits de Rex Whitestone que Regulus retourna en Angleterre. Revêtu d'un élégant costume, un trench coat le recouvrant, d'une cravate émeraude et d'une épaisse écharpe brodée de fils verts et argentés, il remonta les rues de Londres vers le Chaudron Baveur afin de rejoindre le Chemin de Traverse. Ses yeux noisettes balayaient l'allée d'un regard perçant sentant sa paranoïa d'antan commencer vaguement à le rattraper. De sa main gauche, il soutenait une énorme cage dorée dans laquelle reposait un imposant corbeau aux plumes blanchâtres qui croassait de manière perpétuelle à son attention, signe de son aigreur.

– Calme toi, comment aurais-je fait pour passer les frontières en toute sécurité avec toi autrement ? Je te l'ai déjà dit, ces Aurors ne font jamais de vérifications pour les Animagus, il n'y avait pas de doute à avoir là-dessus, dit-il en riant brièvement.

Juste avant de quitter le territoire grec, Zoé avait été inflexible sur le fait qu'elle entrerait au Royaume-Uni sous forme humaine.

– Non ! Je n'irais pas là-bas en tant qu'animal de compagnie ! En plus, les corbeaux ne sont pas réputés pour l'être ! Avait-elle argué avec colère.

– Je n'aurais qu'à dire que je t'ai acheté dans une animalerie exotique, répliqua-t-il d'un air espiègle.

Il ne l'avait jamais vu aussi rouge qu'elle l'avait été à ce moment-là. Il avait finalement gagné son approbation dans leur désaccord après moult argumentations. Le bon côté des choses, c'est qu'il avait réussi à passer les frontières avec elle sans gros problème, le mauvais étant qu'il devait supporter ses incessants croassements depuis lors.

– Maintenant écoute-moi. J'ai loué un appartement qui donne sur le Chemin de Traverse. Heureusement pour nous, il ne se trouve pas très loin de Gringotts donc on ne devrait pas avoir trop de problèmes pour effectuer des retraits, lui expliqua-t-il en entrant dans le bar froid et humide. Quelques regards suspicieux se tournèrent vers eux, mais la plupart des clients les ignorèrent complètement.

Zoé se tut et accorda un regard noir à quiconque osait la fixer un peu trop longtemps à son goût. Elle se savait sous cette forme d'autant plus provocatrice et le rendait bien. Le brun salua Tom, le gérant, d'un hochement de tête avant de rapidement faire son chemin jusqu'à la porte de derrière. Sortant la baguette ébène, il tapa sur les briques qu'il savait correspondre et celles-ci lui laissèrent l'accès au Chemin de Traverse.

L'effervescence qui régnait était à son paroxysme et Regulus se rappela enfin pourquoi il détestait tant la foule. Reniflant de mépris, il marcha avec grâce et dépassa la marée de sorciers et sorcières qui tentaient de l'engloutir pour se rendre jusqu'à un bâtiment à l'air solide. Dès qu'il entra dans la bâtisse, le sentiment d'être enfin chez soi le traversa. Les couleurs pourpre et crème accompagnées de quelques dorures ici et là rendaient l'endroit confortable et agréable. Ayant cependant déjà payé pour l'appartement qu'il louait, il ne s'attarda pas et se dirigea à grands pas vers l'ascenseur de service.

Zoé émit un croassement pour attirer son attention et il sut dès qu'il eut croisé ses yeux violets quelles étaient ses interrogations.

– Oui, c'est ici et non, ce n'est pas aussi somptueux que le hall d'entrée, lui indiqua-t-il.

L'ascenseur sonna l'arrivée au vingt et unième étage et les portes s'ouvrirent. Regulus s'engagea dans le couloir jusqu'à atteindre la porte du numéro 21 et entra en laissant sa signature magique être reconnue par la poignée.

L'appartement était déjà meublé et agencé dans plusieurs tons de bleus, noirs et gris qui se mélangeaient harmonieusement dans toutes les pièces. Il nota dans un coin de son esprit qu'il devrait absolument donner un pourboire à la personne qui s'était occupé de sa chambre. S'approchant de la table la plus proche, il posa la cage dorée et l'ouvrit pour libérer Zoé. Le corbeau sauta littéralement en dehors et étira ses ailes avant de reprendre forme humaine. Zoé était à présent assise sur le bord de la table, habillé de noir de la tête aux pieds et il se demanda l'espace de quelques secondes comment elle arrivait à accommoder sa transformation et ses habits, mais sans aller plus loin dans sa réflexion.

– Enfin ! s'exclama-t-elle en étirant ses muscles. Elle descendit d'un bon de la table, ses pieds nus atterrissant avec succès sur la terre ferme.

– Je pensais pourtant que tu appréciais être baladée dans ta jolie cage dorée, railla-t-il en haussant un sourcil.

– Il faudra que tu essayes un jour. Tu comprendras mieux pourquoi j'aime tant ma liberté après coup, répliqua-t-elle en passant ses mains sur son cou douloureux. Tu aurais dû me laisser venir ici par les airs, ça aurait été bien plus simple.

Elle marcha jusqu'à la fenêtre tandis qu'il secouait la tête, retenant à peine un sourire moqueur.

– Kreattur ! somma-t-il.

Un crac sonore retentit dans l'appartement et le petit elfe de maison se mit à parler :

– Maître Regulus ! loua-t-il.

– Bonjour Kreattur. Puis-je te demander une faveur ? demanda-t-il.

– Le Maître demande une faveur à Kreattur ? répéta-t-il d'une voix terriblement aiguë.

– C'est ça. Tu vois cette femme ? dit-il en pointant Zoé tandis qu'elle était occupé à ouvrir les rideaux afin d'observer le remus ménage en contrebas.

