phenix20 : merci, moi aussi j'étais content quand je l'ai trouvée
Mystical : au moins, on sait déjà qui est le méchant de l'épisode
Lunenoire : Oui, déjà
Philippe Gryffondor : la première fois, j'aurais pas cru qu'il arrive si tôt.
Ryan : merci Mary Cooper : A y est, c'est lundi. mais bon, si vous préférez vraiment que je publie les chapitres en entier à chaque fois, je peux le faire, une fois tous les quinze jous environ...
Elava : Tu n'as que quelques jours à attendre pour avoir la suite. Quand cela avait du sortir la première fois, il avait dû s'écouler deux semaines. c'était pire, non?

Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour le troisième chapitre de...

Harry Potter et le temps des bonnes intentions


(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Chapitre Trois


Le dernière tentation


Harry fixait le sorcier, artificiellement grand et maigre, ses yeux rouges inquiétants et son étrange nez plat. La main de Harry tenait sa baguette trop serrée, lui faisant mal aux jointures. Il pensa à toutes les familles qui avaient été blessées par ce monstre : les Bell, les Deauclaire, les Flint, les Londubat…


Les Potter


Sa main tremblait. C'est juste lui ou moi, pensa-t-il. D'une manière ou d'une autre, il a … Il a arrêté le temps. Harry essaya de regarder autour sans enlever ses yeux de Voldemort. Encore aucun mouvement de personne. Il regarda encore le mage noir, la gorge serrée.


« Qu'avez-vous fait ? » demanda-t-il, essayant d'avoir l'air plus énervé que terrifié. « Pourquoi est-ce qu'ils ne bougent pas ? »


Un sourire, ou ce qui pouvait passer pour. Harry pensa qu'il allait être malade, en le regardant.


« Ils bougent, Harry. Mais nous bougeons bien plus vite, alors pour nous, ils semblent être immobiles. »


Harry fronça les sourcils, baissant sa baguette. « Quoi ? »


« Personne ne peut arrêter le temps, Harry. On peut toutefois utiliser la magie pour bouger très, très vite. J'ai invoqué le sort de Tempus Fugit juste sur nous deux, afin que nous puissions avoir une conversation ici en privé, dans l'espace infinitésimal entre deux millisecondes… »


« L'espace entre deux millisecondes ? Mais… »


« Harry. Tu es un jeune sorcier très talentueux, je te le concède. Mais il y a tant de choses que tu n'as pas apprises ces cinq dernières années. Il y a des choses que tu n'apprendras pas ces deux prochaines années. J'ai passé beaucoup d'années en recherche avant de perdre mon corps, et j'ai passé une bonne quantité de temps à faire de la recherche depuis que je l'ai retrouvé. Crois-moi quand je dis que j'en sais bien plus que toi sur ces choses. »


Harry fixait maintenant une femme, qui en temps normal, passerait brusquement, tirant derrière elle un sac noir oblong avec des petites roues intégrées et une poignée extensible, qui rendaient inutiles les chariots. Le talon de son pied devant elle apparaissait être à un pouce du sol, son bras libre était pris en plein milieu de son balancement. Harry regarda son pied, voulant qu'il arrive et qu'il touche le sol, même très lentement. Mais elle semblait être une sculpture très réaliste, son pied à jamais prêt à se poser sur le sol, ses yeux pris en plein milieu d'un clignement…


« A quelle vitesse bougeons nous ? » voulut savoir Harry.


Voldemort eut l'air pensif. « Bien, si c'était possible de faire durer ce sort cinquante ans, ce qui ne l'est pas, et que tu vives vraiment à cette vitesse pour ce qui te semblerait cinquante ans, après ce temps… » Il montra du doigt la femme que Harry avait regardée. « … son pied n'aurait pas encore touché le sol. »


Harry déglutit. Est-ce ce qu'il va faire ? Laisser Harry bouger à cette vitesse, puis finalement terminer le sort, avec pour résultat que les gens verraient soudain un Harry Potter de trente ou quarante ans à l'endroit où se tenait un Harry de seize ans l'instant d'avant ? S'il le faisait à plusieurs reprises, il pourrait transformer Harry en un vieillard en peu de temps… sauf que cela ne semblerait pas peu de temps pour Harry…


« Vous avez dit que vous vouliez avoir une conversation » dit Harry, pointant à nouveau sa baguette vers l'homme, essayant d'avoir un ton autoritaire. Il espérait que ce n'était pas trop évident qu'il tremblait beaucoup.


« Tu n'as pas très bien dormi, n'est-ce pas Harry ? A quand remonte ta dernière bonne nuit ? »


Harry ignora cela. Sa respiration était pénible et ses yeux étaient légèrement dans le flou. « Que diable voulez-vous me dire ? »


Voldemort le regarda calmement et sortit sa baguette. Il la pointa vers le bras droit de Harry. « Baisse ta baguette, Harry. Tu sais que nous ne pouvons pas nous battre. J'ai découvert pourquoi. J'ai envoyé un de mes serviteurs chez cet Ollivander… »


« Vous n'avez pas blessé Mr Ollivander, n'est-ce pas ? » Harry sentait la colère pulser en lui à l'idée que Mr Ollivander ait souffert à cause de lui.


« Pas du tout. Il a vu la… sagesse, dirons-nous, de partager librement l'information que serviteur demandait. Savais-tu que nos baguettes étaient sœurs ? »


« Oui » ricana Harry. « Je le sais depuis que j'ai onze ans. »


Voldemort acquiesça. « Ah. Ainsi tu es venu à notre petite rencontre de l'an dernier en sachant quelque chose que je ne savais pas. Intéressant. Bien, c'est exactement ce dont je voulais te parler. Nos baguettes sont sœurs. J'ai regardé quelques choses très spéciales qui peuvent être faites ensemble par deux sorciers dont les baguettes sont sœurs. »


« Ensemble ? Pourquoi est-ce que je voudrais faire quoique ce soit avec vous ? »


« Ah, je suis content que tu me poses cette question, Harry. Comme tu peux l'imaginer, j'ai une réponse pour toi. Il y a de nombreux sorts, que tu n'apprendras pas à l'école, et qui ont été créés pour être exécutés par deux sorciers ou plus. Plus leurs baguettes sont compatibles, plus le sort est puissant. Si un sort en tandem était lancé par, disons, deux baguettes avec un poil de licorne dans leur cœur, il serait probablement bien plus couronné de succès que si, disons, une baguette avait un poil de licorne, et une autre un nerf de dragon. »


