Coucou tout le monde!
Me voilà pour le chapitre 10! Omg, 10 chapitres, c'est un cap de passé les amis!
Merci aux reviews, follows, et fav' qui sont de plus en plus nombreux. Vous me motivez d'une façon inimaginable, c'est génial, merci beaucoup à tout le monde!
Beaucoup n'était pas contente que Marion est une excuse, mais bon, fallait bien lui en trouver une pour une raison que vous comprendrez plus tard xD
Moi: Re! Merci beaucoup :) Je suis contente que tu n'ai plus envie de frapper Marion, faut bien qu'il y'en ai qui la haïsse pas quand même T_T Oui Antoine est vraiment con, pauvre Mathieu xD Si tu parles des pochons de beuh, t'inquiète, ça peut rien faire xD Si c'est "la drogue pour le moins chaotique qu'il a testé hier", ne t'inquiète pas non plus, c'était juste pour justifier le fait qu'il ne soit pas levé tôt comme à son habitude, j'en avais tout simplement besoin pour l'histoire x)
Ephrozina: Super contente que ça te plaise! :D Oui, mes deux couples préférés :3 xD Vous inquiétez pas tous, je vais esayer d'arranger le cas d'Antoine, promis!
lea89: Coucou! ^^ Super bien merci, la mer était cool! -bien que très froide- :P Mathieu va avoir sa revanche x)! Ce serait cool qu'il s'en prenne plus dans la gueule après tout ça? O.o Sadique va! xD Tu verras, mais je peux te dire qu'ils ont pas fini d'avoir des emmerdes... Elle va continuer encore un petit bout de temps, puisque je prévois au moins 20 chapitres! (Peut-être plus, j'en sais rien xD)J'espère que la suite te plaira autant!
AngNiRa: Oui, la guerre totale même x) Oui, elle est spéciale et joue double jeu... Mais elle a ses raisons x) Je sais... Pardon Antoine T_T J'espère que la suite te plaira tout autant!
luna-la-lune: Merci ^^ J'espère que la suite te plaira autant!
JeNeSuisPasTitip: JeT'AiDémasqué
Neko: xD Ta review m'a fait BEAUCOUP rire! Tu es bizarre, oui, mais j'aime bien les gens comme toi ;) Tu me vénère? Mon dieu, je n'en demande pas tant! Hum... J'aimerais dire oui à ta demande en mariage, mais malheureusement, l'idée de me marier un jour me fait bien rire, et mon coeur est déjà pris... *Regard dramatique avec main sur le front* Pardon! Et pas d'inquiétude pour les poulets, j'aime pas la police! Bon alors, déjà, merci pour avoir laissé une review, hein! C'est pas tout le monde qui le fait, et ça me fait super plaisir de savoir que ma fic te plaît!
Oula... Je pense que tu n'as pas pris tes médocs T_T Pauvre Marion quand même, même si je ne l'aime pas non plus... Pourquoi tant de haine? Crier "je t'aime" au Patron, N'EST PAS une bonne idée! Du tout même! Oui tu es bizarre!
Et.. Mes chevilles vont exploser sous tant de compliments! De rien, merci, merci, merci, merci, merci, de rien!
Et oui, déjà! *yeux larmoyants* Mais je veux bien adopter ta conscience, elle m'a l'air vraiment cool! On pourra se faire de belles conversations toutes les deux en tête-à-tête! Je ne te trouve pas que toi bizarre, nous sommes bizarre. Le Yaoi, c'est l'existence entière, et le Matoine, c'est un de ses plus beaux enfants ! Retenez tous ça jeunes padawans, un jour... Nous dominerons le monde! A la prochaiiine! (Au fait... T'as posté deux fois ta review xD)
Mlle Pikachu: Coucou ^^ Merci beaucoup de tous tes compliments! Ça me fait super plaisir de savoir que tu apprécies ma fiction ;) (Et tu remercieras ton amie du coup aussi xD) Ça me fait plaisir de savoir que tu apprécies le fait que j'ai donné un nom aux personnalités, c'est pas tout le monde que ça dérange pas... T_T Hum... Le Patron a un prénom qui apparaîtra, mais pour le Prof et la Fille... Je suis pas sûr de réussir à les caser x) Quant au Démon non je pense vraiment pas :P Voila le prochain chapitre de sortit, et j'espère qu'il te plaira tout autant que les autres!
Comme je vois de plus en plus de curieux se poser la question, je préviens que cette fic n'aura pas forcément une Happy-end. J'ai la fin en tête, mais je ne vous en dirai pas plus! (Peut-être que ça se finira bien, peut-être pas!)
Mais avant, je tiens à remercier deux personnes pour ce début de chapitre:
Titipo, qui m'a donné la liste de tous les personnalités de Kriss de Minute Papillon, vu que j'en connaissais... Pas beaucoup x) Alors merci à elle! (Ce début de chapitre est pour toi meuf!)
Et Leiizy, qui m'a... *émotion bien ressentie* Dessinée mon premier fan-art! Sisisi! C'est pas une blague! Je vous donne tout de suite le lien:
. Merci à elle du fond du cœur! (Si le lien ne s'affiche pas ce qui est possible, envoyez lui un Mp! Et je sais qu'on ne peut pas copier/coller, faut avoir la patience de tout recopier xD)
Aucun des personnages de cette fiction ne m'appartiennent, sauf Marion.
Certaines se plaignaient de ne pas avoir assez de Hippie dans les chapitres précédents? Huhu...
Bonne lecture!
Chapitre 10: La douleur du Hippie.
L'amertume rongeait Mathieu.
Mais pas seulement.
