Anime/Manga : HunterxHunter (l'anime de 2011 et le manga)

Auteur : MSCH07

Titre : Erotico Club

Rating : M

Genre : Romance

Disclaimer : Lalala lalalalala lalalalalala !

Résumé : Phinks a une vie très chargé à cause de son job et a du mal à nouer des contactes en dehors du bureau. C'est pourquoi il va régulièrement à l'Erotico Club, un club libertin où il peut se lâcher malgré le peu de temps dont il dispose. Seulement un jour, par hasard, il se retrouve dans une chambre sombre où il rencontre un brun ténébreux : curieux personnage aux pratiques douteuses mais qui fera naître en lui une passion grandissante.

Note de l'auteur : Je suis vraiment, vraiment désolée du retard ! Je ne pensais pas en prendre autant, mais malheureusement ça a mit le temps que ça a mit, et j'entends bien que c'est beaucoup trop pour ce chapitre ! J'espère donc que vous ne m'en voudrez pas trop... Je tiens à remercier celles qui m'ont laissé des reviews sur le chapitre précédent : Kami-Sama : Désolée, dans ce chapitre il n'y a pas de lemon encore une fois, pourtant je sais que tu aimes ça !:P Mais si tu aimes les états d'âme de Phinks, et bien c'est au tour de Feitan d'en avoir... J'espère que ça te plaira ^^ Mirtie29 : Oui le passé de Feitan est dans ce chapitre, enfin ! Par contre cette fic aura belle et bien une fin, mais pas tout de suite ;) Guest : la suite maintenant, j'espère ne pas avoir mis vraiment trop de temps à poster:)

Note de l'auteur 2 : Comme je l'avais spécifié, ce chapitre porte exclusivement sur Feitan, entre autre sur son passé. Je l'ai écrit différemment des autres et j'espère que ça vous plaira. Personnellement, j'ai eu beau écrire et récrire des passages, ça ne me convenait jamais ! J'espère que ça restera tout de même lisible... J'espère aussi que le tourment de Feitan sera assez perceptible et que ces envies et ces peurs avec Phinks (par rapport à son passé) seront aussi assez clairement exprimées.


Chapitre 11: La peur mais l'envie

Ma mère avait toujours été de nature calme, gentille et généreuse. Tous les souvenirs agréables que j'ai de mon enfance viennent d'elle. Elle avait toujours été la meilleure pour moi, je l'avais toujours considéré comme une personne à part entière. Et encore, depuis tout ce temps, je me demandais toujours s'il existait des personnes qui puissent être aussi merveilleuses qu'elle. Peut être que son image restera à jamais parfaite car je n'ai d'elle que des souvenirs d'enfant. Peut être qu'elle n'était pas si parfaite, mais si jeune, je ne pouvais pas me rendre compte : alors quoi qu'il arrive, elle était et demeurerait parfaite à mes yeux.

Ma mère était originaire de York Shin City, c'était une femme de la ville qui ne supportait pas de rester sans rien faire la journée. Il fallait toujours qu'elle soit occupée, qu'elle est quelque chose à faire, qu'elle se sente utile. Bref, tout l'inverse de l'homme qu'elle avait épousé, suite à un voyage en Chine. Ma mère avait rencontré mon paternel lors de son tout premier voyage en Chine. Lui qui ne lui ressemblait pas du tout : il trouvait les villes trop bruyantes, et ces gens qui courraient partout à toute allure, toute la journée, stupides. Lui préférait la vie bien rural, la vie un peu à part des autres, par ce que ces autres en question étaient de toutes façon des abrutis finis. Il préférait être seul chez lui, ne pas se mélanger aux autres, qu'on ne prête pas attention à lui, car lui n'embêtait personne. Et il pensait sûrement rester toute sa vie dans sa campagne, bien à l'écart des grandes villes, du bruit des voitures, de la pollution et du train train quotidien robotique urbain. Il avait réussi un temps. Il travaillait à la municipalité du coin où il était. Alors comment est-ce qu'il avait réussi à croiser la route de ma mère, je ne l'ai jamais su. Je n'ai jamais posé la question du temps de ma mère. Et maintenant, ça ne m'intéresse plus vraiment de toute façon.

Mieux encore, allez savoir comment, il l'avait convaincu, tout d'abord de prolonger son voyage en Chine, pour rester avec lui. Elle avait accepté. Et elle était resté probablement beaucoup plus longtemps qu'elle ne l'aurait jamais imaginé. Le premier prolongement de son voyage avait suffi à ce quelle tombe enceinte de moi. Et elle était resté en Chine, soit disant par ce que ça posait problème à la famille de mon père, qui avait presque imposé le mariage à mes parents avant ma naissance. Ma mère était de nature conciliante, et ça ne m'a jamais vraiment étonné qu'elle ait accepté. La famille, c'était quelque chose d'important pour elle, et il était hors de question quelle soit la cause de la rupture du lien entre mon père et sa famille. Ma mère est restée longtemps là-bas, jusqu'à ma naissance. Nous avons vécu dans la maison familiale de mon père, à la campagne. Ma mère n'était pas trop gênée au début, elle avait de quoi s'occuper : il y avait moi, c'était elle qui s'occupait majoritairement de moi, mais elle devait aussi apprendre un peu mieux le Chinois, qu'elle connaissait peu. Son voyage devait durer seulement un mois en principe et était purement touristique. Elle ne connaissait donc que les bases, à l'orale. Cela l'avait occupé un temps. Elle avait tout de même tenu quatre ans. Puis ça avait été impossible pour elle

Elle voulait rentrer chez elle. À York Shin. Cette idée avait fort déplus du côté de mon père. Il n'était pas du tout d'accord pour que nous repartions. Néanmoins, la décision ne leur revenait pas, le problème était surtout de savoir si mon père allait vouloir partir, et sinon, ce qu'il adviendrait de moi. La solution parfaite pour mes grands parents paternels était que ma mère rentre, et qu'elle me laisse au bon soin de mon père... évidemment ce n'était pas ce qu'elle souhaitait. Elle avait dit à mon père qu'elle ferait tout pour pouvoir m'emmener s'il ne venait pas. Il était donc venu. Plus pour elle que pour moi tout de même. Il s'était finalement fâché avec sa famille et nous avions quitté tout ce que nous connaissions en Chine pour une nouvelle vie à York Shin. Mais tout était loin d'être aussi beau et simple que ma mère l'avait prédit : elle rayonnait de bonheur d'être rentrée. Elle avait retrouvé ses amies et sa famille, ainsi que cette grande ville qui faisait horreur à mon père.

Moi, j'étais terrifié, pour la première fois de toute ma vie, j'étais totalement perdu. Pour la première fois de ma vie, la barrière de la langue était présente. En Chine, on ne m'avait appris que le Chinois. Même si à plusieurs reprises j'avais déjà entendu ma mère parler dans sa langue natale, ce n'était clairement pas suffisant pour que je comprenne la langue, et encore moins pour que je la parle. Chaque fois que ma mère sortait avec moi, c'était comme si j'étais emmené sur une planète extraterrestre. En plus de ne rien comprendre à ce qu'on me disait, la ville me terrifiait : je n'avais jamais rien vu d'aussi grand, d'aussi bruyant, d'aussi lumineux ! Je sursautais à chaque son de klaxon, qui survenait plus que régulièrement. J'étais terrifié par les sirènes des voitures de police qui passaient à quelques mètres de nous et qui me déchiraient les tympans. J'avais aussi peur de cette foule : si je lâchais la main de ma mère, j'étais sur de pouvoir la perdre en moins d'une seconde. Mais elle ne m'a pas lâché, elle était très confiante pour moi et pour mon père. Selon elle, il y avait juste un temps d'adaptation. Après tout, elle avait réussie en Chine, alors nous aussi nous y arriverions. Elle était même sur que je serais fin prêt pour la rentrée de septembre dans ma toute nouvelle école. Pas moi, mais pour lui faire plaisir, je m'appliquais, même si l'accent était plus que persistant. Elle était sur que tout se passerait bien, et son sourire me donnait envie d'y croire.

