Bring me to the light
Chapitre XI : Reprise difficile
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : toujours un peu darkfic (on aime bien torturer notre Shu-Shu d'amour non ?), petit lemon, mais promis y en aura un plus grand dans le prochaIn chapitre
Série : Gravitation
Pairing : Yuki X Shûichi
Persos :Nakano Hiroshi, Fujisaki Suguru, Sakano-san, K, Rage
Disclaimer : Persos de Maki Murakami
Commentaires : Bon, après maintes péripéties et déboires en tous genres, revoici la Grande, la Sublime, la Magnifique Shizu pour votre plus grand plaisir.
Yuki : et surtout notre malheur… Pitié, que quelqu'un la trucide pour qu'elle se taise et n'écrive plus de trucs débiles sur moi !
Shizu : Pfff ! « La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe » que je suis , tonton. Bon reprenons. Où en étais-je déjà ? Ah oui ! Je disais que me voici de retour. Je me suis fait plaquer par ma petite amie (snif), et ma bêta-lectrice m'a abandonné pour tout un mois (parti en vacances… Re-snif…), et mon moral revient à peu près au beau fixe. Le soleil sans doute… Mais sachez que même si je vous fais patienter pour mes chapitres, je les continue. Mais au fil du temps, je crois que je deviens trop perfectionniste dans mes écrits, et je les peaufine à mort avant de les envoyer. Gomen nasai donc de tarder autant. J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant qu'à moi…
Yuki : ça va les chevilles ? pas trop enflées ?
Shizu : Écoute, tonton, c'est pas ma faute si je suis tellement géniale que même moi, je me trouve géniale et que je trouve mes écrits encore plus géniaux que… ben… que ce que j'écris quoi.
Yuki : ça s'arrange manifestement pas… Même moi, je suis pas aussi imbu de moi-même…
Shuichi : ben non ! Toi tu te prends juste pour le centre du monde !
Le dico : BONK (sur Shuichi) et KABONK (sur Shizu)!
Shuichi et Shizu : Aieuh !
Yuki : … j'y crois pas… la tête à Shizu sonne encore plus creux que celle de Shuichi…
Shizu : gné ? Comment ça ?
Karla : Laisse tomber, Shizu. Tu as du travail pour l'instant.
Shizu : AAAAH OUI ! C'est vrai !!! Ma fic !!! Bon allez je finis de copier et bonne lecture !!! Ah au fait ! Pour celles qui connaissent cette série et que ça intéresse, j'ai fait une fic sur Princess Princess, intitulée « Les preuves de l'amour ».
P.S : Je lance un sondage pour mon prochaIn chapitre : le texte avec ou sans japonais ?
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Résumé du chapitre précédent : Alors que Shuichi tente difficilement et surtout avec beaucoup de caprices de d'adapter à sa nouvelle vie dans les ténèbres, Tatsuha lui fait des papouilles en se faisant passer pour son frère, sans savoir pour la cécité du musicien. Après cet épisode, Shuichi décide de reprendre sa carrière.
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(en italique et entre parenthèses, ce sont les commentaires de l'auteur et des protagonistes de l'histoire)
(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)
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Le lundi matin suivant, 9 avril, appartement de Yuki Eiri, 8h. A.M.
DING DONG !
Ce fut un Yuki à l'air abattu qui ouvrit à Hiro venu chercher Shuichi, K les attendant dans le mini-van avec Sakano et Fujisaki arraché presque de force à N.G.
_ « Heuuu… Ohayo, Yuki-san, » fit poliment le guitariste, ayant presque pitié de ce type qu'il détestait pourtant viscéralement.
_ « …Ouais, s'lut… » marmonna le blond avant de soupirer.
_ « Heuuu… Tout va bien ? Shuichi est prêt ? »
_ « Oui, Shuichi est prêt, et ça ira beaucoup mieux quand tu m'auras débarrassé de lui… »
_ « Je vois que vous êtes toujours aussi charmant, » répliqua glacialement le brun.
_ « …Y m'a tué… répondit seulement Yuki, trop épuisé pour se mettre en rogne. En à peine 3 jours, il m'a lessivé… »
_ « Hé ? Qu…quoi ? fit Hiro, surpris. Comment ça ? »
_ « À partir du moment où il a décidé de reprendre sa carrière, il a retrouvé toute son énergie… et toute sa bêtise aussi… Avant que je le ramène avec moi, je lui ai dit que s'il devait se faire quelques bleus pour s'habituer à sa cécité, je le laisserai s'en faire… Mais depuis vendredi, il est tellement surexcité qu'il semble avoir oublié qu'il est aveugle. Et moi je dois sans cesse le surveiller. Mais même pas pour éviter qu'il se fasse mal, ce baka, mais surtout pour pas qu'il me fasse une catastrophe. En 3 jours, il m'a ruiné tout mon service à vaisselle ! On mange dans des assiettes en carton. Je peux pas travailler sur mon ordi parce c'est un danger public pour les pc ! Hier, il a voulu venir me voir dans mon bureau, et il s'est pris les pieds dans le fil ! Et y avait pas la batterie ! J'ai perdu tout mon travail depuis un mois parce que le black out m'a supprimé tout le dossier! Et en plus, il arrêtait pas de me demander des trucs : lui reteindre les cheveux, lui trouver son synthé, son mp3, brancher les appareils électriques, et tout ça en subissant ses braillements de chanteur à fond ! J'en ai assez de l'entendre chanter alors que j'aspire au calme et à la sérénité ! J'en peux plus ! Au secours ! s'écria le blond qui commençait sérieusement à péter un câble en s'accrochant à la chemise du musicien. Emmène-le loin d'ici avant que je le trucide !... Ou que je devienne dingue… Héhé… Héhéhé… Hahaha… Hihi… Y me rend complètement marteau… »
_ « Yukiiiii ? fit soudain une voix mielleuse depuis le salon. À qui tu parles ? »
_ « Emmène-le… lâcha l'écrivain sur un ton mi-suppliant, mi-malsain. J'ai besoin de calme, de tranquillité. Je veux retrouver ma liberté ! »
_ « Haï, haï… acquiesça le bassiste en obligeant Yuki à le lâcher. C'est moi, Shuichi ! lança-t-il d'une voix forte. C'est Hiro ! »
_ « Aaaaah ! Hiroooo ! entendit-on soudain hurler d'un ton joyeux, accompagné d'un bruit de galopade, suivi d'un "BONK " sourd quand Shuichi manqua l'entrée du couloir, mais par contre, embrassa bien le mur, avant qu'un "BADABOUM " sonore accompagné d'un "ITAI ! " douloureux ne vienne précéder un grand silence.
Yuki et Hiro regardèrent en direction du salon, puis se fixèrent l'un l'autre, l'air ébahi et vaguement inquiets.
_ « Tout fa biiien !!! » fit la voix du chanteur juste à ce moment-là pour les rassurer.
Le blond et le brun regardèrent à nouveau vers le salon avant de soupirer ensemble de désespoir.
_ « Tu comprends mon calvaire, maintenant ? » demanda Yuki au guitariste.
_ « Oui, je crois que j'ai saisi le concept là… répondit Hiro, partagé entre la désolation et l'hilarité. Attends, je viens t'aider, Shu ! » cria-t-il en commençant à ôter ses chaussures.
_ « Non, non, c'est pas la peine, Hiro ! Je peux me débrouiller tout s… BAM ! Aieuh ! »
_ « Shuichi ? Nanda ? »
_ « Rien, rien ! Je me suis juste pris le trépied de mon synthé dans la figure en voulant le plier. Enfin… je crois que c'est le trépied… Oui, c'est ça ! » confirma-t-il après un court silence.
_ « … Mais quelle andouille, j'y crois pas… » se lamenta le blond à voix basse.
_ « Bon, je viens t'aider à porter le synthé, Shu-chan » fit Hiro en lançant un regard désapprobateur à l'écrivain.
_ « Naaan, je te dis ! Je suis assez grand pour le faire tout seul ! CLAC ! BLAM ! Aie Aie Aie Aie Aie !!! »
_ « Shuichi ?! » s'écrièrent en même temps Hiro et Yuki avant de se précipiter vers le salon.
Sur place, ils trouvèrent un méli-mélo invraisemblable de câbles et de membres humains. Sans que les deux adultes puissent en comprendre la raison, le musicien s'était emmêlé dans la rallonge du synthé, le trépied dudit appareil s'étant pris avec lui dans le fil en atterrissant sur sa tête.
_ « Kuso… souffla le blond, médusé. Mais comment t'as fait ton compte, baka ? »
_ « Là, je dois avouer que t'as fait fort, Shu… » renchérit Hiro, lui aussi stupéfait.
_ « … humpf… » fit soudain yuki en se détournant.
_ « Yuki-san ? Ça va ? » s'inquiéta le bassiste en posant sa main sur l'épaule de l'écrivain.
Hiro s'aperçut alors qu'en fait le romancier se retenait de rire. Quand le blond releva la tête vers le guitariste, leurs regards se croisèrent un instant, et ils éclatèrent brusquement de rire. Même pour le froid Yuki Eiri, la situation était tellement ahurissante qu'elle faisait tomber sa carapace de dureté. Et puis, il s'agissait surtout de son Shuichi. Il n'y avait bien que son chanteur à lui pour le faire rire de la sorte. Et l'écrivain riait d'autant plus qu'Hiro l'accompagnait, et les deux jeunes hommes ne pouvaient s'empêcher de rire encore plus dès qu'ils se regardaient. Mais ce fut bien pire quand Shuichi leur lança :
_ « Hééé ! Au lieu de vous marrer, vous pourriez pas m'aider tous les deux ? »
Hiro et Yuki le regardèrent, mais devant le spectacle insolite qui s'offrait à leurs yeux, ils repartirent de plus belle dans leur folle rigolade.
_ « C'est pas drôle ! » râla le chanteur.
Cette protestation puérile n'eut pour effet que de renforcer l'hilarité des deux adultes. Le fou rire dura un bon quart d'heure. Hiro et Yuki n'arrivaient plus à respirer, mais riaient toujours plus dès qu'ils levaient les yeux sur Shuichi. Ce fut soudain une explosion qui fit voler en éclats le balcon et la baie vitrée du salon, qui mit fin à la rigolade. Quand la fumée se fut dissipée, on vit apparaître K, debout au milieu des gravats, tenant dans les mains le bazooka encore fumant qu'il avait utilisé pour détruire le balcon.