« Si en plus d'avoir des cœurs compatibles, la source du cœur des baguettes est identique, la même licorne, par exemple, ou le même dragon, ou, en ce qui nous concerne, le même phénix, … La puissance et la magnitude du sort sont multipliées par mille, peut-être même plus. »


Harry essaya de rester concentré. Il tenait sa baguette levée et dirigée vers la haute silhouette, mais il commençait à sentir le doute ramper dans son cerveau. Et s'il était juste sujet à une hallucination ? Il souffrait d'insomnie depuis si longtemps, qu'il pouvait croire qu'il avait commencé à rêver éveillé. Quoi d'autre pouvait expliquer cela ? Cela ne pouvait simplement pas être réel…


Mais il se secoua et fixa encore Voldemort. « J'ai déjà demandé pourquoi vous pensiez que je voudrais faire quoique ce soit avec vous ? Je sais que vous voulez absorber mon pouvoir, étant donné que vous êtes tellement plus faible qu'avant. Pensez-vous que je vais tomber pour cela ? »


Un autre sourire énervant et pas naturel. « Il n'y a rien pour quoi tomber, Harry. J'ai vu que tu es capable de faire d'un ancien ennemi un allié, si ce vieil ennemi travaille dans le même but que toi. »


« Nous n'avons pas les mêmes buts ! » cria Harry, sentant son cœur battre dans ses oreilles.


« Oh, mais si Harry, certainement que si. J'ai eu du temps pour y penser l'an dernier, en plus de rechercher les baguettes sœurs. Il y a quelque chose que j'ai fait dans le passé que je regrette profondément, et je sais que toi aussi. Quelque chose que je souhaiterais défaire. Et avec ton aide, je le peux. En usant nos deux baguettes en tandem… »


« De quoi parlez-vous ? Je ne veux rien que vous vouliez ! »


Il y eut une pause inquiétante avant que le sorcier âgé dise doucement. « Je ne suis pas d'accord. » Il rétrécit la fente de ses yeux, scrutant de près Harry. « Est-ce que tu me dis que tu ne veux pas que ta mère soit vivante ? Parce que j'avais vraiment l'impression que c'était le cas. »


« Ma mère… ? » dit Harry dans un souffle, ne comprenant pas.


« Me dis-tu qu'à chaque fois où tu as regardé dans le miroir du Rised, tu t'es vu tenant la pierre que Flamel avait crée ? Parce que je trouve cela dur à croire. Il semblait à Quirrell, et à moi, tout aussi débile que j'étais à ce moment là, que tu avais vu le miroir avant, que tu savais exactement comment il marchait. Dis-moi Harry, la première fois que tu as regardé dans le miroir, qu'as-tu vu ? »


Harry déglutit, se souvenant de la première fois où il avait vu le miroir, alors qu'il rôdait dans le château sous sa cape d'invisibilité au milieu de la nuit. Il n'avait jamais vu son père et sa mère avant, et leurs parents, et les parents de leurs parents… Harry n'était même pas sûr de qui était certaines personnes dans le miroir. Hagrid ne lui avait pas encore donné l'album photo qui était maintenant logé au fond de sa malle, et il avait simplement fixé et contemplé, ne comprenant pas ce qu'il voyait…


« Je pense que vous savez ce que j'ai vu. J'ai vu ma famille. Vous me les avez enlevé. Êtes-vous venu ici pour vous moquer ? »


« Pas du tout, Harry. J'ai beaucoup pensé à tes parents l'an passé. Je pense qu'il serait juste de dire que si j'avais encore à le faire… je ne le ferais pas. Mais cela ne signifie pas grand chose. Nous devons tous les deux vouloir que cela soit différent… »


Harry fronça les sourcils. « De quoi parlez-vous ? » Est-ce que Voldemort avait vraiment dit que si c'était à refaire, il ne tuerait pas son père et sa mère ? « Vous ne pouvez pas ressusciter les morts. Personne ne peut. »


« Qu'est-ce qui te fait dire cela ? Cela a un nom, n'est-ce pas ? La Nécromancie. De la magie noire, certes, mais néanmoins de la magie. Je ne connais personnellement personne ayant réussi, mais alors, pendant des années, l'alchimie a été décriée… et cependant, Nicolas Flamel a atteint le sommet dans ce domaine, n'est-ce pas ? Il suffit d'un seul. Mais je ne te propose pas que nous nous mêlions de nécromancie aujourd'hui, Harry. C'est trop chargé d'incertitudes. » Le grand sorcier agita les doigts fins de sa main gauche. « Regarde autour de toi. Tu peux voir que je sais beaucoup de choses sur les sorts qui peuvent manipuler le temps. Crois-tu que celui-ci est le seul qui existe ? »


« Bien sûr que non. J'ai déjà voyagé dans le temps moi-même. » éructa-t-il avant d'avoir pu s'arrêter. « Et je sais que vous ne pouvez pas changer le passé… »


Il eut l'air très intéressé par ce que Harry avait dit. « Tu es retourné dans le temps ? De combien ? Quel sort as-tu utilisé ? »


« Ce n'était pas un sort. Je suis revenu en arrière de quelques heures et utilisant un retourneur de temps, et Dumbledore a dit… »


Voldemort eut l'air dégoûté, comme s'il allait cracher. « Un retourneur de temps ! Un simple jouet ! Et pour cet imbécile de Dumbledore… »


« Ne parlez pas comme cela de Dumbledore ! N'osez plus dire son nom ! » cria Harry, tremblant, essayant de garder sa baguette pointée sur Voldemort malgré ses nerfs à vif. Si fatigué…


« Tu voudrais continuer à défendre ce vieil imbécile sénile quand il te ment et te fait croire que tes parents sont perdus à jamais ? » Harry remarqua qu'il faisait maintenant moins d'efforts pour être conciliant. D'une certaine façon, il était content. Cela semblait totalement artificiel à la personnalité de Voldemort. « C'est vrai que l'on ne peut pas changer le passé, spécialement avec un jouet comme un retourneur de temps… Mais alors que le passé ne peut pas être changé… Le futur peut l'être. A n'importe quel point du temps, il y a une infinité de futurs possibles devant nous… Un retourneur de temps revient à ton point de départ, et ainsi, tu ne peux rien faire qui t'amènerait sur une autre ligne de temps, à un autre point de départ. C'est très limité. Mais pour créer un nouveau futur… il y a un sort que j'ai trouvé, un sort qui requiert deux sorciers… » Harry avait son cœur dans sa gorge. Il sentait le sang battre dans sa tête. Pouvait-il dire la vérité ? Y avait-il vraiment un moyen de changer les événements passés… ou était-ce ceux du futur ? « Il y a une condition spéciale pour ce sort, Harry. Les deux sorciers doivent partager un lien très particulier. L'un d'eux doit avoir été lésé par l'autre. En effectuant ce sort, les deux sorciers doivent souhaiter de tout leur être que le mal fait soit rectifié… »


