Voilà pour ce onzième petit chapitre où les choses avancent un peu...

Megane : Tu as senti venir Kenshin grâce aux chips à l'oignon ? T'es plutôt clairvoyante comme personne O.o

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- Itachi...

L'interpellé ouvrit les yeux. Cela faisait une bonne dizaine de minute que Yue marmonnait dans son rêve, comme chaque nuit, et comme à chaque fois, son prénom finissait par être prononcé. Mais jamais de cette façon. Ce n'était pas un murmure, ni un grognement, ni une plainte, mais bel et bien un gémissement. Si sa maîtrise de lui-même n'avait pas été parfaite, Itachi aurait levé les yeux au ciel. Il pensa un instant à réveiller la Fukami, mais elle continua son discours :

- Oh mon Dieu... Hmm...

Elle se mit sur le dos et haleta un peu plus fort, en continuant de lâcher son prénom de temps à autre. Et la seule pensée qui traversa l'esprit de l'Uchiha, fut qu'il s'agissait d'une façon bien différente d'être appelé. Il se redressa, et décida finalement de sortir la demoiselle de sa rêverie, en laissant brutalement exploser son chakra, puis en le ramenant à son état normal.

La jeune femme se réveilla en sursaut, le souffle court, l'esprit embrumé et perdu, et regarda frénétiquement de tous les côtés pour savoir où elle était. Puis tout lui apparut clairement. Elle posa lentement son regard sur Itachi, et dès qu'elle croisa le sien, elle se raidit et se détourna rapidement. Elle passa nerveusement une main dans ses cheveux, et réfléchit plus rapidement que d'habitude pour tenter de comprendre ce qui venait de lui arriver. Pourquoi fallait-il qu'elle fasse ce genre de rêve alors qu'elle n'avait jamais dormi aussi près du principal acteur ? Il était tranquillement assis dans le lit, et elle sentait son regard sur elle, ce qui la mettait encore plus mal à l'aise.

Elle se mordit la lèvre, fronça les sourcils, brava le regard charbon de l'Uchiha, et cria d'une voix cependant tremblante :

- Mais c'est de votre faute, aussi ! Vous êtes trop... Enfin... Voilà !

Puis elle se leva et continua, les joues rouges :

- Je vais dormir par terre !

Et elle s'allongea sur le sol. La situation devenait trop compliquée pour elle. En plus de l'attirance physique venait maintenant s'ajouter l'attirance sexuelle. Ca ne lui aurait pas posé de problème si Itachi ne s'en était pas rendu compte au moment où cela lui tombait dessus. C'était injuste. Et à cause du masque d'impassibilité de l'Uchiha, elle ne pouvait même pas savoir ce qu'il en pensait. Enfin, un peu seulement. Il n'était pas en colère, ni dégoûté, et c'était déjà bien plus que ce qu'aurait espéré Yue.

Mais tout de même. Ce que c'était agaçant !

Elle se tourna sur la moquette, tentant de trouver une position agréable malgré la dureté du sol. Un grognement lui échappa lorsqu'elle cogna sa tête contre le bois du lit, et tout de suite après, Itachi lui dit :

- Les sols ne sont pas toujours propres, tu risques de tomber malade. Si tu dors par terre ce soir, tu devras le faire jusqu'à ce que nous quittions l'hôtel.

Elle se redressa, et lança en boudant :

- C'est pas grave. De toute façon, j'ose ne même pas imaginer tout ce qui a été fait dans ce lit !

- C'est comme tu le souhaites.

Et il se recoucha lentement, ignorant le regard assassin de sa cadette. Celle-ci resta peut-être une heure au sol, marmonnant, grognant, ne trouvant pas le sommeil, maudissant son corps de réagir de cette façon pour la première fois de sa vie, et elle-même d'être si stupide.

Finalement, agacée et de mauvaise humeur, elle se leva doucement, et se remit sous les draps, en prenant garde de ne pas réveiller Itachi.

Mais forcément, sinon ce n'est pas drôle, l'Uchiha ouvrit les yeux dès que Yue effleura le lit. Il eut un mince sourire en se disant qu'elle avait tenu plus longtemps qu'il ne l'avait imaginé. Elle ne mit que peu de temps à s'endormir et recommencer à marmonner des mots sans vraiment de sens, pendant que lui ne put se rendormir de la nuit, ses quelques heures de somnolences l'ayant déjà revigoré.

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Les deux acolytes étaient prêts à partir. Malgré l'apparente confiance qu'Itachi avait montrée à ce propos, Yue continuait de penser que cette mission risquait d'être vraiment longue, mais c'était toujours mieux que de se faire sauter dessus par Tobi, ou fusiller du regard par Kakuzu. Elle allait voir du pays, d'autres gens, et pourquoi pas s'améliorer un peu en combat.

