Bonjour tout le monde ça fait... TRES TRES TRES longtemps, 3 ans je dirais, soit le temps qu'il m'a fallut pour terminer mes études et trouver le courage de boucler cette histoire. Voilà, maintenant que j'ai du temps et que je m'y suis remise la fin devrait être en ligne avant Noël, une grande partie étant déjà écrite.
Je ne suis pas sur que d'anciens lecteurs soient encore présent, si c'est le cas, toutes mes excuses mais détestant les fics inachevées je ne pouvais pas vous laisser comme ça, il aura fallut du temps mais je tiens le bon bout!
Bon je doute que tu sois toujours présente sur FFnet mais cette fin t'es dédiée Kitchen, c'est en te voyant avancé et finir HIFE et Croix de Loraine que je me suis décidée à un jour finir cette fic!
Ce chapitre se divise en 3 parties, chacune centrée sur un personnage, voilà, j'espère que ça reste dans la lignée de ce que j'avais déjà écrit, sur ce, bonne lecture !
OoOoO TEMARI OoOoO
Temari descendit doucement les marches, Tenten et Gaara dormaient dans la chambre d'ami et elle ne comptait pas les réveiller. Elle avait déjà eu un mal de chien à quitter l'étreinte de Neji et à se lever sans troubler son sommeil : elle ne souhaitait pas tout gâcher en réveillant les autres membres de la maison.
Il était tôt, très tôt, mais la jeune femme n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Depuis le soir de son anniversaire ses amis et elle avaient profité au maximum de leurs vacances communes. Ils avaient lézardé à la plage, mangé au restaurant Akimichi, s'étaient vus embauchés pour faire la plonge et ranger la salle, pique-niqué au bord d'une rivière, refait le monde jusqu'à tard dans la nuit, construit des projets d'avenir ensemble…
La veille au soir Gaara, Tenten, Neji, Choji et elle avaient discuté longtemps. Choji avait été contacté par l'éditeur de Konoha's News, l'ancien supérieur de Shikamaru, pour l'informer qu'en plus des militaires et des ONG envoyés à Kiri, une faction allait être dédiée à la recherche et au rapatriement du Nara. S'en était suivit une discussion sans fin à propos du possible retour de Shikamaru et de la situation à politique à Kiri. Les journaux télévisés ne parlaient plus que de cela, ils retraçaient les événements survenus dans le pays de l'eau avant et pendant la guerre.
Cependant, une fois couchée, Temari n'avait pas réussi à dormir et à peine le soleil pointait à l'horizon qu'elle s'était décidée à se lever. Elle avait besoin de marcher, courir et surtout réfléchir.
Elle avait récupéré ses vêtements de la veille dans sa chambre, était passée rapidement par la salle de bain pour se rafraichir et quittait maintenant son domicile. Au pas de cours elle traversa la ville endormie pour rejoindre la falaise qu'elle avait tant de fois escaladée dans sa jeunesse.
Avec l'aisance que procure l'habitude Temari se hissa, prise après prise vers les hauteurs. Son souffle rapide et l'effort qu'elle fournissait lui permirent de ne pas penser à ce qui la tourmentait depuis quelques jours.
Après de longues minutes d'ascension, l'avocate arriva en haut du promontoire elle se retrouva assise contre un roché, au bord du vide, a admirer le soleil matinal. L'angoisse qu'elle tentait de juguler depuis plusieurs jours la submergea. Sa respiration rendue rapide par son ascension devint sifflante et des larmes envahirent ses yeux, elle lutta quelques secondes mais fini par déposer les armes. Sanglotant elle entoura ses jambes avec ses deux bras et posa son visage sur ses genoux.
Il lui fallu de longues minutes pour se calmer et pouvoir réfléchir clairement à nouveau. Elle poussa un soupire étouffé : rien n'était jamais simple. Alors qu'elle se sentait enfin prête à tourner la page et à mettre de coté son affection pour Shikamaru, son histoire passée resurgissait et avec elle sa fragilité sentimentale. Elle était heureuse, heureuse bordel ! Chose qu'elle n'aurait pas imaginé quelques mois plus tôt.
Shikamaru lui avait donné son accord concernant sa relation avec Neji, implicitement et sans être nominatif, mais il lui avait demandé de retomber amoureuse! Et alors qu'elle commençait juste à trouver un équilibre entre son amant, sa famille et ses amis, elle allait devoir composer avec l'improbable retour de celui qu'elle avait longtemps considéré comme son âme sœur. Shikamaru Nara. Déclaré mort. Ressuscité par le récit d'une amie disparue, et bientôt de retour chez lui, auprès des siens. Cette homme qui même dans la tourmente de la guerre ne songeait qu'à son bonheur !
Tandis qu'elle, dans son égoïsme avait relégué leur histoire dans la case « passé » de sa vie. Après sa disparition, elle n'avait plus souhaité qu'une chose : mourir pour le rejoindre dans l'après vie. Et alors qu'elle avait touché le fond et n'avait jamais été aussi proche de son « but » on l'avait obligé à relever la tête hors de l'eau.
Choji, Neji, ses parents et ses proches l'avaient empêchée de se noyer comme elle le souhaitait. Ils l'avaient obligée à se ressaisir et à affronter la vie. Elle l'avait fait. Cet amour trop lourd à porter, cette peine et cette douleur insoutenable qui lui broyaient le cœur, elle avait fini par les déposer sur le bord de la route avant de suivre son chemin. Elle avait longtemps pensé qu'il était mort, puis la simple idée qu'il soit en vie avait fini par lui suffire. Elle avait accepté l'éventualité de ne jamais le revoir, de l'avoir perdu au détriment d'une grande cause. Savoir que, quelque part il respirait et vivait la comblait : après l'avoir pensé mort, mieux valait qu'il soit inaccessible, mais en vie !
