Bonsoir à tous,

Voilà le dixième chapitre. J'ai pas réussi à mettre autre chose qu'une citation en titre, c'est terrible. Mais elle collait tellement bien que je me suis laissée avoir. Par contre, un message très important : mes épreuves du BAC auront lieu du 18 juin au 21 juin, avec une semaine de révision à partir du 9 juin. Mais comme les cours sont lourds, je vais m'y mettre dés la semaine prochaine. Donc, le chapitre 11 n'arrivera pas avant le 22 juin, ce qui fait trois semaines d'attente(désolée, désolée, désolée :S). Je vais essayer de me ménager des moments pour écrire et voir si je peux terminer le chapitre plus tôt, mais je ne vous promets rien.

Je vous souhaite une bonne lecture !


CHAPITRE DIXIÈME : C'ÉTAIT TOUT CE QU'IL Y AVAIT DE PLUS FIN EN BEURRE !

OUI, MAIS IL FAUT QU'IL Y SOIT ENTRÉ DES MIETTES DE PAIN

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Partie I : Light

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Kira tuait durant la soirée, certes, mais la majorité de ses actions se concentraient en week-end. On dénotait notamment un grand nombre de décès au cours du vendredi soir de chaque semaine. L soupçonnait le meurtrier de contrôler l'heure des exécutions, mais il n'arrivait pas encore à expliquer pourquoi ces dernières avaient lieu en fin de semaine et pas à un autre moment. Ayant perdu un de leurs membres les plus efficaces, la cellule d'enquête avait à présent les yeux rivés sur l'entreprise Yostuba. Trop de meurtres en rapport avec la compagnie avaient eu lieu pour écarter définitivement l'hypothèse selon laquelle Kira coopérait avec ses dirigeants.

- Watari, tu peux appeler Aiber et Wedy ?

L'un comme l'autre correspondaient à deux enquêtes réalisées par L. La première s'était déroulée en février de l'an 2000 et concernait Wedy, qui avait à ce moment-là dérobé des documents précieux à des hommes politiques influents du gouvernement russe pour ensuite les faire chanter et leur extorquer une jolie somme. La seconde, en août 2000, l'avait mené à rencontrer Aiber. Il avait alors amassé trente quatre millions de dollars sur son compte en se faisant simplement passer pour le fondateur d'une nouvelle entreprise américaine de Hautes-Technologies. En chacun d'eux, L avait perçu une source d'informations inépuisables. Ils se glissaient aisément dans les système banquiers, financiers, politiques, du monde entier, en tirant des renseignements primordiaux. Là où lui n'avait pas les capacités d'aller, ils pouvait fouiner, voler, récupérer. L leur avait évité la prison en échange de leurs services. Depuis, il leur arrivait fréquemment de travailler ensembles.

Si Soichiro Yagami n'était pas spécialement emballé à l'idée de coopérer avec des hors-la-loi, Light, en revanche, ne montra aucun signe de dérangement. Il pensait comme L : peu importait l'origine des nouveaux membres de l'équipe, du moment qu'ils leur permettaient d'obtenir ce qu'ils cherchaient, à savoir une preuve que Kira faisait bien partie de l'entreprise Yotsuba.

- J'ai pu m'infiltrer dans l'ordinateur de la compagnie Yotsuba, mais il n'y a rien qui les lie à Kira.

- C'est incroyable. Avec ces compétences en piratage, je suis sûr que tu pourrais même entrer dans les ordinateurs de la police.

La suspicion de L n'avait jamais pris fin, s'étant même aiguisée ces derniers jours, à la mesure que ses rapports avec Light s'approfondissaient. Lorsqu'ils étaient intimes, par exemple le matin, au lit, la méfiance du détective était comme inexistante. Elle se réactivait toutefois à la moindre occasion, et avec bien plus d'ardeur qu'auparavant, chaque fois que Light et lui sortaient de l'appartement. La proximité faisait peur à L, et s'il l'appréciait sur le moment, ne repoussant jamais les avances, très légères, de Light, il ne pouvait pas s'empêcher de les analyser l'heure d'après, en cherchant les causes, les décortiquant finement, tentant par tous les moyens d'y trouver une marque d'hostilité, le signe d'une nouvelle stratégie de Kira. Puis, quand il réalisait qu'il n'y en avait pas, il les craignait, les haïssait, tout en les désirant encore plus.