D'un regard, l'Uchiha indiqua à sa kôhai de le suivre, et ils sortirent rapidement de l'établissement, évitant les hôtesses qui se jetaient une fois de plus sur eux. Après quoi ils traversèrent tout aussi rapidement le village et se dirigèrent vers le Sud du pays de la Terre.

- Itachi-san ?

- Tu le prononces normalement, maintenant ?

Yue rougit violemment. Le visage de son Senpai était impassible, sa voix était monocorde, il ne la regardait même pas, mais elle était pourtant sûre qu'il se moquait d'elle, et qu'au fond de lui il était tordu de rire. Elle grogna et ignora la remarque :

- Pourquoi est-ce qu'on s'est installé dans cet hôtel, si c'est pour faire des allers-retours sans cesse entre les différents endroits du pays et notre...

- Question d'argent. Tu es au courant que Kakuzu est notre trésorier ?

- Oui.

- C'est lui qui conseille à Pain-sama les endroits les moins chers où nous pouvons résider pendant nos déplacements.

- Kakuzu-san fréquente les bordels ?

- Non, il a simplement beaucoup de subordonnés.

- Oh...

Elle hocha la tête et ils continuèrent de marcher en silence. Bien qu'elle tenta de ne pas le montrer, la Fukami était extrêmement gênée de ce qu'il s'était passé pendant la nuit. Tellement qu'en sortant de la douche, elle avait senti le rouge lui monter aux joues en se retrouvant nue devant Itachi, alors que ça ne l'avait jamais dérangée. Elle évitait le plus possible de croiser son regard, et ils ne s'étaient presque pas parlé. Mais elle ne pouvait pas rester comme ça. Elle ne pouvait pas se renfrogner à chaque fois qu'il découvrait un nouvel aspect de l'attirance qu'elle avait pour lui.

MAIS Itachi pouvait se montrer moqueur, et ça, Yue ne le savait pas. Ou du moins, elle ne s'en était pas rendu compte jusqu'ici.

Elle souffla longuement, et appela :

- Itachi-san ?

Il retint une nouvelle remarque désobligeante :

- Vous pouvez me regarder ?

Il tourna la tête lentement, pour croiser le regard carmin de sa cadette, dont le reste du visage rejoint la teinte :

- Je suis vraiment désolée pour cette nuit. M-Mais croyez-moi, ce n'est pas vous le plus mal à l'aise de nous deux !

- Je ne suis pas mal à l'aise.

- C'est bien ce que je dis !

Puis elle marqua une pause, cherchant à mettre des mots corrects sur ce qu'elle voulait dire :

- S-Si vous pouviez arrêter d'avoir cette attitude... Ces trucs que vous faites, ça m'aiderait.

- Comment ça ?

- Vous savez très bien ce que je veux dire...

Et là elle ne put s'empêcher de détourner le regard. Il la fixa encore un instant avant de regarder de nouveau devant lui, et le chemin se poursuivit dans le plus grand des silences.

Ils arrivèrent finalement dans un village désert et en ruines, qui contenait beaucoup de bâtiments et de sous-sols, cachettes idéales pour un Shinobi en fuite. Ce n'était que le début de la soirée, et le ciel commençait à peine à prendre sa couleur pourpre du crépuscule, mais déjà les longues ombres projetées au sol semblaient effrayantes.

Ils s'arrêtèrent une seconde, puis Itachi fit volte-face et dévisagea sa camarade qui sursauta sous la brusquerie de son mouvement. Il réfléchissait à s'ils devaient se séparer, ou rester ensemble. Si ils allaient chacun de leur côté, les recherches seraient plus rapides mais les arguments pour qu'ils restent ensemble étaient plus nombreux et semblaient plus convaincants pour la réussite de la mission : si Yue se retrouvait prise dans une embuscade, et que l'une de ses personnalités apparaissaient pour la protéger, elle risquait de tuer leur cible avant qu'ils n'aient pu l'interroger; il se pouvait également que lorsque la pénombre serait plus épaisse, étourdie comme elle l'était, elle se perde et commence à paniquer, et le pire des cas de figure serait qu'elle se fasse capturer par Iwako, qui était tout de même un sbire d'Orochimaru.

Il cligna des yeux deux fois, en se disant qu'avec Kisame, cela ne l'aurait jamais inquiété. Il avait confiance en l'homme-poisson, ce dernier pouvait comprendre ses intentions sans même le regarder, et il pouvait partir l'esprit léger sans que l'idée que son acolyte se fasse capturer lui traverse l'esprit. Mais Yue était instable, et si elle se faisait capturer, il ne voulait pas courir le risque qu'Orochimaru le lui soutire des informations sur le clan Uchiha, ou qu'il n'exploite ses Sharingans inversés. Ce vieux serpent étaient bien capable de les reproduire et les implanter dans une armée.