La colère, la peine, la frustration, la honte, le profond sentiment de fierté bafouée.
Rien ne se mélangeait. Tout était clair, pour une fois. Il voulait Antoine. Il avait tout fait pour s'en emparer. Et ça ne marchait pas.
Les mots suaves, les sous-entendus, les yeux de biches, les effleurements, les moues larmoyantes.. Rien n'y faisait. Le brun ne comprenait rien, ne voyait rien, trop occupée par sa copine.
Et Marion, qui faisait tout pour accaparer son attention, détournant ses sens de Mathieu.
Il était pourtant partit confiant. Il se savait drôle, intelligent, mignon. Sexy, même. Mais son ami y était insensible.
Antoine était con. Soit il le faisait exprès, soit il était réellement profondément stupide. Une vraie brêle.
Tout avait était tenté. La banane à la crème anglaise sensuellement savourée, le cri de terreur féminin en plein milieu d'un film d'horreur, pour ensuite se jeter dans ses bras, faussement terrifié. Les sourires enjôleurs lors d'une conversation perverse, le renversement de yaourt pour pouvoir enlever son T-shirt devant lui, l'arrivée à l'improviste en tenue de sport moulante -Mini short gris et débardeur serré-, et même le faux décès d'un cousin, saisissant l'occasion de se blottir dans ses bras, faussement chagriné.
Que fallait-il faire? Des regards saisis parfois, lui avait semblé l'opportunité à prendre. Les yeux sérieux et douteux de son ami, les lèvres mordus, la main crispé... Comme... Comme si Antoine sentait. Sentait qu'il y'avait quelque chose. Ils avaient tellement joués au couple, tellement sortis de sous-entendus, qu'au final, le brun ne savait sûrement plus démêler le sincère à la comédie.
Peut-être fallait-il tout simplement lui annoncer cash. Sans préparation ni tâtement de terrain. J'te balance mes sentiments à la figure, démerde toi avec ça, mais attention, pas le droit de me faire mal. Non. Ça ne mènerait à rien, à part faire flipper le psychopathe.
La mise en place devait être douce, laisser le temps à Antoine de comprendre, d'accepter, de partager. Dans les meilleures des scénarios, du moins.
Son psy le lui avait dit, d'y aller en douceur. Pas comme si il l'écoutait vraiment, mais après réflexions, il n'avait peut-être pas tord.
Il ne lâcherait pas le morceau. Il aurait Antoine. Coûte que coûte.
D'un sifflement admiratif amusé, Kriss éclata de rire lorsque la Fille, perchée sur ses talons vingt centimètres, s'écroula lamentablement sur son conjoint savant.
Au fond du salon, coincés entre deux canapés, le Vegan et le Carniste se disputaient encore, pour la même continuelle raison. A leur côté, l'Irlandais avait entamé une danse endiablée depuis une dizaine de minutes, coupé du reste du monde. Dans le couloir du haut, des hurlements stridents se faisait entendre.
'HELICOUPTER, HELICOUPTER!'
'HIHIHI JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ'
Mr Dada se trémoussait dans la cuisine, sous le regard vide du pyromane, un briquet à la main. Devant la télé, le Panda, le Baron, le Démon de SLG et le Geek se disputaient une partie de Mario très serrée, les sourcils froncés, le regard sérieux, et les mains crispées sur leurs manettes. Le Prof, La Fille et la Féministe étaient installés tous les trois sur le canapés.
Le Patron était à l'étage, enfermé dans une des chambres avec Croc'Homo et le Démon de Kriss.
Toute cette agitation faisait un bien fou à Mathieu.
Voilà exactement de quoi il avait besoin. De bruit. De gens qui crient, qui rient, qui s'amusent, qui font les fous. Besoin de se sentir vivant. Besoin de ne pas entendre le murmure du silence l'étreindre avec angoisse. Besoin d'être entouré par un brouillard désordonné de folie légère.
_Ça va Mathieu?
Le châtain se tourna vers son ami, un sourire aux lèvres, étonnement reposé, pour une fois.
_Très bien, pourquoi?
Six long mois qu'il n'avait pas vu Kriss. Six long mois qu'il n'avait pas entendu la voix de son autre ami brun, qui lui avait manqué.
C'était un manque différent de celui d'Antoine. Pas un manque vital, oppressant. Un manque plus doux, mais peut-être tout aussi douloureux. Son ami était une des rares personnes en qui il accordait une confiance totale. Possédant le même point de vue sur la vie en général, le même humour douteux mais réfléchie, la même maladie, aussi. C'est ce qui les rapprochait tant, au final. La schizophrénie, poussée au point de non retour, prenant littéralement forme, donnant vie à de véritables êtres humains.
En fait, l'autre schizophrène était sûrement celui qu'il pourrait considérer comme meilleur ami, puisqu'Antoine... Antoine était plus.
Oui, Kriss lui avait beaucoup manqué. Le revoir lui procurait la sensation d'une véritable bouffée d'oxygène.
_Tu m'as l'air bizarre. T'as des cernes jusqu'au menton, les yeux brillants, mais t'as l'air... Cool. Heureux. C'est du genre à te casser les couilles pourtant ce genre d'ambiance, nan?
_Pas ce soir mec. Ce soir bonne ambiance, et surtout on se bourre la gueule!
Le brun laissa échapper un rire, avant de se resservir une tequila, suivit du plus petit.
_Et Antoine du coup, j'avais zappé! Il a déménagé sur Paris, vous devez vous voir souvent?
Il se rembrunit soudainement au nom du présentateur de What The Cut?!, mais, s'attendant à la question, il pu répondre avec un ton le plus dégagé possible.
