Bon, allez, je me sens d'humeur généreuse aujourd'hui, alors, en bonus un chapitre supplémentaire.

Merci Edenlight; Darkklinne et Axire pour vos encouragements, en espérant ça continue à vous plaire.


Le lendemain, alors que je préparais Ombre et que Bofur s'était éloigné, Thorin s'approcha de moi.

-« Etes-vous sûre de vouloir nous accompagner ? Êtes-vous sûre de pouvoir supporter de vivre dans les galeries, loin du soleil ? »

Je me tournais vers lui.

-« Je croyais que je pourrais sortir, si j'en avais envie. » dis-je, me sentant soudain vaguement inquiète. Et si une fois dans la montagne, il m'enfermait ?

-« Evidemment que vous pourrez sortir. » Dit-il en me regardant comme si j'étais profondément débile. « Mais au quotidien, quand vous sortirez de chez vous, vous n'aurez plus le ciel au dessus de votre tête. Notre cité est souterraine. Et vous semblez ne pas supporter de vous sentir enfermée »

-« A Bree, j'avais le ciel au dessus de ma tête. Ça n'empêche pas que j'y étais bien plus enfermée. Alors, je suis prête à prendre le risque. Et puis… je pourrais toujours partir si ça ne se passe pas bien. »

Il pinça les lèvres.

-« Bofur sera malheureux si vous partez ».

Je clignais des paupières, surprise qu'il évoque ce sujet.

-« Je ne veux pas le perdre. Il est la plus belle chose qui me soit jamais arrivée. Mais je ne suis pas naïve. Il peut se lasser de moi ».

-« J'en doute. ». Soupira-t-il avant de tourner les talons.

-« Qu'est-ce qu'il voulait ? », demanda la voix de Bofur derrière moi.

-« Rien d'important » lui répondis-je en me tournant vers lui.

Il s'approcha et pris ma main.

-« Tu es sûre de vouloir venir avec moi sous la montagne ? Je ne veux pas que tu ais l'impression que je cherche à t'enfermer ».

Je ris, il ne compris pas pourquoi. Pour éviter les questions, je l'embrassais. Là, au milieu de la cours de l'auberge, alors que tout le monde pouvait nous voir. C'était la première fois que je l'embrassais en public. Il sourit.

-« Allez, en route », dit-il « Si nous partons maintenant nous arriverons en fin d'après midi. J'ai hâte de te faire découvrir mon chez-moi. »

Alors que nous chevauchions côte à côte, je lui dis

-« Ton frère et ton cousin ne vont-il pas être… Enfin, je veux dire… Je »

-« Ne t'inquiète pas. Ils vont t'adorer. Mon frère est très gourmand, et tu es bonne cuisinière… Et mon cousin… il est un peu particulier, mais pas méchant »

Oulà ! Qu'est-ce qu'il voulait dire par là.

Il dû voir la question sur mon visage, parce qu'il repris :

-« Il a été blessé, lors d'une bataille contre les orcs de la Moria. Il a une hache dans le front. Depuis, il ne parle plus que notre ancienne langue, mais à part ça, il n'a pas de séquelles... Bon, c'est vrais qu'il peut être un peu intimidant quand on ne le connaît pas… mais je suis sûr que ça se passera bien ».

Soudain, je me demandais si ça avait été une très bonne idée de le suivre. Mais il me suffit de croiser son regard pour réaliser que je l'aurais suivi n'importe où.

En fin d'après-midi, nous arrivâmes en vue des portes de la citée des nains. J'en restais bouche bée. Elles étaient immenses, peut-être une vingtaine de mètres de haut, entourée de bas reliefs et de statues finement travaillés.

La nouvelle du retour de Thorin s'était déjà répandue et nous entrâmes dans la citée devant une haie de gardes et de badauds. Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait tant de spectateurs lorsque nous arriverions et je me sentais vraiment mal à l'aise. Je sentais de la curiosité dans les regards qui se posaient sur moi et regrettais soudain d'avoir les cheveux attachés. J'aurais aimé pouvoir me cacher derrière. Je regrettais aussi qu'Ombre soit si grand, j'avais l'impression qu'on ne voyait que moi. Ce qui devais être le cas d'ailleurs. Bofur chevauchait à côté de moi. Il attrapa ma main et la serra pour me rassurer. J'entendais des murmures. Je ne comprenais pas ce qu'ils disaient et même s'ils n'avaient pas l'air hostiles, je me sentais très angoissée.

Nous nous arrêtâmes sur une sorte de place, devant ce qui semblait être des écuries. Nous descendîmes de cheval. Je restais contre Ombre, pendant que Bofur s'éloignait un peu pour discuter avec un nain qu'il connaissait.