Et aujourd'hui, alors qu'elle avait renoncé à leur histoire, on lui offrait une énième chance… Non… Une dernière chance de retrouver celui qu'elle avait aimé et qu'elle continuait à chérir.
L'avocate renifla bruyamment, sentant les larmes affluer : bon dieu oui, elle l'aimait toujours ! Et pourtant elle se détestait de continuer à nourrir ces sentiments pour le Nara, elle était en couple avec un homme formidable ! Jamais elle n'aurait du en aimer un autre !
Sa colère contre elle-même était d'autant plus grande qu'elle ne méritait plus Shikamaru : non contente d'entretenir une relation avec un autre, elle l'avait oublié ! Lorsqu'elle se représentait le Nara, tout était flou : le son de sa voix s'était altéré dans sa mémoire, son visage ressemblait plus aux photos mille fois regardées qu'aux souvenirs associés… Le temps avait commencé à faire son effet et elle ne réussissait plus à se souvenir des sonorités de son rire. Elle le perdait, doucement mais irrémédiablement.
Elle se sentait… Coupable… Coupable d'avoir cru tout ce qu'on lui avait dit coupable de ne pas être partie à sa recherche coupable de s'être enfermée dans sa douleur… Coupable d'avoir abandonné alors qu'il restait un espoir… Et plus que tout, coupable de l'avoir trahi en aimant un autre homme. Un vent vrai fit voler ses cheveux détachés cachant momentanément son visage. D'un geste fatigué et rageur, elle rangea ses mèches folles derrière ses oreilles. Elle se leva en soupirant, elle contempla quelques minutes la ville à ses pieds et décida de redescendre de son perchoir : ses invités ne tarderaient pas à se réveiller, et elle se devait d'être présente.
OoOoO
Elle était rentrée sans faire de bruit, la maisonnée semblait toujours dormir, elle s'attela donc à la préparation d'un petit déjeuner. Mécaniquement elle fit du café et du thé, chercha longuement dans son congélateur des viennoiseries à faire cuire au four : Choji adorait manger des croissants frais le matin, ils en avaient donc une réserve phénoménale.
Une demi-heure plus tard, une odeur de croissants chaud emplissaient la maison. Temari avait disposé une coupe de fruits, une plâtrée de viennoiseries et suffisamment de bols pour tous les invités sur la table du jardin. Elle s'installa, dans l'herbe avec un bol de café et un pain au chocolat pour profiter de la quiétude du matin. Plus tard dans la matinée il était prévu qu'ils partent tous dans la maison d'enfance de Neji et Hinata passer un dernier weekend ensemble.
Elle était installée depuis quelques minutes, tandis que des pas retentirent dans l'escalier elle se retourna pour apercevoir son plus vieil ami dans l'encadrement de la porte :
« - T'étais partie où ? » Temari soupira, même au réveil il la fliquait.
« - Qu'est ce que ça peut faire, je suis revenue. » Gaara haussa les épaules et s'installa sur une chaise près de la table. Silencieusement il se versa un bol de café, récupéra deux croissants et fixa son amie sans ciller. Celle-ci gênée tenta de l'ignorer mais son regard pesait sur ses épaules. « Et toi tu dormais pas ?
- Non, j'ai pas dormi de la nuit. » La blonde fronça les sourcils : Gaara avait toujours eu un sommeil atypique mais en général il passait ses nuits d'insomnie à pianoter sur son ordinateur ou à regarder la télé.
« - T'es pas descendu ?
- Nan. L'autre folle a décrété que si j'dormais pas c'est parce que je regardais trop les écrans. » Temari sourit : Tenten n'avais jamais réussi à accepter le mode de vie de Gaara, elle restait persuadée qu'un jour il devrait rattraper toute les heures de sommeil qu'il avait manqué. Elle avait tout essayé : changer sa literie, le faire courir toute la journée pour la fatiguer, le bourrer d'anxiolytiques et de somnifères, elle l'avait même emmené de force chez un psychiatre puis dépitée, chez un professionnel de l'hypnose !
« - Elle dit que je la réveil en sortant de la chambre.
- Elle dormait quand tu es descendu ? »
Moqueur le roux haussa un sourcil :
« - Tu rigoles, elle ronflait tellement fort que les murs en tremblaient… Et donc t'étais où ?
- Tu comptes pas lâcher le morceau ! J'étais parti me promener !
- A 6h du matin ?
- Oui qu'est ce que ça peut te faire ?
- Ce que ça peut me faire ?! » Gronda t-il d'une voix sourde, laissant entrevoir sa colère. « Il se trouve que la dernière fois que t'as foutu le camps comme ça, Choji t'a retrouvée à moitié morte de froid en haute d'une putain de falaise ,que tu te plais à escalader quand tu vas mal alors que c'est formellement interdit ! Parce que tu es capable de faire toutes les choses les plus dangereuses possibles, pour voir si après t'avoir fait bien peur, tu te sens mieux dans ta peau !
- Rooo ! Ça va, fais pas ton donneur de leçon !
- Je me fais du souci pour toi Temari. Mais ça tu t'en rends même pas compte ! T'es trop accaparée par ton auto apitoiement !
- Hein ? J'ai passé ma semaine à faire toutes les conneries du monde avec vous, en quoi c'est de l'auto apitoiement ?
- Tu as regardé Neji dernièrement ?!
- Putain qu'est ce que Neji vient faire la dedans ?