– Maître Regulus a ramené une jeune femme à la maison ! Maître Regulus a-t-il enfin l'ambition de poursuivre la lignée des Black ? s'enquit le petit elfe.

Regulus feignit un regard noir envers son elfe. Malgré sa surprise quant aux paroles de Kreattur, il comprenait parfaitement son comportement quelque peu déplacé. Puisque si Sirius n'était plus à même donner un nouvel héritier aux Black, on pouvait attendre de lui qu'il s'en occupe. Mais il était hors de question pour lui d'avoir un enfant par les temps qui couraient, pas alors que la guerre menaçait à chaque instant.

– Non, Kreattur, c'est juste une amie. J'ai besoin que tu lui amènes de quoi se vêtir. Tu peux utiliser le coffre de Rex Whitestone pour t'approvisioner, proposa-t-il en souriant calmement.

A peine eut-il terminé que Zoé se retourna vers lui et s'approcha d'eux.

– Bien, qu'allons-nous faire en attendant ? demanda-t-elle, curieuse.

Ses yeux se posèrent alors sur l'elfe de maison aux pieds de Regulus. Elle se pencha vers lui, se mettant à sa hauteur et lui offrit son plus beau sourire.

– Bonjour. À qui ai-je l'honneur ? l'interrogea-t-elle.

– Voici Kreattur, mon elfe de maison et l'un de mes plus proches ami. Kreattur, voici Zoé, présenta-t-il.

L'elfe la détailla, une lueur calculatrice brillant dans ses yeux globuleux, comme s'il essayait de déterminer si elle représentait ou non une menace.

– Kreattur… souhaite la bienvenue à l'invitée de Maître Regulus, finit-il par énoncer, l'air critique.

Zoé ne se laissa pourtant pas démonter par l'attitude peu avenante de Kreattur.

– Je suis ravie de te rencontrer Kreattur, affirma-t-elle poliment.

Regulus s'éclaircit la gorge tandis qu'il détaillait Zoé de haut en bas.

– Si tu sors de l'appartement, fais en sorte de passer inaperçue, suggéra-t-il.

Un rictus moqueur peignit les traits de la jeune femme.

– Je ne travaille pas pour la Brigade pour rien, tu sais. Tu n'as pas à t'inquiéter, je me ferais discrète, lui affirma-t-elle en souriant légèrement.

– Si tu es certaine alors. Kreattur va s'occuper de te trouver des vêtements. Je pensais aussi à te trouver un collier afin qu'on reconnaisse que tu appartiens à quelqu'un, dit-il en ouvrant une trappe pile à la taille des hiboux qui était encastrée dans la fenêtre de la cuisine.

– Quoi ? s'inquiéta-t-elle en le fusillant du regard.

– Ne tire pas de conclusions hâtives, c'est seulement pour éviter que tu ne te fasses capturer sous ta forme animagus, répliqua-t-il.

Zoé s'apprêtait à lui expliquer le fond de sa pensée mais s'arrêta à temps.

– D'accord, d'accord, tant que tu ne me traites pas comme un animal de compagnie, ça devrait aller, concéda-t-elle et Regulus afficha un sourire vainqueur.

– Bien. Kreattur, va donc lui chercher des habits. De mon côté, je vais chez Ollivander, j'ai absolument besoin d'une seconde baguette, lança-t-il alors qu'il était presque dehors.

– Et qui suis-je censé être ?! Une assistée ? s'échauffa-t-elle. Je peux très bien aller chercher mes propres vêtements moi-même ! Affirma Zoé en croisant fermement les bras sur sa poitrine.

Regulus l'observa, un sourcil haussé et railleur.

– Tu rayonnes de blancheur, très chère. Tu es à pieds nus, tu es habillé comme une moldue, et tu penses vraiment pouvoir faire preuve de discrétion au milieu de la foule ? résuma Regulus.

Elle lui envoya un regard noir avant de soupirer de dépit, grommelant contre ce pays qu'elle disait complètement archaïque. Zoé finit tout de même par abandonner, sachant pertinemment qu'elle ne gagnerait pas cette bataille-ci. Bien sûr, il avait raison, elle se ferait remarquer et cela empirerait les choses. La jeune femme se tourna finalement vers Kreattur et s'agenouilla en face de lui.

– Kreattur, pourrais-tu rester dans les teintes noire, bleue, verte et grise, s'il te plaît ? lui demanda-t-elle.

L'elfe scruta longuement cette femme que son Maître avait ramené avec lui. A la maison.

– Kreattur le fera. Oui, il le fera pour l'invitée de Maître Regulus.

Ce dernier offrit un fin sourire à son ami. S'il y avait une chose que Regulus avait fait pour Kreattur et que sa famille avait totalement occulté, c'était bien de traiter l'elfe avec gentillesse. Zoé, de son côté, lui offrait la même politesse.

– Très bien. Je reviendrais vite, informa le jeune Black en quittant l'appartement, prenant bien soin de le verrouiller par mesures de sécurité derrière lui.

.

Regulus, sous son glamour, traversa l'allée principale pour se rendre directement chez Ollivander. Il n'était pas certain que c'était une très bonne idée de se fournir dans cette boutique précise. En vérité, il aurait très bien pu aller directement dans l'Allée des Embrumes pour trouver d'obscure fabricants de baguettes.

Mauvaise idée… j'irais certainement là-bas plus tard pour me procurer quelques armes. Autant prévenir quelques accidents, songea-t-il.

Il ne voulait pas agir comme un vulgaire Gryffondor. Il y avait de grandes chances qu'il ne reçoivent pas l'aval de Poudlard concernant sa demande du poste de défense contre les forces du mal. Mais il devait bien avoir un moyen d'aider le jeune Potter dans ce cas.