Mon père lui, était moins convaincu. Il se fichait d'apprendre la langue, la culture, de s'intégrer. À peine arrivé, il était déjà épuisé de cette ville et de ses habitants. Pour lui, nous ne resterions pas ici toute notre vie, c'était juste un bol d'air pour ma mère. Nous finirions par retourner en Chine. Alors il ne s'est pas énormément foulé. Il restait chez nous, à rien faire. Et c'était encore ce qu'il faisait le mieux. Visiblement, «trouver l'amour» ne l'avait pas beaucoup changé, il portait à basse estime tout ce qui se trouvait dans cette ville. Il le faisait remarquer de temps en temps, mais pour éviter les prises de becs avec ma mère, il était néanmoins silencieux sur cette nouvelle vie la plupart du temps. Mais il respirait la haine pour cette ville. Je ne crois pas l'avoir vu sortir plus d'une fois par semaine de notre appartement à cette époque. Ça n'a pas énormément changé maintenant.

De mon côté, je suivais ma mère partout. Elle ne sortait jamais sans moi, et grâce à ça, je commençais peu à peu à m'habituer au changement. La ville, pourtant si bruyante, formait maintenant une sorte de bruit de fond permanent auquel je prêtais de moins en moins attention. Comprendre ce qu'on me disait, et parler moi aussi étaient mes gros points faibles. Ce n'était vraiment pas naturel pour moi. Selon ma mère, nous n'aurions pas du attendre autant pour rentrer, ou tout du moins, pour m'apprendre la langue. Elle était néanmoins persuadée qu'avec mon entrée à l'école, tout allait s'arranger de ce côté.

Je ne voyais que peu mon père et comme nous commencions à cesser de parler Chinois, même à la maison pour mon apprentissage, il était souvent exclu des conversations. Je ne sais plus comment c'était quand nous étions en Chine, mais il ne devait déjà pas beaucoup se préoccuper de moi. J'avais une relation exclusive avec ma mère, peut être à cause du voyage notamment. C'était comme si j'étais plus proche de ma mère que les autres enfants l'étaient. À l'inverse, mon père se désintéressé totalement de moi : en même temps, sans jamais bouger de la maison, il était difficile pour lui de participer à ma vie. Par contre, mes parents,malgré leur différent point de vu sur le lieu où nous habitions, et le fait qu'ils soient tout simplement très différent, semblaient parfaitement s'entendre tous les deux. Ma mère ne s'offusquait jamais quand il se plaignait, elle était même plutôt compréhensive. Voir trop. Elle passait tout. Pourtant ce n'était clairement pas le mari idéal : en plus de rester toute la journée à la maison, il ne faisait rien d'utile à l'intérieur, il ne travaillait pas et malgré tout, c'est toujours ma mère qui m'amenait et me cherchait après mes activités, il n'était pas spécialement préoccupé par ce que nous pouvions bien faire de nos journées, et très clairement, ma mère méritait mieux.

Allait savoir pourquoi, elle ne lui avait jamais rien reproché, et pourtant il y avait matière à redire. D'un autre côté, c'était peut être la gentillesse naturelle de ma mère qui avait poussé mon père à la suivre, il aurait probablement eu du mal à vivre cette vie tranquille avec quelqu'un d'autre. Bien que j'ai toujours trouvé ma mère absolument parfaite, je n'avais jamais compris comment elle avait pu supporter ça sans broncher. Mon père était sûrement sa seule erreur dans la vie.

Mais bon, j'étais plutôt mal placé pour le lui reprocher après tout. Je le devais bien la vie que j'avais. Mais ça, il me l'avait assez reproché.

Tout était presque parfait, hormis lui, à l'époque. J'étais presque heureux de commencer la nouvelle année scolaire. J'étais très motivé, j'aurai tout fait pour que ma mère soit fière de moi. J'étais prêt à tout pour lui faire plaisir, même à relever ce défi. Et il était de taille ! Le tout premier jour, de ma toute première entrée à l'école à York Shin City, j'étais plutôt confiant et j'étais parti sûr de moi, accompagné de ma mère. En me déposant devant l'entrée de l'établissement, elle m'avait embrassé le front, promit que tout irait bien, puis m'avait lancé un regard encourageant. J'étais finalement entré pour rejoindre les autres enfants et j'avais attendu. Je n'étais déjà pas du genre à aller vers les autres pour faire ami-ami. Malheureusement pour moi, la journée ne c'était pas du tout passé comme je l'avais prévu ou comme ma mère me l'avait promis. C'était même tout le contraire.

Alors que, lors de cette première journée, je commençais à parler, fière de moi et de mes progrès, pour me présenter aux autres élèves, tout ne se passa pas comme prévue. Je disais mon nom, prénom, mon âge, d'où je venais, où j'habitais maintenant... Mais on ne me laissa pas finir mon petit monologue, très vite, des voix avaient commencé à s'élever : «Qu-est-ce qu'il raconte?», «Maîtresse on comprend pas ce qu'il dit !»... Et d'autres encore, plus ou moins polie. Finalement je m'étais arrêté de parler, et tous ces minuscules morveux m'avaient fixés avec l'air le plus abruti du monde. Vraiment, ils n'avaient rien de mignons. La blonde qui nous servait de professeur s'était adressé à moi (avec difficulté bien sûr) pour en savoir un peu plus ; elle n'avait pas du écouter grand chose de ce que j'avais dit avant.

À partir de là, tout s'était mal passé. Je haïssais purement et simplement l'école. Ça ne s'était pas vite arrangé, comme ma mère l'espérait et comme la blonde le lui avait promis. Les autres enfants me trouvaient bizarre, et moi je préférais attendre dans mon coin que la journée passe, aussi désagréable soit elle. Même si je continuais de progresser, c'était trop tard, une sorte de fossé infranchissable s'était formé entre moi et les autres.

C'était désagréable, mais pas insurmontable. Après tout, après l'école, j'avais le plaisir de rentrer chez et de passer du temps avec ma mère. Rien qu'en la voyant arriver devant l'école et attendre que je sorte me rendait heureux. Je sortais tout sourire du bâtiment et lui sautait au cou. Nous rentrions ensemble, puis je l'aidais à faire à manger, mettre la table, et elle me faisait prendre un bain, me lavait les dents, puis enfin, me bordait. C'était une mère parfaite. Mais ça non plus, ça n'avait pas duré.

Ça s'était produit un matin, pendant qu'elle m'emmenait à l'école. Une priorité de grillée et ma mère et moi grièvement blessés sur le coup. À ce qu'il paraîtrait, selon les infirmières qui s'occupaient de moi, mon père avait accouru, visiblement très inquiet et n'avait pas quitté l'hôpital. Quand je me suis réveillé, il est venu me chercher, et nous sommes rentrés chez nous. Il retournait souvent à l'hôpital, auprès de ma mère, sans me demander si j'avais envie d'aller la voir ou non. Et puis, finalement, je fus le seul à m'en sortir. Elle ne se réveilla jamais.

