Chapitre 10:
Lorsque Melissa entra dans la cuisine ce matin là, elle fut surprise de trouver un paquet posé à sa place. Elle interrogea du regard les quatre hommes présents, mais ils haussèrent les épaules, comme pour dire qu'ils ne savaient pas d'où ça venait. Ce qui était vrai pour trois d'entre eux.
La femme les regarda tour à tour puis eut un petit sourire en voyant l'un des garçons détourner le regard, soudainement plus intéressé par son petit déjeuner que par elle. Melissa prit le paquet dans ses mains, celui ci était assez léger et mou. Elle le porta à son oreille et le secoua, faisant rire John.
- Chérie, ce n'est pas en le secouant que tu pourras savoir ce qu'il y a dedans.
- Il a raison, maman, pour ça, il faut que tu l'ouvres. Dit Isaac.
Melissa regarda à nouveau les quatre garçons assis autour de la table puis commença à ouvrir le paquet, enlevant le scotch. Malgré sa curiosité, elle faisait exprès de prendre son temps afin d'attiser celle de ses hommes. Elle fini par l'ouvrir totalement et en sorti une petite couverture patchwork de différents bleus, pour bébé.
- Je connais cette couverture. Souffla John en tournant la tête vers son fils.
L'homme fut imité par Scott et Isaac qui le regardait curieusement. Stiles se mordilla la lèvre, gêné, les joues légèrement rouges, avant d'oser lever le regard vers Melissa.
- Je... Hum... C'était maman qui l'avait faite spécialement pour moi, quand elle a su qu'elle attendait en garçon. Je sais qu'elle est bleu et que tu attends une fille mais... J'aimerais bien que tu la mettes sur son lit. Enfin, si... Si tu veux bien.
Melissa regarda l'adolescent, attendrie. Elle garda la petite couverture contre elle et s'approcha de Stiles, passant un bras autour de ses épaules.
- Je suis vraiment touchée par ton cadeau, Stiles. Et je suis certaine qu'elle va aimer cette petite couverture autant que moi. Dès que sa chambre sera prête, je la mettrais sur son lit.
- On pourra lui dire qu'elle était à moi ? Que c'était ma maman qui l'avait faite et que je lui en ai fait cadeau ?
- Je ne comptais pas le lui cacher.
La femme allait se détacher de Stiles, après lui avoir fait une caresse dans les cheveux mais celui ci la retient en entourant sa taille de ses bras. L'adolescent posa sa tête sur le ventre arrondie de Melissa et murmura :
- Merci Melissa.
- Merci à toi mon Grand. Répondit la femme, émue, en entourant à nouveau les épaules de Stiles.
Ils restèrent de longues minutes dans cette position avant de se séparer. Melissa alla ranger la couverture dans son placard avant de redescendre dans la cuisine, où elle trouva ses hommes entrain de d'assaillir Stiles de questions qui les ignorait superbement.
- Laissez le tranquille, tout les trois. Dit-elle en se servant un grand verre de jus de fruit.
- Mais... Commença Scott.
- C'est un ordre, jeune homme.
Le garçon grogna mais obéit tout comme son frère et son beau père.
- On part à quelle heure, papa ? Demanda Stiles après un moment de silence.
- Dans une heure environ.
- Okay. Je vais me doucher alors.
Stiles débarrassa son bol puis monta en courant dans la salle de bain.
OoO
Stiles et son père étaient partis vers les onze heures. Ils étaient allés à la librairie où l'adolescent avait choisi trois nouveaux livres avant d'aller dans un magasin de meubles où Stiles regarda avec envie les grands lits avant de finalement choisir une deuxième bibliothèque, la sienne n'ayant pratiquement plus de place.
- Nous vous la livrerons lundi. Avait dit le vendeur.
Le père et le fils avaient hoché la tête puis étaient sortis du magasin une fois que John avait payé. Ils s'étaient arrêtés dans d'autres magasins où John gâta (certainement un peu trop) son fils. Vers les treize heures, ils se décidèrent à aller manger, choisissant sans hésiter le fast food le plus proche puis allèrent ensuite au cinéma où Stiles proposa d'aller voir Le Hobbit : La bataille des cinq armées (1). Là bas, ils s'étaient tout les deux choisi un gros paquet de pop corn qu'ils vidèrent totalement.
