Déjà, désolé pour le retard ! Je sais que je poste une fois par mois et que ses deux derniers mois il y avait une petite absence, mais à ça : Deux raisons et demi : 1) Partiels 2) Quelques problèmes qui m'avaient coupé l'envie d'écrire et 2,5) Ordinateur DCD. Donc je m 'excuse pour ceux qui lisent l'histoire et ceux qui laissent des reviews (je vous aime koeur sur vous). Je ne compte absolument pas délaisser cette histoire qui me tient trop à cœur !

Au passage, en me relisant pour me resituer dans l'histoire, je me suis rendu compte qu'il y avait pas mal de fautes dans le dernier chapitre, je m'en excuse et je corrige ça très vite !

Bref, bonne lecture et je vous promets que la suite sera postée en temps et en heure ahah !

BlueRavenCordyr : Ouais vis-à-vis du passé de Nuska, je veux encore le « développer », je pense que on le verra encore plus dans cette partie. J'estime que peu importe le présent, on est toujours ramené à penser au passé du coup et à en « souffrir » dans le cas de Nuska, je voulais pas juste passé à la seconde partie en éjectant son passé. C'est juste impossible de faire ça dans la vraie vie.

Oui Sam est une autre de mes personnages d'une histoire complètement différente que je trouvais assez opposée à Nuska, je me suis dit que ça pouvait être marrant de l'inclure dans l'histoire (aussi parce que je voulais une escouade qui troue le cul LOL:3 Izumi = FMA / Itona = Assassination Classroom )

Merci de ton commentaire en tout cas !

AoYume-Chouppa :Cette blague ne sera jamais assez faite:P

C'est un peu ce que je voulais en faire ressortir, Catin ou Pute, c'est un mot qu'on ressort trop facilement aujourd'hui. Dans cette fiction, je voulais vraiment faire ressortir la VRAIE signification de ce mot et ce qui en ressort derrière 0:) C'est encore mon côté Sciences du Langage qui prend le dessus:p

Je suis vraiment originale comme personne hein ? Je ne ressors absolument pas certains personnages à toutes les sauces 0:)

« Une seule chose est bien à nous dans ce monde, c'est notre passé. » Victor Cherbuliez 1864

Livaï attendait devant la porte de son bureau. L'insomnie avait encore eu raison de lui mais il n'était pas franchement ravi d'être ici, dans ce couloir seulement éclairé par des torches à presque entièrement consumées. Seulement, même s'il était peu enchanté à l'idée de se retrouver devant le bureau de la Caporale encore éclairé à une heure si tardive, pour ne pas dire matinale, il n'en était pas moins tendu.

Sans trop l'expliquer, cette femme qui l'insupportait l'attirait par la même occasion. Ce sentiment totalement paradoxal lui courait sur le système. En sa présence, il ne pouvait s'empêcher de vouloir l'envoyer paître mais il était tout aussi curieux d'en apprendre plus sur elle, surtout depuis qu'il avait découvert certaines choses à son sujet. La militaire lui ressemblait bien plus qu'il ne voulait l'admettre, sans évoquer le fait qu'il l'avait déjà rencontré par le passé.

Alors il était devant la porte de son bureau en proie à des sentiments contradictoires. Livaï soupira de frustration avant de toquer, signe de politesse. Il fallait également rajouter qu'il ne supportait pas l'idée de ne pas être le chef ici. En règle général, c'était les autres qui toquaient à ce qu'il pouvait qualifier de bureau, pas lui.

Il attendit plusieurs secondes que quelqu'un ne lui réponde mais aucune voix ne se fit entendre. Il pensa rebrousser chemin, seulement, son instinct lui disait de rentrer. Poussant un deuxième soupir, il tourna la poignée avant d'ouvrir la porte. Il devait rendre ses rapports maintenant, pas que demain, ou plutôt aujourd'hui en vue de l'heure, il n'avait pas le temps, seulement, il n'avait pas envie de revenir. Le noiraud évitait soigneusement les quartiers des haut-gradés où il risquait de croiser le Major Erwin.

