Auteur : Kitake Neru

Traductrice : Hermi-kô


Note de l'auteur : Mamori découvre que les bibliothèques ne sont pas tant que ça silencieuses.

Note de la traductrice : Les bruits sont écrits par leur mouvement, italiques pour les faibles et en gras pour les forts. Les termes en italique qui ne sont pas des bruits seront cette fois-ci soulignés tandis que les pensées seront entre étoiles. Désolée pour ce désagrément.


~ Le bruit du silence ~


Froissement… rabat.

Gribouillis gribouillis gribouillis

…Comment peut-on changer de page aussi bruyamment !

Tire

Tire

Tire

Bam.

Et personne ne sait remettre doucement un bouquin sur l'étagère ?

Crac ! « Ah… jesuisdésolépardonmecollezpa s ! »S'excusa hâtivement une voix bégayante avec une phrase inintelligible. Mamori tiqua légèrement et son crayon traversa brusquement le papier. C'était censé être une après-midi paisible dans la supposée-tranquille bibliothèque. Et d'une certaine façon ça l'était. A part elle, les seuls occupants de la pièce étaient un petit groupe de première année étudiant passionnément. Et non pas un groupe bruyant de joueurs d'amefuto attendant avec impatience le prochain ordre de leur démoniaque capitaine.

Prenant une grande inspiration, Mamori se remit à son travail. A cause de sa maladresse avec tout ce qui avait trait à l'électronique, Hiruma avait abandonné les explications et s'était contenté de tout lui imprimer pour qu'elle puisse travailler dessus. Ce qui était beaucoup. Toutes les données disponibles sur les équipes de la région du Kantô étaient présentes dans cette épaisse pile de papier de la hauteur d'une main… et elle était censée les catégoriser en jolies colonnes d'information que même un singe pourrait comprendre.

Elle soupira. *Hiruma demande toujours l'impossible*

Trois pages et de nombreux bruits de pages qu'on tourne plus tard, la patience de Mamori était très amenuisée. Le néon qui était supposé l'aider à étudier clignotait à une fréquence irrégulière, rappelant énormément Mamori d'un code en Morse qui n'aurait pas marché. Et pour couronner le tout, les premières années qu'elle avait cru inoffensifs tout à l'heure discutaient en chuchotant de leur sujet d'étude, mais ne savaient pas chuchoter visiblement. Mamori pouvait pratiquement épeler chacun de leurs mots, notamment une remarque désinvolte sur « la jolie senpai assise dans le coin là-bas ».

Mamori était flattée qu'ils la trouvent jolie, mais pourquoi devaient-ils être aussi bruyants à ce sujet ?

Heureusement le bibliothécaire les approcha et leur ordonna de baisser le ton, recevant le remerciement informulé de Mamori. De retour au travail. Avec un peu de chance elle aurait fini avant qu'Hiruma ne lui donne une autre pile.

Mais cela ne faisait pas dix minutes qu'elle avait repris son travail que le bibliothécaire passa avec son petit chariot, visiblement pour remettre à leur place les livres rendus. Mamori essaya de l'ignorer, mais le couinement des roues du chariot, ça c'était autre chose.

Couine. Griiiiiiince. Couine. Gnignignignignignignignibam.

Mamori se leva soudain, ramassa ses affaires sans se préoccuper de faire du bruit et sortit de la bibliothèque sans un regard en arrière. Le groupe des premières années la regarda partir avec perplexité. « Quelle senpai bruyante. »

Mamori traversa l'aile B et s'approcha de la salle du club. La porte était ouverte : Musashi nourrissait Cerberus et Bruta bros dehors. Le bruit d'une décharge de mitraillette déchira sans prévenir le vacarme ambiant et deux gringalets jaillirent hors du club, suppliant pour être épargnés. Mamori s'arrêta pour les laisser passer et s'engouffra dans le chahut du club de football américain.

A l'intérieur, les frères Ah-ah et Komusubi s'affrontaient au bras de fer en grognant tandis que Kurita se goinfrait bruyamment d'une dizaine de paquets de chips. Ayant viré avec succès Sena et Monta, Hiruma avait posé son AK-47 sur le côté et pianotait sur son ordinateur. La voyant rentrer, il haussa un sourcil. « Je croyais que tu serais à la bibliothèque aujourd'hui, putain d'manager ? »

Mamori prit place dans sa chaise habituelle. Hiruma tapait sans interruption, le cliquetis des touches du clavier formant une mélodie étrange et régulière. Les grognements d'effort des frères Ah-ah et les « hngoh » de Komusubi. Le son des chips et des paquets froissés. Les aboiements de Cerberus. Le léger tintement dans ses oreilles après le coup de feu d'Hiruma. Tout paraissait bruyant et extrêmement distrayant.

« Je trouve que c'est plus calme ici, » répondit Mamori avec un sourire amusé alors qu'elle se penchait sur son boulot là où elle l'avait laissé. Hiruma la fixa un moment avant de retourner à sa dactylo, le cliquetis des touches faisant écho à l'habile grattement du crayon sur le papier.

Inutile de dire, Mamori finit sa tâche en un temps record sans distractions supplémentaires.


Note de la traductrice : J'ai toujours ressenti la même chose, ne pouvant pas travailler dans le "silence". J'ai toujours un OST en boucle qui passe ou le son des fusillades des jeux vidéos auxquels jouent mes amis en même temps que je travaille. Si je dois réfléchir, je vais dans un centre commercial à l'heure de pointe ou tous les bruits me donnent des idées. Me mettre dans un champ à l'écart de toute ville ne fera que m'ennuyer et m'angoisser, étant claustrophile. En tout cas j'espère ne pas avoir fait trop de fautes et avoir été compréhensible dans cette traduction. Merci à ceux qui me lisent et à Zweetoon pour sa review sur Gravité, ça m'a fait très plaisir (pardon pour la faute de frappe mais je stressais pour mon devoir, et quant à la poêle c'était dans la VO et ma môman fait les crêpes avec une). Bonne lecture !

*Hermi-kô***