Je vis Thorin discuter avec un vieux nain à la longue barbe grise et tressée. Ils se rapprochèrent et le vieux nain examina le colis de plantes que Thorin m'avait commandées, avant d'ordonner à deux plus jeunes nains de le décharger.

-« Je te remercie Thorin. J'ai du mal à me procurer ces simples. » Dit le vieux nain.

Thorin lui répondit que ce n'était rien, puis croisant mon regard, il repris, légèrement moqueur :

-« D'ailleurs, on ne t'as pas ramené que les plantes. Bofur a aussi ramené l'herboriste »

Je vis la stupeur dans les yeux du vieux nain. Son regard passait de moi à Thorin, incrédule.

Je me serrais un peu plus contre l'épaule de mon cheval, tout en m'efforçant de lui sourire.

Le vieux nain s'approcha de moi.

-« Ainsi donc, c'est vous l'herboriste de Bree. J'ai entendu parler de vous ».

Ah bon ? Soudain je fus inquiète de savoir ce qu'on avait bien pu lui raconter.

-« UNE herboriste. Ça ne cours pas les rues… mon homologue des Monts de Fer m'a dit que vos plantes étaient toujours d'excellente qualité. »

Je soupirais de soulagement.

-« Je vous remercie, Maître nain… Si vous voulez demander à vos aides de venir, il y a un autre colis pour vous ici. » dis-je en désignant mon paquetage, encore accroché à ma selle.

Il leva la tête vers le harnachement de mon cheval et dit :

-« Oh, il va leur falloir un marche pied... ou plutôt un escabeau. ».

-« Ce ne sera pas nécessaire…. Ombre, en bas »

Il rit lorsqu'il vit le cheval se coucher et s'approcha du paquet que je lui avais désigné. Je vis ses yeux briller lorsqu'il inventoria les plantes et préparations qui y étaient rangées.

-« Ma Dame, c'est là un précieux présent que vous me faites ». Dit-il en s'inclinant devant moi.

Je fus gênée.

-« Non, non… c'est la moindre des choses… Je dois tellement à vos amis » dis-je en regardant Thorin.

Bofur nous rejoignit, et passa son bras autour de ma taille avec naturel. Je vis le vieux nain sourire.

« Ah, Oïn. Je vois que tu as fait connaissance avec ma nouvelle vendeuse. »

Oïn haussa un sourcil et ricana gentiment en regardant le bras de Bofur autour de moi :

-« Ta nouvelle vendeuse, hein ?... Je croyais que Madame était herboriste. »

-« C'est vrai » dis-je « J'étais herboriste, mais Bofur m'a proposé de tenir sa boutique de jouet. »

« Je vois… Toutefois, si Bofur n'y voit pas d'inconvénients… j'ai une proposition à vous faire. Comme vous devez le savoir, il y a dans notre citée quelques autres jeunes femmes humaines et moi, je suis un vieux nain auquel elles ont parfois du mal à parler de leurs ennuis de santé. Alors, je me disais que, peut être vous accepteriez de me seconder et de vous charger d'elle… »

Bofur rit devant mon air éberlué. Il serra un peu son bras autour de ma taille en disant :

-« Qu'est-ce que tu en dit ? C'est une bonne idée ! »

Je clignais des yeux stupidement.

-« Je… c'est une proposition très… mais… »

Le vieux nain me sourit en disant :

-« Excusez-moi, je suis vraiment impoli de vous aborder ainsi, alors que vous venez juste d'arriver et que vous devez être fatiguée… Quand Thorin m'a dit qui vous étiez, j'ai tout de suite pensé qu'une association serait une bonne idée… mais nous aurons l'occasion d'en reparler lorsque vous serez installée. En attendant, réfléchissez-y. »

Il s'inclina à nouveau devant moi, serra la main de Bofur et caressa l'encolure d'Ombre avant de suivre ses aides qui emportaient les colis.

Je restais stupéfaite en le regardant s'éloigner. Je croisais le regard de Thorin et il me sembla deviner un petit sourire vaguement moqueur sur son visage.

-« Nim… ça va ? » demanda Bofur.

Je secouais la tête pour récupérer mes esprits et me tournais vers lui :

-« Oui, je crois… »

Je jetais un coup d'œil autour de nous et constatais que, la première surprise passée, les nains ne semblaient plus s'intéresser à moi, même si Bofur me tenait par la taille. Je me tournais vers lui. Il rit et m'embrassa. J'eus un mouvement de recul et écarquillait les yeux. Je surpris quelques regards amusés sur nous et des sourires attendris.

-« Tu n'es plus a Bree. Ici, nous n'avons pas à nous cacher. »

Je compris qu'il avait fait exprès de m'embrasser, même s'il savait que je serais terriblement gênée. Il voulait que je vois par moi-même la réaction des gens autour de nous.

-« Je crois que je vais me plaire ici. » lui dis-je