Chapitre 8
Anju se dépêcha de sortir de l'auberge, prenant l'occasion que sa mère s'occupe de la réception et qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Lorsqu'elle fut enfin à l'extérieur, elle prit un bon bol d'air frais et se dépêcha de rejoindre la rue marchande où elle allait habituellement faire les courses. Elle marcha, tournant la tête de droite à gauche, cherchant une boutique précise. Lorsqu'elle la trouva enfin, un sourire éclaira son visage et elle s'approcha de la vitrine qui exposait un magnifique pendentif doré et bleu. La veille, elle avait remarqué que Kafei s'était arrêté devant le magasin et avait fixé avec envie le bijou. En voyant le prix, elle fit presque demi-tour mais elle se rappela que c'était la seule idée de cadeau d'anniversaire qu'elle avait. Alors, prenant son courage à deux mains et ne faisant pas attention aux hurlements que lançait son porte-monnaie, elle entra dans la boutique.
Une odeur d'ancienneté arriva à ses narines et elle eut l'impression d'entrer dans un de ces vieux manoirs que les contes de fée décrivaient souvent. Ses pas craquèrent sur le plancher de bois et, lorsqu'elle arriva au comptoir, elle se demanda si elle ne devait pas s'éloigner de cet endroit. Malheureusement, avant qu'elle n'ait eu le temps de prendre sa décision, la gérante de la boutique apparut. C'était une vieille femme dont le sourire sur les lèvres la rendait effrayante. Mais Anju, qui ne jugeait pas avant de connaître, n'y fit pas attention.
« Que puis-je pour vous, Mademoiselle ? Demanda la vieille femme.
— Ca serait pour ce bijou. » Déclara Anju en pointant du doigt l'objet convoité.
La gérante plissa les yeux en voyant l'objet et, comme pour être sûre, elle demanda :
« Le Pendentif des Amoureux ?
— Euh… Je suppose ? Je ne savais pas qu'il avait un nom. »
La femme tourna son regard vers elle et Anju eut l'impression qu'elle pouvait voir à travers elle. Puis son sourire s'élargit, découvrant ses dents blanches.
« Le Pendentif des Amoureux, répéta-t-elle. Savez-vous quel est son pouvoir ? »
Anju secoua la tête.
« Il permet de réunir les âmes sœurs.
— Les âmes sœurs ? Oh, mais ce n'est pas la peine, ils sont déjà réunis.
— Hum ? Alors pourquoi l'acheter ?
— Mon ami semblait l'apprécier alors je me suis dit que c'était une bonne idée de lui offrir…
— Votre ami ? Oh, je vois… Que ferez-vous si le Pendentif vous sépare de votre ami ? »
Anju pencha la tête sur le côté, se demandant ce que la gérante voulait dire puis toutes les données qu'elle avait se réunirent en une seule. Elle rougit violemment et balbutia :
« N-Non, vous vous trompez. Ce n'est pas mon petit-ami…
— Oh… Alors, que ferez-vous si le Pendentif vous réunissait, lui et vous ?
— Impossible, répondit Anju avec un rire nerveux. Il est bien trop amoureux pour me regarder.
— Il a beau être amoureux, rien ne veut dire que ça soit avec son âme sœur. Rien n'est impossible, surtout pas avec ce pendentif ! »
La jeune femme fixa la propriétaire des lieux pendant un long moment. Elle aurait tellement aimé la croire, mais elle savait au fond d'elle-même que Cremia et Kafei étaient fait l'un pour l'autre. Il suffisait de voir la façon dont ils se regardaient pour le comprendre. Anju, quant à elle, resterait derrière eux à observer cet amour, et à le jalouser.
« Le prenez-vous ?
— Oui. »
La vieille femme alla chercher le bijou en trottinant et, une fois revenue au comptoir, elle l'enveloppa soigneusement dans un paquet blanc. Puis Anju paya et quitta la boutique. Alors qu'elle allait refermer la porte, elle entendit la voix de la femme lui dire :
« Vous pourriez avoir des surprises… Ne perdez pas espoir. »
Anju se retourna pour lancer un regard interrogateur à la personne mais celle-ci avait déjà disparue. Alors, secouant la tête, la jeune femme prit le chemin du retour tout en tenant fermement le précieux cadeau.
