Bonjour/bonsoir tout le monde !
Vous allez bien ? Parce que moi, ça va super ! Et vous savez quoi ? Je suis dans les temps (et même en avance !) c'est absolument incroyable…
Je vous laisse lire tranquillement, et je vous à tout de suite !
DISCLAIMER : Tous les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire est de moi, merci de ne pas plagier !
Bonne lecture à vous !
Le paysage était vraiment magnifique en cet après-midi de décembre. Les arbres étaient recouverts d'une fine pellicule de givre blanc, le sol continuait de se couvrir de neige depuis quelques jours, et les flocons continuaient de dégringoler du ciel, doucement. Chacun des élèves de Walt Works profitait de la dernière journée de cours avant les vacances de Noël, le foyer était donc plein à craquer d'étudiants réunis entre amis.
« J'adore l'hiver, fit Elsa pensivement. C'est tellement magnifique. »
Elle regardait distraitement les flocons tomber contre les carreaux, remontant de temps à autre son gilet sur ses épaules dénudées. Malgré la température qui avoisinait les zéro degré, Elsa continuait de venir avec sa petite veste en cuir et en t-shirt, voire en débardeur comme aujourd'hui. Chose que Mérida ne comprenait absolument pas.
« Je ne sais vraiment pas comment tu fais. J'ai un t-shirt, mon pull et ma grosse veste d'hiver, mon écharpe et mon bonnet et pourtant je ressens quand même le froid sur chaque particule de mon corps. T'es vraiment surhumaine blondinette ! dit-elle en rigolant.
-Je suis d'accord, dit Harold en s'asseyant. Il fait un froid de canard dehors ! »
Ils étaient sortis avec Jack quelques minutes pour aller leur chercher des crêpes au Nutella : une vieille dame, qui travaillait dans la pâtisserie du coin, venait en effet tous les après-midi d'hiver devant leur lycée, et c'était un vrai régal que de sentir le chocolat et la bonne odeur de crêpe vous emplir les narines après une dure journée de cours. Jack s'assit entre les deux filles, ses cheveux bruns saupoudrés de neige fondue, et retira sa doudoune, ses gants et son bonnet avant de déguster son goûter avec les autres.
« Les filles sortent à quelle heure de l'art plastique ? » demanda Jack.
Mérida haussa les épaules tout en continuant de dévorer sa crêpe, et Elsa lui répondit qu'elles sortaient vers quatorze heures. Ils discutèrent de leur journée, comme à leur habitude : Mérida avait failli faire exploser le contenu de sa fiole en chimie, et Jack avait presque écopé de quelques heures de retenues en plus à cause son professeur de mathématiques, qui lui vouait encore et toujours une haine pure et simple. Elsa et Harold discutèrent de leurs cours de mécanique, où ils avaient un petit projet à rendre pour la rentrée. Mérida et Jack, quant à eux, parlèrent de leur dernier cours de cuisine où Monsieur Gusteau avait encore une fois failli les mettre à la porte tellement leurs capacités à faire n'importe quoi pendant son cours le dépassait.
Après une bonne heure à rire et à discuter entre eux, ils entendirent la cloche sonner et virent Anna et Raiponce franchir le seuil de la pièce et se diriger vers eux :
« Coucou tout le monde ! Je vois que ça mange sans nous ? remarqua Raiponce en voyant les serviettes encore pleines de Nutella sur la table. Et après ça se dit amis…
-On vous en aurait bien pris, mais on aurait nulle part où les poser, et puis vous ne nous en aviez pas demandé alooors... tenta Harold, qui fut rapidement coupé par Anna.
-N'essaye pas de nous amadouer, vous êtes des traîtres c'est tout ! »
Les quatre autres rassemblèrent leurs affaires et ils se dirigèrent vers les casiers, où Raiponce et Elsa devaient récupérer quelques affaires. Cette dernière demanda à sa sœur où Hans était passé, et elle lui répondit qu'il était malade. Les deux filles prirent leurs cahiers, et Mérida demanda ce qu'ils avaient envie de faire pour ce dernier jour.