- C'est quand même l'un des premiers concernés par ton état mental actuel. Je sais pas si t'as remarqué mais t'es franchement à l'ouest depuis ton anniversaire…
- Et toi, t'as pas remarqué qu'on dormait pas des masses ces temps-ci… ? Tout le monde n'est pas comme toi capable de survivre en dormant 3h par nuit ! » Temari avait haussé le ton, prouvant à Gaara qu'il avait vu juste. Il fut tenté de lui répondre aussi durement mais il savait qu'il n'avancerait pas en entrant en conflit avec elle. Le roux pris le temps de réfléchir à sa réponse et la formula doucement comme pour amadouer un animal apeuré :
« - Temari. Je te connais depuis qu'on a 17 ans… Je ne voulais pas t'agresser, mais avec tout ce qui arrive je comprendrais que tu sois chamboulée… » Il fit une pause pour l'étudier : son air bravache l'avait quitté et elle se contentait de fixer un coin de pelouse. « Mais tu sais, apprendre que Shika était vivant a du foutre une sacrée claque à Neji… D'autant que tu étais au courant depuis un certain temps et que tu ne lui en avais pas parlé… Ne dis rien ! » Elle avait ouvert la bouche pour répliquer mais il lui fit un petit signe de la main et continua : « Je comprends. Je sais pas ce que j'aurai fait à ta place, alors je ne te jugerai pas là-dessus. Mais va falloir que tu lui parles. Dis lui ce que tu veux, mais parles-lui, tu lui dois bien ça… »
Gaara enfourna son premier croissant et le mastiqua longuement en observant son amie : elle arrachait méticuleusement tout les brins de gazon qui se trouvait à porté de sa main. Il soupira en pensant à la dispute qu'il avait évité : elle avait les nerfs à fleur de peau et risquait de s'emporté à la moindre contrariété, une phrase de travers aurait suffit à mettre le feu aux poudres. Le roux continua à avaler son déjeuner comme si de rien n'était et attendit patiemment que son interlocutrice se décide à parler.
Comme les autres la situation l'inquiétait : en réalité il se contrefichait de Shikamaru, peut lui importait qu'il revienne ou qu'il reste sur son cailloux de l'autre coté de l'océan. Non. Comme d'habitude ce qui le tourmentait c'était uniquement Temari. Elle était, avec Tenten, la seule personne à qui il tenait réellement. Il n'était pas de nature sociale, mais avec la mort de son père et l'héritage qui en avait découlé, la plupart de ses relations s'étaient révélées particulièrement intéressées par le montant de son compte en banque… Il s'était donc retiré dans son appartement tel un ermite richissime, s'adonnant à sa passion et déléguant la gestion de l'affaire familiale à des employés intéressés.
Aucune femme n'avait su retenir son attention depuis longtemps et puis, avec les deux diablesses qui lui servaient d'amies, qui aurait pu supporter la comparaison… ? Non il était très bien tout seul, même si depuis quelques mois Tenten squattait l'une de ses chambres d'amis. La jeune femme, bien que fatigante par son caractère emporté, lui était d'un grand réconfort. Sa présence lui rappelait un passé regretté où, Tenten Temari et lui ne se quittaient que le temps d'aller en cours.
Un nouveau regard vers la blonde le conforta dans son idée : elle n'était pas au sommet de sa forme. Les sourcils froncés, le regard ailleurs elle continuait à exterminer la pelouse tout autour d'elle, trop absorbée par ses réflexions pour se rendre compte des dégâts qu'elle causait. Oui, il se faisait du souci, car s'il avait été ennuyé par la disparition du Nara, jamais il n'aurait pensé que son éventuel retour chamboule ainsi le monde de son amie. Elle commençait tout juste à vivre à nouveau une vie saine, entourée de son colloque morfal et de son procureur amoureux. L'autre espèce de photographe abruti n'avait pas le droit de tout gâcher maintenant ! Elle allait en crever putain !
Gaara avala la fin de son café et se resservit un bol. Pour ne rien arranger il l'aimait bien l'autre petit juriste : un peu coincé, mais respectueux et clean. Fallait avouer qu'il avait eu une sacré patience avec Temari : à sa place Gaara l'aurait baisé dès qu'elle l'aurait un peu trop chauffé. Mais non, « Monsieur parfait » avait voulu faire ça bien : être sur que la blondinette était consentante et sur de sa décision. Au moins le rouquin n'avait pas eu besoin de lui refaire le portrait comme il l'avait pourtant prévu au départ…
« - Je lui parlerais. » Gaara releva la tête et croisa le regard de la Sabaku. « Mais avant je dois réfléchir à la façon de lui dire les choses… » La blonde haussa les épaules imageant son propos : « Faut que je fasse le tri dans ma tête, mais je lui parlerai… Ce weekend, à la maison de la plage. »
Le sunnien hocha la tête pour signifier son approbation.
« - Mine de rien, ça faisait longtemps que t'avais pas parlé autant ! » Le taquina son amie. Il grogna avant de répondre :
« - Profites en, la prochaine fois je te cogne pour que tu comprennes… »
Elle étouffa un rire et se leva pour aller refaire du café. Arrivée à la hauteur du garçon elle se pencha sur lui et déposa un baiser sur sa joue en soufflant :
« - Tu sais que je t'aime vieux ronchon ? » Sans attendre la réponse elle se dirigea vers la cuisine.
« - Pas autant que moi… » Il avait murmuré et seul le silence lui répondit, mais un sourire tranquille étira ses lèvre : tout irait bien, et si ce n'était pas le cas, il remettrait de l'ordre dans cette situation de merde.
OoOoO
Temari grimaça au reflet qui lui faisait face : vêtue d'une combinaison noire elle ne se plaisait pas, mais Hinata et Tenten avaient insistées pour qu'elle achète la tunique, lui répétant qu'elle était « à croquer » dans cette tenue. La blonde se trouvait surtout pitoyable à essayer différents vêtement depuis plus de 30 minutes espérant trouver LA tenue qui lui donnerait le courage de parler à Neji… Mais c'était peine perdue : elle se sentait définitivement mal à l'aise et rien à part sa confrontation avec le Hyuga ne l'aiderait.
L'avocate soupira et se décida à enfin quitter la chambre, rien ne servait de tergiverser, elle devait se lancer un point c'est tout. Et peu importait les vêtements qu'elle porterait, le résultat ne dépendait pas d'elle mais de son amant. Claquant la porte de la chambre elle dévala les escaliers pour rejoindre l'entrée où le rendez-vous était fixé. Elle retrouva Hinata, assise au bas des marches, affichant un air dépité, ainsi que Naruto et Neji en pleine discussion.