Très vite, mon père me fit comprendre qu'il aurait préféré que ce soit l'inverse : moi mort et ma mère ici. Pendant un moment je l'ai aussi pensé. Mas c'était plutôt stupide. On ne pouvait pas revenir en arrière et visiblement, c'est moi qui était en vie, alors je n'allais pas me laisser faire. Et je ne me suis plus laissé emmerder par les gens. Nul part : chez moi ou à l'école, dans la rue même. C'était plutôt facile de me trouver quand on me cherchait. Au début, j'étais juste triste, mais pas vraiment en colère. Ça c'était venu après. Tout était monté crescendo.

À l'école, ça ne s'améliorait pas, j'étais la tête de turc du groupe et tous les ans je me retrouvais toujours avec les mêmes débiles. De toute façon, même avec de nouvelle personne, je pense que j'aurai préféré m'isoler. Au début, je les laissais parler, je m'en fichais, puis avec l'adolescence, j'ai commencé à vouloir me défendre. Je voulais rester seul, mais qu'on me foute la paix. Et ça, ils avaient du mal à comprendre. Ça finissait souvent mal. Mais au final, ils ne venaient plus se foutre ouvertement de ma gueule. Ils murmuraient doucement en passant près de moi, ce n'était pas si différent, mais je supportais.

Et puis, avec mon père, c'était de pire en pire, déjà qu'il ne s'occupait pas de moi avant, mais la, il ne cherchait même plus à faire illusion. Au début, il avait prit le relais de ma mère, sans grand enthousiasme. Son principal problème étant qu'il commençait à boire, de plus en plus. Au bout d'un certain temps, il ne venait plus me chercher à l'école, il ne faisait pas à manger... J'ai vite était obligé de me débrouiller tout seul. Et puis, comme il ne travaillait pas, nous avons du partir du cœur de York Shin, vers une banlieue complètement pourrie. Il aurait pu vouloir rentrer en Chine, mais nous n'avions vraiment pas un sous après les obsèques de Maman, et vu comme il était en bon terme avec le reste de sa famille, ce n'était pas la peine.

Au bout d'un moment, je l'esquivais complètement, je ne savais pas comment il allait réagir à ma présence. Alcoolisé H24, il agissait selon plusieurs schémas types: Soit il me détestait, j'étais la cause de tout ses maux, et il voulait juste passer sa colère sur moi de divers façon. Soit j'étais tout ce qu'il lui restait, il s'en voulait d'être un si mauvais père et soit disant il m'aimait. Tout ça expliqué avec un relan d'haleine fétide aromatisé au Whisky qui vous arrive en plein visage. Je n'aimais pas quand il s'énervait contre moi pour rien, mais je haïssait tout autant, si ce n'est plus, qu'il fasse comme s'il s'en voulait. Il n'était pas bon acteur, s'il s'en voulait vraiment, il se serait au moins un peu prit en main, au lieu de passer son temps chez nous, à ne rien faire à part boire à toute heure de la journée.

De mon côté, j'avais complément laisser tomber pour lui, je m'occupais de moi. Il n'y avait que moi pour prendre soin de moi, alors c'est ce que je faisais. Mais ce n'était pas si facile d'être toujours seul. Au début de l'adolescence, je voulais toujours qu'on me laisse tranquille, ne parler à personne, mais je n'étais pas vraiment bien. La plupart des autres personnes avaient peur de moi en général. Au bout d'un moment, on ne venait plus vraiment me chercher des problèmes, mais j'étais vraiment seul et c'était devenu pesant.

Il y a quelques années de cela, j'ai pensé que j'avais enfin trouvé quelqu'un pour mettre fin à mon problème. C'était quelqu'un de différent : il semblait ne pas prêter attention aux rumeurs qui courraient sur moi, ne s'était pas formalisé de mes regards froids ou de mon attitude parfois rebelle. Lui non plus ne parlait pas beaucoup. Il n'était pas non plus particulièrement apprécié dans le coin. Il avait un style particulier, et un regarde perçant, étrange, qui ne donnait pas forcement envie aux gens d'aller vers lui. Je l'avais rencontré en sortant du lycée; il était plus âgé. Au début, il avait semblait plutôt bienveillant envers moi : il m'écoutait, passait du temps avec moi, essayait de me faire rire un peu. Bref, il m'accordait de l'attention. Et, finalement, j'aimais bien cela. Plus que je n'aurai pu le croire.

J'avais passé beaucoup de temps avec lui. Je ne connaissais que lui. Je n'avais personne d'autres à qui parler mais ce n'était pas grave. Une seule personne était suffisante, c'était plus que je ne l'avais espéré. Ça avait été une période de ma vie particulièrement heureuse. J'étais peut être toujours aussi renfermé et peu aimé autour de moi, mais je me sentais mieux. Je me sentais même très bien. Je ne priais que par lui.C'était un peu ma bouée de sauvetage, il me tirait vers le haut. Je pensais que je pouvais m'en sortir, que je n'étais pas voué éternellement à vivre cette vie misérable. Ces discours étaient pleins de promesses de belles paroles, qui me faisaient rêver et oublier la réalité des choses.

Finalement, nous sommes devenu de plus en plus proche, très proche même. C'était la première fois que j'étais si proche de quelqu'un. Une après midi, j'avais profité d'une absence de mon père pour l'amener chez moi, pour la première fois. C'est lui qui l'avait suggéré et j'avais plutôt envie que ce jour vienne. Je n'avais aucune expérience mais j'étais sûr que ce serait fabuleux. Et puis, il était plus vieux et expérimenté, il savait comment faire. J'avais juste à me laisser guider par lui. Nous nous étions installé dans ma chambre, sur mon lit, et je l'avais laissé faire comme il voulait. Ça avait été plutôt douloureux, mais je supposais que c'était normal pour une première. De son côté, il avait l'air satisfait et j'étais heureux. J'étais tellement heureux que je me suis emporté et j'ai fait une énorme bêtise, la plus grosse que j'avais commise jusqu'à présent :

-Hisoka...Je t'aime !

Il n'avait pas répondu dans un premier temps, il s'était contenté de soupirer. J'attendais avec appréhension sa réponse qui ne venait pas. Puis il s'était finalement tourné vers moi pour murmurer doucement :

-Dommage, je n'aime pas les jouets cassés.

Je n'avais pas compris sur le coup ce qu'il entendait par là. Il s'était rhabillé puis était parti sans un mot, sans un regard pour moi. J'étais resté seul dans ma chambre sans bouger un long moment, ressassant ses quelques mots qu'il m'avait dit. Mais c'était inutile et stupide, je le savais. On m'avait berné. Et plus jamais ça ne se reproduirait. Plus jamais je ne permettrai qu'on se joue de moi comme ça.

Néanmoins, je ne pouvais pas reprendre ma vie comme avant, ce n'était pas ce que je cherchais. Il fallait que je trouve un moyen pour garder ce qu'il y avait de positif quand j'étais avec Hisoka, l'attention, sans pour autant que l'on puisse m'utiliser. C'est comme ça que j'avais fini par atterrir au Club. J'avais vite compris que le sexe m'apporterait beaucoup de ce que j'attendais : j'y trouvais le contacte dont j'avais besoin, un plaisir uniquement charnel certes, mais je ne risquais rien. Il ne pouvais rien m'arriver. Personne ne pouvait m'atteindre, c'était quasiment parfait. Au fur et à mesure que je traînais là-bas, j'avais découvert des pratiques, plus ou moins douteuses pour certains, amusantes pour moi.