- Je prends le côté droit... tenta-t-elle.

- Si tu as peur, crie.

Elle écarquilla les yeux à cette consigne.

- Je pourrai m'en sortir toute seule ! Vous avez si peu confiance en moi ?

- Exactement.

- Je m'en sortirai très bien, et aucun son ne sortira de ma bouche. De toute façon, on n'est même pas sûr que les ennemis soient ici.

- Et s'ils sont là et que tu disparais ?

- S'il apparaît je l'assomme ! Et puis n'oubliez pas que je ne suis pas seule, dit-elle en posant une main sur son ventre.

- Si Ryû sort, et qu'elle tue l'ennemi, je te le ferai payer.

Elle se détourna en lançant un "ha" provocateur, et se dirigea vers le côté droit du reste de village. Il l'agaçait. Elle avait finalement brisé son sceau, et malgré ses quelques larmes, elle n'avait pas craqué, qu'est-ce qu'elle devait encore faire pour qu'il arrête de la considérer comme une enfant ? Ça aurait pu être touchant, si cela ne servait pas que ses intérêts à lui.

Puis elle se rappelait du soir où il lui avait dit qu'elle ne représentait rien. Son avait été tellement cassant que même si elle l'expliquait par le fait qu'il ait tout découvert sur elle, elle n'était pas tout à fait convaincue.

Quelle cruauté.

Elle entra dans la première maison, dont la porte avait disparu, et se mit sur ses gardes. A partir de maintenant, la partie où sa vie était peut-être en jeu commençait. Elle posa instinctivement une main sur Tatsuya, pour s'assurer qu'elle était bien là, puis pénétra dans ce qui avait dû être le salon. Il avait une taille moyenne, des fenêtres assez grandes pour bien l'éclairer en plein jour, mais il était vide, et poussiéreux. Puis elle passa à la cuisine, et monta à l'étage, visita les deux chambres et la salle de bain, et redescendit. Elle vérifia qu'il n'y avait pas de sous-sols ou de trappes secrètes, et ressortit.

Elle visita ensuite la deuxième maison, moins grande, mais contenant un grenier. Elle monta avec précautions les marches beaucoup plus délabrées jusqu'à arriver sous une trappe, qu'elle poussa vers le haut, puis d'un bond, elle se retrouva à l'intérieur. Son regard fut attiré par un endroit plus sombre de la pièce duquel un petit bruit de craquement se faisait entendre.

Un homme à peine plus âgé qu'elle apparut, assis sur le sol, recroquevillé, mordillant furieusement dans un quelque chose d'impossible à identifier :

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

- C'est moi qui pose les questions, ok ? C'est mon repère, ma zone, alors c'est moi qui commande. Qu'est-ce qu'une gamine de l'Akatsuki fabrique dans les parages, hein ?

Ca y est. Il l'avait mise de mauvaise humeur en un temps record.

- Une gamine ? Encore ? Mais qu'est-ce que vous avez tous ? Je suis en mission, je recherche quelqu'un.

Elle sortit de sa sacoche une affiche qu'elle déplia et agita devant le visage de l'homme :

- Vous avez vu cette personne ?

- Nan ! Et même si je savais, je ne te l'aurais pas dit.

Elle leva les yeux au ciel, soupira, et fit demi-tour lorsqu'elle entendit :

- Moi qui pensais que je serais enfin tranquille dans cette baraque.

Elle ne s'en formalisa pas plus que ça, et ressortit de sa maison, passablement énervée et vexée. Elle visita encore cinq maisons, sans plus rien trouver autre que des ruines et de la poussière. Mais elle ne se sentait pas très bien dans ce village, elle avait cette impression qu'il arrive souvent d'avoir lorsque l'on se sent observé. Elle était sûre qu'il s'agissait de ses ennemis, mais aucun chakra ne se faisait sentir, ni aucune odeur, aucun bruit, alors tout ce qu'elle pouvait faire était de se tenir encore plus sur ses gardes.

Elle ressortit de la vieille boutique qu'elle venait d'inspecter, et un bruitage lui fit relever les yeux, et poser les mains sur la garde de son arme. Sa tête commença à lui faire mal, tandis que le rire sourd de Ryû s'y faisait entendre.

- Restes tranquille, toi, murmura-t-elle.

Un autre bruitage plus proche la fit se tendre un peu plus. Enfin, une ombre apparut et elle stoppa le mouvement meurtrier de sa lame juste sous la gorge de son vis-à-vis.

- Itachi-san !

L'autre se tenait parfaitement droit, pas du tout effrayé par le fait qu'il venait de frôler la mort de quelques millimètres.