Ramenant à lui son maniérisme typique des Sangs-Purs (Zoé les appelait les Anciens, insistant sur le fait que c'était bien moins snob ainsi) et entra dans la boutique.

La nostalgie le rattrapa bien vite. Il redevint en quelques secondes un petit garçon de 11 ans venant acheter sa première baguette. Bois d'aubépine, vingt-quatre centimètres sept. Elle l'avait bien servi jusqu'à ce qu'il la perde dans les profondeurs du lac lorsque les Inferis l'y avaient entraîné. Mais ce qui importait pour l'instant, c'était de savoir ce que contenait la baguette dont lui avait fait cadeau la Dame de Lumière, et personne n'était plus compétent dans ce domaine que ce bon vieux Ollivander.

– Qu'avons-nous là ? fit une voix grave.

Regulus fit volte-face. Ollivander se trouvait assis calmement derrière son bureau, ses yeux bleu pâle le scrutant étrangement.

– On m'a dit que je pourrais me procurer une bonne baguette chez vous, annonça Regulus pour briser le silence.

– Certainement ! Je dois dire que je ne pense pas vous avoir déjà vu par-ici auparavant, déclara Ollivander tandis qu'il se relevait et contournait le bureau. Il s'approcha de lui.

– Mon nom est Rex Whitestone et je suis venu ici seulement pour acquérir une baguette, si vous le voulez bien, expliqua le jeune Black.

– Êtes-vous certain mon garçon ? Je peux dire que vous en possédez déjà une sur vous pourtant. Pourquoi en vouloir une seconde ? l'interrogea le vieil homme.

Regulus saisit l'occasion pour sortir la baguette ébène et la présenta au fabricant.

– Celle-ci est un… cadeau, d'une certaine manière. Il se trouve qu'elle est compatible avec mon noyau magique, mais je serais plus à l'aise si j'en avais une seconde, confessa Regulus d'un air agréable.

– Un cadeau ? Puis-je la voir ? demanda-t-il.

Regulus se sentit soudain un peu réticent mais la curiosité l'emporta et il tendit tout de même la baguette au confectionneur.

– Curieux… Je n'avais jamais vu de baguette façonnée d'une telle manière, s'intéressa le vieil homme en l'observant sous toutes les coutures.

– Avez-vous une idée de quoi elle est faite ? s'enquit le vert et argent.

– Vous voyez, c'est justement ça qui m'embête. Cette baguette a été créé par un maître dans l'art. Le bois est sombre et similaire à celui d'un noyer noir, mais je n'arrive pas à déterminer avec exactitude son type. Trente-trois centimètres. Et pour le noyau…, babilla Ollivander tandis qu'il sortait un monocle. Il le plaça près de son oeil pour s'en servir en tant que loupe. Le noyau est tout aussi intéressant je dois dire. Je n'ai jamais vu une combinaison pareil. Il semble fait de… AH ! s'exclama Ollivander alors qu'il courait soudainement vers la porte d'entrée. Il s'empressa de tourner l'écriteau du côté où il était indiqué 'Fermé' pour clore le magasin.

– Mr Whitestone. Puis-je demander pourquoi le noyau de votre baguette contient une émeraude ? demanda Ollivander, perplexe.

– Une émeraude ?

– Pour être plus précis, le cœur de votre baguette est constitué d'une émeraude entourée par… un crin de sombral et un crin de licorne. Tout à fait remarquable ! fit remarquer le fabricant de baguettes tandis qu'il rendait la sienne à son propriétaire.

– Un crin de licorne et de sombral ? Une émeraude ?

Il ne pouvait s'empêcher de se demander comment une baguette pouvait contenir à la fois une pierre précieuse et deux crins provenant d'animaux si parfaitement opposés.

Il savait qu'insérer une gemme au coeur d'une baguette était tâche particulièrement ardue. Surtout qu'il fallait que le noyau magique du propriétaire de la baguette et la pierre soient compatibles au risque de retourner tous les sorts contre son propriétaire. Cependant, ses connaissances sur le sujet s'arrêtaient là.

– Je n'ai pas vu une baguette contenant une pierre comme celle-ci depuis très très longtemps, Mr Whitestone. Cette pratique s'est par ailleurs éteinte vers la fin du dix-neuvième siècle, car les pierres commençaient à être associées aux sorciers directement sans passer par leur baguette, raconta Ollivander en examinant de près son drôle de client. Ce genre de baguette est très réceptif au noyau magique de son propriétaire. Elle va jusqu'à en décupler la puissance de certains. Néanmoins, si elle est mal utilisée, elle peut aussi le vider de toute once de magie, voire même le tuer dans le cas le plus extrême. Vous devez posséder une grande force de caractère pour aussi bien contrôler votre magie Mr Whitestone.

Il y eut un instant de silence avant que Ollivander ne reprenne :

– J'ai l'impression... de vous connaître, Mr Whitestone. Ne nous serions pas déjà rencontré par tout hasard ? demanda-t-il.

– Je ne pense pas, on m'a simplement fait entendre que vous étiez le meilleur dans votre domaine. Et me voilà, commenta le vert et argent, laissant ce petit compliment faire effet.

– Bien, mais vous n'avez toujours pas répondu à ma question. Pourquoi avez-vous besoin d'une seconde baguette si vous en possédez déjà une dans ce cas ? s'enquit-il, la curiosité inscrite sur son visage. De plus, je peux déjà vous dire que celle-ci est faite pour vous.

– Je suis très attaché à cette baguette… mais je me trouverai dans une position très gênante si elle se brisait et que je me trouvais sans défense, par les temps qui courent, expliqua Regulus en faisant rouler la baguette ébène entre ses doigts.

Ollivander le scruta une nouvelle fois avant de reprendre.