« Vous dites que vous voulez défaire la mort de mes parents ? Vous pensez que je vais croire cela ? »


« Bien, pour être complètement honnête, Harry, nous ne pouvons pas défaire plus d'une mauvaise chose. Tuer ta mère et ton père en font deux. Tu vas devoir choisir laquelle des deux corriger… »


« Quoi ? Vous me dites que vous regrettez avoir tué mes parents, que cela peut être défait… mais que je dois choisir l'un d'eux ? Vous êtes malade… »


« Pas du tout, Harry. Je n'ai pas créé ce sort. Il y a des limitations à ces choses. Mais si tu as des difficultés à te décider, je pourrais peut-être t'aider… Si tu choisis de défaire la mort de ta mère, tu pourras en fait sauver deux vies… »


Harry fronça les sourcils, gardant sa baguette en position « Cela n'a aucun sens. Mais bon, pourquoi est-ce que cela devrait commencer maintenant à en avoir ? Rien de ce que vous avez dit n'a de sens. »


Voldemort se pencha en avant, parlant plus doucement. « Un de mes serviteurs a découvert quelque chose d'assez intéressant dans les registres nécrologiques de Ste Mangouste. Quand le corps de ta mère a été examiné après sa mort… »


« Après que vous l'ayez assassiné, vous voulez dire ! » ironisa Harry.


Voldemort inclina sa tête avec déférence, faisant se tendre Harry. « Vrai. J'ai assassiné ta mère. Et, à ce qu'il semble… ta sœur. »


« Ma sœur ? »


« C'est ce que le registre de l'hôpital dit. Je l'ai vu moi-même. L'enfant serait né en mars 1982… »


Une sœur ? hurlait son cerveau. Voldemort avait tué sa mère et sa sœur alors qu'elle n'était même pas née…


Il fixa le mage noir, se sentant plus suspicieux que jamais. Il regarda comme il mettait sa main gauche dans la poche de sa robe et la retira, tenant un petit objet en cuivre aussi gros que la main de Harry.


« Tiens, Harry. Tu auras besoin de cela avant que nous puissions procéder. » Il lança l'objet à Harry.


« Hey ! » cria-t-il comme il l'attrapait adroitement avec sa main gauche. « Je n'ai jamais dit… »


Mais Voldemort était parti. L'endroit où il s'était tenu l'instant d'avant était vide. Harry entendit quelque chose et fut surpris. Il n'avait pas réalisé à quel point cela avait été silencieux quand il était dans le sort de Tempus Fugit. Maintenant il bougeait à nouveau à la même vitesse que le reste du monde. Les gens marchaient entre les quais et le parking. Un train arrivait sur le quai neuf, les passagers s'écoulaient par les portes ouvertes tandis que les gens attendant d'embarquer se tenaient à côté, impatients, l'anxiété visible sur leur visage de ne pas arriver à grimper avant que les portes ne se referment.


Sa tête tournant encore de son étrange rencontre avec Voldemort, Harry avait maintenant un moment de panique plus terre à terre. Il devait rejoindre la plate-forme Neuf Trois-Quart avant de manquer le Poudlard Express. Et il devait dire à Bill, Mr et Mrs Weasley ce qui venait de se produire. Quelle heure était-il ? Puis il baissa les yeux et vit que l'objet que lui avait lancé Voldemort était un réveil. C'était un vieux modèle de réveil à ressort. Il y avait deux cloches sur le dessus reliées par une autre pièce de laiton qui ressemblait à une poignée. Il y avait un marteau entre les deux cloches, sensé les frapper rapidement quand le réveil affichait l'heure pour laquelle le réveil était choisi. Selon le réveil, il était dix heures quarante-quatre. Harry vérifia sa montre. Le réveil était à l'heure, si l'on considérait que sa montre marchait encore normalement, après avoir été dans cet espace entre deux millisecondes avec Voldemort…


Il regarda encore le petit réveil de laiton. L'alarme était programmée pour dix heures quarante-cinq. Harry fronça les sourcils, regardant la grande aiguille bouger jusqu'au neuf, sentant un mauvais pressentiment au moment où le marteau commença à frapper les cloches, produisant une sonnerie aiguë. Il réalisa trop tard qu'il n'aurait pas dû continuer à tenir le réveil, mais avant qu'il ne puisse le lâcher, il sentit ce crochet derrière son nombril, tirant son corps dans un oubli obscur, où il dégringolait sans dessus-dessous, son cerveau endormi et pourri criant idiot, idiot, idiot. Il aurait dû savoir qu'il ne devait rien toucher de ce que Voldemort lui donnait, spécialement après le Tournoi des Trois Sorciers…


Harry grogna comme il atterrit douloureusement, le réveil encore serré dans sa main gauche, sa baguette dans sa main droite. Il trébucha mais se redressa rapidement, se sentant d'une manière ou d'une autre plus vif et alerte dans son état de manque de sommeil, que lorsqu'il était bien reposé. Il regarda autour de lui, se demandant où il était, et en même temps, sachant, sachant exactement où il était…


L'herbe sur les collines était si verte qu'elle faisait presque mal aux yeux. Le ciel était bleu azur, avec des nuages blancs dispersés, comme des moutons paissant. Le temps était bien plus agréable au Pays de Galles (car il était certain que c'était là qu'il était) qu'il ne l'était en Londres en ce premier septembre. Est-ce encore le premier septembre ? pensa-t-il, incertain. Est-ce que le réveil portauloin l'avait pris à travers le temps et l'espace, ou juste l'espace ? Une brise légère agita les cheveux de Harry. Il regarda autour de lui avec appréhension. Voldemort n'était nulle part en vue. Il regarda en bas, dans la vallée. Était-il encore là ? se demanda-t-il. Toutes ses pensées d'aller à l'école s'étaient échappées de son esprit. Diable, pensa-t-il, je pourrai toujours attendre qu'il fasse nuit et voler de moi-même, en griffon d'or…


Dans le même temps, il se sentait inexorablement attiré vers la vallée. Il était à peine capable de se retenir de courir. Il aurait tellement plus de liberté cette fois. Quand lui et Hermione avaient été dans la pensine de Rogue, ils avaient été limités en ne voyant que ce que Rogue avait vu la nuit où ses parents étaient morts.