Lorsqu'ils sortirent du cinéma, Stiles regarda son père avec un sourire un peu enfantin.
- Dis papa ? Tu as encore de la place pour une glace ?
- J'ai toujours de la place pour une glace, fiston.
- Alors viens !
Stiles traîna son père jusqu'au glacier le plus proche où ils s'installèrent devant deux grandes coupes de glaces, recouverte de crème chantilly. John mangeait tranquillement sa glace, écoutant son fils qui essayait de trouver sa scène favorite du film qu'il venait de voir.
- Bon, j'abandonne. Je crois que je n'arriverais pas à trouver ce que j'ai préféré dans ce film ! Et toi, papa ? Tu sais ce que tu as préféré ?
- Ce que j'ai préféré, fiston, ce n'est pas ce film mais de pouvoir passer du temps avec toi.
- Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas fait de sortie tout les deux.
- Bien trop longtemps. J'aimerais qu'on fasse ça plus souvent.
- Je pense que ça serait bien. Tu m'as manqué, papa. Vraiment. Mais j'étais perdu et tellement en colère contre le monde entier et contre moi même.
- Je sais, Stiles. Je t'ai vu changer, et je me sentais impuissant. Je te voyais te renfermer sur toi même et j'étais incapable de t'aider. Tu n'imagines même pas à quel point je suis heureux de te voir aller mieux. Tu t'es fait des amis, tu parles beaucoup plus qu'avant, même si ça reste moins qu'il y a quelques années. Tu commences à accepter de vivre ici, tu as l'air d'apprécier Melissa et j'ai compris que tu es aussi impatient que nous de voir le bébé naître.
- C'est le cas, papa. Pour tout ce que tu viens de dire. J'apprécie Melissa, mais... J'avais peur qu'elle essaye de prendre la place de maman, de la remplacer. Je la rejetais pour ça et aussi parce que j'avais un peu la sensation qu'elle me piquait mon papa. Je n'avais plus que toi, j'étais ta seule priorité et d'un coup, je me suis rendu compte que ce n'était plus le cas. Melissa et le bébé à venir l'étaient aussi, tout comme Scott et Isaac. Je sais que tu les aimes comme tes fils. Je le vois dans ta façon d'agir. Je te connais autant que tu me connais, papa. Mais, tu n'as plus de soucis à te faire. J'ai compris que Melissa ne voulait pas remplacer maman même si elle veut être la pour moi. J'arrive à lui laisser une place dans mon cœur. J'aime bien Scott et Isaac. Et leurs amis deviennent un peu les miens aussi. Je les apprécie tous pour être honnête. Pour finir, je suis plus qu'impatient de voir le bébé naître, papa. Elle sera ma petite sœur et je compte bien la protéger de ce monde de fou.
- Je suis heureux de savoir tout ça, mon fils. Et je veux que tu saches que même si la famille s'agrandit, je t'aimerai toujours autant, et tu seras toujours mon bébé. Un bébé de dix huit ans, mais tu es quand même mon bébé.
- Je crois que même lorsque j'aurais quarante ans, je resterais ton bébé.
- Exactement, fiston. Sourit John. Tu vas mieux, n'est ce pas ?
- Pour être honnête, oui, je vais mieux. Mais, j'ai toujours une partie de moi qui est en colère. Il y a, en moi, comme un animal fou de chagrin qui hurle constamment de douleur. J'en ai parlé avec Derek, et il m'a expliqué que quoique je fasse, je sentirais toujours cet immense chagrin en moi. Je dois juste apprendre à vivre avec et c'est ce que j'essaie de faire. Parfois la douleur semble moins forte qu'à d'autres moments, mais elle ne me submerge plus autant qu'avant.
- Si un jour ça va moins bien qu'un autre, viens me voir, Stiles. Je serais toujours là pour te soutenir et t'aider à aller mieux.
