Oh oh oh. La fameuse bataille du ministère, Rodolphus toujours là, et... Surprise!
Ils n'auront pas le temps.
|Dis, quel est le chemin : la Vierge ou la Putain ?|
Ta main tremble, encore. Sur ton corps serpentent ces sueurs froides; les seules qui te tiennent encore alerte. Tu es en tête de ligne, aux côtés du Lord. Celui-ci transpire l'excitation – tu peux la sentir, son aura qui rase les murs, à la recherche de la moindre trace de Potter, du moindre ennemi à détruire. L'ambiance t'est pesante, la tension accompagne chacun de vos pas. Rodolphus, derrière toi, t'effleure doucement la main; inexplicablement attentionné depuis ces quelques jours. Peut-être la sent-il aussi, la fin, si proche. Sous ton masque, tes yeux étincellent d'une lueur sauvage, destructrice. Tu ne savais plus pourquoi tu t'évertuais encore à pourfendre tes adversaires avec une telle ardeur... Que ce soit pour la chimère d'une vie, ou l'utopie d'un but. Tu n'as jamais su, Bellatrix. Pourquoi cette fuite éperdue ? Pourquoi ?
D'un geste conquérant, le Seigneur des Ténèbres balaye toutes résistances s'opposant à lui. Les murs volent en éclat, des flammes viennent lécher les ruines. Et un pan de robe de sorcier entre dans votre champ de vision; le maître avait donc vu juste. Gamin Potter et sa bande sont bien venus.
Tu verras Bella'. Il aura Potter... Et tout redeviendra comme avant.
Implicitement, le signal est donné. Plus de retour en arrière possible. Baguette au poing, tu lances tes premiers sorts. Découpe, doloris, avada. Le sang gicle sur les murs, jusqu'à éclabousser tes robes et maculer ton visage, mais tu ne t'en soucie pas. Ne compte plus que cet objectif flou, cette cause peut-être perdue pour laquelle vous vous battez. Les visages défilent, crient, hurlent parfois, mais jamais suffisamment pour entraver ta progression. Tous ces mois n'auront finalement été qu'un rêve. Bah, qu'aurais-tu pu y gagner, à la finalité ?
Sur le chemin, quelques mangemorts t'avaient appris que les recherches de « la branche pourrie de l'arbre Malfoy » restaient infructueuses; celles de Rabastan également. Rodolphus l'insultait souvent, crachant sur sa lâcheté, son incapacité à tenir ses engagements. Une putain qui se pense toute-puissante. Sa verve et son agressivité retrouvée, il s'appliquait à bloquer chacun de ses comptes; le déshériter, même. Il avait voulu tout quitter, eh bien soit.
Le final de cet épopée s'avérait bien sombre. Et dans toute cette brume, cette petite sphère que tenait Gamin Potter. Était-ce bien cette chose que voulait le maître ? Le véritable but de cette ignoble mascarade.
« C'est Londubat, n'est-ce pas ? Lance Malfoy d'un ton narquois. Ta grand-mère a l'habitude de perdre des membres de sa famille pour les besoins de notre cause... Ta mort ne représentera pas un grand choc pour elle. »
« Londubat ? Répètes-tu. »
Ton visage émacié s'éclaire d'un sourire véritablement maléfique.
« J'ai eu le plaisir de rencontrer tes parents, mon garçon »
La première guerre; souvenirs impérissables, du temps où tu savais encore où aller. Tu les revoit, pauvres victimes pathétiques d'un engrenage qui les dépassait : de simples soldats, voués à mourir sous les assauts de l'adversaire. Ou pensaient-ils y réchapper ? Idiots.
« JE LE ZAIS BIEN ! Rugit Londubat. »
Il se démène alors avec tant de force que le Mangemort qui l'immobilisait s'écrie :
« Que quelqu'un le stupéfixe ! »
« Oh, non, non, non, réponds-tu »
Tu parais transportée, débordante d'excitation. Ton regard se porte sur Potter puis à nouveau sur Londubat. Peut-être qu'un peu d'exercice t'éclairera les idées, après tout. Cette pitoyable pleurnicharde rondouillarde rejoindrait enfin ses parents : internés dans le même service, ils pourraient à nouveau se comprendre.
Pour le plus grand bien, hein ?