Il se rapprocha de plus en plus de ce qu'il croyait être un bouquet d'arbres. Quand il ne fut plus qu'à trente pieds, il pu voir qu'il n'y avait que deux arbres, dans le jardin de devant, exactement comme il s'en souvenait. Sur les ruines de la petite maison, la clôture, la porte du jardin, et autour des troncs des arbres, une vigne vierge insidieuse avait poussé, couvrant tout avec d'un étrange linceul de feuilles vertes. C'était comme si une sculpture végétale avait été faite par un aveugle, ou un artiste moderne, peut-être.


Ses yeux humides, Harry s'avança jusqu'à la porte. Il ne pouvait pas l'ouvrir. Les lianes étaient trop massivement regroupées. Il bondit légèrement par-dessus, atterrissant dans une végétation qui lui arrivait au tibia. Il devait soulever avec soin chaque pied de la mer verte pour avancer vers la maison en évitant de s'emmêler ou de trébucher.


Il s'arrêta quand il atteignit la grande pierre plate qui formait la marche devant la porte de devant, ou ce qui l'avait autrefois été. Le linteau en haut du cadre de la porte s'était effondré. Les montants étaient encore debout, un légèrement de travers, les deux recouverts de vigne vierge. Il enjamba le linteau effondré, entre les montants, entrant dans la maison pour la première fois depuis presque quinze ans.


A sa gauche, il pouvait voir les restes de la cheminée de pierre, dévorée par les vignes vierges. Il pouvait même voir le cadre de bois de ce qui avait été le sofa flanquant le foyer, où il avait vu sa mère et Rogue s'asseoir et se disputer, tandis qu'il avait été un bébé oublieux, essayant de jouer avec les boucles d'oreilles de sa mère, n'ayant aucune idée de la nature vitale de la conversation.


Il devait lever très haut ses pieds maintenant. Les herbes folles montaient plus haut que le genou. Il traversa ce qui avait été le salon en direction de la cuisine. Il traversa la nurserie sur le passage et essaya de ne pas remarquer qu'une grosse poutre de bois s'était effondrée sur ce qui avait été son berceau.


Dans la cuisine, la solide table en bois au centre de la pièce était encore en place. Il pensa voir quelque chose de bleu et il mit de côté quelques lianes sur le dessus de la table, trouvant une théière avec un motif de saule, parfaitement conservée sous sa couverture de vert. Harry la prit, une boule dans sa gorge comme il la faisait tourner, s'imaginant sa mère versant le thé. Inventait-il simplement ce souvenir ? Était-il original ou était-ce quelque combinaison d'être ici maintenant et d'avoir vu la maison dans la pensine, des mois avant la mort de ses parents ?


Il y avait un buffet gallois sur sa gauche. Il fit un pas de côté vers lui, écartant les frondaisons du chemin, révélant d'autres porcelaines avec le motif de saule. Des tasses et des soucoupes, des assiettes avec des coulées collantes en travers. Et là, logé au milieu de la végétation et des porcelaines brisées, un cadre d'argent terni, avec un verre craquelé encore dessus. Malgré les fissures, il pouvait encore voir l'image.


C'était sa mère, le tenant sur ses cuisses quand il était bébé. Il avait la même photo dans l'album que Hagrid lui avait donné. Il traça le contour de son visage avec son doigt, voyageant au-dessus de plusieurs fissures du verre en faisant cela.


« Harry. »


Il leva les yeux, sa seule surprise provenant du fait qu'il n'était pas surpris du tout que Voldemort soit ici maintenant. Sûrement, pensa Harry, il ne m'a pas amené ici pour rien. Il savait, au plus profond de lui, que c'était inévitable que le mage noir soit ici aussi. Et s'ils ne pouvaient pas se battre en duel, qu'allait-il se passer ensuite ? Qu'allait faire Voldemort pour avoir ce qu'il voulait, le pouvoir de Harry, ou même Harry en fidèle serviteur, en Mangemort ?


Il se tourna pour encore lui faire face, essayant de garder son visage impassible. Voldemort se tenait en dehors de la maison, bien que Harry n'ait aucun problème à le voir à cause des murs effondrés. « Que voulez-vous ? » demanda-t-il aussi calmement que cela lui était possible. Nerfs d'acier, Potter, se dit-il. Nerfs d'acier.


« De ce que j'ai compris, Harry, quand tu as pensé que tes amis étaient en danger, tu t'es porté volontaire pour être un Mangemort. Queudver me l'a dit. » Harry le regarda, impassible. « De ce que j'ai aussi compris, » continua-t-il, « tu es devenu un animagus. Un lion pour être précis. Tu as mis une sacrée frousse à ce pauvre vieux Queudver, en le poursuivant à travers la forêt… » Harry le regardait encore, ne changeant pas d'expression, ou plutôt, n'ayant aucune expression du tout. Il essaya de ne pas sourire à la supposition que Queudver avait faite. Il n'avait aucune idée que Harry était en fait un animagus griffon d'or. Puis il trouva facile de ne pas sourire quand il se souvint du rêve où il avait vu Voldemort et son héritier lancer le sort de Cruciatus sur un lion en cage… Oserait-il lui poser une question sur l'héritier ? Pas encore, décida-t-il. Pas encore.