Le sept octobre, aux alentours de vingt et une heures, ils étaient seuls dans la salle de travail avec Light. À la demande du gosse, L avait accordé aux autres membres de l'équipe une soirée de répit en raison de leurs nombreux efforts des derniers jours. Si le détective s'était au départ montré réticent, le petit discours de Light, comme quoi les policiers étaient fatigués, que ça pouvait nuire à leurs performances, qu'ils n'avaient pas fait de pause depuis longtemps, et ainsi de suite avec en supplément une invocation parfaitement ridicule des Droits de l'Homme, avaient fini par faire mouche. Light savait se montrer très persuasif, surtout lorsqu'il posait une main sur le genou de Lawliet en lui énonçant ses arguments à une distance exagérément réduite de son visage.

- Oh, allez, Ryûzaki, avait-il dit. Ça fera du bien à tout le monde.

Son souffle avait effleuré les lèvres de Lawliet. Il avait eu l'impression de chavirer. Non. Non, ce n'était pas ça. En fait, il avait complétement coulé.

- C'est d'accord.

Light avait souri.

Sale gosse

L ruminait depuis un bout de temps cette défaite, bien qu'elle ne fût pas la première. Ce pourquoi il enrageait était notamment le fait que Light l'ait eu par séduction, volontairement qui plus est. Il était humiliant de penser qu'il était capable de fléchir rien que pour les « beaux yeux », comme on le disait si bien dans le langage courant, d'un adolescent de six ans son cadet. Et il était encore plus humiliant que cela ait lieu en public, devant six autres personnes.

- Ryûzaki, viens voir un peu.

L, d'une poussée du pied, amena sa chaise plus près de celle de Light, qui pointa l'écran de son ordinateur portable.

- Il y a eu un nouveau mort : Keito Thompson, un homme politique américain d'origine japonaise, décédé d'une crise cardiaque. Apparemment, il avait des liens avec un des dirigeants de Yostuba.

- Tu sais lequel ?

Sur l'écran s'afficha la photo d'un homme aux cheveux châtains et à l'air gauche, portant des lunettes rondes.

- Midou Shingo, d'après ce que j'ai pu lire. Ils étaient amis d'enfance, semble t-il, et ont tous les deux été diplômés de l'Université de Todaï.

- Admettons que Shingo soit Kira. Pourquoi tuerait-il un ami d'enfance ? Ça n'a pas l'air très logique.

- Tu sais, fit Light en s'appuyant contre le dossier de sa chaise, à partir du moment où tes intérêts personnels sont engagés, tu deviens prêt à faire tout et n'importe quoi.

- Thompson menaçait la carrière de Shingo, conclut L.

- Ou bien le groupe Yotsuba en général, ajouta Light. Regarde, cet article indique qu'il avait l'intention d'implanter son entreprise à Tokyo, et les statistiques ont montrés qu'elle concurrençait fortement Yotsuba.

- Donc un adversaire potentiel à éliminer d'urgence, acheva L, index sur les lèvres. Bon travail, Light-kun. Grâce à toi, on tiens peut-être un suspect.

- Tu vas arrêter de t'acharner sur moi, maintenant ? Demanda le jeune homme d'un ton amusé.

- Non, répliqua fermement L. Le Kira auquel nous avons affaire n'est que le prolongement du premier et du deuxième. Et le premier Kira, Light-kun, je continue de penser que ça devait être toi.

Light n'émit aucune protestation, ne s'énerva pas. Son sourire s'élargit au contraire, et il se contenta de secouer la tête, replongeant dans ses recherches sur Shingo. L ne le lâcha pas des yeux. Quand il était ainsi, Lawliet le trouvait beau, plus que d'ordinaire, et entre ses côtes, il sentait se diffuser un apaisement devenu trop rare depuis le début de l'affaire Kira. Light, peut-être parce qu'il avait un esprit semblable au sien, dégageait quelque chose de sécurisant, qui à chaque fois tailladait le mur de défiance dressé par L entre lui et les autres. Lawliet, par ailleurs, ne se montrait pas particulièrement farouche quand le gosse dépassait les limites du convenable. Il aimait le contact des mains de Light sur sa peau : elles étaient tièdes, et quand elles le caressaient, c'étaient sans violence, sans empressement, avec une certaine déférence. Light, sûrement bercé par des idéaux philosophiques divers(en tout cas, c'était ce qu'en avait pensé Lawliet, bien que la scène en fin d'après-midi l'eût obligé à réviser son point de vue), tenait en haute estime le corps humain, et il n'avait pas l'air de vouloir le saccager dans le seul but de satisfaire ses pulsions sexuelles adolescentes. Quand il touchait Lawliet, c'était toujours avec patience, curiosité, dextérité, un toucher qui rappelait au détective celui d'un sculpteur. Le sexe avec Light, c'était autre chose que sa dimension charnelle.