_ « There's no time to joke, guy's ! fit l'américain à Hiro et Shuichi avant de traduire sa phrase en japonais. On n'a pas le temps de s'amuser. Alors ramenez-vous et plus vite que ça ! »
Et aussitôt, sans ménagement aucun pour le pauvre embrouillamini de Shuichi, K l'attrapa par un câble, et Hiro par un bras,et il les entraîna à sa suite jusqu'au balcon où il sauta brusquement dans le vide. Yuki tomba alors des nues et se précipita vers la "défunte " porte-fenêtre de son tout aussi "défunt " balcon. En bas de l'immeuble, un matelas gonflable géant avait réceptionné en douceur les deux musiciens et leur manager déjanté, qui maintenant entraînait ses victimes vers un van aux couleurs très flashies arborant fièrement le nom "Bad Luck " en énormes lettres lumineuses (une idée de Rage pour faire de la pub).
En voyant son amant s'agripper désespérément à son piano et à Hiro en criant "NAAAAAN !!! J'veux pas v'nir avec vous, bande de dingues ! J'veux mon Yukiiiiiii !", le blond fut sur le point de sauter à son tour pour aller récupérer son chanteur. Mais un sourire rassurant que lui adressa Nakano le dissuada de s'en mêler. Même s'il s'inquiétait pour Shuichi et que cela lui coûtait de le laisser partir sans être à ses côtés pour le protéger, l'écrivain savait que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Il devait le laisser partir avec ces gens dangereux (mais sûrement moins que Tôma… quoique…), et surtout il devait l'encourager à le faire. Les deux musiciens enfin chargés dans le van, le véhicule démarra en trombe et il disparut très vite, beaucoup trop vite d'ailleurs, au coin de la rue.
_ « Je me demande qui conduit… se demanda-t-il avec un frémissement d'angoisse et de compassion pour les pauvres passagers de l'engin. Parce que j'ai vu Sakano monter à l'arrière et K du côté passager… Ce ne serait quand même pas l'autre folle… ?»
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Le même jour, dans la soirée.
La journée aurait été pleine d'angoisse pour Yuki si celui-ci n'avait eu d'autres soucis en tête : la réparation des dégâts causés par les Américains excités, et les envies de meurtre qui le prenait à chaque fois que les ouvriers rajoutaient un zéro sur la facture des travaux. Fort heureusement, le romancier n'était pas dans le besoin et avait largement de quoi financer le tout, et même apporter quelques améliorations à l'appart'. Cependant, il se promettait de faire parvenir la note directement à XMR Japan pour se faire rembourser jusqu'au dernier sous.
Il était 6 heures du soir et tous les ouvriers avaient enfin quitté l'appartement, revenu à son état d'origine, même si le balcon restait à refaire. Eiri goûtait enfin à quelques minutes de tranquillité. Il ne savait pas exactement vers quelle heure Shuichi rentrerait, mais Hiroshi lui avait certifié le matin même qu'ils reviendraient avant 20 heures. L'écrivain avait donc encore une, voire deux heures de douce solitude. Après s'être préparé une bonne dose de caféine, il partit s'installer sereinement dans son bureau. Il déposa sa tasse sur le bureau, puis alluma son ordinateur et se laissa aller sur son siège avec un soupir de bien-être.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas goûté une telle quiétude, et il comptait bien en profiter à fond. Les yeux clos derrière ses paupières, le blond écoutait… Le silence… Il n'y avait que le silence. C'était très reposant, mais également profondément angoissant. Soudain, Yuki ouvrit les yeux et se redressa d'un seul coup, le regard tourné vers la porte du bureau. Il lui semblait avoir entendu la voix de Shuichi, mais quand il alla voir dans le couloir, il n'y avait personne.
_ « Tsss… pesta-t-il avant de retourner s'enfermer dans son bureau. Voilà que je l'entends même quand il est pas là. Je deviens trop sentimental moi… »
Pendant environ une heure et demi, le romancier connut une paix totale, durant laquelle il écrivit plus qu'il ne l'avait jamais fait dans un laps de temps si court. Pour éviter de penser à son amant et de s'inquiéter inutilement, il s'était lancé à corps perdu dans son travail, oubliant totalement le monde autour de lui. Depuis toujours, il aimait écrire, et cela lui avait vraiment manqué ces dernières semaines, quand il s'occupait de Shuichi ou des démarches administratives pour devenir son tuteur légal. Eiri tapait rapidement sur son clavier des suites de lettres qui devenaient des mots, pour devenir eux-mêmes des phrases. Il avait l'impression de vivre ce que vivaient ses personnages, comme s'il s'identifiait totalement à eux.
D'ailleurs, quand il arriva à la scène d'amour, ce n'était pas l'amoureux transi Makoto prenant la belle Rinrei qu'il décrivait, mais lui-même enlaçant un sosie féminin de Shuichi qu'il imaginait. Soudain, il se remémora la nuit torride qu'ils avaient passée ensemble quand le chanteur s'était ramené en costume de lycéenne (cf. mon autre fic « L'écrivain et l'écolière »). À cette pensée, le blond se sentit brusquement à l'étroit dans son pantalon, et il dut se rendre en urgences aux toilettes pour "finir le travail", avec en prime un kleenex dans la main pour éponger le sang qui coulait de son nez. Quand il eut terminé, il se dirigea vers la salle de bain pour se laver les mains et se rafraîchir un peu. C'est au moment même où il sortait de la pièce d'eau que la sonnette d'entrée retentit. Étonné, il alla ouvrir avec un soupir d'agacement, et là il tomba nez à nez avec…
_ « Nakano ? Qu'est-ce que tu veux ? lui envoya-t-il froidement avant de remarquer la touffe de cheveux rose bonbon gisant sur son épaule. Shuichi ! s'écria-t-il, tout affolé. Mais qu'est-ce qu'il a ? » demanda-t-il fébrilement en manquant sauter au cou de son visiteur.
_ « Hééé ! Du calme ! » fit le bassiste en reculant d'un pas.
_ « Dis-moi ce qu'il a ! » cria Yuki, la voix tremblante d'angoisse.
_ « ROOOOOOOON ! pschiiiiiiiiiiiiiiiii… » intervint soudain le bonbon rose.
Au loin, un corbeau passa…
_ « … » fit Hiro.
_ « … » fit Yuki.
_ « Ben je crois que vous venez d'avoir votre réponse, Yuki-san… » dit le guitariste à l'écrivain.
_ « Il… dort ? » lâcha le blond, à la fois soulagé et un peu honteux.
_ « Ouais, il dort, confirma Nakano. Et il a beau être petit, il est pas léger. Alors si je pouvais entrer, j'irais le coucher. »
_ « Huuuuum… hihihi… Yukiiiiiii… Oh ouiiiiii… gémit soudain le chanteur en bavant dans son sommeil. Hihihi ! Ouiiiiiii… Encore… Aaaah…»
_ « … » firent Hiro et Yuki.
Au grand étonnement du blond, le bassiste rougit brutalement, et baissa la tête.
- « … Hum… ça devient urgent que je le pose là… bredouilla le brun en sentant une étrange bosse dure et chaude se former entre ses reins. C'est par où la chambre ? »
- « … Ben, c'est toujours par là… » répondit Yuki devenu aussi rouge que lui, en désignant la porte au bout du couloir à sa droite.
- « Ah oui ! c'est vrai ! » s'exclama Hiro d'une voix un peu trop forte, en se dépêchant d'entrer pour aller déposer son fardeau.
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Quelques minutes plus tard, Shuichi dormait paisiblement dans le grand lit, son kumagoro dans les bras, qu'il serrait en gémissant de plaisir comme s'il s'agissait de son Yuki. L'écrivain en question avait dû demander de l'aide au bassiste pour déshabiller et coucher le chanteur, la vue de l'excitation de son amant l'excitant lui-même. Les deux adultes allaient quitter la chambre quand les gémissement du jeune aveugle se firent différents, proche du sanglot. Le merveilleux rêve de l'adolescent venait apparemment de virer au cauchemar. Eiri revint vers son compagnon et, s'asseyant sur le lit, il lui caressa doucement les cheveux pour le rassurer, jusqu'à ce qu'il sombre dans un sommeil profond. Hiro fut alors surpris de le voir esquisser un sourire, puis déposer un chaste baiser sur son front. Quand le romancier se leva et que son regard croisa celui du bassiste, il rougit brusquement et grommela un vague "tu veux une bière ?" avant de s'éclipser vers la cuisine. Le guitariste réalisa alors que si Yuki montrait peu son affection à Shuichi, c'était qu'il était trop fier et trop gêné pour s'abaisser à des minauderies d'amant transi. Mais il aimait profondément Shuichi, comme le prouvaient les gestes d'attention qu'il avait envers le chanteur. Et de cela, Hiro en était convaincu.
_ « Va pas te faire des idées, Nakano, lança le blond au guitariste dès qu'ils furent installés dans le salon, une bière à la main. Si je m'occupe de Shuichi, c'est parce que ce qui lui arrive est en partie ma faute, et qu'en plus maintenant que ses parents l'ont chassé, il n'a plus nulle part où aller. Et ce que tu as vu tout à l'heure, c'était juste pour éviter qu'il ne fasse de cauchemars et qu'il me réveille en pleine nuit en hurlant, » fit-il sur le ton le plus froid et le plus détaché qu'il put.
« Tu parles… ricana intérieurement Hiro. Si tu crois que je vais gober ça. T'es simplement beaucoup trop fier et buté pour avouer que tu l'aimes. »
_ « Ah oui ? fit-il cette fois à voix haute. Vous étiez plutôt mignon et attendrissant avec votre petit sourire aux lèvres tout à l'heure. »
_ « Je n'ai pas souri ! Et je ne suis pas mignon !!! » cracha Yuki en faisant le gros dos comme un chat.
_ « Toujours aussi aimable, à ce que je vois, » lança sarcastiquement le bassiste, un sourire narquois aux lèvres.