L'ancien brigand entra donc dans la pièce avant de se rendre compte que la Caporale s'était assoupie sur son bureau, des rapports déployés partout autour d'elle. Elle avait certainement dû les éparpiller en s'endormant. Livaï retroussa le nez ne supportant pas la vue de ses papiers désordonnés cependant, il n'en dit rien. Il se contenta de déposer ses rapports tranquillement quand son attention se tourna vers trois cadres photos.

La recrue fronça les sourcils complètement perplexe, sur les trois imprimés, Nuska semblait tellement différente de celle qu'il côtoyait.

Sur un des cadres, elle était en compagnie d'un groupe de personnes qu'il n'avait jamais vu ici excepté Faragon. Il y avait d'abord un jeune homme qui semblait âgé de 18 ans, il avait un bandeau gris afin de tenir ses cheveux bruns. Ses pupilles étaient d'une couleur électrique totalement absorbantes. Ensuite, venait une jeune femme qui était à peine plus jeune que le jeune homme, elle aussi était brune et avait les mêmes yeux que l'autre. Elle était plus grande que lui de quelques centimètres et ses cheveux étaient tressés à la manière d'une indienne. Aucun doute que le duo était de la même famille, ils affichaient un sourire chaleureux et l'un tenait l'autre par les épaules.

Venait ensuite Faragon, il semblait bien plus jeune qu'à l'heure actuelle, ses traits étaient moins tirés et il affichait un sourire timide. Juste devant lui était accroupie une jeune femme aux cheveux plutôt courts et blonds, elle arborait un air serein et enjoué comme si la situation prêtait à rire.

Et puis enfin, juste à la droite de son autre supérieur, se tenait nulle autre que Nuska Minoro. Elle devait avoir 18 ou 19 ans sur la photographie. Elle n'était pas si différente d'aujourd'hui bien qu'elle faisait bien plus adolescente qu'actuellement, ce qui était logique en soi.

Il s'agissait donc de sa première escouade. Ils avaient tous l'air tellement proche que Livaï se demanda un instant s'il était capable qu'eux aussi puissent se familiariser avec d'autres personnes de la sorte.

Sur la deuxième photo, on voyait Jason et elle ainsi qu'une enfant âgée d'une quinzaine d'années. La jeune fille était le portrait craché de Nuska si bien qu'on aurait pu penser que les trois étaient des triplés. Le cliché avait été pris devant une prairie, il s'agissait clairement d'une photo prise sur le vif en raison de l'allure des trois protagonistes. Ils avaient l'air en pleine discussion, ils semblaient paisibles. Ce trio lui rappelait un peu Isabel, Farlan et lui. Eux-aussi restaient entre eux si bien que personne ne pouvait intégrer leur cercle. Greil avait l'air de l'avoir bien compris l'autre jour.

Et enfin, le dernier cliché présentait son escouade actuelle. Il reconnaissait Mika, Marshall et Danny ainsi que la Caporale. Seules deux personnes lui étaient inconnues. Un homme avec des cheveux bruns coupés à la militaire ainsi qu'une jeune femme assez petite avec des cheveux blonds et bouclés. Sans vraiment le vouloir, il se rappelait les paroles d'Erwin, il avait dit à la Caporale que son escouade avait perdu des hommes dernièrement.

Alors, c'était eux qu'ils remplaçaient, du moins, temporairement. Un frisson le parcourut. Vu comment l'escouade semblait proche, il comprenait enfin pourquoi la noiraude avait refusé leur présence au sein de l'équipe. Le trio était loin de valoir les deux défunts, d'ailleurs, il l'avait noté auprès de l'escouade. Mika avait beau rester aussi chaleureuse à leur égard, il notait bien le deuil dans ses yeux.

Ce qui surprit Livaï sur les clichés, ce n'était pas l'aspect plus jeune de Nuska, c'était son sourire. Une certaine joie se dégageait des photos, chose qu'il n'avait encore pas vu à l'heure actuelle depuis sa rencontre avec la femme.