_On se voit assez souvent ouais.. Mais il a une copine.
_Sans déconner? Antoine, une copine? Elle est comment?
_... Plutôt bonne. Blonde, tâches de rousseurs... La petite fille sage et innocente, tu vois le genre? 'S'appelle Marion..
_Ouais, je vois le genre... Un balais coincé bien profond?
Mathieu hésita quelques secondes, plus pour lui-même que pour donner une réponse approprié à son confrère youtubien.
'C'est officiel, tu pourras lui dire à ton pote. Sa copine fait le tapin!'
_Ouais, grave...
Kriss ne manqua pas le ton, la moue, et les yeux de son ami. Il fronça les sourcils discrètement, se demandant rapidement ce qu'il pouvait bien se passer avec cette Marion.
_Tu veux que j'ailles nous chercher des joints mec?
_Avec plaisir... Va voir les Hippies, 'sont dans le van.
Évitant tant bien que mal chacune des personnalités, Kriss réussit à se faufiler hors de la maison. Il frissonna légèrement lorsqu'il sentit l'herbe fraîche rentrer en contact avec ses pieds nus. Un peu plus loin dans le grand jardin, il vit rapidement son lui enfant et Capsule de Bière s'amuser ensemble, manifestement en très bonne entente. Cette vision le fit doucement sourire, incapable de contrôler l'élan de tendresse qui le submergea.
Arrivé au van, il ne prit pas la peine de toquer avant d'entrer, sachant que cela n'aurait servi à rien. La porte à peine ouverte, il sentit une odeur familière le prendre à la gorge. Une fumée chaude et entêtante, dont on ne distinguait presque aucune forme à travers.
_Les gars? Vous respirez encore là .. ? Hého!
Personne ne lui répondit, ce qui lui fit sentir une pointe d'inquiétude au creux du ventre.
_Oh les gars!
A l'aide de grands gestes avec ses bras, il parvint à dissiper un peu la fumée, l'envoyant à l'extérieur, et atteindre le fond du van, mine de rien plutôt grand.
Il découvrit une scène auquel il ne s'attendait pas le moins du monde.
Son Hippie était là. Son double. Son fidèle chapeau sur la tête, la posture voûté, le regard à la fois calme et sérieux. Sans joint. Une main posée sur une tête châtain coiffée d'un bob clair. L'autre posée sur sa taille, dans une étreinte réconfortante.
Mais malgré le fait qu'il n'est jamais vu le camé faire un câlin à quiconque, ce n'est pas ça qui interpella Kriss.
Mais le Hippie de Mathieu.
Enfoui dans le sweat de son ami, les mains agrippés à s'en faire mal à son pantalon, les épaules se secouant lentement au rythme de quelques sanglots.
Figé, Kriss n'osa dire un mot. Manifestement, le double de son ami ne l'avait pas entendu arriver, ce qui ne fut pas le cas de son double à lui. Son Hippie releva la tête légèrement, de manière à ne pas déranger son acolyte drogué, et lui lança un regard que le brun n'aurait jamais cru voir dans les yeux du camé.
Deux orbes marrons qui lui demandait de partir, et de le laisser gérer ça seul.
Toujours muet, le schizophrène repartit sans bruit, laissant derrière lui deux drogués dans les bras l'un de l'autre, l'un trop sérieux, et l'autre trop malheureux.
Le néant.
L'impression que rien a de sens. Tout va trop vite et trop lentement. Tout est sombre, rien n'est clair. Une conjoncture en émoi, sans retour, sans barrière, qui le rendait fou.
L'autre jouait avec son âme.
Consciemment? Peut-être.
Détruit la à petit feu alors. Détruit mon cœur. Détruit mon coeur si ça t'amuse.
Son front retomba mollement sur la vitre fraîche, laissant apparaître une tache ovale sur la carreau. La sensation de froid contre son visage brulant lui fit un bien fou. Le froid avait quelque chose d'apaisant, de calme, par rapport à l'agitation qu'il y'avait dehors.
Mathieu avait invité Kriss et ses personnalités à faire la fête.
Si le Hippie était heureux que son créateur revoit son meilleur ami, son bonheur à lui lui semblait éteint, comme toujours.
'HIHIHI JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ!'
Non, décidément, il n'aimait vraiment pas le bruit.
Le présentateur de Minute Papillon passa à quelques mètres de lui sans pouvoir le voir, puis se jeta dans les bras de son pote, tout sourire. Il vit passer son ami le Vegan, le Baron, le Gamin du Sheitan et L'Irlandais, sautant bizarrement sur ses deux jambes.
'Il en a sûrement trop pris...'
La conclusion, au lieu de sonner comme une évidence, força son esprit. Ce n'était pas une conviction finalité d'un réel questionnement, mais un automatisme reglé comme du papier à musique.
Une vague d'amertume le prit à la gorge, submergeant le reste. Pourtant, pas un doigt ne tressaillit.
Il n'était même plus lui-même.
Soudain, alors que ses pensées devenaient de plus en plus noires, il entendit la porte du combi s'ouvrir.
La plus part des gens tiraient d'un coup sec la plaque de métal un peu rouillée. -Sauf le Geek, qui n'arrivait même pas à tourner la poignée.- Mais cette fois, elle s'ouvrit avec une étonnante douceur un peu gauche, provoquant plusieurs grincements agressives répétés, avant de laisser passer son visiteur, qui prit soin de refermer derrière lui.
Une silhouette courbée. Des bras fins et arqués, deux mains qui tenaient un paquet de tabac et une tête brune coiffée d'un bob à dreads synthétiques.
Il ne put que sentir une petite étincelle de joie aux tréfonds de sa poitrine.