« Voyons plutôt combien de temps peut tenir Londubat avant de s'effondrer comme ses parents... A moins que Potter préfère nous donner la prophétie ? »
Un soldat; soldat vicieux, mais soldat tout de même. Le maître avait choisit de te placer en première ligne – d'une certaine façon, il t'accordait à nouveau sa confiance. Tu courrais après ses envies, cherchant à retrouver ton statut perdu. Aux yeux des autres mangemorts, tu n'étais ni rien ni moins que sa seconde mais toi, tu te savais déchue depuis bien longtemps déjà. Depuis ce soir funeste, en réalité. Chambre 3. Tout y avait commencé... Tout s'y terminerait ?
Mais pour cela, tu devais encore survivre à ce jour-là.
|M|o|M|
Tiens. Ton cousin, Sirius Black te fait face. Tu pourrais le tuer d'un simple sort; mais tu t'amuse de ses répliques maladroites – et c'est bien son absence de réflexes qui le perdra. Il passe le voile, enfin. Il n'est plus. Devrais-tu en pleurer ? Ou rire de Potter et de son doloris sans conviction ?
Il faut vraiment vouloir la souffrance de l'autre, Potter ! Et y prendre plaisir. La juste et sainte colère n'aura pas beaucoup d'effet sur moi. Laisse-moi te montrer comment faire, d'accord ? Je vais te donner une leçon.
Rire te semble finalement une bien meilleure solution. Une vaste blague, cette parodie de bataille finale. Cela n'en avait jamais été une; pas pour les deux principaux rivaux. Mais signera-t-elle la fin de ton règne ? Après tout, tu n'es qu'un pion sur l'échiquier, malgré toutes tes tentatives pour t'en démarquer.
« Bella' ? BELLA ! »
Ils t'encerclent; ces vautours du ministère, à la recherche du moindre signe de faiblesse. L'aire de transplanage n'est qu'à quelques mètres d'ici : les franchiras-tu ? Deux de tes agresseurs s'effondrent brusquement, tués sur le coup d'un terrible sort de mort. Rodolphus les achève un à un, comme pris d'une folie meurtrière. Mais d'autres aurors refont déjà surface, à t'assaillir de sortilèges n'ayant rien à envier au répertoire mangemort.
Tu ne leur offrirait pas le plaisir d'aller pouvoir danser sur ta tombe.
L'éclat ne dure qu'une demi-seconde : une feinte et vous êtes déjà à courir comme des dératés vers l'aire de transplanage. Sur ton flanc droit, ton buste commence à se teindre de sang. Le souffle manque, mais tu y arrives enfin... Trois tours sur toi-même. Penser à prendre la main de ton mari au passage. Penser à un endroit où personne ne penserait vous trouver.
Moscou, manoir Dolohov, côté sorcier.
|M|o|M|
« Ton dernier échec ne t'avais pas suffit, Bella' ? »
« Apparemment pas. »
Ta voix n'est plus que mince murmure sifflant. Quand bien même tu crèverais ici, tu aurais au moins eu la satisfaction de salir son beau dallage marbré luisant. Rodolphus s'applique à te soutenir autant qu'il peut. Il ne dit rien, mais sa colère bouillonne... Tu la sens, toute proche d'exploser.
Les fantômes du passés reviennent s'exorciser devant tes yeux. Serait-ce ces tâches dansantes ?
« Je vais... appeler un guérisseur, tiens. PINKY ! Transporte-là jusqu'à la chambre noire. Et toi, Lestranges... »
Une gerbe de sang vient un peu plus salir le sol; sale état. Le russe serait-il inquiet ? Tu aurais pu jurer que ses mains te palpant doucement le flan tremblent. Il n'énonce plus ses ordres,mais les aboie. Rodolphus fini calé de force sur un canapé, sans aucune possibilité de se récrier. On te fait monter quelques volées de marches, traverser de longs couloirs. Sous ton dos, la douce sensation d'un matelas autour de toi, quelqu'un s'affaire. Dolohov se tient toujours dans la pièce, tu peux sentir sa magie s'agiter violemment... Et pourtant, tu le sais toujours impassible.
Dans ta gorge coule un liquide des plus infectes – potion de soins, sûrement. Pourtant, ces tâches devant tes yeux ne font que grandir.