Il arrêta alors d'observer les clichés, quelque chose d'autre avait attiré son attention. C'était un tiroir verrouillé. Livaï se demanda un instant si les documents qu'ils recherchaient n'étaient pas ici. Il s'y approcha doucement veillant à ne pas réveiller la Caporale qui n'avait toujours pas bougé.

La clé devait être quelque part, il chercha silencieusement du regard où Nuska l'avait mise quand soudain, il entendit un mouvement.

Il se raidit brusquement s'éloignant le plus loin possible du bureau. Il voulut sortir de la pièce seulement, Nuska l'appela avec une voix lointaine.

—Livaï ? Tu ne devrais pas être couché ? Tu sais qu'il y a un couvre-feu ?

Le noiraud haussa un sourcil pour toute réponse, il se retourna avec son air las habituel avant de lui répondre.

—Tch…Je venais juste déposer des rapports. Et, Je pourrais en dire autant de toi, à moins que ton bureau soit ta chambre, se permit-il de rajouter.

Nuska rigola à la provocation avant de se frotter les yeux et d'observer le désordre devant elle. Elle poussa un soupir et entreprit de ranger la paperasse se disant en avoir assez fait cette nuit. Livaï ne savait pas pourquoi il était encore dans son bureau mais il restait là à l'observer, il la trouvait plutôt belle. Il dégagea rapidement cette pensée avec effroi.

—Puisque tu es là, viens t'installer, j'aimerais te parler, déclara la voix de la femme sans la moindre trace de colère mais avec une autorité toujours présente.

Livaï fronça les sourcils se demandant ce qu'elle lui voulait mais il lui obéit. Il s'installa sur une des chaises en face d'elle avant de la regarder froidement. Nuska avait des cernes et ses cheveux étaient désordonnés, seulement, cela n'enlevait rien à son charme naturel.

—J'aimerais savoir comment se passe votre intégration, je n'ai pas eu le temps de m'occuper de mon escouade récemment à cause des autres recrues alors j'en profite de t'avoir sous la main, expliqua Nuska avec un regard sincère.

L'homme ne pouvait la contredire, Nuska n'avait pas énormément fait son apparition auprès d'eux depuis deux semaines. C'était souvent Faragon qui supervisait leur entraînement ou bien Mika en dernier recours. D'ailleurs, il ne l'avait pas vu énormément en dehors de son bureau non plus.

Il réfléchit quelques instants à sa question. Comment se passait son intégration ? Il n'en aucune foutue idée. Les autres recrues et soldats se méfiaient toujours autant d'eux bien qu'ils aient accepté l'idée de les avoir en leur sein. Seule peut-être l'escouade de Nuska les tolérait, c'était tout ce qu'il savait, celle de Faragon n'en restait pas moins sceptique à leur égard.

Livaï n'était pas un homme de relation sociale, Isabel ou Farlan auraient pu répondre à la Caporale, mais lui, il avait plutôt tendance à éviter soigneusement les autres.

—Mmh, ça se passe. Mika, Marshall et Danny nous tolèrent et les autres restent les autres, se contenta-t-il de dire en haussant les épaules.

Nuska le fixa quelques secondes l'analysant sous toutes les coutures, sans faire son timide, Livaï n'était pas à l'aise à l'idée de voir ses deux prunelles noires posées sur lui d'une telle manière. La supérieure cherchait à lire en lui, il avait horreur de ça.

—Je vois… Les premiers mois sont souvent difficiles tu sais. Ça a été facile pour Jason de cacher son passé mais pour moi, beaucoup savaient qui j'étais alors forcément, beaucoup ont pensé que je n'avais pas ma place ici, expliqua-t-elle avec honnêteté, Même si tu dis n'en n'avoir rien à faire, n'hésites pas à m'en parler. On a déjà assez à subir avec la haine du gouvernement et des paysans alors si on doit supporter celle de nos camarades, ce n'est pas facile.

