Un grand merci à justiine, Sev, mel925, drayna, France, littlebettle, Vozrozhenyie, cafrime, RUBIKA666 et lumibd qui ont laissé une review pour le dixième chapitre.

Ce chapitre est assez sombre. J'ai eu quelques larmes en le traduisant. Préparez donc vos mouchoirs. Bonne lecture.

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Auteur : Sephora85

Titre en anglais : Until the day you die

Titre en français : Jusqu'au jour de ma mort

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling

Beta Reader : Lily Petite Etoile qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : La guerre est terminée. Voldemort a gagné et Ginny Weasley est donnée en tant qu'esclave à Lucius Malfoy. Cette histoire est racontée selon le point de vue de Ginny Weasley.

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Jusqu'au jour de ma mort

Chapitre 11 : Mort et vie

J'ouvre les yeux, incapable de dormir plus longtemps alors que le soleil n'est pas encore levé. J'entends sa respiration régulière à côté de moi, son souffle chaud glisse par-dessus mon épaule, son corps nu est pressé contre mon dos.

Un frisson descend le long de mon échine et je dois me retenir de ne pas tressaillir. Je n'ai jamais été réveillée avant lui, n'ai jamais senti sa proximité si réelle.

Je ne devrais pas être allongée à ses côtés. Je n'aurais pas dû le laisser me toucher, ne devrait pas lui avoir… J'ai l'impression d'avoir la nausée. Ecœurée et sale, maintenant que la véritable étendue de mes actes vient me percuter. Maintenant que je l'ai laissé m'avoir une fois, il va vouloir me posséder sans cesse, me toucher tous les soirs.

Mon Dieu… Je ne peux pas… Je…

Prudemment, je me libère de son emprise, incapable de supporter longtemps sa proximité et l'idée d'avoir à nouveau à dormir avec lui. Je sens qu'il remue mais je ne le regarde pas. Je ne peux pas le regarder dans les yeux après la nuit dernière. Je me lève du lit en hâte et me dirige vers la salle de bains, ignorant les picotements douloureux entre mes jambes. Je veux ignorer la douleur afin qu'elle disparaisse.

Mais cela ne te rendra pas ton innocence… Tu as couché avec un Mangemort, tu l'as laissé te toucher, t'embrasser. Tu l'as laissé te posséder… comme une pute… et maintenant il va vouloir de nouveau coucher avec toi, me rappelle une petite voix dans ma tête et la nausée que j'avais retenue jusque-là me submerge violemment puis je vomis dans les toilettes. Je sens des larmes couler sur mes joues tandis que j'ai encore des haut-le-cœur.

Que suis-je devenue ?

Pourquoi ?

Pourquoi est-ce que tout cela est arrivé ?

Pourquoi ne suis-je pas morte sur le champ de bataille comme Harry, comme beaucoup de mes amis et de mes frères ? Pourquoi suis-je obligée de vivre alors que je veux mourir ? Pourquoi suis-je condamnée à vivre alors que les autres ont bénéficié d'une douce mort ? Pourquoi dois-je rester en vie alors que je veux que les ténèbres m'engloutissent, que la mort m'entraîne dans ses profondeurs ?

Douces ténèbres sans fin…

Agréable et infinie noirceur…

Calme et impénétrable engourdissement…

Tout cela m'est hors d'atteinte et le restera probablement toujours.

Si j'étais simplement égoïste, si je pouvais juste oublier ma famille…

Cela serait tellement plus facile.

Je pourrais tout simplement me trancher les veines des poignets et regarder mon sang s'écouler, comment le reste de ma vie s'échappera de mon corps jusqu'à ce qu'il ne reste rien d'autre que le magnifique, noir et infini néant.

Je me relève du sol en marbre et me lave la bouche à fond. Je me regarde dans le miroir et les yeux qui me contemplent me semblent étrangers, le pâle visage qui est en face de moi n'est pas celui dont je me souviens. Je me sens étrangère à moi-même. Je ne ressens aucun attachement émotionnel à la créature que je vois dans le miroir.

