Ami(e)s du jour, bonjour ! (Et les autres, bonjour quand même.)

A propos de cette fic : Je dirais qu'il reste environ deux ou trois chapitres, quatre tout au plus. Vous n'êtes pas encore à la fin mais préparez-vous psychologiquement... (oui, à moi aussi, ça va me faire tout drôle de ne plus avoir la culpabilité de deux fanfics inachevées sur la conscience !)

Divers : J'ai écris ce chapitre pratiquement d'une traite en carburant aux nocturnes de Fauré et de Debussy (forme musicale que Wiki notre ami définit comme 'reposant sur un mouvement lent, une expression pathétique, divers ornements mélodiques et une partie centrale accélérée') - amis du piano et du classique, je vous les recommande vivement. D'où le titre, car il n'a pas franchement de rapport direct avec le chapitre (enfin, il peut en avoir un, mais il faut pousser un peu) à part le fait que... musicalement, ça collait bien. J'espère qu'il vous plaira, et que la potentielle évolution de mon style d'écriture au fil des années - et des chapitres - ne vous décevra pas.

Merci d'être encore là, merci de me reviewer, merci de me suivre et de m'encourager, et bonne lecture !


Nocturne

Cela faisait plusieurs jours que Neige tournait en rond. Elle parlait peu et peinait à se concentrer plus de cinq minutes sur un livre. Temari sentait bien son amie préoccupée mais ne pouvait la persuader à se confier. Elle se contentait de porter à manger à Neige lorsque celle-ci semblait s'oublier. Elle passait la majeure partie de ses journées à s'asseoir, se relever, s'allonger, se relever, sortir se promener, rentrer peu après, se tenir debout près de la fenêtre et y perdre son regard dans le vague.

Le sixième jour, Temari craqua. Elle se planta devant Neige près de la fenêtre et ancra son regard dans le sien.

- Il s'est passé quelque chose avec ton client.

Neige cligna des yeux, comme si elle ne comprenait pas où son amie voulait en venir.

- Parle-moi, Neige. Je m'inquiète pour toi. Tu ne parles plus à personne, tu es toujours absente et tu oublies parfois de manger !

- On veut se marier.

Complètement sonnée, Temari porta la main à son cœur et se laissa tomber assise sur le lit le plus proche, celui de Neige.

- Vous marier... !

- Oui.

Neige recommença à faire les cent pas dans la pièce.

- Lorsqu'il a su qui j'étais, il a bondi et a commencé à envisager des scénarios où il pourrait m'épouser... mais tous impliquent que je sois rétablie héritière de ma famille, ou au moins membre de ma famille... et rien que cela s'avère compliqué. Ensuite, il faut l'approbation de Mr Uchiha père, ce qui n'est pas gagné non plus.

- Ah.

- Sasuke a donc dit qu'il irait parlé à mon père, mais depuis je n'ai plus de nouvelles.

- Oh... mais Neige, tu imagines ? Te marier avec Sasuke Uchiha...

- Non, Temari, je ne préfère pas imaginer car il est très, très peu probable que ça arrive... et il m'est très douloureux de savoir que ma sœur va fort probablement devenir Madame Uchiha.

Neige sourit tristement.

- Il avait beau dire dans la fougue du moment qu'en cas d'échec il préférait tourner le dos à sa famille et en fonder une sans la moindre fortune avec moi plutôt que d'épouser Hanabi, je doute qu'il le fasse, et ce n'est de toute façon pas ce que je souhaite...

- Il a dit ça ? S'exclama Temari.

Sans répondre, Neige sourit rêveusement en détournant le regard vers la fenêtre et se perdit de nouveau en pleine contemplation.


Neige, au lit, venait de fermer son livre et d'éteindre sa lampe de chevet lorsque Temari fit irruption dans leur chambre.

- Neige, debout ! Ton Uchiha monte !

La jeune fille eut à peine le temps de jaillir du lit et de jeter une fine robe de chambre blanche sur ses épaules pour couvrir sa petite nuisette rose pâle que son client pénétrait dans la pièce.

- Bonsoir...

Sasuke ne savait pas trop où se mettre et le rose lui monta aux joues - comme à Neige qui croisa les bras sur sa poitrine, car sa robe de chambre n'était pas nouée. Temari les laissa en fermant doucement la porte.

- B-bonsoir, Sasuke.

Avisant Neige en tenue légère, puis la composition de la pièce - c'est-à-dire essentiellement des lits, le jeune homme s'assit sur celui de Temari quelques instants, avant de se relever, visiblement pas très à l'aise.

- J'ai rencontré ton père... Hinata.

La jeune fille attendit la suite, la gorge sèche.

- Il... il est d'accord.

C'en fut trop pour Neige - Hinata - qui, faisant fi de toute règle de bienséance, poussa un petit cri et se jeta à son cou. Des bras familiers l'accueillirent et la serrèrent tendrement contre un torse rassurant.