Quand elle arriva à la hauteur de sa collègue la brune l'arrêta et la supplia :
« - Fait leur entendre raison ! J'en peux plus de leur dispute ! » Temari fronça les sourcils et écouta plus attentivement la conversation qui se tenait face à elle :
« - Naruto ! Je te dis que j'ai réservé pour 13h, donc tu vas arrêter tes gamineries et aller te changer bien gentiment.
- Mais Neji ! T'as pas compris qu'avec un temps pareil et une nourrice aussi bonne cuisinière, aller au resto ça servait à rien ! Merde ! J'ai pas envi de me faire chier pendant 3 heures dans un resto kitch alors qu'on pourrait s'éclater à la plage ! T'as vraiment des gouts de merde ! »
Temari regarda avec plus d'attention les deux hommes : Naruto avait enfilé un short de bain et une chemise ornée de fleurs hawaïennes tandis que face à lui Neji était vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise, très classe comme à son habitude, mais tout deux affichaient un air contrarié.
« - Peut m'importe ton avis Naruto, j'ai réservé et nous irons au St Charles.
- Bin t'ira sans moi !
- Hinata, dit quelque chose. » Les deux hommes se tournèrent en même temps vers l'interpelée, cherchant l'un et l'autre un soutien dans cet affrontement. Ils remarquèrent alors la présence de la blonde, Naruto fut le plus vif et agrippa la Sabaku :
« - Fais lui entendre raison ! Toi non plus t'as pas envi d'aller t'enfermer dans un resto climatisé alors qu'on pourrait se faire un pic nic à la plage ! » La jeune femme étouffa un rire car, si Naruto avait l'air d'un gosse de 6 ans, le regard de Neji était assassin.
« - Je ne sais pas… Vos deux idées sont tentantes… » Temari savait pertinemment que s'ils allaient en ville pour manger elle n'aurait pas l'occasion de parler à Neji et elle refusait d'encore retarder les choses. « Neji je… » Sentant que sa voix allait la lâcher, la blonde décida de rejoindre son compagnon.
Elle descendit les quelques marches, mais se foula bêtement la cheville manquant de s'étaler de tout son long sur le sol de l'entrée. Naruto l'avait retenu par le coude et Neji s'était précipité vers elle :
« -Putain de talons de merde ! » Grogna t-elle.
« - Ça va ?! »
Alors que les trois personnes présentes dans la pièce étaient déjà autour d'elle, les autres habitants de la maison se précipitèrent dans l'entrée :
« - Qu'est ce qui t'est arrivé ?
- S'pèce de boulet…
- Rien de cassé Tema ? » Respectivement Choji, Gaara et Tenten.
« -Non ça va… Juste ces talons à la con qui m'ont fait trébucher.
- Ça et la bouteille de whisky que tu cache sous ton lit… » L'avocate jeta un regard meurtrier à son ami roux mais fit comme si elle n'avait rien entendu.
« - Neji ? » L'interpellé acquiesça. « Ça te dérangerait si on mange que tout les deux… ? J'ai besoin d'avoir un moment rien qu'avec toi… » Fit la blonde, gênée de faire sa demande devant tous les convives.
Neji accepta sans discuter, sa colère l'ayant totalement abandonné au moment où il avait vu Temari chuter dans les escaliers il n'avait pas exprimé sa contrariété, mais son expression soucieuse n'échappa pas à la blonde. Il appela rapidement le restaurant pour annuler, s'excusa auprès de ses invités et accompagna sa maitresse au dehors sans prêter attention à Naruto qui effectuait une petite danse de la joie. Ils filèrent à la voiture du brun, s'y installèrent et le Hyuga fit vrombir le moteur.
« - Où veux-tu aller ? » Il la regardait calmement, ayant retrouvé son masque d'indifférence empêchant ainsi la femme de deviner ses pensées.
« - Dans un endroit où l'on pourra parler tranquillement… » Temari avait soufflé sa réponse sur un ton d'excuse et Neji ferma les yeux quelques secondes le visage douloureux. Lorsqu'il la regarda à nouveau il affichait une expression lasse.
« - D'accord, mais d'abord on mange et après seulement on parle.
- Ça me va. » Temari ne soutint pas le regard de son amant et détourna le regard : elle refusait qu'il voit ses yeux embués. Neji soupira, passa la première et la voiture s'élança vers la sortie de la propriété.
Sur le perron tous les occupants de la maison avaient assisté au départ du couple tous étaient inquiets quant à la discussion qu'auraient forcément les amants et aux répercutions qu'elle aurait sur leurs deux amis.
OoOoO NEJI OoOoO
Temari finissait sa glace sous le regard attentif de Neji : il avait passé le repas à la dévorer des yeux, fixant pensivement son visage, appréciant le grain de sa peau et la couleur de ses iris sachant que le temps lui était compter il cherchait à graver chaque secondes passées avec elle dans sa mémoire. Il pianotait du bout des doigts sur la table, ne pouvant totalement cacher son angoisse face à la situation.
De temps à autre sa compagne lui lançait des œillades qu'elle voulait discrète, cherchant à apprécier son état d'esprit. Malheureusement pour elle, Neji affichait son expression la plus neutre l'empêchant de lire en lui : il ne tenait pas à perdre la face avant même qu'elle aborde leur rupture. Intérieurement le procureur se battait contre la tristesse qui menaçait de le submerger, se concentrant sur sa colère froide.