X
« Je ne suis toujours pas d'accord, Anju ! »
La jeune femme ignora sa mère et tournoya devant le miroir, les pans de sa robe bleue suivant le mouvement. Elle ajusta la pince en forme de papillon qui retenait ses cheveux et posa un gilet blanc sur ses épaules. Lorsqu'elle se retourna finalement, elle rencontra le regard colérique de sa mère.
« Je ne veux pas que tu y ailles !
— Maman, soupira-t-elle. C'est l'anniversaire de Kafei. C'est mon meilleur ami et il a vingt ans, j'ai bien le droit de le fêter, non ?
— Ce vaurien ! Cracha la femme. Comment peux-tu être amie avec lui ? Souviens-toi de ce qu'il a fait à Pierre !
— Ils se sont juste disputés.
— Disputés ? Répéta-t-elle. Ils se sont bagarrés ! »
Anju leva les yeux au ciel et quitta la chambre, sa mère sur ses talons. Lorsqu'elles arrivèrent dans le hall d'entrée de l'auberge, sa mère reprit :
« Et où allez-vous fêter l'anniversaire de ce garçon, de toute façon ?
— Au Laktoz… Répondit évasivement la jeune femme, en ajustant son gilet.
— Au Laktoz !? S'étrangla sa génitrice. Dans ce lieu de dévergondés !?
— C'est un milk-bar, maman.
— Mais bien sûr ! Et le Château Romani, c'est quoi à ton avis ? Je suis sûre qu'ils mettent de l'alcool dans ce lait !
— Bien, je ne boirai pas de Château Romani, si tu y tiens.
— Je refuse que tu ailles là-bas ! » Répéta-t-elle pour la énième fois.
Anju soupira, lasse de cette discussion.
« Je suis majeure, je sais ce que je fais, répliqua-t-elle alors que la porte d'entrée s'ouvrait derrière elle.
— Aux dernières nouvelles, tu vis chez moi et tu dois suivre mes règles ! »
Le regard de la femme se perdit derrière son unique fille et elle s'exclama :
« Tout est de ta faute, sale vaurien !
— Quoi ? Qu'est-ce que j'ai encore fait ? » Lança un Kafei perdu.
Fatiguée et souhaitant partir le plus vite possible de l'auberge, Anju dit la seule chose qui sortait sa mère de ses gonds et qu'elle regretterait bien assez tôt, elle le savait :
« Très bien. Demain, je chercherai un nouvel endroit où vivre.
— Pardon !? Espèce de fille indigne ! Après tout ce que j'ai fait pour toi !
— Tout ce que tu as fait pour moi ? Tu m'as empêchée de faire des études et tu m'as obligée à dîner avec des garçons qui te plaisaient ! Tu crois franchement que je devrais t'en remercier ? »
Elle vit les yeux de sa mère s'écarquiller et elle put sentir sa rage jusque dans ses entrailles. A ses côtés, Kafei lui attrapa la main mais elle n'y fit pas attention, trop absorbée par la dispute que sa mère avait cherchée depuis qu'elle lui avait dit qu'elle fêterait l'anniversaire de Kafei.
« Espèce de… Sors de chez moi immédiatement ! Ne pense même pas à venir dormir sous mon toit ce soir !
— C'est la troisième fois en deux ans que tu me fais dormir dehors. Je te remercie, maman, tu en fais tellement pour moi ! » S'énerva la brune.
Puis elle obligea Kafei à la suivre avant que sa mère n'explose et ne décide de la gifler et de l'empêcher de sortir pour de bon. Lorsqu'ils arrivèrent dehors, la jeune femme sut qu'ils étaient tranquilles : sa mère ne ferait jamais un scandale en pleine rue. Elle soupira de soulagement alors que sa vue se brouillait. Ce n'était pas la première fois qu'elle se disputait avec sa mère : elles s'étaient disputées bien des fois par le passé et, par deux fois déjà, Anju avait été obligé de dormir à la belle étoile. Jusqu'alors, personne, pas même Théo, n'était au courant de ces disputes fréquentes et de ces nuits difficiles. Et maintenant Kafei était au courant.
« Je suis désolée pour ce qu'il vient de se passer. Tu n'aurais pas dû voir ça. Oublie.
— Oublier ? Tu veux que j'oublie ce qu'il vient de se passer ? Anju, ta mère vient de…
— Laisse tomber, Kafei, le coupa-t-elle. Ce ne sont pas tes affaires.