– Bien, très bien, mais... je vais devoir en faire une spécialement pour vous. Aucune de celles que j'ai créée jusqu'ici ne vous choisira, j'en suis certain, affirma-t-il en invitant Regulus à contourner le bureau.

Le cadet des Black le suivit, un peu confus par toutes ces révélations.

– Puis-je vous demander pourquoi ? l'interrogea-t-il finalement, laissant libre cours à sa curiosité.

– Le cadeau qu'on vous a fait est très précieux. Cet art n'a jamais été à portée de main du premier venu et la personne qui l'a fabriqué devait être un sorcier ou une sorcière très puissant. J'en déduis que si celle-ci vous convient aussi bien, alors aucune des baguettes exposée dans ma boutique ne sera la bonne pour vous, mon garçon, expliqua Ollivander tandis qu'ils arrivaient dans l'arrière boutique.

L'explication du vieil homme lui rappela sa première baguette. Elle lui manquait de plus en plus. Il savait qu'elle se trouvait tout au fond du lac noir et que jamais plus il ne la reverrait mais il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Néanmoins, si la Dame de Lumière lui avait confié cette baguette c'est qu'il y devait bien y avoir une raison. Il y avait quelque chose avec cette baguette, quelque chose de spécial qu'il ne voulait pas briser. C'est pourquoi il avait décidé qu'il ne l'utiliserait que si la situation était vraiment désespérée.

Regulus se sentait flatté de pouvoir accéder à l'arrière boutique du vendeur de baguette. Le plan de travail pliait sous le poids de dizaines de bois différents et des étagères, élevées un peu partout sur les murs, étaient surmontés par des centaines de matériaux. La pièce bien que dégagée accueillait également des boîtes éparpillées dans tous les coins, remplis de mystérieux éléments qu'il ne parvenait à identifier. Ollivander se tourna et tendit sa main vers lui.

– Il vaudrait mieux que vous me confiiez votre baguette. Elle risquerait de perturber la cérémonie, l'avertit le vieil homme.

– La cérémonie ? demanda le jeune Black en tendant la baguette d'ébène.

– C'est votre noyau magique qui doit choisir les éléments qui seront les plus harmonieux pour vous. Le bois, le coeur et le matériau qui les fondra ensemble, ainsi que le manche de la baguette bien sûr. Le coeur sera la partie la plus délicate de la cérémonie, vous aurez une limite de sept coeurs à insérer dans la baguette, mais c'est presque du jamais vu d'aller jusqu'à ce nombre. Nous dirons un maximum de trois, tout comme dans votre baguette actuelle, notifia Ollivander tandis qu'il plaçait ladite baguette sur l'établi.

Regulus se sentit un peu gêné et peu à sa place au milieu de cette pièce encombrée. Ollivander ne semblait pas vraiment pressé, alors pour faire passer son malaise, il préféra fermer les yeux. Lentement, il canalisa ses pensées et son rythme cardiaque ralentit de lui-même. Ses respirations se firent plus profonde et sa position moins tendue. Il éleva la paume de sa main vers le plafond et laissa la magie affluer en ce point précis. La réaction fut instantanée. Ouvrant les yeux, il rechercha activement les filons de magie qui s'échappaient de son corps vers plusieurs directions différentes.

Il s'approcha de l'établi sur lequel étaient rassemblés le bois de divers arbres. Certains étaient courbés, d'autres tortueux ou simplement droit et raide. Il tendit sa main vers une baguette de bois sombre parfaitement raide. Si ce n'est pour sa couleur plutôt rougeoyante, elle ressemblait en tout point à la baguette d'ébène. Il la prit en main et rejoignit Ollivander qui n'avait rien raté de la scène et qui attendait patiemment sur le côté. Le vert et argent plaça la baguette sur l'établi contre lequel était appuyé le vendeur et retourna au centre de la pièce pour trouver le coeur. Son noyau magique le conduisit devant une étagère sur laquelle reposaient des bocaux poussiéreux. Sa main gauche fut guidée jusqu'à l'un d'entre eux, d'un vert bouteille aussi douteux que les autres. Il le prit rapidement tandis qu'une impulsion de magie le fit rejoindre l'autre bout de l'étagère.

Regulus s'arrêta devant un bocal noir moins poussiéreux que le premier, ce qui ne l'empêcha pas de grimacer en s'en emparant. Restant sur place, il releva lentement les yeux. Juste au dessus de sa tête se trouvait une bouteille en verre. Il tendit son bras, remerciant il ne savait qui qu'elle soit à sa portée et qu'il n'ait pas à se ridiculiser devant le vendeur de baguette. La bouteille était si sale qu'on ne pouvait plus apercevoir l'intérieur.

Toussant silencieusement, il rapporta son butin à Ollivander qui le posa à côté de la baguette encore vide de tout coeur. Il ne lui restait plus qu'à trouver un agent qui pourrait les lier ensemble et un manche correspondant. Se plongeant une fois de plus au coeur de sa magie, il se sentit être poussé vers l'établi le plus proche où se trouvait divers métaux. Certains étaient blancs comme la neige, d'autres gris ou même bleu ou violet. Le vert et argent se trouva tout de suite attiré vers un métal plus foncé que les autres mais avant qu'il n'ait pu le prendre, sa main se perdit parmi ceux qu'il avait repéré au premier coup d'oeil et s'empara du métal violet. Il le plaça avec le reste. Il ne lui restait qu'à trouver un manche digne de ce nom, mais une question titilla soudainement ses sens.

– De quoi sont fait les manches des baguettes ? De bois je suppose ? prédit-il en se déplaçant jusqu'au plan de travail le plus propre de la pièce.

Les manches étaient sculptés de manières variés, gravés par des runes de protection et taillés par des motifs animaliers de toute sortes. Son oeil fut immédiatement attiré par l'un d'entre eux dont une pointe protubérante ressortait d'un bout du manche.