Je soupire profondément, me détourne de mon reflet et marche lentement vers la douche. Je n'ai pas de temps pour m'apitoyer sur moi-même. Je vais voir mes parents et mes frères dans quelques heures. Je dois faire comme si tout allait bien pour eux.

Je m'adosse contre le marbre frais de la cabine et tourne le robinet, laissant l'eau tomber sur mon corps pendant des heures, me semble-t-il. Je ferme les yeux et essaie d'apaiser le désarroi émotionnel qui me submerge. Je commence à me frotter le corps, à me nettoyer des souvenirs de la nuit dernière mais en vain. Les picotements sont toujours là pour me rappeler celle-ci.

Finalement, j'arrête l'eau, ouvre la cabine de douche et regarde la vapeur se répandre dans la salle de bains. Je m'arrête net, mes yeux s'élargissant sous le choc.

Malfoy se tient debout à côté du lavabo, il ne porte que son slip noir et est en train de se laver les mains. Son regard est fixé sur moi à travers le miroir, il observe mon corps nu. Il se retourne, ses yeux gris sont intenses.

Je fais un pas en arrière et croise mes bras sur ma poitrine dans un geste protecteur. Je sais que c'est stupide, car il m'a déjà vu nue auparavant, il m'a même touchée. Je détourne en hâte mon regard du sien, me sentant rougir de honte.

Soudain, il est en face de moi, je frémis involontairement et me demande ce qu'il va faire. Je sens sa main sur mon épaule nue et je pousse un léger petit cri, craignant qu'il veuille répéter les récents évènements, mais je lève les yeux, confuse, quand je réalise qu'il ne fait que déposer un peignoir sur mes épaules. Je le regarde, incrédule, mais son visage est impassible, ses émotions et pensées cachées derrière son masque.

Il soulève un de ses sourcils d'un air interrogateur. « Bien que j'apprécie regarder votre expression perdue, je dois prendre ma douche ou sinon nous serons en retard à notre rendez-vous à Azkaban », dit-il d'une voix traînante et moqueuse.

Je me recule aussitôt pour lui céder la place. Lentement, je sors de la salle de bains et m'assieds sur la chaise devant la coiffeuse. Je commence à brosser mes cheveux d'un air distrait, en essayant de comprendre Lucius Malfoy.

Je passe une longue robe d'été vert foncé et m'assieds sur le lit, en attendant qu'il soit prêt. Mes cheveux humides mouillent mon vêtement mais je n'ai pas de baguette pour le sortilège de séchage. Je me demande si je serai un jour autorisée à en avoir une autre. En fait, j'en doute.

Finalement, la porte de la salle de bains s'ouvre et Malfoy entre dans la chambre. Je le regarde et essaie de m'empêcher de rougir. Il a une serviette drapée autour de sa taille mais mes yeux sont fixés sur son avant-bras gauche où la hideuse marque est visible. Le symbole de ce qu'il est vraiment, c'est un rappel pour moi, si jamais je l'oubliais, même si je doute que cela puisse se produire. Je n'oublierai jamais qu'il est un meurtrier, un Mangemort.

Je détourne mes yeux quand il ôte sa serviette et fixe plutôt mes genoux.

« Nous devons nous dépêcher », dit-il sans émotion après quelques minutes. Je redresse ma tête et le regarde. Il porte sa coûteuse robe noire et une chemise blanche avec un col.

« Mes cheveux… Ils sont encore humides », dis-je en murmurant quand je me lève.

« Pourquoi n'avez-vous pas appelé un elfe de maison ? C'est leur travail de vous aider à vous préparer. »

Je hausse les épaules et me retiens de rétorquer quelque chose de méchant. Il fait un mouvement avec sa baguette et aussitôt mes cheveux sont séchés et coiffés.