«Je propose une activité intellectuelle de très haut niveau pour cette dernière journée : la bataille de boules de neige ! »
Les cinq amis se retrouvèrent à regarder Harold d'un air interrogateur : Anna et Jack étaient du genre à proposer ce genre d'activité, mais pas Harold. Pourtant, il semblait bien décidé à faire cela, aussi Raiponce se précipita vers lui avant de dire :
«Equipe des gagnants ! Harold et moi on va vous enneiger, bande de perdants !
-Alors là, Blondinette, hors de question ! rétorqua Mérida en prenant le bras d'Elsa. On va vous lancer tellement de boules de neige dessus que vous allez geler sur place comme des bonhommes de neige !
-Très bien, dans ce cas… »
Jack se baissa légèrement et Anna grimpa sur son dos, et il se mit à courir dans le couloir pour atteindre plus rapidement la sortie, leur criant derrière son dos :
« Le dernier arrivé sera notre première cible ! »
Ils se regardèrent tous les quatre en souriant, une surveillante leur criant « MOINS DE BRUIT S'IL VOUS PLAIT » tandis qu'ils couraient vers la porte, suivant le brun et la rouquine. Anna dégringola du dos de son ami pour ne pas être ralentis et ils firent le tour du bâtiment pour aller derrière, où les arbres autour du lac feraient de bons abris pour eux.
Après avoir lancés leurs sacs sur un banc, ils se mirent à ramasser de la neige pour en jeter aux autres. Jack avait trouvé un grand chêne derrière lequel s'abriter, et Anna s'occupait de faire les munitions pour le jeune homme, qui tirait dans n'importe quel sens sans forcément chercher à bien viser. Harold, au contraire, mettait plus de temps pour faire en sorte de viser les points les plus sensibles : cou, visage, espaces de peau non couverts par des vêtements, bref toutes les parties sensibles. Raiponce et Elsa s'étaient livrées à une bataille sans merci, cette dernière faisant les boules de neige à une telle vitesse qu'elle avait toujours quelques munitions de côté pour elle et Mérida.
La guerre se déclara enfin lorsqu'Harold fit la chose à ne pas faire : il avait visé 'la bête', et il l'avait eu. Mérida retira la neige fondue de son visage, ses sourcils ayant un léger tic de rage. Elle regarda son meilleur ami droit dans les yeux, avant de lui cracher à la figure :
« Toi, Haddock, tu es mort. »
Harold n'avait jamais sprinté aussi rapidement de toute sa vie. La rouquine le poursuivait en hurlant des insultes, tout en grelottant à cause des restes de neige qui fondaient le long de son cou. Cependant, le garçon se fit rattraper après avoir dérapé sur une plaque de verglas. Non seulement il s'était fait mal au postérieur, mais une cinquantaine de kilos d'adolescente en colère venait de lui atterrir dessus et tentait de lui faire avaler de la neige à même le sol.
Après s'être débattus pendant plusieurs minutes sous les fous rires des quatre autres, Mérida réussit à aplatir le visage d'Harold dans la neige fraîche. Cependant, absorbée par sa victoire, elle ne le vit pas se relever et l'écraser sur le sol à son tour.
Ils s'assirent ensuite quelques minutes à une table pour reprendre leur souffle, fatigués par ces combats acharnés et sans merci.
« Je suis épuisée, souffla Anna, sa tête reposant sur l'épaule de Harold.
-Qu'est-ce que vous voulez faire ? Il nous reste encore une heure avant le prochain bus, dit celui-ci.
-J'ai une idée. »
Jack avait dit cela tout en fixant un point droit devant lui. Un peu plus bas se trouvait un lac, le lac du lycée où la plupart des gens venaient se baigner les orteils en été (même s'il était normalement défendu de s'en approcher). Jack marcha jusqu'à l'eau gelée, et posa son pied sur la plaque de glace.