Les pratiques et les jeux SM étaient parfaits pour moi : Je pouvais faire ce que je voulais des personnes qui étaient avec moi, et elles étaient contraintes d'accepter. Mais pas tout à fait contraintes, elles étaient consentantes après tout. Mais ne le montrait pas toujours. C'est ce que j'aimais particulièrement. J'aimais les pousser à bout, voir jusqu'où elles pouvaient aller pour mon bon plaisir. Jusqu'à quel point je pouvais jouer avec elles sans qu'elles bronches. C'était d'abord quelque chose que je faisais peu, puis ça avait finit par devenir mon hobby. Je ne vivais que pour ça, c'était mon plaisir.

Puis, il y avait eu Phinks.


Dès la première journée passée chez Phinks, je me suis senti mal. Ça n'allait pas, ça n'allait pas pouvoir durer, je ne pouvais pas vivre comme ça. J'étais très mal à l'aise. Pas lui : il ne disait rien, ne me reprochait rien. Pourtant il aurait pu, n'importe qui de censé aurait au moins posé des questions. Mais il avait l'air de ne pas y prêter attention. Je me suis demandé si c'était vraiment le cas. Ça a toujours été ma grande crainte jusqu'à aujourd'hui.

Une fois arrivé chez Phinks pour la toute première fois, je n'ai plus eu envie de partir. Je voulais rester ici, avec lui, dans ce grand appartement. Je n'aimais pas devoir rentrer chez moi et là, je ne voulais plus du tout. Le seul problème aurait du être de répondre aux questionnements de Phinks : pourquoi je reste ? Pourquoi je ne rentre pas chez moi ? Peut être même que ça ne lui plaisait pas de m'avoir chez lui. Après tout, je ne lui avais même pas demandé son accord… J'étais vraiment comme un squatter, le mot était parfait pour désigner ma situation. Je redoutais qu'il me pose des questions, et je redoutais aussi qu'il n'ose pas m'avouer qu'il ne souhaitait pas de ma présence.

Je me sentais vraiment comme un parasite. Phinks, qui allait travailler comme un dingue dans sa boîte tôt le matin jusqu'à tard le soir, et moi, pauvre type sans rien, qui profitait de son superbe appartement, du frigo toujours plein, du grand home cinéma, de la super connexion internet, et qui au final ne foutait rien de productif de la journée. Sans conscience, cette vie aurait été la meilleure que j'aurai pu avoir. Franchement pouvoir disposer de tout en ayant rien à faire, c'est vraiment ce qu'on peut imaginer de mieux. Malheureusement pour moi, c'était pire que tout. Déjà, être le parasite ne me plaisait pas. Et puis profiter de ce qu'avait Phinks, sans rien apporter, ça voulait dire être dépendant. Et ça non plus, ça n'allait pas. Et il y avait Phinks, qui ne disait rien, qui me souriait tout le temps juste par ce que j'avais préparé le dîner… C'était la seule chose d'utile pour lui que j'avais trouvé à faire. Mais c'était loin d'être suffisant.

Phinks pouvait très clairement vivre avec son seul salaire, et même m'entretenir sans aucun problème. Mais je ne pouvais vraiment pas. Je voulais partir. Pas que je le voulais vraiment, mais je ne me sentais pas à ma place. Si Phinks avait été peu scrupuleux, malhonnête : tout aurait été plus simple. S'il y avait eu une sorte de contrat tacite entre nous, qu'il impliquait que je pouvais disposer de tout ça en échange de sexe par exemple, ça m'allait bien. C'est ce dont j'avais l'habitude. Et tout le monde était gagnant. Mais dans la relation que m'avais proposé Phinks, ça ne marchait pas comme ça. Je voyais, je constatais ce que lui m'apportait au quotidien, mais moi je n'avais rien à offrir entre nous : j'étais donc devenu le parasite.

Pour rien au monde je ne serai resté cette chose. Mais Phinks avait soulevé un problème de taille : je n'avais pas de diplôme, ou une équivalence, et il était tout bonnement hors de question que je remette les pieds dans un établissement scolaire. Plus jamais. Ce n'était clairement pas pour moi. J'en avais déjà payé les frais une fois, je n'allais pas y retourner. Un seul choix s'offrait donc à moi, si je voulais que ce choix soit approuvé par tous. Trouver un job normal, de manière normal. Un truc chiant et débile qui ne demandait aucune qualification particulière. Et j'avais cherché, j'avais longtemps cherché. Ça faisait un petit moment déjà. Mais de nos jours, même les caissières ont besoin d'un bac+8… Je n'avais pas eu de chance. Je ne savais pas même très bien comment écrire un C.V et encore moins comment me comporter en entretient…

Ce n'est pas facile de s'élever dans ce monde. Quand on a rien, on a rien. On peut toujours essayer, chercher, continuer, si on n'a pas un jour, le coup de pouce, ou la chance nécessaire, rien ne change. Non, ce n'est pas par fainéantise ou par contentement, c'est juste que tous ne partent pas avec les mêmes chances, le même bagage dans la vie. Et quand on part avec rien, la plupart du temps on reste sans rien, avec une malchance des plus tenaces, aucune perspective ne s'ouvre. Et encore, une fois la chance n'était pas de mon côté : non pas que je me repose dessus ou que j'y crois réellement, mais c'est surtout que sans ça, rien n'aurait pu m'apporter ce que je voulais. Je ne pouvais pas vraiment compter sur moi-même, vu que je n'avais rien à offrir.

Ça ne m'a pas plus que Phinks sache que je cherchais un travail. Il allait me demander chaque jour si ça avançait, si j'avais trouvé quelque chose. Et tous les jours j'allais devoir lui présenter mon échec. Bien sûr que je ne trouverai rien, et bien sûr que Phinks allait m'encourager, persuadé que je ferai un très bon employé. Même moi, dans le fond, je trouvais ça plutôt comique. Après la vie que j'avais mené, m'imaginer, poser sérieusement quelque part à travailler me faisait sourire. Alors même si moi j'avais du mal à y croire, comment je pouvais persuadé quelqu'un de me prendre ?

Contre toute attente, Phinks m'a tout de suite proposé de me recommander à son patron. Il avait l'air enchanté que je cherche à travailler. J'étais à la fois content qu'il soit si enthousiaste pour moi, et à la fois contrarié : j'avais l'impression que mes premières impressions étaient les bonnes et que ça ne lui plaisait pas de me voir ici toute la journée sans rien faire. Qu'il s'imaginait que je profitais de lui. De son argent. Sans vouloir bouger le petit doigt. C'était faux, je ne voulais pas qu'il pense ça. Et si jamais il l'avait pensé, je voulais que ça cesse. Je voulais qu'il sache que je ne voulais pas rester avec lui pour ça. Ce n'était plus comme ça maintenant.

Néanmoins, pistonné dans sa propre boîte, d'autres problèmes allaient forcément survenir. Déjà Phinks était haut placé, le bras droit du grand patron. Moi, je n'avais jamais travaillé et je n'avais aucune expérience. Si Phinks me recommandait, alors toutes mes erreurs lui seraient reprochées. Et ça, je ne voulais pas. Si je voulais un boulot, ce n'était certainement pas pour lui attirer des problèmes, mais bien pour les résoudre. Alors que là, le contraire aller se produire. J'en étais certains. Je ne savais rien faire, et j'allais forcément faire une bourde un jour ou l'autre. Et puis, vu la position de Phinks, il y avait nécessairement des personnes qui n'attendaient qu'une erreur pour le faire tomber et récupérer sa place, non ? Je ne voulais pas être cette erreur.