- Je sais papa. Et j'essaierais de m'en souvenir si un jour je craque.
Le silence s'installa entre le père et le fils, mais celui ci n'était pas tendu comme il avait pu l'être par le passé. Il était même plutôt agréable et John en profita un moment avant de le rompre, curieux.
- Dis, Stiles ?
- Oui, papa ?
- Je sais que tu n'aimes pas parler de ta vie privé, mais, je me demandais... Est ce que tu as rencontré quelqu'un ?
- Rencontré quelqu'un dans le sens d'avoir un petit ami ?
- Oui, dans ce sens là.
- Alors, non, je n'ai pas de petit ami. Cependant, il y a ce garçon qui me plaît vraiment beaucoup.
- Qui ça ? Demanda John, de plus en plus curieux. Est ce que je le connais ?
- C'est Derek. Avoua Stiles, les joues légèrement rouges. Je te jure papa, ce mec me rend dingue.
- Derek ? Je trouve que c'est un beau garçon. Il est gentil et toujours très poli. Même si j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que ce soit lui qui te fasse tourner la tête. Je ne dis pas ça parce qu'il a 24 ans, mais parce que je ne savais même pas que vous étiez suffisamment proches pour qu'il te « rende dingue », comme tu dis si bien.
- On parle énormément lui et moi. On s'échange même des messages tout les jours. Il a été le premier à me faire sentir un peu mieux. Confia Stiles.
- Et bien, je veux que tu saches que si jamais, un jour, il se passe quelque chose entre vous deux, n'aie pas peur de m'en parler, je ne le ferais pas fuir et je te promets de ne pas lui faire le coup du « si tu fais du mal à mon fils, je te tue. ».
- Je suis heureux de savoir ça papa. Mais on en reparlera si un jour je me mets avec lui.
- Je penserais toujours de cette façon, Stiles. Que tu sortes avec lui ou un autre garçon. Je ne veux que ton bonheur. Dit John. Allez, fini ta glace avant qu'elle ne fonde.
OoO
Ils venaient d'entrer dans la voiture de John lorsque celui ci reçu un coup de téléphone. Il décrocha et au fur et à mesure que la discussion avançait, ses sourcils se fronçaient. Il raccrocha et regarda son fils qui le fixait curieusement.
- On ne rentre pas maintenant, j'ai une urgence, il faut qu'on fasse un détour. Mets ta ceinture.
Stiles hocha simplement la tête et mis sa ceinture, imité par son père. L'homme semblait contrarié lorsqu'il démarra sa voiture et Stiles n'osait pas poser les questions qui se bousculaient dans sa tête. Où allaient-ils ? Quelle était cette urgence qui le mettait dans un tel état ? Pourquoi est ce que son père semblait aussi mal ?
- Papa ? Pourquoi vas-tu dans la forêt ? Demanda Stiles lorsque son père s'engagea sur un chemin menant aux bois.
John ne répondit pas et Stiles se renfrogna sur son siège. Il colla sa tête contre la vitre et regarda les arbres défiler. Il glapit lorsque son père s'arrêta devant le manoir Hale où des pompiers et deux voitures de polices se trouvaient.
- Reste là. Dit John en coupant le moteur.
Il détacha sa ceinture et sorti de son véhicule, s'avançant d'un pas rapide jusqu'à son adjoint avec qui il échangea quelques mots rapides. Stiles l'observa avant de tourner son regard sur le brancard qu'ils étaient entrain de mettre dans le camion. Le corps qui était posé dessus semblait petit. Le cœur de Stiles se serra lorsqu'il réalisa qu'il s'agissait d'un enfant.
Désobéissant, l'adolescent retira sa propre ceinture et sorti de la voiture, courant jusqu'au camion où il grimpa, ignorant les protestations des pompiers.
- Oh mon dieu... Souffla Stiles.
- Stiles ! L'appela son père. Descend d'ici, immédiatement ! Il faut l'amener à l'hôpital !