L'Ackerman fronça les sourcils perplexe par ce qu'elle venait de dire. Nuska ne se gênait pas pour les rabaisser constamment alors pourquoi, soudainement, la femme portait de l'attention à leur égard. Il se leva estimant que la discussion était finie mais visiblement, ce n'était pas l'avis de la femme.

—Le rejeton de Kenny alors ?

Sa voix était d'autant plus sérieuse, il n'y avait rien de méchant dans sa tonalité pourtant, Livaï détestait parler de son passé. Il se retourna avec un regard haineux mais la Caporale ne se plia pas à son caprice. Il comprenait mieux pourquoi elle s'entendait avec le Major Erwin, ils étaient aussi têtus l'un que l'autre.

—Est-ce-que je te parle de ton passé en tant que Faucheuse ? Répondit-il dans la provocation.

Un sourire se dessina lentement sur le visage de Nuska, elle se remémorait ses antécédents dans le gang. Certes, ce n'était pas rose ce qu'ils faisaient, pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir un bon souvenir. Jason et elle, les jumeaux intrépides. Roy, Brady, Narro, toutes ses personnes qu'elle avait rencontré et qui lui avaient appris et forgés un mental solide. Elle aurait sans doute mis fin à ses jours sans leur rencontre.

—En fait, tu peux. Même si Narro était une ordure violente et avare, ce type avait quand même un bon fond tu sais. Il faisait tout pour préserver les sous-terrains. Tous les gangs n'enterrent pas les cadavres, à commencer par ton père, répondit-elle jouant la carte de la provocation à son tour.

Livaï frissonna à la simple idée que Kenny puisse être son père, il se réinstalla sur sa chaise comprenant que Nuska n'avait pas fini la discussion.

—Tch… C'était pas mon père, je pensais que les Faucheuses étaient censés connaître l'identité de tout le monde, dit-il avec son ton froid.

L'échange intéressait de plus en plus Nuska, en fait, elle ne savait pas pourquoi elle lui posait toutes ses questions. Livaï l'intriguait, enfin, surtout son nom. De sa vie entière, elle n'avait connu qu'un Ackerman et celui-ci était sans pitié. Forcément, elle était curieuse ce qu'il ressortait de l'autre Ackerman. Et puis, cette nuit échangée sur le toit avait fait grandir son intérêt bien plus qu'elle n'y laissait paraître.

—ça n'enlève pas votre lien de parenté malgré tout, répondit Nuska avec un petit sourire en coin, Et puis tu sais, je ne suis resté que deux ans chez les Faucheuses, seuls les seniors connaissaient ce genre d'informations. Nous on s'occupait juste des missions, patrouilles, assassinats, réglage de compte, je t'apprends rien étant donné que tu étais leader d'un gang.

Cette fois-ci, c'était Livaï qui était intrigué par la tournure de la conversation. C'était la première fois que Nuska lui parlait d'égal à égal, il n'y avait aucune histoire de grade derrière ses paroles. D'ailleurs, c'était bien la première fois que la femme était aussi ouverte sur son passé. Il la trouvait plutôt lunatique, bien que cela ne le dérangeait pas, il se demandait sérieusement comment elle vivait chaque jour son passé.

—Pourquoi tu cherches à savoir des choses sur moi ? Je ne te pose pas de question sur ton passé de putain à ce que je sache, rétorqua-t-il.

Il ne savait pas pourquoi il avait dit une telle chose, forcément Nuska allait mal le prendre. Elle allait penser qu'il la méprisait à cause de ces antécédents, mais il avait bien compris qu'elle n'avait jamais adhérer à une telle chose. Et puis, sa mère avait été dans le même cas qu'elle. Sans le comprendre, il s'en voulait d'avoir été aussi arrogant avec elle.

Nuska resta silencieuse quelques minutes fuyant son regard, il avait touché un point sensible. Il était évident que cette expérience la hantait encore. Son sentiment de culpabilité devint presque insupportable.

Lentement, elle ôta sa veste militaire avant de relever sa manche et d'afficher des bandages sur son avant-bras. Elle commença alors doucement à les défaire sous l'œil attentif de Livaï.