D'un autre côté, je ne voulais pas non plus refuser ce poste en or que Phinks me proposait. Si j'avais refusé quelque chose de si facile, il aurait probablement pensé que je ne cherchais pas vraiment à l'aider et qu'au final, tout ça n'était qu'une mascarade pour qu'il me laisse tranquillement disposer de ce qu'il y avait à l'appartement. Je ne voulais pas qu'il me mette dehors, qu'il pense du mal de moi ou qu'il soit fâché. J'étais contraint d'accepter, mais malgré le fait que je n'eus pas trop le choix, j'étais tout de même heureux qu'il veuille m'aider.

Tout se passait très bien avec Phinks. Même si j'étais du genre plutôt chiant, arrogant et nerveux aussi. Ce n'était pas rare que je l'envoie sur les roses. C'était même plutôt courant au début. En même temps, ce qu'il se passait en moi était très paradoxale : Je voulais à la fois être gentil avec lui et lui montrer que je tenais à lui, et d'un autre côté, je ne voulais pas de nouveau me faire avoir et m'accrocher inutilement. Il voulait des réponses à ses questions et je ne pouvais pas lui donner, je ne voulais pas. Il posait beaucoup d'interrogations auxquelles je ne savais pas quoi répondre. J'étais froid. Distant. Mais encore une fois, avec cette attitude, qu'aller penser Phinks ? Si je ne disais rien sur moi, il n'allait pas vouloir me garder à l'infini… Il me donnait tout et je le remerciais en l'envoyant balader. Je ne pouvais même pas faire le minimum pour lui.

J'ai toujours eu peur que Phinks me dise, au terme d'une de ses fameuses discussions, qu'il ne voulait plus de moi, qu'il voulait que je m'en aille. Et moi, je voulais qu'il puisse le dire sans que je sois blessé, sans que je ne ressente rien de particulier. Mais pourtant, si j'avais tant envie de rester avec lui, si j'avais tant envie qu'il voit, qu'il remarque, que j'essayais de faire quelque chose pour lui, que je ne faisais pas que de me tourner les pouces en profitant de la belle vie qu'il m'offrait, c'était que je n'étais pas si indifférent. C'était trop tard.

Je n'ai pas su quoi faire quand je l'ai réalisé. Je ne sais toujours pas quoi faire maintenant d'ailleurs. Me protéger de lui, ou bien probablement être blessé à nouveau ? Car, il ne faut pas se leurrer, l'attirance n'est pas éternel. Nous ne finirons sûrement pas nos jours ensemble, il ne faut pas rêver. Reste à savoir qui va se lasser de l'autre en premier. Et selon cela, on saura qui va être blessé dans cette histoire. On ne peut pas prédire ce qu'il va se passer. Et je ne tenais pas à être de nouveau trahi. La situation était compliqué : en même temps, je voulais une chose et je ne la voulais pas.

Fort heureusement, Phinks a su gérer la chose. Je ne sais pas comment, un coup de pouce lié au hasard. Je le savais bien loin de toutes mes pensées. Mais il m'a facilité la tâche, entre guillemet, en arrêtant presque totalement de poser des questions. J'ai pu fuir jusqu'à maintenant grâce à lui. Il posait incessamment des questions, qui me tiraillaient, puis un jour il a arrêté. Et quand il en posait encore, il ne s'acharnait pas sur le sujet. C'était parfait pour moi. Je n'avais plus à être froid avec lui. Tout s'est passé relativement bien pendant un temps. Finit les disputes, les périodes de froid, de gêne lorsqu'on se retrouvaient silencieux dans une même pièce. C'était bien joué de sa part même s'il ne s'en est probablement pas rendu compte. Cette période a été la plus parfaite que nous ayons eu. Je pense que oui, c'était proche d'une certaine forme de perfection relationnelle.

Nous nous entendions à merveille, et mes craintes disparaissaient de jours en jours. Pas totalement, bien sûr, mais je n'étais plus focalisé sur mes peurs chaque jours. Je ne me sentais pas obligé de réfléchir à ce que j'allais dire puis à retourner une conversation dix fois dans ma tête en me disant "tiens, j'aurai du dire ceci ou cela", ou alors "Qu'est-ce que Phinks peut bien penser de ce que j'ai dis à ce moment là", "est-ce qu'il s'imagine ci ou ça", "est-ce qu'il a compris ceci ou cela"… Toutes mes angoisses éloignées, je pouvais de nouveau être moi-même et arrêter de me poser des questions inutiles à tout bout de champs.

C'était vraiment super de ne jamais se disputer, de pouvoir parler calmement : c'était reposant de ne plus être sur mes gardes non stop. Une complicité inespérée s'est créé entre nous. Je ne pensais pas que j'arriverai un jour à être si proche de quelqu'un. Moi qui n'aimais pas me lier aux autres. Phinks était surprenant. J'avais l'impression qu'il me rendait différent. Peut être que j'étais différent par ce que j'avais l'impression qu'il me portait un intérêt sans limite. Comme s'il ne se lassait jamais de moi, pour le moment. Comme s'il voulait toujours me voir, me parler. Comme si chaque fois que nous n'étions pas ensemble, la seule pensée qui l'occupait était de me revoir au plus vite.

Peut être que c'était vrai. Peut être qu'il s'y prenait juste bien avec les mots. Mais c'était difficile de l'imaginer en train d'orchestrer quelque chose : il était toujours très spontané, au sang chaud et du genre à dire ce qu'il pensait sans vraiment réfléchir au préalable. J'aimais bien ça aussi. Ça me donnait l'impression qu'il ne pouvait rien me cacher, qu'il ne pouvait pas me mentir. C'était rassurant.

Tout allait vraiment bien sur tout les plans. Tout devait continuer de bien se passer. Mais malheureusement, tout à basculé. Je m'y attendais un peu. Une petite voix en moi que je n'arrivais pas à faire taire essayait sans cesse de me rappeler que tout ça n'allait pas durer et que ce bonheur était illusoire. Et que plus ce bonheur dur, plus la chute est terrible. Je l'ai ignoré pendant un temps, mais ce temps n'a pas duré aussi longtemps que je l'aurai voulu.

La journée s'était bien passé pourtant, rien ne laissait présager ce qui allait se passer. Phinks me parlait de ma futur première journée de travail tout allait bien, nous étions tous deux détendu et de bonne humeur. J'étais un peu anxieux quand au fait de travailler au même endroit que lui, mais il fallait que je prenne sur moi et que je fasse de mon mieux. Phinks cherchait sans arrêt à m'encourager, me persuader que j'allais y arriver sans aucun soucis.

Puis soudainement, toutes mes craintes sont réapparues d'un seul coup : Phinks m'a demandé combien de temps je comptais rester chez lui. Je savais qu'il allait vouloir que je parte un jour ! Je ne pouvais rester chez lui indéfiniment. C'était certain que ça allait se produire ! Mes les merveilleux jours que nous avions passé ensemble me l'avaient fait oublier. Je n'aurai pas du. Sur le coup, j'ai été surpris, pas longtemps, mais j'espérais au fond de moi qu'il n'y voit aucun problème. Je ne lui aurai pas avoué, et je ne lui avouerai jamais que j'étais un peu blessé, mais sa réaction était tout ce qu'il y avait de plus normal. Alors sans attendre, je suis partie : le plus vite possible.