« Jack, commença Elsa, je ne crois pas que ce soit une bonne idée…
-Mais si Elsa, regarde, le lac est entièrement gelé ! Ça devrait tenir sans problème… »
Elsa n'était pas vraiment rassurée. Raiponce, en voyant Jack monter sur la plaque de glace sans entendre un seul craquement, se dirigea également en sautillant vers le fameux lac.
Le jeune homme avait maintenant ses deux pieds dessus, et se tenait en équilibre pour ne pas glisser. Il commença à 'patiner' sur ses chaussures, ce qui était bien moins pratiques qu'avec des patins, mais la semelle de ses Converse usées glissait bien mieux. Les autres s'approchèrent un peu, Elsa méfiante, Mérida désespérée, Harold et Anna en souriant devant le regard enfantin de leur ami.
« Aller, vous venez ?
-Très peu pour moi, j'ai encore pleins de bleus à cause de mon dernier rendez-vous ! rappela Anna.
-J'arrive ! »
Raiponce s'approcha de la surface de l'eau, légèrement réticente à s'engager sur ce terrain glissant, mais envieuse de patiner sur cette grande étendue. Elle avança un pied et Jack revint vers elle pour l'aider à se tenir :
« C'est bon ? Tu ne glisses pas trop ? Tient toi à mon bras, là… »
Elle mit ensuite ses deux pieds, et après quelques minutes à vaciller, elle tenait enfin debout. Elle ne put s'empêcher de lâcher un rire, à la fois de joie et de panique. Elle commença à avancer un pied devant l'autre en se retenant à son meilleur ami de temps à autre pour ne pas tomber.
« C'est vraiment cool ! C'est encore mieux qu'à la patinoire ! dit Raiponce en souriant.
-Ne vous éloignez pas trop, hein ! prévint Harold, toujours debout sur le bord.
-Non, ne t'inquiète pa… »
CRAC !
Le rire de Raiponce s'éteignit immédiatement, coupé par le craquement sinistre de la glace qui se fissure. Juste entre elle et Jack, très fine, mais immense. La glace s'était brisée en deux, et ils se faisaient face l'un à l'autre, le rire ayant laissé place à la panique.
« JACK ! RAIPONCE ! REVENEZ VITE ! »
Anna criait sur le rebord du lac, totalement paniquée. Harold et Mérida étaient partis en courant chercher une branche d'arbre assez longue pour réussir à tirer leurs amis de cette dangereuse idée, tandis qu'Elsa restait statique, le visage en proie à une décision qui semblait impossible à prendre.
« Raiponce, Raiponce lève les yeux. Raiponce regarde-moi ! »
Il avait parlé calmement, mais son ton était ferme. La jeune blonde releva les yeux, remplis de crainte, vers ceux de son meilleur ami.
« C'est ça, regarde-moi. Ne pense pas à la fissure, tu vas reculer doucement, pas à pas. Okay ?
-Okay. »
Elle lui avait répondu dans un souffle, ses jambes tremblaient, son corps semblait tétanisé par la peur. Cette eau doit être gelée. Et la glace craquait ?
Jack avant en même temps qu'elle, il réussit à enjamber la cassure, mais son pas sur l'autre bloc de glace fissura en partie celui-ci. Raiponce se remit à trembler de plus belle en entendant le bruit violent de cette glace, de tout ce froid qui venait de se briser et qui risquait de les emporter tous les deux.
« Jack… Jack j'ai peur. »
Elle sentait les larmes monter jusqu'à ses yeux, mais se retint de pleurer.
« Ca va aller, Punzie. Tu y es presque, encore trois pas et tu y es. »
Elle se concentra, prit son courage à demain, et recula, Jack avançant en même temps qu'elle.
Un.