Parce que oui, Neji était en colère. Contre quoi ou qui, il n'était pas encore tout à fait sur, mais il pourrait s'appuyer sur cette colère pour faire face dans les heures et les jours à venir. Il avait rencontré Shikamaru quand Temari avait commencé à travaillé pour son oncle le journaliste aurait pu lui plaire s'il n'avait pas été en couple avec la femme que le Hyuga convoitait. Cependant, à travers les récits de Choji et Temari il avait appris à l'apprécier, c'était semblait-il, un homme intelligent, sympathique bien que profondément nonchalant. Il avait aimé sa compagne d'un amour sincère et l'avait chéri tout le temps de leur relation. Pour toutes ces raisons il l'estimait.
Pourtant à l'idée que cet homme refasse surface Neji sentait la fureur l'envahir. Il avait abandonné la femme qu'il aimait pour une cause qui ne le concernait en rien. Il avait fait souffrir Temari au point qu'elle avait voulu mettre fin à ses jours. Il n'était pas rentré à Konoha alors que l'occasion s'était présentée, préférant une seconde fois sa cause à ses proches. Et aujourd'hui il espérait vraisemblablement retrouver femme et foyer comme si rien ne s'était passé.
Neji serra le point en songeant qu'il allait tout perdre à cause du Nara : s'il avait choisi de vivre à Kiri il pouvait aussi bien y rester. Pendant qu'il jouait à faire la guerre, c'était lui qui s'était occupé de Temari, c'était lui qui l'avait soutenu alors qu'elle n'avait plus envi de rien. A cet instant Neji s'en voulu : il n'avait pas à juger les actes du journaliste, qu'aurait-il fait à sa place... ? Il n'avait pas à l'envier, mais il le craignait et ça l'exaspérait. Pourquoi maintenant ? Alors que sa relation avec Temari commençait juste ? Alors qu'elle était si fragile ?
Il allait la perdre, il ne faisait pas le poids : face à Shikamaru Nara il ne pouvait pas gagner.
« - Neji ? » La blonde avait presque chuchoté. « Quelque chose ne va pas… ? » A peine eu t-elle fini sa phrase qu'elle pinça les lèvres comprenant l'absurdité de sa question.
« - Non. Mais si tu as fini on va pouvoir y aller : autant en finir vite. » Il avait parlé plus durement que prévu, l'idée de s'excuser l'effleura mais il n'en fit rien, il devait rester maitre de ses émotion et sa froideur avait toujours été sa meilleure protection.
Le Hyuga se leva, sans voir le regard peiné de sa compagne. D'un geste désinvolte il tendit sa carte bancaire à l'employée du restaurant :
« - Tout s'est bien passé messieurs dames ? » Elle leur offrit un sourire timide. Neji la considéra quelques secondes : blonde aux cheveux courts, des lèvres fines et bien dessinées, elle aurait pu être à son gout si elle ne l'avait pas exaspéré par sa simple présence :
« - En quoi cela vous importe ? Rendez-vous utile et dépêchez vous d'encaisser ce repas.
- Neji… » Temari avait posé sa main sur son épaule et lui adressa un regard suppliant. Comme si ce simple geste allait lui faire oublier la raison de leur tête à tête ! Le jeune homme emporté par sa colère se dégagea. Il récupéra sa carte et sorti du restaurant une fois dans la rue il avança sans jeter un regard derrière lui, il entendait les pas pressés de l'avocate qui le suivait. Il marcha à travers les rues sans réfléchir à la direction qu'il prenait, il avait envi de hurler, de détruire quelque chose, de rouler à tombeau ouvert et plus que tout d'embrasser la femme qui le suivait, de lui faire l'amour et de ne plus jamais la laisser partir.
Il y avait tellement de chose qu'ils n'avaient pas encore faites ! Emménager ensemble, inviter leurs amis chez eux, passer leur semaine de vacances à ne rien faire que manger dormir et s'envoyer en l'air, remplir un caddie de course, aller à la fête du cinéma ensemble, prendre l'avion pour aller en vacances, acheter une maison, fumer un joint, faire du jardinage, la présenter aux anciens de la famille Hyuga, se perdre dans la campagne un dimanche après midi, coucher ensemble dans son bureau au tribunal, lui offrir une centaine de roses pour leur première année ensemble, louer une chambre d'hôtel et s'y retrouver le midi pour un déjeuner coquin, acheter une maison et la rénover, passer une journée au paint ball avec leurs amis, s'engueuler pour des conneries, se réconcilier sur le lit, se marier, tomber en panne de voiture, faire un bébé…
Il voulait un avenir pour son couple, mais ce futur était révolu avant même d'avoir été envisageable, car elle allait le quitter pour retrouver son journaliste à la con. Ils marchèrent ainsi de longues minutes, l'un derrière l'autre, perdus dans leurs pensées.
OoOoO
Neji s'arrêta le long du parapet : le bourg de la ville était entouré de remparts et les deux amants s'y étaient aventurés toujours en silence. D'un regard absent il scruta l'horizon : ça y était, elle allait lui parler, il ne pouvait pas reculer indéfiniment leur confrontation. Avec un soupir résigné il s'accouda au rempare attendant qu'elle parle.
Voyant qu'il ne bougerait plus Temari vint prendre place à coté de lui, à une distance respectable mais suffisamment près pour pouvoir le toucher si elle le souhaitait. Le garçon senti la blonde le scruter longtemps mais il résista à la tentation de se tourner vers elle : s'il croisait son regard il rendrait les armes. Du coin de l'œil il la vit tendre la main vers son visage et laisser retomber son bras avant d'arriver à destination. Ils soupirèrent à l'unisson.
« - Je réfléchi depuis une bonne semaine à la façon de te dire ça… » L'avocate ne fini pas sa phrase et se passa une main dans les cheveux pensive. « Je sais pas trop par ou commencer…
- Fais vite s'il te plait. » Le Hyuga avait parlé froidement s'attirant le regard blessé de sa compagne.
« - D'accord. Mais tu m'écoute jusqu'à la fin. » Temari se rendit compte qu'elle avait employé un ton cassant et se reprit : « Je ne veux plus de secret… » A son ton suppliant Neji ne pu résister et se tourna vers elle. Il lui adressa un petit signe de tête en guise assentiment.