- V-Vous m'avez fait une peur bleue, continua-t-elle en posant une main sur son cœur. C'est vous qui-

Elle arrêta sa phrase en se rendant compte que son Senpai avait ses Sharingans activés. Sa bouche resta ouverte, en suspens, tandis qu'un grondement, n'ayant aucun rapport avec ses personnalités, se faisait entendre en elle.

- Sharingans...

Un mélange de peur et de colère, instincts incontrôlables, ses Sharingans inversés s'activèrent, sur ses yeux comme sur sa poitrine, ce qui la fit souffrir à ce niveau. Elle reposa sa main sur son cœur, et se courba sous la souffrance assez intense, sous les yeux curieux de son Senpai. Il releva son visage avec sa main, et la plongea dans une illusion.

Elle se retrouva donc dans un endroit en rouge et noir, accablée par un sentiment d'oppression et d'hostilité désagréables, mais tout de même moins que la douleur qu'elle ressentait dans la réalité.

Elle vit Itachi, non loin d'elle, la fixant, et elle comprit. Il lui faisait simplement ce qu'elle lui avait fait lorsqu'il avait fait sa crise, dans leur chambre, et qu'elle l'avait enfermé dans son illusion pour le calmer. Mais elle s'en doutait, comme Itachi n'était pas habitué à lancer des Genjutsus pacifiques, elle se retrouvait avec ces sensations déplaisantes. Alors il y avait bien une chose au monde qu'il ne savait pas faire, en tant que Shinobi !

- V-Vous n'êtes pas obligé de faire ça, dit-elle en détournant le regard.

- Je ne le fais pas pour toi. Je ne veux juste pas que tu essaies de me tuer.

- Vous mentez.

Il soupira. Il ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce, comme il le faisait toujours envers n'importe qui, mais il devait avouer que c'était gratifiant d'être capable de lui ôter sa douleur.

Elle sourit, franchement touchée qu'il utilise du chakra pour elle, et ils restèrent encore quelques minutes dans l'illusion avant qu'elle ne disparaisse lentement, laissant Yue accroupie entre les gravats des ruines, sa crise étant passée. Reprenant peu à peu son souffle, elle se releva et demanda :

- Je croyais que vos illusions ne duraient que quelques secondes dans la réalité.

- Je peux décider d'en modeler le temps.

Elle hocha la tête, ne comprenant pas vraiment comment cela était possible, puis reprit :

- Pourquoi vous m'observiez comme ça ?

- Je n'ai pas à m'expliquer.

- M-Mais pourquoi ?

- Cela ne nous avancerait à rien.

- Mais je-

Itachi lui lança un regard noir, qui la fit taire immédiatement. Elle prit un air renfrogné et commença à bouder, avant que son Senpai ne lui demande :

- Qu'as-tu trouvé de ton côté ?

- Un clochard, répondit-elle sans vraiment desserrer les lèvres, fâchée.

- Aucun autre indice ?

- Non.

Puis elle lui tourna le dos. Face à cette attitude, il sorti un kunaï, s'approcha d'elle sans un bruit, posa sa lame entre ses reins, une main sur sa bouche, et du ton le plus menaçant qu'il était capable d'adopter, il lui murmura à l'oreille :

- Tu ne devrais jamais baisser ta garde en présence de quelqu'un ayant des intentions hostiles.

Elle frissonna. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'il lui parlait de cette voix, ses tremblements n'étaient pas dû à la peur mais à ce quelque chose qu'elle ne connaissait pas et n'arrivait pas à identifier ? Mais elle gardait à l'esprit que le chakra d'Itachi était en effet incroyablement hostile, et qu'il semblait vraiment vouloir la tuer :

- Tu as peur, Yue ?

Elle hocha lentement la tête.

- C'est normal. Je voulais juste t'apprendre quelque chose que personne ne t'as jamais dit, visiblement. Tu viens de perdre le contrôle de ton corps, et tu allais tenter de me tuer, si je ne t'avais pas arrêtée. Saches que dans ce genre de situations, même si tu es qui tu es, un Shinobi normal, surtout un traître comme moi n'aurait pas hésité à te tuer ensuite. Tu as compris ?

Elle hocha une nouvelle fois la tête. Puis elle se tortilla un peu pour tenter de se délivrer, mais il ne la lâcha pas. Trop rapidement pour qu'elle ne s'en rende compte, la lame était sous sa gorge, et ses deux mains coincées dans son dos, retenues par celle libre d'Itachi.

- Tu as quelque chose à dire ?

Elle soupira de nervosité. Elle aurait voulu dire quelque chose comme "Ne chuchotez pas de façon si érotique dans mon cou !" mais il aurait pensé qu'elle ne le prenait pas au sérieux, alors elle répondit :

- P-Pourriez-vous me lâcher ?