Il posa le réveil portauloin sur le buffet, mais il tenait encore fermement sa baguette dans sa main droite. Il déglutit, s'assurant que ces yeux ne quittaient pas l'autre sorcier, prêt à plonger ou à esquiver un sort ou un maléfice, ou prêt à contrer un sort avec sa propre baguette, faisant peut-être réapparaître cette toile de lumière, et le son de la chanson du phénix…


Voldemort continua à parler. « … ce qui me fait penser que tu es plus loyal et aussi plus talentueux que ce que je croyais. Loyal, bien sûr, à ceux avec qui tu sens une parenté, un lien. Cela m'a seulement convaincu encore plus de ta valeur pour moi. » Il rit de ce rire horrible et terrifiant. « Comme j'aurais souhaité voir Queudver s'enfuir devant toi … »


Harry se retrouva à se rappeler de la course folle à travers la forêt interdite, culminant lorsqu'il avait été jeté contre un arbre par le géant Orst. Si seulement il avait attrapé Queudver… Sirius aurait pu être blanchi. Et Voldemort n'aurait pas su qu'il était un Animagus…


« Cependant » poursuivit le grand sorcier, « Je pense que Lucius a très mal mené ses affaires de recrutement. Oui, il était habitué à utiliser ces méthodes avant même que tes parents ne meurent, et même pour la vie de son fils. C'était ce dont il avait l'habitude… et regarde où cela l'a conduit. Est-ce que son fils a senti que sa dernière loyauté devait être pour son père ? A-t-il fait ce qu'on lui avait dit ? Non, il ne l'a pas fait. Il s'est retourné contre son père et a aidé à le mettre en prison. Et même si nous avons intégré quelques nouvelles recrues, spécialement après que quelques unes aient mal tournées… Je ne peux m'empêcher de penser quel gâchis étaient les autres. Si seulement, nous leur avions donné quelque incitation, ai-je souvent pensé depuis. Quelque chose de désirable avec quoi les tenter…


« J'ai eu le privilège de pouvoir apprendre des erreurs de Malfoy, Harry. Je comprends maintenant que toi, en particulier, doit être courtisé, pas menacé. J'ai besoin de te convaincre que je peux faire pour toi bien plus que Albus Dumbledore. Est-ce que Dumbledore t'a jamais offert de rester avec les familles de tes amis durant les vacances, au lieu de ces horribles moldus qui te haïssent, et que tu hais aussi ? »


« Il l'aurait fait s'il n'avait pas eu à se soucier que vous en ayez après moi… » grommela Harry. Il fut totalement ignoré.


« Et qui t'a laissé avec eux pour commencer ? Je devine que c'est aussi Dumbledore. »


« Ce qu'il n'aurait pas eu besoin de faire si vous n'aviez pas fait de moi un orphelin ! » rétorqua Harry, la mâchoire serrée, essayant d'exercer encore un strict self-contrôle. Voldemort ignora cette explosion.


« A-t-il une seule fois intercédé en ta faveur avec le professeur que tu détestes le plus ? Je pense que tu sais de qui je parle. A-t-il giflé ce chiot, le fils de Malfoy ? Oh, maintenant c'est plutôt un garçon en or, mais avant cela, il n'était rien sinon une épine dans ton pied, n'est-ce pas ? »


Harry était à court de contre arguments. Ces dernières choses qu'il avait dites étaient assez vraies, même si Rogue n'était pas si mauvais, avait-il décidé l'an dernier. Il dut se mordre la langue pour éviter de lui demander ce qu'il avait fait au maître des potions, où il le détenait, ou comment il l'avait tué…


« Dumbledore t'a laissé me faire face tout seul quand tu n'avais même pas douze ans. Il n'avait aucune idée que mon loyal serviteur s'est déguisé en Maugrey pendant presque toute une année. Croupton a voulu t'amener à moi plus tôt qu'à la fin du Tournoi. Il avait trouvé comment faire un portauloin qui t'amènerait à la tombe de mon père bien des mois avant. Mais Queudver recherchait encore les autres ingrédients pour la potion pour me réincarner, et l'accomplissement du sort que nous allions lancer pour me rendre mon corps devait être minuté avec soin… Le meilleur moment pour cela était près du solstice d'été, et quand nous avons découvert que la troisième tâche était juste trois jours après le solstice, cela semblait trop merveilleux d'utiliser la coupe comme un portauloin…Tu arriverais ravi de ta victoire, ne sachant pas que Croupton t'avait aidé, ne sachant pas ce qu'il y avait dans la boutique pour toi… »


« Je ne peux pas être acheté. » énonça Harry sans inflexion. Il foudroyait Voldemort, se battant pour maintenir sa composition. En plus de d'avoir rétorqué quand il avait mentionné sa vie avec les Dursley, il s'était presque effondré quand l'autre sorcier avait ri à la pensée de Harry pourchassant Queudver dans la forêt. Si ce n'était le fait qu'il ne l'avait pas attrapé, Harry aurait aussi été tenté de rire à l'image mentale. Voldemort le regardait maintenant.


« Je n'attends rien, Harry. Et tu n'as même pas à accepter ce que je te propose. Si tu ne souhaites rien changer au passé, ne pas créer un nouveau futur, tu peux juste regarder les événements tels qu'ils se sont déroulés pour la première fois, regarder ta mère, et ta sœur, mourir pour sauver ta vie. Après cela, tu te retrouveras simplement de retour à la gare comme si rien n'était arrivé. Tu prendras le train jusqu'à l'école, et tu n'entendras plus parler de moi pendant un moment… »


« Pendant un moment ? »


« Bien, j'entends pleinement faire quelque chose pour toi. Sûrement qu'il y a quelque chose que je peux faire, quelque chose qui te montrerait les bénéfices d'être avec moi, plutôt que Dumbledore. Si nous ne trouvons pas ce quelque chose aujourd'hui, je suis sûr que nous le trouverons une autre fois. Et même si tu acceptes mon cadeau aujourd'hui, cela ne t'obligera pas à me le rendre et à me donner ce que je veux. Je sens que si toi, parmi tous, tu choisis de me joindre, ce doit être complètement volontairement. Cela aurait tellement plus de signification. Mot intéressant, volontairement. Cela signifie de ta propre volonté, de ce que tu veux… tes propres intentions étant de la plus haute importance, pas celles des autres… »


« Je sais ce que cela veut dire » dit Harry, essayant sans succès d'ôter un grognement de sa voix. Il n'aimait pas quand son oncle lui parlait comme cela, et il n'aimait pas non plus que Voldemort fasse pareil.


« S'il-te-plait, essaye, Harry. » Voldemort lui avait dit s'il-te-plait ! « Comme j'ai dit, tu n'as pas à te décider maintenant. Laisse-moi t'expliquer comme cela marche. Nous allons mettre les bouts de nos baguettes ensemble, et dire ensemble 'Tempus bonae voluntatis'. Pendant que nous ferons cela, je penserai à quel point je ne voudrais rien de mieux que de ne pas avoir tué ta mère, et tu penseras aussi à quel point tu ne voudrais rien de mieux que ce que je n'ai pas tué ta mère. Nous devons tous les deux vouloir cela, ou cela ne marchera pas. Cela ne te met aucune obligation envers moi. Tu as ma parole. Veux-tu au moins essayer ? »


Il avait l'air étrange pour Harry, presque suppliant et encourageant. Harry fronça les sourcils, puis baissa les yeux vers la photo de sa mère, son visage ayant l'air étrange à travers le verre brisé. Il pensa à Dumbledore et à ce qu'il dirait d'un tel sort. Serait-ce possible ? Est-ce que Dumbledore lui avait dit qu'il ne pouvait pas changer le passé parce que cela ne pouvait vraiment pas être fait, ou parce qu'il pensait que cela ne devait pas être fait ?