_Salut Man...
Une allégresse soulageante lui tomba sur les épaules, l'enveloppant comme un manteau chaud un jour d'hiver.
_Gros..
Comment avait-il pu oublier?
Avec la timidité commune qu'ils se partageaient, ils se sourirent maladroitement. Sans avoir besoin de demander la permission, le brun se permit de s'asseoir sur le double lit dur comme le roc que possédait le camion. En silence, il défit le cordon qui enroulait le paquet jaune, puis sortit son matériel habituel.
Une fois le joint roulé, le Hippie aux lunettes remarqua son homologue se tendre légèrement. Du moins du plus qu'il en était capable, et s'arrêter à mi-chemin entre le cône et le briquet.
_Tout va bien Man?
Le double de Mathieu écarquilla les yeux, un peu surpris, et quitta son observation machinale. Pour remarquer que l'autre le regardait avec le plus grand sérieux, attendant une réponse.
_Ouais... Pourquoi tu demandes ça Gros?... C'est de la bonne?
Changer de sujet avant que l'autre ne s'en rende compte. Vite. Et ça l'intéressait aussi, puisque ça sentait d'ici...
_Ouais Man. De la bio. Kriss à réussi à me la dégoter je sais pas trop comment. T'as pas l'air joyeux Man... Puis j'ai pas pris mon djembé..
Le Hippie songea rapidement qu'il aurait bien voulu entendre son acolyte jouer de son instrument fétiche, de sa voix traînante et entraînante.
_C'est pas grave Gros, on entend la musique de là...
Effectivement. De l'intérieur du combi, la musique Irlandaise agissait comme fond sonore.
_T'es venu avec tout le monde Gros?
_Y'a quelques uns qui sont restés... Ils avaient pas envie de voyager. Y'a... Euh...
Il sembla chercher quelques instants le nom de ses doubles, mais il n'y parvint apparemment pas, déjà trop fatigué. Néanmoins, il n'oublia pas l'état de son unique ami en face de lui.
_Tu vas pas me dire ce qui se passe?... C'est la société qui te rend comme ça Man?...
_J'en ai trop pris... Je suis trop raide, faut que j'aille me coucher...
_Déjà Man? Attend au moins de tirer sur ce pétard, c'est du naturel complet.
Le cône de papier roulé lui fit mit sous le nez, avec une force et une rapidité qui ne correspondait absolument pas au brun. Mais son estomac lui semblait trop noué, trop entremêlé, pour ne serait-ce que tirer une latte.
_Non merci Gros... J'ai trop fumé là..
La bouche du Hippie de Minute Papillon s'entrouvrit légèrement, laissant apparaître sa stupeur. Mais devant le regard qu'il devinait sous les lunettes mauves, il se tut, et alluma enfin le pétard.
Il passa une trentaine de minutes dans cette ambiance. Peut-être un poil tendue, mais calme et silencieuse. Le double de Kriss continuait à fumer, à présent allongé sur le lit, ayant tout juste eu la présence d'esprit d'entrouvrir une fenêtre. Celui de Mathieu toujours assis sur la chaise, le front collé à la vitre, fixant Capsule de Bière gratter un trou dans la terre pour y enterrer un os.
La chaleur, contrastant avec l'extérieur, devenait presque étouffante.
Ils entendirent un cri, un rire grave et malsain, aux intonations perverses, briser le mutisme.
_Croc'Homo veut bien utiliser la technique des cinq trous! Oh oui oh oui!
_On va tester ça tout de suite, t'en fais pas.
_Dis-moi Gamin t'as déjà testé avec des clous et un tournevis?
Une voix qu'il aurait reconnu entre milles. Suivi d'une autre également grave, et d'une bien plus aiguë.
Son estomac se retourna complètement. Les trois compères traversèrent le jardin, collés les uns aux autres, une bouteille d'alcool dans chaque mains et pattes. Croc'Homo, le Démon de Minute Papillon et le Patron pénétrèrent à l'intérieur de la maison.
Voilà ce que ressent l'amant trompé, l'aînée trahit par la cadette ou le papillon dévoré par l'araignée.
Pour la première fois depuis longtemps, il eu envie d'hurler.
Hurler toute sa peine au monde, leur faire comprendre à quel point l'envie de tout casser était omniprésente un peu plus chaque jour. Il eu l'impression qu'on lui arrachait le cœur à mains nues, et qu'on l'écrabouillait. Sans aucune pitié. Avec un acharnement sadique.
Quel idiot. Mais quel idiot!
A croire que la souffrance passée ne lui était pas suffisante. A croire que toute cette colère et cette tension déjà présente ne suffisait pas. Que les bleus du Geek pour aller lui chercher sa came n'étaient pas assez nombreux. Que la souffrance de Mathieu n'était pas encore trop dévastatrice.
Il avait fallu qu'il tombe amoureux. Que son amour insensé ne vienne se rajouter à l'équation de ce beau bordel.
Il avait fallu qu'il tombe amoureux du Patron. L'homme le plus froid, le plus égoïste, inhumain, haineux et mauvais que porte cette Terre. L'homme qui avait violé femme et enfant sans remord, tué père et animaux, détruit chaque petite étincelle de bonheur qui lui était réservé. L'homme qui ne souffrait même pas, au fond, de toute cette haine. Tout ce qu'il en tirait, c'était une satisfaction profonde. Et si la haine du Panda semblait l'atteindre, c'était tout simplement par peur d'être seul à nouveau.
Souvent, ils se retrouvaient le soir. Lorsque le criminel ne partait pas dans l'un de ses nombreux bordels. Ils jouaient aux cartes, se racontaient des anecdotes, fumaient ensemble.