« - Je crois qu'il faut commencer par le début de l'histoire non ? Je t'ai déjà dit que j'avais rencontré Shikamaru l'année de mes 16 ans. A cette époque j'étais mal dans ma peau, et comme beaucoup d'ado je cherchais à me faire du mal : mon petit ami m'y aidait particulièrement. Je me méprisais, je détestais mon corps je m'étais éloignée de ma famille… Bref c'était pas la joie. Et puis j'ai rencontré Shika. » La jeune femme esquissa un sourire et Neji senti son cœur se serrer.
« Il était tranquille, mou, et se fichait de tout. Mais il m'a réveillée : avec ses répliques cinglantes et son humour noir, il m'a fait ouvrir les yeux. Quand j'étais avec lui je valais quelque chose, je pouvais être moi parce qu'il m'acceptait telle que j'étais. Il ne voulait pas me changer. Mieux : il aimait celle que j'étais.
« Mais je suis parti en voyage et Ino s'est jeté sur lui. » La jeune femme esquissa une moue contrariée et le Hyuga ne pu s'empêcher de sourire. « A ce moment là je ne savais pas que c'était juste par jalousie. Ça je l'ai appris plus tard, sinon je me serai peut-être battu… Bref, ça a entrainé une nouvelle rechute de mon moral, mes parents ont eu sacrément peur à cette époque… Enfin, le lycée c'est terminé et la fac m'a permis de m'éloigner de toutes ces conneries. Je t'épargne tous les épisodes des je t'aime/moi non plus, tu me manque/en fait non… Bref ce salopio m'a fait tourner bourrique !
« La fac ça a été une vrai révélation : avec Gaara et Tenten comme amis j'ai pu mettre de coté toute cette histoire, mais un jour en retournant à Suna je les ai croisés dans le train. Shika m'a ignorée, en fait c'était bizarre, mais au final tout est remonté à la surface. Bref, trois semaines plus tard alors que je m'étais réfugié chez mes parents pour déprimer je l'ai croisé dans le parc, il m'a suivit on s'est engueulé et finalement on a été boire un verre. On a discuté, tu vois le genre de mise au point pleine de colère et de regrets… » Neji hocha la tête, elle lui avait déjà relaté certains de leurs tête à tête. « Et il fini par me dire qu'il regrette tout, qu'il s'est trompé sur toute la ligne, qu'il n'a jamais fait une croix sur nous… Enfin, moi j'étais encore plus chamboulée et j'ai pas eu le courage de rester.
« Tu vois il m'avait démoli tellement de fois, j'étais horriblement sensible dès qu'il s'agissait de lui, et je voulais pas retomber dans une relation destructrice… Je me suis détesté de ne pas avoir tenté ma chance ce jour là. Mais au bout de deux ans sans aucune nouvelle je m'étais résignée. Un jour j'ai croisé Choji chez Asuma, on s'est sacrément prit la tête mais on a fini par réussir à discuter… Et il m'a appris que Shika avait rompu avec Ino après notre rencard et qu'il m'avait écrit sans que je lui réponde… Ces lettes je ne les ai jamais reçus : mon père avait intercepté mon courrier. Pour finir Choji a fait revenir Shika et organisé une rencontre chez Asuma et Kurenai.
« La suite tu la connais, c'est le début de ''ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant''. Les quelques mois qu'on a passé ensemble m'ont paru bénis. Notre relation était. Naturelle. J'étais à ma place et peut m'importait le futur tant qu'on était ensemble. Avant qu'il parte on commençait tout juste à parler de pacs, mais on savait qu'un jour ou l'autre on se marierait, et je ne me voyais pas vieillir sans enfant avec lui… »
Au fil de son explication Neji avait senti sa colère revenir au galop. Il n'en voulait pas au Nara, ce n'était pas de sa faute, mais le destin s'apprêtait à lui jouer un bien mauvais tour : la femme qu'il aimait venait clairement de lui dire qu'elle avait envisagé de se marier et d'avoir des enfants avec un autre. Autre qui serait bientôt de retour dans le monde des vivants.
Les poings serrés d'appréhension le procureur attendait la sentence. Ses talents d'orateurs ne l'aideraient pas, il était trop impliqué pour rester maitre de ses émotions.
Une petite main se posa sur son bras. Il releva les yeux pour faire face à Temari. Sentant que s'il ne parlait pas maintenant il ne le ferait jamais, il se lança :
« - Je comprends tu sais. C'était pas la peine de retracer votre histoire. J'ai toujours su que votre relation était unique. C'est juste que j'espérais avoir ma chance. Mais ce n'est pas grave, je m'en remettrais. » Il haussa les épaules tentant d'afficher un masque d'indifférence mais ses paroles avaient ouvert une brèche dans ses défenses.
« - Neji… Je… Tu…
- Temari… » Il aurait voulu la prendre dans ses bras, la faire disparaitre dans une étreinte et ne plus jamais la lâcher. Mais il se contenta d'effleurer sa joue du bout des doigts. Elle trembla à son contact et Neji en fut mortifier : ils n'avaient pas encore rompu qu'il la dégoutait déjà ?! Il retira sa main d'un geste brusque et détourna le regard : hors de question qu'elle devine son malaise.
« Faisons les choses simplement. Je te ramène à la maison, on passe l'après midi tous ensemble et demain on se quitte bons amis. » Il n'ajouta pas qu'il envisageait déjà retourner à Konoha prétextant un appel urgent de son bureau. Tout plutôt que de subir l'humiliation de ne pas partager le même lit le soir même.
