Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait
Auteure : Jes Cullen-Malfoy
Rated : M
Couple : Edward/Jasper
Genre : Friendship/Romance/Drame
Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.
Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character ») tandis que les autres sont de mon cru.
Béta correctrice: Vivi64
Note d'auteure : Hello tout le monde ! Aujourd'hui, je n'ai pas oublié que nous étions mercredi, vous voyez ? Mdr ! Sinon, je suis mitigée à dire qu'il se passe des choses dans ce chapitre, sans trop le penser. Donc, je vous laisse juger par vous-même et vous souhaite bonne lecture. (^-^)
Chapitre 9 : Rencontre inattendue
J'étais devant mon bol de céréales en train de jouer avec ma cuillère. Je n'avais toujours pas retrouvé mon appétit, mais ce matin j'en avais encore moins rien qu'en pensant que j'allais devoir poser mes questions à Jasper. Je n'avais pas dormi de la nuit et cette histoire me hantait chaque seconde que Dieu faisait.
- Chéri, tu vas être en retard au lycée, me cria ma mère depuis la buanderie.
Je pris mon bol encore plein et le vidai dans l'évier avant d'enclencher le broyeur. Je fis un signe de tête à mon père qui lisait son journal et partis faire une bise à ma mère, obligation que je m'imposais pour avoir toutes mes chances de garder sa Mercedes, et grimpai ensuite dans ma voiture.
Le chemin qui m'avait pris quinze minutes hier pour aller au lycée me parut étrangement plus long, dû à tout ce temps où je restais sans réponses à mes interrogations.
J'étais à mi-chemin quand je vis un gars à vélo sous la pluie et, étrangement, ce gars ressemblait à Jasper. Une fois dépassé, je vis que c'était en effet lui-même alors je freinai d'un coup sec, sortis de la voiture et me plaçai sur son chemin. Je le vis s'arrêter et me regarder sans rien dire… d'ailleurs, moi non plus je ne disais rien. Je le vis descendre de son vélo, mais il resta à côté de ce dernier. Nos regards étaient soudés malgré la pluie qui tombait.
- Bon, accouche mec ! Lança-t-il.
Je ne dis rien mais je me retournai pour ouvrir mon coffre et baisser les sièges. Il dut comprendre car quand je lui fis de nouveau face et que je m'écartai, il plaça son vélo dans la voiture. Quand j'eus fermé le coffre, je me tournai et lui fis un signe de tête de monter en voiture.
Au moment où je le vis marcher et ouvrir la porte, j'en fis de même. Je ne dis pas un mot et remis le contact. Il ne dit rien lui non plus, même quand il me vit passer devant le lycée.
Je ne voulais pas y aller et vu qu'il ne protestait pas, lui non plus.
OoOoOoOoOoO
Les pneus foulaient désormais la boue du chemin qui menait à la falaise. Je jetai un regard à mon voisin mais rien ne semblait l'atteindre. Je ne savais pas pourquoi je nous avais conduits ici mais je supposais que c'était parce que c'était ici que tout avait commencé.
Je stoppai ensuite la voiture et coupai le moteur.
- Pourquoi ? Me demanda-t-il après un temps interminable où je m'étais mis à le fixer.
- Pourquoi quoi ? Répliquai-je tout bas.
- Pourquoi t'es-tu arrêté ? Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi as-tu voulu sauter de cette falaise ? Pourquoi m'as-tu abandonné samedi ? Débita-t-il sans reprendre son souffle.
- Heu… j'en sais rien, murmurai-je en regardant de nouveau devant moi.
Je mis les mains sur le volant que je serrai très fort. En réalité, je connaissais toutes les réponses mais je ne voulais pas lui dire, je ne voulais pas répondre à ce mec que je ne connaissais pas… mais étrangement, j'en avais aussi envie. Envie de me confier à quelqu'un qui souffrait aussi, car ce mec souffrait incontestablement avec ce qu'il vivait.
OoOoOoOoO
Je pouvais affirmer que depuis que nous étions là, cela faisait bien une heure, je n'avais pas tourné une seule fois la tête vers lui et j'étais persuadé que lui non plus.
Puis un bruit se fit entendre. Je me retournai alors et vis que ce bruit n'était autre que celui de la portière. Jasper était maintenant dehors, sous la pluie battante. Je soufflai un bon coup et, pris d'un sentiment inconnu, je sortis moi aussi de la voiture.