- Ryûzaki, on peut remonter ? Je suis fatigué.

- Il n'y a rien d'autre d'intéressant sur Yotsuba ? S'enquit L.

- Rien, excepté le fait que Shingo ne soit pas coupable. J'ai vérifié, il avait investi un bon paquet dans l'entreprise de Thompson, pour l'aider à débuter, et Thompson lui a tout remboursé tout en continuant de lui verser une somme conséquente en guise de remerciement, donc dans tous les cas, le tuer n'aurait représenté aucun avantage économique pour lui.

- Je vois, marmonna L.

Et une nouvelle piste erronée au compteur. Si L n'avait pas maitrisé aussi parfaitement ses émotions, il aurait sans doute hurlé de rage à n'en plus finir.

- Allons-y.

Ils retournèrent dans les appartements du détective, s'installèrent dans la chambre, sur le lit, et entamèrent une partie d'échecs. Watari monta deux tasses de thé ainsi qu'une part de charlotte aux fraises pour L. Après avoir distribué la boisson, il les jaugea d'un air sceptique. Lawliet avait plus que quiconque conscience du fait que Quillish les observait par le biais des caméras de surveillance, et dans le fond, il en était plutôt rassuré. Cela lui assurait une forme de contrôle sur sa relation avec le jeune homme. Ce qu'il ne parvenait pas à voir, les caméras s'en chargeaient pour lui. Elles étaient comme un troisième œil, discret, quasi-invisible, mais pourtant bien là, lui garantissant d'une certaine manière la sécurité.

Lawliet n'avait pas eu de nouvelle conversation avec Quillish à ce propos. Il avait comme érigé une muraille entre ce récent pan de vie privée et le vieil homme. Dans son for intérieur, il ne ressentait aucun besoin, aucune envie, de lui parler de Light. Light était son secret, ce sur quoi il voulait être le seul à pouvoir avoir une prise.

- Stacy ? Stacy, tu m'entends ? Stacy ? Sta...

L doit être seul

Il avait fait de cette règle la consigne absolue. Durant les six années qui avaient précédés la mort d'Owen, il l'avait laissé régir toute son existence, maintenant entre les autres et lui une distance inouïe. Ils ne tenaient pas à lui, lui ne tenait pas à eux. Un sentiment d'indifférence glacée, voilà la seule chose qu'il était en mesure de ressentir pour ceux qui travaillaient sous ses ordres. Cela allait du FBI à la police locale, en passant par les politiques, les membres d'Interpol, ainsi que les enfants formés par la Wammy's House. Eux, Lawliet ne les aimait pas. Ou plutôt, il n'appréciait pas le système dans lequel ils étaient éduqués, en tant que « pièces de rechange ». Avant, la Wammy's n'était rien de plus qu'un orphelinat ordinaire, mais accueillant, chaleureux, où Lawliet prenait plaisir à se réfugier entre deux affaires. Il errait dans les couloirs, faisant parfois un peu peur aux gosses, s'arrêtait de temps en temps devant une salle de classe pour se moquer intérieurement du professeur qui y dispensait son cours(préjugés) puis repartait en direction des cuisines. On lui servait un thé, des gâteaux, qu'il emportait dans la bibliothèque. La bibliothèque de la Wammy's était ancienne, avec des étagères encastrées dans les murs et des livres à reliure de cuir qui, quand on les ouvraient, dégageaient une odeur de vieux papier et d'encre fraîche. Lawliet aimait bien ce parfum. À ces yeux, c'était celui que devait avoir la vérité : à la fois vieille parce que présente depuis le début, et neuve, parce qu'elle l'était toujours aux yeux de ceux qui la découvraient. Puis, dés lors que L avait acquis une renommée conséquente, l'orphelinat s'était mis à faire des sélections, des tris, parmi les nouveaux venus, éliminant ceux qui étaient considérés comme « trop faibles ». Le règlement s'était alourdi, on avait établi un classement entre les élèves. Les enseignants faisaient l'apologie de L, endoctrinant les élèves. Quillish avait prié le détective de venir rencontrer les plus doués d'entre eux tout en ayant des conversations régulières avec le reste. La succession était en place. Et Lawliet détestait ça. L'obsession que Quillish avait de vouloir lui trouver un héritier le dégoûtait, l'insupportait. C'était déjà lui mettre un pied dans la tombe. Dans cette idée de confectionner un remplaçant pour assumer son rôle, Lawliet avait deviné que, ce qui intéressait avant tout Quillish, c'était son quotient intellectuel, c'est-à-dire la figure de L. Et Lawliet ?