Alors que l'homme pensait l'avoir énervé, son regard se surprit à lire des lettres marquées au fer rouge. Un frisson de dégoût envers les Brigades Spéciales le parcourut, comment pouvait-on être aussi cruel et sans cœur ?

Nuska eut un faible sourire sous l'attitude haineuse de Livaï, elle cherchait à comprendre comment le noiraud fonctionnait. C'était pour cette raison qu'elle lui avait montré son pire secret, elle voulait tester sa réaction. Elle n'était pas déçue en réalité, peut-être que le noiraud avait une conscience de justice, il semblait énervé à l'idée d'une telle torture.

—Tu sais, pendant des années, j'ai très mal vécu tout ça. En fait, je dirais même qu'aujourd'hui encore, ça me hante. Il y a des jours où tout ira bien comme il y a des jours où je ne ferais que ressasser des idées noires, dit-elle en pleine réflexion avant de reprendre, Ce mot, on me l'a inscrit sur le bras à cause de ce qu'on pourrait appeler « une rébellion ». Les premiers mois de ma libération, je pouvais même pas le regarder, ça me rendait malade. Et puis j'ai fini par l'accepter.

Elle s'arrêta quelques instants pour regarder les moindres réactions qui passaient à travers le visage de son locuteur. Effroi, haine, colère, peut-être de la peine, elle comprit que ce personnage en face d'elle ne vivait que dans un monde obscur et sombre dont seuls son frère et sa sœur étaient la lumière. Il lui rappelait elle il y a encore quatre ans en arrière. A ces dernières paroles, Livaï la regarda surpris par cette confession.

—J'ai été une putain, j'ai été violé, je peux pas fermer les yeux là-dessus. Je dois juste aller de l'avant, dit-elle en se levant et en remettant les bandages ainsi que sa veste laissant Livaï voir des clés autour de son cou, Mais pour aller de l'avant, je dois accepter cette partie de ma vie.

—Mais pourtant, tu le caches sous des bandages, rétorqua Livaï curieux d'une telle action.

—C'est vrai, c'est bien pour ça que j'ai dit qu'aujourd'hui encore, ça me hantait. N'importe quel Homme, même le plus fort, a ses faiblesses. Il faut juste les accepter.

Ils se regardèrent quelques secondes sans rien dire avant que finalement, Nuska l'invite à quitter son bureau afin d'aller dormir. Elle partit aussi par la même occasion fermant la porte à clé. Livaï se demandait si les clés autour de son cou n'était pas celle du tiroir en question. Peu importaient les réponses, il devait les obtenir pour vérifier.

Alors qu'ils partirent chacun dans une direction opposée, Livaï repensa soudain aux mots de Nuska.

Mais pour aller de l'avant, je dois accepter cette partie de ma vie.

Cette phrase avait fait écho en son sein, il avait lui aussi des problèmes vis-à-vis de son passé. Il se noyait dans une rancune à l'égard de Kenny et de bien d'autres choses, pourtant, voulait-il pour autant aller de l'avant ? Son désir de vengeance et sa haine n'avaient pas disparu et, il ne savait pas si elles disparaîtraient un jour.

Très vite, il fut devant la porte de sa chambre. Isabel était juste au coin de la porte de la sienne, sourire en coin.

—Alors beau goss, on va draguer sa supérieure ?

Livaï soupira exaspéré par l'attitude de sa sœur, si seulement elle avait idée de la conversation qu'ils venaient d'échanger, elle n'aurait pas dit ce genre de choses.

OOOOO

—Bon anniversaire ! Hurlèrent Jason et Nuska sous les yeux ébahis d'Hinami qui fixait le gâteau complètement raté des jumeaux.

Un sourire dessina ses lèvres avant qu'elle n'éclate de rire sous l'air gêné de son frère et de sa sœur. Elle les enlaça tendrement ému mais aussi hilare.

—Vous êtes pas possible ! A 23 ans, vous savez toujours pas cuisiner !