_ « Je t'emmerde… » répliqua le blond d'un ton glacial, ses joues ayant pris une jolie teinte rosée.
Ils se turent tous deux pour siroter leurs bières, l'un essayant de contenir son amusement, l'autre de maîtriser sa gêne pour ne pas trop rougir.
_ « Bon, tu me racontes ? » lança soudain le blond pour briser le silence.
_ « Hein ? Raconter quoi ? » s'étonna le guitariste, un peu perdu dans ses pensées.
_ « Le strip-tease de votre patronne, » répliqua acidemment Yuki.
_ « Gné ? »
_ « La journée au studio, baka ! s'écria l'écrivain sur un ton agacé. Shuichi a pas été trop chiant ? »
_ « Non, ça va. Il pleurnichait un peu mais ça a été. »
_ « Et… lui ? Comment a-t-il vécu ça ? » questionna Yuki sur un ton hésitant et vaguement inquiet.
_ « Pas trop mal, je pense, répondit Hiro. Je trouve qu'il a été très courageux. Il ne voulait pas me quitter, mais il a quand même assuré. Même si c'est pas l'avis de Fujisaki… »
_ « Comment ça ? »
_ « Ben, c'est pas parce qu'on l'a fait venir de N.G. que ses relations avec Shuichi se sont améliorées. Il a pas arrêté de s'en prendre à lui parce qu'il avait préparé aucune chanson et qu'il avait du mal à se synchroniser avec nous pour le chant. On a eu beau lui expliquer que Shuichi n'avait eu que 3 jours pour se préparer à reprendre sa carrière, mais il a rien voulu savoir. Et il se servait de Rage comme appui en plus. D'ailleurs, je me demande ce qu'il peut bien y avoir entre ces deux-là. Ils ont l'air de trop bien se connaître. »
_ « Je crois savoir qu'ils sont amis d'enfance. Par l'intermédiaire de Tôma évidemment. Mais, aux dernières nouvelles de mon frère, je crois que Seguchi aurait arrangé des fiançailles entre son cousin et Rage. »
_ « Quoi ??? Vous voulez dire que… Rage et Fujisaki sont… ??? »
_ « Fiancés, oui. Contre leur gré, mais fiancés malgré tout. Rage est la fille du P.D.G. de XMR. Seguchi voulait, semble-t-il, effectuer un rapprochement entre XMR et N.G. Seulement il a misé sur le mauvais cheval. Le père de Mademoiselle Rage est un vieux singe à qui on n'apprend pas à faire la grimace. C'est lui qui vous la fait faire. Il a demandé à ce que les fiançailles soient célébrées avant de signer un quelconque contrat d'association avec N.G., et au moment de signer ledit papier d'association, il s'est rétracté. Et c'est pas tout. Ce vieux roublard a exigé la signature d'un contrat de mariage dont les effets prenaient effet le jour même des fiançailles. Le père de Rage avait fait parvenir un faux exemplaire à Tôma avec des conditions bidons, et a fait signer le vrai à Fujisaki. Et dans ce contrat, il est clairement expliqué qu'en cas de séparation des deux futures époux, la N.G. Productions devrait débourser plus de 500 millions de dollars de dommages et intérêts, fermer ses succursales américaines, et céder ses groupes américains à XMR pour le préjudice causé à la future mariée ainsi bafouée. De même, Fujisaki est contraint à une clause : s'il décidait de quitter sa fiancé, il devrait quitter la profession et serait à jamais banni du monde de la musique. »
_ « J'y crois pas… » souffla le bassiste, interloqué.
_ « Tu comprends sans doute un peu mieux pourquoi Fujisaki a un peu les nerfs donc. D'autant plus que c'est à cause de lui que Seguchi se retrouve dans cette panade sans avoir pu effectuer le rapprochement entre les deux sociétés. Si Fujisaki avait lu le contrat de mariage et refusé de signer sans la présence de Tôma, ils n'en seraient pas là aujourd'hui. »
_ « Seguchi a quand même sa part de responsabilité à ce que je comprends. S'il avait bien vérifié le contrat que signait son cousin, rien de tout ça ne serait arrivé. »
_ « Oui, je te l'accorde. Mais Seguchi a trop d'amour-propre pour accepter ça, et il fait retomber toute la faute sur son cousin. C'est pour cette raison que Fujisaki a atterri à XMR. Seguchi le lui a, disons, "vivement conseillé". »
_ « Pfiuuu ! Quelle histoire ! s'exclama le guitariste. Si je m'attendais à un truc pareil…Ça va lui faire un choc, à Shuichi, quand je vais lui raconter ça. »
_ « Je pense qu'il vaudrait mieux ne rien lui dire pour le moment, » lui conseilla le blond.
_ « Pourquoi ? »
_ « Parce que Shuichi est très sensible depuis son accident. De plus, parler de quoi que ce soit qui se rapporte à Seguchi le rend nerveux, voire même le terrorise. Alors déjà qu'il prend énormément sur lui pour trouver le courage d'aller au studio, on ne va pas lui annoncer que c'est Seguchi qui a envoyé Fujisaki à XMR. Le connaissant, il pensera que ce morveux est un espion à la solde de Tôma, et il n'osera plus sortir d'ici. »
_ « Vous avez sans doute raison… Vu sous cet angle, il est vrai qu'il vaut mieux ne rien lui dire pour l'instant, concéda le bassiste. Il vient tout juste de reprendre. Il faut lui laisser un peu de temps pour s'habituer et reprendre confiance en lui. »
_ « C'est préférable… fit Yuki. Avant, il aurait encaissé après avoir chialé un bon coup, mais maintenant, il est beaucoup plus fragile. Et je voudrais pas qu'il refasse une autre connerie pour échapper à Tôma comme celle qu'il a faite chez ses parents… Je…je ne veux plus jamais revivre ça… »
La voix de Yuki s'éteignit soudain, et il but une gorgée de bière pour ravaler son trouble.
_ « Donc, ajouta-t-il à l'attention du brun, t'as intérêt à veiller sur lui, pigé ? Je te le confie chaque jour quand vous allez au studio, alors prends bien soin de lui. »
_ « Haï, "otosan" , » se moqua le guitariste du ton presque paternel du romancier.
_ « Urusai ! » s'écria le blond en rougissant.
Sa boisson terminée juste au bon moment, Hiro décida de prendre congé avant de se faire bouffer tout cru par un écrivain surprotecteur et susceptible. Eiri le raccompagna jusqu'à l'entrée avec une hâte à peine dissimulée, puis il retourna s'enfermer dans sa forteresse… heu… son bureau, après s'être assuré que son amant dormait paisiblement…
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Deux bonnes heures s'étaient écoulées depuis le départ de Hiro. Épuisé par son éprouvante journée, le musicien s'était endormi comme une masse, avec l'aide précieuse et rassurante de son compagnon. Cependant, son sommeil tranquille fut bientôt troublé par un bruit intempestif. Au-dehors, dans la rue, le vrombissement assourdissants de deux motos lancées à pleine vitesse ramenèrent à son esprit de douloureux souvenirs, et les désormais sempiternels cauchemars qui hantaient ses nuits depuis des mois revinrent l'assaillir.
Toujours le même cauchemar… Tôma… Un ou plusieurs véhicules se dirigeant vers lui sur ordre du président… Le vacarme… La terreur… Le chanteur se réveilla brusquement, en nage. Ses yeux grands ouverts guettaient désespérément une lueur amie pour se rassurer, mais les ténèbres environnantes refusaient obstinément de se dissiper. Fébrilement, Shuichi tâtonna avec ses mains pour trouver quelque chose de réconfortant, peut-être même son compagnon. Ce qu'il trouva était certes moins désiré qu'un certain écrivain, mais néanmoins assez rassurant pour que le musicien s'en empare vivement : son Kumagoro.
Recroquevillé sur le lit, l'artiste resta un long moment prostré, son lapin étroitement serré contre lui. Il essaya ensuite de se recoucher et de dormir, mais il était beaucoup trop nerveux et angoissé pour ça. Prenant son courage à deux mains, le musicien se leva et rejoignit lentement la porte pour gagner le couloir sans lâcher sa peluche. Il réussit à trouver du premier coup les toilettes où il s'arrêta un instant pour une pause pipi. Ensuite, il partit à l'aventure dans l'appartement, en quête d'un verre d'eau, ou mieux, d'un amant. En arrivant à hauteur du bureau, il s'arrêta, tâta le terrain pour découvrir une porte ouverte, et il en franchit timidement le seuil.
_ « …Eiri ? appela-t-il d'une voix presque éteinte. Tu es là ? »
_ « … »
Pas de réponse.
_ « Eiri ? » essaya-t-il encore.
_ « Hum ? Haï, qu'est-ce qu'il y a, Shuichi ? » répondit enfin le blond sans lever les yeux de son ordi.
_ « Ha, heuuuu… Nan, rien, Eiri… balbutia Shuichi, surpris par le ton un peu rogue du romancier. Je… j'allais boire un verre d'eau à la cuisine avant de me recoucher, et je voulais juste savoir si t'allais bientôt venir au lit ou pas… »
_ « J'ai du boulot, Shuichi. Je viendrais pas avant un bon moment, » répondit froidement Yuki.
_ « Ha, tant pis ! Je retourne au lit ! s'exclama le musicien, confus. Je voulais pas te déranger ! Gomen nasai ! »
Sur ce, il fit demi-tour, mais bien entendu un demi-tour mal calculé, et il se prit le chambranle de la porte en pleine tronche, avant de retomber en arrière, tête la première contre la porte.
_ « Shuichi ! » s'écria le blond en se levant pour le rejoindre.
_ « Itai itai itai… » gémit l'artiste, affalé par terre.
_ « Ça va, Shuichi ? » demande le romancier en vérifiant si l'adolescent n'avait rien.