C'était ça le pire. Il ne savait pas. Il était trop incertain, de ce que pensait réellement son double opposé. Une attention particulière lui était destinée parfois, suivi d'une histoire du criminel, qui évitait toujours de parler de sexe. Une main frôlé sur son flanc, une cigarette partagée avec une drôle d'expression.
Une attention, que lui procurait le diable en personne. Qui le rendait dingue.
Lui qui avait passé la nuit à le consoler. A lui caresser le dos doucement, à passer une main réconfortante dans ses cheveux, à le serrer dans ses bras lorsque ses sanglots devenaient hystériques.
Le Patron n'aurait pas fait ça pour quelqu'un auquel il n'attachait aucune importance... Non?
Alors il nageait dans le néant. Sans bouée et sans pavillon. Avec pour seule carte une tête châtain ou trônait des lunettes noires et un sourire insolent, craché à la Terre entière.
Sauf que là, il n'y a plus de néant. Plus quand il voit l'objet de ses pensées rentrer dans la maison, et qu'il le devine monter à l'étage avec les deux compagnons les plus pervers de son pote aussi drogué que lui.
Il eu l'impression d'avoir la gorge sèche comme lorsque l'on avale une pilule à sec, et ses yeux picoter désagréablement. Non!
Il n'avait pas pleuré depuis... Depuis ce soir, dans la chambre du Patron. Chambre, lit, qui avait accueillit tant de débauches et de souillures entre ses draps. Ou il s'était complètement ouvert au Patron, lui dévoilant ses peurs les plus secrètes.
Savoir que le pédophile était dans sa chambre, enfermé avec les deux autres pervers... Le rendait malade.
Mais à quoi s'attendait-il? C'était le Patron. Qui n'avait ni foi ni loi. Comment aurait-il pu ressentir quelque chose de différent envers le Hippie?
Lui... Lui n'était qu'un camé. Un pacifiste shooté à longueur de journée, déblatérant des paroles sans queue ni-tête en fumant des pétards. Qu'avait-il pour plaire? Le Patron était le seul à avoir su se démarquer réellement de Mathieu. Prendre sa vie en main à côté, monter une affaire et brasser son argent. Le seul à pouvoir partir du jour au lendemain sans risque. Lui n'était qu'une personnalité de plus de Mathieu, trop frêle et trop faible. N'osant même pas refuser au criminel l'accès à sa chambre, à son coeur, et si la demande était formulée, il le savait, à son lit.
Il était comme une des nombreuses putain du Patron. A disposition, trop à sa merci pour le rejeter. Trop amoureux.
_Man?
La voix de son confrère parvint vaguement à ses oreilles. Son esprit était plongé dans un profond brouillard. Son cœur semblait avoir été crevé, il pouvait presque le sentir se dégonfler lentement dans sa poitrine... Oui, son cœur se dégonflait.
_Hé Man!
Une fatigue intense s'abattit sur lui. Son visage le tirait douloureusement. Il avait froid, si froid. Il aurait presque pu s'endormir comme ça, contre la vitre.
Soudain, le faisant sursauter, une main brûlante se pose sur son avant bras. A travers les formes floues dû à la fatigue et la fumée, il distingua à peine deux yeux chocolats, qui le regardaient avec... Inquiétude.
Jamais l'autre Hippie ne lui avait envoyé un tel regard. Perdu, inquiet, avec même une légère pointe de panique. Il voulu sortir un vague "je vais bien Gros..", mais sa bouche pâteuse, sa gorge sèche, et les mots du brun lui coupa toute possibilité.
_Man... Pourquoi tu pleures?
Silence.
Le cœur du camé de Slg loupa un battement.
Ce n'est qu'à ce moment qu'il sentit ses yeux brouillés de larmes. Ses joues collantes et ses lèvres tremblantes.
Un gémissement passa au travers. Sa main partit à tâtons chercher quelque chose à s'agripper. N'importe quoi, pour se lever et aller aller prendre l'air. Loin de cette sensation d'étouffement qui le prit soudainement.
Les longs doigts du Hippie au bob clair rencontrèrent la chair du bras du double de Kriss, désappointé devant le désarrois de son ami. Il ne prit pas la peine de réfléchir, et agit sous son impulsion première, il prit la main de son confrère.
L'autre fut prit de sanglots plus violent. Il tenta vainement de se dégager, mais le brun, plus grand et plus fort, réussit à la maintenir sur la banquette.
_Qu'est ce qui se passe mon pote?..
Il croisa le regard de l'autre Hippie. Et percuta que c'était la première fois depuis des semaines que quelqu'un, à part le Geek, semblait réellement inquiet pour lui.
Il ne chercha pas vraiment à comprendre. Dans une étreinte purement amicale, recherchant le plus de réconfort possible, il saisit le sweat du dreadeux, et enfoui sa tête dedans.
Le double de Kriss se figea. Avant que son cerveau se mette à forcer le carburant, et comprendre que son seul ami en dehors de sa famille avait besoin de lui. Tout de suite. Il referma ses bras autour de lui, posant son joint sur la table d'à côté. Ne sachant pas si il devait lui-même engager le dialogue ou attendre que l'autre parle, il fut soulagé d'entendre son homologue prendre la parole.
_Trop compliqué Gros... J'ai mal... Pas comme quand je m'étouffe avec un champi trop gros ou que je me prends de la fumée dans l'œil... C'est pire.. Je suis trop faible Gros.. Beaucoup trop faible...
Les mots, hachés et entrecoupés de larmes, atteignirent le Hippie de Kriss en plein cœur.