Jason se gratta la tête complètement gêné d'une telle révélation, il était très doué lorsqu'il s'agissait de manier un scalpel en revanche, en pâtisserie, c'était loin d'être son affaire.

Nuska n'en menait pas large non plus, à vrai dire, outre les pommes de terres, les pâtes ou les soupes, elle n'était pas très douée dans les disciplines culinaires.

En effet, ils avaient tenté un gâteau au chocolat, simple selon Eddy et Hanji, Greil s'était moquée d'eux insinuant qu'ils se louperaient obligatoirement.

Même les héros sont des merdes quelques parts, faites-vous à cette idée !

Alors bien entendu, leurs esprits de contradiction leur avaient emmené ici, à donner un gâteau au chocolat qui tombait en miettes par on ne sait quelle loi de gravité. Au moins, cela avait fait rire Hinami même si ce n'était pas le but initial.

—Pff ! Même les héros sont des merdes quelques parts… reprit Jason en copieux minutieusement Greil.

Nuska gloussa en secouant la tête exaspérée par l'attitude de son jumeau. Il était incorrigible.

—Je suis désolé Hina, on a vraiment essayé de faire du mieux qu'on pouvait, s'excusa-t-elle en passant une main dans ses cheveux.

La concernée haussa les sourcils avec amusement avant de croiser les bras et de demander fièrement :

—Et mes cadeaux ?

Jason faillit cracher l'eau qu'il était en train de boire, Nuska éclata de rire à son tour. Hinami était vraiment la personne la plus imprévisible possible.

—Eh ! Papa et maman t'ont pas éduqué comme ça ! s'insurgea le médecin abasourdi par ce que leur cadette venait de dire.

—Non, c'est vous qui me l'avez appris, déclara-t-elle fièrement avec une lueur enjouée dans le regard.

—Enfants incorrigibles qu'on était... râla Nuska avant de sortir un livre de son sac sous le regard surpris de la plus petite.

Hinami fronça d'abord les sourcils perplexe, elle n'était pas du genre lecture. C'était plus du ressort de Nuska ou de Jason. Pourtant, lorsqu'elle s'empara de l'énorme bouquin, ses yeux s'écarquillèrent de surprise. Elle ouvrit la bouche sous le choc, les jumeaux étaient satisfaits de leur présent. Ils se tenaient fièrement devant leur sœur avec cet air paternel et maternel qu'ils avaient à son égard depuis la disparition de leurs parents et leur réunification.

—Non… Mais c'est illégal ! Déclara d'un coup Hinami complètement ahure.

—Depuis quand on fait dans la légalité Hina ? Se moqua Nuska avec un petit rire.

—Et puis, tu as toujours été fasciné par le monde extérieur. On s'est dit qu'un livre sur le monde en dehors des murs devraient t'intéresser, expliqua Jason avec un ton chaleureux.

—Je vous adore… murmura Hinami encore sous le choc, JE VOUS ADORE ! Hurla-t-elle avant de les serrer une deuxième fois dans les bras.

Ils restèrent plusieurs secondes ainsi à profiter de l'instant, depuis que chacun des jumeaux étaient haut-gradés, ils avaient bien moins de temps pour leur vie privée. Ils s'en voulaient beaucoup, ils passaient moins de temps avec la cadette, surtout depuis qu'elle était arrivée en tant que nouvelle recrue dans le bataillon. Elle aussi avait un devoir constant désormais. Il fallait aussi noter que les jours de repos des recrues étaient différents du jour de repos des haut-gradés alors forcément ils avaient dû poser un jour de congé exprès pour rester auprès d'Hinami.

Finalement, Jason s'éloigna et sortit fièrement trois bouteilles de vin qu'il tendait à chacune de ses sœurs. Hinami fit les gros yeux complètement surprise par la tournure des évènements.

—Mais ! Je sais que que c'est mon anniversaire mais je suis mineure ! J'ai que 16 ans ! J'ai pas le droit ! s'indigna celle-ci alors que les jumeaux s'échangèrent des regards perplexes.