Nous descendons les escaliers, nous dirigeons vers le hall d'entrée et entrons dans la cheminée.

« Vous devriez prendre une cape avec vous. Il fait froid à Azkaban », explique-t-il tandis qu'il en fait apparaître une et qu'il me la tend. L'instant d'après, nous disparaissons dans un tourbillon et arrivons dans un petit bureau avec des murs gris foncé.

La température semble avoir beaucoup baissé quand je pénètre dans la pièce. Je passe le vêtement pour me protéger du froid. Je remarque un homme assis derrière un bureau, son visage est couvert de cicatrices et ses cheveux sont marron foncé avec quelques mèches grises.

« Ah, Lucius. Comme c'est bon de te revoir ! », s'exclame celui-ci, révélant ainsi ses dents jaunes.

« Walden », dit Malfoy d'une voix traînante, le visage plein de dégoût. Les yeux de l'homme tombent sur moi et un sourire narquois apparaît sur sa face. Il fait quelques pas en ma direction en me regardant de bas en haut. Je recule quand il tend son bras vers moi, mais Malfoy est plus rapide et dresse sa canne entre Walden et moi, touchant l'homme à la poitrine avec celle-ci.

« Reste loin de ma femme, Walden », murmure-t-il d'une voix assassine.

« Je voulais juste la saluer », marmonne celui-ci.

« Je ne veux pas que tes sales pattes la touchent », dit Malfoy en se rapprochant de Walden. Il a presque une tête de plus que l'autre homme. « Conduis-nous auprès des Weasley. »

Mon cœur semble s'emballer un peu et je dois respirer profondément. J'ai peur de ce que je pourrais voir, de ce que seraient devenus mes parents et mes frères. Qui sait ce qu'Azkaban leur a fait au cours de ces dernières semaines ?

Malfoy me prend le bras et nous marchons dans le couloir de la prison. Je commence à trembler et me rapproche de lui, le désespoir me submergeant. Seules quelques bougies donnent un peu de lumière et je peux difficilement savoir où je vais. L'air est humide, ce qui rend la respiration difficile.

Je suis Malfoy et l'autre homme à travers les couloirs, nous passons devant de vieilles portes en bois. Je me demande combien de personnes pourrissent dans ces cellules, combien de personnes avec qui j'étais à l'école sont condamnées à perdre la raison dans ce lieu. Je peux sentir les Détraqueurs bien que je ne les voie pas mais je sais qu'ils sont là et qu'ils attendent leurs prochaines victimes afin de leur ôter le peu d'espoir, de joie que leurs corps sans défense possèdent encore. Cela ne devrait pas être comme cela. Le côté obscur n'aurait jamais dû gagner. Comment cela a-t-il pu se produire ?

Soudain, nous nous arrêtons et je regarde la porte devant moi, sachant qui se trouve là. Je ne peux pas le faire. Que vais-je leur dire ?

Je risque un coup d'œil vers Malfoy.

« Vos parents sont dans cette cellule mais vos frères sont dans la suivante », explique-t-il, la voix sans émotion.

« Puis-je y aller seule ? », dis-je, pleine d'espoir.

« Non, les visiteurs ne sont pas autorisés à rester seuls dans une cellule », déclare Walden.

« Tu peux t'en aller, Walden. Je n'ai plus besoin de toi. »

« Mais… »

Malfoy lance un regard noir à l'autre homme, le défiant de continuer, mais ce dernier hoche finalement la tête et s'éloigne, nous laissant seuls dans le couloir. Malfoy ouvre la porte avec la clé que l'homme lui a donnée. J'entre dans la cellule et essaie d'habituer mes yeux à l'obscurité qui y règne. J'aperçois mes parents assis sur une couchette collée contre l'autre mur, ils me regardent avec des yeux fatigués et désespérés.