– Autrefois, les os étaient souvent utilisés en guise de manche pour les baguettes magiques. Mais vous pouvez choisir qu'il soit fait de bois au lieu d'être fait d'os ou de métal. Ceux créé à partir de métal ou de bois sont en fait très communs aujourd'hui, les dernières sont, quant à elles, très rares. Surtout considérant de quel animal on le prélève, raconta Ollivander tandis qu'il laissait son regard glisser entre les différents matériaux.

Il remarqua après quelques secondes de recherche un manche de baguette d'une teinte sombre. Celui-ci était presque de la même couleur que celui de la baguette qu'il avait choisi, si ce n'est plus foncée et portait d'étranges figures qui étaient ciselées sur le manche. Il les reconnut rapidement comme étant celles de lions entourés par un dialecte à l'air étrangement suranné. Devant cette évidence, Regulus ne put retenir un rire silencieux.

– Mr Ollivander, que pouvez-vous me dire sur celui-ci, demanda-t-il en se penchant pour le prendre entre ses doigts. Sa magie y réagit tout de suite agréablement et une caresse chaleureuse vint le réchauffer immédiatement de l'intérieur.

– Lequel ? s'enquit le vieil homme.

Regulus retourna à ses côtés et le lui abandonna.

– Par les septs enfers ! s'exclama Ollivander sous le coup de la surprise. Ceci, mon cher, provient de l'os d'une créature nommé le 'lion de Némée'. Par chance, je l'ai acquis sous la forme d'un cadeau il y a quelques années déjà et je n'ai pas pu m'empêcher de m'en servir durant mes travaux. Cette espèce est très rare aujourd'hui. À tel point qu'elle est inscrite sur la liste des animaux à protéger des braconniers les chassant pour leur peau, mit en évidence le fabricant de baguettes en observant les différents éléments qui étaient maintenant rassemblés devant lui.

– Celui-ci est un bois de prunellier, 32 centimètres 3. Vraiment fa-sci-nant, se ravit Ollivander en examinant le bout de bois avec avidité.

Il finit par replacer le bout de bois sur le bord de la table et s'empara du bocal vert bouteille et le dévissa. La surprise gela presque immédiatement ses traits.

– Bien, bien, un ventricule de dragon, mais pas n'importe laquelle, rare qui plus est. Il provient d'un Flamboyant Arctique. L'un de mes contacts me l'a rapporté il y a une quarantaine d'années. L'animal, lorsque solitaire, ne pose pas d'ennui en général mais lorsqu'il couve, il peut devenir particulièrement dangereux envers ceux s'attaquant à ses oeufs et à son compagnon. Plus féroce même qu'un Magyar à pointes, renchérit Ollivander en sortant la ventricule de son bocal et en la plaçant à côté des deux premiers éléments déjà examinés. Attrapant le second bocal couvert de poussière, il l'ouvrit et un sourire fin éclaira son visage.

– Qu'avons-nous là ? Le crin d'une licorne guerrière, se ravit-il sans se départir de son sourire.

– Une licorne… guerrière ? l'interrogea Regulus qui se rapprocha du vieil homme imperceptiblement pour percevoir les mèches noires enfermé entre les mains du vendeur.

– Les licornes guerrières vivent au Moyen-Orient, autrefois, elles étaient utilisés comme alliées dans les batailles et constituaient de farouche soldats. Elles plongeaient vers le champ de bataille sans peur et s'acharnaient à gagner le combat même si leurs maîtres avaient basculés face contre terre... Dites-moi Mr Whitestone, être vous un guerrier ? demanda Ollivander auprès du plus jeune.

Il se remémora les années pendant lesquelles il avait dû vivre dans l'ombre, lorsqu'il était devenu un mangemort. Au commencement, tout lui semblait indiquer que suivre Voldemort ne pouvait être que le bon choix, mais le charme s'était rompu peu après sa sixième année à Poudlard. Malheureusement pour lui, il était trop tard. Il avait déjà pris la Marque des Ténèbres et vendu son âme au diable en personne. Et dans l'ombre, il s'était complu à faire tomber un à un les pions les moins important de son cher maître, dans une discrétion à toute épreuve.

– Quelque chose comme ça, répondit-il distraitement.

Ollivander répondit par un soupir qu'il ne sut analyser et plaça les crins juste à côté du ventricule de dragon. À l'aide d'un chiffon, il entreprit de nettoyer un tant soit peu la bouteille en verre révélant sa couleur rougeoyante. Il semblait au plus jeune des deux que quelque chose se tenait à l'intérieur mais il n'arrivait pas à déterminer quoi.

Ollivander fit sauter le bouchon et ses doigts roses s'insérèrent à l'intérieur de la bouteille dont il sortit une plume aussi rouge que le sang et parsemés de liserés dorés.

– Eh bien, eh bien. Je me souviens très bien du jour où j'ai acquis cette plume de phénix. J'avais voyagé jusque dans les Highlands pour retrouver une colonie de phénix que je savais se trouver dans les environs. Mon obsession m'avait mené à la recherche d'une plume aussi pure que la créature dont elle provenait. Le phénix en question était jeune et chétif, mais lorsque que je me suis approché du nid, elle s'est avancée vers moi les plumes hérissé autour d'elle, rejetant sauvagement ma présence. Elle protégeait ses congénères qui faisaient tous peut-être deux fois sa taille. Trois semaines plus tard, je m'y suis rendu de nouveau et je l'ai revu, elle avait retrouvé sa taille adulte. Ses plumes étaient courtes et dorées pour la plupart et se reflétait sous le soleil couchant. Je me suis assis à côté d'elle, observant ce petit miracle avant qu'elle ne s'envole au loin, laissant cette seule plume derrière elle. Un phénix magnifique, que je n'ai jamais revu par la suite, raconta-t-il en la plaçant au côté des autres éléments.

