Serena et Blair ne tenaient plus en place. Elles avaient fini par se retrancher dans la chambre de la brune, qui observait la vue depuis le balcon. L'air était carrément irrespirable à l'intérieur.

Blair ne savait pas pourquoi elle lui en voulait le plus.

Pour cette histoire d'hôtel avec Jack ?

Pour avoir couché avec Jenny ?

Pour ne pas l'avoir demander en mariage quand il le pouvait encore ?

Pour avoir disparu de la circulation sans laisser de trace ?

Mais pourquoi n'avait-il pas lâché cette bague ?

Elle connaissait parfaitement la réponse à cette dernière interrogation.

Par ce que cette bague représentait leur avenir aux yeux de Chuck et que même s'il savait pertinemment qu'elle ne lui pardonnerait jamais, il ne pouvait pas se résoudre à passer à autre chose. Il ne pouvait pas l'oublier plus qu'elle ne le pouvait. Quelque part en lui, l'espoir subsistait que ... peut-être ... un jour ...

Et même si ça n'arrivait jamais, la douleur qu'il ressentait en pensant à ce qu'il avait perdu était tout ce qu'il lui restait et il n'était pas prêt à l'abandonner pour le néant.

La blonde, elle, s'attendait à ce que son i-phone sonne à chaque seconde. Mais il restait silencieux et c'était presque pire.

Lorsqu'il vibra, elle s'en empara pour répondre en moins de deux secondes.

- Nate ? Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle.

- Oui, ça va, je m'en suis sorti indemne jusqu'ici.

- Il sait où est Chuck ? intervint Blair.

- J'ai une bonne piste en tout cas, répondit le jeune Archibald qui avait entendu la brunette.

- Quelle piste ? voulu savoir Serena.

- Une autre fille dans un autre club.

La blonde grimaça sans même s'en rendre compte.

- J'y vais, je vous tiens au courant dés que j'ai quelque chose.

Nate coupa la communication avant que Serena ne puisse dire autre chose qu'elle aurait pu regretter.

La situation était extrême et il la connaissait par cœur. Elle lui aurait dit qu'elle l'aimait mais il n'aurait pas pu être certain que c'était ce qu'elle ressentirait vraiment dans d'autres circonstances.

Il voulait qu'elle le choisisse sans aucune équivoque, il était las de ce petit jeu à trois qu'ils formaient avec Dan. Si S et lui devaient se remettre ensemble, il fallait que cette fois ce soit la bonne, parce qu'il ne supporterait plus de la perdre encore.

Il entra dans le bar de Casimir et se concentra sur sa mission. Une jeune-fille blonde et maigrichonne, il y en avait plusieurs sur la scène. Cet endroit n'avait rien à envier à celui qu'il venait de quitter, si ce n'est que la déco était de couleur différente.

Il prit place à une table non loin de la scène et une grande brune vint immédiatement lui souhaiter la bienvenue et lui offrir son « amitié ».

- Désolé, mais tu n'es pas mon genre, je préfère les blondes, indiqua-t-il.

Les courbes de le jeune-femme, pourtant plus que flatteuses, ne réussiraient pas à le détourner de son objectif.

- Tu n'aurais pas une amie ? On m'a dit que je pourrais trouver une petite Française ici !

La jeune file passa ses bras autour de son cou. Elle n'avait pas l'intention de perdre de l'argent au détriment d'une de ses collègues ce soir.

- Je peux te faire des choses qui te feront croire que tu es au sommet de la tour Eiffel, ronronna-t-elle dans son oreille pour tenter de le convaincre.

- Merci mais ma dernière copine était Française et je me sens nostalgique, mentit-il.

La brune soupira et renonça à s'installer sur ses genoux comme elle l'avait prévu. Inutile de perdre du temps avec celui-là, il était venu avec une idée bien précise en tête et elle n'en tirerait rien. Mieux valait se trouver un autre client sans but bien précis.

- La fille qui danse à la dernière barre, soupira-t-elle en désignant Eva.

Nate s'approcha pour étudier la blondinette de plus près. Quand un des types devant elle leva la main pour lui tendre des billets, cette dernière s'en empara puis quitta la scène. Le client se leva et se dirigea vers une autre fille.

Eva jeta un coup d'œil circulaire dans la salle, puis, le plus discrètement possible, elle s'esquiva de l'endroit par une porte latérale tout en lançant des regards vers le tenanciers pour s'assurer qu'il ne le remarquait pas. Par chance, Casimir était occupé avec un client important.

Le jeune-homme lui emboîta le pas et emprunta la même sortie que la blonde quelques instants auparavant. Il se retrouva dans une petite ruelle sombre où les portes cochères ne manquait pas.

Il pensa un instant que l'endroit aurait pu servir de décor pour un film de gangster des années 50. Il se glissa dans la pénombre pour entendre la jeune-femme qui discutait, ou plutôt, avait l'air de se disputer à voix basse avec un type louche.

- Écoute, j'ai besoin d'autre chose. Ok ? Ce que tu m'as donné avant-hier n'est pas assez fort.

- Tu rigoles ou quoi, tu te défonces aux médocs maintenant ? Je croyais que tu ne voulais pas toucher à cette merde ? dit l'autre sarcastique.

- Apporte-moi juste ce que je t'ai demandé dans une heure, répondit-elle.

- Une heure ? s'étrangla l'autre. Tu me prends pour superman ? ironisa-t-il.

- Je sais parfaitement que tu peux le faire, alors ne m'oblige pas à te supplier pour ça.

Le type la regarda, il avait toujours eu un petit faible pour la jolie Française, mais elle l'avait toujours envoyé balader. Maintenant qu'elle avait besoin de lui, il n'allait certainement pas laisser passer cette opportunité.

- Alors c'est vrai ? questionna-t-il.

- Qu'est-ce qui est vrai ?

- Il paraît que tu as ... un animal de compagnie ?

- Qui t'a raconté ça ? s'alarma-t-elle.

- C'est une rumeur qui circule ici et là. Pas mal de gens causent ici ! sourit-il avec l'air du chat qui vient de croquer le canari.

- Qui d'autre est au courant ?

- C'est pour lui ? demanda-t-il

- Ferme-là, le rabroua-t-elle en regardant autour d'eux.

- Ce n'était vraiment pas malin de te mêler de ça, commenta-t-il, impressionné par le courage, ou la folie, de la jeune-femme.

C'est à ce moment là qu'elle cru percevoir un présence avec eux dans la ruelle.

- Ça va te coûter au moins le triple ! continua le dealer.

Elle ne répondit pas, tentant de discerner s'il y avait bien quelqu'un d'autre.

- Si tu n'as pas assez, on peut trouver un arrangement.

- Je trouverai l'argent, contente-toi de me ramener les médocs !

Le type soupira, déçu et tourna les talons. Peut-être qu'elle n'aurait pas assez de clients ce soir et qu'elle serait tout de même obligée d'accepter son offre. Il était hors de question qu'il lui fasse cadeau de quoi que ce soit parce qu'elle avait l'air d'un ange.

Depuis sa cachette, Nate la vit regagner le club.

Quand il y pénétra pour la seconde fois, il la repéra qui avait reprit sa place à la barre. Il l'observa sa déhancher pendant quelques minutes avant de l'accoster. Il attrapa le poignet de la prostituée et plaça 5 billets de 100$ dans sa paume.

Elle les compta pendant un instant puis l'entraîna dans une des arrière-salles comme Katia l'avait fait moins d'une heure plus tôt.