Un craquement. Les yeux de Jack qui se baissent jusqu'au sol, son sourire qui s'éteint peu à peu. Il est cerné.
Deux.
Il relève les yeux vers elle, lui sourit, avant de regarder vers un point derrière elle et de hôcher la tête.
« Ne te retourne pas, lui dit-il. Recule, c'est fini, recule ! »
Mais lui n'avance plus ?
« Jack, Jack vient je t'en prie ! Avance Jack ! »
Trois.
Elle recule une dernière fois, et sent un bras puissant la tirer par la taille, avant de sentir le sol dur et froid sous ses pieds. Harold se trouve à ses côtés, tandis que Mérida tend une branche vers Jack dans l'espoir de le tirer jusqu'au rebord.
La branche effleure le bout des doigts de celui-ci avant qu'il ne croise le regard de Raiponce.
Soudain, le temps sembla se figer : la glace céda sous les pieds du jeune homme, et il tomba, tomba encore dans les eaux sombres et glacées.
« NOOOOON !
-JACK ! »
Le hurlement des deux filles étaient sorties du plus profond de leur être. Mérida jeta la branche sur le rebord et commença à se précipiter vers la glace avant qu'Anna ne la rattrape.
« ALLEZ CHERCHER DES SECOURS, cria Elsa totalement affolée, VITE ! »
Anna courut de toutes ses forces en direction du lycée, Mérida partant dans la direction opposée vers le gymnase. Raiponce, sous le choc, ne pouvait plus ni bouger ni parler. Elle se trouvait là, assise dans la neige, à se repasser la scène d'horreur devant ses yeux sans pouvoir rien faire. Juste à côté, Harold retirait ses couches de vêtements une à une, dans l'espoir de plonger chercher son meilleur ami :
« Harold ! Harold non ne fais pas ça, tu vas te tuer ! protesta Elsa.
-Et lui ? Et lui Elsa ?! Je ne laisserai pas mon meilleur ami mourir ! »
Il la fixa droit dans les yeux, le regard dur et désespéré. Elle voyait dans ses yeux verts toute sa détermination mais également sa peur, la même peur qui reflétait sur son visage.
« Alors laisse-moi t'aider. »
Elsa posa un pied sur la glace, lentement, de peur de briser de nouveau la glace trompeuse. Harold allait l'en empêcher, mais il se stoppa net en voyant ce qui arrivait : la jeune fille s'était abaissée vers la glace, la paume à plat contre la surface dure et froide, et celle-ci donnait l'impression de se durcir de plus en plus, comme si la simple volonté d'Elsa la contrôlait.
« Elsa tu… qu'est-ce que c'est ?
-Je t'expliquerai plus tard, court ! Je ne la contrôle pas totalement, il ne faut pas que la glace se referme sur lui ! »
Harold secoua la tête et prit son courage à demain : il retira son t-shirt et son pantalon et se retrouva en caleçon et en chaussettes. Entre temps, Raiponce s'était relevée, attirée par la force qui se dégageait d'Elsa. Elle avait récupéré la branche d'arbre sur la rive, et suivit Harold jusqu'aux bords de la glace, qui avaient durci grâce à la magie d'Elsa.
Le garçon retint son souffle, respira un bon coup, son corps brûlant sous le froid de l'hiver, et ne pensa qu'à une seule chose : Jack.
Il s'assit sur le rebord tandis que Raiponce plongeait la branche d'eau pour les remonter. Les pieds du brun touchèrent la surface de l'eau, et il ne put s'empêcher de pousser un cri tant l'eau était glacée. Il prit son courage à demain et se jeta à l'eau, sans trop réfléchir.
L'eau semblait l'assaillir de toute part : il avait l'impression d'être transpercé de mille lames à la fois, d'être plongé dans un feu ardent. Tous ses sens étaient embrouillés, mais il se mit à nager vers le fond, toujours plus bas. Tout était sombre. La faible lueur de la surface ne permettait qu'une vision très réduite. Cependant, un éclat attira son œil à quelques mètres de lui : la montre de Jack.