Il serra encore plus les mains de sa cadette, qui étouffa un petit cri de douleur. Elle ne pensait pas qu'il avait autant de force.

- Vous comptez vraiment me tuer ? demanda-t-elle sans que de la peur ne se ressente dans sa voix.

Il soupira, faisant de nouveau frissonner la Fukami.

- Apprends à te contrôler. Je ne serais pas toujours si indulgent.

Il la lâcha finalement, la regardant se retourner vers lui les joues enflammées, et se dit que ses menaces n'avaient pas tout-à-fait eu l'effet escompté.

- Vous êtes vraiment trop dangereux, dit-elle en fronçant les sourcils.

Pas du tout l'effet escompté même. Il rangea rapidement son kunaï et indiqua à Yue de le suivre. Oui, c'était lui qui l'observait, juste pour savoir si elle était bien sur ses gardes.

Il ne s'inquiétait pas !

Et visiblement, elle l'était, mais comme il l'avait compris, elle était trop naïve et avait trop confiance en lui. Elle serait sûrement morte si elle avait été apairée avec quelqu'un d'autre, qui l'aurait tuée pour sa future-tentative de meurtre. Bien trop naïve.

D'un regard, il lui indiqua de le suivre, ce qu'elle fit sans cesser de rougir, et ils marchèrent plusieurs heures jusqu'à l'hôtel. Yue se demanda vaguement si ça valait la peine de faire toutes ces heures de marche pour rester à peine plus de quarante-cinq minutes sur le terrain, mais décida de ne pas faire de remarque. Itachi n'était pas fâché, elle le savait, mais il avait un comportement étrange. Il ne cessait de tourner la tête pour la regarder par-dessus son épaule, les yeux remplis de quelque chose qui ressemblait à de la colère, sans en être vraiment.

Ils arrivèrent finalement à leur lieu de résidence provisoire, très tard dans la nuit, mais ne purent éviter l'hôtesse qui s'avança vers eux à pas rapides. Les cernes sous ses yeux étaient à peine dissimilées, malgré l'épaisse couche de maquillage qu'elle portait, et alors que Yue la dévisageait, elle força un sourire à l'adresse du duo :

- Puis-je vous aider ?

- Non.

- Vous êtes sûr ? continua-t-elle sur un ton plus suggestif avec un clin d'œil à Itachi.

- Certains.

"Bien envoyé" fut la première pensée de Yue. La femme en face eut une moue déçue, s'inclina avant de disparaitre aussi vite qu'elle était arrivée. Les deux regagnèrent leur chambre, et pendant que la Fukami se jetait sur le lit, son Senpai prit la direction de la salle de bain.

Yue soupira, retira son manteau, ses sandales, ses gants et son bandeau frontal sans pour autant se lever du matelas, et les jeta quelque part dans la pièce. Puis le bruit de l'eau qui coule se fit entendre, une minute, cinq minutes, puis dix, et une idée traversa finalement l'esprit de Yue. Une idée discrètement insufflée par Ryû, mais la Fukami fit semblant de ne pas s'en rendre compte. Elle se leva discrètement, marcha en faisant le moins de bruit possible, et s'arrêta devant la porte de la salle de bain qu'elle poussa lentement, et qui s'ouvrit à son grand soulagement. Ne laissant qu'un très mince espace, elle se pencha excessivement et tenta de voir à travers le petit entrebâillement. Sans grand succès, à cause de toute la vapeur qui emplissait la pièce.

Dans sa tête, Ryû était tordue de rire de voir sa cadette s'abaisser à ce genre de choses, surtout d'une manière si maladroite, et elle la railla :

- Je ne savais pas que tu étais intéressée, Yue-chan.

Yue se retint de répondre. Depuis l'adolescence, entre autres, depuis le moment où elle avait commencé à rejeter Ryû, elle n'était plus capable de communiquer mentalement avec elle, et devait parler à voix haute, mais ne pouvait pas se le permettre dans la situation présente. Elle se pinça la lèvre et se reconcentra sur ce qu'elle cherchait à voir, trouvant comme excuse le fait qu'Itachi l'avait déjà vue nue plusieurs fois, et que si elle pouvait le faire en retour, ce n'était que pure justice.

- Tu vois quelque chose ? continua l'autre entre deux gloussements.

Puis finalement, elle aperçut une silhouette à travers la vitre embuée de la cabine de douche. Elle ouvrit un tout petit peu plus la porte, imperceptiblement, et se mit sur la pointe des pieds, alors qu'elle était penchée en avant. La silhouette d'Itachi semblait immobile, la tête baissée, l'eau qui coulait toujours, alors Yue se dit qu'elle devrait attendre que son Senpai sorte pour espérer voir plus.