- Papa... Je connais ce gamin... Je l'ai vu une fois ! Il... C'est Noah Reyes, le petit frère d'Erica ! Je l'ai vu il y a deux jours lorsque je suis allé faire mon devoir de chimie chez Erica. Il allait parfaitement bien ! Il allait bien, papa !
Stiles redescendit du camion et s'approcha de son père.
- Erica va être dévastée...
John ne répondit rien à son fils et le prit dans ses bras, le serrant doucement.
- Il va s'en sortir. Il se réveillera. Fini par dire l'homme après un moment.
Il se détacha à contrecœur de son fils et s'avança vers un de ses agents qui l'appelait, Stiles sur ses talons.
- Shérif ! Il y avait ce sac à dos par terre, pas loin du gamin. On en fait quoi ?
- Je peux l'avoir ? Demanda Stiles. Je le donnerais à Erica. Je ne pense pas qu'il vous aidera à trouver pourquoi Noah est dans le coma, n'est ce pas ?
Stiles fixa son père, essayant de le faire craquer avec son regard. L'homme soupira puis hocha finalement la tête.
- Donnez-le-lui. Il a raison, ce sac ne nous sera pas utile dans cette affaire.
- Merci papa.
Stiles prit le sac que l'agent lui tendait et le serra contre lui.
- Retourne dans la voiture, Stiles. Je n'en ai pas pour longtemps. Je vais interroger le couple de coureur qui a trouvé le garçon.
L'adolescent hocha la tête puis se détourna et commença à marcher lorsque son regard capta une lueur violette. Il tourna la tête et son cœur s'affola lorsqu'il eut l'impression que deux yeux violets l'observaient. Il se tourna vers son père, voulant voir s'il avait vu quelque chose avant de poser à nouveau son regard à l'endroit où se trouvaient les yeux. Mais il n'y avait plus rien à part les arbres. Ils semblaient avoir disparu. Effrayé malgré lui, Stiles retourna dans la voiture, le sac serré contre lui, ses griffes s'enfonçant dans le tissu.
OoO
Lorsqu'ils étaient rentrés, Melissa était seule, installée tranquillement devant la télé. Scott et Isaac étaient sortis, invités chez Boyd, tout comme Jackson, où ils allaient y passer la nuit. Stiles monta poser le sac à dos dans sa chambre puis redescendit au salon, s'asseyant à côté de Melissa. Il oublia pendant un petit moment Noah, son sac et les yeux violets, et raconta à Melissa toute sa journée, qu'il avait passée en compagnie de son père, pendant que celui ci vidait le coffre de la voiture.
- Tu as passé une bonne journée alors ? Demanda la femme.
- Oui ! Je suis vraiment content d'avoir passé cette journée avec lui. C'était super et papa m'a promis qu'on en ferait d'autres de temps en temps. Je pense que ça nous a fait du bien de nous retrouver ensemble.
- Je suis d'accord. Vous en aviez besoin.
Melissa sourit tandis que John entrait dans le salon, les mains pleines de sacs.
- Stiles ? Récupère ce qui t'appartient, s'il te plaît.
- Oui !
L'adolescent se leva et prit les sacs que son père lui tendait avant de monter dans sa chambre. Il les posa au sol puis s'assit sur son lit, le sac à dos de Noah entre les mains. Poussé par une intuition, il l'ouvrit et le vida. Un doudou en sorti ainsi qu'un papier plié en deux. Stiles le ramassa et l'ouvrit.
« Il n'est que le commencement de ma vengeance. La prochaine fois, je m'attaquerais directement à ta meute. »
Stiles lâcha le papier comme si celui ci l'avait brûlé. Il n'avait pas de meute mais connaissait quelqu'un qui en avait une. Il fouilla dans la poche de son jean et en sorti son téléphone.
« Il faut qu'on parle. »
A suivre.
(1) Bon, j'avoue que techniquement, si on suit la chronologie de ma fiction, le film n'est pas censé être sorti. Mais, hey ! C'est Le Hobbit quoi ! (Oui oui, c'est une raison totalement valable pour que Stiles et son père aillent voir un film sorti en décembre 2014 alors que l'histoire se passe quelques mois plus tôt.)