Mon estomac se resserre douloureusement et je dois me retenir pour ne pas craquer, éclater en sanglots, étrangler de mes propres mains Malfoy parce que tout cela est de sa faute. C'est pour ce monde-là que lui et son Lord se sont battus, qu'ils ont torturé et tué. C'est ce à quoi est censé ressembler leur monde magique.

Je peux seulement espérer qu'ils paieront un jour pour cela, qu'ils brûleront tous en enfer pour l'éternité.

« Vous avez dix minutes avant mon retour. » J'entends la voix de Malfoy derrière moi, cela me surprend et j'acquiesce d'un air absent. La porte se referme puis, avec hésitation, je fais un pas en direction de mes parents et les regarde avec des yeux remplis de larmes.

« Maman… Papa… », murmuré-je, incapable de retenir plus longtemps mes larmes. L'instant d'après, je sens les bras de ma mère qui m'enlacent, me pressent contre elle, son étreinte m'écrase et je me sens remplie par son amour et son affection.

« Je suis désolée… vraiment désolée… Maman… »

Des sanglots l'un après l'autre s'échappent de ma bouche, secouant mon corps, puis je sens également les bras de Papa autour de moi, ainsi que les larmes de Maman sur mes joues. Le corps de mon père tremble et j'aimerais pouvoir les aider. Je ferais n'importe quoi pour les sauver, pour les sortir de cet endroit.

Je m'éloigne d'eux, regarde leurs pâles visages et vois la douleur et le désespoir dans leurs yeux.

Maman me donne un faible sourire mais je ne peux que contempler les cicatrices sur ses bras, les ecchymoses sur ses joues. Papa a perdu beaucoup de poids, il ressemble à un squelette. Ils ont déjà beaucoup changé et ils n'ont passé jusqu'à maintenant que quelques semaines dans cet enfer.

« Que t'a-t-il fait ? », demande Papa craintivement en serrant les poings.

« Raconte-nous », supplie Maman.

Je détourne mon regard d'eux. « Rien », murmuré-je doucement. « Je vais bien. »

« Tu ne dois pas nous mentir. Ne nous dis pas que Lucius Malfoy te traite bien », dit Papa amèrement en s'asseyant sur la vieille couchette d'un air fatigué, se cachant le visage dans les mains.

« Ne vous inquiétez pas pour moi. Vous devez être forts ou alors vous ne survivrez pas à Azkaban », dis-je fermement.

Maman me regarde, ses yeux me disent qu'ils ne veulent pas vivre mais mourir, qu'ils ont abandonné tout espoir.

Je secoue la tête avec véhémence et lui prends la main. « S'il vous plaît, soyez forts. S'il vous plaît, j'ai besoin de vous. »

« Il n'y a aucun espoir, Ginny », marmonne Papa, lugubre.

Je les fixe bouche bée, de nouvelles larmes s'écoulant sur mes joues. « Hermione a réussi à s'échapper. Je vais essayer de vous aider… N'abandonnez pas… »

« Cet endroit est cruel… C'est insupportable… », dit Maman dans sa barbe, en regardant les murs sales d'un air craintif.

« Sais-tu si Ron, Charlie et Percy sont encore en vie ? », demande finalement Papa.

Je les regarde et me souviens qu'ils ne savent pas que c'est Percy qui a trahi notre côté, sa propre famille. Je secoue la tête et déclare : « Non, je n'ai rien entendu sur eux… » Comment pourrais-je leur dire que leur propre fils les a trahi ? Cela les briserait. Cela leur ôterait le peu d'espoir qu'ils ont encore en eux.

Je ne peux pas leur faire cela. Je ne peux pas les blesser davantage.

Ils hochent leurs têtes, déçus, et restent immobiles sur leur couchette. Je me glisse entre eux, les laisse m'étreindre et profite de leur affection. Cela me fait tellement mal de les voir comme ça. Pourquoi tous les gens que j'aime doivent-ils souffrir ? Pourquoi ?