« Hey, Vlad'. Tout cela me rappelle le printemps de notre cinquième année – tu m'avais offert un putain de cadeau empoisonné. Des fleurs divines, absolument sublimes. Les plus belles qu'il m'ait jamais été donné de voir. Mais leur parfum dégageait un puissant hallucinogène, et ses pics... Du poison, mortel à trop forte dose. Je les avait senties, j'avais délicatement effleurée ses épines, un étrange réflexe... J'avais fini sur un lit, à agoniser, complètement délirante. T'en souviens-tu ? Ce jour-là, je t'avais tout déballé. Et toi, toi... Tu m'avais simplement fait prendre l'antidote. Et nous n'avions plus jamais reparlé de cet incident. Tout. Imagines-tu ? Et toi, tu faisais l'indifférent. Je t'ai haït pour cela, tu sais. T'es vraiment qu'un salaud, Vlad'. »
« Je sais. »
« Notre première rencontre... Je cherchais quelqu'un sur qui tester le sectusempra. Tu m'avais lancé un sort de découpe en retour et comme nous risquions le renvoi, tu m'avais ensuite proposé d'aller se soigner dans la salle sur demande... J'étais revenue, la fois d'après, soi-disant pour refaire mes stocks de potions de camouflage. Toi aussi. Nous trouvions tout un tas de prétextes... Toujours. Puis nous avions couché – rien de romantique dans tout ça. C'était malsain. Horriblement on se persuadait que tout était normal. Les coups, les insultes, les coups bas. J'ai faillit crever une dizaine de fois, toi aussi. »
Tu t'épuises, à ainsi parler dans le vide; le guérisseur se fait discret dans ses soins, et tu l'en remercie intérieurement. Tu dois l'exorciser, une bonne fois pour toutes. Ce soir tu parles – peut-être demain fuiras-tu.
« La dernière fois, je voulais te tuer. Vraiment. Je me disais que te planter un couteau dans le dos m'apporterait une infinie jouissance, mais il n'en était rien. Mes mains tremblaient. Je désirais plus que tout en finir...Mais je n'ai pas pu. Suis-je faible, dis-moi ? J'ai laissé Rodolphus tout découvrir, intervenir. Je vous ai laissé vous combattre à mort, je vous ai laissé vous conforter dans votre folie. Tous les deux au sol, en sangs... Je pleurais. Silencieusement. J'ai voulu protéger Rodolphus; et de ma stupidité en résulte cette immonde cicatrice dans mon dos. Une balafre de plus à tes frais. Qui s'est rajouté à la première... Tu m'as marqué de la tête aux pieds : alors dis-moi, comment aurais-je pu t'éliminer d'un simple coup d'épée ? »
Une porte grinçante... Rodolphus vient d'entrer dans la pièce. Et tu continues, imperturbable.
« Et notre fugue ? Deux mois en Russie, coupés du monde. Sur un coup de tête, comme ça. Le retour a été dur. Et lorsque tu m'as proposé de t'accompagner, de rester avec toi... La fin, on la connaît tous les deux. Elle n'est pas glorieuse, ni pour toi, ni pour moi. »
Une histoire floue, faite de hauts et de bas quelque chose; d'indéfinissable, de brouillon, remplit de joie comme de peine. Une histoire comme il en existe peut-être des centaines d'autres ?
Ce n'est pas ce soir que tu rendras ton dernier souffle. Et pourtant, il y a cette irrépressible envie de tout réordonner, de tout bien caser, cette mise en ordre des derniers jours, ces paroles lourdes de sens comme seuls les condamnés peuvent lâcher.
|M|o|M|
« Tu sais... Quand tu t'es évanouie après ton monologue, hier soir. J'ai parlé avec Dolohov. Il est marqué... »
« Je sais. »
Il t'était semblable par bien des points; il s'était proclamé sauvage, il se retrouvait aujourd'hui enchaîné à ce dompteur tyrannique que vous connaissez tous. Lui devait y trouver un minimum d'intérêt – toi, tu n'avais besoin que d'une étincelle de folie douce pour allumer celle qui t'était propre. Vous étiez amenés à vous recroiser; l'équation se compliquait. Certains se plaisaient à dire que l'héritier Dolohov, c'est-à-dire Anthonin, fomentait déjà quelques obscures machinations pour faire porter pâle son cousin. Peur de perdre sa place ? Toutes ces intrigues t'indifféraient, même si tu portais tout de même oreille attentive à celle concernant les Malfoy et ton beau-frère. Rodolphus, lui, en jouait. Il attisait les haines et les passions à son seul but. Ingénieux, mais si lassant. Il te raconte en ce moment même cet accrochage entre un favori et un autre de second ordre... Qui ? Greyback et...