—Tu sais, à 16 ans on avait fait des choses bien plus illégales que de boire de l'alcool jeune fille ! Rétorqua Jason.

Nuska lança un sourire entendu à son frère sous le regard déconcerté d'Hinami qui comprit immédiatement ce qu'il se passait.

—ça veut dire que je suis assez vieille pour faire partie de vos soirées de débauches ?! Yes ! s'écria-t-elle euphorique.

—Ouais, on peut le dire comme ça gamine, se moqua Nuska qui se rappelait l'époque où elle avait encore cinq ans et qu'elle voulait sortir avec le frère et la sœur sous l'indignation de leurs parents.

—Eyhh… On est vraiment des mauvaises fréquentations… se rendit compte Jason en ouvrant sa bouteille et en s'asseyant sur un fauteuil avec lourdeur.

Hinami gloussa et observa ses aînés boire à même la bouteille, elle analysa le liquide rougeâtre se demandant si elle pouvait réellement le faire. Puis pris dans un élan, elle but une gorgée avant de manquer de s'étouffer et de recracher le venin.

Sa réaction fit rire les jumeaux qui manquèrent de s'étouffer par la même occasion.

—Si t'en veux pas on en veut bien, t'en fais pas ! s'exclama Jason s'essuyant les coins des yeux totalement hilare.

Hinami prit cela pour une compétition et reprit une gorgée se forçant à avaler, elle eut une grimace de dégoût alors que l'alcool lui brûlait la gorge. La sensation disparut assez vite ne laissant place plus qu'au goût du raisin. Un sourire de provocation s'étendit sur son visage avant qu'elle ne prenne une part de gâteau détruit.

Les jumeaux la fixèrent attendant son avis, ils observèrent les moindres détails sur le visage de la jeune fille.

—ça a pas de gueule mais c'est pas mauvais, déclara-t-elle finalement.

Jason soupira de soulagement avant de se rendre compte qu'Hinami avait vraiment le langage des Minoro. Totalement vulgaire et provocateur, il rigola encore un coup avant de s'emparer d'une part suivie par Nuska.

Les heures défilèrent, la famille trinquèrent, jouèrent, se racontèrent des anecdotes de leurs enfances et finalement, ils s'endormirent sous les effluves du vin.

Le lendemain fut d'autant plus rude pour Hinami qui n'avait pas l'habitude de ce qu'on pouvait appeler « une gueule de bois ». Ses camarades l'avaient bien remarqué, tous pensaient que celle-ci couvrait quelque chose, Thomson lui avait gentiment proposé de l'accompagner à l'infirmerie, fidèle petit-copain qu'il était, seulement, Hinami n'avait pas très envie de voir Eddy ou Jason. En particulier Jason, celui-ci pouvait être d'une humeur fracassante lorsqu'il vivait un lendemain de soirée.

Pour sa première cuite, elle avait fait fort. Elle ne se rappelait même pas de ce qu'elle avait fait avant d'aller se coucher. D'ailleurs, plus elle y repensait, plus elle se disait qu'elle n'avait aucune idée de comment elle était allée se coucher.

Alors la voilà dans le réfectoire, en plein midi, avec une tête de déterrée. Elle partageait sa table avec Morin et Thomson, qui avaient finalement compris que la cadette avait peut-être fêté un peu fort son anniversaire.

—On a pas tous les jours 16 ans, tu as eu raison d'en profiter, tenta de rassurer Morin qui avait toujours cet air si doux dans la voix.

Thomson ne put s'empêcher de ricaner malgré tout, l'adolescent prenait un malin plaisir à voir la jeune femme dans cet état second.

—Mmh… Mes parents m'ont toujours dit d'éviter les alcooliques, désolé Hina…

Son ton était moqueur et il reçut en retour un coup de pied qui le fit grimacer. Il avait oublié à quel point sa copine pouvait être rancunière.