J'entends la porte qui s'ouvre, lève mon regard et rencontre deux yeux gris. Lentement, je me redresse, ne voulant pas donner à Malfoy le temps de dire quelque chose ou de mentionner Percy. Je me précipite vers lui, vois ses yeux dégoûtés sur mes parents. J'aimerais lui faire du mal, le tuer à cet instant précis. Heureusement, il ne dit rien du tout et referme la porte derrière nous. Sans rien dire, il me mène à la cellule suivante, l'ouvre et me fait signe d'y entrer.

Fred est assis dans un coin, fixant le sol, son corps est très maigre et ses vêtements sont couverts de sang. Finalement, mon regard tombe sur Bill qui est allongé sur la couchette, immobile, et ses yeux sont clos. Ma bouche devient très sèche et ma peur menace de m'étouffer.

Je me précipite vers mon frère aîné, m'agenouille à côté de lui, ne me préoccupant pas si je salis ma robe, si je m'écorche les genoux. Je lui touche gentiment la joue et chuchote : « Bill ? »

Lentement, très lentement, il ouvre les yeux. Ils sont vitreux, troubles, et sa tête est très chaude. Il doit avoir de la fièvre.

« Il est malade depuis quelques jours… sa jambe n'a pas l'air d'aller bien », explique Fred qui ne bouge pas de son coin.

Avec hésitation, je tends mon bras et arrive à déchirer la jambe de son pantalon. La bile me monte à la gorge, je pousse un petit cri et mets ma main devant ma bouche. Il a une profonde entaille dans le mollet et celle-ci est remplie de pus, les bords de la plaie sont presque noirs tout comme la peau tout autour et l'ensemble de la jambe semble enflammé. Je peux à peine respirer ; je lève mon regard de la blessure et regarde le pâle visage de Bill, sa vision est brouillée en raison de la fièvre.

Je me relève en tremblant, me retourne et regarde Malfoy qui se tient dans l'embrasure de la porte et qui me fixe.

« Vous devez l'aider, s'il vous plaît, Je vous en supplie, s'il vous plaît. »

Il se dirige vers moi, ses yeux errent sur la blessure puis il passe sa baguette sur le corps de mon frère. Après quelques instants, il me regarde.

« Votre frère a une septicémie. Il est trop tard. Je ne peux pas l'aider. » Sa voix est très calme.

Je lève la tête et refuse d'admettre cela en saisissant sa robe désespérément.

« S'il vous plaît, il doit y avoir quelque chose que vous pourriez faire…S'il vous plaît, Lucius, s'il vous plaît », murmuré-je, mes sanglots m'étouffant presque.

Il me fixe, son expression est impassible mais il y a une once d'émotion dans ses yeux.

« Je ne peux rien faire. »

Je laisse échapper un cri plein d'angoisse, tombe à genoux à côté de Bill et lui prends la main. Lentement, il tourne la tête, sa respiration est irrégulière. Il cligne plusieurs fois des yeux avant que son regard se pose sur moi et un faible sourire apparaît sur son visage.

« Ginny… », murmure-t-il d'une manière presque inaudible. Ma respiration devient saccadée et je lui serre la main afin de le rassurer.

« Oui. Je suis là, Bill. »

« Ginny… » Ses yeux se ferment pendant un moment avant qu'il ne les ouvre de nouveau pour me regarder.

« J'ai si froid, Gin… si froid… »

« Je sais, Bill », dis-je en tremblant, en me rapprochant de lui pour caresser ses cheveux humides sur son front. Je peux voir Malfoy qui nous observe avec une expression bizarre sur le visage. Fred est encore assis sur le sol, immobile, contemplant le néant.

« Ginny… Est-ce que Fleur a eu son bébé… Est-ce que je suis papa ? », demande-t-il, et ma gorge semble se resserrer toute seule. J'ai complètement oublié Fleur. A-t-elle accouché ? Est-elle encore en vie ?