Rowle.
« Quoi ? Tu peux répéter ? »
Tu te redresses brusquement dans ton lit – ton époux paraît surprit par ce soudain regain d'attention. Lui ne pensait déjà plus à cet insignifiant mangemort, Thorfinn. Sa folie le portait déjà si loin... Trop loin pour qu'il soit possible de faire un retour en arrière. Pour se rappeler du vicieux serdaigle, du nombre d'insultes à son encontre qu'avait lâché son frère, de ces quelques signes de tête qu'ils s'adressaient parfois, alors qu'il venait te causer. Ils n'avaient jamais été proches – pas amis, pas même ennemis. Mais toi, tu te souviens encore de la violence avec laquelle ton mari avait attaqué Rowle, en cinquième année, voulant désespérément lui soutirer des informations sur ta liaison avec Vladimir.
« Greyback est persuadé qu'il cache l'autre putain et sa femelle. Ils se sont croisé au manoir du Maître... Il a coincé Rowle dans un coin pour lui sauter à la gorge. Il a faillit y passer... Personne ne sait vraiment comment il a réussit à s'en sortir – m'enfin. Le loup est reparti la queue entre les jambes, paraît-il. »
Rowle, Rowle. Un moment que tu ne l'a plus revu – et c'est mieux ainsi.
« Bella'. »
« Oui ? »
« Raconte-moi. »
Raconte-moi ton impulsion conte-moi ta fuite, parle-moi des raisons qui t'y ont poussé, dis-moi pourquoi. En parler au passé serait l'exorciser : la raconter au présent serait la vivre. L'évoquer au conditionnel serait la rêver...
« Je... »
« J'ai besoin de comprendre. »
Dans ses yeux, toujours sa folie; elle se reflète dans la tienne. Teintée d'incompréhension, de non-dits. Il te demande pourquoi. Il te demande de t'expliquer, de justifier cette trahison – trahison du Lord ? Il n'avait pas sa place dans cette chambre. Trahison de votre union, sûrement.
« Et moi de temps. »
« De temps ? Laisse-moi rire ! Nous n'en avons plus, et tu le sais très bien. Un an, deux ans ? Dans combien de temps crèverons-nous ? L'échéance approche.. Cela aussi, tu le sais. Alors quoi, Bella' ? Tu veux te défiler, hein ? Tu penses pouvoir me duper ? »
Il t'empoigne férocement par le col de ta robe, et toi tu ne peux que tousser faiblement en réponse. Vladimir avait insisté sur le fait que te brusquer de manière physique pourrait t'être fatal, et ce jusqu'à son rétablissement – ton souffle s'accélère, et tu tentes de te dégager de sa prise. Sans succès. Voilà qu'il t'étouffe. Le peu de magie qu'il te reste se mobilise pour le repousser... Un vent mauvais rôde dans la pièce. Ta magie s'insurge, qu'on ose ainsi s'attaquer à toi; elle se souvient encore de sa puissance d'antan, elle. Alors dans un ultime effort, tu la relâche, l'envoie s'écraser sur Rodolphus pour le propulser contre la porte; elle explose au passage. Les volutes noires t'entourant semblent ronronner de satisfaction. Elles te causent doucement, te murmurent au creux de l'oreille : Regarde, regarde cette puissance, sent-là en toi. Regarde comme tu peux à nouveau tuer sans soucis, torturer d'un simple geste de la main. Regarde... Regarde les séquelles de ton séjour à Azkaban s'estomper, regardes-toi redevenir la puissante et redoutée Bellatrix.
Mais tu n'as plus le goût d'en sourire.
Et wallaaa. Je n'ai malheureusement pas pu publier ce week-end, fêtes et manque de réseau oblige... Rhalala. Mais j'ai pu un peu plus me concentrer sur l'écriture de MoM; comme j'ai déjà deux trois chapitre d'avance, je publierais la suite ce week-end. Plus que quelques chapitres... C'est bientôt la fin. ~
PB: En tragédie, ou bien en happy end? Telle est la question. \ô
Dans le prochain épisode: ET JE PEUX VOUS AFFIRMER QUE CA SE PASSERA COMME CA. Un piti chapitre ordonnateur - histoire de s'y retrouver un peu, à la fin... êe
Scalaaaandre. Hellyeah.