_ « …Oui, c'est bon…ça va… »
_ « Je t'ai déjà dit 100 fois de faire attention. »
_ « Haï, je sais… gomen… »
_ « Mais t'as pas à t'excuser, baka… soupira Yuki. Tu n'as pas l'air blessé, ajouta-t-il en aidant son compagnon à se relever. Allez, au lit maintenant. »
L'écrivain souleva l'adolescent dans ses bras pour lui aussi léger qu'un plume, et alla le réinstaller sous les couvertures. Une fois son paquet déposé et bordé, Yuki lui demanda tout en lui caressant les cheveux :
_ « Qu'est-ce qu'il y a, Shu ? Tu ne te sens pas bien ? »
_ « Si, si, ça va ! affirma aussitôt le musicien. Je voulais juste un verre d'eau. »
_ « Tu as toujours une bouteille d'eau près de toi ici, et elle est encore pleine, alors me raconte pas de salades, rétorqua le blond. Qu'est-ce qu'il y a ? »
_ « Mais y a rien… »
_ « Tu mens. Il y a forcément quelque chose, lui renvoya Yuki. Je le vois à ta tête, c'est écrit sur ton visage. »
_ « Écrit ? Mais comment j'aurais pu m'écrire dessus ? s'étonna le bonbon rose. Je vois plus rien, et j'ai pas touché un stylo depuis des semaines. »
_ « … C'était une image, Shuichi… Une métaphore… »
_ « Ah heuuu… héhé… désolé mon Yuki… »
_ « Bon alors, tu te décides à m'expliquer ? » insista le blond.
_ « … Y a rien, j'te dis… » persista l'adolescent.
_ « Tu as fait un cauchemar ? »
_ « … »
Petit hochement de tête de l'artiste pour acquiescer. Le musicien serra son kumagoro comme pour se donner du courage avant de parler, mais il resta finalement coi.
_ « Bon… Dis-moi, comment s'est passée ta journée ? » lança le romancier pour détourner la conversation.
_ « Hein ? »
_ « Ta journée au studio, espèce de nouille ! compléta le blond. Ça a été ? »
_ « Ha…heu… Haï ! »
_ « Fujisaki et Rage t'ont un peu fait chier, à ce que Nakano m'a raconté. »
_ « … haï… » avoua l'artiste après un silence, l'air penaud, comme s'il était coupable d'un crime horrible en acquiesçant.
_ « Pfff ! Te prend la tête avec tout ça, baka, fit soudain l'écrivain. Rage est une folle déjantée et ce petit con de Fujisaki un merdeux de première qui t'as toujours fait des remarques désagréables. Et puis, ce n'est que ta première journée, alors c'est normal que tu ais du mal. Tu t'habitueras vite.»
_ « Oui, mais… » commença le musicien.
_ « Mais quoi ? le coupa son amant. Tu es aveugle ? Et alors ? »
_ « Ben c'est… c'est pas facile de reprendre à cause de ça, et y pourraient juste être un peu plus indulgents avec moi et… »
_ « Indulgent ? Et puis quoi encore ? lança froidement Eiri. Si Rage et Fujisaki commencent à être indulgent maintenant, ils le seront toujours plus par la suite, et toi, tu avanceras pas. T'as voulu reprendre ta carrière, alors assume. »
_ « …M…mais… » balbutia Shuichi, les yeux embués de larmes.
_ « On t'a tous dit que ça serait pas facile, Shuichi, ajouta le blond. Mais tu as quand même décidé de reprendre dès maintenant. Et aujourd'hui tu as été au studio, et tu t'en es pas trop mal sorti. Si tu as eu le courage pour prendre cette décision, et d'aller là-bas, alors tu as en toi le courage et la force pour faire face à toutes les difficultés. Je t'aiderai, Shuichi, tu ne seras pas seul. Je suis là, auprès de toi, ainsi que Nakano, ta sœur Maiko, Tatsuha et tous les autres. On est tous avec toi. Et même si parfois, on est un peu dur avec toi, c'est justement pour te permettre de réussir, pour te pousser à prendre confiance en toi et à te surpasser. Et ça, c'est parce qu'on t'aime tous, Shuichi. Parce que… parce que je… »
Yuki hésita un instant, puis se remémorant sa longue tirade sur le courage, il se pencha vers son compagnon pour lui murmurer :
_ « …parce que je t'aime… »
L'écrivain embrassa alors l'adolescent, mêlant sa langue à la sienne en une tendre caresse. Quand le blond s'écarta enfin de son amant après de longues minutes passées en apnée, celui-ci paraissait un peu à l'ouest, et il restait allongé sur le dos, haletant et l'air hagard. Le romancier lui caressait doucement la joue en attendant qu'il se remette. Peu à peu, Shuichi émergea de son hébétude. Il posa sa main sur la cuisse de son aimé assis près de lui, puis il la fait remonter le long de son torse, vers sa joue. Là, il détailla chaque parcelle du visage de son compagnon avec les doigts, l'attira à lui pour l'embrasser et murmura :
_ « J'ai envie de toi, Eiri… »
_ « … D'accord… » acquiesça simplement l'autre.
L'écrivain se glissa alors sous les draps, et s'allongea sur le chanteur en passant une jambe entre les siennes. Prenant soin de bien faire peser sa cuisse sur l'entrejambe du musicien, Yuki l'embrassa langoureusement tout en faisant remonter lentement son T-shirt. La peau si fragile et si douce de son jeune amant frémissait au moindre contact, et son corps cherchant à fuir ce trop-plein de plaisir s'agitait parfois de soubresauts incontrôlés. Cependant, les mouvements involontaires du chanteur pour échapper à la torture des caresses, faisaient peser un peu plus peser la cuisse du romancier sur la partie la plus sensible de son anatomie, ce qui accentuaient alors le supplice auquel le soumettait son compagnon. Quelques minutes à peine de ce traitement avaient déjà mis Shuichi dans un état d'extase avancée, mais quand le blond libéra soudain ses lèvres pour le débarrasser de son T-shirt et s'occuper de ses tétons, il ne put retenir un cri de plaisir.
_ « Je te fais tellement d'effet que ça, que quelques caresses te mettent dans un état pareil, Shuichi ? » fit narquoisement le romancier.
_ « …aaaah… je… ouiiii… non, c'est… aaah zut… je sais… plus…ce que je dis, moi… »
_ « C'est ce que je constate, » se moqua gentiment Yuki en retournant à ses tétons.
_ « …oh… ouiiiii… Eiriiii… Continue… huum…»
Eiri délaisse soudain les tétons tendus de désir, glissa sa main vers l'entrejambe du musicien, tandis qu'il blottissait son visage dans son cou pour y déposer une myriade de baisers. Shuichi écarta les jambes en gémissant, invitant son amant à s'occuper aussi de son intimité. Aussitôt le blond faufila sa main dans la caleçon de l'adolescent, et la posa sur sa virilité brûlante. L'artiste poussa un petit cri, et se raidit tout entier en essayant de retenir le blond par les épaules, mais ses gémissements alanguis encouragèrent plutôt le romancier à continuer.
_ « … aaaah… non… Yuki… » supplia le chanteur en glissant ses mains dans la chevelure d'or d'Eiri.
_ « … Eiri… Mon nom à moi, c'est Eiri… » susurra l'écrivain à l'oreille de Shuichi en attrapant ses poignets pour les plaquer sur l'oreiller.
_ « Hééé… Fais pas ça, Yuki… »
_ « Appelle-moi Eiri… »
_ « NON ! »
Le blond se redressa et regarda son amant.
_ « Quoi, "non" ? » demanda-t-il abruptement.
_ « Je veux pas t'appeler comme ça si… »
_ « Si quoi ? »
_ « Si tu me tiens les poignets comme ça… Je… j'aime pas ça… Ça me rappelle quand… »
_ « Ouais, ça va, j'ai compris, bougonna le blond en lâchant les poignets de son amant. Ça te rappelle quand Winnie a essayé de te violer. »
_ « Win…nie ? Pffff… Hahahaha ! Ça me fait marrer à chaque fois, ce nom ! rit un peu amèrement le chanteur. Mais… oui, c'est vrai, ça me rappelle ce jour-là… »
_ « Raaah, j'en ai marre ! Pourquoi t'arrêtes pas de penser à lui ? C'est vraiment agaçant ! Je veux que tu ne penses qu'à moi ! »
_ « Mais… »
_ « C'est moi que tu aimes ou c'est lui ? Je sais pas pourquoi ça me fait ça, mais rien que de savoir que tu penses sans cesse à lui, ça m'énerve. J'ai l'impression que ma poitrine se serre et que j'ai du mal à respirer. Qu'est-ce que je peux faire pour tu penses qu'à moi, Shuichi ? »
L'artiste sourit à ces mots, ému. Yuki était jaloux ! Jaloux à l'idée que Shuichi pense à quelqu'un d'autre que lui. Jaloux au point de vouloir le garder pour lui tout seul.
_ « Ce sentiment, c'est de l'amour, Eiri… fit doucement le chanteur en souriant. Alors dis-moi simplement que tu m'aimes pour que je n'ai plus que toi dans mon cœur… »
L'écrivain garda le silence un si long moment que le musicien crut l'avoir fâché. Il voulut alors s'excuser, mais ce fut son compagnon qui prit le premier la parole :
_ « On va faire un marché, Shuichi. Je veux plus jamais que tu penses à ce sale connard de Winnie, et en échange, je ferai des efforts pour te dire "je" … "je" … enfin, pour t'exprimer mes sentiments plus souvent. Voilà ! Même si la plupart du temps, je comprends pas moi-même mes sentiments quand il s'agit de toi… »
_ « C'est pas grave, Eiri. Je t'aiderais à définir tes sentiments, il suffira juste que tu me dises les sensations que ça te fait dans ces moments-là. Et je suis d'accord pour le marché. Alors t'auras intérêt à le respecter de ton côté, ok ? »
_ « … Ouais, c'est bon… grommela l'écrivain, se sentant un peu pris au piège par son propre marché. Alors, la prochaine fois qu'on fera l'amour tous les deux, je ne veux pas t'entendre chouiner que t'as peur, ni que tu m'arrêtes en plein milieu, c'est clair ? »
_ « Haï, mon Yukiki ! » acquiesça joyeusement le musicien.
_ « Je t'ai jamais permis de m'appeler comme ça ! Arrête-ça ! »
_ « Désolé, ça fait pas partie du marchééééé ! Hahahaha ! »
_ « Attends un peu, toi ! Tu vas regretter de m'avoir appeler comme ça ! »
Le blond repoussa d'un coup la couverture et retira vivement le caleçon du musicien pour avaler goulûment sa virilité. Shuichi poussa un grand cri, et posa une main dans les cheveux d'or de Yuki pour le retenir, tandis qu'il agrippait l'oreiller avec l'autre.