Ses poumons commençaient à manquer d'oxygène, mais il savait que s'il remontait, il n'arriverait plus à redescendre pour venir le chercher. Il se concentra sur ce reflet, sur ce minuscule éclat d'espoir, et nagea jusqu'à lui. Après avoir bien calé le lourd corps de son meilleur ami, il donna un coup de pied sur le fond boueux et vaseux du lac pour se donner de l'impulsion, et se mit à battre des pieds de toutes ses forces.
Mais l'oxygène lui manquait. Ses poumons se rétractaient sous sa poitrine, et Jack semblait peser des tonnes à cause de ses vêtements imprégnés d'eau. Il ne devait pas abandonner. La surface n'était pas loin ! Soudain, quelque chose lui érafla le bras, et l'espoir lui revint soudainement : Raiponce !
Quelques instants plus tard, il se trouvait allongé sur la glace, à suffoquer et à recracher l'eau qui avait réussi à s'infiltrer dans ses poumons. Il sentit une couverture recouvrir ses épaules et une présence chaude l'entourer de ses bras. Il était heureux d'avoir cette chevelure rousse et d'être sorti de cet enfer. Mais il se rappela l'essentiel :
« Jack… murmura-t-il, où est… Jack ?
-Il est là, il est là ne t'inquiète pas, réchauffe-toi ! »
Mérida lui frictionnait les épaules pour le réchauffer avant de remarquer la large coupure sur son bras. Un professeur quelconque arriva et commença à s'occuper de lui. Il se laissa faire après avoir enfin vu Jack, allongé sur le dos, subissant un massage cardiaque de la part de Bunnymund :
« Allez, mon grand… c'est pas le moment de lâcher… allez Frost ! »
Elsa se tenait à genoux juste à côté, les yeux emplis de larmes, tandis que Raiponce et Anna racontaient ce qu'il s'était passé à la directrice du lycée, madame Poppins. L'adjoint, monsieur Jafar, lui lança un regard haineux avant de se reconcentrer sur ce que les filles lui expliquaient. Les choses s'enchaînèrent ensuite très rapidement, tout comme la chute l'avait été.
Jack recracha ce qui semblait être des litres d'eau, plié en deux au milieu de la neige. Tout le monde se précipita vers lui, et au même instant arrivèrent les secours ainsi que la mère de Jack, Barbara.
Leur meilleur ami était sauvé, Harold croisa le regard du jeune homme, qui retomba sur le sol, perdant connaissance. Les urgences le déposèrent sur une civière avant de l'embarquer dans la camionnette, gyrophares allumés, Barbara Frost pleurant toutes les larmes de son corps en voyant son fils dans cet état.
«Alors, qu'est-ce qu'on a par ici… le super-héros de la journée ? »
Une jeune femme des urgences s'approcha de lui, ce qui força Mérida à se décaler sur le côté. Après lui avoir donné de quoi se couvrir convenablement, elle prit sa tension ainsi que sa température pour éviter l'hypothermie. Elle banda rapidement la blessure sur son bras qui n'était que superficielle, et passa ensuite à Elsa et Raiponce, qui étaient présentes durant le sauvetage.
Après une discussion avec ce qui semblait être le chef des urgentistes, Barbara monta dans le véhicule avant que les portes ne se referment, et qu'ils ne s'éloignent. Harold avait rejoint les filles, qui avaient visiblement toutes pleurées. Même Mérida reniflait encore bruyamment, le sillon de ses larmes creusant ses pommettes.