Harry s'avança vers Voldemort, enjambant les pierres tombées recouvertes de mousse là où s'était autrefois tenu le mur de derrière de la cuisine. Il vint très près de lui, essayant de ne pas trembler. « Pourquoi devrais-je vous faire confiance ? » dit-il doucement, à travers la fente de ses yeux. Le mage noir inclina sa tête narquoisement et haussa les sourcils.


« Comme cela m'aurait été facile de te tuer à la gare. Ou de tuer tes amis ? Je pourrais t'avoir amené ici et t'avoir lancé le sort de Cruciatus dessus jusqu'à ce que ton cerveau coule par tes oreilles. Mais je ne l'ai pas fait. Comme je l'ai dit, j'ai appris des erreurs de Malfoy. Malgré la poignée de recrues que ses méthodes nous ont rapportées, je pense que c'est vrai que… comment dit-on déjà ? Que l'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. Je pense que tu vas trouver que j'ai seulement tes meilleurs intérêts à cœur ici, Harry. Pourquoi devrais-tu me faire confiance ? Parce que nous avons parlé tout ce temps, à la fois ici et à la gare, et tu es encore vivant pour me parler. C'est ce pourquoi tu devrais me faire confiance. »


Harry garda ses yeux ouverts à l'état de fente, et sa baguette pointée sur l'autre sorcier. Le silence s'étendait entre eux pour ce qui sembla être une éternité. Il résista au besoin urgent de bailler. Si fatigué, si fatigué. « Comment faisons-nous ? » dit finalement, crachant les mots rapidement avant que ses nerfs ne lâchent.


Il aurait souhaité que Voldemort fasse n'importe quoi d'autre que ce qu'il fit ensuite. Il sourit encore plus largement que ce qu'il avait fait avant, faisant grimacer Harry. Il lutta pour reprendre un visage normal, pour ne pas avoir l'air complètement révulsé à la vue de ce sourire si peu naturel.


« Comme je l'ai déjà dit, nous disons Tempus bonae voluntatis avec le bout de nos baguettes joints, et nous pensons tous les deux… »


« Oui, oui, je me souviens. » Il étouffa un autre bâillement, ses yeux larmoyant sous l'effort. Combien d'années avait-il souhaité que ses parents n'aient pas été tués par Voldemort ? Même avant qu'il ait découvert qu'ils n'avaient pas péri dans un accident de voiture, quand il avait onze ans. Sa mère. Dans sa tête, il se concentra sur la photo qu'il venait de voir sur le buffet. Maman, pensa-t-il. Maman.


Voldemort leva sa baguette et en mit le bout contre celui de la baguette de Harry. Il regarda Harry avec ce qui semblait être du souci. « Prêt, Harry ? Penses-tu à ta mère ? »


Il acquiesça, sentant un frisson le parcourir comme les bouts des baguettes se touchaient. Il vit le mage noir ouvrir sa bouche et lui aussi commença à parler, prononçant les mots extraordinaires, pensant à sa mère, se souvenant de son corps sans vie soutenu par Rogue, quand il avait été dans la pensine…


Il prit une grande inspiration.


« Tempus bonae voluntatis! »


Ils dirent les mots simultanément. Harry sentit sa baguette vibrer. Il lutta pour la tenir fixe, et il put voir que l'autre sorcier avait aussi des difficultés à faire de même. Est-ce que Voldemort savait exactement à quoi s'attendre ? se demanda Harry. Il y avait seulement deux baguettes au monde qui avaient un cœur avec les plumes de la queue de Fumseck le phénix. Il n'y avait aucune autre baguette de la création avec le même cœur. Deux autres sorciers pourraient essayer cela, et ce ne serait pas aussi efficace, si leurs baguettes n'étaient pas sœurs. Harry continua à se dire je n'ai pas à changer quoique ce soit, mais si ce tort peut être redressé…


Harry se sentit encore tomber dans l'obscurité, mais heureusement, il n'y avait pas ce crochet derrière son nombril cette fois. Puis il sentit encore la terre ferme sous ses pieds. C'était cependant très sombre, mais ce n'était pas l'obscurité de l'oubli magique, du voyage par portauloin ou quand on allait de pensées en pensées dans la pensine de quelqu'un. C'était simplement l'obscurité banale d'une nuit d'automne. Il leva les yeux et vit un ciel peuplé d'étoiles et se tourna vers le mage noir, la question posée sur son visage.


« Si le sort a marché comme il devait » dit doucement Voldemort, « nous sommes au même endroit où nous étions auparavant, mais la nuit d'Halloween 1981. Le sort nous a ramené à un moment où le tort pouvait être redressé. Mais il ne peut pas amener ceux qui le lancent à cet endroit particulier. C'est pour cela que j'avais besoin de t'amener ici par portauloin. »


La nuit d'Halloween 1981. Pas simplement en regarder le souvenir de quelqu'un, mais y être pour de vrai. Non… Puis, Harry se retourna vers la maison. Il regardait la porte intacte de la cuisine. Il alla sur la gauche afin de pouvoir regarder par la fenêtre de la cuisine, au-dessus de l'évier. Il ne pouvait pas trop se rapprocher à cause de la fenêtre remplie de pots de géraniums. Il vit pour la seconde fois de sa vie, la confortable maison chaudement éclairée où il avait vécu jusqu'à la mort de ses parents.