L'eau qui me tombait dessus créa en moi des milliers de frissons qui parcoururent mon corps. Je marchai ensuite vers lui qui était à environ une dizaine de mètres du bord de la falaise. Quand je fus à son niveau, je n'eus même pas le temps de parler qu'il commença lui-même :
- Ma mère s'est jetée de cette falaise il y environ sept mois… elle m'a abandonné, comme ça, sans remords, sans un adieu…
Je l'entendis sangloter.
-… mon père me frappe depuis quatre mois, quatre putains de mois… mais je ne fais rien… je ne me débats même pas…
Je restai bouche bée devant ses révélations… Je n'avais qu'une envie, le prendre dans mes bras, ce qui était vraiment bizarre vu que c'était un mec. Je fis un pas vers lui mais je me stoppai, ma raison avait repris le dessus, je ne voulais pas me lier à lui, même si une partie de moi le voulait.
- Je n'arrive pas à me dire qu'elle avait une bonne raison de faire ce qu'elle a fait, reprit-il, c'est peut-être dû au fait que je n'ai que dix sept ans mais je lui en veux, car elle a baissé les bras, elle a fui devant la difficulté sans penser à moi…
C'en fut trop car dès qu'il eut fini sa phrase, il éclata en sanglots. Je le pris alors dans mes bras et le serrai très fort. Il se laissa aller et vida tout ce qu'il pouvait… je ne mis que quelques minutes pour commencer à pleurer mon chagrin qui, certes était tout petit par rapport au sien, mais qui pour moi était immense et infini.
La pluie me trempait comme jamais, mais je ne bougeais pas. J'avais froid et grelottais presque, mais je ne bougeais pas. Je ne voulais pas partir, j'étais bien, car même si nous ne parlions pas, je pouvais enfin pleurer devant quelqu'un, montrer mon chagrin tel qu'il était et ne pas faire semblant, ne pas le diminuer.
Après quelques minutes ou peut-être même des heures, il se recula et me regarda dans les yeux
- Merci, me dit-il tout simplement.
Que répondre à ça ?
Je n'en savais fichtre rien !
Je me contentai alors de lui faire un bref et rapide sourire et lui montrai ensuite la direction de la voiture. Je le vis hocher de la tête et je pris la direction de cette dernière puis m'y engouffrai. La première chose que je fis fut d'allumer le contact et de brancher le chauffage des sièges ainsi que celui de l'habitacle. C'était quand même bien d'avoir une Mercedes, me dis-je.
Je vis aussi du coin de l'œil mon passager me regarder. Il attendait certainement des réponses, qu'il était d'ailleurs en droit de connaître.
- Tu veux les réponses à tes questions, dis-je dans un murmure.
- J'aimerais assez, me répondit-il en reniflant.
Je pouvais le faire, je pouvais le faire, me répétai-je en boucle.
Je me calai au fond du siège qui commençait à me réchauffer et pinçai mon nez.
- Mon histoire n'est pas aussi dramatique que la tienne, dis-je mal à l'aise tout à coup en me rendant compte du degré de différence, mais ce truc m'a détruit…
Je fis une pause pour me donner le courage nécessaire à enfin sortir tout haut ce qui me hantait depuis deux mois, et cela me faisait peur car déjà sans ça, j'avais une boule dans la gorge.
Je me tournai vers lui et repris :
- Avant d'arriver dans cette ville de merde, dis-je, je vivais à New York… on pourrait résumer que j'étais un coureur de jupons qui baisait toutes les chattes qu'il voyait. Je les ignorais dès que j'avais eu ce que je voulais d'elles… je me droguais et buvais quasiment chaque weekend jusqu'à en tomber de sommeil, mes parents ne savaient rien de ma vie et tout se passait bien pour moi… J'avais mes deux meilleurs potes que je connaissais depuis le jardin d'enfants et tout me souriait… mais un jour, je l'ai rencontrée ou plutôt vue avec de nouveaux yeux…
Je ne pus continuer car je partis dans un sanglot incontrôlable. Je m'effondrai alors sur le volant, mon corps se secouant au rythme de mes sanglots démesurés mais tellement libérateurs. Il m'était impossible de continuer, j'en étais incapable, car parler d'elle me ramenait d'un coup tous nos souvenirs, nos quatre mois de couple, nos étreintes, nos baisers, nos déclarations et surtout, nos discussions interminables au téléphone ou sur internet. Tout cela me revenait d'un seul coup et même si je ne voulais pas oublier, je ne pouvais supporter d'avoir toutes ces images dans ma tête, la voir me sourire, la voir me dire m'aimer dans le blanc des yeux, la voir jouir sous moi et sur moi, la voir rire de mes blagues à deux balles…
- Je n'y arrive pas, murmurai-je plus pour moi-même que pour lui.