« Et bien jeunes gens... commença la directrice. Venez donc dans mon bureau en attendant vos parents, je pense que vous avez bien besoin d'une boisson chaude et de réconfort. »
Ils se retrouvèrent donc tous assis dans le bureau administratif, tasses de chocolat dans les mains, couvertures autour des épaules. Monsieur Jafar se tenait droit comme un piquet face à la fenêtre, comme si la situation était tout à fait banale. Monsieur Bunnymund était resté en retrait, le visage soucieux.
« Très bien… est-ce que l'un de vous se sent prêt à me raconter ce qu'il s'est vraiment passé ? »
Le visage de madame Poppins semblait dur, ce qui était compréhensible, mais son air inquiet avait un côté plutôt réconfortant. Anna et Elsa sanglotaient encore, tandis que Mérida était occupée à arracher minutieusement les petites peaux autour de ses ongles, battant la mesure avec son pied. Harold allait prendre la parole, mais il fut étonnement coupé par Raiponce, qui semblait avoir retrouvé ses esprits.
Elle expliqua tout de A à Z, comment ils étaient partis s'amuser sur le chemin à l'arrière du lycée, comment Jack avait eu l'idée d'aller patiner et qu'elle avait décidé de le suivre. Elle expliqua la tétanie qu'elle avait subi lorsqu'elle était retournée au sol, et la chute de Jack dans les eaux glacées du lac. Elle expliqua que Mérida et Anna étaient parties en courant chercher des secours, que monsieur Bunnymund était arrivé tandis qu'elle sortait les deux garçons de l'eau à l'aide d'une branche, et que sans lui ils seraient sans doute restés tous les deux au fond de la vase.
« J'espère que vous vous rendez bien compte de votre inconscience… »
Raiponce baissa les yeux honteusement. Jamais elle n'aurait dû encourager Jack, et elle avait faible. Faible de ne pas bouger tandis que son meilleur ami se noyait.
« Mais également courageux. Sans l'aide de votre camarade Harold, monsieur Frost ne serait sans doute plus des nôtres aujourd'hui. De plus, miss Dunbroch et Arendelle, vous avez très bien réagit en courant nous chercher, je vous remercie. Si cela ne vous dérange pas, je vais contacter madame Frost pour obtenir des nouvelles de votre ami. Vous pouvez y aller, restez dans la salle des professeurs en attendant vos responsables. »
Ils se dirigèrent tous vers la sortie, Bunnymund leur tenant la porte, mais madame Poppins interpella Elsa :
« J'aimerai que tu reviennes me voir après, si cela ne te dérange pas. »
La jeune fille hocha la tête, avant de quitter le bureau également.
Stoïck était déjà là, à la grande surprise de son fils. Le père se précipita vers son fils et le serra dans ses bras de toute sa force.
« Aïe… papa, tu viens de briser mes omoplates… »
Après lui avoir demandé s'il allait bien, il demanda également des explications à Harold, qui répéta la même histoire que Raiponce il y a quelques instants. Stoïck ne dit rien durant tout le récit, et restait encore bouche bée une fois celui-ci terminé.
« Votre fils a agi comme un vrai héros monsieur Haddock, ajouta Bunnymund. »
Harold se mit à rougir furieusement, avant de lâcher une grimace de douleur : le pansement autour de son bras lui tirait la peau dans tous les sens, et il n'avait qu'une seule hâte, c'était de rentrer chez lui pour dormir et oublier cette journée absolument catastrophique. Il embrassa les quatre filles qui lui firent un énorme câlin, avant de partir avec son père et de rentrer chez lui. Mérida partir quelques minutes plus tard, récupérée par sa mère qui était dans un état de panique impressionnant. Après que sa fille l'ait rassurée, elle se calma et promit à Mérida de l'emmener voir Jack à l'hôpital dès que possible.
« Il ne reste plus que nous. » remarqua Anna.
Dix-huit heures sonnait, et la nuit était déjà tombée depuis une bonne heure au moins. Les trois jeunes filles étaient assises dans les fauteuils de la salle des profs, Bunnymund adossé au mur, tapant du pied sur le sol. Au bout de quelques minutes qui parurent durer des heures, Elsa fut appelée par monsieur Jafar à rejoindre le bureau de la directrice.