La cuisine avait une apparence de confort domestique. Il y avait des plats lavés séchant dans un égouttoir à côté de l'évier. Le bois du buffet avait des reflets d'or dans la lumière des lampes posées dessus, et la lumière se reflétait sur les assiettes bleues et blanches présentées sur l'étagère, les tasses à thé suspendues à des crochets. Des livres de cuisine soigneusement alignés et des photos encadrées étaient sur le dessus du buffet, à côté des lampes. Harry vit la photo encadrée qu'il avait regardé quelques minutes avant. Il y avait une chaise haute en bois au bout de la table, à la place d'une chaise normale. Le théière qu'il avait découverte il y a quelques minutes sous une masse de verdure était posée sur la table, juste à l'endroit où elle serait encore quinze ans plus tard. Le couvercle était fermé, et la vapeur montait. Il semblait que ses parents attendent le thé pour aller dormir. Ne pouvaient-ils pas accélérer cela avec la magie ? se demanda-t-il. Peut-être qu'ils trouvaient que c'était meilleur ainsi. Personne n'était dans la cuisine à l'exception d'une grosse chouette marron dans une grande cage suspendue près du fourneau. L'oiseau se lissait les plumes, l'air très fier de son beau plumage. La porte de la cage était ouverte et la fenêtre à côté de la cage était aussi ouverte, permettant à l'oiseau d'aller et venir à volonté. Il partirait probablement bientôt pour faire sa chasse nocturne. Harry souhaitait pouvoir se rappeler de son nom.


Il fit le tour de la maison vers le côté où se trouvait le salon, et il regarda par l'une des hautes fenêtres flanquant la cheminée. De la pensine, il se souvenait que ces fenêtres étaient au-dessus d'étagères située dans des niches près de la cheminée. Sa vue était partiellement obscurcie par les livres et les bibelots au-dessus de l'étagère. Ses parents se relaxaient après (probablement) avoir mis leur bébé dans son lit pour la nuit. Moi, se corrigea Harry. Ils m'ont déjà mis au lit pour la nuit…


La lumière provenant d'un feu chaleureux faisait luire leur peau. Quelques lampes sur la table, possiblement magiques, possiblement de simples lampes à huile, berçaient aussi la pièce confortable dans une teinte rosée. La porte de la nurserie était fermée. Il fixait avec envie ses parents. Ils étaient assis en face l'un de l'autre. Sa mère était étirée sur le canapé, lisant un livre, sa main posée protectivement sur son ventre légèrement arrondi, probablement inconsciemment. Elle portait une robe de nuit mais pas de robe de chambre. Ses cheveux roux avaient l'air très sombres à la lueur du feu et des lampes. Son père était dans un fauteuil, avec ses pieds en pantoufle posés sur un pouf, la lumière du feu se reflétant sur ses lunettes. Ses cheveux encore rejetés vers l'arrière de sa tête, comme Harry l'avait vu pour la première fois dans le miroir du Rised. Il apparaissait faire des mots croisés avec sa plume, un air familier de concentration sur son visage. Harry reconnut le parchemin distinct de la Gazette du Sorcier. Ils avaient des mots-croisés cinglés, se souvint-il, qui pouvaient changer quand on les faisait si l'on n'allait pas assez vite. Son père semblait travailler assez vite, alors peut-être qu'il pourrait éviter ce sort. Si c'est le cas, pensa gravement Harry, cela a pu être la dernière bonne chose qui est arrivée à mon père…


Harry se demanda un moment comment il pouvait regarder ses parents par la fenêtre s'ils étaient protégés par le sort de Fidelius, mais ensuite, il réalisa qu'il savait qu'ils étaient là. C'était comme si le gardien du secret lui avait dit. Et d'une certaine manière, il l'avait fait, des années dans le futur maintenant.


Il se recula de la fenêtre, se tournant vers le mage noir. D'une manière ou d'une autre, il avait cessé de le traiter avec méfiance, de s'inquiéter d'où il regardait et ce qu'il faisait à chaque seconde. Peut-être que s'il faisait semblant de lui faire confiance, il croirait que Harry lui ferait confiance, et penserait qu'il a gagné contre lui. Le problème était, Harry du se le rappeler que c'était un rôle, qu'il ne lui faisait pas vraiment confiance. Il essayait juste de lui faire penser que c'était le cas. D'une façon ou d'une autre, au plus profond de lui, il voulait croire que Voldemort voulait le meilleur pour lui, que ce qui était arrivé cette nuit pouvait être changé…


« Je ne peux pas les sauver tous les deux ? » chuchota-t-il, son cœur douloureux. L'autre sorcier secoua sa tête avec gravité. Il regarda encore son père par la fenêtre. « Je ne veux pas le voir mourir. » dit Harry, sa voix prise. « Combien de temps devons-nous attendre ? »


L'homme plus âgé regarda le ciel. « Plus longtemps maintenant. » Sa réponse était brève et silencieuse. Harry frissonna. C'était une nuit froide. La fumée s'élevait par la cheminée de pierre, indice de la chaleur et du confort de la modeste demeure. Le cœur de Harry battait de plus en plus vite…


« Viens ici » lui dit Voldemort, allant vers l'un des grands arbres dans le jardin de devant. « Nous ne pouvons pas être vus. Cet arbre et ce rosier feront l'affaire. » Cela rappela à Harry quand il avait utilisé le retourneur de temps. Lui et Hermione étaient désespérés pour ne pas être vus par eux-mêmes plus tôt. Mais il s'était vu après tout, fendant les détraqueurs avec le patronus en forme de cerf, et il avait pensé que c'était son père. Harry revint en courant voir son père une dernière fois, essayant de garder en mémoire chaque détail, avant d'aller au coin du jardin.


La silhouette maigre de Voldemort était adéquatement cachée par le tronc de l'arbre, tandis que Harry s'accroupissait derrière un rosier, essayant de ne pas s'accrocher aux piquants. Il se sentit plus qu'un peu ridicule pendant un moment, se cachant dans son propre jardin avec le sorcier qui avait tué ses parents, attendant qu'il se montre et essaye de les tuer. Si la situation n'était pas si affreuse, il aurait ri.