« Je ne fais pas le poids, tu l'as dit toi-même vous êtes fait l'un pour l'autre. Je comprends que tu te sois reposée sur moi pendant un temps, c'est pas facile de vivre ce que tu as vécu. Mais je refuse d'être un handicap pour toi, un boulet que tu trainerais faute de pouvoir t'en débarrasser. » Je t'aime trop pour ça. Il aurait aimé dire la dernière phrase à haute voix mais il avait déjà trop honte de s'exposer ainsi.
« - Non. » Le procureur observa sa compagne qui venait de lui répondre d'une voix rauque. Elle avait les yeux baissés et ses cheveux l'empêchaient de deviner son expression. « Non. » Sa voix se fit plus dure, plus intransigeante. Elle tapa du pied et releva la tête d'un mouvement déterminé : « Non, je n'ai jamais dit qu'on était fait l'un pour l'autre. Oui j'ai longtemps pensé que nous étions ce qu'on appel des ''âmes sœurs'' ou un truc du genre mais je ne suis plus sur de rien. Et je t'interdis de m'abandonner ! C'est pas toi ça !
- Quoi ? T'abandonner ?
- Oui ! Toi tu es un battant Neji, tu es fort et je t'interdis de baisser les bras ! Toi et moi ce n'est pas fini, sauf si c'est vraiment ce que tu veux. » Sa voix se fit un peu moins dure : « Dans ce cas je te laisserai t'en aller. Mais j'ai besoin de toi Neji Hyuga. Si tu pars aujourd'hui alors tout sera fini.
- Temari, qu'est ce que tu raconte. Tu comprends pas que je te facilite la tâche ? Pas d'adieux déchirants, pas de ras le bol, juste un au revoir.
- C'est toi Neji qui ne comprend pas ce que j'essaie de te dire ! » L'interpellé voulu répliquer mais le ton désespéré de la jeune femme l'en dissuada : « Je ne suis pas en train de rompre ! » Le brun fronça les sourcils : « Je suis aussi déboussolée que toi ! Je ne m'attendais pas au retour de Shikamaru, je savais qu'il était en vie mais ça me suffisait ! Tu comprends ? Je n'avais… Enfin, je n'ai pas besoin de plus : savoir qu'il est vivant, là quelque part ça me va. Trop longtemps j'ai cru qu'il avait disparu, qu'il soit vivant, en bonne santé et si possible heureux, c'est tout ce que je demande. Pas avec moi, ni près de moi. Non je… »
Les larmes qui menaçaient de couler dévalèrent le long de ses joues, l'avocate continua d'une voix mal assurée : « Shikamaru… Il fait parti de moi. De ma vie, mais surtout de mon passé. S'il décidait de rester à Kiri… Je crois que je serai triste, mais ce n'est rien comparé à l'idée de te perdre ! » Elle essuya ses larmes et donna un coup rageur dans l'épaule de son amant : « C'est toi Neji ! C'est toi que je refuse de perdre aujourd'hui ! »
Sans voix, le procureur fixait son interlocutrice. Après l'étalage de souvenirs de la blonde, il s'attendait à tout, sauf à ça ! Des adieux déchirants, une mise au point musclé, mais surement pas à une déclaration !
- « Ça fait bientôt un an que je vis en sachant que je ne le reverrais peut être jamais. Je suis soulagée que la guerre soit finie et que sa vie ne soit plus en danger. Je serai heureuse de le revoir, de pouvoir à nouveau le serrer dans mes bras. Mais je refuse de te perdre pour ça ! Si je dois renoncer à toi pour retrouver Shika, alors je préfère ne jamais le revoir ! Tu comprends ce que je te dis… ? »
Temari l'avait saisi par le coude et ponctuait ses phrases par de vives secousses essayant de faire passer son message. Un peu perturbé, Neji se laissait faire, cherchant à donner du sens à la scène qu'ils vivaient.
« - Temari… Je… Comment je peux être sur de nous ? Tu l'as dit toi-même tu l'aimes, qu'est ce qui me dit que lorsqu'il reviendra tu ne regretteras pas ton choix ? Je veux bien continuer, mais je ne suis pas sur de supporter cette épée de Damoclès en permanence au dessus de ma tête… Savoir qu'à tout moment tu pourrais changer d'avis, ça me ronge. Je ne veux pas vivre dans l'incertitude et l'angoisse.
- Oui je l'aime. Mais je l'ai perdu. Shikamaru est mort, mais toi… Nous, c'est ma réalité, mon présent. Et ce qu'on partage est beaucoup trop précieux pour que j'y renonce… Je ne suis sur de rien, enfin je suis pas sur de grand-chose, mais ce qui ne fait aucun doute c'est que je tiens à toi, et que te perdre m'est insupportable. »
Sans lui laisser le choix la blonde enroula ses bras autour de ses épaules et se serra contre lui. Neji senti son ventre se tordre de soulagement ou d'angoisse il n'aurait su le dire et ne voulait pas y réfléchir.
D'un mouvement possessif il la plaqua contre son torse, l'étreignant avec rudesse et tant pis s'il y allait un peu fort. Il enfouit son nez dans les cheveux fous de sa compagne et inspira profondément : Dieu qu'il aimait cette odeur ! Il la serra encore plus fort et la senti trembler, il ne voulait pas la lâcher. Le procureur laissa ses mains explorer le dos les hanches et les fesses de sa compagne : il la senti bouger contre lui et la surprise se mêla au plaisir lorsqu'elle plaqua sa bouche contre la sienne.
Elle picora avidement ses lèvres en demandant plus, elle n'eu pas à batailler pour qu'il entrouvre la bouche laissant leurs langues entamer une danse effrénée. Leur baiser n'était ni timide ni hésitant comme aux premiers jours de leur relation : il était fiévreux, affamé comme s'ils se retrouvaient après une longue absence.
Neji ne s'était pas vraiment rendu compte de ce qu'ils faisaient, obéissant à une envie primaire et irrépressible de la faire sienne un grognement désapprobateur le ramena à la réalité, il se rendit compte qu'il avait acculé sa maitresse au parapet et que leur échange était pour le moins… passionné. En tout cas bien trop indécent pour un lieu public. Il se détacha doucement de la blonde en lançant tout de même un regard courroucé aux deux vieilles femmes qui les regardaient avec réprobation.