Certains auraient pu trouver la scène comique. Un camé en mal d'amour pleurant dans les bras d'un autre camé. Autour d'eux, les entourant comme une protection, la fumée conséquente et épaisse qui semblait avoir posé ses valises dans le combi du pacifiste. Dehors, un peu plus loin dans le jardin, Capsule de Bière se désintéressa de son ami, pour lever des yeux tristes vers le van, et pousser un couinement. Mais la scène n'avait rien de comique. Elle n'était même pas belle. Elle n'aurait même jamais du exister. Mais l'homme est crétin. Et ce ne sont jamais ce qu'il faut qui en paient le prix.
Il ne confia rien d'autre au Hippie de Minute Papillon ce soir là. Parce qu'il n'y avait rien à dire. Parce qu'il savait que même avec toute la bonne volonté dont il était capable, son ami n'aurait ni su quoi dire ni su quoi faire. Il se contenta de pleurer, ce qui ne le libéra d'aucun chagrin, mais ne fit qu'accentuer un peu plus la peine. De s'enfouir et de ressasser inlassablement dans le sweat du brun, en espérant fort, très fort, que demain serait une aube nouvelle.
Il n'entendit ni la porte du combi s'ouvrir, ni les pas sur le plancher, ni la tête de l'autre drogué se tourner vers son créateur. Seul quelques sanglots douloureux l'agitait encore, tandis qu'il se sentait tomber dans les limbes du sommeil.
Le lendemain ne fut facile pour personne.
A 11 heures, ayant pas mal de route à faire, Kriss décida de rentrer chez lui, emportant toutes ses personnalités. Le Baron et la Féministe étaient en larmes de devoir quitter leurs amis, Croc'Homo et le Démon n'étaient qu'apparus au dernier instant avant de partir, tandis que les autres étaient déjà tous installés dans le bus.
Les au-revoirs furent, bien que sincères et chaleureux, rapides et excessivement mous, puisque personne n'avait encore décuvé. Mr Dada avait été retrouvé coincé entre la fenêtre et le volet, la tête suspendu dans le vide du premier étage, la Fille et le Prof entrelacés à moitié nus sur le canapé, le Carniste et le Vegan entrain de se peloter dans la cuisine.(Mention spéciale à Titipo) Personne ne savait trop ce qui s'était passé, ou les plus raisonnables de la bouteille n'osaient sûrement pas le dire.
Une fois le bus avec toutes les joyeuses personnalités de Minute Papillon partit, Mathieu pu souffler un bon coup, se préparant mentalement à tout le ménage qu'il y'avait à finir. Antoine l'avait appelé pour qu'il passe chez lui, et le châtain n'avait pu que lui rire au nez, tellement l'idée de prendre la voiture lui paraissait ridicule. Après avoir réveillé tout le monde, ils durent tout ranger de fond en comble, sauf le Patron, partit depuis le petit matin.
Le Hippie, avec une lenteur propre à sa personnalité, se baissa pour ramasser une énième canette de bière. Il avait eu beau s'être réveillé le dernier, son créateur ne l'avait pas épargné, et il avait du ranger, comme tout le monde. Son dos le faisait déjà souffrir à force de se baisser pour nettoyer les cochonneries au sol. La vision du salon jonché de déchets en tout genre lui avait rapidement rappelé "la société moderne". Tableau imagé réduit en 40m2.
La société moderne... L'image de son ami s'imposa également d'elle-même.
Les souvenirs d'hier étaient flous, vagues, douloureux. En tout cas, alors qu'il s'endormait dans les bras du dreadeux, il se souvenait avoir eu mal. Il se souvenait du Patron, montant à l'étage, avec la peluche qui parlait et le type avec un masque clouté sur la tête...
Ne pas penser à ça.
Alors pour oublier, puisque se rouler un bédo en faisant le ménage était compliqué, il pensait à autre chose. Il pensait à sa première sortit à la fête foraine, peu après ses 10 ans. La ou il n'y avait pas eu son père. Rien que pour ça, ça avait été une chouette journée. Sa mère, il ne l'avait jamais connu. Sans frère et sœur, il avait été autorisé à y aller avec son voisin, du même âge que lui, et sa gentille maman. Il s'en souvenait encore. Stéphanie. Une gentille dame un peu ronde, aux cheveux châtains et aux yeux bleus nuit.
Ils avaient joués toute la journée. En courant à travers les manèges, les shops de churros et les stands de tirs. Jamais il n'avait autant rit. Jamais la musique et les cris ne l'avaient rendu si joyeux. Un instant, il se serait cru au Paradis.
Il ne songea pas à ce qui s'était passé après, le soir en rentrant. A la réaction de son père, lorsqu'il l'avait trouvé. Le visage tout barbouillé de chocolat, du caramel dans les cheveux, les vêtements tout froissés. Penser aux bons souvenirs, à ce qui l'avait fait rire, et se sentir aussi libre qu'un oiseau.
Au moment ou il montait les marches, il repense à son premier joint.
Lui qui n'avait jamais vu ça de sa vie, la notion d'une herbe à fumer qui rendait heureux était toute nouvelle. Mais la simple notion du mot heureux ne lui fit pas plus poser de question. Il avait treize ans, il était entouré de tous ses copains, il tira la première latte.
Il sut qu'il venait de trouver sa meilleure amie pour la vie au moment ou la fumée de l'herbe consumée vint emplir ses poumons. Le reste ne fut que rire, délire sans queue ni tête et grignotage de bonbons. Il était encore un gosse. Qui fumait des pétards, mais un gosse quand même. Autant en profiter.