_ « Non, Yuki ! Doucement, onegai ! s'écria-t-il. Je vais mourir ! Je vais… AAAAAH ! »
Un dernier cri, un long frémissement, et l'adolescent se libéra abondamment en gémissant. Son compagnon donna un dernier coup de langue et recueillit toute la précieuse semence avant de l'avaler.
_ « La prochaine fois que tu voudras m'arrêter parce que ça te rappelle des mauvais souvenirs, je continuerai quand même, et je te donnerai du plaisir jusqu'à ce que t'en puisse plus. »
_ « … aaah… aaah… oui d'accord… Yuki… »
_ « Et ne m'appelle plus jamais Yuki, baka. »
_ « Alors… aaah… aaah… Ne m'appelle plus "baka" … haleta l'artiste, légèrement vexé. Surtout si tu veux que je t'appelle Eiri… huuum… Viens, maintenant… tu dois être impatient, t'es déjà tout dur ici… » ajouta-t-il avec un sourire coquin en appuyant son genou contre l'entrejambe du blond.
_ « Hugn… arrête ça, baka… » gémit l'écrivain.
_ « Pas question, "Yuki"… » refusa tout net l'artiste en insistant bien sur le "Yuki".
_ « Tsss… T'es pénible, Shu… ichi… » pesta le romancier agacé, en embrassant son amant pour couper court à cette vaine dispute.
Yuki laissa son compagnon défaire maladroitement les boutons de sa chemise, tandis qu'il attrapait le flacon de lubrifiant dans le tiroir de la table de nuit. L'écrivain prit un peu d'huile dans sa main et se mit à caresser la verge du musicien. L'engin qui était redevenu flasque retrouva en un instant toute sa vigueur, et le romancier laissa alors glisser son autre main, vers l'anus de son amant, où il introduisait d'abord un, puis deux doigts. Shuichi s'était agrippé au torse du blond, étouffant ses gémissement contre la poitrine musculeuse de son aimé.
- « Ei… Eiri… souffla le chanteur. Viens, onegai… Je veux que tu viennes en moi… »
Le blond ne répondit pas et finit de se déshabiller en deux temps trois mouvements, avant d'apprêter son membre avec un peu d'huile. Quand il s'approcha de son amant, celui-ci écarta bien les jambes pour qu'il puisse se glisser entre elles. Yuki pénétra d'abord lentement le musicien, puis s'introduisit en entier d'un seul coup. Le cri que poussa alors Shuichi n'était pas un cri de douleur, mais un "oui" de plaisir, et il fut suivi d'une multitude d'autres gémissements de ce genre quand l'écrivain commença un puissant mais tendre mouvement de va-et-vient. Et même si l'artiste se resserrait rapidement, le romancier parvenait encore à bouger en lui grâce à la lotion magique. Sentant son compagnon sur le point de jouir alors que lui-même en était encore loin, Eiri ralentit un peu le rythme de ses poussées, marquant même parfois de courtes pauses pour embrasser et caresser son partenaire.
Shuichi était étonné, mais malgré tout ravi, de la tendresse de son amant. D'habitude, l'écrivain le prenait plusieurs fois de suite dans diverses positions pas toujours agréables pour lui, sans lui laisser une seconde de répit jusqu'à ce que lui-même jouisse. Mais cette fois-ci, Yuki le laissait se remettre un peu avant de reprendre, semblant attendre pour le faire jouir d'être prêt lui-même. De plus, le romancier avait adopté la position du missionnaire et n'en changeait pas, ce qui permettait au chanteur de serrer son compagnon contre lui et de l'embrasser. Shuichi était heureux. Malgré sa journée complètement pourrie au studio, il était heureux, heureux d'être en vie, heureux d'avoir repris sa carrière, mais surtout heureux d'être avec son Yuki. De temps à autre, une larme de joie glissait sur sa joue, se mêlant aux gouttes de sueur qui inondaient son corps et les draps de coton violet. Bientôt, il se mit lentement à scander le nom de "Eiri", comme une mélopée lancinante qui envoûtait l'écrivain.
Le blond adorait entendre son prénom entre les lèvres de son amant, paroles de soie tissées d'or. Il se surprenait même parfois, quand tout était silencieux, à désirer entendre cette voix enfantine qu'il affectionnait tant. Et là, Shuichi satisfaisait son secret désir. Du coup, il se sentait venir lui aussi. Son membre semblait même durcir et gonfler encore plus que ce qu'il était déjà. La sensation de chaleur brûlante qui se répandait à l'intérieur ne lui laissa que le temps de se retirer presque complètement avant de s'enfoncer un grand coup jusqu'au fond, et il libéra sa passion dans le corps de son compagnon avec un grognement bestial. Shuichi, qui avait déjà joui avant l' écrivain, eut un nouvel orgasme qui l'acheva complètement.
_ « … j'adore quand tu es aussi doux avec moi, Eiri… » murmura le musicien en baillant.
_ « … T'inquiète pas, je serai encore plus doux avec toi tout à l'heure, Shuichi… répondit le blond en embrassant le chanteur avant de s'allonger à côté de lui. Laisse-moi simplement le temps de récupérer un peu… »
_ « Haï… Eiri… »
Et les deux amants alanguis s'effondrèrent dans les bras l'un de l'autre, épuisés, mais rêvant déjà à leurs prochains ébats…
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Le lendemain matin, le réveil fut relativement difficile pour les deux jeunes hommes après leur nuit de luxure. Enfin, disons plutôt qu'ils ne se réveillèrent pas, même quand la porte de leur chambre fut défoncée au bazooka par une excitée à lunettes et un dingue aux longs cheveux blonds. Le chanteur fut trimballé sans ménagement jusqu'à la salle de bain puis jeté sauvagement dans l'eau glacée d'une baignoire préalablement remplie. Finalement réveillé, il fut ensuite sommé de s'habiller en 4e vitesse sous la menace d'armes indéterminées mais manifestement dangereuses, ce qui n'était pas facile, vu qu'il était aveugle (Yuki : lamentable le jeu de mots entre « vu » et « aveugle »…). Yuki, quant à lui, dormait toujours, totalement étranger au vacarme ambiant, et il ne s'aperçut même pas du départ précipité de son amant.
La journée de Shuichi avait plutôt mal commencé, et elle n'allait malheureusement pas s'achever guère mieux. Malgré toute sa bonne volonté pour accomplir son travail, les efforts de l'adolescent ne semblaient jamais suffire à son impitoyable patronne et son exigeant claviériste. Le jeune aveugle essayait avant tout de prendre ses marques, et il sollicitait sans cesse Hiro pour l'aider, au grand agacement de Fujisaki qui en avait marre de cette comédie grotesque. Shuichi ne pouvait plus compter que sur son ouïe et les indications du bassiste, et ses cours de braille ne devaient commencer que la semaine d'après. La pression qu'on lui mettait ajoutant à son stress et à son angoisse, le chanteur avait beaucoup de mal à aligner trois notes d'affilées, d'autant plus qu'il n'avait plus chanter depuis des mois.
_ « Raaaah ! pesta soudain Fujisaki alors que Shuichi venait encore de rater son enchaînement. C'est pas possible de travailler dans des conditions pareilles ! Même sur les anciennes chansons du répertoire, Shindô n'arrive pas à chanter correctement ! Fais un peu gaffe à ce que tu fais, bon sang ! T'as juste à chanter, espèce de crétin dégénéré ! »
_ « Go… gomen, Fujisaki-kun… Mais… C'est vachement plus difficile de compter uniquement sur mon ouïe et ma mémoire pour retenir les mélodies et les enchaînements. Je fais de mon mieux. Comme je peux pas voir la partition, je fais tout à l'oreille, mais je perçois pas sons tout à fait de la même manière depuis que je suis aveugle… c'est… »
Shuichi avait les larmes aux yeux. Lui qui essayait aussi ardûment qu'il pouvait de vaincre ses appréhensions et la terreur de sa cécité, il y repensait sans cesse à cause du pianiste.
_ « Bon, si on faisait une pause ? lança soudain Hiro pour calmer l'atmosphère. J'ai besoin d'un café moi. »
Tout le monde acquiesça, y compris mais à contrecœur, Fujisaki, qui quitta la pièce en claquant la porte. Mal à l'aise, Shuichi s'accroupit là il se trouvait, en serrant le pied du micro dans ses mains, et il se mit à sangloter doucement. Une main aimable vint alors lui caresser les cheveux.
_ « C'est rien, Shu-chan, calme-toi, fit gentiment le bassiste. Tu sais bien que Fujisaki est toujours comme ça. »
_ « … Haï… snif… Mais… Je sais… Je sais bien qu'il a raison… » couina l'artiste en prenant le mouchoir que lui donna son ami.
_ « Dis pas de sottises, Shu-chan. C'est seulement ton 2e jour ici, après plusieurs mois de convalescence. Il est normal que tu peines un peu, d'autant plus que tu dois t'adapter à ton handicap. C'est vrai que tu pleurniches un peu trop, mais tu le faisais déjà avant d'être aveugle… Enfin, à cette époque aussi tu étais aveugle, mais pour une autre raison… »
_ « Hein ? »
_ « Ben oui ! Tu étais aveuglé par l'amour ! le taquina le brun. Dès que tu te prenais la tête avec Yuki, tu foutais rien, mais quand ça allait avec lui, tu bossais comme un forcené. »
_ « … Je dois prendre ça pour une critique ou un compliment ? »
_ « Pour une plaisanterie, banane ! se moqua Hiro. Allez, viens, je t'offre un jus de fruits. »
_ « À la banane ? » (1)
_ « Hahaha ! Si y a que ça pour te faire plaisir, OK. »
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Le reste de la journée se déroula à peu près de la même manière, Fujisaki grondant sans cesse après le pauvre chanteur, malgré les efforts énormes de celui-ci pour répondre aux attentes de son pianiste. Le soir enfin arrivé, Shuichi fut raccompagné à son domicile par son manager et Hiroshi, et dès que l'écrivain leur ouvrit la porte, l'adolescent se jeta dans les bras de son compagnon (il a bien failli le manquer d'ailleurs mais bon, il s'est rattrapé au dernier moment. Hihi !).