Il allait voir que j'étais touché sinon, et puis je n'avais aucun droit de rester chez lui s'il ne le voulait pas. C'était chez lui, pas chez moi. Et puis, je m'y était préparé après tout, alors maintenant que c'était en train de se passer, il n'y avait pas de problème. J'avais prévu cette éventualité. Ça m'a fait bizarre de quitter Phinks comme ça, comme un voleur, sans me retourner. Mais Phinks ne m'a pas facilité la tâche : tout de suite après avoir dit ces mots, il s'en voulait. Moi je ne lui en voulais pas. Mais je m'en serai voulu s'il n'avait pas osé me le dire. S'il me permettait de rester chez lui alors qu'au fond, ça le gênait. Mieux valait partir vite. Phinks était toujours très gentil avec moi, trop gentil même. Ça me touchait beaucoup, mais là c'était trop. Je suis sûr que si je lui avais demandé de rester un peu, que je n'avais aucun endroit où aller, j'aurai pu rester. Il n'aurait pas pu me mettre dehors. Par compassion. Par peur de ma réaction après ça. Je ne voulais pas qu'il me garde pour ça et je voulais lui montrer que je n'étais pas avec lui pour les avantages que ça m'octroyait. En partant, je lui montrais que j'étais avec lui uniquement pour lui, et que pour tout le reste, toute la partie matérielle, je pouvais me débrouiller seul. Je n'avais pas besoin de lui.

Cette nuit là, j'ai coupé mon téléphone. Il allait m'appeler. Il allait s'inquiéter. Il était tard. Il allait me proposer de rentrer chez lui cette nuit. Il allait me dire qu'il était désolé, que je n'étais pas obligé de partir. Je ne voulais absolument pas de ça. Tout sauf ça. Il pouvait m'aimer s'il voulait, mais pas me prendre en pitié. Pas se sentir obligé de me garder. Je sais que ce n'était pas la meilleur des solutions, et que si je ne lui parlais pas et il allait alors vraiment penser que je lui faisais la tête. Mais ce n'était pas le cas, et s'il le pensait, je lui affirmerai le contraire.

Dans un sens, j'étais heureux. Heureux qu'il me dise enfin de partir. Comme ça, je ne craignais plus qu'il m'en veuille secrètement. D'un côté, j'étais libéré. Je n'allais plus avoir l'impression d'être un parasite. Je n'aurai plus à m'en faire. Et puis, ce n'était pas si grave de toute façon : de mon côté j'allais travailler et en plus, on allait pouvoir se voir sur place avec Phinks, alors ça n'allait pas trop changer de d'habitude. Et puis, je ne refusais pas de revenir chez lui de temps en temps pour qu'on se voit un peu plus, ou tout du moins, qu'on se voit de manière un peu plus intime. C'est juste que je n'allais plus squatter à longueur de journée chez lui. Ce n'était pas chez moi. Il fallait que je trouve un chez moi. L'actuel "chez moi" ne l'était pas vraiment. J'y allais à reculons : par ce que je n'avais pas d'autre endroit avant, et par ce que je n'avais pas le choix maintenant. J'ai du y retourner. Ça n'a pas été facile.

Déjà, rien que de repasser par la banlieue, s'éloigner de plus en plus du centre ville, et découvrir peu à peu toutes ces maisons délabrées, ça ne donne pas particulièrement envie après tout ce temps dans un quartier huppé. Bien qu'avant j'aurai pensé m'emmerder dans un lieu comme celui ou Phinks vivait, il fallait bien admettre que c'était bien mieux pour vivre. Même si c'était calme. Trop parfois. Là, retourner chez moi m'avait fait bizarre. C'était comme si j'étais partie depuis des années. Et pourtant, je savais ce qu'il m'attendait.

La première chose que je me suis demandé en approchant était de savoir si mon abruti de paternel était là. Je n'avais pas du tout envie de le croiser. Et au vu de l'horaire, il ne fallait mieux pas. S'il était encore debout, ce n'était pas bon signe. Je suis entré le plus discrètement possible, et je me suis dépêché de rejoindre ma chambre et de m'enfermer à l'intérieur : avec un peu de chance, on ne se croiseraient jamais et il ne saurait même pas que je suis rentré. De toute façon, c'était qu'une question de temps. Je n'allais pas rester ici indéfiniment. J'avais du boulot maintenant, je pourrais probablement trouver un autre endroit ou aller. Et puis de toute façon, tout était mieux qu'ici.

J'ai fait le maximum pour ne pas laisser de trace de ma venue ici. Normalement, il n'y avait aucune raison pour pousser mon paternel à entrer dans ma chambre, et j'avais prit soin de ne rien laisser traîner dans les autres pièces. Tout allait bien se passer. Nous n'allions pas nous voir et si tout se passait vraiment bien, nous n'aurions plus à nous revoir. Définitivement.

Il ne restait plus qu'à attendre. Attendre que ça passe et que je puisse enfin sortir d'ici. Vendredi prochain. Ça allait être un peu long, mais tant pis, ça en valait la peine. Ce n'était que quelques jours après tout, ça passerait vite. Je m'étais allongé sur le lit en me disant que dormir aller accélérer encore plus le temps, et j'avais fermé les yeux. J'avais respiré l'odeur de Phinks. Puis j'avais rouvert les yeux. Rêver d'une odeur, c'était étrange. Et j'avais finalement réalisé que je portais l'une de ses chemises. J'avais esquissé un sourire. Je n'allais peut être pas être trop mal ici au final ! Je l'avais retiré et je l'avais mise sur mon oreiller avant de reposer mon visage dessus et de m'endormir enfin.

Malgré tout, je n'ai pas passé une très bonne nuit ce soir là. Déjà, il faisait beaucoup plus froid ici : il n'y avait pas de chauffage. Le sommier faisait un bruit monstrueux à chaque fois que je bougeais d'un millimètre et le tout n'était en plus pas très confortable. Ça ne me gênait pas avant, je n'avais pas d'autre vrai point de comparaison de toute façon, je me souvenais peu de ces détails. Maintenant, c'était plus dérangeant. Phinks m'avait donné des goûts de luxe…! Je n'ai pas cessé de me retourner dans mon lit, tout en essayant un maximum de me concentrer sur l'odeur apaisante qui flottait dans l'air. Ça n'a marché qu'un peu, j'ai du me réveiller trois ou quatre fois dans la nuit, mais j'ai tout de même réussi à dormir un peu.

J'étais aussi stressé à cause du bruit du sommier : je me demandais comment c'était possible que mon père ne soit toujours pas réveillé ! N'importe qui pourrait rentrer ici et faire un boucan du diable qu'il ne le remarquerait même pas. Ça ne m'étonne qu'à moitié. Il doit encore être dans un piteux état ! Mais l'angoisse m'a maintenu éveillé tôt. Probablement six heures du matin ou quelque chose comme ça. J'essayai de traquer le moindre bruit provenant de la chambre d'à côté. Mais rien. Sauf quelques ronflements gras par moment. Et impossible de me rendormir : sans rideau, et exposé au levé du soleil, ma chambre était aussi bien éclairé qu'en plein après midi !

Je me suis levé, et j'ai attrapé un des livres que j'avais dérobé dans la boutique de la vieille. Je n'aurai d'ailleurs jamais crû qu'elle s'en était rendu compte un jour. J'espère que Phinks n'a réellement pas compris son sous-entendu la dernière fois… C'est pas comme si je pouvais m'acheter des babioles quand j'en avais envie. Mais parfois, j'en avais vraiment envie. Alors je prenais ce que je voulais. Tout est gratuit si je ne me fais pas prendre après tout, alors autant en profiter. Je suis plutôt petit, discret et on me remarque à peine si je le veux. Parfait pour piquer un truc ou deux. Sauf chez la vieille vraisemblablement…

D'un autre côté, il fallait bien que je trouve de quoi m'occuper pour quand le vieux était aussi à la maison. Ce n'est pas comme si j'allais pouvoir passer des heures sur internet : il n'y avait pas d'internet ici. Ni d'ordinateur d'ailleurs. J'avais aussi piqué le téléphone que j'utilise maintenant à un pauvre gamin qui ne faisait pas très attention à ses affaires et qui allait se faire engueuler en rentrant chez lui ! Quand je m'ennuyais ici, je lisais. Enfin, je lisais, disons surtout que je regardais. J'avais un certain attrait pour certains artistes. J'aimai bien les œuvres "gores", ou le sang était présent. S'il pouvait y avoir du sexe aussi, c'était encore mieux. Je ne sais pas pourquoi, mais ces œuvres là m'ont toujours plus attiré que les autres. J'ouvrais certains de mes albums, et je pouvais observer certaines images pendant des heures sans me lasser, en y découvrant toujours quelque chose de nouveau.