Un sourire nostalgique prit place sur les lèvres du vieil homme tandis qu'il élevait le métal violine à son niveau.

– Du bronze tout droit venu de Corinthe. Très bon choix, il sera un agent parfait pour lier les coeurs ensemble. Les gobelins utilisent souvent ce métal pour faire des armes ou des bijoux. Mais, dans votre cas, ça sera parfait pour stabiliser les trois coeurs ensemble et les garder en harmonie, le rassura Ollivander en déposant le dernier élément avec les autres. Cette baguette sera d'une équivalence fantastique avec votre mystérieuse première baguette. Les deux sont puissantes de deux manières différentes, mais feront des partenaires loyales pour contrôler votre magie. Je suis très honoré de pouvoir concevoir cette baguette pour vous, Mr Whitestone, affirma Ollivander en dépêchant Regulus à retourner dans la pièce principale. Ca ne devrait pas être trop long, vous n'avez qu'à prendre un siège en attendant. Et surtout, soyez patient.

Ollivander referma la porte derrière lui. Regulus, quant à lui, contourna une nouvelle fois le bureau et s'installa sur une chaise mise à disposition devant les vitrines. Distraitement, il se demanda ce que représentait réellement les éléments qu'il avait inconsciemment choisi. La curiosité concernant la symbolique et la magie derrière chacun d'entre eux ne faisait que s'accroître de secondes en secondes. Et il savait d'ores et déjà, que rien ne le garderait de faire des recherches sur le sujet plus tard.

Se calant confortement dans la chaise, il ferma les yeux, somnolent tout en attendant le retour du fabricant de baguettes.

.

Sirius examinait pour la énième fois la tapisserie qui découpait son arbre généalogique. Celle-ci luisait toujours de ce bleu pâle, qu'il trouvait, avec les secondes qui s'écoulaient, de plus en plus menaçant. Frottant son front, il tentait vainement de comprendre la mécanique derrière ce mystère. Il avait même fait l'effort de se rendre dans la bibliothèque familiale pour tenter de trouver des réponses à son 'pourquoi'. Cette tapisserie était vieille d'au moins plusieurs siècles. Il devait forcément y avoir des histoires similaires dans ses bouquins, des réponses. Mais il n'en trouva aucune. Néanmoins, une autre chose s'était produite depuis : la tapisserie s'était retrouvée parfaitement intacte. Plus un seul des membres ayant été renié au fil des années ne portait les griefs de sa 'trahison'. La tapisserie était comme neuve.

Présentement, le Square était totalement vide. Les amis de Harry qui avaient séjournés dans sa demeure d'enfance pendant une bonne partie des vacances avaient tous déménagé chez les Weasley pour prendre une pause. Les pièces avaient été remises à neuf les unes après les autres, mais ils étaient encore loin d'avoir fini le travail. De temps à autres, Remus et Nymphadora venaient lui rendre visite pour lui tenir un peu compagnie. Toute interaction était la bienvenue, tout était mieux que de rester dans cet endroit miteux avec pour seule compagnie son elfe, Kreattur.

D'un autre côté, celui-ci n'avait pas vraiment montré le bout de son nez de toutes les vacances, ils se contentaient de se croiser rarement, ce qui leur convenait à tous les deux. Secouant la tête pour se concentrer, il darda son regard argenté sur la tapisserie une fois de plus. Cette fois-ci, quelque chose retint immédiatement son attention.

L'espace où était représenté sa cousine Bellatrix avait changé. Il ne savait quoi penser de ce revirement qui ne le laissait que plus confus. S'approchant plus près pour l'examiner, il nota que son portrait était entouré d'un liseré sanguin qui avait l'air d'avoir été cousu à même la tapisserie pour représenter du sang s'écoulant du jolie visage de Bella.

– Kreattur ! aboya Sirius, un pop retentissant immédiatement à sa suite.

– Qu'est-ce que le traître à son sang peut bien vouloir à Kreattur ? fit l'elfe en le regardant fixement de ses yeux globuleux.

– Qu'est-ce que ça signifie ? le questionna Sirius sans prendre compte de la remarque déplacée de l'elfe, pour une fois. Il pointa l'espace dédié à sa folle de cousine sur la tapisserie.

Kreattur se pencha sur l'arbre et loucha sur le fil rouge entourant le portrait de Bellatrix.

– Kreattur ne connaît pas la magie agissant sur la tapisserie, croassa-t-il.

Son regard dériva ensuite vers le portrait de Walburga pour retrouver le même phénomène. Sirius s'agita de frustration.

– Kreattur…, menaça l'aîné des Black.

L'envie de demander de l'aide à ce maudit elfe n'y était pas. Il aurait encore préféré se couper la langue que de lui devoir quelque chose.

– Y-a-t-il un livre sur les arbres généalogiques dans la bibliothèque ? demanda-t-il en serrant la mâchoire.

La créature le regarda en fronçant les sourcils.

– La bibliothèque de la famille du Maître possède tous les livres dont le Maître a besoin. Mais les amis traître à leur sang du Maître ont fait jeter tous les livres sur la magie noire à Kreattur. Le livre sur la tapisserie… détruit, raconta Kreattur dont le sourire sardonique ne faisait qu'augmenter.

Sirius sentit sa fureur monter en flèche et alors qu'il s'apprêtait à faire payer Kreattur, celui-ci disparut tout simplement, ne laissant qu'une place vide derrière lui.

Il le savait ! Il savait que ça avait été une mauvaise idée de laisser Molly prendre les rênes du grand nettoyage du Square ! Tournant les talons, il quitta la pièce en passant devant le portrait de sa tendre mère qui se mit aussitôt à hurler comme la vieille harpie qu'elle était. Il ne lui donna pas le plaisir de lui porter une seconde d'attention.