_ « Hééé ! Qu'est-ce qui te prends, baka ? s'écria le blond, franchement bougon après avoir dormi une bonne partie de la journée. Lâche-moi, espèce de sangsue. »
À ces mots, les mains de Shuichi se crispèrent sur la chemise du romancier. Il se composa un visage souriant et, se redressant avec un grand sourire, il fit :
_ « Désolé, mon Yukiki… dit-il, pendant que K et Hiroshi pouffaient dans le couloir. Mais j'étais tellement content de te retrouver que j'ai pas pu résister à l'envie de te faire un groooos câlinou. Bon ! Maintenant, je vais prendre une douche, et après, au dodo ! »
_ « Tu ne veux pas manger d'abord, Shuichi ? » lui lança l'écrivain en le laissant se débrouiller pour rejoindre la salle de bain.
_ « Ah oui ! C'est vrai ! Bah, je verrai tout à l'heure si je suis trop fatigué ou pas. Je me réchaufferai un truc au micro-onde. »
_ « … Tu parles… C'est plutôt moi qui réchaufferai ton plat, baka… se murmura le blond pour lui-même. Pas envie que tu fasses sauter l'immeuble… »
_ « Shuichi ! Il faut que tu manges correctement pour être en forme ! » le réprimanda le bassiste depuis l'entrée.
_ « Haï, Hiro-chan ! répondit joyeusement l'artiste. BONK ! aieuuuh… » gémit-il après s'être mangé la porte de la salle de bain en pleine poire.
_ « Nakano… » fit soudain Yuki dès que Shuichi eut fermé la porte.
_ « Haï ? »
_ « Il s'est passé quelque chose au studio aujourd'hui? »
_ « Bah, pas grand-chose de plus que hier. Pourquoi ? »
_ « L'attitude de Shuichi n'est pas naturelle. Il s'est forcé à sourire alors que je l'ai envoyé chier comme une merde. Normalement, il râle ou se met à pleurnicher, mais là, il a juste souri. C'est pas normal… »
_ « Hahaha ! On s'inquiète pour son "little darling" ? » lança K sur un ton moqueur.
_ « Je t'ai rien demandé, l'amerloque… répliqua acidemment le romancier. Alors, Nakano ? insista-t-il, manifestement assez inquiet pour ne pas se mettre en rogne après s'être fait charrié. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
_ « Oh, c'est pas très grave, mais c'est juste que Shuichi a tendance à trop pleurnicher et à s'effrayer d'un rien, et Fujisaki est en plus super exigeant avec lui. Le courant avait déjà du mal à passer entre ses deux-là avant, mais là, on dirait que Fujisaki malmène encore plus Shuichi simplement parce qu'il est aveugle. À croire qu'il a pas compris que la situation était pas tout à fait pareille. »
_ « Fujisaki… Espèce de p'tit salaud… » fulmina intérieurement le blond en réprimant ses envies de meurtre.
_ « Je vous préviens, Mister Yuki, que si vous aviez l'intention d'assassiner sauvagement l'un de mes musiciens, vous le regretteriez amèrement… Nyark nyark nyark… » le menaça sadiquement le manager qui avait déjà brandi son fusil-mitrailleur.
_ « Pfff, si tu crois que tu me fais peur avec ta grosse artillerie» lui rétorqua le blond.
_ « No, no, no. Je crois que vous avez mal compris, répliqua aussitôt l'autre blond. Je pourrais REALLY devenir very méchant with you, OK ? » affirma-t-il en brandissant un bazooka.
Yuki frémit un instant, se dit intérieurement que ce pauvre Shuichi était vraiment entouré par une bande de cinglés aussi débiles les uns que les autres, puis finalement, il abandonna la joute, se faisant du souci pour son compagnon.
_ « OK, c'est bon, je le tuerai pas ton pianiste à la noix, dit-il simplement. Je me contenterai juste de lui refaire le portrait s'il emmerde encore mon petit ami. »
_ « Great ! fit triomphalement l'américain sans se soucier plus avant du sort promis au claviériste. Let's go, Nakano-kun ! Je te ramène. »
_ « Ha… Haï ! acquiesça Hiro. Bonne soirée, Yuki-san, fit-il poliment en s'inclinant légèrement. Prenez soin de Shu-chan, onegai shimasu. Son moral dépend principalement de vos attentions à son égard. »
_ « … » répondit Yuki avec un regard sévère avant de fermer la porte.
_ « Il se ramollit avec le temps, tu ne trouves pas, Nakano ? » commenta K.
_ « Naaan, K-san, le contredit Hiro avec un grand sourire narquois. Il s'adoucit avec l'amour. »
_ « Ooooh ! Great ! Nice guy ! » s'exclama K.
_ « ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE, BANDE DE COUILLONS ! » entendirent-ils vociférer derrière la porte.
_ « Non merci ! répondit K. Moi je suis plutôt de "l'autre côté" ! Avec les filles comme avec les gars… » ajouta-t-il à l'intention de Nakano.
_ « Heuuuu… Sans moi, merci, K-san… » balbutia-t-il, gêné.
_ « BARREZ-VOUS !!! » hurla l'écrivain.
_ « Bon, si on y allait ? » suggéra le bassiste, ne sachant plus où se mettre.
_ « C'est comme si c'était fait, Nakano-kun ! » lança le manager.
Et il entraîna rapidement le bassiste jusqu'au van pour le reconduire chez lui à vive allure.
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Toc toc toc ! frappa-t-on à la porte de la salle de bain.
_ « … »
_ « Shuichi ? Tu as bientôt fini ? Le repas est prêt. »
_ « … Hum… Haï ! J'arrive dans deux minutes. »
_ « Shuichi, pourquoi tu as fermé la porte à clé ? »
_ « Ha ? J'ai fermé ? fit Shuichi sur un ton dont l'étonnement sonnait faux. Désolé, c'est un réflexe quand je suis tout seul. Vas-y, je te rejoins. »
_ « Non, j'attends que tu m'ouvres d'abord. »
_ « Vas-y, j'te dis ! » fit le chanteur de l'autre côté.
_ « Shuichi, ouvre avant que je m'énerve ! » ordonna le blond d'un ton sec.
_ « Je te dis que j'arrive ! »
_ « OUVRE ! »
_ « … »
_ « Shuichi, si à trois, tu n'as pas ouvert, je défonce cette porte ! »
_ « … »
_ « UN ! »
_ « … »
_ « DEUX ! »
_ « … »
_ « DEUX ET DEMI ! »
_ « … » (bruits d'eau dans la salle de bain).
_ « DEUX TROIS- QUART ! »
_ « … » (déclic de la clé dans la serrure, puis silence).
Yuki appuya sur la poignée et la porte s'ouvrit enfin sur une salle de bain embuée de vapeur d'eau, et surtout… Vide !
_ « Shuichi ? » appela l'écrivain en parcourant la pièce des yeux sans trouver ce qu'il cherchait.
_ « … Ici… » lâcha une voix étouffée derrière la porte.
Le blond referma à demi la porte et découvrit son amant enroulé maladroitement dans un peignoir de bain, et appuyé contre le mur, la tête baissée.
_ « Tu m'expliques pourquoi tu chiales ou je dois deviner tout seul ? »
_ « Je chiale pas ! » s'écria le musicien en secouant négativement la tête.
_ « Si, tu chiales, rétorqua l'écrivain. Tes yeux et ton nez sont tout rouges. »
_ « … »
_ « Pfff… soupira le romancier d'agacement. Viens là, » fit-il en attirant son compagnon à lui.
D'abord un peu crispé parce qu'il avait cru se faire réprimander, Shuichi finit par se laisser aller à l'étreinte rassurante de son amant, et se blottit un peu plus contre lui.
_ « C'est parce que ça se passe pas très bien au studio que tu te mets dans un état pareil ? » lui demanda alors Yuki.
_ « … nan… »
_ « C'est parce que j'ai été un peu brusque tout à l'heure quand t'es arrivé ? »
_ « … pas seulement… »
_ « C'est un peu des deux alors ? »
_ « … » resta muet le chanteur en étouffant un sanglot dans la chemise du blond.
_ « … Je vais prendre ça pour un "oui". »
_ « … »
_ « Ça va pas être une conversation très constructive si tu pipes pas un mot, Shuichi. »
_ « … hugn… snif… »
_ « Bon, on va oublier tout ça, et on va manger maintenant, alors sèche tes larmes, OK ? »
_ « … Haï… » fit timidement l'artiste en s'écartant légèrement.
L'écrivain devina tout de suite à la mine penaude de son amant qu'il devait lui dire un mot doux, là, maintenant, même s'il n'en avait absolument aucune envie tellement il trouvait ça niais et affligeant. Cependant, Shuichi en avait besoin, et il le savait. Alors, dominant sa gêne et prenant une grande inspiration, il fit :
_ « Shuichi, écoute-moi bien… »
_ « Haï, Yuki ? » répondit l'artiste, les yeux à présent secs.
_ « Je… »
_ « Quoi ? »
_ « Raaah ! Tais-toi un peu ! C'est déjà assez dur à dire, alors n'en rajoute pas ! »
_ « Mais… »
_ « URUSAI ! »
Effrayé, le musicien avait de nouveau baissé la tête. Hésitant toujours à prononcer les mots que Shuichi attendait, Yuki l'embrassa en le plaquant au mur, puis il le serra tendrement contre lui en murmurant à son oreille :
_ « Aï shiteru, Shuichi… »
_ « … Moi… Moi aussi, Eiri… lui répondit alors l'adolescent d'une voix tremblante d'émotion. Aï shiteru… »
En entendant Shuichi prononcer son prénom de manière aussi kawaï, Yuki devient cramoisi et lâchant soudainement son amant, il fit :
_ « Magne-toi maintenant ! Mets ton pyjama et ramène-toi dans la cuisine avant que la bouffe refroidisse. »
Shuichi avait perçu le trouble dans la voix de son amant et, amusé, il lança :
_ « Haï, j'arrive mon Yukiki ! »
_ « M'appelle pas comme ça !!! » s'indigna le blond, outré comme une poule.