Espérer voir plus ? Non, elle souhaitait juste se mettre sur un pied d'égalité avec lui. Il l'avait tant de fois vue dans des situations embarrassantes !

- Kenshin-chan aussi dit qu'il ne te pensait pas comme ça !

Les yeux de Yue s'écarquillèrent de joie, et elle ne put se retenir :

- Kenshin-san t'a dit quelque chose ?

Puis elle posa les deux mains devant sa bouche. La silhouette d'Itachi ne bougea pas, alors elle se permit de souffler le plus silencieusement possible. Des mois et des mois que Kenshin ne lui avait pas adressé la parole ! En fait, depuis qu'elle avait accepté de rejoindre l'Akatsuki. Il était bien moins loquace que Ryû, et elle savait qu'il souffrait de leur situation de personnalités multiples, mais elle était toujours très heureuse quand il s'adressait à elle.

- Il dit que de toutes façons, ça devait bien arriver un jour, que tu allais finir par craquer, que l'Uchiha allait finir par avoir raison de ta pudeur, que Yue est devenue une grande !

Que racontaient ces deux-là ? Ils n'avaient pas besoin de s'agiter comme ça, elle était juste en plein... Voyeurisme ? Au moment où elle formula cette pensée, elle prit conscience d'une présence qui se tenait derrière depuis un moment déjà. Elle sursauta, se redressa en faisant volte-face, pour se retrouver nez-à-nez avec Itachi, une serviette autour de la taille pour seul vêtement, les cheveux ainsi que le reste du corps trempé.

- I-I-I-I-Itachi-san ?!

Ryû explosa de rire une nouvelle fois dans sa tête.

- V-Vous êtes là depuis longtemps ?

Il hocha doucement la tête, puis s'avança vers elle à pas mesuré. Voyant cela, la jeune femme recula marmonnant des excuses d'une voix rendue grotesque par l'anxiété, et poussa un cri lorsque son dos rencontra la porte. Itachi ne cessa pourtant pas d'avancer, prit légèrement appui sur la porte et la poussa sans brusquerie, faisant par la même occasion basculer sa cadette en arrière. Elle tomba sur les fesses, se releva rapidement, et tenta de soutenir le regard d'Itachi, qui lui indiqua quelque chose derrière elle.

Elle tourna la tête, pour voir simplement la silhouette de la douche disparaître dans une nuée de corbeaux bruyants. Elle soupira en se demandant comment elle avait pu ne pas s'en rendre compte, et se retourna piteusement vers son Senpai, les épaule affaissées, prête à être réprimandée, tandis que le rire de Ryû ne semblait pouvoir se calmer.

Itachi soupira longuement, exaspéré par sa cadette, mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, elle lança :

- N-Ne vous méprenez pas ! Ce n'était pas de la perversité, je voulais juste euh... Voir comme vous avez vu !

Elle détourna les yeux, pas sûre qu'il ait compris ce qu'elle voulait dire.

- Et tu es satisfaite ?

Elle hésita un instant, n'ayant pas de réponse à lui donner, mais commença finalement à le détailler entièrement, en commençant par ses longs cheveux qui lui collaient à la peau, passant par son visage sans expression, descendant sur son torse finement mais parfaitement musclé, puis évitant soigneusement la serviette blanche, et finissant sa course sur les longues jambes sculptées. Elle prit une mine boudeuse et lâcha un sincère "oui". Et là, elle vit Itachi sourire.

Un sourire fin, qui détendit quelque peu ses traits alors qu'il penchait légèrement la tête, en toute simplicité, et elle fut tellement étonné qu'elle entrouvrit la bouche. Elle fut d'abord incapable de dire quoi que ce soit, ne prêtant même pas attention aux milliers de papillons qui décollaient dans son ventre, mais fut surprise de sentir son cœur... S'alléger. Même Ryû gardait le silence, et la Fukami était presque sûre qu'elle se trouvait dans la même situation de stupéfaction.

- Vous... Souriez...

Il ferma les yeux deux secondes, reprit son air habituel, et répondit :

- Est-ce si surprenant ?

- Ouais...

Elle sourit à son tour, grandement, une main sur le cœur :

- Itachi-san, vous m'avez souri !

Elle tourna plusieurs fois sur elle-même, les bras grands ouverts, en répétant pour elle-même "Il m'a souri ! Itachi a souri à Yue !"

L'Uchiha se dit qu'elle n'avait jamais paru si enfantine, les joues rouges, un sourire si sincère et béat à la fois, sautillant légèrement en lâchant quelques gloussements. Et alors qu'elle se réjouissait de cet évènement qui lui paraissait si anodin, Itachi comprit que sans même s'en rendre compte, Yue avait franchi un nouveau cap.