Il n'était pas sûr de combien ils avaient attendu quand ils entendirent un hurlement. Sa mère. Le Voldemort d'alors devait avoir transplané dans la maison. Il entendit son père crier quelque chose avec son nom et celui de sa mère. Il se cramponna au son de la voix de son père criant « Lily ! » et « Harry ! ». Il se souvint entendre la voix de son père quand il s'était trop rapproché des détraqueurs…


Sa mère ouvrit ensuite à toute volée la porte de devant, s'enfuyant pieds nus dans le jardin, son fils dans ses bras, pleurant piteusement. Elle frissonna dans sa robe de nuit. C'était maintenant plus dur de dire qu'elle était enceinte, à travers l'habit volumineux. Bébé Harry criait sans arrêt. Puis il entendit un hurlement, un homme hurlant, et il essaya de se boucher les oreilles avec ses doigts. C'était son père. Oh mon Dieu, c'était son père qui se faisait torturer, et il n'avait rien fait pour l'empêcher…


Il fixait sa mère maintenant. Elle s'était arrêtée, puis retournée, angoissée, quand elle avait entendu son mari crier, serrant son bébé contre sa poitrine. Pouvait-il le faire. Pouvait-il juste la regarder mourir, ne rien faire, comme Voldemort avait dit ? Une meilleure question était, peut-être, pouvait-il empêcher sa mort ? Comme si à partir de ce moment, ce n'était pas arrivé…


Un flash de lumière verte aveuglant à la fenêtre de devant… le son d'une mort rapide… et Harry sut que son père était parti. Il sentit les larmes rouler le long de ses joues mais ne fit rien pour s'essuyer. Elle serait la suivante… A moins qu'il ne fasse quelque chose…


Elle se retourna au son du sortilège mortel. Puis il y eut une explosion assourdissante, et Harry vit en fait le toit s'envoler dans les airs, les pierres et les vitres propulsées depuis le salon… Il faisait de son mieux pour rendre la mort de James Potter spectaculaire, pensa Harry. La façade de devant de la maison était encore intacte. Puis… Voldemort n'était pas non plus blessé par l'assaut qu'il avait mené sur la maison. Il passa la porte en un clin d'œil, pas le moins du monde ralenti. Harry pouvait voir des flammes derrière maintenant. Un feu ! avait-il tué son père et puis laissé son corps brûler ? Peut-être qu'une des lampes avait été renversée. Harry ne s'était concentré sur rien d'autre que Rogue tenant sa mère morte quand il avait été dans la pensine. Il pouvait y avoir eu un feu… Mais bon, si Rogue ne l'avait pas remarqué, il ne serait pas dans son souvenir, et pas non plus dans la pensine. Peut-être que Rogue ne s'était pas non plus souvenu que sa mère était enceinte. Le contenu des pensines était seulement le passé tel qu'une personne qui n'est pas parfaite l'a perçu. Il se pourrait, supposa-t-il, qu'il ne l'ait pas remarqué…


« Pas Harry, pas Harry, s'il-vous-plait, pas Harry ! » cria sa mère comme l'assassin de son mari l'approchait, menaçant. Les cheveux de Harry se hérissèrent dans son cou. Il la voyait finalement dire ce qu'il l'avait entendu dire dans sa tête quand les détraqueurs étaient venus sur le terrain de Quidditch, et qu'il était tombé, tombé…


« Mets toi de côté, femme idiote… mets toi de côté maintenant… » la voix spectrale portait à travers le jardin jusqu'à la cachette de Harry. Elle tomba à genoux, incapable de transplaner en sécurité sans abandonner son enfant derrière elle, sachant que son mari était déjà mort. Elle secoua la tête, se cramponnant à bébé Harry. Harry savait ce qui allait arriver ensuite. Il l'avait entendu dans sa tête avant. Pas Harry, s'il-vous-plait, prenez-moi, tuez-moi à la place…


« Pas Harry… » répétait-elle en larmes. Harry ne pouvait pas voir cela. Voldemort allait le faire, il allait la tuer. Harry ne pouvait pas le supporter, il ne pouvait pas ne rien faire…


Il pointa sa baguette vers elle, disant, « Imperio ! » avec conviction mais aussi doucement qu'il le pouvait, et pensa à elle, fais ce qui est nécessaire pour nous sauver ! Fais quelque chose… n'importe quoi ! Ne meurs pas maman ! Ne meurs pas !


Il vit le Voldemort d'alors regarder dans sa direction, et il replongea derrière le rosier, espérant qu'il n'avait pas été vu, espérant que cela marcherait. Il n'avait jamais pensé lancer le sort d'Imperius sur quiconque pour quelque raison que ce soit. S'il était jamais découvert, il irait à Azkaban. Mais il ne pouvait pas penser à un autre moyen de lui faire faire ce qu'il voulait. Il ne savait pas encore si cela avait marché.


Il attendit que sa mère dise les mots familiers, prêt à se résigner à ce que l'histoire se répète. « S'il-vous-plait, non » dit-elle comme auparavant. Il ferma ses yeux, les larmes s'échappant, attendant d'entendre le 'prenez-moi, tuez-moi à la place…


Mais elle ne dit pas ces mots. Il l'entendit, l'entendit dire les mots qui sauveraient sa vie, et par extension celle de sa sœur. « D'accord ! » cria-t-elle en larmes. « D'accord… Je le ferai… »


« Ferai quoi ? » fit la voix douce. Harry osa relever la tête. Il vit que l'attention du Voldemort d'alors n'était plus dirigée en direction du rosier.


« Je… Je l'élèverai pour qu'il soit votre serviteur. » La voix de sa mère était froide et mécanique, pas du tout comme la jeune femme passionnée qu'il avait vu dans la pensine de Rogue. Elle l'avait fait. Elle avait dit les mots qu'il voulait entendre. Elle n'avait pas à les croire, comme Rogue lui avait dit. Juste à les dire.


Mais ensuite le mage noir tendit son bras et toucha le front du bébé avec sa baguette et marmonna quelque chose qu'il ne put entendre. Sa mère avait l'air alarmé.


« Que… ? »


« Mon assurance. » répondit-il avant qu'elle ne puisse finir la question. « Une marque invisible de propriété. Très bien. Tu m'as fait une promesse. Tu peux croire que je te la ferai tenir. Ne me fait pas regretter de t'avoir laissé une chance, à toi et à ton fils. » La voix glaciale resta suspendue en l'air.


« Non, non » répéta-t-elle, secouant sa tête, berçant le bébé contre elle et pleurant au-dessus de lui. Harry cligna de yeux et le mage noir était parti. Il avait transplané. Sa mère était agenouillée sur le chemin vers la porte de sa maison, sa maison brûlant, son époux mort, berçant son bébé et pleurant de plus en plus fort. Derrière lui, Harry entendit un bruit de pas lourd. Quelqu'un courait vers la maison. Mais juste au moment où Harry se tournait pour voir qui c'était, le monde commença à glisser sous lui.


Ce n'était pas comme le voyage dans le temps ou voyager par portauloin ou cheminette, ou être dans une pensine. Il sentait que son souffle était aspiré hors de lui, ses jointures lui faisaient mal, pire que lorsqu'il se métamorphosait en animagus. Il avait mal jusqu'à ses dents et à ses cheveux, et il tombait, tombait, tombait dans la nuit la plus noire pour ce qui sembla un très long temps…


* * * * *