Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jushiro Ukitake

Rating : T

Warnings : langage vulgaire

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jushiro Ukitake…

Réponse à la review anonyme :

Itachihaku : Bah ouais, mais t'inquiète, c'est toujours pour en dire du bien :) Merci pour ta dernière review dans Eclipse Totale, même sans inspi c'est cool !Mmmmh, non, pas vraiment... Shunsui n'a pas grand chose à voir là dedans, à part le fait qu'il soit indisponible x) Dommage ! (mais il va se rattraper...)
Belle idée, mais ça n'est pas exactement ça... réponse maintenant !
Longue review = longue réponse, merci à toi !
Voici la suite, bonne continuation !

G x J

La neige avait fondu depuis longtemps. La terre gorgée d'eau ruisselait sous le soleil froid de ce mois de janvier. Les allées sablonneuses se couvraient de grandes flaques qu'il fallait éviter en zigzaguant. Le cimetière était envahi de touriste, vêtus de cirés et de bottes en caoutchouc, venus admirer ici les tombes les plus connues. Jûshirô se sentait comme une anomalie parmi ces visages radieux et ces couleurs vives, lui, le grand corbeau aux ailes sombres, aux yeux maladifs et au visage trop fin, trop pâle.

Il avait reçu un message de Grimmjow sur son portable, lui demandant de se rendre sur la tombe d'Oscar Wilde, le célèbre écrivain irlandais. C'est en se rappelant la taille et le nombre d'entrées du père Lachaise que le porte-parole avait compris : c'était bien trop grand pour se tomber dessus par hasard. Il aurait dû y penser avant, mais tout à son excitation de grand gamin, il n'avait pas réfléchi à autre chose qu'à ce qu'il voulait voir parmi ces stèles, et à ce projet qui avait mûri dans sa tête durant ses nuits blanches.

Le tombeau de l'auteur du Portrait de Dorian Gray était englouti sous un troupeau de visiteurs. Jûshirô grimaça en pensant qu'il valait mieux que le monument soit protégé par une vitre. Cela le dépassait un peu, qu'on puisse s'agglutiner comme ça sur un morceau de caillou sculpté. Il aimait beaucoup Oscar Wilde, plus que la plupart de ces touristes, sûrement, mais pas au point de se coller avec jouissance contre sa dernière demeure…

Dans l'allée surpeuplée, il aperçut Grimmjow. Le jeune homme semblait déjà fatigué de cette foule bigarrée et étouffante. Sous son jean et son sweat usés, la panthère se retenait de bondir et de saisir les passants à la jugulaire. Jûshirô sourit en pensant qu'avec lui, la première impression était définitivement la plus véridique, au vu de ce que lui avait dit Kensei. Le jeune photographe joua des coudes pour se retrouver près du porte-parole.

« Salut, Jûshirô ! fit-il avec un soudain sourire de prédateur.

- Bonjour, Grimmjow. Tu vas bien ?

- Ouais, ça pourrait aller si j'avais pas tous ces crétins ébahis dans les pattes. Et toi ?

- Je ne me porte pas trop mal. Mieux que la dernière fois, en tout cas. »

Le bleuté détailla son compagnon. Oui, il avait l'air en meilleure forme. Mais même si la température était plutôt douce pour un mois de janvier, il portait encore son long manteau noir et son écharpe. Comme une armure face aux autres, pensa Grimmjow.

« Alors, demanda-t-il, c'est quoi l'programme ?

- Eh bien, j'aurais voulu voir une tombe avant de te parler du projet…

- Tsss, faut l'dire si t'es v'nu que pour ces foutus cailloux.

- Non, bien sûr que non, je…

- Allez, bouge ! Plus vite on aura vu c'te tombe, plus vite on passera aux choses sérieuses ! »

Poussé par Grimmjow, il sortit de l'allée de leur rendez-vous. Accroche-toi, Jûshirô, se dit-il. Ce Jaggerjack a l'air de savoir ce qu'il veut…

G x J

Ils marchèrent quelques minutes en silence, côte à côte. Grimmjow bouillonnait d'impatience. Il ne supportait pas la façon dont Ukitake faisait durer les choses. C'était… frustrant. Et il n'avait pas l'habitude d'être frustré. Mais quelque chose l'empêchait de bousculer l'homme si fragile qui l'avait invité dans le cimetière le plus joyeux qu'il ait jamais vu.