Il pouvait bien aller se foutre, ce sale gosse.

Lawliet aimait Quillish. Mais il avait une dent contre lui à cause de cette histoire. Il pouvait comprendre que le vieil homme cherche à former des génies, mais pas qu'il en fasse des copies conformes de lui-même. À ces gosses, on imposait la voie dangereuse, pleine de solitude, que s'était réservé L. De même, à Lawliet, on imputait des choix qu'il se serait volontiers passé de faire. Dire de quel élève entre un tel et un tel était le plus intelligent et donc le plus susceptible à reprendre le flambeau n'avait rien de franchement amusant. Les mômes savaient que c'était lui qui choisissait. Ils savaient que leur sort dépendait de son jugement. Et s'ils étaient éliminés, qui est-ce qu'on blâmerait, qu'on haïrait ?

C'était lui.

Tout ça, ce serait de sa faute. Devenir L avait surtout consisté en une acceptation assez amère du fait qu'il était le modèle, et que beaucoup allait vouloir marcher sur ses pas, tout en lui reprochant la moindre erreur si jamais ils n'y arrivaient pas. Être L, c'était se confronter chaque jour à des gens qui vous détestaient parce que vous aviez trois trains d'avance sur eux. Par extension, quand on était L, on était seul. L, c'était pour Lonely. Solitaire.

- Si ce n'est pas Shingo, ça nous ôte déjà un suspect, dit Light.

- Rien ne prouve que c'est lui, mais rien ne prouve non plus qu'il n'est pas responsable. Kira a peut-être décidé de tuer Thompson avec l'accord de Shingo.

- Ça n'aurait pas de sens, répliqua Light, levant la tête de l'échiquier. Économiquement, on a vu qu'il n'avait rien à y gagner.

L déplaça son fou dans un mouvement totalement incohérent. Il jouait mal depuis le début de la partie, voir même extrêmement mal. Il avait accepté pour faire plaisir à Light, mais dans le fond n'avait pas la tête à ça.

- Lui, peut-être, mais les autres dirigeants du groupe Yotsuba, en revanche...

- Tu veux dire qu'il n'aurait pas eu le choix ?

- C'est possible. Kira peut être un des dirigeants et faire pression sur le reste pour le bien de l'entreprise. C'est une hypothèse fondée, lui concéda L d'un ton monocorde.

Light coinça son roi blanc.

- Échec et mat, lâcha t-il, avant d'ajouter : tu as l'air préoccupé. Tu veux en parler ?

- Non, Light-kun.

- Comme tu veux.

Light n'insistait pas. Il ne le forçait jamais. C'était une tactique encore plus abominable, car Lawliet finissait toujours par venir à lui. Il ne disait rien mais cherchait un contact physique. Les mains de Light lui faisaient oublier. Ce soir-là ne ferait pas exception.


Partie II : Ryûzaki

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Light repoussa de la main l'échiquier vers le rebord du lit, puis quitta ce dernier.

- Je vais me changer. Tu peux nous désenchaîner ?

Ryûzaki se leva à son tour, avant de se diriger vers un tableau de taille réduite occupant le mur séparant la chambre du salon. C'était une copie d'une œuvre de Pierre Paul Prud'hon, datant de 1808. Sur la toile étaient représentées deux femmes, la Justice et la Vengeance Divine, respectivement vêtues de rouge et de vert, fondant à toute vitesse sur un homme au visage disgracieux, regardant derrière lui le cadavre nu et blanc d'un autre. Le paysage, composé de rochers coupants, était désolant. Dans le fond, un soleil de cuivre éclairait la victime. Light n'appréciait guère le tableau : il trouvait trop sordide cette allégorie de la Justice.

Ryûzaki ôta la toile de son emplacement, dévoilant un coffre-fort incrusté dans le mur ainsi qu'un clavier de chiffres.