Elsa n'avait pas trop confiance en cet homme : il semblait mauvais, avec ses yeux tombants et son bouc qu'il ne cessait de lisser entre ses doigts squelettiques. La jeune fille entra dans le bureau et il ferma la porte derrière elle, la laissant seule face à la directrice.
« Assieds-toi, je ne te veux aucun mal. »
Elsa obéit, et s'assit sur la chaise face au bureau massif. Poppins était une très belle femme, avec sa peau claire et ses yeux bleus très perçants. Elle semblait calme, compatissante. Malgré cela, Elsa avait juste envie de partir loin d'ici et de ne jamais revenir.
« Monsieur Bunnymund m'a raconté quelque chose… quelque chose qu'il dit être improbable, voire impossible si j'ose le croire. Quelque chose que l'on ne trouve pas dans ce monde. Tu vois peut-être de quoi je veux parler ? »
Elsa était figée sur place. Ils savent, pensa-t-elle. Ils ont compris. Elle tenta de garder son calme et de ne pas exploser, de ne rien laisser paraître. Ils ne devaient rien savoir. Ce secret avait été bien gardé pendant des années, et les seules personnes au courant n'étaient plus là pour dévoiler quoi que ce soit. Si madame Poppins découvrait son secret, c'était la fin.
« Je ne vois pas de quoi vous par…
-Tu n'es pas seule, Elsa. »
La jeune fille avait relevé les yeux en même temps que tout s'effondrait. Elle ne le contrôlait plus, elle ne l'avait jamais contrôlé. Elle s'était relevée brusquement en entendant cela, les poings crispés, les yeux brillant de fureur et d'années à se cacher. La température avait chuté d'au moins dix degrés, et des pics de glace avaient émergé du sol tout autour d'elle, dans une sorte de posture de défense.
« C'est prodigieux… exprima Mme Poppins dans un murmure.
-Prodigieux ? Prodigieux ? répéta Elsa, gagnée par la colère. C'est une malédiction ! Cela n'apporte que de la souffrance, il faut se cacher, souffrir continuellement ! »
Elle se mit à faire les cent pas, réfléchissant à toute allure. Elle était coincée : son secret avait été révélé, sa magie avait explosé au grand jour. Et elle ne pouvait rien faire pour empêcher cela.
« Elsa… Elsa je t'en prie calme toi…
-Comment voulez-vous que je me calme quand je suis seule, j'ai toujours été seule ! Vous ne savez pas ce que c'est de devoir se cacher, de toujours faire attention à tout garder sous contrôle, à…
-Je sais ce que c'est. Elsa, écoute-moi, calme-toi. »
La jeune fille s'arrêta, et les volutes de cristaux tombèrent au sol comme une fine couche de poussière. Elle défia du regard cette femme, cette femme qui voulait la comprendre, mais qui ne savait rien.
Et pourtant, Elsa fut surprise. Surprise par le calme face à la tempête, surprise face au visage serein qui la regardait, et qui semblait la comprendre. Madame Poppins se leva à son tour, lentement, et ramassa son petit sac à main au coin de la pièce. Elsa se demandait ce qu'elle allait faire : sortir son téléphone pour filmer le monstre ? Celle qui avait des pouvoirs de glace capables de tuer ?
A sa plus grande stupeur, elle n'en fit rien. Elle en retira un vulgaire bout de bois, ce qu'elle trouva encore plus étrange : quelle personne saine d'esprit gardait des branches dans son sac à main ? Elle la prit entre ses mains et effectua quelques tourbillons avec, tels une fée avec sa baguette magique. La glace et les cristaux qui recouvraient le sol se mirent à virevolter tout autour de la pièce, et à former une tornade miniature autour de la pointe de cette baguette. En quelques secondes, toute trace de magie disparut du bureau, et Elsa se retrouva face à cette femme, comme dix minutes avant, comme s'il ne s'était rien passé.