Cela faisait deux semaines depuis que la tapisserie avaient commencé à agir de manière incompréhensible et ça commençait à le rendre totalement chèvre. Et maintenant que le phénomène s'était accentué, son esprit grondait de curiosité. Ça n'avait pas de sens, par Merlin, qu'est-ce que cela pouvait bien pouvoir impliquer !

Il entra dans la bibliothèque et commença à rechercher tous les bouquins pouvant éventuellement lui donner un semblant de réponse ou au moins le mettre sur la bonne piste. Sirius réussit tout de même à trouver quelque uns rescapés du vandalisme de Molly et s'en empara pour les porter jusqu'au bureau qui avait autrefois appartenu à son paternel. S'asseyant, il commença sa lecture.

Il ne fut tranquille que l'espace de quelques minutes avant d'être interrompu par des pas montant l'escalier. Une tête surmontée d'une touffe de cheveux châtains clairs se démarqua par dessus les étagères et l'homme se révéla à la croisée de plusieurs rayons.

– Padfoot ? l'entendit-il l'appeler. Sirius délaissa son livre en voyant arriver son meilleur ami.

– Moony, le salua-t-il en retour en s'étirant ce qui eut pour résultat de faire craquer ses os dans un son morbide. Ce son ne plût définitivement pas à Remus, mais il ne lui en fit pas la remarque.

– Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il.

– Juste un peu de lecture pour me détendre, répondit Sirius en repoussant le grimoire sur le côté.

– Pour te détendre ?

Remus passa en revue la pile de bouquins qui s'élevait sur la table et retourna son regard sur son ami.

– Et tu appelles ça 'un peu' ? Qui êtes vous et qu'avez vous fait à mon meilleur ami ? s'amusa Remus.

– Hilarant. Si tu veux tout savoir, la tâpisserie en haut agit bizarrement ces derniers temps. J'essaye de comprendre ce qu'il se passe, répliqua Sirius en se levant de sa chaise.

– Tu parles de celle avec ton arbre généalogique ? s'inquiéta Remus.

Son ami passa devant lui et lui indiqua de le suivre d'un geste de la main.

– Viens, je vais te montrer, dit-il en descendant les escaliers.

Après être passé une nouvelle fois devant le portrait de Walburga Black, Sirius accompagna Remus jusqu'à la pièce dans laquelle se trouvait la tâpisserie. Rien n'avait changé.

Bellatrix et Walburga étaient toujours bordés de filaments rouges, mais il remarqua qu'elles n'étaient pas les seules. Orion, Cygnus et Arcturus étaient cernés d'épines couleur de jade. Mais le plus intéressant résidait dans le halo bleuté qui entourait Sirius, Regulus, Andromeda ainsi que sa fille Nymphadora et Narcissa avec son fils Draco. Néanmoins, seuls ceux bordant le nom des deux frères étaient d'une nuance plus sombre.

– Qu'est-ce que ça veut dire Padfoot ? demanda Remus en observant son ami du coin de l'oeil.

– Ca, je le saurais déjà si Molly n'avait pas eu la brillante idée de jeter un bon nombre de livres plus ou moins utiles. Je sais que certains d'entres eux sont loin d'être abordables, mais elle a fait disparaître des générations de connaissances qui auraient pu nous être profitable, grogna Sirius avec animosité.

– Mais… ta mère ne t'avait-elle pas renié ? s'étonna le loup-garou en remarquant l'espace du portrait de Sirius dénué de toute trace de brûlure.

– Si, confirma le plus âgé en se rapprochant du mur pour scruter de plus près son nom fraîchement blanchi sur la tapisserie. Son regard dériva sur celui de son frère décédé et son coeur se serra. Il secoua la tête pour revenir au présent.

– Je demanderai à Molly où est-ce qu'elle a bien pu faire disparaître la moitié de la bibliothèque la prochaine fois qu'elle viendra, s'assura Sirius en se frottant les paupières.

– Tu veux bien lire des livres ayant appartenus à ta famille maintenant ? le taquina Remus.

– Ce n'est pas comme si j'avais autre chose à faire de toutes façons, grommela l'animagus en tournant le dos à la tapisserie pour quitter la pièce.

.

Regulus se sentit être aspiré par les profondeurs du lac noir d'encre. Les doigts crochus des Inferis écartelèrent sa peau, la tailladant avec toujours plus d'acharnement, et tenter de respirer devint de plus en plus vain. Il lutta pour se défaire de leurs étreintes et réussit à libérer l'un de ses bras sans pour autant pouvoir dire lequel. Il le tendit vers le cercle lumineux qui scintillait au dessus de la surface et testa l'élasticité de ses membres en tendant toujours plus vers cette lueur. Regulus finit par l'atteindre et ses lèvres s'entrouvrirent pour laisser s'échapper un gargouilli perçant avant qu'une force ne le replonge au fond du lac. Loin de la lumière. La pression exercée par l'eau sur son corps s'accentua à mesure qu'il était aspiré et des ombres dansèrent devant ses yeux. De plus en plus nombreuses jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se raccrocher à son seul point lumineux.

Regulus se réveilla en sursaut en aspirant des goulée d'air de manière erratique. Ollivander se trouvait juste en face de lui, l'observant. Il se calma rapidement en se redressant le plus décemment possible et éclaircit sa gorge.

– Veuillez m'excusez, je me suis endormi, admit-il d'une voix murmurante.

Ollivander lui sourit en réponse.

– Vous êtes très intéressant, Mr Whitestone, observa le vendeur avant de révéler la toute nouvelle baguette ajoutée à sa collection.