_ « D'accord, Eiriri !!! » continua l'artiste.
_ « Argh ! C'est encore pire ! Arrête avec tes surnoms débiles ! Appelle-moi Eiri, c'est compris ? E-I-R-I ! » grogna le blond avant de rejoindre la cuisine d'un pas furieux, les joues néanmoins en feu.
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Jeudi 12 avril
Au fil de la semaine, l'ambiance au studio ne cessa de se dégrader, allant de pair avec la mésentente entre Fujisaki et sa fiancée. Shuichi découvrit d'ailleurs leur union tout à fait par hasard alors qu'il se trouvait dans la salle de repos, et que les deux promis s'engueulaient avec véhémence dans le couloir.
_ « Arrête de te donner tant d'importance simplement parce que t'es le cousin de Seguchi, Fujisaki ! vociférait Rage. Je t'ai pris uniquement parce que ta présence est importante pour le groupe. On ne change pas les membres d'une équipe gagnante sans en subir les conséquences. Même si je trouve que tu débrouilles pas trop mal au synthé, c'est pas pour ton "soi-disant talent hérité de l'illustre claviériste des Nittle Grasper" que je t'ai embauché. Ni même pour tes beaux yeux. Si tu continues à t'en prendre à Shindô, je peux très bien te virer du groupe, et prendre quelqu'un de plus compétent. Et de plus conciliant aussi. »
_ « Tsss… Tu vas me faire pleurer, "Rage-sama" , répliqua acidemment le pianiste en appuyant bien sur le "Rage-sama" . Quand à moi, je te rassure, c'est pas de gaieté de cœur que je suis venu m'enliser dans cette boîte de loosers avec un groupe de bons à rien. Shindô est un débile profond absolument incapable de fournir le travail qu'on lui demande. Un chanteur qui ne compose pas ses chansons, c'est déjà lamentable, mais un chanteur qui n'arrive pas à chanter ses propres chansons simplement parce qu'il déprime, c'est carrément pathétique ! »
_ « Cesse de t'en prendre à ce pauvre Shindô ! Il a déjà assez de soucis avec sa famille, et son handicap. Tu n'as donc pas de cœur pour le rabrouer sans cesse ? Il fait beaucoup d'efforts pour se remettre à niveau ! »
_ « Pfff ! La belle affaire ! Tout ce qu'on lui demande depuis le début de la semaine, c'est de chanter ses anciennes chansons. On a à peine abordé les nouvelles mélodies sur lesquelles j'ai continuer à travailler pendant qu'il paressait à l'hôpital ou qu'il se planquait dans les bras de son Yuki. Quand il aura fini de se lamenter sur son pauvre sort, on pourra peut-être commencer à bosser sérieusement. Si Seguchi ne m'avait pas ordonné de rejoindre Bad luck pour reconquérir ma notoriété perdue à cause de tout ce tintouin autour de Shindô, je serai jamais venu ! C'est comme ces fichues fiançailles avec toi. J'ai été forcé de les accepter après le tour de pendard que m'a fait ton père, mais jamais je pourrai accepter de me marier avec une harpie acariâtre comme toi ! »
_ « Qu…quoi ? Tu… tu… tu… tu m'as traité de quoi ? » balbutia Rage, la voix tremblante de colère.
_ « " Harpie acariâtre " ! » répéta Sujisaki avec un sourire sarcastique.
_ « Toi ! …Oh toi ! Je te jure, je vais te faire sauter la tête ! » explosa la directrice en se jetant sur son fiancé.
_ « Hé là ! intervint soudain Hiro, aidé par K et Sakano-san qui venaient d'arriver. Calmez-vous tous les deux. Les scènes de ménage, vous gardez ça pour après votre mariage, c'est compris ? »
_ « C'EST PAS UNE SCÈNE DE MÉNAGE !!! » se récrièrent ensemble les deux intéressés.
_ « Pfff ! De toute manière, cette gourde vaut même pas la peine que je lui adresse la parole. Franchement, quitte à faire un mariage d'intérêt, Seguchi aurait pu me choisir une vraie jeune femme de bonne famille. » cracha le claviériste en repartant travailler ses partitions dans la salle d'enregistrement.
_ « Tsss ! Les cafards répugnants dans ton genre, je m'en fais cinquante au p'tit déj, Fujisaki. Et y en a pas beaucoup qui restent dans ma boîte. Seulement les meilleurs ! » lui lança la jeune femme avec agressivité avant de tourner les talons et de partir à l'opposé.
_ « Bon, on est arrivé juste à temps avant qu'ils ne s'écharpent, commenta le guitariste en soupirant de soulagement. Il reste combien de temps avant la fin de la journée ? » fit-il à K.
_ « Huuum… Environ sept heures, s'amusa l'Américain. Ça risque d'être funny. »
_ « On le craint… » se lamentèrent Hiro et Sakano-san.
_ « Bon, je vais aller chercher Shuichi pour qu'on se remette au travail. Vous savez où il est, Sakano-san ? »
_ « Hé bien, quand je l'ai laissé tout à l'heure, il était encore dans la salle de repos. Je suppose qu'il n'a pas dû bouger. »
_ « Allez prévenir Fujisaki qu'on arrive, et on vous rejoins dans quelques minutes.
Tandis que Sakano et K s'éloignaient, Hiro se dirigea vers la salle de repos quelques mètres plus loin. Il en trouva la porte légèrement entrouverte et commença à s'inquiéter. Si Shuichi était là-dedans, avait-il entendu quoi que ce soit qui ait pu le perturber ? Quand il ouvrit la porte, il entendit un bruit épouvantable. En voulant s'écarter précipitamment de la porte, Shuichi avait foncé droit dans le distributeur de friandises avant de s'effondrer lamentablement par terre avec la poubelle. Manifestement, il avait tout écouté, ou du moins, en partie…
_ « Ite te te…» gémit l'adolescent.
_ « Qu'est-ce que tu fous, Shu-chan ? Tu n'as pris ta canne avec toi ?» fit le bassiste en aidant son camarade à se relever, avant de ramasser les détritus jonchant le sol pour les remettre dans la poubelle.
_ « Si… elle doit être quelque part par là…» répondit le chanteur en se tordant les mains comme un gosse qui n'ose pas avouer sa bêtise.
_ « Tu as entendu ?» demanda alors le guitariste de but en blanc.
_ « … En… entendu quoi ?» feignit d'ignorer l'adolescent.
_ « La prise de bec entre Rage-san et Fujisaki. »
_ « Ah…heuuu… je… j'ai juste entendu crier… Mais j'ai pas écouté ! Juré, j'ai rien écouté du tout ! »
_ « C'est pas la peine de me mentir, Shu, fit le brun. Je suis ton meilleur ami, pas celui de Fujisaki. Alors je vais pas t'engueuler ou quoi que ce soit d'autre. Raconte-moi ce que tu as entendu. Moi j'ai pas capté grand-chose à leur dispute vu que je ne suis arrivé qu'en plein milieu. »
_ « Beeeen… Y ont commencé à s'engueuler à propos du comportement de Fujisaki, puis ça a dérivé sur moi… Fujisaki a dit que j'étais un bon à rien… »
_ « Oui, et puis ? » l'incita à continuer Hiro.
_ « J'ai entendu qu'ils étaient fiancés à cause de… de notre ancien patron… »
_ « Aïe… » souffla Nakano à voix basse, notant bien l'hésitation de Shuichi à prononcer le nom de Seguchi.
_ « Et puis Fujisaki est simplement venu avec nous à XMR parce que son cousin le lui a ordonné. Il…il en a rien à faire du groupe en fait… et il a dit que j'étais nul… et puis… snif… commença à pleurnicher le bonbon rose. Si ça se trouve, Seguchi lui a dit de venir me surveiller… Il a envoyé Fujisaki pour me faire craquer et que j'abandonne le groupe…et… Il lui a peut-être dit de me tuer aussi… Et quand je m'y attendrai pas, y va… y va… »
_ « Arrête ça, Shu ! Tu te fais des idées sur Fujisaki ! s'écria Hiroshi en secouant le chanteur par les épaules. C'est peut-être vrai que Seguchi lui a dit de venir ici, mais je suis persuadé qu'il est en aucun cas ici pour te surveiller, et encore moins pour te faire du mal. Si Fujisaki est à cran, c'est à cause de cette histoire de fiançailles. Quand tu as eu ton accident, il était vraiment inquiet pour toi, mais juste après ça, Seguchi a pris la décision arbitraire de le fiancer à Rage, et avec interdiction de reprendre contact avec les anciens membres du groupe. Je ne sais ce qui a pu se passer entre son cousin et lui, mais pour Seguchi, Bad Luck était fini. Fujisaki n'a même pas eu son mot à dire dans toute cette histoire. Ne le mets pas dans le même panier que son salaud de cousin. Cependant, s'il continue de s'en prendre à toi, il va m'entendre. Ce n'est pas parce qu'il est sur les nerfs en ce moment, qu'il doit les passer sur toi. »
_ « Ha… Haï… balbutia le chanteur, pas vraiment rassuré mais malgré tout moins paniqué. Arigato, Hiro… » murmura-t-il en se blottissant contre son ami pour sangloter.
_ « Là, c'est rien, Shuichi. Ne t'inquiète pas… » fit le bassiste d'un ton rassurant en cajolant son camarade.
Il fallut quelques minutes au guitariste pour réussir à calmer Shuichi. Sortant un mouchoir de sa poche, il essuya la nez et les yeux de son ami, puis le conduisit jusqu'aux toilettes pour lui rincer un peu le visage, avant de me retourner avec lui dans la salle d'enregistrement. Quand ils arrivèrent, Fujisaki explosa.