- Tourne-toi, dit-il à Light.

Light obtempéra. Il entendit le détective faire le code, la porte s'ouvrir. Il se retourna, avança vers Ryûzaki et lui présenta son poignet.

- Tu n'as vraiment pas l'air bien, ne put-il s'empêcher de dire comme le détective lui ôtait la menotte.

- Ce n'est rien, Light-kun, affirma Ryûzaki.

Light ne se rappelait pas avoir déjà le détective d'humeur aussi sombre auparavant, pas même lorsque l'enquête était au point mort et qu'ils ne savaient plus où aller. Dés que les menottes furent à nouveau à leurs poignet, ils allèrent au lit. Cette fois, Ryûzaki ne médita pas, comme il avait l'habitude de le faire tous les soirs, mais ne resta pas non plus dans sa position habituelle à analyser les dernières informations reçues pouvant faire avancer l'enquête. Il s'allongea sous les couvertures, tout habillé, se replia sur lui-même, dos à Light, lui souhaita une bonne nuit et ne bougea plus. Light ne chercha pas à dissimuler l'étonnement qui se peignit alors sur son visage, en oubliant sa lecture du second tome du Traité de Droit Pénal de Pellegrino Rossi.

C'est ce qui passe entre nous qui le met dans cet état ?

On ne pouvait pas dire au sujet de leurs rapports que c'était la grande passion et qu'ils se jetaient l'un sur l'autre dés qu'ils en avaient l'occasion. Mais personne n'aurait pu nier qu'il y avait cependant quelque chose. « Confortable », c'était l'un des premiers mots qui venaient à l'esprit de Light lorsqu'il pensait à leur nouvelle intimité physique. S'il y avait du désir réciproque, ils n'avaient pourtant pas encore fait l'amour, et les moments qu'ils passaient ensembles, seuls, étaient davantage consacrés à des réflexions en commun sur l'affaire ou à des parties d'échecs qu'à de brûlantes embrassades. Light n'y voyait aucun inconvénient. Le sexe prenait avec Ryûzaki un tout autre aspect. Ce n'était pas l'acte à proprement parler qu'ils voulaient expérimenter, mais plutôt ses effets. Si Light était pleinement satisfait ainsi, il se rendait compte toutefois qu'il n'en savait au final absolument rien concernant le détective. Bien qu'il eût du mal à l'envisager comme se languissant pour un rapport sexuel avec Light, le jeune homme ne pouvait avoir aucune certitude. Il y avait un mois, il n'envisageait même pas la possibilité de Ryûzaki se laissant aller à ses caresses. Il n'aurait jamais cru non plus avoir un contact si intime avec le détective. Mais c'était arrivé. Comme ça. Ça avait été aussi naturel qu'un fleuve se jetant dans la mer.

Il posa son livre à vingt deux heures, s'interrogeant encore sur le comportement de Ryûzaki. Il éteignit la lumière de sa table de chevet. Le noir enveloppa la chambre. Light attendit quelques minutes, puis, en un geste hésitant, vint dans le dos de Ryûzaki et l'entoura de ses bras. Le détective tourna la tête vers lui, ils se soutinrent du regard. Light se pencha pour l'embrasser sur la joue, puis sur la nuque. Alors la main de Ryûzaki serra le bras qu'il avait passé autour de sa taille.


Partie III : L/Lawliet/Light Yagami

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L avait donné à Watari l'ordre de venir le réveiller si, pour une raison ou une autre, il n'était pas levé avant sept heures et demie. Jamais encore ce genre de situation n'avait eu lieu, aussi le vieil homme afficha t-il un visage quelque peu désorienté lorsqu'il posa les yeux sur l'horloge de son ordinateur, qui indiquait huit heures moins le quart. Il jeta un coup d'œil aux caméras de surveillance : elles étaient toujours en mode infrarouge, signifiant par là que la chambre était encore plongée dans le noir et que ni Light, ni L, n'était debout.

Bonté divine !

Watari quitta précipitamment ses appartements pour rejoindre ceux de L, où régnait un silence paisible. Il se rendit dans la chambre, ouvrit les volets puis les fenêtres. La lumière jaillit dans la chambre, bien qu'elle ne fut pas d'une intensité extraordinaire. Il ne faisait pas beau dehors, tout annonçait une averse. Puis Watari s'approcha du lit.