— Oh que si elles le sont, répliqua-t-il en s'approchant d'elle et cela la troubla. Pourquoi t'efforces-tu à tout garder pour toi ? Tu ne me fais pas confiance ?
— Bien sûr que si !
— Alors dis-moi ! Ce soir, tu dors à la maison.
— Je ne peux pas t'embêter avec ça.
— Tu es énervante, tu sais ? Combien de fois faudra-t-il te dire que tu ne m'embêtes pas ? »
Anju ouvrit la bouche, prête à rétorquer qu'elle savait très bien qu'elle le gênait mais aucun son ne sortit de sa bouche. Alors elle soupira et murmura juste :
« Arrêtons de parler de ça. Ne gâchons pas ton anniversaire. »
Têtu, Kafei s'approcha encore plus d'elle au point qu'elle pouvait sentir son souffle sur son visage. Elle rougit violemment mais il n'y fit pas attention et lui attrapa les mains qu'il caressa avec douceur.
« Ca ne gâche pas mon anniversaire, déclara-t-il avec une voix douce. Au contraire, je serai ravi que tu me parles de tes problèmes, Anju.
— Ca n'en vaut pas la peine. Tu as déjà tes problèmes.
— Je n'ai pas de problème. Et même si j'en avais, ils sont de moindre importance par rapport aux tiens. »
Anju voulut répliquer mais au même moment, un raclement de gorge se fit entendre et les deux amis, qui étaient beaucoup plus proche que d'habitude, se tournèrent au même moment vers l'origine de ce raclement. Théo, dans un costume qui lui donnait un air de garde du corps, les fixait avec un regard entendu et un sourire en coin. Gênée, Anju s'éloigna de son meilleur ami.
« Je suis désolé de vous couper dans votre élan mais j'avais peur que vous ne me remarquiez pas à force de vous regarder dans le blanc des yeux.
— Mais on ne te remarque jamais, tu sais ? »
Théo fit une moue boudeuse et Kafei se moqua de lui. Anju les regarda, un petit sourire aux lèvres, se disant qu'elle avait de la chance d'avoir de si formidables amis, et elle était triste que Cremia ne soit pas là pour participer à la soirée.
X
Le Laktoz, milk-bar connu de tous, lieu de dévergondage pour certains parents, était un lieu privé où seules les personnes ayant le signe de reconnaissance – à savoir un masque de vache – pouvaient pénétrer. Fort heureusement pour les trois amis, le Maire Dotour avait fait en sorte qu'ils puissent y entrer et, après quelques verres de lait (Château Romani pour les deux hommes et du lait normal pour la femme), les rires fusaient. Le repas était déjà presque fini et on attendait encore le gâteau. Anju fixait ses deux amis d'un air blasé tandis qu'ils s'évertuaient à faire des blagues plus idiotes les unes que les autres. S'ils avaient été à un concours, elle savait qu'elle n'aurait jamais pu les départager.
Le gâteau au chocolat arriva enfin et, voyant l'état de ses deux amis, Anju décida qu'elle ferait mieux de couper le dessert. Alors, prudemment, menaçant ses amis avec son couteau lorsqu'ils s'amusaient à dire n'importe quoi, elle coupa le gâteau en six parts égales. Puis, elle en donna une à chacun. Enfin, ce fut le moment de donner les cadeaux. Théo donna une étrange boîte non emballée à Kafei, et lorsqu'Anju put enfin lire ce qui était écrit dessus, elle détourna le regard, scandalisée.
« Pour toi et Cremia. Ou une autre fille, déclara Théo en faisant un clin d'œil à Anju qui rougit. En fait, j'avais un vrai cadeau mais il s'est paumé chez moi. Je te le donnerai quand je le retrouverai. »
Il se mit à rire idiotement et la brune leva les yeux au ciel. Théo et le ménage avait une grande histoire d'amour, si bien qu'Anju se demandait souvent si elle devait aller nettoyer ou bien le laisser patauger dans son propre bazar. Kafei se mit à rire à son tour, bien que la jeune femme pouvait voir les quelques marques de rougeur sur ses joues. Elle soupira avant de donner son propre cadeau. Son meilleur ami le déballa avec soin et ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction lorsqu'il vit le bijou.
« Comment… ? » Commença-t-il.