Une fois leurs spectatrices disparues et leurs souffles retrouvés Neji et Temari échangèrent un regard complice plein de promesses. Sans reprendre leur échange là où ils avaient été interrompus l'avocate maintint une faible distance entre leurs corps, l'enlaçant avec douceur.
Neji, lui aussi refroidi, déposa un baisé sur la tempe de sa compagne et resta à profiter de leur proximité pendant de longues minutes. Finalement, s'armant de son courage il souffla :
« - Je ne sais pas de quoi notre avenir est fait. Je ne sais pas comment tu réagiras au retour de Nara, ni comment moi je le gérerais… Ce dont je suis sur c'est que je refuse de perdre le moindre instant avec toi… Alors, tant que tu veux de moi et que je pourrais supporter sa présence dans ton cœur… Je resterai à tes cotés… » Au fur et à mesure qu'il prononçait sa promesse, la certitude de Neji grandissait : il allait se battre pour elle et pour tout ce qu'il leur restait à vivre ensemble.
« - Je l'aimais de tout mon cœur. Mais aujourd'hui je t'aime encore plus Neji Hyuga… »
Le Hyuga esquissa un sourire que sa compagne ne vit pas : il avait déjà dépassé son quota de sentimentalité pour les deux années à venir, pas besoin d'aggraver son cas !
Ils retournèrent à la voiture du procureur enlacés, soulagés d'avoir un peu discuté tout en sachant que d'autres mises au point viendraient. Ils avaient le temps, et à cet instant rien ne comptait plus que la présence réconfortante de l'autre.
OoOoO SHIKAMARU OoOoO
Le vent hurlait et faisait se balancer dangereusement la cime des arbres, d'immenses vagues venaient lécher le bord de la falaise : la tempête faisait rage au large d'Hume, petit village du nord de la province de la brume. Pourtant là où toute personne sensée serait restée à l'abri, deux silhouettes avançaient le long du chemin des douaniers, comme insensibles à la fureur de la nature.
Emmitouflés dans de vieilles capes de coton enduit les deux hommes marchaient, profitant une dernière fois de la présence de l'autre, chaude et réconfortante à l'aube de leur séparation. Trempés par une pluie fine mais constante ils rechignaient à rentrer, pourtant certain qu'un bon feu, des vêtements secs et un verre gnoule les attendaient. Non, aucun d'eux ne voulait mettre fin à cet instant, car viendraient ensuite la séparation, et le retour à une réalité qu'ils ne maitrisaient plus.
« - Et maintenant qu'est ce que tu vas faire… ?
- Tu veux dire quand j'aurai convaincu Hime de me suivre ? » L'autre éclata de rire et offrit son visage aux embruns : un long nez, des yeux anormalement petits par rapport au reste de sa face, une bouche immense remplie de dents hérissées le tout complété par un teint pâle qu'on aurait pu penser bleu, si ce n'était son expression joviale il aurait inspiré la peur et la défiance.
Son compagnon, pourtant plus petit d'au moins une tête, était tout à fait à l'aise et s'autorisa un coup de coude au géant bleu :
« - Tu pourrais compatir merde ! T'imagines pas quelle galère je vais vivre en arrivant là-bas ! »
- Hoo que si mon ami ! » L'homme requin assena une claque dans le dos de son compère le faisant trébucher en avant. « J'ai été chargé de la surveiller pendant un hiver et crois moi, entre elle et Haku j'ai cru mourir ! »
Le plus petit esquissa un sourire et continua son chemin massant son épaule endolorie par le coup « - Et toi Kisame, qu'est ce que tu compte faire… ?
- Moi ? » L'interpellé haussa les épaules : « La Godaime, Terumi m'a demandé de rejoindre son conseil… Alors bon, y'a plus d'enfoiré de Kumo à défoncer, faut que je me trouve une nouvelle occupation…
- Toi ? Au conseil de la Godaime ? » Ce fut au tour du plus petit des deux hommes de rire. « Tu sais que tu vas passer ton temps assis dans une chaise à donner ton avis sur l'ensemencement des terres ou sur la gestion de l'administration… ?
- Ne te moque pas Shikaku, rien que de t'imaginer avec un appareil photo j'ai envi de rire ! » L'homme resta silencieux quelques instants attirant le regard de son compagnon :
« - Shikaku était le nom de mon père, moi c'est Shikamaru…
- Ho… Bin enchanté mon pote… Et donc toi, quand t'aura embarqué Hime, tu compte faire quoi ?
- Moi ? » Le jeune homme renifla : « Rentrer chez moi je suppose, y'a des gens que je fais attendre depuis trop longtemps… » Le géant acquiesça en repensant au visage souriant sur la petite photo que son ami gardait caché dans sa poche depuis bientôt un an.
« - Et comment s'appelle l'heureuse élue… ? » Shikamaru haussa les épaules ignorant la question quelques secondes :
« - Elle s'appelle Temari. » Il releva la tête offrant son visage et son sourire aux embruns : bientôt il serait chez lui, peut importait les obstacles : il rentrerait et la retrouverait.
Bon... Voilà, Shikamaru réapparait, le prochain chapitre, bien que beaucoup plus court lui est consacré... Plus que 3 chapitre et normalement tout sera fini... J'espère que les fans du Shika/Tema ne m'en veulent pas trop, je ne donne pas spécialement d'info sur la suite, mais comme le dit le titre choisir c'est renoncer, et comme la blonde ne peut pas se faire les 2 gars en même temps faudra qu'elle choisisse si Shika rentre belle et bien au bercail!
Bref, je suis ouverte à tout les avis ^^ donc peut être à bientôt dans une review ou par MP ;)