Jasper Pov
J'étais là, en train de voir un mec pleurer et putain il pleurait énormément… qu'avait-il pu lui arriver ? Avait-il perdu sa petite copine ? Avait-il été agressé ? Avait-il tué quelqu'un par accident ? Tellement de scénarios me passaient par la tête. Ce mec avait l'air encore plus abattu que moi et pourtant, j'avais perdu ma p'tite maman, mon rayon de soleil journalier depuis dix sept ans. Elle était ma confidente, mon amie, mon doudou quand j'étais petit et maintenant, elle n'était plus qu'un souvenir et une haine envers son geste si égoïste.
C'était elle qui me consolait de mes angoisses, elle qui m'écoutait et elle qui me disait m'aimer… et maintenant, j'étais seul, sans personne, sans confidente, sans câlin quand j'en avais besoin, sans un sourire quand je rentrais du lycée, sans un repas digne de c'nom au soir et sans amour… mon père ne pouvait décemment pas m'aimer pour m'infliger ça.
- As-tu déjà fait l'amour Jasper ? Me demanda Edward en brisant le silence et en même temps mes pensées.
Bonne question !
Non, je n'avais ni fait l'amour, ni touché le corps d'une fille. Je venais à peine d'avoir mon premier rendez-vous avec Chloé quand ma mère s'était fait violer, ce qui avait soustrait de ma tête tout ce qui m'entourait à part ma mère qui avait besoin de moi.
J'avais quoi, roulé trois pelles… et encore.
- Non, répondis-je.
Edward Pov
Comment lui expliquer ce que je ressentais. C'était comme si on offrait un remède pour le cancer et que quatre mois plus tard on informait le patient que c'était un canular. Je ris moi-même à la comparaison complètement stupide qui venait de parcourir mon esprit.
- As-tu déjà baisé ? Demandai-je d'une voix plus claire due à l'arrêt de mes sanglots.
- Non plus, me dit-il mal à l'aise.
- Tu es puceau ? Demandai-je alors en me tournant vers lui.
- Heu… ouais…
Je le vis baisser la tête. Dire que cela me paraissait impossible était un euphémisme… ce mec était beau… d'un point de vue d'un autre mec, j'aurais eu peur de lui sur mon territoire, et il était puceau ?
Putain c'était quoi cette ville de dingues ? L'autre pipelette m'avait carrément demandé si elle pouvait me sucer et lui, il était puceau ! J'n'en revenais pas !
- Putain, c'est pas un crime que je sache ! Dit Jasper avec colère.
- Calme-toi mec, j'ai pas dit ça ! J'ai juste du mal à le croire, surtout dans cette ville !
- Désolé !
Je l'entendis souffler bruyamment.
- Bon… je vais te dire ce qui m'est arrivé mais pas ici, repris-je. Sinon, je n'saurai plus rentrer chez moi, alors je vais nous conduire…
- Je ne veux pas aller au lycée ! Me dit-il tout sérieux en me coupant.
Je ris et me tournai de nouveau vers lui.
- Toi et moi, dis-je en nous pointant du doigt, on est fait pour être potes ! Bon, je disais, avant que mon passager panique à l'idée d'aller en cours, que j'allais nous conduire chez moi pour être tranquilles.
- Tes parents ne vont rien dire au…
- Non, mes parents ne diront rien vu que j'amènerai un ami avec moi, dis-je en le coupant à mon tour.
- En fait, tu veux être ami avec moi ? Me demanda-t-il en vrillant son regard au mien.
Étrangement, son regard me mit mal à l'aise car je devais lui dire, lui répondre et cela, je ne le voulais pas.
- Eh bien… en fait… je ne sais pas…
Je fis une pause et repris ensuite :
-… d'accord, m'énervai-je tout seul. Je ne veux pas encore me faire avoir, dis-je tout haut, je ne veux pas faire confiance et je ne veux pas être seul !