Anju haussa les épaules. Dans l'état dans lequel il se trouvait, il était inutile de lui rappeler qu'il s'était arrêté devant la boutique et avait fixé le bijou pendant un long moment. Il était aussi inutile de lui dire l'histoire que la vendeuse lui avait raconté au sujet de ce pendentif, d'ailleurs.
Le reste de la soirée se passa bien. Lorsqu'il fut l'heure de partir, Anju se demanda comment elle allait faire : en effet, il était hors de question qu'elle laisse l'un des deux hommes se promener seul dans cet état ! Alors elle décida de les raccompagner tous les deux chez Théo. Monter les escaliers pour rejoindre l'entrée du bar fut compliqué mais ils y arrivèrent tant bien que mal. Puis ils prirent la route jusque chez le vendeur du bazar. Le chemin, qui habituellement faisait quinze minutes, leur prit une demi-heure. Anju se promit qu'elle n'hésiterait pas à rappeler à Kafei qu'il avait tenté de flirter avec un arbre. Elle n'hésiterait pas non plus à le dire à Cremia qui, elle en était sûre, se moquerait de lui jusqu'à ce que la Mort les sépare. Par contre, elle éviterait de lui dire que Kafei n'avait cessé de la complimenter et de flirter avec elle. Bien que cela lui fit plus que plaisir et que Cremia lui avait dit qu'elle en aurait profité à sa place, Anju n'était pas à l'aise avec tout cela.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin chez Théo, le propriétaire des lieux mit un certain moment à retrouver les clefs dans les poches de sa veste puis à les mettre dans la serrure. Enfin, ils purent rentrer. Anju buta sur les nombreux objets qui se trouvaient sur le sol et, lorsqu'elle réussit à allumer la lumière, elle comprit pourquoi son ami n'avait pas réussi à retrouver le cadeau destiné à Kafei. Comment pouvait-il s'y retrouver dans un tel bazar ? Soupirant, elle se dit qu'elle pourrait nettoyer au cours de la nuit, même si elle savait que son ami lui en voudrait énormément. Puis, elle laissa Théo qui se dirigeait non sans se cogner contre les murs vers sa chambre et y entra sans prendre la peine de fermer la porte. De son côté, Anju aida Kafei à rejoindre le divan afin qu'il y dorme.
« Anju, chantonna l'homme aux cheveux mauves, tu es trooooop belle !
— Ce n'est pas le moment. C'est l'heure de dormir.
— Tu dors avec moi ?
— Arrête de dire des bêtises, le rouspéta-t-elle en rougissant.
— Mais ce n'est pas une bêtise ! Rétorqua-t-il d'une voix enfantine. Je veux dormir avec toi. Je suis sûre que tu as la peau toute douce et que je m'endormirai facilement dans tes bras.
— Kafei, ça suffit… » Soupira-t-elle en le lâchant.
Il tomba assis sur le meuble moelleux et la fixa avec un grand sourire sur les lèvres. Anju voulut l'aider à se coucher mais le jeune homme en profita pour l'attraper par le bras et l'approcher de lui, avant de poser ses lèvres sur les siennes. Anju en fut tellement surprise qu'elle ne réagit pas tout de suite. Puis, lorsqu'elle réagit enfin, elle répondit au baiser, oubliant tout ce qui l'entourait. Elle avait toujours rêvé de cet instant où Kafei la remarquerait enfin et l'embrasserait. Dans ses rêves, cela avait toujours été romantique. Certes, cela se passait chez Théo, au milieu du bazar mais cela ne l'empêcha pas d'apprécier l'instant.
Jusqu'à ce que l'image nette de Cremia lui vint en mémoire. Alors elle reprit ses esprits et repoussa son meilleur ami rapidement avant de fuir. Elle quitta la maison en toute hâte et laissa ses pas la porter. Qu'avait-elle fait ? Elle avait trahis Cremia et profité de son absence pour se rapprocher de Kafei. Jamais la rousse ne lui pardonnerait et jamais Anju ne se pardonnerait. Elle avait brisé sa promesse et c'était la pire chose qu'elle avait fait jusqu'à maintenant.
La jeune femme arriva devant la maison du Maire, non loin de l'auberge. Sachant qu'elle ne pourrait pas rentrer chez elle, elle décida d'emprunter la petite ruelle qui menait à l'Observatoire. Lorsqu'elle arriva dans le souterrain, elle fit de son mieux pour passer de plateforme en plateforme mais tomba dans l'eau lorsqu'elle voulut aller sur la dernière, trempant tout le bas de sa robe. Enfin, elle arriva dans le bâtiment et croisa le vieil homme qui nourrissait ses chats.