Arrivé en haut, un sac poubelle vide entre les mains, il songea à son premier coup de cœur, à ses 14 ans.
Elle s'appelait Magalie.
Elle était petite Magalie, autant que lui. Il se souvenait d'elle comme si c'était hier. Un visage d'ange, que rien ni personne ne pourrait abîmer même avec toute la méchanceté du monde. De grands yeux chocolats pétillants, remplis d'espoir et de joie de vivre. De longs cheveux châtains, dont il adorait s'imaginer le parfum. Elle, qui portait toujours de jolie robe coloré, contrastant avec ses gros sweats noirs et ses larges baggys. Une volonté inébranlable. Une volonté de bonheur qui l'avait ébranlé, comme lorsque l'on rencontre un ouragan. Un ouragan d'amour, de douceur et de tendresse.
Son premier amour. Celle qu'il n'oublierai jamais.
Il pénétra dans la chambre dans laquelle Mathieu lui avait confié la pénible tâche de nettoyer. Des canettes, encore et toujours.
Sa première fois, lors de ses 15 ans.
Il ne savait pas comment elle s'appelait, -l'avait-il un jour su?-. Une blonde gentille avec tout le monde, douce et affectueuse, à qui elle avait tapé dans l'œil.
Une première fois maladroite. Hésitante, douce mais trop pressé. Les corps se mouvant. A l'époque ou il voulait d'une poitrine à la place de pectoraux. De mains douces et fines surmontées de bagues, au lieu grande pattes féroces et puissantes, trop habituées à briser des nuques.
L'époque ou il rêvait de longs cheveux au parfum de fraise, au lieu d'une courte chevelure châtain, bien trop semblable à la sienne.
Et après, il rencontre Mathieu. Mathieu qui l'a crée de toutes pièces. Mathieu, qui va mal. Mathieu, qui à l'air de souffrir de quelque chose qu'il ignore. Il aimerait savoir, c'est son créateur. Mais son sosie reste muet. Il se contente de tracer les contours de son visage, avec l'air d'un enfant devant un cadeau.
Et doucement, naturellement, il l'enlace.
Il se souvient qu'il y'a un petit gamin avec un T-shirt rouge et une casquette derrière, qui à un air narquois. L'expression ne lui va pas. Il à l'air trop enfant, dans un rictus d'adulte. S'il n'était pas le Hippie, il aurait sûrement pensé que Mathieu l'avait loupé, celui-là. Le gamin s'appelle Lucas.
Comme un mime, il répète son prénom, face à la question polie et silencieuse.
Gaëtan.
Il aime bien son prénom, il l'a toujours trouvé cool. C'est peut-être la seule chose qu'il trouve cool chez lui.
Mathieu hoche la tête, presque les larmes aux yeux. Et le Hippie se sent bien.
Puis il y'a cet homme. Il porte des lunettes et un costume noir, et rien qu'en le voyant, il sait qu'il à toujours une cigarette à la bouche. L'homme à l'air dangereux, animal.
Totalement anti Peace and Love.
Son créateur lui souffle son pseudonyme au creux de l'oreille, alors que tous ses sens se concentrent sur lui.
Le Patron.
Le Patron, le Geek, le Hippie. Un pervers, un asocial, et un drogué. Tout pour avoir une chouette vie.
Il ne s'est jamais demandé, à l'époque, ce qui se serait passé si Mathieu ne l'avait pas appelé. Il aurait continué sa vie, sans doute. Il aurait trouvé une copine. Aurait arrêté la drogue, serait peut-être jamais partit au Tibet.
Au début, ça paraissait invraisemblable.
Maintenant, il ne sait plus ce qu'il doit penser. Mais il est plutôt du genre optimiste. Alors il espère, il attend, et il voit ce qu'il se passe.
Il espérait quand même que y'en ai un qui finisse heureux.
La musique de Jefferson Airplane le fit doucement planer.
Il se demanda si il n'allait pas transformer sa chambre en débarras, pour toutes les babioles que Mathieu ne savait pas ou mettre. Il s'installerait comme ça définitivement dans son van. Et son Capsule ne serait pas tout seul.
Il ferma les yeux, préparé à s'endormir, avant que trois coups sourds ne furent donnés à la porte.
Son cœur loupa un battement. Cette façon de frapper, ça ne pouvait être qu'une seule personne... Mathieu entrait sans frapper, le Panda donnait deux coups respectueux, le Geek un coup timide, la Fille criait, et le Prof se raclait la gorge. Ne restait plus qu'une possibilité.
Ok, calme toi Gros...
Avec difficulté, il se leva de son lit, et se dirigea vers la porte, l'ouvrant lentement.
Comme il s'y attendait, une paire de lunettes noires lui fit face.
_Bah alors Gamin déjà couché! Une petite partie de cartes ça te dit?
Sans attendre une quelconque réponse de son interlocuteur, le criminel s'invita de lui-même, devant la posture figé du Hippie. Il s'installa sur la petite table de camping, veillant à pousser feuilles à rouler, tabac et le gueux qui traînaient par la. Avant de lui adresser un sourire carnassier.
_C'est toi qui sert.
Le camé n'était pas assez défoncé pour apprécier la présence de son double.
Voilà exactement le genre de situation qui lui hérissait le poil. Qui lui faisait perdre pied et lui filait une grosse boule dans la gorge. Que voulait le Patron? Il s'invitait, lançait le jeu sur la table et agissait comme si de rien n'était.
Tout simplement parce que pour le pervers, tout était normal. C'était lui le problème. Lui qui n'était pas capable de gérer ses sentiments.