Leurs pas les menèrent, à travers les monuments dédiés aux deux Guerres Mondiales, à une petite tombe de pierre grise, où étaient inscrits quelques mots :

Paul Eluard, 1895 – 1952

La stèle n'était pas très grande, ni très ornementée, et sa sobriété était rafraîchissante comparée à la lourde silhouette des grands tombeaux familiaux, un peu plus loin. Jûshirô la contempla, ému.

« C'est qui ? » demanda Grimmjow, brisant le recueillement du porte-parole.

Celui-ci le regarda avec des yeux ronds.

« Je te demande pardon ?

- J'te demande qui c'est, Eluard. J'ai d'jà entendu son nom, mais j'me souviens plus de qui c'est.

- C'est… c'est un très grand poète français. Très célèbre.

- Et il a une tombe aussi minuscule ? D'vait être modeste.

- Et pas très riche… Mais tu n'en as jamais entendu parler ?

- Bah non. Enfin, si, p'têtre, mais pas beaucoup. »

Jûshirô était consterné. Quand même, Paul Eluard… Il ne demandait pas à Grimmjow de connaître Gérard de Nerval, mais Eluard, il était autrement plus connu !

« Bon, maintenant qu't'as rendu hommage au poète, t'vas p'têtre pouvoir m'parler d'ce fameux projet…

- Oui, je… tout de suite. »

Il ne revenait toujours pas de l'ignorance du jeune homme.

G x J

Ils trouvèrent un petit banc à l'abri d'un arbre et pas trop humide, et s'installèrent. Dans les branches, une volée de moineaux piaillait.

« Alors ? lança simplement Grimmjow.

- Alors ce que je vais te proposer va te paraître fou, digne du vieux cinglé que je suis, mais j'aimerais vraiment le mettre en œuvre.

- Vieux, je sais pas, cinglé, sûrement ! Ya qu'un taré pour me proposer d'aller se balader dans un cimetière pour parler affaire… Mais tu sais quoi ? J'aime bien les tarés. »

Le jeune homme s'installa plus confortablement sur le banc, avec un sourire pour son compagnon.

« Vas-y, j't'écoute, surprends-moi !

- Eh bien voilà : je me demandais si tu accepterais que je te photographie.

- Quoi ?! »

Le jeune homme n'en revenait pas. Il s'attendait à une expo, un projet photo qu'on lui aurait confié, même un reportage ou une sorte de première partie pour un grand photographe. Mais Jûshirô lui demandait d'être… son modèle ?! Il ne savait même pas que le porte-parole était lui-même artiste…

« Tu… tu… t'fous d'ma gueule ?!

- Attends ! Laisse-moi finir. Mon projet, c'est de réaliser une mise en abîme de la photographie. De te prendre pendant que toi-même tu appuies sur le déclencheur. Comme un deuxième regard, furtif, silencieux, observateur, qui te suivrait là où te mèneraient tes clichés.

- Une photo dans la photo…

- Exactement ! Montrer l'artiste qui se cache derrière l'image, remettre notre art dans son contexte !

- Et mettre sous le nez de tous ces spectateurs aveugles que le photographe s'investit à fond dans ce qu'il expose… Putain, ça claque ! »

Jûshirô rit.

« Je n'aurais pas dit ça comme ça, mais bon… Alors, partant ?

- Tu rigoles ? Ouais, sûr que j'suis partant ! On commence quand ? »

L'impatience du bleuté fit de nouveau rire le porte-parole. Au moins son enthousiasme était partagé… Il était tellement soulagé que le jeune homme accepte sa proposition. Cela annonçait un nouveau départ dans sa carrière, un souffle renouvelé, une renaissance.

Et là, sous le soleil de janvier, il se dit qu'il s'était rarement senti aussi jeune.

G x J

Voilà, c'était le chapitre 11 de Citap ! J'espère qu'il vous aura plu, et que ce projet vous inspire autant que moi...

Prochain chapitre dans un moment, car je pars en Irlande demain, pendant deux semaines... Pays merveilleux ! :D

En tout cas, la prochaine fois, catapultage direct dans la réalisation du projet ! Patatrac boum ! :P

Une petite review, pour éviter que je vous oublie après mon voyage ? ;P