Je regarde Bill et vois son expression pleine d'espoir.

« Oui, elle va bien. Tu as eu une magnifique fille », dis-je en mentant et en réprimant les larmes qui veulent tomber.

Un petit sourire apparaît sur son visage et il ferme les yeux, sa respiration devient superficielle.

Finalement, il me regarde de nouveau. « Bien. Maintenant, je peux partir en paix. Occupe-toi de Fleur et de notre fille quand je serai parti », demande-t-il faiblement.

J'acquiesce prestement et murmure : « Oui… mais tu vas aller bien… »

Il secoue la tête très légèrement et ses yeux se ferment doucement.

« Ginny, es-tu encore là ? J'ai si froid… », dit-il d'une manière presque inaudible.

Je lui serre fermement la main, les larmes s'écoulant librement sur mes joues. « Oui. Je suis là, Bill. Je ne te laisserai pas seul. »

« Dis… Dis à Fleur… que je l'aime », murmure-t-il en prenant une inspiration saccadée.

« Je le ferai. »

« Ginny… Gin… »

« Oui, Bill. Je suis là », chuchoté-je en sentant finalement son corps se détendre, le libérant ainsi du fardeau de la vie.

Maintenant, il est libre.

Je m'effondre, mon monde s'écroule sur moi et je me cramponne à Bill, à mon frère aîné, en sanglotant sur sa poitrine.

Pourquoi ?

J'ai vu tant de gens mourir, tant de gens que je connaissais, tant d'amis, mon propre frère.

Quand tout cela s'arrêtera-t-il ?

Je sais que je les reverrai de nouveau, un jour, nous serons tous réunis en un lieu où il sera permis d'espérer, où nous oserons être libres.

« Venez. Il est mort. » J'entends une voix douce mais elle semble si loin, très loin. Je sens une emprise sur mon bras et me débats contre elle, me cramponnant à Bill.

« Venez. »

On me remet sur mes pieds mais mes jambes ne me supportent pas. Toutes mes forces m'ont quittée au moment où Bill est mort. Mon bien-aimé, attentionné, protecteur et drôle frère.

Parti.

Pour toujours.

Malfoy me prend dans ses bras et j'enfouis mon visage dans sa robe, trop bouleversée pour m'en soucier. Je sens qu'il marche à travers les couloirs mais tout ce que je peux faire c'est pleurer, porter le deuil de toutes les personnes que j'ai perdues.

Après ce qui me semble être une éternité, nous entrons dans la cheminée et l'instant d'après, l'air humide d'Azkaban a disparu. Je peux de nouveau respirer mais je ne le veux pas. Je veux juste cesser de le faire, voir de nouveau Bill. Je sens un doux matelas sous moi et une couverture sur mon corps, les ténèbres engloutissant mon esprit.

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Je me réveille en sursaut dans le lit et me frotte les yeux. Je regarde la grande horloge comtoise et constate que c'est le début de l'après-midi. Je me souviens de ce qui s'est passé ce matin mais cette fois je ne pleure pas. Je suis vide, je n'ai aucune larme à verser. Je me sens engourdie.

Je repousse la couverture de mon corps et me rappelle la promesse que j'ai faite à Bill. Je dois découvrir où se trouve Fleur.

Comme en transe, je traverse les couloirs, descends les escaliers et entre dans la bibliothèque où Malfoy passe généralement ses après-midi. Il lève les yeux de son livre quand je pénètre dans la pièce.

Je me dirige vers lui. « Où est Fleur ? », dis-je sans ambages.

Il pose son livre et m'observe attentivement. « Elle est avec Dolohov », explique-t-il l'air de rien, comme s'il parlait du temps.

« J'ai besoin de la voir… s'il vous plaît… »

Il soupire, exaspéré, et se lève. « Je suis fatigué de visiter toute votre pitoyable famille », dit-il d'une voix traînante.

Je ne peux supporter ses si cruelles paroles alors qu'il a vu mourir mon frère il y a seulement quelques heures.