« Tu n'es plus seule Elsa. Tu ne l'as jamais vraiment été. »
Les émotions accumulées lui firent monter les larmes aux yeux, et elle tomba en larmes sur le sol. La directrice vint s'agenouiller à côté d'elle pour la réconforter, avant de la réinstaller dans le fauteuil et de lui servir une nouvelle boisson. Elle y ajouta une cuillère d'une mixture dorée, qu'elle indiqua comme étant un remontant. Etrangement, Elsa décida de lui faire confiance.
« Tes pouvoirs te sont comme une malédiction, car on t'a toujours dicté qu'ils en étaient une, expliqua Poppins. La magie a toujours existé, tu sais ? Mais nous avons toujours été persécutés, car nous sommes différents. Mais la différence n'est jamais synonyme de mauvais, Elsa. Tu as un grand pouvoir, et si tu t'entraînais, tu serai capable de grandes choses.
-Je ne peux pas, répliqua-t-elle les yeux baissés. J'en suis incapable…
-Ecoute : tu sais que ce lycée trie les élèves sur le volet, n'est-ce pas ? Ne t'es-tu jamais demandé pourquoi ? »
La directrice de Walt Works semblait animée d'une fierté sans égal, alors qu'elle lui expliquait tout : comment ils trouvaient des élèves venant de nombreux endroits différents, et comment chaque personne au sein de cet établissement avait quelque chose de spécial. Des pouvoirs magiques, une spécialité extraordinaire, ou simplement un talent sans égal, chacun ici avait été choisi pour une simple et bonne raison : parce qu'ils étaient différents.
« Tu as sauvé ton ami Jack également, même si Harold a eu le courage de sauter dans cette eau glacée… sans toi, la glace se serait brisée entièrement, et vous n'auriez pas pu le récupérer à temps. Mais ton travail ne se termine pas là…
-Comment ça ? demanda-t-elle.
-J'ai eu un collègue de l'hôpital au téléphone, un ancien élève de Walt Works. Le docteur Jumba est un scientifique que je qualifierai… d'excentrique, mais c'est un très bon docteur. Seulement, il ne m'apporte pas de réjouissances… »
Madame Poppins la regarda gravement, avant de lui expliquer l'état de Jack :
« Il est… dans une sorte de coma. Il m'a expliqué que le froid ne lui avait pas fait de dégâts à proprement parler, mais qu'il avait pris possession de lui. Son corps gèle petit à petit, et si on ne fait rien… il se pourrait que son sort soit irréversible. »
Le choc était dur. Elle ne pouvait pas imaginer une vie sans Jack : son rire, ses blagues stupides, sa tête d'immature qui culminait deux têtes au-dessus d'elle… elle ne pouvait pas s'imaginer le perdre, le voir… mourir ?
« Qu'est-ce qu'on peut faire ? demanda Elsa, qui étouffa un sanglot.
-Nous, rien. Mais toi, Elsa, tu peux le sauver. Toi seule peux le faire. »
Alors ?
Qu'est-ce que vous en avez pensé ? J'attends vos commentaires avec impatience, car j'ai a-do-ré écrire ce chapitre ! L'état de Jack, les pouvoirs d'Elsa, que de rebondissements ! Dites-moi tout ce que vous en avez pensé (j'insiste).
Je remercie les habitués pour leurs reviews, c'est-à-dire Night Bloody,, Miss Homme Enceinte 2, AmandineReader, Toru et un guest.
Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le premier chapitre : que va-t-il donc se passer ? Que va-t-il arriver à Jack ? Comment les autres vont réagir aux pouvoirs d'Elsa ? Vous le saurez dans la suite de Walt Works.
Merci encore pour votre lecture et votre soutien, je vous adore 3
-Delenya
