Au gré de la mémoire
Disclaimer : Personne est à moi...sont tous à Katsura Hoshino-san !
J'écoutais en boucle la chanson de l'Arche, enfin quand Allen joue du piano pour ramener tout le monde ^^. Vous pouvez l'écouter en lisant ce chapitre. Je trouve l'ambiance de cette berceuse merveilleuse et j'espère qu'elle colle un peu à mon écrit (un chapitre qui n'était pas prévu à la base et improvisé en une journée). J'espère que vous ne serez pas déçus !
Ilkaria : J'aime aussi Kanda en grand timide. Je pense que ce chapitre va te plaire. C'est ta review qui m'a fait penser à ce petit chapitre imprévu. Je trouve que j'ai eu de la chance de t'avoir parmi mes lectrices, sinon, il ne serait pas là. ^^
Yume95 : Lavi et Kanda vont trop bien ensemble. Moi aussi j'ai peine à m'en passer. Malheureusement, il n'y a pas beaucoup de fics sur eux; c'est pourquoi je tente d'y remédier ! La JAPAN EXPO ! J'aurais trop aimé y aller ! Mais c'est impossible pour moi qui vis à 10 000 kilomètres... J'espère que tu t'y es bien amusée. Ce chapitre te tend les bras dès ton retour !
Les jours qui suivirent furent pénibles pour Kanda. A chaque moment, il s'attendait à voir le roux derrière lui, lui adressant un sourire rassurant. A chaque moment, il croyait sentir une main dans ses cheveux. Chaque soir, il ressentait le souffle chaud dans son cou. Et à chaque fois, il finissait pas se rendre compte de l'absence du roux. Ce dernier ne pouvait pas se trouver près de lui puisque réquisitionné par Bookman Senior, bien décidé à lui faire rattraper son travail en retard.
Aujourd'hui, il se dirigeait vers la salle d'entraînement, comme à son habitude. Les quelques finders qui s'y trouvaient déguerpirent en vitesse. Certainement le souvenir de ce que pouvait faire Kanda avec un simple sabre de bois...ou encore une Lenalee Lee en colère. Cette pensée faillit faire sourire le brun mais il se rappela qu'il avait été pitoyable sur ce coup-là. Heureusement, sa période d'insouciance n'avait pas eu trop de conséquences néfastes sur sa forme physique. Cependant, il consacrait tout de même quelques heures à un entraînement quotidien assez soutenu. Le Japonais répétait incessemment les même enchaînements de kendo, des mouvements fluides règlés au millimètre près. Le nouveau Mugen dansait, majestueux, accompagnant son propriétaire concentré. Soudain, le brun se crispa. Quelqu'un était entré. Réagissant au quart de tour, il se planta devant l'intrus, le katana sous la gorge.
- Kan-Kanda...
- Môyashi... qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je viens m'entraîner, quoi d'autre ?
- A ce que je sache, ce n'est pas la seule salle d'entraînement de la Congrégation.
- En effet, mais c'est la seule où il n'y a pas trop de monde du fait qu'une certaine personne la monopolise sans cesse.
- Môyashi, tu me cherches aujourd'hui, non ?
- Mon nom c'est Allen ! Alzheimer te guette, Kanda ?
- Toi, je vais te faire regretter d'avoir une langue aussi bien pendue. En garde.
Une veine battait à la tempe du brun. *Stupide Môyashi.* Quoique, Allen n'était plus trop mauvais, mais ça, il ne le reconnaîtrait jamais. Le plus jeune invoqua son épée et se mit en garde. Le duel débuta. Les chocs entre leurs armes produisaient des étincelles explorant toutes les gammes de couleur. Le bruit résonnait dans toute la salle tant et si bien que bientôt tous ceux qui s'entraînaient non loin vinrent assister à la joute. Cela eut le don d'agacer le brun. Finie la tranquilité grâce à ce fichu Môyashi que la majorité de la foule soutenait. Un coup un peu plus violent que les autres fit reculer Kanda. La pousse de soja était sérieuse, pour une fois.
- Tch'
- Tu as du mal, Kanda ? se moqua Allen.
- Et puis quoi encore !
Le brun assaillit l'albinos de plus belle sous les yeux ébahis des finders et les soupirs des exorcistes présents. Alors qu'il bloquait une nouvelle tentative de son adversaire, quelque chose fit que Kanda leva les yeux sur la foule. Son regard tomba précisément sur un grand roux, une expression amusée sur le visage. Contre toute attente, il criait quelque chose :
- Vas-y Yuu !
Le Japonais eut un de ses rictus peu rassurants et se lança à fond dans la bataille. Allen eut du mal à bloquer tous les coups et déceler les feintes de Kanda était quasi-impossible. Mais cela était un match amical et le brun se contentait de l'égratigner du bout de son katana. Mugen semblait faire partie de Kanda. Le maudit para une autre attaque arrivant sur son flanc gauche et repoussa son meilleur ennemi un peu plus loin.