Qui ne leur apporterait que des ennuis.

La jeune femme se sentait flattée et touchée, et tentant de reprendre son calme, elle se dit que même si elle devait vivre des horreurs, voir des gens mourir, être torturée, abandonnée, plus jamais elle ne scellerait ses souvenirs, juste pour pouvoir se rappeler de ce petit moment. Elle passa derrière Itachi, posa ses mains sur son dos nu, le poussa plus à l'intérieur de la pièce, sorti et referma la porte.

- Je vous laisse vous habiller !

Et elle s'assit sur le lit, pour calmer l'euphorie dont elle était la proie. Elle entendit Ryû lui lancer un admiratif :

- Bien joué !

- Ce n'était pas volontaire !

- Tu es peut-être plus douée que ce que j'imaginais...

- Laisses-moi tranquille !

Et Ryû se tut dans un dernier gloussement mesquin. Yue se laissa une nouvelle fois tomber sur le dos, regardant le plafond, sans pouvoir se détacher d'un léger sourire. Une dizaine de minutes plus tard, son Senpai ressortait de la salle de bain, habillé d'un boxer uniquement, et le visage de Yue redevint carmin, alors qu'elle bégayait :

- M-Mais p-pourquoi ?

- Tu as dit que la vue ne te déplaisait pas.

- M-Mais ça ne veut pas dire que... Enfin...

Elle rencontra le regard charbon d'Itachi, y lut qu'il était une fois encore très intérieurement amusé de ses taquineries, et elle ne put que crier :

- Mais !

Sans trahir aucune émotion, il contourna le lit pour venir s'installer confortablement sous les draps, se coucher sur le flanc gauche -donc, face à la place de sa cadette- et fermer les yeux.

Furieuse qu'une fois de plus il se joue de sa maladresse, la Fukami attendit une bonne heure avant d'elle aussi prendre place dans le lit, pas le moins du monde fatiguée, dos à son Senpai. Elle repensa un peu à Masato, l'une des seules personnes encore en vie qui avaient joué un rôle dans la sienne. Puis aux membres de l'Akatsuki. Elle se demandait comment autant de caractères différents pouvaient être réunis en un seul endroit, comment autant de capacités spéciales avaient pu être recueillies et où Pain pouvait bien les trouver. Ses pensées dévièrent ensuite vers Ryû et Kenshin, puis sa mission actuelle, puis les ruines, les Sharingans, l'hôtel, les hôtesses, la nourriture, les murs colorés...

Elle fut interrompue par un très léger mouvement d'Itachi dans son dos :

- Vous ne dormez pas ?

- Non.

Il ne s'était endormi à aucun moment, et écoutait simplement la respiration un peu rapide de sa cadette, apparemment plongée dans une réflexion pas plaisante pour elle. Elle se tortilla jusqu'à se retrouver face à lui, et ils se regardèrent longuement dans les yeux.

- Vous ne vous sentez jamais fatigué de dormir si peu ?

- Non. Quelques heures de somnolence sont suffisantes pour moi.

- Vous dites ça, mais les cernes sous vos yeux sont énormes.

- C'est un trait que j'ai depuis longtemps.

- Vraiment ?

Il hocha la tête. Et elle se rendit compte qu'elle ne savait rien de lui, à part ce que tout le monde disait sur le massacre de son clan. Les gens parlaient de lui comme d'un être froid, sans cœur, un traitre sans aucune pudeur, le monstre qui laissa son frère unique survivant d'une vraie boucherie, et qu'à cause de cela, le garçon avait perdu la tête, et déserté pour rejoindre le Sannin Orochimaru. Mais selon elle, Itachi n'avait rien à voir avec ce qu'elle entendait. Evidemment, les premiers jours il avait été extrêmement froid, mais il se détendait de plus en plus.

Bon, il montrait parfois des signes de sociopathie prononcée, mais elle était sûre que malgré les mots rudes qu'il pouvait lui balancer à la figure, et son apparente froideur, il était quelqu'un de... Gentil ? Elle en était encore plus persuadée depuis qu'elle avait vu son sourire :

- Itachi...

Il leva un sourcil.

- Est-ce que je peux vous poser une question ?

- Hm.

- Pourquoi avez-vous massacré votre clan ?

Et un silence s'éleva. Yue sentit que l'ambiance était beaucoup plus lourde, mais elle ne regretta pas sa question, et resta fixée sur les iris de l'Uchiha. Il lâcha finalement un soupir, se demandant pourquoi il fallait qu'elle lui demande une telle chose à un moment pareil, mais répondit :

- C'était le moyen le plus efficace de tester ma puissance. Les Uchiha sont très forts, et en les tuant tous, j'ai pu savoir où j'en étais en tant que Shinobi. J'ai laissé mon frère en vie pour qu'il me haïsse, devienne plus fort, et vienne un jour m'affronter.