Ça m'occupait, ça me divertissait, et ça me faisait oublier l'abruti de la chambre d'à côté. J'avais de quoi faire en attendant qu'il s'en aille, qu'il aille prendre sa douche, ou qu'il meurt, que sais-je…! Et aujourd'hui, je ne sais pas combien de temps j'allais devoir attendre. Je ne préférais pas bouger tout de suite, il pouvait se lever n'importe quand, et il a le sommeil plus léger le matin : au moindre bruit je pouvais être surpris. Non pas qu'il me fasse peur, mais je n'avais juste pas envie de lui parler, ou même de le voir.

J'essayais donc de l'éviter un maximum. Moins je le voyais, mieux je me portais. Mais lui allait sûrement chercher à me voir : ça faisait vraiment longtemps que j'étais partie, sans un au revoir, et même s'il avait perdu la notion du temps depuis longtemps maintenant, il avait tout de même du se rendre compte que je n'étais pas rentré depuis plusieurs semaines ! Et il s'acharnait inutilement à vouloir préserver un lien qui n'avait jamais existé entre nous. Il fallait qu'il vérifie de temps en temps si je mangeais, buvais, dormais : bref, il me cherchait une fois la semaine pour voir si j'étais encore en vie. Il aurait aussi très bien pu arrêter cette mascarade, dans le fond il s'en fichait pas mal et ne s'était jamais conduit comme un père. Peut être qu'il pensait accomplir son "devoir paternel" en faisant ça…

J'ai attendu longtemps dans ma chambre qu'il se réveille et qu'il s'en aille enfin. Sur le coup de onze heures, je l'ai entendu aller prendre une douche, et j'en ai profité pour me glisser jusqu'à la cuisine et attraper quelque chose à me mettre sous la dent. Malheureusement il n'y avait pas grand-chose… Même si j'arrivais la plupart du temps à cuisiner des choses mangeables avec trois fois rien, là c'était pire que d'avoir trois fois rien… la plupart des choses dans le frigo n'étaient plus en état d'être mangé depuis belle lurette, et vu l'état du frigo en lui-même ça ne donnait pas vraiment envie de manger les deux trois choses à l'intérieur.

Après avoir farfouillé un peu partout sans rien trouver, j'ai finalement opté pour des spaghettis crus. Ce n'était pas la première fois que j'en mangeais comme ça et ce n'était pas si mauvais. Ça relevait plus du biscuit apéro qu'autre chose, mais dans le contexte actuel, ça ferait l'affaire. Je me suis ensuite de nouveau glissé à pas de loup dans ma chambre, en prenant bien garde à ne pas faire de bruit quand le jet de la douche s'arrêtait. J'ai refermé la porte derrière moi délicatement et je me suis installé sur mon lit, un spaghettis dans la bouche et devant une magnifique photo de jeune femme blonde, attachée par les bras, un coquard sur l'œil, en train de mâchouiller une sucette. Je ne m'en lasserai vraiment jamais…!

Je ne savais pas trop comment j'allais occuper mes journées sinon. Même s'il s'en allait, il n'y avait vraiment rien à faire dans le coin et je n'allais pas reprendre mes activités d'avant… Mise à part rester des heures scotché devant la télé, je ne voyais pas trop comment m'occuper et passer mon temps libre. Bouquiner une heure ou deux, ça allait, mais après, ça devenait tout de même lassant. J'ai fini par reposer le livre sur son étagère et c'est seulement à ce moment-là que j'ai repensé à allumer mon téléphone. Quelques secondes seulement après avoir entré le code pin, il s'est mit à vibrer non stop pendant quelques minutes : j'avais reçu tout une panoplie de messages divers et variés de Phinks, ainsi qu'une multitude d'appel. J'hésitais à envoyer quelque chose. Je commençais à écrire quelques mots, puis je les effaçais. Rien ne semblait vraiment coller à ce que je voulais lui dire. Les sms étaient un peu trop froid pour le rassurer, et lui assurer que tout allait bien et que je ne lui en voulais pas.

Un bruit reconnaissable entre tous me fit sortir de ma concentration si intense : le bruit de la porte d'entrée. Ça y est ! Il est enfin partie ! Alléluia ! Je me suis tout de même mit à la fenêtre, pour vérifier qu'il sortait bien, et j'ai attendu qu'il démarre la voiture pour sortir de ma cage. Rien que de pouvoir voyager de pièce en pièce était vraiment très agréable après des heures de passées dans 6 mètres carrés ! Une fois dehors, j'ai enfin pu prendre le temps de faire cuir les spaghettis et de me faire un repas correcte à "déguster" devant la télé, allongé sur le canapé de plus en plus affaissé. C'était pas vraiment intéressant, mais ça faisait passer le temps.

Je commence à m'endormir devant l'écran quand des coups secs donnés à la porte me sorte de mon état léthargique. Bizarre… C'est pas comme si on avait l'habitude de recevoir du monde ici, ou même d'avoir des amis de "la famille". Au moins, ce n'est pas mon père, c'est déjà ça ! Je me dirige avec flegme vers la porte et je l'ouvre à la va vite, avant de découvrir l'intrus. Je la referme presque aussitôt, mais cet abruti bloque la porte à l'aide de son pied… Qu'est-ce que j'ai fais pour mériter ça ? Je me le demande ! Je rouvre la porte, partiellement énervé, et lui dit sèchement :

"Qu'est-ce que tu viens foutre ici ?"

Ce débile m'observe avec ces yeux fins, un large sourire aux lèvres, avant de répondre :

"Je viens aux nouvelles, tu ne réponds pas à mes doux messages… ~~

-Et ça t'étonne peut être ?"

Je suis tendu, je n'aime pas le savoir ici. Il prépare forcément un mauvais coup !

"Comment tu as su que j'étais ici ?

-Je reformule pour toi, tu veux sûrement dire par là : comment se fait-il que je sois au courant que Phinks t'a jeté ?"

Je fronce les sourcils et je dois clairement avoir l'air énervé, car un sourire plus large encore se dessine sur son visage. Il tente un coup de force contre la porte, mais je la maintiens fermé un maximum.

"Va-t'en d'ici !

-Oh aller ! Tu ne vas pas laisser entrer un vieil ami…"

Et puis après tout, pourquoi pas ? Plus vite il me dira ce qu'il me veut, plus vite il partira…! J'ouvre grand la porte, lui envoie un sourire trop exagéré pour être vrai et lui fait signe d'entrer.

"Je t'en prie, entre ! Et dépêches toi de me dire ce que tu veux pour partir en vitesse !

-Trop agréable."

Il entre, comme s'il était chez lui et s'installe tranquillement sur le canapé, comme s'il était "réellement" le bienvenu.

"Alors, que me vaut le déplaisir de ta présence ici Hisoka ?

-T'es mots d'amours m'ont tellement manqués…~~"

Je tique en entendant ses mots. Je sais très bien à quoi il fait allusion.

"Je suis sérieux, pourquoi tu es venu jusqu'ici ?