_ « Ah enfin ! C'est pas trop tôt ! Il me semblait que t'avais dit que vous arriviez dans quelques minutes. Or, ça fait déjà plus d'une demi-heure qu'on vous attend ! »
_ « Hé ! Calme ta joie, Fujisaki, répliqua durement Hiro. Si t'es pas content, t'as qu'à aller voir ailleurs ! »
_ « Hors de question ! J'y suis, j'y reste ! Vous avez qu'à virer ce chanteur raté si vous voulez que Bad Luck survive. »
_ « Shuichi n'est pas un chanteur raté ! Par contre, toi, ton ego est un peu trop démesuré, quand on sait que ta popularité est essentiellement due à ta parenté avec Seguchi. »
_ « C'est faux ! éructa le claviériste, franchement vexé par cette remarque. C'est parce que j'ai du talent en tant que compositeur et pianiste, que je me suis fait remarquer. Et c'est à cause de votre groupe de loosers que je n'ai pas encore atteint la notoriété qui m'est due ! »
_ « Qui t'est due ? Je vois ça, Môssieur le gosse de riche, rétorqua sèchement le guitariste. C'est sûr qu'avec des parents célèbres, on peut se la péter à mort. Par contre, quand ledit cousin célèbre te fiance contre ton gré, rien ne va plus. Seulement, t'es pas obligé de passer ta mauvaise humeur sur Shuichi. Je te rappelle qu'il est encore le leader du groupe. S'il veut te virer, il le fera. Et Rage ne te portant manifestement pas dans son cœur, je suis persuadé qu'elle se fera un plaisir de rompre ton contrat avec XMR. »
_ « Hé bien qu'elle le fasse ! répondit le pianiste. Comme ça, j'aurai de quoi porter plainte contre XMR pour licenciement abusif ! »
_ « Mais… essaya d'intervenir Shuichi, tremblant de peur dans l'embrasure de la porte. J'ai pas l'intention de virer Fujisa… »
_ « Ne t'en mêle pas, Shu ! lui intima Hiro. C'est une affaire entre Fujisaki et moi ! »
_ « Mais… »
_ « Tu vois, Nakano ! ironisa Suguru. Même ton super leader n'est pas d'accord avec toi. Il lui arrive d'être intelligent parfois. Il a compris que sans moi, vous n'êtes rien. »
_ « Là, tu vas trop loin, Fujisaki ! » explosa soudain le guitariste en décochant une bonne droite à l'adolescent.
Une rude bataille s'engagea alors entre les deux musiciens. Malgré son âge et sa taille désavantageuse par rapport à celle de son adversaire, Fujisaki se défendait comme un lion, ripostant aux coups de Hiroshi avec toute la hargne accumulé depuis ses fiançailles. De son côté, Shuichi, paralysé d'angoisse, essayait d'arrêter les deux combattants par des paroles apaisantes, mais cela resta sans résultats. Avec désespoir, il entendait les coups pleuvoir avec violence, et le matériel musical se briser avec fracas sur le passage de Nakano et Fujisaki. Le chanteur savait que K et Sakano n'allaient pas tarder à arriver pour stopper cette bagarre stupide, mais ces minutes d'attente lui paraissaient interminables. Avec toute l'énergie du désespoir, il se lança brusquement en direction des éclats de voix. Malheureusement, il s'entrava dans le fil du synthé, qu'il fit tomber avec lui, tout en entraînant les bagarreurs et tout un tas d'autres objets dans sa chute.
_ « Itai itai itai… » gémit Shuichi, coincé sous un haut-parleur.
_ « Kuso ! Mais quelle andouille ! » tempêta Suguru.
_ « Itaiiii… fit Hiro en se relevant. Shuichi, ça va ? »
_ « Je suis coincéééé… » commença à pleurnicher son ami.
_ « Attends, je vais t'aider, » l'assura le bassiste en venant le dégager.
Sakano et K arrivèrent juste à ce moment-là. Les hostilités étant terminées, il ne pouvait que constater les dégâts, et ce n'était pas vraiment joli-joli à voir. Tout le matériel était dévasté, et les trois musiciens guère en meilleur état.
_ « Ça aurait pu être pire, non, Sakano ? » commenta K sur un ton amusé fort déplacé.
_ « …Non… ça n'aurait pas pu être pire… se lamenta le producteur en tombant à genoux de désespoir. La patronne va nous tuer… »
_ « Qui va tuer qui ? » fit soudain une voix derrière lui, glaçant tout le monde.
La première réaction de la jeune présidente quand elle pénétra dans la pièce fut d'avoir comme un moment d'absence devant le chaos innommable qui s'offrait à ses yeux. Sakano-san allait lui demandait si tout allait bien, quand soudain, le Mont Fuji entra en éruption (Note de Shizu : je parle de Rage là, bien évidemment).
_ « TOUS DANS MON BUREAU ! vociféra la P.D.G, les yeux flamboyant de rage(Note de Shizu : Oui je sais, je l'ai déjà faite celle-là, elle était facile…). TOUT DE SUITE ! »
Et tandis qu'ils suivaient tous leur présidente au dernier étage des locaux, ladite jeune femme envoyait quelqu'un évaluer les dégâts.
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Quelques minutes plus tard, bureau de la P.D.G. de XMR Japan
_ « Hum, ha, d'accord, acquiesça la jeune présidente au téléphone. Très bien, nous allons revoir le budget du groupe Bad Luck et minimiser au mieux les dégâts matériels. »
Le silence qui régnait déjà parmi le staff dudit groupe se fit encore plus profond. Hiro avait même cessé de bander le poignet foulé de Shuichi, et Sakano-san de désinfecter les égratignures de Suguru.
_ « Tout ça, c'est de votre faute à tous les deux, » lança le pianiste à Hiro à voix basse.
_ « Quoi ? C'est quand même toi qui nous as cherché ! » s'exclama le guitariste sur le même ton.
_ « Ça suffit, vous deux ! les rappela à l'ordre Sakano à mi-voix également. On ne sait pas encore ce que nous réserve Mademoiselle Rage, mais vu son sourire malsain, je me doute que ça ne présage rien de bon… Alors tenez-vous à carreau si vous voulez éviter d'aggraver votre cas. »
_ « … » se tut Fujisaki, vexé comme un pou, même s'il éprouvait un vague sentiment de culpabilité.
_ « Bien, fit Sakano d'un ton sévère. Et surtout, vous vous tairez quand Rage-san parlera. »
_ « Et pourquoi je me tairais d'abord ? » s'exclama Fujisaki un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
_ « Parce que jusqu'à preuve du contraire, je suis encore ta patronne, "honey", » fit une voix à la fois narquoise et vaguement sadique.
Tout le monde frissonna et regarda vers la bureau (sauf Shuichi qui tourna la tête vers ce qu'il croyait être le bureau, mais qui en fait, était le vase posé sur le meuble presque complètement derrière lui).
_ « Et en tant que patronne, après les bêtises que vous avez faites, j'ai décidé que le groupe Bad Luck donnerait un grand concert dans trois mois. »
_ « HEIIIIIIIN ???? » s'écrièrent tous les mecs de la pièce.
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À SUIVRE …AU PROCHAIN EPISODE : Soirée pizza très épicée…
1-° « Jus de fruits à la banane » :sans aucun sous-entendu, bien entendu !!! MWAHAHAHAHA !!! D'ailleurs, je sais même pas si ça existe, au fait… Mais bon, ils font bien des mikado à la fraise au Japon, communément appelés « pookies », et d'autres trucs bizarres, comme du jus de melon, de la glace au thé vert ou autres choses qu'on ne verrait jamais en France. Aaaaaah… Envie d'aller au Japooon moi !!!
Commentaires de fin : MWAHAHAHAHA !!! Fin du chapitre !!!! Avouez que vous attendez vivement la suite hein ? Vous voulez savoir si Rage va vraiment les obliger à faire ce concert ? Vous verrez bien… Ce qu'il y a de bien, c'est que dans le prochain, y va avoir un nouveau perso, rescapé d'une autre de mes fics, qui va faire son apparition en guest-star. Enfin, peut-être pas seulement guest, mais bien perso à part entière. On verra bien… J'ai hâte de lire le prochain chapitre !!!
Yuki : tu sais quand même que c'est toi qui l'écris ?
Shizu : Hein ? Ah oui, c'est vrai, tiens ! Ben c'est d'autant plus génial alors ! Hohohoho ! Je suis un génie entouré de génie de partout moi !
Yuki : Que quelqu'un la tue avant que je le fasse, pitié !
Shizu : ALLEZ !!! A bientôt au prochain chapitre !
P.S : S'il y a un problème avec mon japonais, ou avec mon texte, please, dites-le moi, j'ai plus de bêta-lectrice pour le moment.
P.P.S : Je lance un sondage pour mon prochain chapitre : le texte avec ou sans japonais ?
Lexique : Bon, pour le lexique, je vais apporter quelques modifications et explications, vu que toutes celles qui font du japonais (alors que je l'apprends en autodidacte) me font des remarques sur des trucs que je crois être juste. Bon, je sais que sur certains trucs, je dois pas être tout à fait exact, mais sur ceux qu'ils me semblent être juste, je mets des explications et vous me direz ce que vous en pensez, les japonistes (je sais pas comment on diiiiit !!!). Merciii ! Il se pourrait même que je modifie les précédents chapitres pour corriger ces mots-là.
Ai shiteru : Je t'aime
Baka : imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit
Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)
Gomen / Gomen Nasaï : pardon, désolé, excusez-moi
Haï : oui
Itaï ( ou « Ite te te » une fois dans le texte = forme de « itaï itaï itaï »): Aïeuh ! Ça fait mal ! (encore une fois, je précise que je mets ce que j'entends dans les animes pour les prononciations)
Kawaï : mignon, adorable
Kuso : merde
Ohayô : Bonjour (jusqu'à 11H du matin)
Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît / s'il vous plaît
Otôsan : Papa
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer
Tasukete /tasukete kure : Au secours ! Aidez-moiiiiii ! ! !
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Urusaï : Ta gueule, ferme-la, tais-toi (désolé à celles qui m'ont reprises sur la transcription de ce mot, mais moi, sur mes bouquins à moi, c'est marqué « urusaï » et non « uruseï », donc je l'écris comme ça, alors je sais pas la vraie transcription)
Yaoi : genre apparu dans les années 70 au Japon (désolé, je m'étais un peu trompé en marquant 1992), c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)
- viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiri ga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ? héhéhé…. Nyark nyark nyark…
- Le yaoi décrit une relation comportant des scènes sexuelles parfois trèèès explicites. Le « shonen-aï » en est une forme dérivé, mais ne comporte pas de scènes de sexe, juste un petit bisou par-ci par-là, mais surtout beaucoup d'amour.
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