« Tiens, Anju. Que me vaut l'honneur de ta visite ? »
Elle ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois de suite, lui donnant l'air d'un poisson. Sa vue se brouilla et, sans un mot, les larmes se mirent à couler sur ses joues. L'homme fronça les sourcils mais ne dit rien et la réconforta du mieux qu'il le put. Lorsqu'elle arrêta enfin de pleurer, elle raconta toute l'histoire. L'Observateur l'écouta sans broncher et, lorsqu'elle eut finit, il commenta enfin :
« Vous êtes tous les deux des idiots aveugles.
— Des idiots aveugles ?
— Tu sais très bien ce que je veux dire. Au fond de toi, tu sais pourquoi Kafei a réagi ainsi avec Pierre et pourquoi il t'a embrassé tout à l'heure.
— Il avait bu. Ce n'était pas conscient.
— Vraiment ? Et si son subconscient avait décidé de se manifester pour vous faire comprendre quelque chose ? Ou bien le Pendentif agit-il déjà ?
— Les histoires sur ce pendentif sont idiotes… » Murmura-t-elle.
L'histoire des âmes sœurs réunies grâces à ce pendentif n'était probablement qu'une invention de la part de la vieille femme et l'Observateur tombait dans son piège. Le vieil homme massa sa moustache d'un air pensif avant de déclarer :
« Si tu le dis. En tout cas, si tu veux passer la nuit ici, tu le peux. »
Anju le remercia. Elle passerait donc la nuit à l'Observatoire et dès qu'elle le pourrait, elle quitterait Bourg Clocher.
Elle avait quelque chose d'important à faire.
Lorsque Kafei se réveilla, il râla. Il avait mal à la tête et, encore à moitié endormi, il n'arrivait pas à déterminer l'endroit où il se trouvait. Ce ne fut que lorsqu'il reprit ses esprits qu'il se souvint des événements de la veille. Le Laktoz, les verres de Château Romani but, le chemin jusque chez Théo et…
Ses yeux s'écarquillèrent d'effroi au souvenir de ce qu'il avait dit et fait à Anju. Alors il se leva vivement et quitta aussi la maison du vendeur aussi vite qu'il le put. Il prit la direction de l'auberge et, lorsqu'il y arriva, il entra en trombe et demanda sans même saluer :
« Est-ce qu'Anju est ici ? »
Il se récolta un regard de la part de la mère de la jeune femme qui ne répondit pas et l'ignora superbement. Ce fut la grand-mère, qui était assise non loin du comptoir et tricotait, qui lui répondit :
« Elle est passée en coup de vent récupérer des affaires et a dit qu'elle devait quitter la ville pour un petit moment. »
L'homme aux cheveux mauves la remercia et quitta rapidement l'auberge, ignorant le « vaurien » lancé par la gérante de l'auberge. Anju avait quitté la ville, il n'en revenait pas. L'extérieur de Bourg Clocher était dangereux et il était sûr que la jeune femme avait dû demander à son père un ou deux chevaliers pour l'accompagner. Il entra rapidement dans la Mairie et, fort heureusement pour lui, son père passait par là, bras derrière le dos.
« Papa !
— Ah, Kafei ! Alors, cette soirée ?
— Dis, Anju est venue te demander des chevaliers pour quitter la ville, non ? Tu sais où elle va ? Lui demanda-t-il rapidement.
— Anju ? Hm… Non, je n'ai pas souvenir de l'avoir vu, pourquoi ? »
Anju n'était pas venue le voir ? Elle n'avait tout de même pas quitté la ville seule !?
« Maintenant que j'y pense, murmura le Maire Dotour en pleine réflexion, le capitaine Viscen m'a demandé l'autorisation de quitter la ville. Peut-être Anju l'a-t-elle suivi ?
— Est-ce que tu sais où Viscen allait ? Interrogea son fils avec une lueur d'espoir dans le regard.
— Je suis désolé, Kafei, mais il ne m'a rien dit. »
Kafei soupira et le remercia avant d'aller dans sa chambre et de s'asseoir sur son lit. Anju avait quitté la ville et il ne savait pas où elle était partie. La seule chose qu'il pouvait faire, maintenant, c'était attendre son retour afin de pouvoir lui parler…