- Vous mentez.

Elle prononça ces mots d'une voix monocorde, sans cesser sa contemplation, et continua :

- Vous vous êtes bien trop justifié. Cette question ne vous plaisait pas, et quand je vous dis quelque chose qui ne vous plaît pas, vous ne répondez pas, ou alors de façon très courte.

Il ferma les yeux, surpris qu'elle l'ait remarqué, et répondit :

- Pourquoi me poses-tu cette question ?

- Je ne crois pas ce que les gens disent sur vous.

- Tu devrais.

- Vous n'avez toujours pas répondu.

- Pose-moi une autre question, et je répondrai.

Yue soupira, un peu déçue, mais le sujet semblait sensible, alors à la place, elle demanda :

- Quelle est la chose la plus effrayante pour vous ?

Il réfléchit quelques secondes, et en conclut que :

- La solitude.

- V-Vous avez peur d'être seul ?

- Non. Je dis que la solitude est quelque chose d'effrayant. Pas qu'elle m'atteint.

- Oh...

- Quelle est la chose la plus effrayante pour toi ?

Elle ne put répondre tout de suite, d'abord surprise qu'il lui pose la question, et ensuite parce qu'elle avait peur de pleins de choses, notamment les chiens, les Oni, l'eau...

- Ce doit être de tomber devant beaucoup de monde. Les gens vous regardent tellement sévèrement !

Et elle gloussa un peu sous le regard devenu moins dur de son Senpai.

- Je peux vous poser encore une question ?

- Tu sembles bien curieuse, ce soir.

- Et vous, vous l'êtes trop peu ! Je peux ?

- Tu n'as aucune garantie que je vais y répondre.

- Vous préfèreriez avoir une petite tête et un gros corps, ou un petit corps et une grosse tête ?

Cette fois, il fronça les sourcils de surprise. Cette fille posait vraiment les questions les plus stupides qu'il ait jamais entendue. Et pour faire plus stupide que Tobi, il fallait vraiment, vraiment le vouloir.

- Cela n'a pas d'importance, puisque je n'ai ni l'un ni l'autre.

- Vous voulez dire que vous êtes parfait ?

Et envoyant le léger sourire en coin de la brune, il comprit que lui, Uchiha Itachi, s'était fait avoir. Il secoua la tête, désabusé, et elle ricana.

- Encore une question, s'il vous plaît !

- Hm.

- Comment vous avez fait pour savoir que je vous observais, tout à l'heure ?

- J'ai quelques facilités à repérer ton chakra.

- Je suis donc très voyante ?

- Seulement pour moi.

- C'est sûr, vous êtes qui vous êtes, tout de même...

- A mon tour. Pourquoi tes Sharingans inversés ont-ils la même forme que les miens ?

A son grand soulagement, il n'y avait pas trop de suspicion dans la voix de son Senpai. Elle prit quelques secondes pour formuler une phrase, puis se lança :

- En fait, quand j'ai vu vos Sharingans pour la première fois, c'est comme si mon subconscient avait agi. J'ai enregistré leur apparence, puis ai scellé l'image dans le sceau sur mon sein. Et par extension, dans mes yeux.

- Cela signifie-t-il que tu possèdes les mêmes pouvoirs que moi ?

- Pas vraiment... J'ai juste les jutsus nécessaires pour contrer les vôtres. Et en plus, je n'ai réussi à m'éveiller au Sharingans inversés que lorsque je vous ai rencontré...

Puis un silence s'installa, pendant lequel, Yue s'en doutait, son Senpai analysait ce que cela représentait. Et en effet, il réfléchissait intensément, toujours pas convaincu par la promesse qu'elle lui avait faite. Mais il n'avait pas vraiment à s'en faire, lorsqu'elle avait scellé son Genjutsu, il avait senti qu'il était capable de briser celui qu'elle lui avait ensuite imposé. Même si elle en avait le potentiel, avec son niveau actuel, elle n'était pas capable de le mettre au tapis. Elle en était même très loin.

- Itachi ?

- Hm.

- J'aime beaucoup votre prénom !

Une lueur d'amusement passa dans le regard charbon. Il semblait que l'intimité de la chambre et leur proximité leur permettait de se livrer un peu plus, quitte à laisser tomber les suffixes honorifiques.

- Je peux vous poser une dernière question ?

- Ensuite, tu dors.

- D'accord. Je peux vous embrasser ?

xxxXxxx

Haha, fin de chapitre ! J'ai toujours rêvé d'être méchante *-* ! A la semaine prochaine *peine à retenir un fou rire Ryûesque*