« Ne… Ne les insultez pas… », murmuré-je.

« Ecoutez-moi. C'est la dernière fois que nous allons voir quelqu'un, compris ? »

Je hoche la tête, le suis dans le hall d'entrée puis en dehors de la maison.

« Nous allons transplaner », dit-il sans émotion en me saisissant le bras. La pression du transplanage m'assomme presque mais je me ressaisis. J'ouvre les yeux et contemple un petit manoir, qui ne fait même pas la moitié de la taille de celui des Malfoy.

Malfoy se dirige vers la porte d'entrée, frappe dessus à deux reprises puis me donne un regard plein de reproches mais je m'en fiche totalement.

La porte s'ouvre et un grand homme avec des cheveux blond foncé nous regarde.

« Lucius ? Que fais-tu ici ? », demande Dolohov, surpris mais qui nous laisse entrer sans attendre la réponse.

« Ma femme voudrait voir Fleur Delacour. Elle est ici, n'est-ce pas ? », demande Malfoy.

Dolohov acquiesce, son expression s'assombrit. « Oui. Je n'aurai pas dû la prendre. Elle est enceinte, ses contractions ont commencé. Je ne peux pas m'en servir à quoi que ce soit. »

« Où est-elle ? », crié-je.

« Elle est dans la chambre d'ami. Ses contractions ont commencé hier matin, je l'ai donc enfermée dans la pièce et jeté un 'silencio' parce que je ne pouvais plus supporter ses cris plus longtemps. »

Je le fixe, choquée, incapable de croire ce que je viens d'entendre, et même Malfoy semble un peu étonné par sa déclaration.

« Lui as-tu envoyé un guérisseur ou un elfe de maison pour s'occuper d'elle ? », demande-t-il mais Dolohov secoue la tête et répond : « Non, pourquoi l'aurais-je fait ? Je me fiche si elle et le gosse meurent. »

« Amène-nous à elle », ordonne Malfoy.

Nous suivons Dolohov à travers sa maison jusqu'à ce que nous arrivions devant une porte en bois. Il ôte le 'silencio' et déverrouille celle-ci mais tout est silencieux. Et s'ils étaient morts ? Je prends une profonde inspiration et lutte contre la peur qui m'envahit.

Je pousse la porte et entre dans la pièce. Je porte ma main à ma bouche, essaie de me retenir de vomir à la vue de la scène qui est devant moi. J'avance avec hésitation à l'intérieur de la chambre, mes yeux errant sur le lit. Fleur est étendue sur celui-ci, la couverture sur elle est imbibée de sang, ses yeux sont ouverts, sans vie. Son abdomen n'est pas recouvert et un bébé tout barbouillé de sang se trouve juste à côté d'elle, immobile.

Une autre morte. Encore du sang.

Je me demande quand tout cela s'arrêtera.

Pourquoi ?

Une question que je me pose trop souvent récemment, une question qui me hantera toute ma vie.

Je sens Malfoy qui se tient à côté de moi, je jette un coup d'œil vers lui et vois son masque impassible vaciller légèrement. Je suis sûre qu'il y a de l'horreur dans ses yeux, même un homme froid comme lui ressent quelque chose quand il voit une telle scène et cela me réconforte en fait. Dolohov semble complètement indifférent, ne se souciant pas si une mère et son enfant sont morts à cause de lui.

Je suis en colère, tellement en colère. Il les a tués, c'est sa faute.

Du coin des yeux, je remarque un mouvement sur le lit et tourne ma tête dans sa direction. Je me précipite vers celui-ci et en effet, je peux voir les minuscules bras de la petite fille s'agiter un peu, son cordon ombilical la relie encore à sa mère décédée. Je prends l'enfant, la sens remuer et lentement elle ouvre les yeux. Elle est très froide et est entièrement recouverte de sang. La pensée que la pauvre petite fille a passé des heures à côté de sa mère morte me fait frissonner.