- Ce n'était pas une mince affaire de parlementer avec lui, poursuivit Sasuke, mais il a fini par admettre que cela l'arrangeait bien de sécuriser une alliance avec ma famille sans 'gaspiller son héritière avec un second fils'... il a déjà en tête une autre union potentielle pour ta soeur. Il acceptera de te reconnaître comme membre du clan à condition que ma famille cautionne cette union. Oh, pour ce qui est de la succession... il n'envisage pas de te rétablir à la tête du clan. Je suis désolé...

Il semblait tellement s'en vouloir que Hinata ne se retint pas : elle se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser doucement ses lèvres et caressa sa joue en souriant.

- Je n'ai aucun problème avec cette décision. Je ne suis de toute façon pas faite pour ce rôle et... pour être honnête, cela me rassure de ne pas avoir à l'assumer. D'autant plus si je peux t'épouser sans devoir supporter le poids de la succession.

Sasuke hocha la tête, rassuré.

- Donc... pour ce qui est de ma famille, nous pouvons nous marier ?

Elle n'y croyait toujours pas. Le jeune homme hocha la tête à nouveau en souriant. Dans un moment de fougue, Hinata l'embrassa sans retenue.

Son amant répondit avidement au baiser et s'en suivit une série de gestes confus, de mains ne sachant trop où se placer, de contacts un peu trop intimes pour aboutir à une séparation maladroite et des rires embarrassés, tous deux étant réticents à se laisser emporter par la passion dans un tel endroit. Après un tendre échange de politesses, Sasuke quitta la chambre, croisant une Temari et une Océan qui rôdaient innocemment dans le coin pour guetter sa sortie. Une fois l'individu hors de vue, les deux femmes se précipitèrent dans la chambre.

- Alors, alors ? la pressa Temari.

L'expression allègre de Neige et le rose de ses joues laissaient présager de bonnes nouvelles.

- Tout n'est pas joué... mais il y a déjà un peu d'espoir.

Océan n'ayant pas eu tous les éléments de l'histoire, Hinata s'empressa de la lui raconter, créant sur le visage de la jolie blonde une expression stupéfaite de profond ravissement.

- Neige, ce serait merveilleux !

La jeune fille la corrigea avec un sourire.

- Hinata. Je m'appelle Hinata.


Le lendemain, alors que Neige... Hinata, qui - Dieu merci - avait recommencé à vivre relativement normalement, était sortie se changer les idées en compagnie de Cerisier et Deidara, Temari se rendit à l'hôpital pour voir son frère. Elle fut extrêmement surprise de trouver Gaara non pas enfermé dans sa chambre, mais au jardin, qui plus est en pleine discussion avec une jeune fille qui n'était autre que l'infirmière de l'autre fois. Natsu ... non, Matsuri. Une belle jeune femme, Temari lui devait bien cela. Et elle était en tenue de ville. Venait-elle rendre visite à Gaara sur son temps libre ? Probablement. Elle semblait avoir établi un lien avec son patient qui surpassait celui qu'il avait avec sa soeur, au vu de son sourire et de la décontraction de ses traits - une expression que Temari ne se souvenait pas avoir déjà vu sur son visage. Sans les avoir approchés, elle rebroussa chemin et, une fois dans son taxi, ne put retenir ses larmes de couler - de sincères larmes de bonheur.


A quelques kilomètres de là, dans l'imposant bureau d'une immense demeure, un père et un fils entretenaient un profond désaccord.

- Non, Sasuke. Pour la dernière fois, il est hors de question que je cautionne ton mariage avec ta catin.

- Père, ce n'est pas une catin, c'est ma maîtresse ! s'énerva le jeune homme en frappant du poing sur le bureau en bois massif. Et ce n'est pas n'importe qui, c'est Hinata Hyuuga, et pour la dernière fois, Hiashi consent à la reconnaître si tu accepte notre union ! Itachi... tu lui as laissé le choix pour sa fiancée. Et moi, je ne veux pas épouser Hanabi Hyuuga, elle est froide et calculatrice, comme son père. Quant à Hinata, elle est... si douce et sincère. Elle...

Sasuke se demanda s'il était vraiment sage d'évoquer ce sujet dans une conversation aussi délicate. Il décida que le jeu en valait la chandelle, même s'il s'agissait encore d'un tabou entre les hommes de cette famille.

- Elle me rappelle Maman.

Fugaku Uchiha observa de longs instants de silence. Son fils ne manqua pas de remarquer le coup d'oeil qu'il avait jeté en direction de son presse-papier, près duquel s'était trouvé pendant des années leur portrait de famille - Fugaku, Mikoto, Itachi enfant et Sasuke bébé - jusqu'à la terrible maladie qui avait emporté la mère de Sasuke.

Il savait qu'il avait touché un point sensible. A présent, c'était le tout pour le tout. Ou bien Fugaku allait lui annoncer que cette conversation était terminée, réduisant à néant les derniers espoirs de Sasuke, soit...

- Sasuke.

Le jeune homme se tendit, ne sachant trop quoi penser.

- Fais-la dîner ici. Si j'estime qu'elle est digne d'intégrer le clan... je pourrais reconsidérer ma décision.

Soucieux d'exprimer sa reconnaissance, Sasuke s'inclina et le remercia d'une voix qui trahissait son émotion, avant de quitter le bureau d'un pas précipité.