Oh

Lawliet était sur le flanc. Il était réveillé. Light Yagami avait encerclé sa taille d'un bras, niché son visage au creux de sa nuque. Il dormait encore profondément, à en juger par sa respiration lente et mesurée. Lawliet caressait du bout des doigts le bras passé autour de lui.

- Tu dois m'en vouloir, n'est-ce pas ? Dit-il en posant les yeux sur Quillish.

- Non, L, répliqua Quillish d'un ton ferme. Je ne cautionne pas cette relation, je l'avoue. Mais pas au point de t'en vouloir.

- Je t'avais demandé d'empêcher ça.

- L, je ne peux pas mettre tes sentiments en prison, déclara le vieil homme. J'ai fait ce qui était en mon pouvoir, à savoir te prévenir. Le problème est que tu t'es enchaîné à Light Yagami et qu'à ce moment-là, je n'avais aucune idée de ce qu'il en était. Maintenant, il est un peu tard pour les recommandations. Tu t'es imposé la solitude : c'est à toi de voir si tu veux t'en défaire ou non.

- Je vais y mettre fin, lâcha t-il. Je ferais ça ce soir.

- Il ne sera sans doute pas d'accord.

- Il n'aura pas son mot à dire, rétorqua sèchement L. Il connaît la situation, il comprendra. C'est un garçon intelligent.

- Et toi ? Tu y arriveras ?

- Ne m'insulte pas, Watari. J'ai résolu des cas bien plus difficiles que celui-ci.

- Certes, mais tu n'étais pas dans le camps des hors-la-loi.

L le fusilla du regard. Touché. Light remua dans son sommeil, resserrant sa prise autour de la taille de Lawliet.

- Tu devrais peut-être t'accorder plus de temps, L, proposa Quillish. Si tu te précipite...

- Non. Si je ne le fais pas tout de suite, je ne le ferais jamais. Je suis allé trop loin, Watari, tu comprends ?

Quillish hocha la tête, baissa les yeux.

- Dis aux autres que nous arrivons dans dix minutes.


Partie III : Ryûzaki

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- Ce n'est pas un problème. Le détective Erald Coil, c'est moi.

Light en oublia de respirer sous le choc.

- Quoi ? Ryûzaki, tu es Coil ? S'écria son père.

- Les trois grands détectives dans le monde, connus sous les noms de L, Coil et Danuve sont en fait moi. Gardez ça secret, s'il vous plait. Tous ceux qui essayeront de me trouver auront des problèmes, puisque tout ce qui est destiné à Coil ou à Danuve va à Watari. Tout nous revient ensuite.

- C'est impressionnant, Ryûzaki.

Il ne l'avait pas réveillé à six heures pile ce matin, mais deux heures plus tard, et non en l'appelant et en tirant sur la chaîne comme d'ordinaire, mais avec un long baiser sur les lèvres. Il ne lui avait pas dis de se dépêcher, n'avait pas chronométré le temps qu'il avait passé sous la douche. Si Light accueillait avec plaisir ce changement d'attitude, il n'en était pas moins alarmé. C'était bien trop brusque de la part du détective pour être honnête. En outre, Ryûzaki avait semblé ruminer intérieurement quelque chose durant toute la journée.

Il avait mis au point une stratégie visant à vérifier les liens entre Yostuba et Kira. Tandis qu'Aiber se rapprocherait de Kida Masahiko, chef du département de planification de l'entreprise ayant demandé une enquête sur L à Coil, Wedy piraterait tout le système de sécurité du bâtiment afin de leur permettre d'en espionner les moindres recoins. Une affaire rondement menée, en somme.

- Matsuda a déclenché le signal de détresse de sa ceinture.

- Et d'où ?

- De l'intérieur des bureaux principaux de Yotsuba.

Quel crétin


La citation "C'était tout ce qu'il y avait de plus fin comme beurre ! Oui, mais il faut qu'il y soit entré des miettes de pain" est extraite d'Alice aux Pays des Merveilles. La première phrase est prononcée par le lièvre de Mars, la seconde par le Chapelier Fou. Le "beurre" désigne L, et les "miettes de pain" ses sentiments pour Light. Elle m'a tapée dans l'œil dés que je l'ai lue. Lewis Caroll est vraiment un génie, y a pas à dire.

Je vous dis donc à dans trois semaines(tenez le coup, ça ira ! XD) ou peut-être plus tôt, si j'arrive à poster le chapitre au beau milieu de mes révisions.

Negen