Allen, essouflé, alla retrouver son adversaire dans le nuage de fumée. On entendit encore l'éclat des lames sans rien pouvoir déceler. Une fois dissipée, la fumée laissa apparaître deux silhouettes dont une au sol. Kanda le menaçait toujours de son katana alors que l'épée d'Allen était allée valser hors de sa portée, sans le manche qui était resté avec lui.
- Alors, Môyashi qui est-ce qui a du mal ?
- Pff ! Pas...trop...mal, parvint à dire Allen, essoufflé.
- Hn.
Kanda rangea son katana et sortit. La foule s'écarta et lui fit un chemin vers la sortie. Oui, tout était redevenu comme avant. Lavi le suivit du regard. Yuu était incorrigible. Sur ce, il se fondit dans la foule, tout bookman qu'il était. Il devait retourner à la bibliothèque avant que Panda ne revienne.
L'exorciste au lotus avait, quant à lui, rejoint ses appartements. Lavi était venu pour le voir et ses encouragements avaient été encore plus surprenants. Kanda soupira. Pourquoi ne pouvait-il l'enlever de sa tête ? Fatigué de sa chamaillerie avec Môyashi, il finit par s'endormir.
Un air de piano flottant dans l'air. Quelque chose de doux...une berceuse reconstruisant tout ce qui avait été détruit. La salle immense, le sable blanc et ce décor avec des arc-en-ciels à faire pâlir d'envie n'importe quel enfant. L'Arche se relevait de ces cendres comme par miracle. Lui aussi s'était relevé, quoiqu'un peu sonné, mais ému au possible par cet air si mélancolique. Le Noah n'était plus là. Enfin, pas celui qu'il avait combattu. Un choc. Puis plus rien.
Le samourai se réveilla en sursaut, les yeux humides. Le réveil près de son lit lui indiqua l'heure : minuit une. On était déjà demain. Il avait passé toute la fin de son après-midi à dormir et étrangement, ses paupières encore lourdes décidèrent de clore ses yeux, le faisant sombrer dans un sommeil plus profond.
- Est-ce que tu me reconnais ?
- Hn ?
- Est-ce que tu me reconnais ?
Devant lui se tenait... un autre lui. Comment cela était-il possible ? Autour d'eux tout était blanc.
- Où sommes nous ?
- Je t'ai amené ici.
- Où sommes nous ? Réponds-moi !
- Je t'ai amené ici pour parler. Ne t'énerve pas, s'il-te-plaît.
L'autre en face de lui n'était pas net. Si ça continuait, il allait l'attrapper et le...
- A ta place, je n'essaierai pas, dit-le 2ème lui comme s'il avait lu dans ses pensées. Te souviens-tu de moi ? demanda-t-il encore une fois.
- Qu'est ce que j'en sais moi ? Tu as la même tête que moi et je trouve ça assez étrange si tu veux mon avis. J'aimerais quelques explications avant de te débiter en rondelles.
L'autre soupira puis sourit doucement.
- Tu es vraiment impossible. Puisque tu ne veux pas faire d'efforts, je te dirai tout. Mais tu dois me promettre de croire tout ce que je te dirai.
- Tch'
- Je suis toi.
- Pardon ? Qu'est-ce que c'est que ces inepties ? Tu serais pas un peu malade ?!
- Je suis celui à qui tu as fait appel pour te protéger lors de ton enlèvement puis lorsque tu as subi la séquestration...
- Tu...
- Je suis aussi celui qui a vécu à la Congrégation jusqu'à ton retour.
- ...
- Je vois que tu commence à comprendre. On a partagé ce corps. Pourtant, on n'a pas eu beaucoup l'occasion de se parler.
- Qu'est-ce-que tu me veux ?
- Je veux ton bonheur. Malheureusement, têtu comme tu es, on est mal parti.
- Et pourquoi je te croirai ?
- Demande-toi plutôt pourquoi tu ne me croirais pas ?
- Tch'
- On est d'accord. Si je suis ici, c'est pour t'ouvrir les yeux. Tu vis entouré ...
- De quoi je me mê...
- Laisse-moi continuer, fit l'autre avec un air sévère qui laissa Kanda muet. Comme je disais, tu es entouré de personnes merveilleuses, mais tu t'obstines à te renfermer. Tu ne profites de rien, même pas de Lav...
- Pardon ? Moi et ce lapin stupide ? Attention à ce que tu vas dire.
- Ne te voile pas la face. N'oublies pas que je suis toi.