La partie, contrairement à d'habitude, se joua en silence. Et le Hippie eu la désagréable impression... Que quelque chose n'allait pas. Et si quelque chose n'allait pas, avec le criminel, il n'allait pas tarder à le savoir.
Et il eu tout à fait raison.
Au bout d'une dizaine de minutes ou il ne tint plus, le pédophile balança ses cartes sur la table, et lança un regard courroucé au camé derrière ses lunettes.
_Tu vas me le dire?
Plus qu'une question, c'était une agression. Que l'autre ne comprit pas.
_... De quoi Gros?
_De ce que t'as foutu avec l'autre drogué toute la nuit dans ton putain de van!
L'air sembla se figer. Plus aucuns bruits ne se faisaient entendre. Le Hippie, trop choqué pour réagir, ne put qu'entrouvrir les lèvres de surprise.
Le Patron semblait réellement en colère. Sa bouche était tordue, les yeux lançant des éclairs, les mains nerveusement agrippées au bois de la table.
Pendant un instant, le pacifiste n'osa pas respirer. Pendant un instant, le pacifiste n'osa pas espérer.
Le criminel était... Jaloux?
_Rien Gros... On a fumé c'est tout. On a parlé de la déforestation, des pingouins et du Sri Lanka..
L'autre laissa échapper un rire méprisant.
_C'est ça ouais prend moi pour un con. Tu crois que j'ai pas remarqué les regards qu'il te lance? Avec son chapeau à la con. Je l'ai remarqué parce que d'habitude ce genre de regards c'est moi qui les lancent. Pas un petit con d'Hippie bouffeur de soja.
L'espoir laissa vite place à la colère.
_Ce petit con de bouffeur de soja comme tu dis, c'est mon pote Gros. Et peut-être le seul qu'il soit là pour moi en ce moment!
Le poing du criminel se serra encore, tandis qu'il cracha ses mots;
_Le seul qui soit là? Il est là que pour ton joli petit cul rien d'autre! T'as pas vu comment il te regarde?
Le Hippie sentit une pointe de fureur l'enflammer aux paroles du pédophile. Comment osait-il?
_Dégage d'ici. T'as pas à insulter mes amis. Parce que celui que tu insultes, c'est mon pote Gros. Que ça te plaise ou pas.
L'ambiance était devenue glaciale, les deux se lançaient des éclairs, et sincèrement, je ne saurais dire lequel était le plus impressionnant entre le Patron ou le Hippie.
Le criminel s'avança, le visage fermé et les sourcils aussi froncés que le Hippie.
Soudain, quelque chose changea. Un tout petit truc, dans leur corps, simultanément, qui fit que l'ambiance ne fut plus tout à fait la même. Leur proximité soudaine parut troublante, à l'un comme à l'autre. Leurs visages, séparés par quelques malheureux centimètre, se touchaient presque. Leur nez, leur front et leur lèvres.
Un courant les parcourut, une étincelle. Une flamme d'allumée dans leurs yeux, visible malgré leurs lunettes. Il ne restait plus que quelques centimètres... Plus que quelques centimètres, et leurs lèvres seraient scellées.
La colère complètement disparue, le Hippie sentit son cœur s'emballer à cette constatation. Il était si proche du Patron... Si proche de ses lèvres et de son visage. Que faire? Prendre les devants? Non, c'était au criminel de prendre les devants. Mais s'il faisait un geste irréfléchi... Il pourrait mettre ça sur le compte de la ganga.
Ils s'avancèrent d'un millimètre, les yeux rivés sur la paires de lèvres de l'autre.
Plus que quelques centimètres, plus que quelques...
La magie se brisa.
Le Patron parut retrouver sa lucidité en une seconde. Lentement mais fermement, il recula sa tête, le visage toujours aussi dur.
Sans un mot, dans un silence totale, il remit sa veste, sous le visage stupéfait de l'autre. Et ressortit du combi, sans un regard au camé, ses talons claquant sur le plancher.
Le Hippie resta longtemps comme ça. Assit sur la banquette, sans bouger, complètement immobile. La scène se jouant et se rejouant dans son esprit.
Il hésita entre sauter de joie comme un gosse ou fondre en larmes, réaction plus appropriée vu ses yeux qui le picotaient légèrement.
Ne sachant que faire, il ravala sa douleur, la compressant de ses deux mains, et l'enterra au plus profond de son âme, se préparant une feuille pour rouler un énième bédo.
Bah voilà j'ai finis!
Bon il est... 7h du mat'. Donc là je vais vraiment aller me coucher, parce que j'en peux tout simplement plus xD
Celles qui se plaignaient de ne pas voir assez le Hippie... Satisfaites? ;) Je consacrerais un chapitre comme ça à chaque personnalités de Mathieu, à savoir; le Hippie donc, le Panda, le Geek et le Patron. (Pas de Prof ou de Fille à l'horizon, désolé...)
Je me suis BEAUCOUP cassé la tête pour réussir à sortir un truc potable pour ce chapitre! Alors... Mettre une review si vous lisez et suivez ma fiction... Ce serait vraiment génial à vous! C'est ce qui me motive à continuer!
Comme vous le savez c'est bientôt la rentrée, personnellement je rentre le 2, je ne sais donc pas si j'aurais le temps de vous pondre un autre chapitre avant... Ça risque d'être assez compliqué pour moi d'écrire avec les cours, étant donné que j'ai toujours l'inspiration entre 2 et 4h du matin.. Mais je vais me débrouiller pour essayer au moins de sortir un chapitre par semaine. Et je n'abandonnerais pas cette histoire, promis ;)
Voili voilou, c'est tout ce que j'avais à dire!
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Bisous baveux! Peace and Love. 'Emo.16