Je me stoppai net car mes paroles me choquèrent moi-même. En fait, tout ce temps où je disais vouloir rester seul était un mensonge envers moi-même, je ne voulais pas être seul !
- Amis, dis-je en lui tendant la main.
Je le vis la regarder puis de nouveau il fixa mes yeux, et cela pendant au moins deux minutes. Moi, je ne lâchais pas l'affaire, je le voulais comme ami !
- Amis, dit-il en serrant enfin ma main et en me fixant droit dans les yeux.
- Bon, alors, allons chez moi !
Je fis demi-tour et pris le chemin de la maison. Il ne dit rien durant tout le voyage et cela me convenait car je n'étais pas bavard de nature. J'appréhendais aussi sa réaction face à mes révélations, allait-il me juger ? Allait-il me dire comme tout le monde, que cela allait passer ? Que je prenais tout ça trop à cœur ?
Esmée Pov
- Que penses-tu de cette petite Volvo ? Me demanda mon mari.
- Non, je ne l'aime pas… par contre, celle-là, dis-je en pointant le modèle C30, je l'aime bien.
- Oui… en quel couleur la veux-tu ?
- Grise… car le noir de la Mercedes me tape sur le système.
- Ok, nous irons la commander demain mon amour, me dit-il en m'embrassant.
Carlisle et moi avions décidé dimanche soir que notre fils allait hériter de la Mercedes full option pour lui prouver que nous allions démarrer une nouvelle vie, mais surtout Carlisle était persuadé que cette voiture allait lui changer les idées. Pour l'instant Edward pensait qu'il n'avait ma voiture que durant cette semaine mais sans le savoir, elle était déjà à lui. Lundi, nous étions partis, Carlisle et moi, assurer la voiture au nom de notre fils. Je ne savais pas en détail ce que sa copine lui avait fait mais j'avais perdu mon petit bébé à New York et je comptais bien le récupérer coûte que coûte.
En plus, mon mari était persuadé qu'il avait essayé de se suicider samedi matin. Je ne savais pas ce qui l'avait fait changer d'avis mais j'allais remercier Dieu tous les jours pour ça.
Mon fils n'était pas au courant mais avant lui, j'avais fait cinq fausses couches, dont une à quatre mois de grossesse alors il était très important, il était mon monde et ma raison de vivre. Dire cela était peut-être égoïste mais j'étais seule depuis bientôt dix ans… étant abandonnée par mon mari au profit de sa carrière.
Ce dernier m'avait d'ailleurs promis que le fait de le suivre dans cette ville apporterait son lot de changements, je lui avais donné une dernière chance et avais déchiré les papiers du divorce que je voulais lui donner depuis quelques mois. Le premier changement était très visible, il avait pris une semaine de congés, chose unique, pour s'occuper de son fils, chose encore plus unique car Carlisle n'avait un fils que pour regarder le baseball.
Et mon mari allait dépenser près de vingt mille dollars pour m'acheter une nouvelle voiture, chose inutile vu que j'avais acheté ma voiture il y a deux ans. Mais en y réfléchissant, la Mercedes était très solide pour mon fils alors j'avais accepté et nous étions là, dans notre salon, en train de choisir ma voiture.
- Tu crois que notre fils va remonter la pente ? Me demanda soudain mon mari.
- Je ne sais pas, mais je ferai tout pour éviter qu'il soit malheureux. Et s'il me demande encore de l'inscrire à des cours par correspondance, je le ferai.
Je l'entendis soupirer et l'instant d'après, j'entendis une voiture. Le plus bizarre était que le moteur ressemblait étrangement à ma voiture.
Voilà, chapitre 9 publié. Il fait 9 pages et 3.006 mots.
Jasper s'y est dévoilé à Edward. Comment avez-vous trouvé ses révélations ?
J'ai écris aussi un POV Esmée dans ce chapitre pour montrer pourquoi elle est comme ça avec son fils, à essayer de lui faire oublier sa tristesse avec autant d'acharnement. Carlisle, lui, est un mari et père absent mais cela va changer… je ne peux décemment pas laisser Carlisle devenir un con ! (Même si cela est très tentant)
Pour la suite, un tête-à-tête entre mecs ! Edward va-t-il réussir à se confier à Jasper ? Vont-ils continuer à se parler après cette journée ?
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 9 republié corrigé le 08 avril 2012