-Je suis venu voir comment tu allais, je me suis dit que ça ne devais pas être facile pour toi de t'être fait jeter comme ça : je t'offre mon réconfort si tu veux, hun ?!

-Comment tu as su que je n'étais plus chez Phinks ?

-Comment j'ai su …? Disons plutôt, comment je l'ai déduit. Et bien c'est très simple : j'ai juste calculé combien de temps allait mettre à Phinks à se rendre compte que tu lui prenais son argent, tout en cherchant à le distraire avec… autre chose ! "

Le sous-entendu est on ne peut plus clair ! J'ai vraiment envie de lui arracher la tête, mais m'énerver ne lui ferait que plus plaisir.

"Et bien saches que Phinks ne m'a pas jeté, comme tu dis, et que non, je ne profite pas de son argent!

-Oh, alors ça y est, c'est le grand amour… cette fois ?!

-Je n'ai pas dit ça non plus !

-Oh… Alors c'est un amour à sens unique : il t'aime et tu en profites, ou le contraire alors ~~ ?"

Tous ces sous-entendus me mettent vraiment hors de moi ! Les souvenirs douloureux remontent tous en même temps : mes erreurs, ils me les rappellera jusqu'à la fin de mon existence !

"Je ne profite pas !

-Je vois alors… C'est lui qui t'as fait sa déclaration ! C'est mignon ~~"

Je ne répond pas. Mis à part tenter de me provoquer vainement, je ne vois pas où il veut en venir. J'attrape rapidement la vaisselle que j'avais laissé traîner sur la table et mets le tout dans le lave-vaisselle au cas ou le paternel rentre : je n'ai pas envie d'être obligé de le voir à cause d'Hisoka…

"J'ai du mal à croire que tu te fasses encore avoir !

-Ne t'en fait pas pour ça, je ne suis pas prêt de me faire avoir une seconde fois !

-Alors pourquoi tu vivais avec lui ?"

Je plisse les yeux. Je ne comprend vraiment pas ce qu'il veut. En quoi ça peut l'intéresser de toute manière ?

"Tu vois, j'en étais sûr !

-Ce n'est absolument pas ça, je m'en fiche de tout ça, je n'ai pas d'accroche !

-Ah vraiment ?"

Il s'approche de moi lentement, tel un renard, ne me quittant pas des yeux une seule seconde. Je connais ce regard-là, et je n'ai pas envie de voir ça! Il prend mon menton entre ses longs doigts et son contacte me provoque des sueurs froides : je me recule brutalement de lui et sa main retombe mollement le long de son corps. Il sourit toujours plus en me fixant.

"Ce que tu es bien dressé ! Quelle différence avec avant ~~

-Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi !

-Quelle belle excuse… Alors dis moi pourquoi Phinks t'a mis à la porte ?

-Je t'ai déjà dit que ce n'était pas ça !

-Tu comptes aller reconquérir l'homme de ta vie ? "

Je le regarde d'un air blasé : cette conversation commence sérieusement à m'agacer, il tourne depuis une heure autours du sujet, je ne sais toujours pas ce qu'il veut et ses sous-entendus m'insupporte vraiment au plus haut point.

"Tu l'aimes ? C'est beau

-…

-C'est un oui ~~ ?

-Non.

-Tu ne l'aimes pas alors ? Je le plains, le pauvre… Il devait vraiment attendre beaucoup de toi pour t'avoir hébergé aussi longtemps ! Ou alors tu as su le convaincre de te garder grâce à… certains de tes dons… ? "

Il glisse l'un de ses mains vicelardes dans mon dos et me fait m'asseoir à côté de lui.

"Je me suis inquiété pour toi, par ce que dans le fond, tu sais bien autant que moi pourquoi Phinks t'a gardé tout ce temps et pourquoi il t'a fait partir, n'est-ce pas ? ~~

-Tu ne sais rien du tout !"

Il approche son visage, un air de prédateur encré sur celui-ci : je peux même sentir son souffle sur ma joue.

"Le sexe, ça ne marche qu'un temps, il a tout de même finit par se rendre compte que tu ne lui apporterait jamais rien et t'a jeté. Il est en haut de l'échelle, tu es en bas : vous ne venez pas du même monde, ça ne pouvait pas marcher. Tu le sais mieux que quiconque, non ? ~~

-Je ne m'attendais pas à ce que ça marche…"

Non, bien sûr que je ne m'attendais pas à ce que ça marche, j'étais sûr que ça n'allait pas marché. Je ne le dirais jamais à Hisoka, mais j'aurai voulu. Mais il n'est pas si loin du compte, je n'ai rien à apporter à Phinks, même avec ce job qu'il m'a aidé à trouver. Peut être qu'il m'a trop aidé déjà. Peut être qu'il en a eu marre que je n'arrive pas à me débrouiller seul.

Hisoka s'approche de plus en plus de moi, je sens son regard perçant qui me scrute, qui guette la moindre faille. Moi, je suis fatigué. L'idée d'être de nouveau avec Phinks s'éloigne de plus en plus. Aucune chance qu'il veuille de moi. Hisoka a raison... ça me tue mais il a raison. Phinks ne veut plus de moi, nous sommes trop différent et j'ai vraiment du passer pour un profiteur de première à ces yeux. Ça n'aurait pas du se passer comme ça. J'aurai du savoir que c'était voué à l'échec, j'aurai du refuser la première fois de la voir; je savais que ça allait mal finir. Je n'aurais pas du laisser tout ça commencer.

Hisoka pose sa main sur ma joue, continue de s'approcher, encore, tel un serpent. Il est proche, très proche. Puis finalement, ses lèvres touchent les miennes, alors qu'une première larme coule sur ma joue. Je ne veux pas. Mais je vais être de nouveau si seul. Je suis tellement seul.

Comme la première fois, il ne s'attarde pas sur ce qui me préoccupe, il va droit au but, part à la recherche de son plaisir uniquement. Je ne dis rien, je ne ressens pas grand chose. Quelques larmes viennent rejoindre la précédente. Je me sens vide. Je laisse Hisoka faire ce qu'il veut, je ne ressens rien. Je ne jouis même pas. Quand il a finit, je me tourne, m'enveloppe dans une veste posée négligemment sur le canapé pendant qu'il se rhabille et s'en va sans un mot et un sourire aux lèvres.


Voilà la fin du chapitre 11 !

J'espère qu'il vous aura plus malgré l'attente... N'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé ! ;)

Bon, ce chapitre porte exclusivement sur Feitan, ça faisait longtemps ! Son histoire trotte dans ma tête depuis le début, je la connais par cœur et pourtant elle n'a pas été si facile que ça à écrire. Je ne suis pas particulièrement satisfaite... Je voulais de l'émotion, tout en restant Feitan, en gardant le fait qu'il était enfant à l'époque, mais que ça ne tombe dans le clicher non plus. Ai-je réussie, je ne sais pas... Le résultat n'est pas celui que je voulais, mais il fallait bien que je poste (j'aurai pu réécrire ce passage pendant encore des mois sinon) x)

J'ai aussi eu du mal avec la fin. Je voulais vraiment faire ressortir l'angoisse de Feitan, sa peur, du fait de revoir Hisoka notamment, son envie d'être solitaire et indépendant, mais aussi ce besoin qu'il ressent d'être avec Phinks. Associé à ça le fait qu'il ait l'impression d'être un moins que rien comparé à Phinks le fait malheureusement tombé dans le piège d'Hisoka (quel salaud!) ...

Rendez vous au chapitre 12 et à la prochaine rencontre Phinks/Feitan, pour la première journée de boulot de ce dernier :D