« Lucius », dis-je désespérément.

Il se dirige vers moi, ses yeux sont rivés sur le bébé dans mes bras. « Vous devez couper le cordon ombilical. »

Il pointe sa baguette vers celui-ci qui disparaît dans les airs, mais il ne dit toujours rien.

« Où est la salle de bains ? », dis-je impatiemment et Dolohov désigne une porte. Je me précipite vers celle-ci et remplit le lavabo d'eau chaude. Prudemment, je nettoie le corps de la petite fille de tout ce sang jusqu'à ce qu'elle soit propre. Elle me regarde avec ses yeux verts, les yeux de Bill, mes yeux, mais elle a les cheveux blonds de Fleur.

Une belle petite fille. J'aimerais que Bill puisse la voir. Il serait si fier.

Je m'arrache de mes pensées en réalisant qu'elle a besoin d'être nourrie. Je me retourne et vois Malfoy qui se tient dans l'embrasure de la porte et qui m'observe attentivement.

« Elle a besoin d'être nourrie », murmuré-je en me rapprochant de lui.

« Nous devons nous débarrasser de la gosse. Je ne vais pas m'occuper de cette chose », marmonne Dolohov en essayant de récupérer le bébé mais je recule et secoue la tête.

« Nous la prendrons avec nous », dis-je résolument.

Malfoy me regarde, incrédule mais je lui adresse un regard implorant. « S'il vous plaît, Lucius. C'est juste un bébé. Vous ne pouvez pas la laisser se faire tuer. C'est une sang pur », chuchoté-je avec insistance. Ses yeux s'attardent sur le bébé pendant un moment avant qu'il ne hoche finalement la tête.

« Très bien », dit-il d'une voix traînante. « Le Seigneur des Ténèbres sera content de compter une autre sorcière au sang pur dans ses rangs. »

« Elle m'appartient. C'est ma possession comme l'était sa mère. Vous devez me l'acheter », dit Dolohov.

Si je ne tenais pas le bébé, je tuerais ce salaud de mes propres mains. Comment ose-t-il ? Il est responsable de la mort de Fleur et maintenant il demande son paiement.

Les lèvres de Malfoy s'amincissent et je peux voir une lueur sombre dans ses yeux gris.

« Tu ne recevras pas une Noise et estime-toi heureux que je ne te jette pas un Doloris pour avoir eu l'audace de me suggérer quelque chose comme ça. »

« C'est mon droit… », s'exclame Dolohov mais Malfoy l'arrête en levant la main.

« Je te préviens, Antonin », siffle-t-il doucement, ce qui fait reculer l'autre homme. Un sourire satisfait s'étire sur son visage aristocratique.

« Voilà qui est mieux », dit-il d'une voix traînante.

Malfoy prend ma main, me dirige hors de la maison et me presse contre son corps.

« Vous devez me tenir fermement, vous et l'enfant, ou alors je ne pourrais pas nous transplaner tous ensemble », explique-t-il.

J'acquiesce, serre bien la petite fille dans mes bras. Je sens la pression du transplanage sur mon corps puis nous nous retrouvons dans le hall d'entrée du manoir Malfoy. Elle pleure doucement et je la berce gentiment.

« Tout va bien, Victoire », murmuré-je en l'appelant par le prénom que Bill et Fleur avaient choisi s'ils avaient une fille. « Tu es en sécurité. »

Je lève les yeux et rencontre ceux de Malfoy et espère désespérément que mes paroles seront vraies.

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Voilà, j'espère que vous êtes encore là et que vous avez au moins versé une larme. Si ce n'est pas le cas, alors vous êtes comme Dolohov, un impitoyable et vraiment insensible Mangemort…

Ah, si toutes les personnes qui ont été émues par ce chapitre me donnaient une review, je serais submergée par celles-ci…

Bisous.

DiagonAlleyParis