Regulus ressenti comme un besoin croissant de la tenir entre ses mains, de la toucher, à mesure qu'il s'en approchait. Lorsqu'il s'en empara enfin, il laissa sa magie intégrer sa nouvelle acquisition et des étincelles noires et argentées en sortirent.

– Eh bien ! Vous devez posséder un noyau très puissant, s'émerveilla le fabricant, ses yeux brillant le scrutant de haut en bas.

– C'est de famille, l'informa le jeune Black en sortant une bourse en velour pourpre pleine de gallions qu'il déposa sur le comptoir. Merci d'avoir pris de votre temps, Ollivander. Une très bonne nuit.

Il le salua avant de quitter le magasin.

Plaçant sa toute nouvelle baguette dans l'étui accroché à son avant-bras gauche, il décida de faire un rapide détour par l'Allée des Embrumes dans la semaine à venir pour se procurer un nouvel étui et quelques autres achats à faire dans l'immédiat.

Regulus retourna à l'appartement. Zoé était assise sur le divan, occupée à caresser une chouette effraie et semblait presque roucouler en coeur avec l'oiseau. Elle avait revêtu une robe légère noire qui marquait la blancheur de sa peau et ses cheveux avait été relevé dans un chignon flou. Regulus retira son glamour avant de se racler la gorge et celle-ci releva immédiatement la tête. Elle lui sourit, ses yeux brillants derrière ses lunettes à la monture rouge.

– Eh bien Mr Whitestone, commença-t-elle en insistant sur son nom d'emprunt. Il semblerait que vous ayez reçu une lettre tout droit venue de Poudlard.

Elle lui sourit en arborant un air entendu auquel il sut tout de suite répondre.

Finalement, peut-être que les choses se déroulaient mieux qu'il ne l'avait espéré.


RARs :

Maxine3482 : Hello ! Haha, oui Regulus et Zoé, tout une histoire ces deux là, nous verrons bien comment cela va tourner, n'est-ce pas ? :) Ils ne seront pas les seuls en tout cas ;) J'espère que tu auras apprécié ce chapitre que j'ai énormément de temps à traduire... mais qui est intéressant et Sirius est enfin de retour ! Zoé reviendra au prochain chapitre avec un personnage important de HP que l'on a pas vu jusqu'ici, une suggestion sur qui cela pourrait être ? :) Pleins de 'zous et à bientôt !

Morgane93 : Oh merci, un énorme merci ! Je sais que ma traduction a quelques défauts mais je suis heureuse qu'elle plaise, ça me réchauffe le cœur de lire des review tel que le tien alors encore un troisième merci ! J'espère que tu auras apprécié ce chapitre, Zoé n'y est que peu présente, mais elle reviendra bientôt. Que penses-tu de Sirius ? Zoé reviendra avec un personnage qu'on a pas encore vu dans cette histoire mais qui est majeur dans HP, une idée duquel ? Je te fais pleins de bisous et te dis à bientôt !

adenoide : Ah ! enfin quelqu'un qui aime Zoé à sa juste valeur ! Une de mes amies n'arrête pas de cracher son venin sur Zoé, elle aime peu les OCs femmes surtout quand celles-ci possèdent des atouts qui les font trop sortir du lot. Mais que faut-il pour attirer l'attention de Regulus sinon ? ;) J'aime beaucoup tes questions, tu te poses les bonnes ! J'espère que ce chapitre t'a été agréable, Zoé n'y est que peu présente, mais elle reviendra bientôt. Que penses-tu de Sirius ? Zoé reviendra avec un personnage qu'on a pas encore vu dans cette histoire mais qui est majeur dans HP, une idée duquel ? Un gros bisou et à très bientôt !

Miss Homme Enceinte 2 : Je confirme, le chapitre 10 est riche en informations car il pose les bases de l'histoire, ça sera un peu plus facile à suivre par la suite, surtout qu'il va y avoir des changements de POV assez présents comme dans ce chapitre ;) Reg et Zoé, c'est tout une histoire, nous verrons bien :) Haha tu aurais bien aimé qu'ils se marient n'est-ce pas ? Ça aurait été inoubliable, j'en suis certaine ! Mais est-ce que Zoé serait prête à aller aussi loin. Au final quand on regarde bien, elle suit Regulus pour trois raisons : parce qu'elle l'apprécie, qu'elle respecte les liens familiaux qu'ils partagent et enfin et surtout parce que c'est une opportunité en or pour la Brigade. Donc serait-elle prête à aller se marier pour son boulot ? A toi de me dire :) L'auteur originale sera ravi de lire tes compliments j'en suis certaine, j'ai aussi choisi cette histoire parce que je respecte énormément les travaux de recherches faits derrière une histoire et ce n'est pas les seules qu'elle a fait, soit en certaine, c'est assez ingénieux en fait ! Concernant Harry, nous ne savons pas réellement s'il porte le sang des Black, mais disons que j'accepte cette théorie parce que je l'aime énormément : être nommé après des étoiles donne la possibilité aux Black d'invoquer le pouvoir de ces dernières, ils les ont toujours derrière eux comme un porte bonheur et c'est une force. Mais ça ne veut pas dire que des personnes n'étant pas nommées d'après une étoile comme Arthur ou Harry ou encore Narcissa sont moins puissants, les Black possèdent juste cet avantage familial comme toutes les Anciennes Familles en possèdent de différentes manières. J'espère que tu comprends correctement mon explication. Concernant Reg, ça avance enfin un peu du côté de Poudlard alors heureuse ? Moi je le suis :D Zoé n'est que peu présente, mais elle reviendra bientôt. Que penses-tu de Sirius ? Zoé reviendra avec un personnage qu'on a pas encore vu dans cette histoire mais qui est majeur dans HP, une idée duquel ? Je te fais pleins de gros bisous et attends avec impatience ta review !