Alors qu'il poursuivait leur repas, trois têtes familières s'installèrent à leur table. Il s'agissait du fameux trio de criminels, Farlan, Isabel et Livaï.

Morin n'était pas spécialement à l'aise avec eux, surtout Livaï. Il l'intimidait beaucoup trop, son regard était glaçant et sans aucune once de sympathie. Fort heureusement, le trio se contentait de manger entre eux, Isabel se plaignant de la nourriture infecte du réfectoire et Farlan la rassurant en lui disant que la nourriture des Bas-Fonds n'était pas mieux.

Elle se concentra à nouveau sur Hinami qui tirait toujours une tête cadavérique. Thomson lui tenait la main en signe d'encouragement tandis que quelque chose traversa la tête de Morin.

—Dis Hina… J'ai quelque chose à te demander… commença la rousse qui ne savait pas réellement si elle était en droit de le faire.

Sa réaction attira le regard des amoureux avec curiosité, ils avaient rarement vu Morin dans un état de panique aussi intense.

—Je t'écoute Morin, tu peux tout me demander tu sais, encouragea Hinami avec un sourire pour la rassurer.

Les mots restèrent bloqués dans la gorge de Morin, elle ne savait pas comment aborder le sujet. D'ailleurs, elle n'était pas censée être au courant de tout ça, elle avait juste surpris une conversation entre la lieutenante Mika et ses frères lorsqu'elle était aux écuries.

Morin prit soin de baisser la voix et jeta un regard autour d'elle pour veiller à ce que personne ne l'entende outre les concernés.

—J'ai entendu des supérieurs parler de la prochaine expédition… Elle aurait lieu à la fin du mois…

Thomson et Hinami firent de gros yeux, ils s'étaient préparés à participer aux explorations, après tout, cela faisait trois mois qu'ils étaient ici. La noiraude frissonna se rappelant de l'état dans lequel sa sœur était revenue, sans parler de l'état des autres soldats. Thomson serra sa main contre sa volonté, lui aussi angoissait à cette idée.

—Mon frère et ma sœur m'ont rien dit… murmura-t-elle perplexe, D'ailleurs, le Commandant n'a toujours rien dit à ce sujet, on devrait pas être au courant ?

Thomson parut réfléchir à son tour, il avait cette lueur qui brillait à chaque fois que quelque chose le tracassait.

—En fait, c'est pas étonnant… Vous avez vu comment les haut-gradés courent partout ?

Hinami écarquilla soudain les yeux comprenant enfin pourquoi Jason envoyait des recrues lui chercher du matériel de soin dans les quatre coins des murs, cela expliquait aussi pourquoi Nuska faisait trois voir quatre réunions par semaine.

—J'aurais dû m'en douter… soupira Hinami qui se sentait complètement à la ramasse, Jason envoie des soldats chercher du matériel médical en masse et Nuska passe son temps en réunion… Hier, j'ai appris qu'elle était en train de former les escouades des nouvelles recrues…

Cette fois-ci, c'est Morin qui parut surprise. Un regard inquiet passa à travers son regard.

—Mince… jura-t-elle, J'ai entendu dire que la dernière expédition a vraiment été une boucherie…

—Sur 150 soldats… commença Thomson perdu dans ses pensées.

—Seulement 72 en sont revenus, finit Hinami sous le regard surpris de ses camarades, J'ai jamais vu Jason et Nuska revenir aussi dépités d'une mission… D'ailleurs, Nuska était vraiment mal en point, elle est restée une semaine à l'infirmerie à cause de sa blessure…

Le silence s'installa alors qu'il finissait de manger tristement. Ils s'emparèrent enfin de leur plateau pour aller débarrasser, les cadets avaient pensé avoir été discret, cependant, ils étaient loin de se douter que les trio des Bas-Fonds avait tout entendu.

Eux-aussi restaient silencieux face à cette aveux. Ils étaient restés trop longtemps ici.

—Livaï, il faut qu'on récupère les documents au plus vite. Il ne reste que deux semaines avant l'expédition… soupira Farlan visiblement inquiet lui aussi.