Kanda se jeta littéralement sur l'autre pour lui faire sa fête. Il commençait vraiment à lui taper sur les nerfs. Personne n'avait à lui dire ce qu'il avait à faire ni comment mener sa vie. Cependant, l'autre l'évita avec une facilité déconcertante, en profitant pour le bloquer. Malgré sa faiblesse apparente, il était on ne peut plus fort. L'autre soupira encore une fois avec un regard triste.
- Tu me fais de la peine, Yuu. Je sais ce que tu ressens.
- Comment est-ce que tu peux dire ça ? Est-ce que tu étais là quand j'ai souffert... depuis toutes ces années, je...
- Cette personne...
- Comment ?
- Je te l'ai déjà dit : je suis toi. Ca fait si longtemps que je cherche un moyen de te guérir...
- ... Combien de temps comptes-tu me retenir ici ?
- Le temps qu'il faudra pour que tu comprennes. Quoique, on ne peut pas dire que le temps existe, ici.
- Tu vas finir par me dire où on est ?
- Tu n'es pas très perspicace. On est dans ta tête.
- Tch' Bah manquait plus que ça.
L'autre cacha son sourire derrière sa main, puis ne pouvant se retenir, éclata d'un rire joyeux et moqueur à souhaits. Kanda qui ne cherchait plus à se débattre, se regarda (oui, c'est étrange) rire. Depuis combien d'années ne s'était-il pas permis de s'exprimer ainsi ? Et l'autre qui tentait à tout prix à lui faire accepter ses sentiments pour Lavi alors que l'amitié c'était déjà... sentiments ? Mais quels sentiments ? Conscient du conflit chez son double, l'autre cessa de rire et posa la main sur ses cheveux.
- Enfin décidé à m'écouter ?
- ...
- Tu sais, ça fait longtemps que tu l'aimes. Sans lui, je doute que tu aurais pu refaire surface. Ca ne m'aurait pas gêné. Mais bon, c'est certainement mieux comme ça. Ta disparition les a déjà tellement fait souffrir. Tu as beaucoup de chance de les avoir... à part peut-être le Môyashi. Mais ça on y peut rien.
Le silence s'installa. Kanda avait encore du mal à se faire à l'idée que... Lavi avait toujours été un exorciste compétent lors de leurs missions malgré ses manies plus qu'agaçantes. Mais il l'appréciait... et parfois, oui, parfois ses gamineries lui manquaient et la Congrégation semblait vide sans lui. Alors, il passait son temps à s'entraîner ou à méditer et au retour du roux, tout recommençait. Le Japonais ouvrit la bouche pour dire quelque chose puis la referma. L'autre semblait si fatigué. Ce dernier posa son regard si noir sur lui et brisa le silence :
- Je peux te demander une chose ?
- Hn ?
- Est-ce que tu pourrais me serrer dans tes bras ?
- ...?
- S'il-te-plaît.
- Tch'
Le ton qu'il avait utilisé ne laissait pas la place à un "Non.", il semblait si vulnérable. Kanda le prit dans ses bras. Après une courte étreinte, l'autre se libéra pour lui faire face.
- Tu vois, tu peux être aimable quand tu veux. Tu sais... je vais disparaître.
- Pourq...
- Un corps n'a besoin que d'un seul propriétaire. Je suis de trop. J'ai été heureux de passer mes derniers moments avec toi et d'avoir réussi...peut-être...
- Non...
- S'il-te-plaît, ne fais pas l'enfant. Au fond de toi, tu sais tout depuis le début.
L'autre sourit tristement et saisit faiblement la main de Kanda. La force qu'il avait possédée, totalement disparue. Kanda l'allongea sur ses genoux, puis caressa distraitement ses cheveux, ne sachant que faire. L'autre le fixait de ses yeux trop semblables aux siens. Des larmes perlaient sur ses joues mais il lui sourit. Finalement, il s'évanouit entre les bras de Kanda, ne laissant une brise douce comme seule trace de son passage et ces mots soufflés d'une voix douce :
- Au revoir, Yuu. Tâche d'être heureux.
Un rayon de soleil avait habilement percé la barrière des rideaux de Kanda et déversait à présent sa lumière sur le visage du brun. Gêné, celui-ci ouvrit difficilement les paupières. Il avait fait un rêve plus qu'étrange. Il se redressa et s'étira comme un chat au réveil. En se frottant les yeux, il s'aperçut qu'ils étaient mouillés ainsi que ses joues. Il avait réellement pleuré. Le doute le prit : n'était-ce vraiment qu'un rêve ou autre chose ? Il ressentait une tristesse infinie. Mais était-ce vraiment la sienne ? Le Japonais se remémora sa conversation avec l'autre comme il l'appelait. Ce dernier lui avait souhaité d'être heureux...
- Lavi, murmura le kendoka.
Un chapitre exclusif sur Kanda ! J'espère qu'il vous a plu !
Le prochain chapitre sera le plus long et le dernier. Voilou !
Une tite review pour Sushi et sa fic ?
